• Bayonne: environ 15.000 manifestants pour les prisonniers basques sur fond d'émoi sur Aurore Martin

    Environ 15.000 personnes ont manifesté samedi à Bayonne dans le plus important rassemblement des dernières années en faveur des droits des prisonniers basques, en particulier leur rapprochement, sur fond d'émotion au Pays basque français après la remise récente à l'Espagne de la militante Aurore Martin.
(c) Afp

    Environ 15.000 personnes ont manifesté samedi à Bayonne dans le plus important rassemblement des dernières années en faveur des droits des prisonniers basques, en particulier leur rapprochement, sur fond d'émotion au Pays basque français après la remise récente à l'Espagne de la militante Aurore Martin. (c) Afp

    Des milliers de manifestants pour les prisonniers basques

    BAYONNE (AFP) - Environ 15.000 personnes ont manifesté samedi à Bayonne dans le plus important rassemblement des dernières années en faveur des droits des prisonniers basques, en particulier leur rapprochement, sur fond d'émotion au Pays basque français après la remise récente à l'Espagne de la militante Aurore Martin.

    Sous une pluie battante, un peu moins de 15.000 participants selon la police, plus de 15.000 selon les organisateurs, ont parcouru pendant une heure et demie dans l'après-midi le centre de Bayonne, aux cris de "Exterat" ("A la maison"), "Amnistie maintenant, prisonniers à la maison", derrière des parents de détenus arborant leurs portraits, a constaté une correspondante de l'AFP.

    La marche sans incidents, à l'appel de l'association Herrira (Au pays), était gonflée par un fort contingent (au moins 70 cars) de manifestants venus du Pays Basque espagnol, qui avaient empli dès la matinée les rues du vieux Bayonne, passant tôt la frontière pour éviter d'éventuels filtrages, ont-ils indiqué.

    A l'échelle des rassemblements basques en France, la marche était la plus suivie depuis des années: une similaire en 2000 avait rassemblé 7.000 personnes selon les organisateurs d'alors. Une manifestation de soutien à des prisonniers à Bilbao (Espagne) avait réuni 100.000 personnes en 1999.

    La manifestation de samedi, prévue de longue date, a réclamé le rapprochement de 620 prisonniers, dispersés dans des prisons en France (137 d'entre eux) et en Espagne (483), à des centaines de km du Pays basque et de leurs familles. Herrira demande aussi la libération des 14 détenus malades et 169 conditionnables.

    Le cas d'Aurore Martin

    Mais le rassemblement a pris un relief nouveau avec l'émoi suscité au Pays Basque français, et le malaise dans la gauche française, par l'arrestation à Mauléon (Pyrénées-Atlantiques) et la remise aux autorités espagnoles le 1er novembre d'Aurore Martin.

    La militante basque de 33 ans était visée par un mandat d'arrêt européen espagnol, validé par la justice française. Des élus de droite et de gauche ont mis en doute le caractère "fortuit" de son arrestation, comme l'affirment les autorités françaises, et dénoncé la remise à Madrid de la membre du parti indépendantiste Batasuna, interdit en Espagne, mais légal en France.

    Le président PS de la région Aquitaine, Alain Rousset, a écrit au Premier ministre Jean-Marc Ayrault pour lui demander de "peser" auprès de son homologue espagnol Mariano Rajoy pour "une libération rapide et un retour en France" d'Aurore Martin, dont l'extradition a suscité "un émoi qui ne se dément pas"

    "Il ne faudrait pas que l'incarcération d'une de nos compatriotes, qui n'a commis ni participé à un acte quelconque de violence, et sa possible condamnation à une lourde peine détruisent le climat apaisé" au Pays basque, estime M. Rousset dans son courrier de jeudi, dont l'AFP a obtenu copie.

    Des élus basques de diverses tendances participaient à la manifestation, mais les personnalités de gauche étaient les plus représentées, notamment par la députée PS Colette Capdevielle, le porte-parole du PCF Olivier Dartigolles, ou l'ex-candidat à la présidentielle Philippe Poutou (NPA).

    Laura Mintegi, élue (EH Bildu) de la gauche nationaliste espagnole, puis Emilie Martin, porte-parole d'Herrira et soeur d'Aurore, ont tour a tour rappelé: "Nous sommes là pour réclamer que les gouvernements français et espagnol s'impliquent dans le processus de paix comme prévu par les accords d'Aiete" (octobre 2011). Elles ont ensuite réclamé la "libération immédiate" d'Aurore Martin.

    Processus de paix

    Pour Herrira, le sort des prisonniers est au coeur du devenir du processus de paix, tracé par la conférence d’Aiete (Espagne) d'octobre 2011, tenue dans la foulée de l'annonce par l'ETA du renoncement à la violence, après plus de 40 ans de lutte armée pour l'indépendance du Pays basque.

    Cette impatience sur le sort des détenus devrait résonner encore lundi à Paris, à l'ouverture du procès en appel de deux dirigeants historiques d'ETA, Mikel "Antza" Albisu Iriarte, ex-numéro un de l'appareil politique, et sa compagne Soledad "Anboto" Iparraguirre Guenechea. Ils avaient été condamnés en première instance en décembre 2010 à 20 ans de réclusion.

    Selon Batasuna, ils doivent faire lundi une déclaration "importante" au nom du collectif de prisonniers, dont ils sont désormais porte-parole, marque de leur poids constant au sein de l'ETA.

    http://tempsreel.nouvelobs.com

    Au-delà des prisonniers la paix en ligne de mire

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    Hurbildu Bakera, se rapprocher de la paix, ou comme l’écrit Herrira, sur le chemin de la paix, c’est le slogan apparu sur les murs du Pays Basque pour inviter à participer à la manifestation d’aujourd’hui. Car pour Herrira le respect des droits pour les “conséquences du conflit” que sont les prisonniers et réfugiés permettra de franchir un pas important pour consolider un scénario de paix en Pays Basque. Sans préjuger de l’importance de la participation à cette manifestation, l’important soutien, notamment de la part d’élus, reçu en amont est d’ores et déjà considéré par les organisateurs comme un succès. Ce succès n’est pas sans rappeler l’importante campagne ayant eu lieu au début des années 2000 en faveur du rapprochement des prisonniers basques.

    “Historique” Gabi Mouesca de Herrira n’a pas peur des mots quand il s’agit de qualifier le soutien à la manifestation d’aujourd’hui. Il est vrai que ce soutien semble inédit notamment de par sa diversité. Au niveau des élus, 150 d’entre eux allant du conseiller municipal à l’eurodéputée en passant par députés et sénateurs et pas moins de 40 maires, ont soutenu l’appel. Le bureau du Biltzar des communes du Labourd a également appelé à la manifestation.

    Dernier soutien en date celui d’un groupe de chrétiens en faveur de la paix au Pays Basque regroupés au sein du collectif Atxiki Berrituz. L’appel lancé par ce groupe a été signé par l’évêque de Bayonne Marc Aillet et ... celui de Parthénia, Jacques Gaillot. Il réunit entre autres des artistes, des journalistes et des prêtres de différentes sensibilités mais qui souhaitent œuvrer pour une paix juste en Pays Basque.

    Syndicalistes, personnalités du monde de la culture (dont l’écrivaine Marie Darrieussecq et Moustik) et de nombreux mouvements (Seaska, Bizi! ...) se sont joints à l’appel. La toute nouvelle plateforme Bake Bidea qui regroupe des personnes de sensibilité diverses (membres de la LDH, de la CGT, de la CFDT, abertzale ...) s’est également associée . Bake Bidea qui organisera un forum au mois de décembre autour de la question de la paix en Pays Basque, compte parmi ses membres Aurore Martin arrêtée et incarcérée la semaine dernière à Madrid alors qu’elle travaillait justement à l’organisation de ce forum. C’est aussi du Pays Basque sud qu’ont afflué les appels à manifester avec notamment le syndicat ELA, principal syndicat outre bidasoa et la coalition EH Bildu, seconde force politique au parlement de la Communauté autonome basque.

    Sur ce point d’ailleurs Herrira s’est inquiété que les manifestants du Pays Basque sud soient empêchés de manifester et ont appelé les autorités françaises à respecter le droit de libre circulation.

    La manifestation pourrait donc dépasser en ampleur celle du 12 mars 2000 pour laquelle de 4 000 à 7 000 personnes selon les sources avaient battu le pavé à Bayonne.

    Cette manifestation avait été le point d’orgue d’une longue campagne en faveur du rapprochement des prisonniers. En Pays Basque nord cette campagne avait été initiée par l’association Anai Artea en 1997. À l’époque celle-ci, relayée par la coordination des comités de soutiens aux prisonniers basques (Koordinaketa), avait reçu le soutien de 22 municipalités, douze maires à titre individuel et de nombreux autres élus et mouvements.

    “La campagne pour le rapprochement des prisonniers démarre au milieu des années 1990” explique Jean-François Lefort ‘Lof’, ancien porte-parole de Koordinaketa puis d’Askatasuna. “En Pays Basque sud des motions sont votées au parlement de Gasteiz tandis qu’au Nord Anai Artea commence une campagne auprès des élus. Début 1999 une manifestation monstre a lieu à Bilbo réunissant  100 000 personnes. Cette même année, le Collectif des prisonniers politiques basques entame une grève de la faim. Celle-ci était très dure. En France, deux prisonniers, Josetxo Arizkuren et Daniel Derguy ont fait environ deux mois de grève de la faim totale. Au printemps 2000 avait lieu une grande manifestation à Bayonne” explique J-F Lefort.

     

    Les différents mouvements de soutien

    Preuve de l’importance du problème des prisonniers de nombreux mouvements et associations militent sur cette question. Voici les principaux :


    - Herrira : Herrira se veut un “mouvement social populaire de soutien aux prisonniers et réfugiés politiques basques”. Herrira se présente comme un mouvement large, né à la faveur du nouveau contexte en Pays Basque et n’ayant pas vocation à remplacer les anciens mouvements anti répressifs et de soutien aux prisonniers basques tels qu’Askatasuna (aujourd’hui dissout). Si h

    Herrira a pour but final “la libération de tous les prisonniers et le retour des réfugiés” l’organisation demande dans un premier temps “la désactivation des mesures d’exception dont souffrent les prisonniers politiques basques”. Soit la fin de la dispersion et de l’isolement, la libération des prisonniers malades. la fin de la doctrine 197/2006 (appelée aussi doctrine Parot), la libération de tous les prisonniers ayant accompli les 2/3 ou les 3/4 de leur peine dans l’Etat espagnol et la libération conditionnelle dans l’Etat français des prisonniers y ayant droit et la levée des mesures d’exception imposées aux prisonniers basques. Le mouvement milite également pour permettre la participation des prisonniers et des réfugiés au processus.

    - Etxerat : c’est l’association des familles et proches des prisonniers et des réfugiés. L’association revendique leur libération avec pour slogan “etxean nahi ditugu” (nous les voulons à la maison). Etxerat comme Herrira, milite pour les droits des prisonniers. L’association fait un gros travail de témoignage sur la réalité carcérale et sur la situation dans laquelle se trouve famille et proches.

    - Harrera : se veut un outil d’aide et d’assistance aux anciens prisonniers et réfugiés. Il les aide dans leurs démarches pour trouver un logement, un travail etc. Déjà existant en Pays Basque Sud, Harrera devrait être créé au Nord d’ici à la fin de l’année. Harrera devrait aussi prendre en charge en Pays Basque nord l’assistance médicale et psychologique des anciens détenus. Alors qu’en Pays Basque sud cette assistance est le fait de Jaiki Hadi

    - Anai Artea : Historiquement c’est une association d’aide aux réfugiés. À la fin des années 1990 Anai Artea a initié la campagne pour le rapprochement des prisonniers. Depuis elle interpelle élections après élections tous les candidats sur cette question.

     

    Près d’un tiers des prisonniers libérables

    Herrira organisateur de la manifestation d’aujourd’hui, demande des “mesures d’urgence” en matière de politique pénitentiaire. Celles-ci sont : la libération des prisonniers malades, celle des prisonniers ayant accompli les 2/3 ou les 3/4 de leurs peines dans l’Etat espagnol, ceux a qui toujours de l’autre côté des Pyrénées, a été appliquée la doctrine 197/2006 (alias doctrine “Parot”) et ceux qui dans l’Etat français seraient en droit d’obtenir une libération conditionnelle.

    Parmi ces derniers trois citoyens du Pays Basque nord condamnés à perpétuité et incarcérés depuis près de 23 ans : Txistor Haranburu, Jakes Esnal et Jon Kepa Parot. Ce dernier s’est déjà vu rejeter trois fois sa demande de liberté malgré de bons dossiers selon ses proches. Pour l’une de ses demandes rejetées parmi les arguments utilisés le fait qu’il parle basque ou lise des revues abertzale telles qu’Enbata. ce sont en tout 141 prisonniers (dont 16 dans l’Hexagone) qui pourraient aujourd’hui prétendre à une libération conditionnelle en comptant ceux qui sont libérables pour avoir accompli la majeure partie de leur peine.

    Selon Herrira il y aurait aujourd’hui treize prisonniers gravement malades ou souffrant de maladies incurables. Certains de maladies physiques (cancer, diabète sévères, problèmes cardiaques etc.), d’autres ont de graves problèmes psychologiques.

    Toujours selon Herrira, 67 détenus se voient appliquer la doctrine 197/2006. Celle-ci est une nouvelle jurisprudence qui en faisant un décompte différent des remises de peine que celui en vigueur au moment de leur condamnation permet de les maintenir en détention jusqu’à plus de dix ans supplémentaires. Parmi eux au moins 32 auraient déjà dû être libérés.

    En tout il serait donc possible de libérer aujourd’hui 186 prisonniers soit près d’un tiers d’entre eux.


    Giuliano CAVATERRA

    http://www.lejpb.com


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  • Les manifestations de soutien à Aurore Martin se poursuivent

    A Bayonne à la mi-journée, à Pau à 18 heures, les marches pour la libération de la militante basque continuent de rassembler. 

    © Ministère de l'Intérieur Espagnol
    © Ministère de l'Intérieur Espagnol
     
    En début d'après-midi, à l'issue de la marche en soutien à Aurore Martin, les élus basques de tous bords ont présenté au sous-préfet un courrier demandant l'intervention de François Hollande.
     



    Les dénégations de Manuel Valls concernant une quelconque intervention dans la remise de la militante de Batasuna aux autorités espagnoles n'ont pas convaincu le monde politique. Dans le camp même du ministre de l'intérieur, on se pose des questions. "Je ne suis pas convaincue par ses thèses […]. Je l'invite à venir s'asseoir autour de notre table républicaine au Pays basque", a déclaré la députée PS des Pyrénées-Atlantiques, Sylviane Alaux. Pour Colette Capdevielle, autre députée socialiste, "ce sont des propos généralistes d'un ministre de l'Intérieur qui lutte contre le terrorisme. Entre la date de signature du mandat d'arrêt européen (MAE) […] par les autorités espagnoles et aujourd'hui, un processus de paix s'est mis en marche" mais "il ne l'entend pas", a-t-elle regretté.

    Aurore Martin a été interpellée mercredi lors d'un contrôle routier "fortuit", ce dont doute l'un des responsables de Batasuna à Bayonne, Jean-François Lefort  : «Nous réfutons la thèse d’un contrôle fortuit : au moment où Aurore Martin a été arrêtée, il y avait un important peloton de gendarmerie à un autre endroit où elle aurait pu passer.»


    Les politiques de tous bords dénoncent cette extradition


    Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF, a dénoncé lundi ce qu'il qualifie d'"acharnement" de Manuel Valls, ministre de l'Intérieur, contre la militante basque française.
    Dans un communiqué, l'élu municipal de Pau assure que "l'acharnement de M. Valls doit cesser". En déclarant "que la lutte contre le terrorisme ne doit souffrir d'aucune hésitation, le ministre continue à laisser croire qu'Aurore Martin est une terroriste. C'est irresponsable et indigne d'un ministre de la République", accuse M. Dartigolles. " Après un mensonge d'Etat sur les conditions de l'arrestation et de l'extradition, M. Valls devrait aujourd'hui changer de comportement. Il vient déjà de faire pire que la droite. Cela suffit, non ?", ajoute le responsable communiste.

    Manuel Valls "a passé un deal avec son homologue espagnol lors de son dernier voyage à Madrid et il leur a "vendu" l'arrestation et la remise d'Aurore Martin", croit savoir l'écologiste Martine Bisauta, adjointe au maire UMP de Bayonne. Secrétaire départemental de l'UMP, Max Brisson affirme de son côté avoir des "indices concordants qui prouvent que les gendarmes ont arrêté Aurore Martin sur ordre". Quant au sénateur (MoDem) des Pyrénées-Atlantiques, Jean-Jacques Lasserre, il manie l'image biblique : "au mieux, c'est Ponce Pilate (...) ce sont ses hommes qui ont procédé à l'arrestation".

    Jointe dimanche par l'AFP, son avocate espagnole, Jone Celaya, du barreau de Bilbao (nord), a indiqué que sa cliente allait "bien" et qu'elle allait déposer lundi une demande de mise en liberté.
    Me Celaya a confié nourrir peu d'espoirs que cette demande aboutisse car elle sera examinée par le même juge qui a placé sa cliente en détention. Elle s'est en revanche montrée plus optimiste pour le second recours "car l'affaire sera jugée par trois nouveaux magistrats".
    Selon elle, les décisions devraient être rendues rapidement, comme c'est généralement le cas sur des questions de liberté. Elle estime toutefois que sa cliente pourrait rester en détention "quelques semaines", voire "quelques mois".
     

    Traduction de l'acte d'accusation délivré par le Tribunal d'Exception de Madrid (Audienca Nacional) à l'encontre d'Aurore Martin.

     

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  • Arrestation et extradition d'Aurore : Valls doit s'expliquer

    Face aux réactions de colère et d'incompréhension suite à l'arrestation et à l'extradition d'Aurore Martin, le PS a organise la défense de Manuel Valls. C'est le président de la commission des Lois de l'Assemblée nationale, Jean-Jacques Urvoas (PS), qui s'en charge en précisant qu'il n'y avait "aucune raison" de reprocher au ministre de l'Intérieur l'interpellation d'Aurore Martin, car elle ne "relève pas de sa compétence".

    Il faudra éclaircir cette question puisque Aurore Martin a été arrêtée par la gendarmerie puis livrée aux autorités espagnoles dans la foulée.

    Par delà le débat soulevé par l'exécution, pour la première fois dans notre pays, d'un mandat d'arrêt européen, comment expliquer que cette arrestation intervienne, alors qu'Aurore Martin avait décidé de ne plus se cacher depuis plusieurs mois, tout juste après les propos incendiaires de Manuel  au journal espagnol "El pais" au sujet de la création d'une collectivité territoriale basque. Face aux nombreuses réactions politiques dénonçant l'amalgame entre le débat sur le réforme territoriale et le processus de paix, le ministre de l'Intérieur a-t-il voulu reprendre la main avec l'arrestation d'Aurore Martin ? Face à ce questionnement, comment ne pas ressentir un profond malaise ? Manuel Valls doit donc s'expliquer.

    Ce que Monsieur Urvoas devrait mesurer, c'est une chose assez simple. Depuis son arrivée place Beauvau, M.Valls semble vouloir prendre modèle sur la méthode et le style Sarkozy lors de son arrivée au Ministère de l'intérieur au printemps 2002. Il a bien autre chose à faire.

    Un acte indigne qui déshonore la France

    Sitôt arrêtée, lors d'un contrôle routier présenté comme "fortuit", Aurore Martin a été remise aux autorités espagnoles dans le cadre de l'exécution d'un mandat d'arrêt européen.  Ce que Guéant n'avait pas osé faire, le ministre Valls vient de le commettre. Quelle honte !

    Qu’est-il reproché à Aurore ? Sa participation à des réunions publiques et des écrits politiques au titre de son appartenance à Batasuna, un parti interdit en Espagne. Il est insupportable et indigne qu’une personne de nationalité française, militante d’un parti autorisé en France, soit extradée pour des faits eux-mêmes non punissables dans notre pays. Cette arrestation remet en cause un principe essentiel reconnu en France, à savoir le refus d’extradition pour motifs politiques.

    Le Gouvernement Ayrault vient d'écrire une page déshonorante pour notre pays. Le Parti communiste exprime son indignation et appelle l'ensemble des républicains à exprimer leur condamnation. Les parlementaires communistes interpelleront le gouvernement pour connaitre les conditions réelles de l'arrestation et de l'extradition immédiate en Espagne d'Aurore Martin.

    PCF64

     

    Arrestation et extradition en Espagne d'Aurore Martin : un acte indigne qui déshonore la France

     Pour écrire à Aurore Martin et marquer sa solidarité

    Aurore Martin
    CENTRO PENITENCIARIO MADRID V
    Ctra. Comarcal 611,  km. 37,6
    28770 Soto del Real (Madrid)

     

     

    Aurore Martin, les faits et leur cadre, ou rêve de Valls le féal de Madrid

    12-11-04--Frontiere-basque.JPG

    Pasqua l'a rêvé, Valls le fait 

     Très intéressant la façon dont Valls se justifie devant la colère que suscite le "livraison" d'Aurore Martin à la monarchie réactionnaire espagnole.


    Laissons de côté juste un instant le besoin indispensable de pression pour que le gouvernement français la fasse revenir et assure la protection de ses ressortissants pour nous fixer sur un aspect peu ou pas mis en lumière.


    Valls déclare à Sud Ouest : " Appliquer la loi ne peut pas être considéré comme une faute dans une société démocratique, c'est une exigence. Le gouvernement est déterminé à lutter contre le terrorisme par la stricte application du droit. C'est cela, l'ordre républicain." Il se réfugie derrière les ukases de l'UE et ses mandats d'amenée européen (MAE) pour avancer son propos.


    Cette sorte de fédéralisme policier de l'UE et la mise sous tutelle du droit français via les MAE est lié aux traités d'une structure politique bâtie de toute pièce pour contenir les velléités d'émancipation démocratique de Lisbonne à Athènes, d'Algésiras à Riga.


    Ils nous (vous, en fait) avaient vendu Schengen pour lutter contre la délinquance internationale. Outre que cela ne s'applique ni à la délinquance financière ni aux trafiquants d'opium du peuple mais aux idées politiques "conglémoralisable" dans le concept de terrorisme, venant de ceux qui à travers le monde violent allègrement seul ou en consortium les traités internationaux pour exporter le terrorisme impérialiste dans des pays souverains, cela montre le côté de la barricade choisit par ceux qui s'abritent derrière ces textes.


    De l'Espagne et son roi tentant de déboulonner Chavez à la France et ses présidents faisant de même en Lybie ou en Syrie, les masques tombent.

     

    D’où cette complicité d'État des deux côtés de la Bidassoa.


    Nombre de ceux qui protestent (ils ont raison et de plus si cela devait leur ouvrir les yeux ce serait encore mieux) se sont présentés comme des partisans de l'UE, ont appelé à voter oui aux différents référendums certains autres s'en sont lavés les mains.


    Vis-à-vis d'eux, Valls joue sur du velours et c'est pour cela qu'il tire le débat en ce sens pour éviter de poser la vrai question : des deux côtés des Pyrénées, quelles sont les causes profondes des effondrements économiques des deux pays, de leurs régions dont celles à histoire et culture partagée ? La crise est-elle celle des frontières ou celle d'un système et de ses outils étatiques pour se maintenir contre leur peuple? Là aussi il y a urgence d'avancer un point de vue communiste.


    Or nous touchons là du doigt l'engrenage liberticide des abandons de souveraineté.


    De quoi se nourrit la colère qui fait de la recherche de cette souveraineté le creuset d'un rassemblement que rien n'arrive à réduire ?


    Cela peut conduire à l'exclusion raciste complice des eurocrates (les hochets de type FN servent à cela) ou à des explorations non préservées de replis mais cherchant leur universalité par le rejet des états bourgeois parce que porteur de toutes les aliénations.


    La encore la relecture de Marx ou Rosa Luxembourg (pas comme missel mais comme point d'appui pour explorer) se révèle utile.


    Mais parlez donc de Rosa Luxembourg à un élu modem ou à un PS eurocrate… ce n'est pas de limite qu'il s'agit mais de barrière qu'ils ont installées.


    Au delà de la solidarité heureusement affichée, qu'en disent ceux qui se contentent de maintenir le cadre au lieu de le faire exploser ? On attend (sans trop d'illusion) une réponse sur le fond venant du GUE.

     

     

    L'adresse de la prison espagnole d'Aurore Martin:

     

    Aurore Martin
    CENTRO PENITENCIARIO MADRID V (SOTO DEL REAL).
    Ctra. Comarcal 611, km. 37,6
    28770 Soto del Real (Madrid)


     

    Avec papier  et crayon... et adresse pour la réponse que les courriers arrivent effectivement à sa destinataire (et attention à la censure).

     

    Le monde titre : " Détention d'Aurore Martin : le gouvernement se dédouane"

     

    Canaille le Rouge qui croyait bêtement que justement l'UE servait à supprimer la douane !!" On nous aurait donc menti depuis le début?

    Par canaille le rouge


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  • Affaire Aurore Martin : le gouvernement déshonore la France et collabore avec la droite espagnole
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    La militante basque, Aurore Martin, extradée vers l'Espagne

    "Honte", "répression", "amalgame". Les condamnations pleuvent ce vendredi 2 novembre après l'interpellation de la militante de Batasuna Aurore Martin, première Française remise à l'Espagne dans une affaire basque. Surtout, les critiques visent ouvertement le ministre de l'Intérieur Manuel Valls.

    Seize élus "socialistes et républicains" se sont dits "consternés" après l'arrestation de la jeune femme à Mauléon (Pyrénées-Atlantiques). Dans un texte commun, co-signé par trois parlementaires socialistes, ils condamnent l'application du mandat d'arrêt européen (MAE) dont Aurore Martin faisait l'objet depuis 2010 et réclament son "retour immédiat [...] sur le territoire français".

    Batasuna légal en France

    Les protestataires rappellent leur opposition constante à ce mandat qui vise des faits interdits en Espagne mais autorisés en France. Madrid reproche à Aurore Martin d'avoir participé en Espagne à des réunions publiques comme membre de Batasuna, parti considéré par Madrid comme le bras politique de l'organisation séparatiste basque ETA et interdit en Espagne. En France, ce parti est légal.

    La jeune femme a finalement été incarcérée vendredi à Madrid après avoir été présentée à un juge de l'Audience nationale (tribunal chargé notamment des affaires de terrorisme). Elle encourt jusqu’à 12 ans de prison pour "appartenance à une organisation terroriste".
    "Une page déshonorante pour notre pays"

    Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF et conseiller municipal de Pau, qualifie cette interpellation de "honte". Selon l’élu communiste, le gouvernement français "venait d'écrire une page déshonorante pour notre pays". Et l'élu béarnais de prévenir : "les parlementaires communistes interpelleront le gouvernement" la semaine prochaine "pour connaître les conditions réelles de l'arrestation et de l'extradition" d'Aurore Martin.

    "Choqués" également, Europe Ecologie-Les Verts (EELV) Aquitaine et Pays basque qui s'inquiètent de voir "pratiquer une répression que rien ne justifie dans le climat actuel".
    Nouvel Observateur


    Premieres images du transfert de Aurore Martin Bellacio

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  • La militante basque française Aurore Martin remise à l'Espagne


    Arrestation d'Aurore Martin - France Info... par gatoroge
    La militante basque française Aurore Martin/Juillet 2011La militante basque française Aurore Martin/Juillet 2011 / Crédits : AFP PHOTO / GAIZKA IROZ
     

    La militante basque française Aurore Martin, interpellée jeudi à Mauléon (Pyrénées-Atlantiques) en exécution d'un mandat d'arrêt européen émis par Madrid, a été remise aux autorités espagnoles, a-t-on appris auprès de la gendarmerie. Aurore Martin, qui a été interpellée par des gendarmes lors d'un contrôle  routier fortuit, vers 16h00, a été "remise aux autorités espagnoles vers  20h30", selon une source de la gendarmerie qui n'a pas révélé le lieu de cette remise,  confirmant une information d'une proche de la militante et du quotidien Sud Ouest.

    La jeune militante de 33 ans, qui se trouvait a priori seule dans son  véhicule, a été interpellée sans difficulté à Mauléon, non loin de Pau, selon  la gendarmerie et le parquet de Bayonne.

    Aurore Martin était visée depuis le 13 octobre 2010 par un mandat d'arrêt  européen (MAE) émis par un magistrat madrilène pour "faits de participation à  une organisation terroriste, et terrorisme", en l'occurrence avoir participé en  Espagne à des réunions publiques comme membre de Batasuna.

    Autorisé en France, Batasuna est interdit en Espagne où il est considéré  comme une organisation terroriste depuis 2003 et interdit pour ses liens  présumés avec le groupe séparatiste basque ETA. Selon le parquet général de Pau, la remise à l'Espagne pouvait être  immédiate, sans contrôle judiciaire préalable, car la jeune femme avait épuisé  toutes les voies légales de contestation de ce mandat validé par la cour  d'appel de Pau le 23 novembre 2010.

    L'arrestation de cette militante basque jeudi à Mauléon-Licharre, et sa remise en début de soirée aux autorités espagnoles, provoque l'incompréhension de divers élus basques qui y voient un mauvais signal des autorités françaises.

    L'extradition vers l'Espagne jeudi de la militante basque Aurore Martin a choqué coomunistes et écologistes en France, alliés historiques du Parti socialiste. La fédération du parti communiste des Pyrénées-Atlantiques a ainsi jugé que cette arrestation et cette remise à l'Espagne était une "honte", tandis qu'Europe Ecologie-Les Verts (EELV) s'est dit "choqué", dans deux communiqués diffusés vendredi.

    "Ce que (Claude) Guéant", ministre de l'Intérieur de Nicolas Sarkozy, "n'avait pas osé faire, le ministre (de l'Intérieur de François Hollande, Manuel) Valls vient de le commettre. Quelle honte!", s'indigne dans un communiqué Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF des Pyrénées-Atlantiques. "Les parlementaires communistes interpelleront le gouvernement pour connaître les conditions réelles de l'arrestation et de l'extradition" d'Aurore Martin, prévient-il.

    Les écologistes "choqués" par l'attitude de Manuel Valls

    Même indignation chez les écologistes. Dans un communiqué intitulé "Que cherche Manuel Valls ?", EELV Pays basque s'est dit "choqué par l'attitude" du ministre "concernant le Pays basque et s'inquiète de voir pratiquer une répression que rien ne justifie dans le climat actuel". "Alors que les élus de tous bords (...) et la société civile s'allient à la fois pour travailler à l'avenir du territoire et pour rendre pérenne la paix rendue possible par le dépôt des armes de ETA, M. Valls semble vouloir créer la discorde en entretenant sciemment l'amalgame et la confusion", selon le communiqué.

    Sous le coup depuis le 13 octobre 2010 d'un mandat d'arrêt européen émis par Madrid pour "faits de participation à une organisation terroriste et terrorisme", Aurore Martin a été interpellée jeudi vers 16h à Mauléon (Pyrénées-Atlantiques), avant d'être remise dans la soirée aux autorités espagnoles, suscitant l'incompréhension au Pays basque alors que Paris affiche "fermeté" et solidarité avec l'Espagne sur l'ETA.

    Soutien d'associations de défense des droits de l'homme

    Selon une source policière, ce serait la première fois qu'un ressortissant français est remis à l'Espagne pour des faits liés aux affaires basques. L'Espagne reproche à Aurore Martin ses liens avec le parti indépendantiste Batasuna, illégal dans ce pays car considéré comme lié à l'organisation politico-militaire ETA, mais légal en France.

    Après six mois passés dans la clandestinité, à la suite du feu vert à sa remise à l'Espagne donné par la cour d'appel de Pau, elle était réapparue en juin 2011 lors d'une réunion publique où elle avait reçu le soutien de nombreux élus locaux de tous bords, de syndicats et d'associations de défense des droits de l'homme. Le 21 juin 2011, des militants indépendantistes basques s'étaient opposés avec succès à son arrestation par six policiers cagoulés au domicile de sa soeur dans le quartier du Petit Bayonne, quelques heures avant le début de la Fête de la musique. Elle vivait depuis au Pays basque et avait à plusieurs reprises participé à des manifestations et à des conférences de Batasuna.

    Une "situation ubuesque"

    L'annonce de cette arrestation a semé la consternation d'élus du Pays basque, de gauche comme de droite, certains y voyant un geste du ministre de l'Intérieur Manuel Valls peu propice à la paix. Kotte Ecenarro (PS), vice-président du Conseil général des Pyrénées-Atlantiques, a ainsi déploré une "situation ubuesque, incompréhensible en plein processus de paix" tandis que l'UMP Max Brisson y voit "un mauvais signe pour la paix".

    L'interpellation d'Aurore Martin intervient dans un contexte particulier, après l'entretien accordé lundi au quotidien espagnol El Pais par Manuel Valls dans lequel il affirme que la France poursuivra "avec fermeté" son combat contre l'ETA.  L'organisation armée basque a annoncé le 20 octobre 2011 qu'elle renonçait définitivement à la violence mais refuse de déposer les armes et de se dissoudre, comme l'exigent la France et l'Espagne.

    http://lci.tf1.fr/

    Début de polémique après l'arrestation de la militante basque Aurore Martin

    Aurore Martin, le 28 juillet 2011.

    La militante basque française Aurore Martin, membre de Batasuna, a été interpellée jeudi 1er novembre à Mauléon (Pyrénées-Atlantiques) en exécution d'un mandat d'arrêt européen émis par l'Espagne, plus d'un an après une première tentative avortée à Bayonne, ont annoncé la gendarmerie et le parquet.

    La militante membre de ce mouvement radical basque, qui a épuisé tous les recours légaux contre le mandat de Madrid, a été interpellée sans difficulté vers 16 heures par des gendarmes, à l'occasion d'un contrôle routier fortuit. Elle a été "remise aux autorités espagnoles vers 20 h 30", selon la gendarmerie.

    PASSÉE DANS LA CLANDESTINITÉ EN 2010

    Aurore Martin était visée depuis le 13 octobre 2010 par un mandat d'arrêt européen émis par un magistrat madrilène pour "faits de participation à une organisation terroriste et terrorisme", en l'occurrence avoir participé en Espagne à des réunions publiques comme membre du parti Batasuna. Autorisé en France, Batasuna est interdit en Espagne où il est considéré comme une organisation terroriste depuis 2003 et interdit pour ses liens présumés avec le groupe séparatiste basque ETA.

    Aurore Martin était passée dans la clandestinité en décembre 2010 mais était réapparue depuis en public pendant des manifestations au Pays basque français. La Cour européenne des droits de l'homme à Strasbourg avait rejeté en mai un recours de la militante contre le mandat d'arrêt émis par Madrid.

    Lire : Visée par un mandat d'arrêt européen, la militante basque Aurore Martin sort de la clandestinité

    L'ETA, groupe armé classé organisation terroriste par l'Union européenne et les Etats-Unis, a annoncé le 20 octobre 2011 qu'il renonçait à la violence, après plus de 40 ans de lutte armée pour l'indépendance du Pays basque et de la Navarre. Mais l'Espagne comme la France exigent le démantèlement complet de son arsenal et sa dissolution sans conditions, ce à quoi l'ETA se refuse toujours.

    UNE "SITUATION UBUESQUE"

    Après son interpellation, plusieurs élus de gauche et de droite ont manifesté jeudi leur incompréhension. "Cette situation est ubuesque, incompréhensible en plein processus de paix", a déclaré Kotte Ecenarro (PS), vice-président du conseil général des Pyrénées-Atlantiques, évoquant le renoncement à la lutte armée par l'ETA depuis un an. "Ça tourne à la provocation de la part des gouvernements français et espagnol", a-t-il ajouté.

    L'élu, de même que l'adjointe écologiste au maire de Bayonne, Martine Bisauta, a considéré que le ministre de l'intérieur Manuel Valls avait donné le ton, dès lundi, lorsqu'il a promis de mener une politique de "fermeté" contre l'ETA tant que le mouvement indépendantiste n'aurait pas déposé les armes. "Le décor a été planté les jours précédents, ce n'est pas un hasard", a déclaré Mme Bisauta : "C'est dramatique [...]. C'est une prise de risque qui pourrait créer des conditions de violence." L'association humanitaire pour les réfugiés basques Anai Artea est allée jusqu'à qualifier d'"acte minable" et de "provocation" le fait de livrer Aurore Martin à Madrid de la part d'un "ministre de l'intérieur qui ne sait plus s'il roule pour Paris ou Madrid".

    "QUE CHERCHE MANUEL VALLS ?"

    "Ce que Guéant", ministre de l'intérieur de Nicolas Sarkozy, "n'avait pas osé faire, le ministre Valls vient de le commettre. Quelle honte !", s'indigne dans un communiqué Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF des Pyrénées-Atlantiques. "Le gouvernement Ayrault vient d'écrire une page déshonorante pour notre pays", fustige le conseiller municipal à Pau, jugeant "insupportable et indigne" qu'une ressortissante française, "militante d'un parti autorisé en France, soit extradée pour des faits (...) non punissables dans notre pays". "Les parlementaires communistes interpelleront le gouvernement pour connaître les conditions réelles de l'arrestation et de l'extradition" d'Aurore Martin, prévient-il.

    Dans un communiqué intitulé "Que cherche Manuel Valls ?", EELV Pays basque s'est dit "choqué par l'attitude" du ministre "concernant le Pays basque et s'inquiète de voir pratiquer une répression que rien ne justifie dans le climat actuel". "Alors que les élus de tous bords (...) et la société civile s'allient à la fois pour travailler à l'avenir du territoire et pour rendre pérenne la paix rendue possible par le dépôt des armes de ETA, M. Valls semble vouloir créer la discorde en entretenant sciemment l'amalgame et la confusion", selon le communiqué.

    "C'EST UN MAUVAIS SIGNE POUR LA PAIX"

    Le député européen et écologiste José Bové, s'est dit opposé "à l'application du mandat d'arrêt européen, danger pour le processus de paix". De son côté, le sénateur MoDem Jean-Jacques Lasserre s'est dit "choqué de voir de quelle façon ce gouvernement utilise des méthodes extrêmement brutales pour traiter des problèmes délicats".

    La députée PS des Pyrénées-Atlantiques Colette Capdevielle a pour sa part tenu à souligner que "le délit qui est reproché n'existe pas dans le droit pénal français", et que le mandat a été appliqué alors que "des choses importantes se sont passées", évoquant aussi "le processus de paix". "C'est un mauvais signe pour la paix, a réagi, du côté de l'UMP, Max Brisson. La société civile du Pays basque et bon nombre d'élus ont dit combien ils pensaient que ce mandat d'arrêt était disproportionné par rapport aux faits reprochés à Aurore Martin." "Nous exigeons la libération d'Aurore Martin", a enfin déclaré Xabi Larralde, porte-parole de Batasuna, y voyant "la main de Valls" et estimant qu'il s'agissait d'une mesure à la fois "irresponsable" et "inacceptable".

    Cette soudaine montée d'adrénaline au Pays basque un an après que l'ETA a annoncé la fin définitive de la lutte armée devrait être illustrée le 10 novembre lors d'une manifestation à Bayonne en faveur du respect des droits des prisonniers et des réfugiés politiques basques. De nombreuses organisations politiques, syndicales et associatives ont appelé à y participer.

    Lire la tribune de Matthieu Bonduelle, secrétaire général du Syndicat de la magistrature, et de Patrick Henriot, secrétaire national du Syndicat de la magistrature, parue dans Le Monde en 2011 : Aurore Martin sera-t-elle livrée pour ses idées ?

    http://www.lemonde.fr

    EE-LV et le PCF dénoncent l'extradition d'Aurore Martin

    Les antennes des deux partis dans les Pyrénées-Atlantiques mettent en cause le ministre de l'Intérieur après l'arrestation de la militante basque française et sa remise à l'Espagne.
     

    La fédération du parti communiste des Pyrénées-Atlantiques a jugé que l’arrestation et la remise à l’Espagne jeudi de la militante basque française Aurore Martin était une «honte», tandis qu’Europe Ecologie-Les Verts (EE-LV) s’est dit «choqué», dans deux communiqués diffusés vendredi. «Ce que (Claude) Guéant», ministre de l’Intérieur de Nicolas Sarkozy, «n’avait pas osé faire, le ministre (de l’Intérieur de François Hollande, Manuel) Valls vient de le commettre. Quelle honte !», s’indigne dans un communiqué Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF des Pyrénées-Atlantiques.

    «Le gouvernement Ayrault vient d'écrire une page déshonorante pour notre pays», fustige le conseiller municipal à Pau, jugeant «insupportable et indigne» qu’une ressortissante française, «militante d’un parti autorisé en France, soit extradée pour des faits (...) non punissables dans notre pays»«Les parlementaires communistes interpelleront le gouvernement pour connaître les conditions réelles de l’arrestation et de l’extradition» d’Aurore Martin, prévient-il.

    Dans un communiqué intitulé «Que cherche Manuel Valls ?», EE-LV Pays basque s’est dit «choqué par l’attitude» du ministre «concernant le Pays basque et s’inquiète de voir pratiquer une répression que rien ne justifie dans le climat actuel»«Alors que les élus de tous bords (...) et la société civile s’allient à la fois pour travailler à l’avenir du territoire et pour rendre pérenne la paix rendue possible par le dépôt des armes de ETA, M. Valls semble vouloir créer la discorde en entretenant sciemment l’amalgame et la confusion», selon le communiqué.

    Sous le coup depuis le 13 octobre 2010 d’un mandat d’arrêt européen émis par Madrid pour «faits de participation à une organisation terroriste et terrorisme», Aurore Martin a été interpellée jeudi vers 16 heures à Mauléon (Pyrénées-Atlantiques), avant d'être remise dans la soirée aux autorités espagnoles.

    Aurore Martin, questions sur une arrestation

    Aurore Martin,lors d'une manifestation à Bayonne en décembre 2011.
    Aurore Martin,lors d'une manifestation à Bayonne en décembre 2011. (Photo Regis Duvignau. Reuters)

    décryptage Interpellée jeudi en France, la militante basque a été remise aux autorités espagnoles et placée en détention. Elle risque douze ans de prison.

    «Je n’ai aucune illusion, je sais où ça va se terminer et comment.» C’était en mars 2011. Sous le coup d’un mandat d’arrêt européen, la Française Aurore Martin, membre du parti radical basque Batasuna, vivait cachée. Elle a finalement été arrêtée hier dans les Pyrénées-Atlantiques et remise aux autorités espagnoles. Le juge vient de décider son placement en détention. Son arrestation suscite de vives réactions politiques en France, à droite comme à gauche.

    Qui est Aurore Martin et que lui reproche-t-on ?

    Aurore Martin est une Française de 33 ans, membre du parti radical basque Batasuna. En France, ce parti n’est pas interdit. Il l’est en revanche en Espagne où il est considéré comme une organisation terroriste depuis 2003 pour ses liens présumés avec le groupe séparatiste basque ETA.

    Depuis le 13 octobre 2010, après avoir tenté tous les recours juridiques possibles, Aurore Martin est sous le coup d’un mandat d’arrêt européen émis par Madrid pour sa «participation à une organisation terroriste», à savoir sa présence à des réunions publiques de Batasuna, en 2006 et 2007, à Pampelune, en Espagne. Elle encourt douze ans de prison.

    A lire aussi:son portrait, publié dans Libé le 21 mars 2011: «Cavale basque»

    Cette arrestation était-elle prévisible?

    Aurore Martin se savait recherchée. Dans un entretien à l’AFP en juillet 2011, la militante disait alors n’avoir «aucune illusion sur son arrestation». «Je ne cherche pas une arrestation spectaculaire, je veux seulement qu’au moment où je serai arrêtée, cela se sache.»

    A l'époque, elle venait d'échapper de peu à la police, ses sympathisants étaient parvenus à déjouer une rocambolesque tentative d’arrestation à Bayonne.

    A lire:histoire d'une arrestation ratée

    La militante s’était alors dite prête à «rencontrer» le ministre de l’Intérieur de l’époque Claude Guéant, mais «pas à négocier». Interrogée par l’AFP, elle expliquait: «Je suis "dans la nature" mais je ne suis pas enfermée non plus. Je ne cherche pas à savoir si je suis suivie. Je vais là où j’ai envie d’aller en prenant quelques précautions». Assurant n’être ni «manipulée», ni «naïve», elle assurait «continu(er) à travailler au sein de Batasuna», travail qui porte sur un processus de paix au Pays basque: «Pour moi, chaque jour dehors est un jour où je peux travailler, un bonus.»

    «Je lutte non pas pour une non-incarcération, mais pour une non-extradition en Espagne», soulignait-elle, et «s’ils me livrent à l’Espagne, ça créera un précédent et cela bouleversera tout le système juridique».

    C'est en effet la première fois qu’un ressortissant français est remis à l’Espagne pour des faits liés aux affaires basques, selon une source policière, citée par l’AFP. Précision juridique: depuis sa mise en place il y a dix ans, le mandat d’arrêt européen remplace le système d’extradition en imposant à chaque autorité judiciaire nationale de reconnaître, moyennant des contrôles minimums, la demande de remise d’une personne formulée par l’autorité judiciaire d’un autre État membre.

    Pourquoi maintenant?

    Son interpellation intervient dans un contexte particulier, après l’entretien accordé lundi au quotidien espagnol El Pais par Manuel Valls. Le ministre de l'Intérieur affirme que la France poursuivra «avec fermeté» son combat contre l’ETA tant qu’elle n’aura pas déposé les armes.

    Dimanche, deux militants présumés de l’ETA ont par ailleurs été arrêtés à Mâcon, dont Izaskun Lesaka Argüelles, figure majeure du groupe séparatiste basque. Rappelons que l’ETA a annoncé le 20 octobre 2011 qu’il renonçait définitivement à la violence mais refuse de déposer les armes et de se dissoudre, comme l’exigent la France et l’Espagne.

    Qu'a décidé la justice espagnole ?

    Jointe par Libération, Amaia Rekarte, l’avocate d’Aurore Martin, a indiqué que sa cliente avait été présentée à 10 heures, ce matin à Madrid devant l’Audience nationale (la plus haute instance pénale espagnole, ndlr). «Le procureur a demandé son incarcération. Trois issues sont possibles: l’incarcération, la libération sous caution ou sans caution.»

    En fin de matinée, le juge a décrété son placement en détention l’accusant d’un «délit d’appartenance à une organisation terroriste». Selon le quotidien Sud Ouest, Aurore Martin a été incarcérée sans possibilité de libération sous caution.

    La militante, qui se trouvait a priori seule dans son véhicule, avait été interpellée hier, jeudi, vers 16 heures par des gendarmes lors d’un contrôle routier «fortuit» à Mauléon, selon la gendarmerie et le parquet de Bayonne.

    Comment a réagi Batasuna?

    Lors d’une conférence de presse au siège de Batasuna à Bayonne, ce matin, l’un des responsables, Jean-François Lefort, a jeté le doute sur le caractère «fortuit» du contrôle routier qui a permis l’arrestation de la militante. «Nous réfutons la thèse d’un contrôle fortuit : au moment où Aurore Martin a été arrêtée, il y avait un important peloton de gendarmerie à un autre endroit où elle aurait pu passer.»

    Il a aussi noté que le mandat d’arrêt européen n’avait pas été appliqué par l’ancien ministre de l’Intérieur Claude Guéant. «Il y avait un accord tacite que Valls a cassé, une étape a été franchie», a-t-il dit.

    Pour Anita Lopepe, membre de la coalition basque EH Bai, «Valls s’aligne sur le Partido Popular, c’est un simple relais de Madrid à Paris». Elle a estimé à «8 à 12» le nombre de militants basques français sous le coup de MAE non encore activés.

    «Nous exigeons l’arrêt de toute forme de répression à l’encontre de tous les militants basques», a-t-elle ajouté, estimant que «la manifestation en faveur des prisonniers basques prévue le 10 novembre de longue date prend encore plus d’importance aujourd’hui».

    Quelles sont les réactions politiques ?

    Hier, l’annonce de son arrestation a semé la consternation d'élus du Pays basque (de gauche comme de droite) certains y voyant un geste du ministre de l’Intérieur Manuel Valls peu propice à la paix.

    «Ce que (Claude) Guéant n’avait pas osé faire, le ministre (de l’Intérieur de François Hollande, Manuel) Valls vient de le commettre. Quelle honte!», s’est indigné dans un communiqué Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF des Pyrénées-Atlantiques. «Le gouvernement Ayrault vient d'écrire une page déshonorante pour notre pays», fustige le conseiller municipal à Pau, jugeant «insupportable et indigne» qu’une ressortissante française, «militante d’un parti autorisé en France, soit extradée pour des faits (...) non punissables dans notre pays».

    Kotte Ecenarro (PS), vice-président du conseil général des Pyrénées-Atlantiques, a ainsi déploré une «situation ubuesque, incompréhensible en plein processus de paix» tandis que l’UMP Max Brisson y voit «un mauvais signe pour la paix».

    Dans un communiqué intitulé «Que cherche Manuel Valls ?» EE-LV Pays basque s’est dit «choqué par l’attitude» du ministre «concernant le Pays basque et s’inquiète de voir pratiquer une répression que rien ne justifie dans le climat actuel».

    Le Comité de défense des droits de l’Homme Pays basque a rappelé de son côté que «François Hollande lui-même avait apporté son soutien à la jeune Aurore» quand il était candidat.


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  • Durant la guerre froide, une certaine propagande accusait le Parti communiste de recevoir de « l’or de Moscou ». Pouvait-on bénéficier de l’argent de l’étranger et être entièrement fidèle aux intérêts de la France ?

    Or, le Qatar vient de créer un fonds de 50 millions d’euros destiné aux « entrepreneurs » des « quartiers en difficulté » de nos villes - sans que cela n'émeuve grand monde. [1]

    qatarLa légende voudrait que l’idée en soit venue à une association d’élus locaux issus de l’immigration (« de la diversité », selon l’expression à la mode). [2]

    Ils sont indifférement de gauche ou de droite : le président est UMP, le secrétaire est chez les Verts, la trésorière est centriste et, parmi les adhérents, on trouve des élus du PS et du Front de gauche. [3]

    A l’automne 2011, une délégation de cette association se rend au Qatar où elle est reçue somptueusement par l'émir lui-même qui, peu après, fait annoncer la création de son fonds pour les banlieues françaises.

    A l’époque, le ministre de la Ville de Sarkozy, avait salué l'initiative.

    Aujourd’hui, Montebourg, ministre du Redressement productif, vient de l’approuver en prétendant le porter à 100 millions d'euros et infléchir sa destination vers les « territoires les plus déshérités ».

    Sans céder à l'islamophobie de l'extrême-droite, on peut quand même penser que les intentions du monarque qatari sont tout sauf désintéressées.

    Pour Nabil Ennasri, universitaire à Strasbourg et spécialiste du Qatar, « l'investissement dans les banlieues participe d'une stratégie globale. […] Si le Qatar cible les banlieues et la communauté arabo-musulmane, c'est pour qu'elles soient, à terme, un relais de ses idées en France ». [4]

    Plus grave, le Qatar et son canal de télévision Al Jazeera figurent parmi les plus zélés soutiens médiatiques et financiers des groupes terroristes agissant aujourd'hui en Syrie comme ils l'ont fait hier en Libye.

    ANELD (2).png

    Les élus de l'ANELD dans les marbres du palais royal de Doha...

    Aneld.Qatar (2).png

    ... et avec l'émir lui-même.

    ●●●

    [1] Cela représente près de 10 % du budget du ministère de la Ville de cette année.

    [2] Il s’agit de l'Association nationale des élus locaux de la diversité (ANELD).

    [3] Notamment à Marseille, Haouaria Hadj Chikh, adhérente du PCF et maire-adjointe des 13ème et 14ème arrondissements.

    [4] Le Monde, 5 janvier 2012 : http://www.lemonde.fr/societe/article/2012/01/05/apres-le...

    JPD http://lepetitblanquiste.hautetfort.com/


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  • "C’est la crise qui engendre la barbarie"

    Roms chassés à Marseille

    Plusieurs habitants et riverains d'une cité de Marseille ont contraint à la fuite, jeudi soir, des familles roms installées à proximité et incendié les restes de leur campement, sans violences physiques. Pour Pierre Dharréville, secrétaire départemental du PCF 13, "la classe des riches est en train de gagner sa guerre: au lieu de renverser la table, les victimes se battent entre elles. La crise sociale s’est muée en crise de civilisation."

    L'Humanité.fr publie sa réaction:

    "Des familles en proie à la grande misère violemment rejetées par des habitants de nos quartiers qui la côtoient eux-aussi d’assez près. Le récit nous glace le sang. Qui sommes-nous, hommes, femmes ? Que veut-on nous faire devenir ?

    La crise financière s’est muée en crise sociale. Comme le dit le milliardaire Warren Buffet, la classe des riches est en train de gagner sa guerre : au lieu de renverser la table, les victimes se battent entre elles. La solidarité perd du terrain. La crise sociale s’est muée en crise de civilisation. L’humanité se cherche. La guerre de tous contre tous est là, alimentée par les discours d’inspiration raciste qui continuent de se déchaîner. Chacun se débat dans des voies sans issues. Chacun veut vivre.

    Ce sont des gestes graves que nous n'acceptons pas car ils portent en eux la barbarie. Cette réaction révoltante, nous ne voulons pas tomber dans le panneau d’en faire porter la responsabilité première aux habitants. On ne répond à leurs difficultés croissantes que par des salves d’austérité et on leur a désigné des boucs-émissaires. C’est l’Etat lui-même qui a donné le mode d’emploi de la chasse et de la destruction de leurs maigres biens. Cette réaction n’est que le résultat de la stigmatisation acharnée dont les Rroms sont les victimes depuis trop longtemps déjà et du refus des autorités de leur apporter des solutions. Dans les endroits où il en a été autrement, nous n’en sommes pas arrivés là.

    Il est grand temps de donner un autre signal que celui du rejet de l’autre aux Rroms. Et il est grand temps de mettre un vrai changement à l’ordre du jour. Ce n’est pas pour rien que nous avons dit : «L’humain d’abord !»

    Notre soutien continuera de se manifester auprès des Rroms et notre engagement auprès des populations de nos quartiers. C’est ensemble que nous pourrons aller chercher des solutions, parce que nous disons tous la même chose : nous voulons vivre !  Galériens de tous horizons, unissons-nous !

    Une action préméditée. Selon laprovence.com qui dévoile l'information ce vendredi matin, les policiers sont arrivés sur place vers 19 heures afin de séparer une trentaine d'habitants mécontents et les familles roms, qui ont reflué avec caravanes et véhicules, laissant quelques affaires qui ont été incendiées dans la soirée, selon la même source, qui a précisé qu'aucune interpellation n'avait été effectuée en l'absence d'agression physique. Cette action était préméditée puisque ces habitants avaient informé les autorités, dont une élue des quartiers nord interrogée par l'AFP, de leur passage à l'acte si les roms ne quittaient pas les environs de la cité des Créneaux, dans le 15e arrondissement de la ville.


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  •   Un dessin de Burki qui pourrait illustrer la politique de l'emploi définie par le gouvernement de François Hollande...

      Certes, il faut être juste, cette flambée du chômage depuis que François Hollande est à l'Elysée, n'incombe pas spécialement à son gouvernement. Mais pourquoi des emplois d'avenir en CDD pour les jeunes, alors que tous les services publics manquent de véritables postes ? Pourquoi ne pas avoir voté des droits nouveaux pour les salariés afin de défendre leur outil de travail? Pourquoi ne pas avoir voté la loi sur l'interdiction des licenciements boursiers? Pourquoi accepter le traité européen Merkozy synonyme de plus d'austérité pour la France et l'Europe?

    Michel Sapin, le ministre du travail, a affirmé dimanche 2 septembre, que le seuil symbolique des 3 millions de demandeurs d'emploi sans activité était désormais franchi, ainsi que le taux de 10 % de chômeurs.

      LE CONTRAT DE TRAVAIL N'EST "PLUS STABLE"
     

      Le ministre a par ailleurs estimé que le contrat de travail "n'est plus un contrat stable" et qu'il fallait "revoir cela" avec les partenaires sociaux pour "donner plus de sécurité de l'emploi". "Aujourd'hui le contrat de travail n'est plus un contrat stable, n'a plus aucun sens, c'est complètement détourné: les CDD, les missions d'intérim, les ruptures conventionnelles utilisées de manière extrêmement libérale. Tout cela fait qu'il y a une insécurité dans l'emploi", a affirmé le ministre du travail.

      "ADAPTATION"

      Mais, pour Michel Sapin, "de l'autre côté", les entreprises doivent aussi "pouvoir s'adapter" aux nouvelles donnes économiques. "Il faut permettre une adaptation en terme d'organisation du travail, en terme de localisation de l'emploi, aussi en terme de quantité d'emplois", a estimé le ministre, choisissant, à l'instar du premier ministre Jean-Marc Ayrault, de parler d'"adaptation" plutôt que de "flexibilité".

      Le gouvernement doit transmettre le 10 septembre aux partenaires sociaux un document d'orientation qui lancera cette négociation sur la sécurisation de l'emploi, qui s'annonce difficile.

      Source: Le Monde du 02 09 2012

    Note de ma pomme: Partenaires sociaux, comme si un syndicat pouvait-il être le partenaire du patronat dans la gestion de la crise toujours profitable à celui-ci?
    D'ores et déjà, FO a dit que si le terme "flexibilité" n'apparaissait pas dans le texte du gouvernement, on pourrait voir. Oui, cachez ce terme que je ne saurais voir. Et rappelez-vous, FO, qui ne voulait parler que de grève générale il y a peu. Quant à la CFDT, c'est le JDD qui écrit à son sujet que sur ce dossier-là, avec le MEDEF, elle est l'alliée du gouvernement. Et comme son boss François Chérèque n'a opposé aucun démenti...

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  • On peut de plus en plus s'interroger : en quoi cette affaire de Gennevilliers concerne les musulmans français ou immigrés? La simple  logique des faits tend à démontrer qu' ils sont instrumentalisés pour des jeux politiciens sordides et que la manière dont on tente de monter une "affaire" se fait à leurs dépends.

    Résumons  "l'affaire". la mairie de Gennevilliers a été confrontée en 2009, à un accident  où une animatrice qui jeunait a eu un moment d'évanouissement cela s'est traduit par un leger handicap pour un passager. Depuis la maîrie fait signer un contrat à ses animateurs de colonie de vacances en exigeant qu'ils s'alimentant normalement durant la durée du temps où ils s'occuperont d'enfants et d'adolescents. Donc dans le cadre légal, le contrat signé prévoyait une clause que ces salariés ont refusé de respecter.

    Le directeur de la colonie de vacances; musulman lui-même mais ne jeunant pas, avait engagé 5 monos musulmans qui avaient signé le contrat. La fille a accepté d'en respecter les termes mais les 4 garçons ont refusé. La mairie les a donc suspendu pour la sécurité des enfants tout en leur assurant le paiement intégral de leur salaire.Nous avons donc une mairie qui non seulement ne pratique pas la discrimination dans l'embauche du directeur aux monos mais considère que malgré la rupture du contrat signé elle assure un salaire à ceux qui exigent de remplir une pratique religieuse.  Voilà donc "l'affaire" qui donne lieu à une campagne sur le "racisme" de la mairie...

    Non seulement Coppé intervient dans ce sens mais le député maire socialiste du coin en fait autant. Il  lorgne une des dernières municipalités communistes de la Seine saint Denis et prétend poursuivre l'irrisistible ascension du PS dans ce qui fut jadis la ceinture rouge avec le communisme municipal.

    Et pour arranger le tout Mélenchon qui est bien décidé à reprendre la main et la direction du Front de gauche contre les communistes, un peu gêné par ses alliances avec Balme et les Rouge-brun s'agite et envoie des troupes à l'assaut du pseudo-racisme du maire communiste. En effet il est un peu tôt pour les élections municipales mais pas trop tôt pour les jeux d'appareil à l'intérieur du Front de gauche.

    Cela nous vaut des soutiens de Mélenchon qui ont déjà mené bataille avec lui, avec le succès que l'on sait- à henin Baumont en train de se conduire comme des salafistes qui réclameraient la burqa pour les animateurs de colonie de vacances. L'exemple de ce genre de combat tel qu'il a été mené à Henin Baumont témoigne  à qui profite ce pseudo-anti-racisme, d'abord le PS qui face aux outrances communautaristes apparaît comme le meilleur rempart contre le Front National ensuite le Front National lui-même pour qui ce genre d'affaire est du pain bêni, il peut ainsi dénoncer ceux qui mettent en danger la vie des enfants par obscurantisme religieux.Une fois de plus l'Islam réduit à ses outrances peut être manipulé comme le bouc émissaire à défaut de débats portant sur les questions de fond y compris pour les 'musulmans" eux-mêmes plus que tout autres touchés par le chômage, la misère, les attaques contre le service public.

    Et qui en fait les frais, outre le PCF qui l'a bien mérité en se donnant à de pareils individus, des démagogues sans principe, les véritables victimes sont une fois de plus les musulmans eux-mêmes qui ont beau avoir un islam infiniment plus tolérant, voir pour eux réclamer des droits à la laïcité sont pris dans ce combat politicien comme masse de manoeuvre de questions qui ne les concernent pas. En effet comme le soulignait un témoignage ici même, en Algérie il n'y a pas de colonie durant le ramadam puisque tout le monde le fait et que l'on ne peut pas dans la situation de faiblesse ou met le jeune et surtout ne pas boire de toute la journée dans la canicule risquer la vie des enfants. On peut être ou non d'accord mais l'Algérie est un pays musulman et elle fait ce choix pour la sécurité des enfants.  les enfants de la colonie de gennevilliers sont probablement de famille musulmane en majorité et on peut être assuré que les parents ne voudraient pas d'animateurs qui font le jeune.

    En outre pour la plupart des musulmans qui ne sont pas des salafistes ou des islamistes fanatiques le Coran n'exige pas le ramadam dans tous les cas, quand la situation l'exige les musulmans peuvent ne pas jeuner et on le voit avec les jeux olympiques. Ce qui est prévu pour les jeux olympiques l'est encore plus quand il s'agit de la sécurité d'enfant.

    Bref on ne voit pas pourquoi ces gens s'excitent et veulent absolument lancer une campagne contre le maire de Gennevilliers si ce n'est que la question musulmane sert une fois de plus de leurre politicien pour régler des problèmes politiciens.

    C'est une vieille habitude, souvenez-vous chaque fois que les enseignants lançaient une grève ou une action le parti socialiste étant au gouvernement aussitôt l'ambassade du Maroc envoyait dans une école dirigé par un membre du PS des écolières voilées... Et alors plus personne ne pensait aux revendications la France se divisait autour d'un morceau de chiffon.

    Il semble qu'avec le sieur Melenchon nous ayons hérité de ce genre de moeurs... Tandis que d'autres forces en embuscade attendent amusées de recueillir les bénéfices de cette guerre picrocholine au sein du Front de gauche...

    Danielle Bleitrach


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  • L’industrie, enjeu électoral

    La Seine-Saint-Denis entre deux mondes

    Il n’est pas facile de passer du statut de ville ouvrière de la « banlieue rouge » à celui de municipalité accueillant l’un des plus grands pôles d’affaires d’Ile-de-France. Enquête chez les salariés et les habitants.

    par Benoît Bréville et Anaëlle Verzaux, mars 2012

    La Seine-Saint-Denis entre deux mondes

    « Châtelet – Les Halles », martèle une voix d’aéroport dans le haut-parleur. Sur le quai, les passagers s’agglutinent, puis s’engouffrent dans la rame du réseau express régional (RER) B. Dix minutes plus tard, le temps de feuilleter un journal gratuit, le train arrive à La Plaine – Stade de France. Une foule compacte, costumes-cravates, vestes de tailleur cintrées, téléphone portable dans une main, mallette dans l’autre, en descend et se dirige d’un pas pressé vers des immeubles ultramodernes, tout en verre. Ils sont ainsi plus de quarante mille à rejoindre chaque jour l’une des mille sept cents entreprises installées dans la zone d’activités de La Plaine, à Saint-Denis, au nord de Paris. Et leur nombre ne cesse d’augmenter.

    Le quartier détonne dans cette banlieue de cent cinq mille habitants. Autour des sièges de grandes sociétés et des logements flambant neufs, on trouve en effet la cité du Franc-Moisin, ses barres, ses tours de logements sociaux ; le centre-ville, ses maisons lézardées, ses marchands de sommeil, sa basilique, son marché ; le quartier Pleyel, ses habitations en cours de rénovation, son gratte-ciel à l’aspect défraîchi. « La Plaine, c’est un quartier d’affaires au cœur d’une ville populaire », résume une attachée administrative de la mairie.

    Avant de devenir le « troisième pôle d’affaires francilien (1) », La Plaine fut le premier espace industriel d’Europe. Au milieu du XIXe siècle, les travaux entrepris sous l’égide du baron Haussmann déplacèrent vers la banlieue les industries du centre de Paris. Situé sur la ligne ferroviaire reliant la capitale aux mines du nord de la France et de la Belgique, Saint-Denis jouit d’un accès aisé aux matières premières, dispose de vastes surfaces maraîchères et devient ainsi le terrain d’implantation privilégié des activités productives. Chimie, textile, cuir, métallurgie, etc. : entre 1850 et 1900, plus de trois cents industries s’installent à La Plaine. Quand le Parti communiste s’empare de la mairie, au début des années 1920, les ouvriers représentent 68 % de la population active, et les employés, 20 %.

    A l’aube des années 1960, la désindustrialisation frappe la banlieue parisienne. La politique de « décentralisation industrielle », officiellement destinée à corriger le déséquilibre de l’emploi entre la région parisienne et la province — mais interprétée par certains comme une « politique visant à démanteler les bastions communistes sous couvert de décentralisation (2) » —, provoque les premiers déplacements de sites. Attirées par divers avantages fiscaux, les entreprises quittent La Plaine. Les métallurgistes Sipam et Promecam s’installent à Quimper et Château-du-Loir ; les Chantiers de l’Atlantique déménagent à Nantes ; les industries chimiques Rochas et SIFA s’en vont à Poissy et à Compiègne, etc. Entre 1958 et 1968, plus de quatorze mille emplois industriels disparaissent (3).

    Après un siècle d’industrialisation,
    La Plaine est devenue une immense friche

    Puis les chocs pétroliers, la crise économique et la concurrence internationale accélèrent l’hémorragie. Les fermetures d’usine et non plus les simples déménagements s’enchaînent : l’orfèvrerie Christofle, la fabrique de pianos Pleyel, la fonderie Calmels, la manufacture de matériel frigorifique Babcock Atlantique, l’artificier Ruggieri, les camions Hotchkiss-Brandt, les machines-outils Cazeneuve, les métallurgistes Segal et Someca, etc. Pendant vingt ans, la municipalité communiste, associée aux syndicats et au conseil général, défend la vocation industrielle de La Plaine : soutien matériel aux ouvriers en grève, organisation de manifestations, occupations d’usine, création d’un Comité de défense de l’emploi, utilisation du plan d’occupation des sols pour bloquer l’implantation de toute autre activité, etc.

    Mais ces initiatives se révèlent vaines. Après cent ans d’industrialisation et quarante de désindustrialisation, La Plaine n’est plus, au milieu des années 1990, qu’une immense friche où entrepôts et hangars abandonnés côtoient les usines désaffectées. A mesure que la classe ouvrière s’érode, le chômage augmente : résiduel au début des années 1970, il atteint 10,7 % de la population active en 1982, puis 14 % en 1990. Confrontée à l’impossibilité d’empêcher le départ des usines, la municipalité change de stratégie.

    En 1991, les élus communistes de Saint-Denis, Saint-Ouen et Aubervilliers créent Plaine Développement, une société d’économie mixte qui rachète les friches et les réaménage en vue d’attirer des activités tertiaires. L’implantation du Stade de France à la place des anciens gazomètres de Gaz de France (GDF) accélère la mutation : pour accueillir les spectateurs, deux gares de RER sont ouvertes et la station de métro est totalement réaménagée. En échange de l’implantation du stade, la municipalité négocie le financement par l’Etat de la couverture de l’autoroute A1, véritable tranchée dans la zone industrielle. A dix minutes de Paris et de Roissy, La Plaine et ses vastes terrains se transforment en paradis pour hommes d’affaires. Les promoteurs immobiliers (Morgan Stanley, Bouygues, Kaufman & Broad...) accourent, et les entreprises suivent pour profiter de bureaux deux à trois fois moins chers que dans le centre de Paris (4).

    Generali France, GMF Assurances, Société générale, Crédit lyonnais, Hugo Boss, Endemol France, Attitude Studio, ThyssenKrupp Ascenseurs, Schneider Electric France, Publicis Events, Cegelec, Veolia... dans les rues de La Plaine, les cols blancs remplacent les cols bleus. « Quand vous gérez un territoire de 780 hectares, détenu par de gros propriétaires fonciers, vous n’avez le choix qu’entre deux démarches : geler un certain nombre d’opérations, en sachant que c’est négatif et stérile, ou participer aux mutations en cours. Nous avons opté pour cette dernière solution », explique M. Patrick Braouezec, maire de Saint-Denis de 1991 à 2004  (5). Mais cette politique profite-t-elle vraiment à la population locale, pour l’essentiel peu diplômée 10 % des actifs de Seine-Saint-Denis ont un niveau bac + 2, contre 40 % à Paris et 30 % dans les Hauts-de-Seine (6) ?

    Pour la municipalité, désormais gérée par un autre communiste, M. Didier Paillard, la réponse ne fait guère de doute : « En attirant toujours plus d’emplois sur son territoire, Saint-Denis ouvre des perspectives à ses habitants et surmonte les ravages de la désindustrialisation », explique-t-elle sur son site Internet, avant de vanter la « charte entreprises-territoires » mise en place en 2005. D’après un bilan publié en 2009, deux mille cinq cents personnes habitant l’une des huit villes de Plaine Commune (7) auraient ainsi trouvé un emploi. Bien souvent des postes précaires dans le bâtiment, le temps d’un chantier. Chaque jour, plus de la moitié des actifs de Seine-Saint-Denis doivent quitter le département pour aller travailler (8). Alors que Saint-Denis représente un bassin de soixante et un mille emplois — dont quarante-cinq mille à La Plaine —, le taux de chômage y dépasse les 20 % (selon les calculs de l’Institut national de la statistique et des études économiques [Insee], qui compte toutes les catégories de chômeurs), avec des pics à plus de 40 % chez les jeunes et dans certains quartiers (Franc-Moisin, Allende, Floréal, etc.). Et les revenus des Dionysiens ne sont pas non plus resplendissants : environ 16 000 euros par an et par foyer fiscal, soit presque deux fois moins que la moyenne francilienne de 30 770 euros par an (9).

    M. Rachid Khitmene, qui habite l’un des douze bâtiments de béton de la cité du Franc-Moisin, ne fait pas mentir les statistiques : « D’abord, j’ai eu une formation de comptable. Puis j’ai fait des tas de petits boulots, dans la restauration, dans la plomberie. En 2007, j’ai obtenu un diplôme universitaire de technologie finance-comptabilité, et j’ai postulé un peu partout. Sur Internet, j’ai trouvé le fichier de Plaine Commune. J’ai envoyé mon CV à toutes les entreprises du coin, une centaine d’envois par mois. Sur trois cents demandes, j’ai quand même eu trente réponses... J’ai fait des missions pour France Télécom à Issy-les-Moulineaux, pour EDF à Clamart, mais, depuis onze ans que je vis à Saint-Denis, je n’ai jamais trouvé un seul boulot dans une entreprise de La Plaine ! Et je ne suis pas le seul. C’est incroyable : l’entreprise Venteprivee.com, qui est signataire de la charte entreprises-territoires, ose se vanter d’avoir embauché trente Dionysiens sur ses quatre cents salariés ! » A la terrasse du café de la mairie, M. Georges Sali, conseiller municipal socialiste, avance deux explications à ce « relatif échec ». « D’abord, on ne peut rien imposer aux entreprises. Une charte reste une charte : elle ne les oblige en aucun cas à embaucher telle personne plutôt que telle autre. C’est la loi. Ensuite, il y a un réel problème d’“employabilité” : la majorité des Dionysiens n’ont pas reçu la formation adéquate. Mais les choses évoluent : des établissements comme le lycée Suger ont lancé des programmes adaptés aux entreprises du secteur. »

    Sur mille huit cents employés chez Orange,
    il y a... cinq Dionysiens

    Au siège de Generali, deuxième assureur de France, installé depuis décembre 2003 au pied de la gare du RER D, M. Alban Scamorri, permanent de la Confédération générale du travail (CGT), se montre tout de même sceptique : « Malgré le travail des communicants pour promouvoir l’image égalitariste de l’entreprise, il y a peu de Dionysiens ici. » Même son de cloche chez Orange Business Service-France Télécom, qui, en mars 2010, a abandonné ses locaux parisiens du XIIIe arrondissement pour un bâtiment rutilant de Saint-Denis, aux escaliers en verre agrémentés de barrières antisuicides. Mme Catherine Larrère, l’une des seules salariées affiliées au syndicat Solidaires, unitaires, démocratiques (SUD), indique : « Ici, il n’y a que cinq Dionysiens sur mille huit cents employés. » La grande majorité des salariés — des commerciaux et ingénieurs surdiplômés — gagnent entre 3 500 et 8 000 euros net par mois. « L’entreprise n’a pas respecté ses engagements, elle a fait venir ses propres salariés, qu’ils soient diplômés ou non. Même ceux qui servent à la cafétéria n’habitent pas ici. On a mis dos à dos deux types de populations. Il n’y a aucun mélange. »

    Les problèmes d’insécurité jouent un rôle important dans cette cohabitation difficile. Première au « palmarès des villes les plus violentes de France » établi par Le Figaro en 2008 « d’après les chiffres incontestables de la police judiciaire », Saint-Denis pâtit d’une très mauvaise image. « Nous avons moins de problèmes de délinquance qu’à la Défense, mais le sentiment d’insécurité reste plus fort ici (10) », déplorait récemment le vice-président communiste de Plaine Commune, M. Pierre Quay-Thévenon. Toujours est-il qu’en un an et demi sept cadres de Generali ont été victimes d’un vol, à la tire ou à la portière, en se rendant au travail. Chez Orange, la multiplication des agressions (onze en un an) a suscité une vague de colère parmi les salariés, au point que la direction distribue désormais une plaquette énumérant les consignes de sécurité : se déplacer en groupe, utiliser son téléphone portable avec discrétion, porter son sac du côté opposé à la chaussée (11). « Ce qui est terrible, explique M. Scamorri, c’est la panique des salariés quand ils apprennent qu’un collègue s’est fait agresser. Ils se transmettent une quantité de courriels qui disent : “Redoublez de vigilance”, “Evitez de sortir seul”… Ils deviennent complètement paranos. » Pour rassurer les employés, la mairie et la préfecture ont embauché soixante-dix « médiateurs » qui « sécurisent les trajets des salariés ». Mais, puisque deux précautions valent mieux qu’une, la société Veolia, tout comme la BNP, affrète pour ses employés un minibus blanc qui relie, matin, midi et soir, la gare du RER et le siège de la société. « C’est à dix minutes à pied, lance un habitant, goguenard, mais ils ont peur de la racaille. Dix, vingt, trente, je ne sais pas combien il y a de navettes qui ramènent les salariés à la gare. Si au moins cela avait créé des emplois de chauffeur pour les gens d’ici... »

    Ainsi, tout est fait pour éviter les rencontres entre les cadres et leurs voisins de Seine-Saint-Denis. « Au lieu d’embaucher les habitants et d’apaiser les tensions, les entreprises jouent sur l’insécurité en mettant en place tout un tas de services », dénonce M. Sali. Chez Generali, les salariés disposent par exemple de trois larges patios fleuris, égayés de petites tables et de bancs, pour la pause-cigarette. Dans le hall, des marchands ambulants, avec l’accord de la direction, vendent sacs à main, tee-shirts et sous-vêtements féminins. De même, l’espace intérieur du building d’Orange Business est équipé d’un grand self-service, d’une cafétéria, d’un baby-foot, de tables de ping-pong, d’une conciergerie où faire laver et repasser son linge, tout cela bien à l’abri de l’extérieur. On a même la surprise de découvrir un petit potager, trois tomates rouges sur une pelouse verte, et un service de commande de paniers bio...

    Pendant ce temps, rue du Landy, derrière le commissariat, un vieux bar-hôtel attend désespérément les clients. « Mon chiffre d’affaires s’élève à 1 euro par jour. Et voilà. Un client, un café, 1 euro », exagère Mahmoud, le gérant, qui, pour tuer le temps, raconte sa vie, les difficiles années en Algérie, les virées en Espagne et Saint-Denis, il y a vingt ans, « quand mon bistrot sentait bon le tabac froid ».

    « Dans dix ans, tu me paieras un café à Coulommiers »

    Tandis que les commerces traditionnels périclitent, des boutiques pour cadres font timidement leur apparition. Une succursale de la chaîne Sushi Shop s’est installée à deux pas du siège d’Orange ; entre deux vendeurs de kebabs de l’avenue du Président-Wilson, c’est Paradise Sushi, un traiteur japonais, qui a ouvert ses portes en 2010. Quand nous y passons, un midi, les cuisiniers s’activent, mais la salle est presque vide : le restaurant livre directement dans les bureaux, et les prix sont trop élevés pour la clientèle locale.

    Une salariée de Veolia s’arrête devant le bar-hôtel de Mahmoud. « Un café ? », propose-t-il. « Non, désolée, je suis pressée. » Elle cherche simplement son chemin : bien que travaillant à La Plaine depuis deux ans, elle se dit « absolument incapable de se repérer dans le quartier ». Pour le maire de la ville, M. Paillard, « il faut bien le reconnaître : si le secteur privé prospère, les salariés des entreprises s’intègrent très mal dans les quartiers populaires de La Plaine ». « C’est tout le paradoxe de la politique des élus de Saint-Denis, confirme M. Khitmene, à la terrasse du café de la mairie. En traînant les pieds, ils ont accepté la loi du marché, avec l’espoir de relancer l’emploi pour les habitants. Mais cette politique profite surtout aux grandes entreprises. Cela a fait très peu d’emplois pour les Dionysiens. Le mélange n’a pas eu lieu. Si l’embourgeoisement se développe, des gens comme moi devront partir plus loin, et dans cinq ou dix ans, tu me paieras un café à Coulommiers ou à Melun. »

    Vaines tentatives pour attirer des habitants plus riches

    M. Khitmene pourra sans doute profiter de Saint-Denis encore quelques années. Certes, depuis le début des années 2000, les promoteurs résidentiels se bousculent dans la cité des rois, et les résidences aux noms attrayants se multiplient : « Villas Torpedo », « Jardins d’Aragon », « Villas du stade », « Jardins Pleyel », « Carré des rois », etc. Construits selon les normes écologiques, ces logements, bien souvent dotés de balcons, de terrasses ou de parkings, à l’accès très sécurisé, affichent des prix largement supérieurs à ceux du marché local, essentiellement composé d’habitations dégradées où s’entasse une population pauvre. Entre 2000 et 2006, les prix de l’immobilier ont été multipliés par deux à Saint-Denis. « Notre client-type, c’est le jeune couple, primo-accédant, ou l’homme d’affaires qui vient investir dans le quartier de la gare », explique le directeur de l’agence La Plaine Immobilier, ouverte en 2008. Mais Saint-Denis compte plus de 50 % de logements sociaux, et la promiscuité entre des couches sociales très différentes constitue un frein à la gentrification. « Les nouveaux habitants ont peu de chances de se trouver dans une situation de proximité avec des voisins semblables à eux-mêmes. Ils n’ont pas vraiment la possibilité de s’approprier le quartier », analyse la sociologue Marie-Paule Thomas, auteure d’une étude sur la mixité sociale en banlieue parisienne (12).

    Souffrant du manque de commerces, de la mauvaise réputation des écoles et de l’insécurité, La Plaine ne parvient pas à attirer les foules parisiennes. Parmi les nouveaux habitants, qui ont souvent acheté sur plan, beaucoup se disent déçus. Comme ce couple, croisé aux abords du Stade de France : « On pense quitter la ville en 2014, quand les cinq ans durant lesquels on ne peut pas vendre seront écoulés », confient-ils, certains dispositifs d’aide à l’accession à la propriété privée imposant en effet à l’acheteur d’habiter son bien pendant une durée minimale. La femme travaille dans un salon de coiffure parisien : « J’en ai marre, je n’en peux plus des allers-retours en RER, et nos amis ne viennent pas jusque chez nous. » Lui, enseignant dans un lycée du département, regrette le manque de commerces de proximité : « Pour faire nos courses, on est obligés de prendre le métro jusqu’au centre-ville, c’est usant. » Ensemble, ils soupirent : « C’est sinistre, toutes ces entreprises ! »

    Thomas constate : « On note dans les discours [des nouveaux résidents de Saint-Denis] un malaise lié à des problèmes de propreté, de sécurité et de tranquillité. Malgré la hausse des prix de l’immobilier ces dernières années, la ville peine à accueillir de nouveaux habitants de catégories supérieures pour une longue durée. Les gens viennent, font une plus-value financière et revendent rapidement. » De même que la mixité ne se décrète pas, la proximité spatiale n’abolit pas la distance sociale.

    Benoît Bréville

    Anaëlle Verzaux

    Journaliste.

    (1) «  Saint-Denis, plaine d’affaires  », Challenges, Paris, 27 janvier 2011.

    (2) Hervé Vieillard-Baron, «  Un territoire fragmenté. Un lieu chargé d’histoire  », Projet, hors-série, Saint-Denis, avril 2008.

    (3) «  Situation de l’emploi à Saint-Denis  », mairie de Saint-Denis, avril 1969.

    (4) D’après Le Figaro (27 janvier 2012), en déménageant ses locaux du XIVe arrondissement de Paris à La Plaine en 2013-2014, la Société nationale des chemins de fer (SNCF) devrait réduire le montant de ses loyers par deux, économisant ainsi 10 millions d’euros.

    (5) Les Echos, «  Supplément immobilier  », Paris, 3 novembre 1994.

    (6) «  Portrait de la Seine-Saint-Denis  », conseil général de Seine-Saint-Denis – Atelier parisien d’urbanisme, 2010.

    (7) Créée en 2000, la communauté d’agglomération Plaine Commune rassemble les villes d’Aubervilliers, Epinay-sur-Seine, La Courneuve, L’Ile-Saint-Denis, Pierrefitte-sur-Seine, Saint-Denis, Stains et Villetaneuse.

    (8) «  Seine-Saint-Denis : le développement des emplois qualifiés accentue les déplacements domicile-travail  », Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) – direction départementale de l’équipement de Seine-Saint-Denis, juillet 2010.

    (9) Rapport «  Emploi et salaires  », Insee, 4 mai 2011.

    (10) «  Le plan pour la sécurité des salariés de La Plaine  », Le Parisien, Saint-Ouen, 15 novembre 2011.

    (11) «  Orange : les cadres ne veulent plus travailler à Saint-Denis  », Le Figaro, Paris, 19 octobre 2011.

    (12) Marie-Paule Thomas, «  Les visages de la gentrification. Analyse comparée de la trajectoire de six quartiers d’Ile-de-France  », Ecole polytechnique fédérale de Lausanne, 2006.

    http://www.monde-diplomatique.fr/


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  • La crise sévit fort en province.

    L'un de mes lecteurs, chef d'entreprise en Bretagne, m'a informé de 4 suicides de petits patrons de PME bretonnes en l'espace d'un mois (avril). J'ai vérifié et trouvé, après recherches, deux avis de déces sur quatre. Par respect pour les familles, je ne donne pas les noms.

