• Improvisation 7 "Le temps des cerises" (Clément/O.P.A)


    O.P.A chante La Commune - Impro 7 - "Le temps... par OPA-videos


    Yep !
     
    Du 18 mars au 28 mai 2011, les ami-e-s de La Commune de Paris à Libourne (33) se plient en quatre pour que l’esprit révolutionnaire de 1871 souffle encore dans cette France qu’on dirait cernée de Versaillais.

    Pensez comme le projet nous a intéressés et comme O.P.A a voulu répondre présent à ces belles énergies !

    C’est ainsi que le 29 avril dernier, nous sommes venus faire résonner les textes de nos anciens, pour rafraîchir les mémoires, pour donner du baume au coeur, pour partager le pain de l’amitié.

    Devant un public réduit mais tellement motivé, nous avons tenté de rendre hommage à nos Pères, nos Mères, nos Frères et soeurs de La Commune mais aussi de donner courage à celles et ceux qui, aujourd’hui, en dignes héritier-e-s, continuent d’animer la flamme de la révolte et de la fraternité.

    Ô peuple de France, nous ne laisserons pas l’amnésie ronger nos mémoires fragiles, nous ne laisserons pas en friche les terres que nos anciens ont labourées de leurs mains fortes de gens de peu, de gens de tant de rêves qui nous guident encore.

    Comme l’enfant pousse au monde, nous avons le regard tourné vers demain.

    Mais nos racines sont profondes et loin de nous entraver, elles nourrissent nos colères, nos désirs, nos justes élans de vie.

    Pour les combattant-e-s d’hier et d’aujourd’hui, O.P.A chante la Commune de Paris, tout en improvisation.

    Et "tout ça prouve bien, Nicolas, que La Commune n’est pas morte !". Faites passer le mot !

    De l’Amour et du courage pour vous toutes et tous,

    A vos côtés,

    l’Orchestre Poétique d’Avant-guerre - O.P.A
    http://www.myspace.com/orchestrepoetique

    La Commune de Libourne
    http://commune.140.free.fr/infos.html

    ***
    Improvisation 1 "La Commune est en lutte" (Caussimon/O.P.A)


    O.P.A chante La Commune - Impro 1 - "La Commune... par OPA-videos
    ***
    Improvisation 2 "C’est d’la canaille" (Bouvier/O.P.A)
    O.P.A chante La Commune - Impro 2 - "C’est d’la... par OPA-videos
    ***
    Improvisation 3 "Elle n’est pas morte" (Pottier/O.P.A)
    O.P.A chante La Commune - Impro 3 - "Elle n’est... par OPA-videos
    ***
    Improvisation 4 "Peuple de France" (O.P.A)
    O.P.A chante La Commune - Impro 4 - "Peuple de... par OPA-videos
    ***
    Improvisation 5 "La semaine sanglante" (Clément/O.P.A)
    O.P.A chante La Commune - Impro 5 - "La semaine... par OPA-videos
    ***
    Improvisation 6 "C’est grand bonheur" (O.P.A)
    O.P.A chante La Commune - Impro 6 - "C’est... par OPA-videos

    ***


    De : O.P.A
    lundi 2 mai 2011


    1 commentaire
  • Décès du poète chilien Gonzalo Rojas, prix Cervantes 2003, ancien diplomate du président Allende, opposant à Pinochet et ami de la révolution cubaine

     "L’Humour est la politesse du désespoir..."

    Traduction AC (depuis le communiqué du PC Péruvien) pour http://solidarite-internationale-pc...

    L’illustre poète chilien, Gonzalo Rojas, prix Cervantes 2003, est mort ce lundi 25 avril, à 93 ans à Santiago du Chili, incapable de se rétablir après un infarctus cérébral contracté en février. S’est éteint celui qui, avec Nicanor Parra, était considéré comme un des derniers grands poètes vivants Chiliens

    Gonzalo Rojas est sorti de la pauvreté provinciale du sud du Chili pour devenir un des poètes les plus respectés d’un pays connu pour avoir eu de grands maîtres de ce genre littéraire. De son œuvre imposante se démarquent, surtout, les écrits au fin contenu érotique, tout comme ceux où il exprimait la douleur de l’exil durant les longues années de la dictature militaire d’Augusto Pinochet.

    Rojas, né le 20 décembre 1917 dans le port minier de Lebu, en plus du Prix Cervantes 2003, la plus importante récompense littéraire de langue espagnole, reçut le Prix national de littérature du Chili et le Prix de poésie de la Reine Sophie, en Espagne.

    En 1938, il rejoignit le groupe d’écrivains surréalistes chiliens La Mandrágora, mais l’union fut brève, car très vite il se sentit bridé par le style du groupe et ne parvint pas à se conformer à une école particulière d’écriture.

    Fils de mineur, il connut la pauvreté dès l’enfance. Dans la décennie des années 1940, il apprit à lire et à écrire aux enfants de mineurs du nord du Chili, dans le désert aride d’Atacama.

    En 1948, il publia son premier recueil de poèmes, « La misère de l’homme », et près de deux décennies plus tard son second livre, « Contre la mort ». Il ne fut véritablement reconnu dans sa partie qu’à partir de 1977, et la publication d’ « Obscurité ».

    Il fut diplomate à Cuba, durant le gouvernement d’Unité populaire de Salvador Allende et collaborateur de la Maison des Amériques.

    Il aimait Cuba et fut un défenseur de sa Révolution. Sa dernière visite à la nation caribéenne fut en janvier 2008 pour inaugurer la 49ème édition du Prix littéraire Maison des Amériques. Dans son discours prononcé à cette occasion, il souligna :

    « Je me trouvais à Rome cette fois, lisant le journal ce matin de janvier 1959, du siècle dernier, quand je demanda à Rodrigo, mon fils ainé de 15 ans qui m’accompagnait dans le monde entier :

    ’Allons, mon petit, des deux nouvelles laquelle tu choisis? Celle de l’entrée de Fidel à la Havane ou l’autre de cette fusée sur la Lune?’

    ’Celle de Fidel, me dit-il, car elle ne s’éteindra jamais.’

    Il visait juste. Elle ne s’éteindrait jamais. Elle marquait quelque chose de « nouveau » comme le dirait Apollinaire en parlant de ce qui est nouveau, quelque chose de nouveau, une nouveauté héroïque.

    J’ai désormais 90 ans, je viens de les fêter tout récemment, et je continue d’être « fidéliste », comme je continue d’être « allendiste ». Mondain car homme du siècle, avec tous les risques que cela comporte. Je suis né carbonifère, noir de charbon mais mondain tout de même. Maritime et fluvial, mais mondain, homme de cette terre, de ce port de la pointe sud où le personnage principal reste la bourrasque ». 

    Voici un poème de Gonzalo Rojas choisi et traduit par nos soins :

    Contre la mort

    Je m’arrache la vue et m’arrache les yeux chaque jour qui passe.

    Je ne veux pas voir, je ne peux pas! voir mourir les hommes chaque jour.

    Je préfère être de pierre, être mélancolique,

    qu’à supporter ce dégoût me rongeant de l’intérieur et sourire

    à droite et à gauche pourvu que fonctionne mon manège.

    Je n’ai rien d’autre à faire que de rester ici à dire la vérité,

    au milieu de la rue et à tous les vents :

    la vérité d’être vivant, rien d’autre que vivant,

    les pieds sur terre et le squelette libre en ce monde.

    Que gagnons-nous à bondir vers le soleil avec nos machines,

    à la vitesse de la pensée, que diable : que gagnons-nous

    à voler au-delà de l’infini

    si nous continuons à mourir sans espérance aucune de

    sortir des temps obscurs?

    Dieu ne m’aide pas. Personne ne m’aide à rien.

    Mais je respire, et comment, et je m’assoupis

    en pensant qu’il ne me reste plus que dix ou vingt ans pour aller

    m’allonger, comme tout le monde, dormir entre deux mètres de
    ciment là-dessous.

    Je ne pleure pas, je ne me pleure pas. Tout doit être comme il
    doit être,

    mais je ne peux voir les cercueils et les cercueils

    passer, passer, passer, passer chaque minute,

    couvrant quelqu’un, recouvrant quelqu’un, je ne peux pas voir

    le sang encore chaud dans les cercueils.

