• Je te tiens, tu me tiens par la barbichette ...

    «Jamais, dans l'histoire de la France, l'État n'a été plus asservi qu'au cours des vingt dernières années ... par des coalitions d'intérêts économiques et par des équipes politiques ou syndicales, prétendant fallacieusement représenter la classe ouvrière. Le régime nouveau sera une hierarchie sociale. Il ne reposera plus sur l'idée fausse de l'égalité naturelle des hommes, mais sur l'idée nécessaire de l'égalité des chances données à tous les Français de pruver leur attitude à servir. Seuls le travail et le talent redeviendront le fondement de la hiérarchie française.»

     

    Qui a tenu ces propos à votre avis ?

     

    Et ceux qui suivent ?

     

    «Pendant cinq ans j'ai pu mesurer la puissance des corps intermédiaires qui s'interposent entre le peuple et le sommet de l'État, ces corps intermédiaires qui prétendent souvent parler au noms des Français et qui, en vérité, souvent, confisquent la parole des Français.»

     

    Les premiers sont de Philippe Pétain le 11 octobre 1940 et les suivants de Nicolas Sarkozy le 19 février 2012. Les similitudes sont flagrantes et pour ramener à lui les voix du FN, Sarkozy est prêt à tout. Il tente même une OPA sur la fête des travailleurs du 1er mai en disant vouloir en faire «la fête du travail, mais la fête du vrai travail, de ceux qui travaillent dur, de ceux qui sont exposés, qui souffrent, et qui ne veulent plus que quand on ne travaille pas on puisse gagner plus que quand on travaille».

     

    Comme le rappelle Georges Seguy, ancien secrétaire général de la CGT, résistant et déporté, « Nicolas Sarkozy devrait approfondir ses connaissances sur l’histoire du 1er Mai. En France, cette journée de lutte existe depuis qu’on a inauguré la tour Eiffel. Depuis que les ouvriers ont décidé de manifester chaque année à cette date, en dépit des interdictions et de la répression, le 1er Mai à l’échelle internationale est un symbole de l’unité de tous les travailleurs du monde pour le progrès social et la liberté.

     

    Vouloir faire une cérémonie spéciale sur « le vrai travail », c’est une ignorance totale de l’histoire du 1er Mai. Les propos tenus par Henri Guaino sur France Inter, évoquant à propos du défilé populaire « un 1er Mai des permanents syndicaux », sont particulièrement choquants et n’ont rien à voir avec la réalité. Les permanents syndicaux sont évidemment dans les manifestations du 1er Mai, mais leur caractéristique, c’est la participation la plus massive possible des salariés et de leurs familles sur la base de la solidarité et de leurs revendications sociales. Henri Guaino, comme Nicolas Sarkozy, a tout à apprendre de l’histoire du mouvement ouvrier.

     

    La prétention d’organiser un autre rassemblement, d’une autre nature, sur le thème du « vrai travail » me rappelle les périodes durant lesquelles les dictatures fascistes ont interdit les manifestations du 1er Mai correspondant à son histoire pour en faire des manifestations de collaboration de classes niant la défense des revendications et la solidarité. Nous sommes dans une situation qui rappelle de tristes souvenirs. Sous l’occupation nazie, nous n’avions pas le droit de manifester et pourtant nous l’avons pris.

     

    Nous nous sommes heurtés à la répression de l’état français sous la direction de Pétain et de Laval. Jamais les travailleurs ne se sont résignés à accepter que l’on change la nature de classe du 1er Mai. Il y a dans cette décision de Nicolas Sarkozy quelque chose qui va dans le sens de ce qui a toujours été condamné par le monde du travail et par tous les démocrates. Je rappelle qu’à l’origine le 1er Mai a été organisé pour obtenir la journée de huit heures de travail.

     

    S’attaquer aux « corps intermédiaires », donc aux syndicats, qu’on oppose aux « vrais travailleurs » rappelle l’époque pétainiste, où l’on vantait le corporatisme et la collaboration de classe. Cela nous rattache aux vieilles traditions de l’extrême droite... »

     

    Sarkozy et Le Pen jouent à se tenir par la barbichette. Contrairement à ce qu'il a affirmé mercredi 25 avril, Nicolas Sarkozy a bien assuré la veille à Longjumeau (Essonne) que la candidate du FN Marine Le Pen "est compatible avec la République", comme le montrent les images du 20 heures de France 2, diffusées mardi soir

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