• Jean-Luc Mélenchon : pas la tasse de thé des communistes du « croissant rouge »

    Au lendemain de la  conférence nationale du parti,  c'est au tour des militants communistes de se prononcer sur le choix du candidat du « Front de Gauche » à la prochaine présidentielle. L'occasion de sonder les représentants du fameux « croissant rouge » communiste du Bruaysis sur leur perception du candidat Mélenchon dont les caciques du vieux parti de Thorez ont fait leur favori.


    PAR ARNAUD DÉTHÉE bruay@info-artois.fr

    Thomas Boulard, secrétaire de la section de Divion : « Je ne crois pas à l'homme providentiel ».- Encore sous le coup du score calamiteux de Marie-George Buffet à l'élection présidentielle de 2007 (1, 93 %, ndlr), le secrétaire est un chaud partisan de la construction d'un Front de gauche porteur de « nouvelles pratiques, pour plus de justice sociale et un meilleur partage des richesses ».

    Problème, la candidature Mélenchon telle qu'elle a été « vendue aux militants » est pour lui aux antipodes de cette conception. « Le PC est tombé dans le piège stratégique de la personnalisation. On a raté le rendez-vous de la construction du Front de gauche en privilégiant le candidat avant les idées. Car l'objectif de Mélenchon, c'est d'abord d'être candidat... On est face à un choix qui nous a été imposé pour des calculs politiciens de partage des circonscriptions. Ça me dérange. Je ne crois pas à l'homme providentiel même si j'ai conscience que le parti est encore traumatisé par le score de 2007 et qu'il faut jouer la carte médiatique pour peser plus à gauche. Les adhérents de ma section sont partagés entre cette résignation-là et le désir de mettre d'abord les idées communistes en avant, même s'il ne faut pas forcément s'arc-bouter sur le parti, qui n'est qu'un outil... Je vais voter mais je ne serai pas complice de cette méthode. » Frédéric Stanislawski, secrétaire de la section de Marles-les-Mines : « un candidat communiste serait légitime ».- Le candidat a beau être médiatique et s'être attiré les faveurs du bureau national, Frédéric Stanislawski n'en démord pas : Jean-Luc Mélenchon ne réussira pas son « OPA » sur le PC ! Pour lui, le parti puise dans son histoire et son nombre d'élus toute légitimité pour présenter un candidat communiste « pur jus » à la présidentielle. « Je considère que les instances du parti se sont emballées. Le choix Mélenchon n'a pas encore été validé par la base, il convient donc de rester prudent. J'estime que le poids du PC au sein du Front de gauche doit conduire à une candidature communiste. La force de Mélenchon, c'est d'être médiatique, c'est un atout que notre parti n'a peut-être plus, mais c'est aussi un ancien socialiste et quelqu'un qui parle trop de lui. Il n'est pas notre représentant. Je maintiens que le candidat doit être un vrai communiste. Ce serait juste et judicieux. Je pense à André Chassaigne, à même de nous représenter. Maintenant, si Mélenchon, qui est quand même ancré à gauche, propose un programme en adéquation avec nos idées, pourquoi pas... Mais le PC ne disparaîtra jamais. Ni son nom, ni son identité. On y veillera ! » Daniel Lefebvre, secrétaire de la section d'Houdain : « On a déjà été les dindons de la farce ».- À Houdain, la section a devancé le calendrier en procédant au vote le 6 juin, dès le lendemain de la conférence nationale. Et c'est finalement André Chassaigne qui a été plébiscité « à plus de 50 % », indique Daniel Lefebvre, qui reprend à son compte la fameuse maxime « Chat échaudé craint l'eau froide » dès qu'il est question de Jean-Luc Mélenchon : « J'ai encore en mémoire les multiples tentatives de programme commun dont le PC a été le dindon de la farce. Avec le PS, puis avec Bové. Il nous a tourné le dos quand il a compris que nous n'en voulions pas comme candidat. Je crains que ça ne soit la même chose avec Mélenchon, qui est d'abord le candidat des médias. Ça sent le pétard mouillé... Je me méfie de ses intentions réelles. Si le vote vient toutefois confirmer celui de la conférence nationale, à savoir que le choix se porte sur lui, la section d'Houdain fera campagne pour Mélenchon. Nous serons loyaux. En espérant que son programme tienne compte de nos aspirations. » André Delcourt, secrétaire de la section de Calonne-Ricouart : Hors du parti, point de salut.- Communiste rouge vif devant l'éternel, l'indéboulonnable maire et secrétaire de section de Calonne n'accepte pas que la direction du PC ait pu accorder ses faveurs à Jean-Luc Mélenchon, un non communiste. Un sacrilège qui, à en croire l'élu, nostalgique du grand parti de la classe ouvrière, risque de porter un nouveau coup dur au PC. « Je ne suis pas d'accord avec cette cuisine. Promouvoir un candidat comme Mélenchon, c'est se tirer une balle dans le pied. Ici, le PC et ses idées sont bien vivants, mes résultats électoraux le prouvent. Moi, je vote Chassaigne et j'ai passé la consigne à la section. Les adhérents doivent envoyer leur bulletin directement à la fédération de Lens. Moi, j'aurais aimé que le parti désigne Alain Bocquet, un vrai communiste. Un candidat hors parti, ça ne vaut rien. Les programmes d'union ne nous ont jamais rien apporté. On va devoir s'incliner face au choix qui a été fait, j'en ai peur. »

    http://www.nordeclair.fr/Locales/Bethune/2011/06/16/jean-luc-melenchon-pas-la-tasse-de-the-d.shtml


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