• L'Espagne s'immobilise contre l'austérité et la réforme du travail

    Le gouvernement Rajoy fait face à une journée de grève générale. En ligne de mire : la réforme du travail et l'austérité en vigueur depuis son arrivée au pouvoir.

    L'Espagne s'immobilise contre l'austérité et la réforme du travail

    Des manifestants contre la réforme du travail en Espagne, le 11 mars dernier. PIERRE-PHILIPPE MARCOU / AFP

    Une grève générale de 24 heures contre la réforme du travail et la politique d’austérité du gouvernement de droite a commencé jeudi 29 mars au matin en Espagne, où des piquets de grève ont pris place devant les entreprises pendant que les transports tournaient au ralenti.

    Portant des drapeaux rouges et des pancartes avec les mots "Réforme du travail, NON", ou "Grève générale", les piquets de grève se sont installés aux portes des entreprises, du marché de gros de Madrid, des banques ou des principales stations de transports en commun.

    Tandis que les syndicats annonçaient déjà un "immense succès", le ministère de l'Intérieur a indiqué tôt jeudi matin que 58 personnes avaient été interpellées, six policiers légèrement blessés ainsi que trois grévistes dans des incidents mineurs.

    Le face-à-face entre grévistes et policiers a parfois été tendu, comme devant la station de bus de Carabanchel à Madrid, où un manifestant a été blessé au visage.

    La sixième depuis 1977

    Cette journée de grève générale, à l'appel des deux grands syndicats Comisiones Obreras (CCOO) et UGT, est la sixième depuis le rétablissement des libertés syndicales en 1977. La précédente remonte au 29 septembre 2010, sous le gouvernement socialiste.

    Une centaine de manifestations sont convoquées dans tout le pays. Un service minimum qui a fait l'objet d'un accord entre syndicats et pouvoir public devrait permettre d'assurer le fonctionnement au ralenti des transports en commun, avec par exemple 30% des métros et des bus à Madrid.

    Les syndicats protestent contre la réforme du travail annoncée le 11 février par le gouvernement et déjà en vigueur, destinée à combattre un chômage record, à 22,85% des actifs. Elle prévoit notamment l'abaissement d'un tiers des indemnités de licenciements, ce qui est censé faciliter l'embauche de nouveaux travailleurs par les entreprises.

    Pour eux, le seul effet de cette réforme sera d'aggraver le fléau, alors que le gouvernement lui-même prévoit la destruction de 630.000 emplois en 2012 et un chômage à 24,3% en fin d'année.

    Pour le gouvernement de Mariano Rajoy, au pouvoir depuis cent jours, cette grève arrive à un moment délicat, alors que le Conseil des ministres doit présenter vendredi le budget du pays pour 2012, marqué par d'importantes mesures d'austérité afin de ramener le déficit public de 8,51% du PIB fin 2011 à 5,3% cette année.

    Par Le Nouvel Observateur avec AFP


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