    Le premier, Mr C, "qui gérait aux côtés de son épouse trois magasins de bricolage, et maintenant un seul (changement d'enseigne récent), s'est immolé dans son 4x4. Je le connaissais et beaucoup de mes proches ont été à l'enterrement". Pour le second, "c'est ma comptable, qui travaille également dans une entreprise d'électricité, sous-traitante de l'entreprise X, qui a appris le drame, le suicide de Mr R., pendu à 44 ans. D'autres sources me l'ont confirmé. Le troisième, Mr C., dirigeait un restaurant, ainsi que le quatrième. Ils ont vu une baisse des clients et n'ont pas pu joindre les deux bouts."
    Notre lecteur ajoute: "ici dans notre ville, beaucoup de commerçants ne règlent plus leurs loyers, ni leurs comptables et ont un passif d'environ 150.000 euros à la banque (qui se goinfre au passage (source officieuse d'un inspecteur des Impôts). Tout va bien, les indices sont à la hausse comme le martèle BFM (mieux que prévu, supérieur aux attentes, etc.). La chute vertigineuse de l'activité artisanale dans le bâtiment et le risque de contrôle d'alcoolémie sur la route (plus d'apéro, plus de vin à table, produit à forte valeur ajoutée) les petits restaurants ouvriers ferment à tour de bras. Le taux de suicide devient alarmant".
    La crise a vraiment ecrasé les patrons de PME, qui, voyant leurs carnets baisser, se trouvent étranglés par les banques qui au passage leur ferment le crédit. Ajoutez à ces suicides de patrons de pme, un autre gendarme dans la Drôme (lire ici Le Telegramme, un capitaine de gendarmerie se suicide avec une arme de service) et un policier parisien hier (Le Parisien), et vous avez un tableau inquiétant de ce qui se passe en France. Revue de Presse par Pierre Jovanovic

    KRISE: ARRIVEE DES CERCUEILS EN CARTON

    Lecteurs, c'est vraiment la crise... vous me direz c'est la suite naturelle du papier trop lourd précédent... Notez quand même qu'on a échappé au cercueil à monter soi-même chez Ikea. Donc la crise a amené les croque-morts à commercialiser des cercueils en carton. Le pharaon Tout en Carton les a sans doute inspirés... Et pourquoi pas encore moins cher? Je propose d'emballer les morts dans du papier aluminium... Ca a le mérite de résiter à tout. Et c'est plus léger. En plus on pourra le garder chez soi, au cas ou... Lisez l'article: "Patrick Favot, à la tête de l'Agence de Pompes Funèbres Bisontines n'a besoin d'aucune aide pour aller chercher dans les réserves le petit dernier de sa gamme. Un cercueil tout en carton qu'il vient d'inscrire dans son catalogue ... Il est très léger, on peut le capitonner comme un autre cercueil ou mettre du papier crépon si l'on veut rester dans le papier. Il est écologique ... et peut aussi supporter des poids tout à fait importants. Prix 400 euros, 15% moins cher qu'un modèle bois. Il n'y a pas encore la peinture métallisée, mais bon. On va s'y faire. C'est mieux que cet espion anglais qui a été retrouvé mouru dans un sac de sport... (remarquez, il partait pour son dernier voyage). Lire l'Est Republicain, merci à Mr Tanguy. Revue de Presse par Pierre Jovanovic


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  • Une centaine de sans-papiers a occupé le siège de la fédération du Nord de l'UMP, hier après midi à Lille. La police, après les avoir délogés, a procédé à un contrôle d'identité.

    Sept sans-papiers ont été interpellés.
    Les cinq militants UMP présents dans le local de la fédération Nord du parti présidentiel ont été surpris, hier en début d'après-midi, par l'irruption d'une quarantaine de sans-papiers et sympathisants (CSP 59, Jeunes communistes, CGT ou se présentant comme anarchistes). Trois semaines après avoir occupé le local de l'association Emmaüs, le Comité des sans-papiers du Nord a organisé une nouvelle opération coup de poing. Avec les mêmes revendications à la clé.
    « Nous voulons interpeller l'UMP et la préfecture, signale le porte-parole du CSP 59, Roland Diagne, qui manifeste devant l'UMP départementale avec une cinquantaine d'autres militants. Nous demandons à être reçus par le préfet Bur : nous n'acceptons plus les refus de régularisation systématiques et réclamons le retour au cas par cas, comme avant 2007. » Pour se faire entendre, le comité menace d'entamer une grève de la faim.

     

    Lille : occupation du local de l'UMP par une centaine de sans-papiers


    « C'est ce que nous appelons une guérilla urbaine pacifique », avance Éva Lumanisha, autre voix du CSP 59.
    Le procédé n'a toutefois pas été du goût du secrétaire départemental de l'UMP, Bernard Gérard, qui le « condamne fermement » : « Une permanence politique est un endroit où s'exerce la démocratie, ce n'est pas un lieu d'occupation et de provocation » , estime le député maire de Marcq-en-Baroeul.
    Après avoir bloqué la circulation de la rue Solférino entre les places Sébastopol et Philippe-Lebon, la police a chargé les manifestants et évacué les occupants. L'occasion étant belle, les forces de l'ordre ont effectué un contrôle d'identité à la sortie et procédé à l'arrestation de sept personnes en situation irrégulière. « Il est logique que la police s'enquière de l'identité de ceux qui s'introduisent de force dans des locaux », note Bernard Gérard.
    Alors qu'ils s'étaient réunis place de la République, les autres militants se sont rendus devant l'hôtel de police de Lille où une centaine d'entre eux a improvisé un sit-in. Un important dispositif policier a été déployé, entraînant la fermeture de l'entrée du commissariat. « Ils sont actuellement à l'intérieur et risquent la mise en centre de rétention à l'issue de la garde à vue », explique Éva Lumanisha. « Nous attendrons jusqu'à leur libération », affichait-il encore passé 20 h.
    Hervé-Marie Morelle, candidat UMP dans la 1ère circonscription, est resté devant le siège de l'UMP durant toute la manifestation. Il s'est ensuite rendu au commissariat pour porter plainte, au nom de son parti, pour intrusion, dégradations et injures. Une imprimante aurait été touchée et des affiches arrachées.


    JULIEN GILMAN


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  • 12-03-16-cristal-union.JPG

     

    L'ami jacques mets en ligne ses commentaires ainsi que ceux de P Bardet sur l'accident de travail qui a tué deux ouvriers, blessé un troisième et traumatisé à vie les deux autres ainsi que les sauveteurs.


    Cela se passe dans une sucrerie, à Bazancourt. voici son article en lien ici.

     

    Une réaction ici, sans qu'il y voit remontrance mais plus parce qu'elle montre la banalisation de situation intolérable  à partir d'une des phrases, un commentaire de P Bardet.

     

    Il titre son papier (et c'est totalement partagé) :

     

    SUCRERIE DE BAZANCOURT (MARNE) : LE CAPITALISME VIENT DE TUER DEUX OUVRIERS DE 23 ET 33 ANS, ENFOUIS SOUS DES TONNES DE SUCRE

     

    Pour avancer, jetons un regard sur la cadre et la production :

     

    Bazancourt et 6 autres sites se sont groupés en janvier 2000 sous le nom de Cristal Union. Ce groupe est le 3ème producteur de sucre après Saint Louis et Beghin.

    En 1968, la sucrerie participe à la création de Sucre Union qui donnera naissance en 1982 à la marque Daddy.

    Coca cola est le premier client devant Nestlé.


     

    Pour 2010-2011, le site internet de l'entreprise nous informe :

      le Groupe Cristal Union enregistre la meilleure performance de son histoire.Les comptes combinés font ressortir un résultat net part du Groupe de  123 M€ avant complément de prix versés aux producteurs de betteraves,  en amélioration de plus de 62 % par rapport à l’exercice précédent.


    Chiffres 2010-2011 (pro forma estimé)

    en millions d’euros

    Cristal Union (combiné)

    Groupe Vermandoise (consolidé)

    Cristal Union+Groupe Vermandoise (combiné)

    Chiffres d’affaires

    855 328 1 183

    EBE

    144

     

    Et avant de venir à l'actualité commencons par un rappel : cette info qui a moins de deux ans :

     

    BAZANCOURT / Chute mortelle d'un saisonnier à la sucrerie Toutes les portes restent ouvertes

    Publié le samedi 09 octobre 2010 à 10H00 -


    1 › 2
    Jordan Balloir a été retrouvé sans vie le 4 octobre, vers 3 h 30 du matin, au pied d'un silo de la sucrerie Cristal Union,

    xxx xxx été retrouvé sans vie le 4 octobre, vers 3 h 30 du matin, au pied d'un silo de la sucrerie Cristal Union,

     

    DEPUIS le début de la semaine, les gendarmes travaillent d'arrache-pied pour résoudre l'énigme de la mort de Jordan Balloir, retrouvé sans vie le 4 octobre, vers 3 h 30 du matin, au pied d'un silo de la sucrerie Cristal Union, à Bazancourt. Mais si l'enquête en recherche des causes de la mort ordonnée par le parquet de Reims progresse, on ne sait toujours pas dans quelles circonstances le saisonnier de 23 ans a chuté d'un peu plus d'une cinquantaine de mètres.

    ...Quant à savoir pourquoi personne ne s'est inquiété de l'absence du jeune homme au cours du week-end, il pourrait y avoir une explication. D'abord parce que le week-end, les effectifs étant réduit, ses cadres ne se trouvaient pas physiquement sur le site de la sucrerie. En outre, le samedi 2 octobre, à défaut de livraison de betteraves, celui-ci avait été affecté au nettoyage des silos plutôt qu'au désilage, tâche pour laquelle il avait été recruté comme saisonnier quelques jours avant sa mort. 

     Puis les fait de mars 2012 tels que rapportés par la presse :

    Marne : mort des 2 ouvriers enfouis sous le sucre

    Deux ouvriers de 23 et 33 ans, ensevelis mardi en fin de matinée sous des tonnes de sucre après avoir chuté dans un silo de la sucrerie Cristal Union à Bazancourt dans la Marne, ont été retrouvés morts par les secours, a-t-on appris auprès des pompiers et du parquet. Les manoeuvres de dégagement des corps coincés au fond du silo et la vidange de la cuve, haute d'une cinquantaine de mètres, étaient toujours en cours en fin d'après midi, ont indiqué les pompiers.

    L'accident s'était produit peu avant midi lors d'opérations de nettoyage d'un silo par cinq ouvriers travaillant pour une entreprise extérieure. Pour des raisons encore inconnues, les hommes ont chuté dans le silo. Trois d'entres eux avaient réussi à s'en extraire - dont un avec l'aide des pompiers arrivés sur place - alors que les deux victimes ont été ensevelies sous des tonnes de sucre au fond de la cuve

     http://www.lejdd.fr/Societe/Faits-divers/Depeches/Marne-mort-des-2-ouvriers-enfouis-sous-le-sucre-494133/

    (le JDD qui avec une délicatesse exquise accroche un lien dans l'espace de l'article ; "les boulangers fêtent les éclairs". Imaginez le scandale si un canard avait fait la même chose sur l'article relatant la mort de l'épouse de l'héritier Plantagenet au pont de l'Alma " demain fête du baba au rhum")

     

    Marne-Bazancourt: Deux ouvriers enfouis sous des tonnes de sucre dans un silo de la sucrerie Cristal


      Mardi, 13 Mars 2012 17:37  par Actucity

       
    "Cinq hommes sont tombés dans le silo mais trois d'entre eux ont réussi à s'en extraire alors que les deux autres ont été ensevelis sous des tonnes de sucre au fond de la cuve", a-t-on précisé au Centre opérationnel départemental d'incendie et de secours de la Marne (Codis). Les cinq hommes effectuaient des travaux de maintenance. Le dramatique accident est survenu dans un silo de la sucrerie Cristal Union à Bazancourt dans la Marne ce mardi peu avant midi lors du nettoyage. Ce début d'après midi, les recherches étaient toujours en cours pour tenter de dégager les deux hommes coincés au fond de la cuve haute d'une cinquantaine de mètres. (source Europe1)


    http://www.actucity.com/infos-locales/autres-regions/marne-bazancourt-deux-ouvriers-enfouis-sous-des-tonnes-de-sucre-dans-un-silo-de-la-sucrerie-cristal.html

     

     

    Ce qui a fait tiquer La canaille c'est l'entrée des commentaires de P. Bardet (voir chez Jacques) :

    "Un ouvrier peut tomber par accident. Mais CINQ ?????


     Ce n'est plus du domaine de l'accident, mais du CRIME !" 

     

    Pas de problème sur le crime, mais sur "un ouvrier peut tomber". (il va sans dire qu'ici on partage toute la suite de l'article mais que ce premier point doit être discuté)

     

    Non, ce genre d'accident ne doit pas arriver.

     

    Nous sommes tellement formatés à la fatalité du danger au travail qui idéologiquement en arrive à justifier la mort au travail que nous même nous en venons à véhiculer des idées que par ailleurs P. Bardet, comme La Canaille, dénonce.

     

    Il existe des professions pourtant dangereuses où on ne meurt pas on ne mourrait plus au travail. Les lignards d'EDF, les sidérurgistes aux coulées, et d'autres que chacun peut repérer. Le taux de mortalité étant à chaque fois lié aux conditions sociales d'exercice de l'activité et donc au statut des salariés concernés. Le passé est ici utilisé parce que les privatisations font leur œuvre.

     

    Souvenons-nous quand après la tempête de 99 il a fallu relever le réseau électrique et téléphonique, pas de morts. Au même moments sur les mêmes lieux combien d'ouvriers turcs, roumains ou ukrainien de tués dans les forets à dégager et débarder les bois de ces "pôves" propriétaires forestiers qu'il fallait bien aider en les exonérant de cotisations sociales (pour la part de main d'œuvre qui n'était pas importée au noir) ?

     

    Mais là, en plus, dans une sucrerie, c'est comme dans une cimenterie. On n'est jamais dans le bricolage artisanal. C'est toujours une industrie lourde et technologiquement très pointue, avec des équipements qui mobilisent des capitaux considérables.

     

    Les seuls accidents tel que celui subit par les ouvriers qui travaillaient sur le site pouvant toucher un des gros actionnaires de l'entreprise, c'est la rupture d'une corde s'il est en haute montagne pendant que les ouvriers avec de moins bonnes tentent d'entretenir ce qui lui permet de louer son guide ou c'est la chute du haut du mat de son voilier s'il n'a pas envoyé un "homme d'équipage" parce que c'est trop risqué pour l'avenir de la dynastie.

