• Kill Mittal : le jeu dont les ouvriers sont les héros

    Kill Mittal : le jeu dont les ouvriers sont les héros

    Un jeu vidéo vous proposant de diriger des ouvriers en lutte pour le maintien de leur emploi, vous en rêviez ? Avec Kill Mittal, c'est devenu une réalité.

    Maxime Van Laere

    Produit par un seul jeune développeur informatique autodidacte, Alexandre Grilleta, Kill Mittal nous propose de nous glisser dans la peau d’un, puis de plusieurs sidérurgistes d’ArcellorMittal. Il s’agit plus précisément, des ouvriers du site de Florange, en France : « Qui personnifie mieux le courage que ces ouvriers qui se battent pour sauver leur job ? », explique Alexandre Grilleta sur son site internet.

    Question production, il ne faut pas s’attendre à quelque chose du calibre des gros titres actuels, disposant de budgets colossaux. Un jeu indépendant comme celui-ci relève plutôt de l’artisanat et, si cela se ressent dans le gameplay (4 touches pour déplacer ses personnages, la souris pour les actions), cela participe au charme de cette « production de garage ».

    Le développeur s’est amusé à imaginer un contexte à peine fictif, expliqué dans l’introduction : « 2030, Mittal a fait main basse, puis fermé la majorité des aciéries mondiales, mettant à la rue des milliers de métallurgistes. » Petit à petit, les différentes difficultés rencontrées dans la lutte syndicale réelle se retrouvent mises en scènes dans le jeu.

    La scène d’introduction nous place dans une chaîne de production que les ouvriers cherchent à bloquer. La police ne tarde pas à arriver et c’est à coup de bidons et de poutres qu’il faut les repousser.

    Le second niveau nous emmènera ainsi sur le plateau de l’émission Vivement Dimanche de Michel Drucker sur France2. « C’est avec énormément de peine que nos travailleurs constatent que les médias ont traités les échauffourées de l’usine de manière à les faire passer pour des criminels. » Ils décident donc d’aller s’entretenir avec le président de la chaîne. Problème : un comité d’accueil composé de zombies en costume cravate et d’un robot caméra gigantesque. Viendra ensuite, notamment, un niveau impliquant le gouvernement.

    Un jeu anticapitaliste

    Le jeu, s’il est volontiers humoristique, n’en comporte donc pas moins une analyse fine de l’économie et des enjeux de la lutte. Mittal n’est ainsi pas « l'homme à abattre », mais plutôt un représentant d'un système qui crée la destruction de l'emploi. Ceci est d’ailleurs bien illustré dans la séquence de fin : après avoir terrassé le géant de l'acier, nos héros voient surgir un nouvel ennemi « issu du monde du capitalisme mondialisé ». Par ailleurs, pour gagner, il n’y a pas dix mille solutions : il faut rassembler un maximum de camarades.

    Alors, évidemment, ça nous change de ce à quoi le paysage vidéo-ludique nous avait habitué. Ici, pas question de diriger une ville, d’aller combattre de « vilains barbus » ou d’incarner un délinquant d’origine biélorusse qui cherche à atteindre le sommet. Le développeur a volontairement évité de rentrer dans ces codes : « Je ne suis pas satisfait du paysage vidéo ludique actuel, pas satisfait des idéologies qui y sont transmises. Sur le fond d’abord, car les plus grosses ventes se font sur des jeux baignant dans une imagerie guerrière impérialiste, où il est de bon aloi de tirer sur tout ce qui est différent de nous en réponse à des menaces terroristes fantasmées. »

    Un jeu amusant, rafraîchissant et pertinent, que tout un chacun peut installer gratuitement sur son ordinateur en surfant sur www.killmittal.com.

    http://www.ptb.be/index.php?id=1326&tx_ttnews[tt_news]=34954&cHash=803d6cd2f0b64484ca2cc209dd0c986c


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