• La récession se généralise en Europe

    Social-Eco - le 3 Mai 2013

    La récession se généralise en Europe

    La zone euro devrait connaître cette année une récession plus importante que prévu, avec un Produit intérieur brut se repliant de 0,4% et un chômage au-dessus de 12%. Une nouvelle preuve, s’il en est besoin, qu’une Europe placée toujours davantage sous l’hégémonie de Berlin et de ses exigences austéritaires va droit dans le mur.

    Ce sont les nouvelles prévisions économiques de la Commission européenne publiées vendredi qui l’affirment : la récession est pire que prévue, le chômage ne cesse d’augmenter. La France sera d’ailleurs en récession cette année selon Bruxelles, à -0,1%, plus pessimistes que celles du gouvernement français, qui table encore sur une croissance de 0,1%.
    Mais c’est ailleurs que l’austérité fait le plus de ravages. Le Produit intérieur brut de Chypre devrait ainsi se replier de 12,6% sur la période 2013-2014, avec un plongeon de 8,7% cette année.
    La Grèce également continue son plongeon, son économie devrait encore reculer de 4,2% cette année, avec un chômage à 27 %.

    Crise multiforme

    La Commission Européenne s’attend à un retour de la croissance en 2014, avec un PIB en hausse de 1,2%, moyenne des 17 pays de la zone euro, et un chômage qui lui devrait continuer à augmenter. Des perspectives purement économiques qui ne tiennent pas compte des ravages politiques et sociaux que l’austérité impose. L’intransigeance de Berlin et de la Troïka est un tremplin continu pour populismes et l’extrême droite. L’Italie se révèle quasiment ingérable après le passage du technocrate et banquier Monti, désigné par Bruxelles comme président du Conseil. Les scandales de corruption en Espagne et en Grèce, comme en France en sont aussi les révélateurs.

    Bruxelles souligne les risques de « dérapages » de l’économie dans de nombreux pays, s’attend notamment à ce que l’Espagne, l’Italie ou la France ne respectent pas leurs engagements budgétaires. "Considérant la situation économique, il peut être raisonnable d'étendre la date limite de deux ans et de corriger le déficit excessif [ndlr : plus de 3%] au plus tard d'ici 2015 en France" concède l’inénarrable Olli Rehn. C’est bien plutôt l’Europe politique qui est menacée, alors qu’on n’a jamais eu autant besoin de coopération entre les pays de la zone euro.

    Monde - le 2 Mai 2013

    Cactus

    Travailleurs pauvres, misère sociale, voilà le modèle allemand

    Le grain de sel de Norbert Arndt, dirigeant du syndicat allemand VerDi de Herne. Le modèle allemand, c’est une entreprise de redistribution de la richesse du bas vers le haut à laquelle nous assistons depuis maintenant vingt ans. 
C’est cela en fait que l’on recommande si fortement à toute l’Europe. L’Allemagne est au centre de cette politique.

    Et le sort réservé aux salariés allemands n’a rien d’un exemple à suivre. Sur le papier, le niveau du chômage est certes moins élevé ici que dans d’autres pays européens. Mais c’est un formidable trompe-l’œil car, ici, on vit sous le règne 
de la précarité et de la misère au travail. Après la mise en place de l’agenda 2010 (les réformes antisociales de l’ex-chancelier Schröder – NDLR), 
les emplois hors convention collective sont devenus légion. Nous sommes à l’âge d’or de ces sociétés d’intérim, de ces marchands d’hommes qui jouent sur les statuts des jobs sous-payés et à couverture sociale allégée. La situation ne cesse 
de se dégrader pour la population de ma ville, 
Herne (170 000 habitants près de Bochum – NDLR). On n’y recense pas moins de 3 500 travailleurs pauvres inscrits au bureau d’aide sociale. 
On les appelle des cumulards (Aufstocker). En effet, comme leurs revenus salariaux se situent en dessous des minima sociaux, ils sont autorisés à les cumuler avec une somme complémentaire fournie par l’organisme public. Pour s’en sortir, certains vont jusqu’à exercer trois ou quatre emplois de ce type en même temps.

    La prospérité est réservée au centre des grandes métropoles comme Munich ou Stuttgart. Dès que l’on passe à la périphérie, c’est la chute des niveaux 
de vie qui est à l’ordre du jour. Ici, dans ma ville, un enfant sur quatre est tributaire de l’aide sociale. Sur 170 000 habitants, 21 300 ont 
réclamé un soutien pour faire face à leurs dépenses de chauffage cet hiver. Et pour les plus 
anciens, le choc est encore plus terrible. Le revenu moyen des retraités à Herne se situe à 705 euros par mois. C’est la conséquence des réformes 
de l’assurance vieillesse, avec la mise à mal 
croissante du système de base par répartition 
qui se traduit aussi, depuis le début de cette année, par un report à soixante-sept ans de l’âge de départ légal.

    Et les populations de Herne et de toute la région commencent à subir de surcroît, maintenant, le retour du bâton du modèle de l’austérité imposée à toute 
l’Europe. Les commandes à l’industrie se réduisent. L’usine Opel de Bochum va fermer dès l’an prochain. Cela signifie la suppression de 3 000 emplois. Sans compter les postes induits chez les sous-traitants et autres fournisseurs du site. Ce pays est rattrapé par la crise que ses autorités successives ont semée.


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :