• La décomplexitude

    La décomplexitude

     
    Depuis quelques années le politique serait le terrain de jeu de celles et ceux qui veulent se débarrasser de leur complexes comme d'une vilaine cellulite avant les plages d'été...
    La pratique consiste simplement à une forme de ré étiquetage du produit, comme au rayon d'une supérette un peu louche. La droite UMP se "droitise"; faute d'entretien les digues qui la préservait des débordements vers l'extrême droite ont sauté et les nostalgiques de l'OAS ou de  la collaboration pétainiste, jadis personna non grata chez les gaullistes, peuvent frayer dans les mêmes eaux brunes.
    Depuis quelques années l'effet le plus marquant de cette droitisation du climat politique est bien sûr la montée du Front National. Depuis les exactions des apprentis fascistes des ligues factieuses des années 30 aux professionnels collabos des nazis, des décennies ont passé, et trois générations plus tard tout se passe comme si l'avertissement de Bertolt Brecht n'avait pas été entendu.
    « Le ventre est encore fécond, d'où a surgi la bête immonde. ».
    Les groupuscules néo fascistes fleurissent aussi en France, parfois sous couvert de production musicale (label RAC, pour Rock Anti Communiste), mais toujours trop nombreux pour être négligés aujourd'hui. Et c'est bien sur une forme de jachère républicaine que l'ivraie de la droite asphyxie le bon grain républicain.
    La période récente avec les gesticulations bruyantes contre la loi sur le "mariage pour tous" en a été témoin comme les excès des fanatiques religieux contre la légalisation de l'IVG il y a quelques temps. 
    Tout est possible, tout est permis, tout se passe comme si, dans un monde où l'individu n'aurait plus besoin de société pour exister, les valeurs humaines s'effondrent d'autant plus que celles de la bourse grimpent...
    Du sommet de l'Etat dans le velours des palais ministériels jusqu'au fauteuil en simili de nos campagnes... Le dopage n'est pas l'apanage du cyclisme, la tricherie et le "pas-vu pas-pris" font le quotidien des décomplexés d'aujourd'hui. Tellement décomplexés même que vus et pris rien ne les empêche de faire comme si de rien n'était, on s’arrange toujours avec une inéligibilité ! 
    Comment s'étonner qu'après tant de coups de canif le contrat de confiance entre le citoyen et ses élus soit en charpie.
    Mais il faudra encore du temps pour que ce soit l'exigence d'éthique, d'honnêteté intellectuelle et de rigueur dans la conduite qui redevienne qualité primordiale.
    DSK, Cahuzac, Tapie -tous ont été ministres-, des diamants de Bokassa pour Giscard aux frais de bouche de l'Elysée pour Chirac, la liste est bien longue de toutes les entorses à la morale républicaine. La corruption n'est pas l'apanage de républiques bananières exotiques et elle a tellement fragilisé la confiance nécessaire d'un peuple à son pouvoir en démocratie que c'est la démocratie qui est aujourd'hui en danger quand les esprits faibles en viennent à confier leur sort aux pires démagogues planqués dans le Cheval de Troie des isoloirs.
    Ce n'était pas par hasard que Le Pen avait accédé au second tour des présidentielles en 2002.
    Ce n'est pas par hasard que le candidat FN arrive à quelques points derrière l'UMP à la législative partielle de Villeneuve sur Lot..
    Non seulement la droite se droitise en rejoignant l'extrême droite sur ses terres de prédilection ou fleurissent l'exclusion, le racisme et la violence, mais, la nature ayant horreur du vide, c'est tout l'échiquier politique qui bascule à droite. Modem ou nouveau centre et maintenant UDI, le centre n'est plus qu'au centre de la droite. Les appels du pied d'Anne Hidalgo (socialiste promise à la mairie de Paris) au MODEM de Mme de Sarnèze, le beau rapport de la Cour des Compte dirigée par le socialiste Didier Migaud qui réclame au gouvernement une orientation politique à faire pâlir Sarkozy... le parti socialiste a  largué ses balises de gauche au point que seule son "aile gauche" peut aujourd'hui s'émouvoir des ravages sociaux et économique d'une politique d'abandon aux ordres de Bruxelles et des financiers maîtres du monde par le truchement de l'économie de marché.
    Quand le bateau gite à tribord les moins solides, les moins résistants, les moins accrochés à la vie ont tôt fait de glisser sur le pont ; et beaucoup sont déjà passés par dessus le bastingage, perdus noyés dans les eaux sombres de l'extrême droite.
    Si la gauche est encore porteuse de sens, de valeurs et d'espoirs, c'est sur les bases solides et éprouvées de son histoire qu'elle doit se rebâtir. Et aujourd'hui seuls les communistes en sont garants.
    Encore faut-il qu'ils en aient conscience et que l'illusion du pouvoir de les plonge pas plus dans l'ivresse des profondeurs du classement. En leur temps, aussi bien Pierre Villon rédigeant le programme du CNR que les communistes sur le terrain de la clandestinité avaient su mobiliser les ressources nécessaires au sens de leur combat antifasciste dans des alliances qui ne les avaient pas fait disparaître pour autant.
    La Résistance est toujours de mise. Mais pas celle de la 25ème heure, des opportunistes décomplexés  tardivement convertis, et qui arrivent juste pour récolter les médailles sans cicatrices ni sueur au maillot.
     

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