• François Hollande visse les boulons de l'austérité jusqu'en 2017

    François Hollande visse les boulons de l'austérité jusqu'en 2017

    François Hollande à la Cour des comptes ce vendredi

    Le président de la République a réaffirmé ce vendredi sa volonté de ramener les déficits publics à 3% du PIB en 2013. Au prix d'un resserrement à venir des missions de l'Etat pour dégager les quelques 30 milliards d'économie à trouver. La Cour des comptes deviendra la gardienne de la rigueur budgétaire constitutionnalisée par l'adoption du Pacte budgétaire européen dictée par l'Elysée. La question d'un référendum en est que plus importante.

    Comme si le Pacte budgétaire européen était déjà adopté par les parlementaires, François Hollande prépare le coup d'après. Ce mardi, devant la Cour des Comptes, le président de la République a dévoilé son paquet cadeau austéritaire pour 2013… et les années à venir. En voici les détails

     

    • Règle d'or toute

    François Hollande réaffirmé vendredi sa volonté de ramener les déficits publics à 3% du produit intérieur brut de la France en 2013, contre 4,5% attendu fin 2012, déclarant que l'environnement économique difficile rendait cet objectif d'autant plus nécessaire. Il a repris à son compte l'évaluation de la Cour des comptes, qui chiffre l'effort à une trentaine de milliards d'euros en 2013, précisant que 10 milliards seraient trouvés en réduisant les dépenses publiques, hors charge de la dette et des pensions: "Ce sera l'effort le plus important depuis 30 ans."

    François Hollande met en sourdine le discours du Bourget au cours duquel le candidat Hollande désignait les marchés financiers comme son principal ennemi. Selon lui, l'effort demandé aux Français vise avant tout à "préserver la qualité de la signature de la France à l'égard des marchés pour financer notre dette à des taux d'intérêt les plus bas possible, ce qui est le cas aujourd'hui", mais aussi "pour retrouver des marges de manœuvre nécessaires" pour l'avenir.

     

    • Cure d'amaigrissement de l'Etat

    Pour parvenir aux sacro-saints 3%, l'Etat va à nouveau être mis à la diète. François Hollande annonce la tenue, fin septembre d'un "séminaire" gouvernemental sur la "modernisation de l'action publique" à l'issue duquel il élaborera une "feuille de route" sur les "missions prioritaires de l'Etat". Ce rendez-vous rappelle tristement les réunions préparatoires aux cinq années de Révision générale des politiques publiques (RGPP) voulues par la précédente majorité.

    Le président a paré la critique, critiquant la RGPP mise en place par son prédécesseur Nicolas Sarkozy, jugée "mécanique et purement comptable". Il promet du discernement. Un "séminaire gouvernemental sur la modernisation de l'action publique" qui "se tiendra à la fin de ce mois sous l'autorité du Premier ministre" Jean-Marc Ayrault, devra élaborer "une feuille de route interministérielle sur les missions prioritaires de l'Etat", un Etat qu'il souhaite "stratège", "protecteur" et garant de la cohésion sociale, territoriale et environnementale"

    Cette "feuille de route" fera ensuite l'objet d'une "concertation" express, au niveau central et local, "qui sera achevée à la fin du mois de novembre". Le chemin étant déjà tracé, on se demande bien quelle marge de manœuvre auront les syndicats lors de cette concertation.

     

    • Hausses d'impôts "justes"

    L'Etat devra faire des économies de fonctionnement mais devra aussi augmenter ses recettes. L'hôte de l'Elysée prend des pincettes pour annoncer des hausses d'impôts. "Je me refuse, avec le gouvernement, à une augmentation générale et indifférenciée des impôts sur les ménages, qui dégraderait leur pouvoir d'achat", a insisté le président. "Ceux qui ont le plus devront acquitter davantage."

    Mais pas de précision sur la taxation à 75% des plus grandes fortunes, dont la mise en œuvre semble poser question au gouvernement sous la pression du Medef (à lire: "La taxe ne doit pas être vidée de sa substance", PCF). Ce vendredi, son ministre des Finances Pierre Moscovici a assuré que cette taxe à 75% sur les revenus dépassant un million d'euros par an, promesse électorale de Hollande, sera "strictement respectée. Toute autre interprétation est sans fondement". Quant aux entreprises, François Hollande a dit, sans plus de précisions, que la charge fiscale serait répartie entre PME et grands groupes "de façon à mieux prélever sans nuire à la compétitivité" (à lire: coup de rabot pour la réforme sur la "définanciarisation de l'économie").

     

    • La Cour des Comptes cerbère de l'austérité

    François Hollande a confié à la Cour des comptes le rôle de gardienne de l'orthodoxie budgétaire. Celle-ci aura la haute main sur un nouveau Haut conseil aux finances publiques, chargée de veiller à l'application de la Règle d'or dont le président ne doute pas un seul instant de l'adoption par le Parlement, malgré les appels à la tenue d'un référendum sur l'adoption du Pacte budgétaire européen, dont celui de l'Humanité.

    Au coeur de la stratégie budgétaire du président, le Haut conseil des finances publiques sera notamment chargé de vérifier les hypothèses de croissance sur lesquelles les budgets sont construits. "Cette nouvelle institution sera, pour la République, une garantie de crédibilité et de transparence. Trop de gouvernements se sont souvent par le passé laissé guider par des prévisions exagérément optimistes et le plus souvent démenties", a dit François Hollande, dont le gouvernement doit justement se résoudre à baisser ses prévisions de croissance pour 2013.

    La prévision actuelle de 1,2% est deux fois plus optimiste que les consensus d'économistes qui tablent eux sur une croissance proche de 0,5% ou 0,6%.


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