    Je touche cette rose, j’embrasse ses pétales, j’adore

    la vie, je ne lasse pas d’aimer les femmes ; je me nourris

    en ouvrant leur monde. Mais tout est inutile,

    puisque je suis moi-même une tête inutile

    prête à être coupée, mais qui ne comprend pas que c’est cela

    que d’espérer un autre monde de ce monde-ci.

    Qu’ils me parlent de Dieu ou qu’ils me parlent de l’Histoire. Je ris

    d’aller chercher si loin l’explication de la faim

    qui me dévore, la faim de vivre comme le soleil

    dans la grâce du ciel, éternellement.

    "L’Humour est la politesse du désespoir..."

    De :
    Solidarité-Internationale-PCF
    jeudi 28 avril 2011


    votre commentaire

  • Parole Keny Arkana V pour vérités

    "L’Humour est la politesse du désespoir..."


    votre commentaire
  •  

    Pétition     : Une chaîne TV pour les invisibles créatifs en 2012 !

    de : Phil Marso
    mardi 26 avril 2011 (14h08)

     "L’Humour est la politesse du désespoir..."

    Lancement d’une pétition :

    http://www.boycottyes.com/petitionT...

    La revendication :

    Le 26 avril 2001, démarrait « Loft Story » la première émission de téléréalité en France qui engendrait le vedettariat du vide.

    L’écrivain Phil Marso lançait le 11 avril 2001, l’un des premiers sites anti-téléréalité sous le nom : Boycottyes.com. Le 12 mai 2001, il co-organisait l’opération sacs-poubelles devant M6.

    Le 10 juillet 2001, Phil Marso obtenait un rendez-vous au CSA et suggérait une chaîne TV sur la TNT (Lancement 31 mars 2005) pour donner la
    parole, une visibilité à ceux qui créaient en France.

    Dix ans plus tard, le constat est flagrant ! Le P.A.F (Paysage Audiovisuel Français) est complètement cloisonné et laisse très peu de visibilité à ceux qui font des choses en France sur le plan artistique. La pluralité n’est pas de mise puisque ce sont toujours les mêmes qui passent sur les plateaux TV. Les candidats des émissions Téléréalité « squattent » pour le pire.

    Quant aux sans voix, on les parque dans le mode « Participatif » d’internet (Blog, You Tube) avec pour seul salut : faire le buzz, sur des créations très futiles. Chats & bébés story vous le confirmeront.

    2012, élection présidentielle oblige, c’est l’occasion de réclamer cette chaîne TV pour « la création » afin de donner plus de visibilité aux artistes anonymes.

    Quel intérêt d’une telle chaîne TV en France ? Simplement, un passage TV peut réhabiliter un tissu économique face aux rouleaux compresseurs du marketing et des grands groupes.

    Cette chaîne TV devra aussi œuvrer pour les métiers manuels souvent décriés et pourtant sources d’emplois. La téléréalité fait miroiter le côté people TV avec très peu de débouchés d’avenir.

    Phil Marso a vécu l’expérience des radios pirates parisiennes de la bande 104/108 Mghz où à cette époque, il y avait un souffle de liberté d’expression et de visibilité du plus grand nombre. Il est temps de redonner un espace de « visibilité » à ceux qui font des choses en France afin que notre pays ne génère pas une génération de frustrés et d’extrémistes latents.

    Oui, je signe pour avoir une « Chaîne TV pour les invisibles créatif sur la TNT » après l’élection présidentielle de mai 2012.

    http://www.boycottyes.com/petitionT...


    votre commentaire
  •  

    "L’Humour est la politesse du désespoir..."

    Voici la première bande de Pif, elle est parue dans le journal "l' Humanité" en 1945!

    "L’Humour est la politesse du désespoir..."

     


    votre commentaire
  •  

    Assises de L'Humanité Cabaret sauvage

    Les Yeux d’la tête prévoit une fête rebelle pour L'Humanité

     "L’Humour est la politesse du désespoir..."

    Défendre l’Humanité et la liberté de la presse est capital pour le groupe au rock multicolore. Le combo concocte même une rencontre inédite avec Melissmell et Danakil. (Achetez vos billets en ligne ici!)

    À la Fête de l’Humanité en 2010, les Yeux d’la tête ont mis le feu lors du concert pour les sans-papiers. Pour les six joyeux drilles, participer au concert de soutien à l’Humanité coule de source. « Pour au moins deux raisons, explique Benoît Savard, un des deux chanteurs, guitariste, auteur et cofondateur du combo. D’abord, pour le concept de la soirée : la défense de la liberté de la presse, plus que jamais capitale, vu ce qui s’est passé ces dernières années – dislocation des droits sociaux, rachats de grandes entreprises, chasse aux immigrés… L’Huma est un symbole de liberté d’expression, une expression populaire, c’est important. En plus de la dimension politique, on a envie d’être là le 2 mai parce qu’il s’agit d’un véritable événement artistique, avec plein d’artistes chouettes, créatifs, dans une salle qu’on adore, le Cabaret sauvage. »

    Ou cliquez ici

    Benoît Savard et Pierre Chatel, percussionniste du groupe, se joindront à la Melissmell, exaltante révélation de la chanson made in France, pour la reprise particulièrement originale et émouvante de la Marseillaise qu’a écrite ­Melissmell (Aux armes!).

    Et Benoît d’ajouter : « C’est formidable la façon dont ­Melissmell se donne, elle gueule, chante avec son cœur et ses tripes. » Les Yeux d’la tête nous réservent une surprise supplémentaire. Certains étant potes avec des membres de l’escouade reggae Danakil, il y aura des échanges de musiciens entre les deux formations, pour un cocktail savoureux de chanson française et de groove jamaïcain.

    Ou cliquez ici

    Hormis ces rencontres scéniques inédites, Benoît Savard, Pierre Chatel et leurs complices – Guillaume Jousselin (l’autre chanteur, guitariste, auteur et cofondateur du groupe), le saxophoniste Eddy Lopez, l’accordéoniste Antoine Allièse et le contrebassiste Seb Lawkyz –, tous motivés comme un seul homme, interpréteront leur brûlot, J’ai peur de tout, dénonçant le climat de peur que propage le gouvernement en mal de concurrence avec le Front national. Cette chanson, pas encore enregistrée, figurera sur leur prochain album qui, fin 2011 ou début 2012, succédera au disque Danser sur les toits, auréolé d’un beau succès.

    Nombreux concerts, stimulantes premières parties (Sanseverino, la Rue Kétanou…), prix et distinctions, tournées à l’étranger, tabac sur la grande scène des Francofolies 2010… Cela marche fort pour le punk parodique et les escarmouches au swing manouche des Yeux d’la tête. Espiègles dieux de la fête, ils lanceront allègrement, le 2 mai, leurs odes à la résistance.

    Fara C.


    votre commentaire
  •  Les choix de Victor Hache en direct du Printemps de Bourges

     

     

    Les coups de cœur de notre chroniqueur. Chaque semaine, l'essentiel de l'actualité de la chanson pop-rock.

    Une voix incroyable, celle d’Asaf Avidan au 22 Ouest

    Loin du Phénix  qui  a fait le plein grâce à ses concerts à l’ambiance familiale où se sont produits  la chanteuse ZAZ, Ben l’Oncle Soul et Cali, il fallait être au  22 Ouest, mercredi soir. C’est ici, qu’Asaf Avidan a créé l’événement avec un concert mêlant rock, folk et blues. Coupe à l’iroquois, chemise blanche, le chanteur israélien a  subjugué son public grâce à sa voix incroyable.

    Une voix féminine et rock  à la Janis Joplin que l’on avait remarqué dans l’album récemment  sorti « Poor boy, Lucky man » enregistré avec  le groupe The Mojos , à ses côtés sur scène.  Au début, on craignait une interprétation en force. Au contraire, Asaf Avidan n’en fait pas trop et  module sa voix, totalement habité par son univers,  s’accompagnant à la guitare électrique ou au piano.  Un show entre glam et rock hérité des années 1970, qu’Asaf fait vivre avec énergie et grâce.En Israël, Asaf Avidan et The Mojos sont extrêmement populaires et partout dans les festivals internationaux, les critiques sont élogieuses. A Bourges, ils ont donné un concert de toute beauté. Assurément, l’une des plus belles découvertes  du Printemps.

     

     

    Le rock animal et sexy  d’ Oh, La, La ! au 22 Est

    L’histoire d’Oh La La ! est  née de la collaboration entre Natasha Le Jeune, la chanteuse et le bassiste Benjamin Lebeau, musicien de The Shoes qu’elle a rencontré il y a trois ans. Exit donc  l’expérience rock au sein d’AS Dragon dont elle fut le leader durant quelques années,  là voilà désormais  aux commandes de son nouveau groupe Oh La La ! et son registre électro. Une pop-rock à danser où la sexy  Natasha  chante essentiellement en français  des chansons chic et choc  à l’image de « Un poing, c’est tout », dont le texte est signé Philippe Katerine.  Jean coupé façon short, débardeur, frange au carré, la chanteuse fascine par sa présence  animale sur scène. Elle joue du synthé, danse,  chauffe  son public à blanc, en véritable rock star comme on l’a vu mercredi  au 22 Est.  Un univers ovni à l’énergie brute que l’on retrouve dans l’album éponyme  qui vient  de sorti r chez Pias.

     

    La pop-rock efficace de Vismets au 22 Ouest

    Originaire de Bruxelles,  le groupe Vismets cartonne en Belgique.  Il  débarque en France alors que vient de sortir son album « Gürü Voodoo » porté par le titre « Wasted Party ». Sa présence au 22 Ouest nous a permis de vérifier que Vismets es t d’abord et avant tout un groupe de scène. Cela  assure, joue vite et efficacement une pop-rock dansante aux guitares tendues et  aux chansons interprétées en anglais. Un registre qui prend tout son sens en live comme on le verra le 26 mai au Nouveau Casino, à Paris, aux Francofolies de la Rochelles, le 15 juillet encore le  23 juillet à Spa. A suivre donc.

     

     

    votre commentaire
  •  "L’Humour est la politesse du désespoir..."
    Yep !

    A l’heure où les unes et les autres sont dans les starting block et commencent à nous vendre de tristes salades dans l’espoir de monter sur le trône de cette république bancale, la solidarité, notre volonté de changement doivent nous conduire à délaisser les lieux anciens où nous pensions pouvoir nous réunir pour inventer de nouvelles maisons pour accueillir nos luttes.

    "Qu’ils s’en aillent tous !" scande Mélenchon ?
    Qu’il montre l’exemple et entraine avec lui ces rois et reines nu-e-s, leurs courtisan-e-s, leurs obligé-e-s, leur argent sale.

    Que partout des foyers de résistance s’allument et se propagent, que partout hommes et femmes en lutte nous donnent courage et motivation, donnent à nos âmes parfois désabusées la volonté de poursuivre chimères et utopies, avec pour ligne d’horizon le règne de l’Amour !

    Solidairement,

    l’Orchestre Poétique d’Avant-guerre - O.P.A

    ****

    PROCHAINS CONCERTS

    SAMEDI 23 AVRIL - 20h -
    Semaine Sans Télé - Astaffort (47)
    Retour avec enthousiasme vers un festival qui, pour nous garde, un goût particulier. Il y a deux ans maintenant, un concert magique nous y avait laissé une douce impression et nous avions noué là des liens amicaux forts que le temps n’a pas démentis. Alors... Faites tourner et... Eteignez vos postes de télévision !!!

    Entrez Libres - Infos : http://semainesanstele.over-blog.com/

    ***

    VENDREDI 29 AVRIL - 19h -
    O.P.A chante La Commune de Paris - Salle du Verdet - Libourne
    Depuis le
    temps qu’O.P.A chante "La semaine Sanglante" de J.B Clément, c’est avec grande joie que nous irons à la rencontre de nouveaux/nouvelles camarades et ferons résonner pour eux/elles les chants de nos anciens arrangés à notre façon. C’est à dire, encore et toujours, en totale improvisation.

    Entrez libres - Les infos : http://commune.140.free.fr/

    Ecouter une version possible de "La semaine sanglante" d’O.P.A
    (Impro) http://www.dogmazic.net/m3u/dwncounttitre.php?id=57459&ur=1&usr=

    ****

    LES DERNIERES VIDEOS EN LIGNE

    Bordeaux fait peau neuve
    http://www.myspace.com/orchestrepoetique/blog/542611347

    La Quête de l’Amour
    http://www.myspace.com/orchestrepoetique/blog/542454490

    ****

    DERNIERS ALBUMS EN LIBRE
    TELECHARGEMENT

    Live à St Michel (Bordeaux)
    http://www.dogmazic.net/static.php?op=musiqueIndex.php&album=22896+-+Live+Festival+Femmes+en+T%EAte

    Live au Boqueron ( Bordeaux)
    http://www.dogmazic.net/static.php?op=musiqueIndex.php&album=22896+-+Live+au+Boqueron

    ****

    LA FAMILLE

    La Zone d’Expression Populaire (Z.E.P) sort un nouvel album. http://www.zep-lesite.com/

    ****

    BORDEAUX & ENVIRONS

    Le Collectif Saint Michel contre la gentrification http://collectifsaintmichel.wordpress.com/

    Démosphère Gironde : agenda libre, participatif & militant http://gironde.demosphere.eu/

    Indymedia Bordeaux
    http://indybordeaux.org/

    ****

    QUAND L’ESPOIR NOUS VIENT
    D’EUROPE...

    Référendum : Les Islandais refusent de payer leur dette http://www.myspace.com/orchestrepoetique/blog/542624306

    Italie - Silvio Berlusconi renversé par Giuseppe Verdi http://www.myspace.com/orchestrepoetique/blog/542634063

    France - Les normaliens recommencent à servir le peuple... http://www.myspace.com/orchestrepoetique/blog/542519171

    Suite - Les occupants de Normale-Sup évacués http://clap33.over-blog.com/article-actu-les-occupants-de-normale-sup-evacues-72101781.html

    ****

    LA PESTE EST BRUNE COMME A ORANGE

    Quand la loi fabrique des bébés clandestins http://www.myspace.com/orchestrepoetique/blog/542702148

    Un campement de 74 Roms évacué à Créteil http://www.myspace.com/orchestrepoetique/blog/542640450

    Dieudonné, ou Tartuffe et les racistes http://www.myspace.com/orchestrepoetique/blog/542520727

    Pour Roland Dumas, Marine Le Pen a "un certain charme" http://www.myspace.com/orchestrepoetique/blog/542640743

    [Narbonne]Un énième exemple de collaboration de la SNCF avec les
    keufs http://clap33.over-blog.com/article-narbonne-un-enieme-exemple-de-collaboration-de-la-sncf-avec-les-keufs-71503274.html

    Pétition de soutien aux élèves à la robe longue de Saint-Ouen http://www.myspace.com/orchestrepoetique/blog/542515028

    ****

    MAFIA-CRATIE

    L’UMP se fait payer un sondage par le ministère de la Défense http://www.myspace.com/orchestrepoetique/blog/542701526

    Flamanville - Comment Bouygues exploite ses salariés du nucléaire
    http://www.myspace.com/orchestrepoetique/blog/542610902

    ****

    DEBILO-CRATIE

    Cherche prof en prépa - Femme et mère s’abstenir
    http://www.myspace.com/orchestrepoetique/blog/542611760

    Morano ou le degré zéro de la politique
    http://www.myspace.com/orchestrepoetique/blog/542641193

    [Angers]La police interpelle des mineur-e-s de 7 et 8 ans
    http://clap33.over-blog.com/article-angers-la-police-interpelle-des-mineur-e-s-de-7-et-8-ans-71602446.html

    ****

    SCHIZO-CRATIE

    Une entorse à la laïcité pour les étudiants juifs ?
    http://www.myspace.com/orchestrepoetique/blog/542673187

    ****

    INTERNATIONAL

    Israël/Palestine : deux films pour mieux comprendre
    http://www.myspace.com/orchestrepoetique/blog/542701770

    Suite - La Ligue de Défense Juive attaque un cinéma qui programme "Gaza-Strophe"
    http://www.myspace.com/orchestrepoetique/blog/542611027

    Assassinats de paysans au Guatemala
    http://www.myspace.com/orchestrepoetique/blog/542610790

    Chiapas - Communiqué de l’Assemblée de l’Autre Campagne
    http://cspcl.ouvaton.org/article.php3?id_article=823

    ****

    Merci à celles et ceux qui nous ont lu jusqu’au bout... Merci de faire suivre...

    A vos côtés,

    l’Orchestre Poétique d’Avant-guerre - O.P.A

    ****

    "Nous vivons comme des statues de
    marbre.
    Chaque jour, il nous faut faire l’effort de
    dévisser"
    o.p.a

    **
    Voir notre page :
    http://www.myspace.com/orchestrepoetique

    En chair et en os :
    http://www.dailymotion.com/OPA-videos

    Téléchargez-nous librement !
    http://www.dogmazic.net/OPA

    Musique diffusée sous licence libre Creative Commons :
    http://creativecommons.org/licenses/by-nc-sa/3.0/deed.fr

    De : O.P.A


    2 commentaires
  • Entretien avec Z.E.P : « Ma musique est une musique de lutte »

    14 avril 2011

    Ils auraient pu choisir la musique pour atteindre la gloire mais ils l’ont choisie pour résister, exister et continuer à rêver. Saïdou du groupe Zone d’Expression Populaire nous en dit plus sur sa soif de justice sociale qu’il revendique sur un son atypique et envoutant.
     
     
    Z.E.P, une présentation simple et rapide pour les lecteurs qui ne connaissent pas le groupe ? Et surtout, comment définir ton style musical, qui est au carrefour du rap, du raï et de la musette ?
     
    Je n’en ai aucune idée. Je n’ai pas une définition claire de mon style musical. Ce qui m’intéresse c’est la direction politique d’un projet, le sens qu’on lui donne avec une importance relative à l’esthétique. Néanmoins, il est vrai que je suis issu d’une culture rap où le texte reste la priorité. Pour moi, la musique est au service du texte. Sinon, sur scène, Z.E.P c’est un rappeur, un chanteur-guitariste, un accordéoniste et un programmateur. Mais nous sommes aussi un collectif avec des auteurs et des militants sur le terrain.  
     
     
    Pourquoi la musique comme forme d'engagement ?

    C’est tout ce que je sais faire. C’est mon seul moyen d’expression. J’écris mes réflexions, mes indignations, mes convictions, je témoigne, je chronique. J’hurle quand je suis blessé dans ma chaire. Mon moyen d’expression est l’écriture et voici le résultat : des chansons (rires).
     
    Nous sommes des enfants d’immigrés, discriminés par nos noms à consonance arabe, par nos gueules de basanés, par la religion qu’une grande partie d’entre nous embrasse, c'est-à-dire l’Islam, et qui dérange certains français de souche. Nous avons un statut de citoyen de seconde zone. Les espaces démocratiques, qui devraient être à la disposition des citoyens, n’existent pas pour nous. On nous confisque notre parole et on nous impose la censure. Nos voix ne se retrouvent ni dans les médias, ni chez les politiques. Et lorsque l’on tente de créer de petites poches de résistance, on nous met très vite des bâtons dans les roues en nous accusant d’être communautaristes ou de prendre des postures victimisantes. Tout ça afin de délégitimer nos combats. Il nous est donc essentiel, nécessaire, vital, de refuser unanimement que le dominant s'autorisent à faire de nous des objets parlés et non des sujets parlants. Nous devons refuser que nos affaires soient discutées en notre absence, dans une homogénéité totale. Nous devons refuser de considérer que cela est l'expression d'une solidarité à notre égard. Car cela s'appelle du paternalisme. Voilà pourquoi nous prenons la parole, avec nos mots, nos revendications, nos préoccupations, nos colères.
     
    Mais les paroles de Z.E.P n’engagent que nous. Même si nous sommes largement inspirés par nos ainés (Frantz Fanon, Aimé Césaire, Angela Davis, Malcom X, Mohamed Ali, Mahmoud Darwich, Kateb Yacine…) nous ne nous revendiquons pas comme des porte-parole. Z.E.P, c’est notre petit espace d’expression et je suis conscient de la chance que nous avons de le posséder. Tout le monde ne peut pas le faire faute de temps ou de moyens. Et puis il y a un contexte d’urgence sociale où l’on doit se battre pour ses droits, pour la justice… et avec une famille à nourrir ! Tout le monde n’a pas la possibilité de s’engager comme nous le faisons.
    Prendre possession d’un espace d’expression est aussi risqué politiquement. Le système, que l’on condamne et que l’on attaque, réplique violemment. Prendre la parole pour dénoncer le racisme, mais aussi les organisations antiracistes folkloriques ou la gauche paternaliste, a un prix.
     
     
    Sur le deuxième album, tu chantes « Je gère ». C’est pas trop dur quand on n’a pas la cote sur France Inter et Skyrock ?
     
    Je suis très heureux de ne pas y avoir la côte, le contraire serait inquiétant (rires) ! Je considère ma musique comme une musique de lutte. Je ne suis ni un prophète, ni un messager, et comme je l’ai dit, je ne représente personne. Z.E.P est une cellule artistique de la lutte. France Inter ou Skyrock représentent les médias dominants. Or, dans mon combat qui s’inscrit dans une lutte des classes, je combats et ne fricote pas avec les dominants. Jamais je ne m’adapterai à la rhétorique ou à la sémantique du dominant. Finalement, je ne suis pas pédagogue, et mon rôle n’est pas d’éduquer les gens. En fait, nous éduquons nos ennemis en les combattant.
     
     
    Mais Skyrock et France Inter sont devenus pratiquement incontournables pour les musiciens qui veulent vivre de leur passion. Et toi, comment fais-tu ?
     
    Tout est dans la cohérence et l'optimisme. Je milite pour l'alternative et j'y crois fermement. Michel Collon par exemple, avec son site alternatif Investig’Action, dénonce les médias dominants et propose une autre grille de lecture. L'importance tient dans l'autonomie, l'indépendance. La légitimité passe par l’exemplarité. Comment pourrai-je porter un discours, tel que celui que je porte aujourd'hui, si je me prostitue dans les médias dominants ?
     
    Je suis conscient que nous avons tous des incohérences dans notre quotidien : notre essence est achetée chez Total, on s'habille avec des vêtements produits en Chine... Mais nous n’avons pas vraiment le choix. Comme dirait l’autre : « si on devait être complètement cohérent, on se baladerait avec des peaux de chèvres sur le dos ». Ma priorité est de garder mon indépendance et de contribuer à la consolidation des canaux populaires, militants, alternatifs, parce que j'y crois, tout simplement. Il ne faut pas négocier, il faut lutter. Ma musique s'inscrit dans cette thématique.
     
    Quand je parle des médias dominants, je parle des médias détenus par des vendeurs d'armes et des patrons du grand capital comme Dassault, Bolloré ou Rothschild qui sont également impérialistes, sionistes, néo-colonialistes. C'est ça qu'il faut dire avant tout ! C’est la raison pour laquelle je refuse de copiner. J'aurai la sensation de légitimer les ventes d'armes et tout le reste. Ces personnes, je les combats. Je ne veux pas de leurs tribunes. Dire qu'on peut s'y infiltrer, obtenir une liberté d'expression dans certaines colonnes, je n'y crois absolument pas ! C'est contre-productif et incohérent.
     
