• L’Etat veut consolider son équipe de France du nucléaire

    Le ministre de l’énergie, Éric Besson, et les patrons d’EDF et d’Areva ont visité lundi 25 juillet une usine d’Areva en Saône-et-Loire.

    L’état a mis fin à la guerre des chefs entre
                    Areva et EDF et mise sur l’unité...

    ( JEAN-PIERRE CLATOT / SHAUN CURRY / AFP)

    L’état a mis fin à la guerre des chefs entre Areva et EDF et mise sur l’unité de la filière.

    Les deux partenaires devaient signer un important accord commercial.

    Avec cet article

    L’État poursuit son objectif de rapprochement des acteurs du nucléaire français. La visite du ministre de l’énergie, Éric Besson, du PDG d’EDF, Henri Proglio, et du nouveau patron d’Areva, Luc Oursel, lundi 25 juillet, dans l’usine d’Areva de Saint-Marcel (Saône-et-Loire) était hautement symbolique. 

    Depuis 2009, la guerre des chefs entre Henri Proglio et Anne Lauvergeon, ancienne PDG d’Areva remerciée par l’État à la mi-juin, menaçait la filière, EDF étant le premier client d’Areva (le quart de son chiffre d’affaires).

    « Areva a pu apparaître comme un rival de plus en plus pressant pour EDF, chef de file historique de la filière électronucléaire française, notamment sur les marchés étrangers. Cette montée en puissance n’a pas été sans lien avec les tensions observées entre les directions des deux entreprises », analyse Frédéric Marty, spécialiste de l’économie de la concurrence au CNRS. 

    Ces querelles de leadership ont été largement mises en cause au moment du cuisant échec de la filière française à Abou Dhabi en décembre 2009, qui s’est vu rafler un contrat de 20 milliards d’euros par les Coréens.

    Unité

    Pour Nicolas Sarkozy, il n’était pas question de laisser les deux fleurons du nucléaire français s’entre-tuer. « On a vu réapparaître la logique du champion national du nucléaire, un secteur identifié dès 2007 comme un facteur clé de la politique industrielle française », explique Frédéric Marty. L’enjeu est de taille pour le président qui veut créer un partenariat privilégié avec la Chine, premier marché mondial de l’atome.

    Voulant mettre de l’ordre dans la filière, il a réaffirmé en juillet 2010 le rôle de chef de file d’EDF et il a même émis l’idée d’une prise de participation de l’électricien dans le capital d’Areva. La catastrophe de Fukushima a ensuite réveillé les opinions antinucléaires et mis en danger le secteur. Le mot d’ordre de l’État pour sortir de la crise a donc été l’unité. 

    En juin dernier, l’État actionnaire a finalement décidé d’évincer Anne Lauvergeon pour la remplacer par Luc Oursel, alors numéro deux d’Areva, afin d’apaiser les relations entre les deux patrons du nucléaire. 

    Accord commercial « majeur »

    Lundi, un accord commercial devait être signé, qualifié de « majeur » par Éric Besson. 

    Le texte devait porter sur des rapprochements dans le circuit du combustible, la maintenance des réacteurs nucléaires et le réacteur de troisième génération EPR, fleuron du nucléaire français, dont la construction est beaucoup plus compliquée et coûteuse que prévu. 

    Areva espérait aussi de cette rencontre qu’EDF lui accorde une part plus importante dans la construction de 44 générateurs de vapeur, un contrat d’une valeur de 2 milliards d’euros. 

    Ce rapprochement devrait se concrétiser encore plus sérieusement d’ici à la rentrée avec la signature d’un « partenariat stratégique ».

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    Des Français reviennent à Arlit

    Accompagnés du nouveau PDG du groupe, Luc Oursel, une dizaine d’expatriés du géant nucléaire français Areva sont revenus ce week-end à Arlit, dans le nord du Niger, pour la première fois depuis le rapt de sept d’entre eux par Al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi) en septembre 2010. 

