• La bouée qui fait couler

     

    Attac France - 8 septembre 2012

    Mario Draghi l’a annoncé, la Banque centrale européenne va reprendre sa politique d’achat d’obligations d’États. Encore une fois, certains médias et les Bourses espèrent y voir enfin la sortie de la crise de l’euro. Mais encore une fois, ils se trompent. Cette politique n’a rien de nouveau et ne résoudra rien.

    Sous Jean-Claude Trichet en 2010 et 2011, la BCE a déjà racheté à tour de bras des titres grecs, portugais, irlandais, espagnols et italiens. Elle a ainsi gagné quelques jours, voire quelques semaines, sans aucunement parvenir à enrayer la mécanique de la crise. Cette fois c’est pire encore : les conditionnalités qui seront désormais imposées par la BCE aux pays concernés ne feront qu’aggraver la crise, transformant l’« aide » en désastre.

    En effet la BCE exigera, pour acheter sur le marché secondaire (c’est-à-dire aux banques privées) des titres d’un État, que celui-ci passe d’abord sous les fourches caudines du Mécanisme Européen de Stabilité et du FMI, en signant un nouveau « plan d’ajustement macroéconomique ». Autrement dit, une nouvelle dose de privatisations, de dérégulation du marché du travail, de baisse des salaires et des prestations sociales. C’est la logique du « Pacte budgétaire » que François Hollande veut faire ratifier dans les semaines à venir. Toujours plus d’austérité, donc toujours plus de récession, toujours plus de chômage et de précarité, et au bout du compte toujours plus de déficits et de dettes.

    D’autres « détails techniques » de l’annonce faite par Draghi sont inquiétants. Pour « rassurer » les investisseurs et les banques, la BCE renonce à son statut de créancier privilégié, ce qui veut dire qu’en cas – inévitable à terme – de restructuration des dettes publiques en Europe, elle supportera autant que les créanciers privés le coût de la restructuration. Par ailleurs, pour « rassurer » la Bundesbank, la BCE affirme qu’elle va « stériliser complètement la création monétaire » due à ces achats de titres, c’est-à-dire retirer de la circulation des montants équivalents de liquidité. Ce qui pèsera négativement sur le financement de l’économie européenne.

    Pour commencer à sortir de la crise, la BCE doit pouvoir financer directement (sans passer par les banques) les déficits des États en difficulté, et ceux-ci doivent engager sans tarder un audit et une restructuration de leur dette publique pour réduire la ponction exercée par la finance. La sortie de crise passe aussi nécessairement par une réforme fiscale qui finance la solidarité européenne et redistribue la richesse – taxes européennes sur les transactions financières, sur les émissions de CO2, sur les bénéfices des transnationales.

    Ce n’est malheureusement pas la voie choisie par l’Union européenne, ni celle du gouvernement français, qui s’apprête à ratifier le pacte budgétaire. Attac participe aujourd’hui au lancement d’une vaste campagne unitaire de mobilisation et d’éducation populaires, à travers tout le pays, afin d’empêcher la ratification du Pacte budgétaire. Nous serons nombreux le 30 septembre à Paris pour dire non à l’austérité, oui à une Europe solidaire, écologique et démocratique !

    Source : Communiqué de presse d’Attac

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