     
    Quel regard portes-tu sur le rap ? Au départ, c’était une musique de contestation mais qui a été récupérée par l’industrie du divertissement avec tous les clichés possibles : grosses bagnoles, filles dénudées, etc. Penses-tu qu’il y a un retour du rap contestataire avec Z.E.P, Keny Arkana, Médine,…
     
    J’aime le rap, son histoire et celles et ceux qui ont été à l’initiative de cet art. Mais je ne vois pas pourquoi ils ne pourraient pas aussi être touchés par le capitalisme libéral. Tout est fait pour que les jeunes issus des quartiers soient la cible du marché libéral : ils sont exclus de la société, subissent de la discrimination à l’embauche et connaissent souvent des trajectoires très compliquées en ce qui concerne l’école. Souvent, l’avenir leur parait sans issues. En plus de cela, il leur est exigé d’être plus exemplaires que d’autres jeunes de leur âge et de ne surtout pas faire d’argent avec leur musique. Et pour quelles raisons ? Quel projet de vie peuvent-ils construire avec cette réalité ? Beaucoup ne vivent pas mais tentent de survivre en travaillant au marché par exemple ou en lançant une petite boite comme un resto « Kébab ». Leur objectif est de gagner de l’argent, non pas pour s’enrichir ou se faire plaisir mais simplement pour subvenir à leurs besoins primaires. Par conséquent, je peux comprendre que certains acceptent les règles du jeu posés par le système. C’est, je le répète, une question de survie. Et qui souhaite connaître la réalité dans les cités et les quartiers n’a qu’a écouter du rap. Ce n’est pas l’analyse de sociologues branchés parisiens, très loin terrain, qui parviendra à décrire réellement le vécu de ces jeunes. La vérité est dans la parole des « mecs » qui font du rap. Qu’ils passent sur Skyrock ou pas, finalement, c’est les mêmes.
     
    Je crois en réalité que le problème est ailleurs. Attention à ne pas se tromper d’ennemis. Il faudrait plutôt se tourner vers les multinationales qui sont à l’origine d’un rap qui véhicule une image machiste et superficielle. Qui fabrique les clips retransmis sur M6 ou MTV ? Ce sont des personnes comme Pascal Nègre, choisis par Universal ou Sony ! Le casting des filles dénudées est sélectionné par ces grandes firmes et non par les rappeurs ! En fait, j’aime le rap quand il est tout sauf élitiste. Je l’aime quand il est sincère.
     
     
    Dans ton premier album tu parles de « devoir d'insolence, devoir d'irrévérence, devoir d'impolitesse ». Pourtant, on nous apprend partout qu’il faut être poli. Tu ne penses pas que les jeunes des quartiers ont déjà une assez mauvaise image ?
     
    Nous sommes harcelés au quotidien dans l’espace médiatique et publique et on nous demande d’être silencieux, d’être poli et même d’être reconnaissant. Sarko nous a dit « La France, tu l’aimes ou tu la quittes » mais comment aimer un pays qui est le nôtre quand nous il nous considère comme des sous-citoyens, quand nous n’avons droit qu’aux inconvénients ? « L’’insolence, l’irrévérence » sont des termes de politiques : c’est le refus de cette place du dominé soumis et reconnaissant à l’égard de « son maître ».
     
     
    Ne crains-tu pas que ton impolitesse te rende moins crédible ?
     
    Cela m’est égal. Leur jugement ne m’intéresse absolument pas. Je n’ai pas à me justifier ni à m’adapter à quoi ou qui que se soit. Dans ce pays, à partir du moment ou tu y es né, ou tu y vis, tu dois t’adapter à des lois. Mais il existe des lois racistes et liberticides. Alors, il y a un moment où pour changer le monde, il faut aussi désobéir. Et la désobéissance est une forme d’insolence. Telle est ma conception des choses. La rhétorique dominante, je n’en ai rien à faire. Elle ne m’intéresse pas. Justice et basta ! Je ne vois pas pourquoi on doit accepter les règles du jeu. C’est à nous d’imposer les règles du jeu, ce n’est pas aux élites de le faire mais au peuple. Nous devons nous poser des questions entre nous. En fin de compte, je pense que cette question est un faux débat.
     
     
    Quel a été l’objectif de la rédaction du livre « Nique la France » avec Saïd Bouamama et pourquoi ce titre ?
     
    Nous sommes tout les deux des militants anticolonialistes, antiracistes et anticapitalistes. Nous partageons les mêmes convictions et menons tous les deux les mêmes combats mais avec des outils d’expression différents et parfois aussi, avec des publics différents. A force de nous croiser sur le terrain militant et associatif lillois, nous avons souvent été amenés à travailler ensemble. Cependant, le débat scandaleux sur l’identité nationale qui s’est imposé à nous, a accéléré notre envie de nous associer sur un projet commun. Le résultat est un bouquin avec des articles écrits par Saïd Bouamama et un CD avec mes chansons.
    Effectivement, le projet était d’articuler deux outils d’expression politique qui ont été largement investis ces dernières années : le rap d’une part et l’écriture théorique d’autre part. Il s’agit de faire converger ces deux outils pour une efficacité plus forte dans le combat pour l’égalité. Tout en assumant la dimension politique du rejet d’une France raciste, colonialiste, discriminante et inégalitaire.
     
    Dans le morceau « Pas de baratin », un rappeur que tu as invité sur l’album dit, en désignant les politiques : « Leur problème c’est l’islam et non le port du voile intégral ». Que penses-tu du débat du 5 avril sur la laïcité et l’islam ? C’est aussi du « baratin » ?
     
    C’est une bonne chose que les masques tombent parfois. Certains nous ont longtemps laissé croire que la France n’était pas un pays raciste. Pourtant, le racisme persiste depuis des années. Il se traduit par des discriminations à l’embauche, au logement, aux loisirs, par des contrôles policiers au faciès, des agressions verbales ou physiques. Sans oublier nos parents qui se faisaient insulter dans les usines et qui continuaient à travailler dans des conditions humiliantes parce qu’ils avaient des bouches à nourrir et craignaient de perdre leur poste. Cette réalité existe depuis plus de 50 ans mais les politiques n’y ont jamais accordé autant d’importance qu’ils n’en accordent aujourd’hui au débat sur la laïcité.
     
    J’ai toujours dénoncé une France raciste, néo-colonialiste et paternaliste. On peut la retrouver de l’extrême droite jusqu’à l’extrême gauche. Je fais partie d’une culture politique qui a toujours dénoncé le racisme systémique et je n’ai pas l’impression que les choses s’améliorent. Au contraire : les pseudos débats sur l’identité nationale, l’islam, la laïcité ont réveillé le veil héritage xénophobe de la France. Ca fait peur pour les générations à venir.
     
     
    Avec le Ministère des Affaires Populaires, tu avais consacré une chanson à la Palestine. Tu as récidivé sur le premier album de Z.E.P. En quoi la lutte palestinienne t’inspire tant ?
     
    L’histoire et l’identité politique de mes parents et des mes grands-parents m’ont touché. Mes grands-mères sont issues de la classe ouvrière et ont connu la colonisation. Elles sont très dignes, ont une conscience politique très forte et symbolisent en fait de nombreuses luttes auxquelles j’adhère. Donc leur histoire m’intéresse. Mes grand-mères ont milité pour leurs droits et, en tant que femmes algériennes, ont joué un rôle important pour se libérer de la colonisation.
    La Palestine, c’est la même chose. Toutes les Palestiniennes sont mes grand-mères ! Quand je vais en Palestine, je sens un lien très fort sur les plans humains et affectifs. Car finalement, je retrouve le même système colonial qui a marqué l’Algérie des mes grand-mères. Durant la période coloniale, les Algériens, les Arabes et tous les Africains étaient considérés comme des sous-hommes, des citoyens de seconde zone. Les Palestiniens vivent encore ça aujourd’hui. La première fois que je suis allé en Palestine, je me suis senti inutile face à l’injustice que j’avais sous les yeux. Comment pouvait-on laisser faire ça ? Je me sentais impuissant.
     
     
    D’où la chanson « Palestine » sur l’album de Z.E.P ?
     
    Pas tout à fait. Cette chanson avait plusieurs objectifs : populariser la lutte palestinienne, souligner l’universalité de la résistance et expliquer pourquoi, selon mon identité anti-impérialiste, je soutiens la Palestine. En effet, quand on a commencé à s’impliquer dans la lutte palestinienne, des gens nous disaient : « Ca ne vous regarde pas » ou bien « Regarde ce qui se passe en Tchétchénie »… Je voulais notamment répondre à cela. Mon « algérianité » est liée à la cause palestinienne, depuis la naissance. Quand j’étais petit déjà, mes parents me disaient : « Nous sommes Palestiniens ».
     
