• Il faut sauver l'école Maternelle et Primaire du Parc Autun

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    La privatisation de l’école, un chantier qui rapporte.

     

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    A l’heure actuelle, il reste au moins un corps de métier ou tous les professionnels fonctionnent sur un pied d’égalité : une école, maternelle ou élémentaire est gérée par un directeur ou une directrice.

    Pour les autres enseignants de l’école, cette personne est un(e) simple collègue et en aucun cas un supérieur hiérarchique. Parmi ses missions figure même l’assistance et la protection de ses collègues.

    Ce fonctionnement gêne.

    S’il est peu confortable pour ses détenteurs, ce poste permet de conserver une cohérence entre la réalité du terrain et le côté administratif.

    (Si nos dirigeants sortaient de leurs bureaux ils seraient peut-être moins centrés sur les chiffres et plus à l’écoute de la réalité.)

    La plupart des directeurs ou directrices restent avant tout des professeurs, qui continuent à enseigner.

    Malheureusement, cela gêne : Un directeur impliqué dans une école, soucieux de l’avenir et du bien-être de ses élèves, ne peut pas être en accord avec des décisions ministérielles qui tiennent compte uniquement de chiffres.

    « Nous voulons rationaliser les 57 milliards d’euros en donnant davantage d’autonomie aux établissements et en créant les établissements publics du premier degré, avec des établissements qui aient de vrais patrons, à qui nous puissions déléguer des budgets, qui les gèrent et qui nous rendent compte ». (Xavier Darcos)

    Comme toujours, l’Etat apporte sa solution, par l’article 86 de la loi du 13 août 2004[1] : 

    Regrouper plusieurs groupes scolaires dans un E.P.E.P. (établissement public d’enseignement primaire) 

    «Je le répète, j’espère pouvoir dans le premier trimestre qui arrive, faire faire une avancée considérable sur la question de l’Etablissement public du premier degré. Pour ne pas dire une avancée définitive. Du moins je l’espère.» (Xavier Darcos)[2]

    Un directeur d’EPEP serait à sa tête. Il n’est pas certain qu’il s’agirait d’un enseignant.

    En revanche ce serait un supérieur hiérarchique.

    Jusqu’à présent des rapports cordiaux et constructifs unissaient enseignants, directeurs, élus des communes, délégués de parents d’élèves. Un tel système va-t-il vraiment améliorer la communication entre des gens qui ne seront plus des égaux mais des supérieurs et des subordonnées ? Comment demander la coopération à des élèves et éviter la compétition quand les enseignants en seront un exemple vivant ?

    Ce projet de décret, après avoir été mis en stand-by, fait partie des priorités du ministère[3].

    En ce qui concerne les chiffres, le ministère de l’Education Nationale est très performant. 

    Il a réponse à tout :

    Les classes sont surchargées ? Il est courant de produire une moyenne entre des CLISS (classes d’intégrations à faibles effectifs : 6 à 8 élèves) et des classes surchargées (31 à 35 élèves).

    On obtient un résultat tout à fait positif, qui ne rend absolument pas compte de la réalité du terrain.

    Autre exemple pour manipuler les chiffres dans l’Education Nationale : comptabiliser les postes dits « surnuméraires » pour calculer le nombre d’élèves par classe. On prend des exemples de classes en sureffectifs. On divise le nombre d’élèves par celui des intervenants, même ponctuels, qui parfois ne prennent qu’un élève une heure par semaine. (Psychologue scolaire, psychomotricien…)

    On obtient un nombre très faible d’élèves pour des classes pourtant très chargées.

    Voilà comment « saigner le fameux mammouth » : compresser les effectifs et faire des économies, tout en gardant l’adhésion des parents d’élèves, donc des électeurs, même les plus réticents.

    Voilà ce que l’on appelle de la désinformation.

    On oublie simplement que ce sont les enfants qui subissent la dégradation du système éducatif.

    Ce ne sont pas des produits, que l’on gère avec des chiffres. Ils sont humains et ont besoin d’aide et d’attention. Ils ne peuvent pas tous avancer au même rythme. Un enseignant ne peut pas avoir d’obligation de réussite !

    Pourtant, en 2008, lors de la rédaction des programmes, le ministre a déclaré la fin de l’obligation de moyens. La loi d’orientation de 1989 plaçait l’élève au centre du système éducatif.

    2008 constitue donc un tournant : mieux vaut désormais une tête bien pleine qu’une tête bien faite.

    Il faut préciser que pour la première fois, le ministre a distribué les programmes à tous les parents d’élèves, afin d’exercer un contrôle et une pression gratuite sur les enseignants.

    Rassurons-nous, les programmes changent environ tous les 4 ans.

    Toujours dans la logique de rentabilité et d’économie, penchons-nous sur le chantier de l’aide personnalisée : un nouveau dispositif sensé remplacer le RASED, réseau d’aide composé d’un psychologue scolaire, d’un enseignant spécialisé dans les apprentissages et d’un psychomotricien. 

    Le RASED permettait une prise en charge gratuite et sur le temps scolaire.

    Il avait donc un double avantage : permettre l’accès aux soins de tous les élèves et éviter d’alourdir leur emploi du temps déjà chargé.

