• L'équation syrienne. L'échiquier impérialiste et la diagonale des fous.

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     Faut-il parce qu'on condamne les assauts impérialistes en Syrie être taxé de suppôt d'Al Assad ou parce qu'on dénonce le despotisme du régime se voir étiqueter pro-impérialiste?


    Et si cela n'était pas plutôt le révélateur de la dimension internationale de la perte des repères de classe qui conduisent à naviguer non pas par l'analyse et la réflexion traçant une route mais à l'estime, par les sentiments qui comme le gouvernail ne donnent le cap qu'à partir des choix de l'officier de quart.


    Le point nodal de la crise c'est comme à chaque fois que les rivalités inter impérialistes ou l'hégémonie d'un potentat local est contesté par un plus vaste, ce sont les peuples qui trinquent. D'ailleurs, tout refus de voir les tenants des impérialismes locaux garder la main voit les peuples (à l'initiative pour leur droit, ou manipulé pour l'intérêt de cause antipopulaires) subir les foudres de l'impérialisme dominant (depuis F. Franco en Espagne jusqu'à ce jour, l'expérience a nourrie bien des crimes parfois même au nom de l'humanitaire, de la démocratie ou plus prosaïquement et régulièrement de la lutte contre le communisme).


    Dans cette équation des fausses inconnues se bousculent pour rompre l'équilibre et peser pour faire basculer du coté de l'instabilité durable toute la région.


    C'est le moyen pour l'Otan de permettre aux monopoles du pétrole et du gaz et minerais (mais aussi en visant l'arme de l'eau) de mettre sous contrôle les ressources naturelles et de construire un encerclement des pays d'orient vécu comme une menace par le capital…et comme des gisements de profits convoités.


    L'Irak d'abord avec la question koweïtienne puis la Libye et le Mali ont démontré combien c'était bien l'impérialisme (ses têtes de pont franco britanniques) qui tirait les ficelles dont celles d'Al Qaïda qui a pour les premiers l'intérêt de jouer le rôle de l'épouvantail à l'extérieur et de mater les peuples des zones que l'Otan lui laisse mandat d'administrer pour interdire toute contestation populaire.


    On peut à la limite dire que la stratégie du capital est de remplacer ses dictateurs usés par des structures plus en phase avec les besoins de coercition d'un capitalisme en crise, usant pour cela de la stratégie que les E. U. ont utilisée en son temps pour garder la main en Amérique latine ou du Sud comme pour financer les réactions en Afghanistan en armant et portant le talibanisme. Le sort de la famille Kadhafi ressemble par trop de point à celui de Noriega au Panama et c'est celui qui est promis au clan Al Assad. Ben Ali qui a été serviable coule des jours heureux du coté du Golfe persique et Pinochet a pu crever dans son lit. Toujours elle : cette stratégie et ses pratiques des Chicago boys avec à la clé des prix Nobel de la paix pour les émissaires du capital qui réussissent la normalisation.


    La situation de la syrie est tragiquement simple : l'agression impérialiste a conduit à une guerre civile où une des factions est maintenant officiellement armée et encadrée par l'Otan et l'autre dispose des moyens de répression qui lui avaient été fournis par ceux là même qui veulent le dézinguer. Et au milieu des peuples partitionnés par la géographie coloniale, avec des droits déjà plus que réduits, maintenant sommés de choisir voir parfois n'ayant d'autre solution que de s'armer pour se défendre face à la faction la plus belliqueuse du lieu ou du moment.


    Le rôle dédié à des sanctuaires de l'esprit et des valeurs démocratiques que sont l'Arabie de la maison Saoud, le Qatar et les émirats du Golfe ou encore celui de la 8ème flotte de l'Otan en son navire amiral à Tel Aviv montre comment se pratique la stratégie locale de ce que Jack London avait appelé le "talon de fer".


    Devant l'échec de sa stratégie première, l'impérialisme pour à la fois récupérer des forces sous la contrainte et jouer au plan international la carte du rejet culturel, tente la carte de la confessionnalisation du conflit.


    Dans une région ou l'histoire coloniale et l'histoire tout court est traversé d'affrontement de d'opposition communautaire, raviver ces lignes de crises est aussi irresponsable que de remettre en cause les frontières.


    Irresponsable, mais n'est-ce pas ce que font toutes les interventions dans la région depuis 1967 ? C'est dans ce cadre qu'il faut voir la déclaration de l'avocat d'affaire commis du grand capital et ex président de la République avec sa déclaration avec le chef des "insurgés" syriens. N'y voir qu'un jeu a usage interne (qui existe) participe de cette cécité dénoncé plus haut.


    Le VRP du reaganisme et thatchérisme en France est dans son rôle et c'est sur ce terrain qu'il est à combattre. C'est ainsi qu'on aidera le peuple syrien et tous les peuples de la région aux prises avec les forces multiples de la réaction.

    Par canaille le rouge


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