     
    As-tu le sentiment que votre musique éveille les consciences ? Les messages de vos chansons ont-ils un impact sur le terrain ?
     
    Je n’ai pas la volonté d’éveiller les consciences mais simplement de donner un coup de main dans une lutte contre le racisme et le colonialisme. Cette lutte ne peut aboutir que si elle est collective. Pour ma part, je pense n’être qu’un militant parmi tant d’autres. Les histoires d’égo et de plateaux télévisés me font très peur ! Quand on fait de la musique, des concerts, qu’on passe sur des petites radios, on a bien-sûr l’égo flatté. Certes, on nous donne de l’importance mais chaque personne est importante. Je ne compte pas plus que celui qui colle les affiches pour le concert.
     
     
    Parviens-tu à continuer à rêver malgré le climat actuel en Europe, dans le monde arabo-musulman et partout ailleurs ?
     
    Notre histoire ! Notre histoire et celle de nos parents nous donnent la force et l’optimisme. Notre histoire politique aussi : quand tu vois la révolution en Egypte ou en Tunisie, ça donne envie ! Par ailleurs, on tourne beaucoup avec des associations et des collectifs militants (anti-capitalistes, anti-impérialistes, défenseurs des droits des sans-papiers, etc.) Nous rencontrons ainsi des petits réseaux animés par des gens plein d’énergie. Ca me nourrit, tout comme les voyages en Palestine. Quand tu vois le peuple palestinien, sa dignité, sa force de rester debout et de continuer la résistance… Comment ne pas s’inspirer de l’énergie des Palestiniens ?
     
     
     
     

    votre commentaire
  • George Carlin : l’humoriste qui épinglait l’hypocrisie des riches

    Portail de l'action des Elus et de la vie citoyenne

    Au mois de juin 2008, le comique américain George Carlin est décédé d’une crise cardiaque. Peu connu en France, il était une grande figure de « l’industrie du rire », aux Etats-Unis. Son répertoire recouvrait un large éventail de thèmes sociaux, politiques et culturels. Il aimait briser les tabous et les comportements convenus du « politiquement correct ». Il parlait de tout : du droit à l’avortement et du lobby dit « pro-life », des fast-food, de la corruption des hommes politiques, du racisme et de l’exploitation. Il dénonçait l’hypocrisie et l’arrogance des riches et des puissants :

    « Mon Dieu, ces conservateurs sont vraiment quelque chose, n’est-ce pas ? Ils sont tous pour les embryons, pour ceux qui ne sont pas encore nés. Tant que t’es pas encore né, ils feraient n’importe quoi pour toi. Mais une fois que tu es né, ils ne veulent plus rien savoir ! Les pro-life sont obsédés par l’embryon – pendant les neuf mois à partir du moment de la conception – mais après, tu peux toujours crever ! Tu n’auras rien ! Ni Sécurité Sociale, ni cantines scolaires, ni allocations familiales. Avant ta naissance, ça va – après, t’es foutu ! »

    Ou encore : « Il y a une raison qui explique que l’éducation nationale marche mal. C’est la même raison qui fait qu’elle ne marchera jamais. C’est parce que les propriétaires de ce pays n’en veulent pas ! Je parle des vrais propriétaires. Je parle des grands hommes d’affaires qui contrôlent tout et qui prennent toutes les décisions importantes. Oubliez les politiciens ! Les politiciens sont là pour vous donner l’impression d’avoir le choix. Mais vous n’en avez pas ! Vous avez des propriétaires. Il faut le savoir ! Ils vous possèdent. Ils possèdent tout. Ils possèdent la terre, ils possèdent et contrôlent les grandes entreprises. Depuis longtemps, ils ont acheté le Sénat, le Congrès, les administrations, les mairies. Ils ont les juges dans leurs poches. Ils possèdent l’industrie audio-visuelle, pour pouvoir contrôler à peu près toutes les informations qui circulent. Ils vous tiennent par les couilles !

    « Ils dépensent des milliards pour financer le lobbying. Ils font du lobbying pour obtenir ce qu’ils veulent. Et nous savons ce qu’ils veulent. Ils veulent plus pour eux-mêmes et moins pour les autres ! Mais je vais vous dire ce qu’ils ne veulent pas. Ils ne veulent pas d’une population capable de penser, de critiquer. Cela ne les intéresse pas. Cela ne les aide pas, c’est contre leurs intérêts.

    « Vous savez ce qu’ils veulent. Ils veulent des travailleurs obéissants ! Des gens qui sont juste assez intelligents pour faire tourner les machines et faire la paperasse, et juste assez cons pour accepter passivement tous ces boulots de merde, avec ces salaires qui baissent et ces fonds de pension qui disparaissent. Maintenant, ils veulent s’emparer de la Sécurité Sociale ! Ils veulent récupérer l’argent de la Sécurité Sociale pour qu’il puisse finir dans les coffres de leurs amis de Wall Street. Oui, les propriétaires de ce pays connaissent la vérité. Ils l’appellent le Rêve Américain, parce qu’il faut être endormi pour y croire ! »

    John Peterson
    


    votre commentaire
  • Le 30 avril à Paris : fête des précaires et du pissenlit

    Le samedi 30 avril 2011, comme chaque fin de mois, ça fera déjà dix jours que nous serons à découvert.

    Nous sommes salarié-e-s au SMIC, en CDD, en Interim, à temps partiel, en Contrat Unique d’Insertion, stagiaires de longue durée à 30% du SMIC, bac + 5 en Service Civique à 540€ par mois, auto-entrepreneurs, pigistes, intermittents, chômeurs en interim, travailleuses au black au RSA, travailleurs au black, jeunes n’ayant pas droit au RSA, saisonniers, étudiants-salariés…

    Nous galèrons pour trouver un emploi et un logement, pour payer le loyer. Nous galérons pour remplir le caddie chez ED.

    Nous voulons vivre, pas survivre. Nous voulons payer des impôts. Nous voulons payer nos restos, aller au ciné, partir en vacances, arrêter de taxer nos parents, avoir le temps et la place pour élever des enfants, nous doucher avec du gel douche bio, manger du filet de bœuf plutôt que des surgelés, aller chez le dentiste pour retrouver le sourire.

    Notre précarité est une insulte au passé, alors que nos parents et nos grands-parents ont travaillé pour notre accès à l’éducation, à la sécurité sociale, pour le droit du travail, et pour notre liberté. Privés de stabilité et soumis à la flexibilité, notre avenir est hypothéqué. “C’était mieux Avant”, on finit par le croire.

    Parce que nous refusons cette fatalité, nous ne nous laissons pas abattre par ce manque de perspective. Nous sommes des millions ! On se croise tous les jours dans la rue, dans le métro, au boulot, dans les facs, à Pôle Emploi ou à la CAF, ou à l’heure de l’apéro.

    Nous sommes éparpillé-e-s et isolé-e-s.

    Le samedi 30 avril, rassemblons-nous. A défaut de se payer notre brin de muguet du 1er mai, célébrons le pissenlit pour ne pas le manger par la racine. Avant la fête des travailleurs, retrouvons-nous pour la journée du Pissenlit, fête des précaires. Ce jour là, rendons nos galères visibles.

    Quelles que soient vos convictions, vos revendications, votre situation, rejoignez nous. En écho à l’énorme mobilisation des précaires portugais le 12 mars, nous vous donnons rendez-vous à Paris tout au long de la rue de Lisbonne, pour un défilé festif, pacifique et non-partisan contre la précarité. Fabriquez pour l’occasion vos propres panneaux, pancartes, banderoles, et inscrivez-y vos coups de gueules et vos messages.

    Rendez-vous le samedi 30 avril pour un défilé festif, pacifique et non-partisan !