    En supprimant deux heures d’enseignement hebdomadaire sans alléger les programmes déjà chargés, le

    Ministère de l’Education Nationale prétendait apporter une aide à davantage d’élèves.

    En réalité tous les élèves pâtissent d’une perte de deux heures.

    En échange, un nombre très faibles d’élèves bénéficient deux heures maximum par semaine d’une aide ponctuelle, par modules de six séances. Les seuls élèves pour qui l’aide personnalisée s’avère profitable sont ceux qui ont une difficulté ponctuelle sur un point précis, c'est-à-dire les élèves moyens.

    Voilà comment supprimer des postes d’enseignants spécialisés…

    Pour mettre en place ce dispositif, le MEN a demandé à tous les partenaires de s’accorder : semaine à 4 jours ou à 4 jours et demi ? Deux jours ou 4 demi-heures d’aide personnalisée ? Sur quelles tranches horaires ? Les équipes enseignantes devaient se mettre d’accord, puis discuter avec les mairies et les parents. Ce fut évidemment la cause de nombreux conflits. 

    Diviser pour mieux régner, cela a permis encore une fois de se poser les vraies questions, sur les finalités et l’efficacité de ce dispositif qui permet d’économiser des postes.

    De la même manière, devant l’opposition aux suppressions de postes, nombreuses, le MEN a trouvé une parade : supprimer les postes de remplaçants

    Personne ne s’en est aperçu. Jusqu’à un constat des non remplacements alarmant.

    Faire des économies sur le dos de nos enfants, une stratégie particulièrement efficace. 

    A quand le droit de vote à la fin de la crèche ? Face à des électeurs, l’Etat devra peut-être se montrer plus mesuré. Mais la crèche, comme l’école maternelle, n’est-elle pas un dispositif voué à disparaître, pour laisser la place aux fameux « jardins d’enfants » ?

    Est-ce qu’il est vraiment logique, alors que nous sommes si soucieux de la bonne utilisation des crédits de l’Etat, que nous fassions passer des concours à bac+5 à des personnes dont la fonction va être essentiellement de faire faire des siestes à des enfants ou de leur changer les couches ? (Xavier Darcos)

    Le dispositif de casse du système éducatif français est donc très efficace car très étudié et particulièrement exhaustif. 

    La création des E.P.E.P. a été demandée dès 1998 par Claude Allègre. Jack Lang, Luc Ferry, François Fillon, Gilles De Robien, Xavier Darcos puis Luc Châtel ont tous, quelque soit leur étiquette politique, tenté de développer ce mode de fonctionnement.

    Tous les enseignants sont prêts à le dire, le schéma actuel doit être amélioré : un statut de directeur d’école périmé, avec un personnel surchargé, peu reconnu, qui doit assumer une charge croissante de missions dans le même temps, sans aucun avantage, sans reconnaissance pour le travail accompli.

    Des écoles isolées, qui ne mutualisent que très peu leur matériel et les compétences des enseignants.

    Mais ce n’est pas en instaurant un rapport d’autorité que l’on donnera envie aux professeurs de travailler ensemble.

    De là même manière, si les I.U.F.M. (instituts universitaires de formation des maîtres) n’étaient pas pleinement efficaces, c’est surtout par manque de moyens. 

    Mais en les supprimant, en mettant des gens de plus en plus diplômés mais sans expérience sur le terrain, on ne va pas améliorer la compétence professionnelle mais le mal être des adultes de l’école.

    Et l’on connaît les conséquences sur leurs élèves.

    Mais cela permet d’économiser une année de formation par enseignant.

    En ce qui concerne l’apprentissage des langues vivantes, on a crée de nombreux postes dits « fléchés », c'est-à-dire réservés à des enseignants jugés capables d’enseigner une langue. 

    Cela permet d’obliger implicitement le personnel à se former en langues.

    Pas d’habilitation en langue, pas de poste lors du mouvement des enseignants…

    Comment croire en leur compétence, lorsque l’objectif avoué est d’éviter de payer des intervenants en langue ?

    Le dispositif de casse du système public d’éducation est donc bien en place : réduire tous les postes, à commencer par les surnuméraires, pour ne pas affoler l’opinion, manipuler les chiffres, économiser la formation professionnelle, les intervenants en langues, les enseignants spécialisés, éviter les redoublements, qui coûtent cher à l’Etat.

    Créer ensuite de nouveau moyens de pression, en donnant un rôle de contrôle aux parents et en créant un supérieur hiérarchique visant à préserver la rentabilité.

    Dans cette école, comment ne pas être sûrs de l’épanouissement scolaire et personnel de nos enfants ?


    Lamaury.

    [1] Projet de décret : http://www.sud-education-hautenormandie.org/tracts/projet_decretEPEP2006.pdf et ce projet de décret commenté par le syndicat SNUIPP : http://www.snuipp.fr/spip.php?article4336 . 

    [2] Source : http://www.profencampagne.com/ext/http://www.directeurenlutte.com/article-22480902.html . Audition de X. Darcos, ministre de l’Education Nationale, le 3 juillet 2008.

    [3] Projet de loi de finances pour 2010 : enseignement scolaire : http://www.senat.fr/rap/a09-104-5/a09-104-515.html ; http://www.senat.fr/rap/a09-104-5/a09-104-516.html .
    Par jceg.over-blog.com Publié dans : EDUCATION

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