    Lors d’une visite début juillet en France, le président nigérien, Mahamadou Issoufou, avait assuré à son homologue Nicolas Sarkozy avoir pris « toutes les dispositions » utiles pour assurer la sécurité des mines d’uranium exploitées par Areva ainsi que celle des expatriés au Niger.

    AGLAÉ DE CHALUS  

    http://www.la-croix.com/

    Areva et EDF se réconcilient en signant un accord technique et commercial

     

    L’Etat veut consolider son équipe de France du nucléaire

    SAINT-MARCEL (Saône-et-Loire) - Areva et EDF ont mis un terme à leurs différends avec ostentation lundi en organisant, sur le site d'une usine du groupe nucléaire, la rencontre de leurs patrons Luc Oursel et Henri Proglio pour la signature d'un accord qui précède un partenariat stratégique plus étendu.

    Les relations des deux groupes étaient plombées depuis plusieurs mois par les relations exécrables entre M. Proglio et l'ancienne présidente d'Areva Anne Lauvergeon, à qui M. Oursel --dont c'était lundi la première sortie officielle-- a succédé début juillet.

    Sans répondre directement aux questions sur le changement dans les relations d'Areva avec EDF survenu depuis le départ de Mme Lauvergeon, M. Oursel a simplement assuré à des journalistes qu'il avait la "volonté d'écrire une nouvelle page" dans ses relations avec l'électricien. EDF pèse pour un quart environ du chiffre d'affaires d'Areva dont il est le premier client.

    Saluant plus tard, dans un discours, l'accueil de M. Oursel, M. Proglio a jugé que c'était un "témoignage de l'état d'esprit qui règn(ait) entre (les) deux groupes, et qui n'aurait jamais dû cesser d'être", dans une allusion à peine voilée à Mme Lauvergeon.

    "Areva a vocation à être un partenaire majeur d'EDF", a ajouté M. Proglio.

    EDF et Areva "redeviennent durablement et formellement des partenaires stratégiques", s'est de son côté félicité Eric Besson, ministre de l'Energie.

    Sous l'égide de M. Besson, ravi de saluer une "équipe de France (du nucléaire) soudée", les deux hommes ont paraphé un accord technique et commercial. Celui-ci doit servir de socle au partenariat stratégique que les deux groupes signeront à la rentrée.

    L'accord signé lundi porte sur la poursuite de l'optimisation du réacteur de 3e génération EPR, sur l'amélioration de la maintenance et de l'exploitation du parc nucléaire existant, pour préparer l'allongement de la durée de leur exploitation au-delà de 40 ans, et sur la gestion du cycle du combustible nucléaire.

    EDF et Areva ont assuré poursuivre par ailleurs leurs discussions sur le développement de réacteurs de moyenne puissance, dont l'Atmea.

    "A travers ces accords, c'est un nouvel élan qui est donné à la filière nucléaire française", s'est félicité M. Oursel.

    MM. Besson, Proglio et Oursel ont également lancé officiellement lundi le comité stratégique de la filière nucléaire, sous la présidence du ministre et dont le patron d'EDF est le vice-président.

    Henri Proglio "devient un peu aujourd'hui le capitaine de l'équipe, il a à la fois le brassard et le n°10", s'est amusé M. Besson. Les divisions au sein de la filière nucléaire française avaient notamment été pointées du doigt lorsqu'un consortium français avait échoué dans un appel d'offres à 20 milliards de dollars à Abou Dhabi, il y a un an et demi.

    Mais si les deux groupes ont mis en scène leur rapprochement, pas question --pour le moment du moins-- d'envisager une montée d'EDF au capital d'Areva, a déclaré le ministre de l'Energie dès le matin sur France Inter, une position réaffirmée dans l'après-midi en Saône-et-Loire.

    L'hypothèse d'une montée d'EDF dans le capital d'Areva n'est "ni écartée ni pressentie. Simplement, il y a une filialisation en cours de l'activité mines d'Areva qui avait été actée et on verra qui entrera dans le capital", a affirmé M. Besson.

    EDF détient à l'heure actuelle 2,2% du capital d'Areva.


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