    Carole, 28 ans, salariée depuis 10 ans, au SMIC, encore dépendante de ses parents.
    Xavier, 36 ans, chômeur, auto-entrepreneur.
    Lily, 25 ans, bac+5, en Service Civique prolongé à 540 euros par mois.
    Dimitri, 24 ans, serveur, travaille 50 heures par semaine dont 30 heures non déclarées.
    David, 26 ans, chômeur en reconversion professionnelle dans le secteur social.
    Nikos, 27 ans, vacataire dans la fonction publique

     


    votre commentaire
  • De ces moments de bonheurs qui interdisent de désespérer de l'humanité :


    http://www.memo.fr/Media/Verdi.jpg

     

     

    Repris sur AGORA VOX :

    Silvio Berlusconi renversé par Giuseppe Verdi

    Le 12 mars dernier, Silvio Berlusconi a dû faire face à la réalité.

     

    L’Italie fêtait le 150ème anniversaire de sa création et à cette occasion fut donnée, à l’opéra de Rome, une représentation de l’opéra le plus symbolique de cette unification : Nabucco de Giuseppe Verdi, dirigé par Riccardo Muti.

     

    Nabucco de Verdi est une œuvre autant musicale que politique : elle évoque l'épisode de l'esclavage des juifs à Babylone, et le fameux chant « Va pensiero » est celui du Chœur des esclaves opprimés. En Italie, ce chant est le symbole de la quête de liberté du peuple, qui dans les années 1840 - époque où l'opéra fut écrit - était opprimé par l'empire des Habsbourg, et qui se battit jusqu'à la création de l’Italie unifiée.

     

    Avant la représentation, Gianni Alemanno, le maire de Rome, est monté sur scène pour prononcer un discours dénonçant les coupes dans le budget de la culture du gouvernement. Et ce, alors qu’Alemanno est un membre du parti au pouvoir et un ancien ministre de Berlusconi.

     

    Cette intervention politique, dans un moment culturel des plus symboliques pour l’Italie, allait produire un effet inattendu, d’autant plus que Sylvio Berlusconi en personne assistait à la représentation…

    Repris par le Times, Riccardo Muti, le chef d'orchestre, raconte ce qui fut une véritable soirée de révolution : « Au tout début, il y a eu une grande ovation dans le public. Puis nous avons commencé l’opéra. Il se déroula très bien, mais lorsque nous en sommes arrivés au fameux chant Va Pensiero, j’ai immédiatement senti que l’atmosphère devenait tendue dans le public. Il y a des choses que vous ne pouvez pas décrire, mais que vous sentez. Auparavant, c’est le silence du public qui régnait. Mais au moment où les gens ont réalisé que le Va Pensiero allait démarrer, le silence s’est rempli d’une véritable ferveur. On pouvait sentir la réaction viscérale du public à la lamentation des esclaves qui chantent : « Oh ma patrie, si belle et perdue ! ».

     

    Alors que le Chœur arrivait à sa fin, dans le public certains s’écriaient déjà : « Bis ! » Le public commençait à crier « Vive l’Italie ! » et « Vive Verdi ! » Des gens du poulailler (places tout en haut de l’opéra) commencèrent à jeter des papiers remplis de messages patriotiques – certains demandant « Muti, sénateur à vie ».

     

    Bien qu’il l’eut déjà fait une seule fois à La Scala de Milan en 1986, Muti hésita à accorder le « bis » pour le Va pensiero. Pour lui, un opéra doit aller du début à la fin. « Je ne voulais pas faire simplement jouer un bis. Il fallait qu’il y ait une intention particulière.  », raconte-t-il.

     

    Mais le public avait déjà réveillé son sentiment patriotique. Dans un geste théâtral, le chef d’orchestre s’est alors retourné sur son podium, faisant face à la fois au public et à M. Berlusconi, et voilà ce qui s'est produit :

    [Après que les appels pour un "bis" du "Va Pensiero" se soient tus, on entend dans le public : "Longue vie à l'Italie !"]

    Le chef d'orchestre Riccardo Muti : Oui, je suis d'accord avec ça, "Longue vie à l'Italie" mais...

    [applaudissements]

    Muti
     : Je n'ai plus 30 ans et j'ai vécu ma vie, mais en tant qu'Italien qui a beaucoup parcouru le monde, j'ai honte de ce qui se passe dans mon pays. Donc j'acquiesce à votre demande de bis pour le "Va Pensiero" à nouveau. Ce n'est pas seulement pour la joie patriotique que je ressens, mais parce que ce soir, alors que je dirigeais le Choeur qui chantait "O mon pays, beau et perdu", j'ai pensé que si nous continuons ainsi, nous allons tuer la culture sur laquelle l'histoire de l'Italie est bâtie. Auquel cas, nous, notre patrie, serait vraiment "belle et perdue".


    [Applaudissements à tout rompre, y compris des artistes sur scène]

    Muti
     : Depuis que règne par ici un "climat italien", moi, Muti, je me suis tu depuis de trop longues années. Je voudrais maintenant... nous devrions donner du sens à ce chant ; comme nous sommes dans notre Maison, le théatre de la capitale, et avec un Choeur qui a chanté magnifiquement, et qui est accompagné magnifiquement, si vous le voulez bien, je vous propose de vous joindre à nous pour chanter tous ensemble.

     

    C’est alors qu’il invita le public à chanter avec le Chœur des esclaves. « J’ai vu des groupes de gens se lever. Tout l’opéra de Rome s’est levé. Et le Chœur s’est lui aussi levé. Ce fut un moment magique dans l’opéra. »

     

    « Ce soir-là fut non seulement une représentation du Nabucco, mais également une déclaration du théâtre de la capitale à l’attention des politiciens. » 


    Par canaille le rouge - Publié dans : la culture et les idées

    votre commentaire
  • Un an après la mort du chanteur, Colette, sa femme, a ouvert leur maison d’Antraigues à Michel Drucker pour Paris Match.

    Portail de l'action des Elus et de la vie citoyenne

     Un entretien avec Michel Drucker - Paris Match

    Quand il m’arrive de me retourner sur ma longue vie d’homme de télé, je découvre avec un certain étonnement que cet étrange métier ne m’a pas donné beaucoup l’occasion de me faire de vrais amis, au sens solide du terme. Le monde des artistes est un monde à part, peuplé d’êtres à la fois forts et fragiles, qui vivent en permanence dans l’inquiétude et l’incertitude du lendemain. Centrés sur eux-mêmes, effrayés par la peur de disparaître, de ne pas tenir la distance. Leur ego occupe tout leur temps, tout leur espace. Avoir une relation d’amitié très forte demande un minimum d’investissement. « Parlez-moi de moi, il n’y a que ça qui m’intéresse » laisse peu d’espoir à un « retour sur investissement ».

    L’amitié, comme une fleur, a besoin d’être arrosée régulièrement pour ne pas pâlir, jaunir, se flétrir et mourir jeune. J’ai pourtant, dans mon panthéon, quelques très rares ­personnalités avec qui j’ai noué une relation forte. Elles sont mes références, mes repères, mes guides, mes consciences. Jean Ferrat était de celles-là. Il est entré dans ma vie il y a près de trente ans, prudemment, silencieusement, sur la pointe des pieds. Quelques grandes émissions de télé et des visites régulières dans son repaire ardéchois ont suffi à tisser un lien durable, à établir entre nous un rapport fraternel fait de ­discrétion, de pudeur, de non-dits et, au cours de ces dernières années, de nombreux coups de téléphone brefs, compte tenu de son état de santé. Son souffle court et la gravité de sa voix, si chaude habituellement, traduisaient son angoisse, sa souffrance, son désarroi.

    Je n’étais pas revenu à Antraigues-sur-Volane depuis sa disparition. Ma dernière visite avait eu lieu le dernier été qui précéda sa mort. Cet après-midi d’août 2009, avant mon ­décollage en hélicoptère du stade d’Antraigues, il m’avait ­demandé de survoler une dernière fois sa petite maison, ­accrochée au flanc de la montagne. Le salut qu’il m’adressa depuis sa terrasse, la main sur le cœur, était un adieu. Il se ­savait au bout du voyage mais il continuait à se battre pour ne pas abandonner Colette, la femme de sa vie. Jean et ­Colette, Colette et Jean. Quarante ans d’amour, de complicité et, à la fin, une lutte de chaque jour contre la maladie.
    Pour la ­première fois, Colette me reçoit seule et, à peine descendues les premières marches de cette maison toute en petites terrasses ombragées, j’ai l’impression que Jean va me rejoindre. Des souvenirs m’envahissent, précis. Oural, son berger allemand à poil long (il lui avait dédié une chanson), va venir frôler nos jambes, je le sens. Il doit être en contrebas, avec son maître qui pêche au bord du torrent. Jean se repose ; il fait sa sieste. A moins qu’il ne soit dans son petit bureau. Je crois entendre quelques accords de guitare. Il finit de ciseler un texte, comme un ébéniste polit son meuble. Les camélias sont en fleur ; il fait un temps d’été. Yves Jouanny, le copain restaurateur de La Remise, la « cantine » de Jean au village, va apporter des truites pêchées le matin même pour le déjeuner, et Jean­ ­ouvrira une bouteille de blanc. Je l’entends me dire : « Michel, demande à ton copain Besancenot de ne pas diviser son camp. Il a un beau coup à jouer avec Mélenchon. La gauche doit être unie sinon elle ratera le coche. » Colette me sourit, son regard voilé me dit tant de choses.

    Paris Match. Colette, quels souvenirs gardes-tu de ta ­première rencontre avec Jean Ferrat ?
    Colette Ferrat. C’est une image très précise. Nous sortions du Temps perdu, un petit café-restaurant-cabaret sur la place d’Antraigues. Il avait une DS 19 blanche, voiture mythique de l’époque. J’étais un peu désemparée car ma vieille Porsche 912 était en panne. Me voyant contrariée, il est venu me rassurer, il m’a embrassée gentiment. Je n’ai jamais oublié ce moment. Il était déjà installé à Antraigues depuis quelques années.

    Que faisais-tu à l’époque ?
    J’étais monitrice d’éducation physique au lycée ­Triboulet à Romans. J’habitais Valence et, d’habitude, je faisais la route à Vespa.

    Que représentait Jean Ferrat pour toi dans les années 60 ?
    Je connaissais peu l’artiste car j’écoutais surtout Brassens. Mais, très vite, j’ai découvert son répertoire, la profondeur de ses textes et sa voix envoûtante.

    A quoi ressemblait votre vie au quotidien, dans cette région si sauvage ?
    Jean a eu une vie d’artisan dont le grand bonheur était, avant tout, d’écrire et de composer. Nous menions une existence calme, rythmée par les saisons, très marquées dans cette région unique. Jean aimait beaucoup sa maison, qui n’était qu’une grange quand il l’a achetée. Une maison accrochée à une pente rocheuse, au flanc d’une petite montagne surplombant un torrent où il aimait pêcher. Quatre bergers allemands à poil long nous ont accompagnés pendant de longues années. Ouralou, Machu-Picchu, Java et ­Eldorado. Il a adoré ses chiens.

    N’a-t-il pas eu parfois envie de revenir à la scène, qu’il avait quittée si tôt ? Sa dernière apparition parisienne ne datait-elle pas de 1972 au Palais des Sports ?
    Pas vraiment, même si, parfois, je l’entendais me dire : “Tout de même, Aznavour, Nougaro, quelle pêche !” Mais quand il a ­décidé de quitter le métier, il sentait que faire de la scène devenait trop technique, trop gigantesque. Il n’avait plus la force d’assurer des tournées devenues des barnums. Jean venait du cabaret. Brel avait pris la même décision quelques années plus tôt.

    Gardait-il quand même le contact avec le métier ?
    Assez peu. Mais il se tenait au courant. Il écoutait beaucoup France Inter malgré la tristesse et, parfois, la colère qu’il ressentait de ne pas être programmé sur cette radio de service public. Il s’en était ouvert à la ­direction des programmes de l’époque. Et puis, il était en relation permanente avec Gérard Meys, son ami et homme de confiance, producteur et éditeur. Ils ont formé un couple unique pendant cinquante-deux ans. Isabelle Aubret a toujours été là, elle aussi. Il la considérait un peu comme sa petite sœur et sa meilleure interprète. Sans oublier Francesca Solleville, fidèle parmi les fidèles. Ce trio est indissociable de la vie de Jean.

    Suivait-il de près l’actualité en général ?
    Il regardait les journaux télévisés et s’inquiétait beaucoup à l’approche du XXIe siècle. Ce qui vient de se passer au Japon lui aurait certainement inspiré une chanson sur la folie des hommes et la révolte de la planète.

    Derrière son regard sombre, quelquefois mélancolique, et son répertoire grave, Jean aimait-il rire ?
    Il aimait la vie, et si certaines chansons ont évoqué les grands problèmes du monde, la faiblesse des plus démunis, la classe ouvrière, les paradoxes et les violences des régimes ­communistes, l’antisémitisme, il avait des moments de grande joie et de bonheur partagé. Les parties de boules sur la place d’Antraigues avec Félicien, à qui il a dédié une chanson, les soirées passées à jouer aux cartes étaient ses petits bonheurs à lui.

    Et il aimait aussi beaucoup le tennis !
    Jean était fou de tennis. Avant ses ennuis pulmonaires, il jouait souvent en simple et en double sur les courts du village. Il n’a jamais raté un tournoi du Grand Chelem. Il veillait ­souvent la nuit ou se levait tôt pour les différés d’Australie et des Etats-Unis. Il adorait Wimbledon et Roland-Garros. Nous ­allions parfois porte d’Auteuil et aussi à Monte-Carlo. ­Federer a été son idole. Il le considérait comme un grand artiste, comme un créateur.

    Parlait-il souvent de ses origines ?
    Rarement, mais il n’a jamais oublié qu’il s’appelait Jean Tenenbaum, dont le père n’est jamais revenu d’Auschwitz. C’était une douleur secrète. “Nuit et Brouillard” est une chanson majeure de son répertoire, comme “Potemkine” ou encore “Le bilan”.

    Quelles sont tes chansons préférées ?
    Evidemment “Aimer à perdre la raison”, “Que serais-je sans toi”. Mais je crois que ma préférence va à “Ma France”. Tout est dit dans cette chanson.

    Quelles sont les images qui reviennent quand tu penses à vous deux ?
    Je pense à Jean tout le temps, souvent la nuit quand je ne trouve pas le sommeil. Je revis nos merveilleux voyages en Jordanie, au Kenya, en Egypte ; je revois nos croisières en Norvège, en Italie, en Grèce, nos périples gastronomiques. Nous connaissions la plupart des chefs étoilés de France. Jean adorait la grande cuisine. C’était un épicurien, un bon vivant. Si vous écoutez “L’amour est cerise”, vous découvrez un autre Ferrat, qui plaisait beaucoup aux femmes. Il m’est arrivé de demander à certaines fans, venues frapper à notre porte ou s’étant introduites dans notre jardin, de respecter sa tranquillité. Mais il aimait les gens, leur parler, connaître leur vie. Il n’était pas un mondain.

    Comment aurait-il vécu cette vague d’émotion qui a submergé les Français au lendemain de sa mort et ce défilé ininterrompu qui a lieu chaque week-end sur sa tombe ?
    Il aurait été absolument sidéré par ces réactions. Jamais il n’aurait pensé être aussi présent dans le cœur des gens car, disons la vérité, qui, à part toi, Michel, a parlé à Ferrat et l’a programmé à la radio et à la télé pendant toutes ces années ? J’ajoute que le succès considérable des CD et des DVD sortis depuis un an lui aurait fait chaud au cœur.

    Comment ce petit village d’Antraigues va-t-il continuer à vivre sans la présence de Jean ?
    En 2012 naîtra un festival de la chanson et bientôt ­ouvrira la Maison Jean-Ferrat, sur la place du village. Ce sera un lieu de culture vivante où se rencontreront des auteurs, des ­comédiens, des poètes. Jean connaissait et aimait ce projet. Ce travail de mémoire est ma façon de continuer à aimer l’homme qui m’a rendue si heureuse pendant toute une vie. Que serais-je sans lui ?

    http://www.parismatch.com

    A voir aussi

    A lire aussi

     

     

     


    votre commentaire

  • votre commentaire