     

    Même si le risque zéro n'existe pas il est tout à fait possible d'y tendre et faire que le risque de chute et mort de ce type soit marginal par rapport au risque d'infarctus du patron parce que le cours en bourse chute de 3%.

     

    Une sucrerie cela se trouve quasiment exclusivement dans des zones rurales où le patron est le plus souvent un, voire le, hobereau du coin, où avoir un emploi n'est pas un droit mais une chance parfois vécu comme une protection de type seigneuriale et la structure de l'habitat renforce cette réalité.

     

    Si nous entrons dans l'organisation économique de l'activité, ce sont les sucriers et les betteraviers qui avec les céréaliers drainent la plus grande partie des crédits publics européens de la PAC. Ils imposent aux communes et département, à leur profit, l'organisation des travaux de voierie et de génie civil pour desservir sur crédit public leurs emprises industrielles. Dans les entreprises, tous les ans des accidents équivalents par "noyade" dans le grain qui sert aux minotiers à faire leur blé tuent dans les silos ou dans les tankers pour ce qui est des sucriers.

     

    Ce sont ces betteraviers-sucriers qui avant les progrès du machinisme agricole à partir de 1970 durant des années faisaient entrer par trains entiers des milliers d'ouvriers portugais saisonniers qui venaient pliés en deux piocher les milliers d'hectares de betteraves ("un bon binage vaut deux arrosages") hébergés dans des stalags, encadrés à l'époque par la police politique de Salazar*.

     

    Les planteurs ont bâti ou consolidé des fortunes gigantesques qui ont été réinvesties dans l'industrie sucrière (et alcool) avec l'aide les financements de l'État et les primes de la PAC. Ces capitaux s'accumulent et exigent rémunération. Pour cela pas de temps morts dans l'utilisation de l'outil, économie sur le personnel. Le bilan est à l'entrée de la p@ge.

     

    Pourtant qu'est ce que le coût de la mise en place de système sécurisée qui existe, performant, dans d'autres industries qui comme par hasard bénéficient d'un autre rapport de force plus favorables aux salariés ?

     

    Tout le système d'extraction purification conditionnement de l'industrie sucrière porte des investissements colossaux qui ne peuvent être engagés que par des financiers au rein ultra solide. Et comme ça coûte, surtout en période de crise profonde qui permet d'économiser sur le capital variable sur quoi économise-t-on ? La force de travail.

     

    Dans ces conditions, un mort au travail cela ne peut ni ne doit arriver.

     

    Un trafic humain tel qu'il y avait une organisation spéciale de trains "Lisbonne Paris " qui arrivaient en gare d'Austerlitz où la légion étrangère embusquée avait un bureau fixe pour rabattre ceux qui tentaient d'échapper aux policiers qui traquaient les déserteurs des guerres coloniales du Portugal. Citroën avait des recruteurs qui filtraient et récupéraient de quoi alimenter en viande fraiche à profits ses usines de Javel ,Clichy, Levallois avant de se tourner vers le Maroc pour les même raisons d'encadrement politique et policier. Les autres filaient trimer dans le climat continental des grandes plaines du nord-est pour gonfler les profits des betteraviers sucriers)

    Par canaille le rouge


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  • Grosse surprise hier à l’annonce d’un é-norme projet en Moselle : un “pôle d’affaires” franco-chinois (ou sino-français, si on préfère) qui prendra la place d’une zone verte à Illange, près de Thionville en Moselle. On parle de 3000 emplois.

    Le projet a été annoncé triomphalement par Patrick Weiten, président du Conseil Général de Moselle, et si j’ai bien tout compris “apparenté UMP”.

    Bien évidemment, l’annonce a été quasi-unanimement saluée. Dès qu’il s’agit d’emplois, tout sens critique tombe. Et tout particulièrement dans une région de ce point de vue complètement sinistrée, dont l’économie ne survit que sous perfusion de l’économie du Luxembourg tout proche (100 000 lorrains, dont votre esclave, traversent ici la frontière tous les jours). Et puisque la fermeture probable du dernier haut-fourneau Lorrain à Florange, à quelques kilomètres de là, fait en ce moment l’actualité, l’enthousiasme est obligatoire.

    Selon une image que j’ai déjà servie plusieurs fois, les emplois concerneraient un abattoir de petits enfants qu’ils trouveraient le moyen de se réjouir quand même…

    Bon, je ne sais pas vous, mais quand un type de l’UMP, même seulement apparenté, se réjouit, tous les clignotants s’allument. Et le fait que le monteur de l’affaire soit l’ancien maire “socialiste” d’Agde, devenu avocat d’affaires, ne me rassure pas vraiment.

    On a bien connu en Lorraine il y a quelques années les implantations asiatiques annoncées à grand coup de clairon (notamment par le sinistre Longuet) de sociétés qui ont pompé jusqu’au dernier centime d’argent public avant de s’envoler pour des cieux plus cléments, laissant des Lorrains dans la merde et dégoûtés. Daewoo, JVC, Panasonic…

    Personnellement, ça ne me fait pas plaisir de voir une zone de verdure irrémédiablement bétonnée. D’ici quelques années, toute la bande entre Nancy et Luxembourg, le long de l’A31, ne sera plus qu’une immense zone bétonnée, une agglomération hideuse alternant échangeurs, zones industrielles et zones commerciales…

    Autre point noir : la zone se trouve sur le trajet des frontaliers qui se rendent au Luxembourg. Cette zone est déjà très encombrée, et on y compte de nombreux accidents. Il y a fort à parier que le bouchon quasi total matin et soir entre Thionville et Luxembourg va donc s’allonger de plusieurs kilomètres, au moins jusqu’à la patte d’oie entre A31 et A30.

    Mieux, le fameux pont de Richemont, qui est dégradé par le passage à flux continu (et grossissant) de millions de poids lourds de toute l’Europe, va en encaisser encore davantage. Tous les frontaliers ont en mémoire la coupure de ce pont pour travaux il y a quelques années, qui avait entraîné pendant plusieurs mois un allongement d’une bonne demi-heure du temps de trajet vers le Luxembourg.

    Mais tout cela n’est que roulette de Samsonite, ronchonnement de blogueur en mal d’inspiration. Relisons plutôt le communiqué de presse :

    Quelque 2.000 entreprises technologiques chinoises s’implanteront d’ici 2014 à Illange (Moselle) sur un pôle d’affaires, où elles devraient créer 3.000 emplois en partenariat avec des sociétés européennes, a annoncé lundi le président (DVD) du conseil général de la Moselle, Patrick Weitten

    J’ai bien lu, il s’agit de 2000 entreprises chinoises ! Et ces entreprises viennent s’exposer en France. Pour quelle raison, à votre avis ?
    Réfléchissez un peu… Pourquoi les garagistes construisent-ils des “show rooms” ? Pour acheter des pièces détachées ? Ben non, évidemment : pour vendre ! Si Peugeot veut vendre des bagnoles en Chine, il construit un espace pour montrer ses bagnoles en Chine, pas à Illange…

    D’ailleurs c’est écrit un peu plus bas. “La construction des 230.000 m2 du centre doit débuter à l’automne pour offrir aux entreprises chinoises les infrastructures nécessaires à leur marketing et à leurs gestions financière, administrative et comptable ainsi que leur service après-vente”
    Lapalisse n’aurait pas dit mieux, mais le marketing et le SAV sont des préoccupations de vendeurs, pas d’acheteurs…

    Le magnifique projet créateur de 3 000 emplois ne serait-il pas une version moderne du cheval de Troie ? Les 3000 emplois ne seraient-ils pas la bien maigre contrepartie de nouvelles délocalisations massives ?

    Encore une dernière chose. Le financement du projet est assuré par une société… luxembourgeoise ! Certes le Luxembourg n’est distant que d’une vingtaine de kilomètres, mais on peut légitimement s’étonner, non ? Le pognon est rassemblé par un fonds d’investissement (les zinvestisseurs seraient paraît-il européens et non chinois, mais vous pourrez toujours vous brosser pour connaître les véritables bénéficiaires économiques…) dans ce que les spécialistes appellent un “véhicule d’investissement”. Une SICAR, ça s’appelle. Fiscalement, c’est évidemment très intéressant. Voilà ce qu’en dit une fiduciaire du cru :

    Les apports en capital faits aux SICAR ne sont pas soumis au régime général du droit d’apport proportionnel de 0,5% (à partir du 1/01/2008) mais à un droit fixe de 1 250 EUR.

    La SICAR constituée sous forme de société de capitaux est exemptée d’impôt sur la Fortune.

    Par contre, elle est totalement soumise à l’impôt des sociétés sur le revenu et l’impôt commercial communal. Toutefois, la SICAR est exonérée d’impôt sur les revenus provenant des valeurs mobilières précitées ainsi que pour les revenus provenant des cessions, d’apports ou de liquidation de ces actifs (y compris les fonds qui sont en attente d’être placés en capital à risque - maximum de 12 mois) . Il en résulte donc une base imposable minimale pour les SICAR. A noter que les moins-values sur valeurs mobilières ne sont pas déductibles.

    Les distributions de dividendes aux investisseurs sont totalement exemptées de retenue à la source au Luxembourg (qu’elles soient résidentes ou non résidentes, personnes physiques ou personnes morales, résidentes dans un pays de l’U.E. ou non, avec ou sans convention fiscale).

    La SICAR est exempte d’Impôt sur la Fortune.

    La SICAR, en tant que société imposable, est admise au bénéfice de la directive Mère Filiale, de la Directive Intérêts-royalties (Directive 2003/49/CE) et au bénéfice des conventions préventives de double imposition.

    A noter, qu’aucune retenue à la source n’est due sur les intérêts et royalties versés à des tiers.

    Un fiscaliste nous expliquerait ça mieux que moi, mais il n’y a pas besoin d’être un grand juriste pour comprendre qu’il s’agit d’un régime fiscal plus avantageux que celui promis par Flanby aux millionnaires… Et que ce machin risque davantage de détruire des milliers d’emplois industriels que de rapporter un fifrelin à l’Etat…

     

    On va encore m’objecter que je suis un Cassandre, qu’on ne connaît pas encore suffisamment les détails pour juger définitivement. C’est vrai. On me dira que rien n’est tout blanc, ni tout noir (tout jaune, en l’occurrence), que c’est sûrement un accord win-win entre la France et la Chine. ..

    Mais outre l’indispensable sens critique dont il faut systématiquement faire preuve — ce que la plupart oublient systématiquement avant de s’étonner, mais un peu tard, qu’ils se sont fait enfumer —, je me demande comment dans les conditions actuelles on peut prétendre faire des affaires profitables avec la Chine. Avec une différence de salaire qui reste abyssale, un code du travail et des “prestations sociales” inexistantes, une monnaie artificiellement basse et des accords de libre échange qui sont dans ces conditions absolument délirants, comment peut-on croire au final que le salarié français puisse avoir une chance ?

    Alors qu’une poignée d’affairistes européens s’en mette plein les fouilles, c’est possible. Que cela crée des zemplois locaux, on peut y croire (encore que j’aimerais bien pouvoir compter les 3000…). Mais à l’heure où tous les politiciens brodent autour de la nécessité d’imiter l’Allemagne et de construire un tissu de PME françaises, que penser de l’idée de dérouler le tapis rouge à 2000 PME… chinoises venues narguer leur concurrentes françaises ?  C’est totalement surréaliste…

    Timeo Danaos et dona ferentes

    http://www.superno.com/blog/


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  • Nicolas Sarkozy, sous les huées, dans le petit Bayonne (Pyrénées-Atlantiques), jeudi.

    Nicolas Sarkozy, sous les huées, dans le petit Bayonne (Pyrénées-Atlantiques), jeudi.REUTERS/PHILIPPE WOJAZER

    Nicolas Sarkozy a été accueilli jeudi 1er mars à Bayonne sous les huées et insultes de centaines d'opposants, des incidents dont il a aussitôt rendu responsable François Hollande, accusé d'avoir "échauffé les esprits de la base" en "annonçant l'épuration" à la tête de l'Etat.

    En début d'après-midi, le président-candidat était attendu par des dizaines de jeunes opposants à son arrivée dans le quartier historique de la ville, lesquels ont commencé à le huer avant même sa descente de voiture. Les cris de "Sarko président des riches !", "Sarkozy dégage !", couvrait alors largement les "Sarkozy président" de partisans du chef de l'Etat, en moins grand nombre.

     

    "Bronca et incidents dans les rues de Bayonne", titrait ensuite Sudouest.fr jeudi après-midi, évoquant une "ambiance électrique". De nombreux journalistes sur place s'en sont fait l'écho sur Twitter. Ainsi le journaliste politique du Parisien Frédéric Gerschel :

     

    Au milieu d'une foule de partisans criant "Nicolas ! Nicolas !" et de nombreux opposants criant "Nicolas kampora !" ("Nicolas dégage !", en basque), le chef de l'Etat s'est très difficilement frayé un passage dans les rues étroites du petit Bayonne jusqu'au bar du Palais, rue d'Espagne, sous une pluie de petits bulletins de vote de Batera, un collectif réclamant une collectivité territoriale pour le Pays basque.

     

    M. Sarkozy est entré en urgence dans le bar vers 16 heures alors que des œufs étaient jetés sur la vitrine. Une foule compacte s'est formée devant le bar et des CRS ont été appelés en renfort pour permettre à M. Sarkozy de sortir de l'établissement.

    "HOLLANDE A ANNONCÉ L'ÉPURATION, ÇA ÉCHAUFFE LES ESPRITS"

    Le président est sorti du bar, protégé par les CRS, peu après 17 heures et  a mis en cause rapidement son rival socialiste dans ces premières déclarations à la presse : "Hollande a annoncé l'épuration, forcément, ça échauffe les esprits des gens de la base". Le 19 février, son rival socialiste l'avait accusé d'avoir mis en place "un Etat UMP", "un système" dans la police et la justice, en avertissant que les hauts fonctionnaires, "liés à ce système auront forcément à laisser la place à d'autres" s'il était élu à l'Elysée. L'UMP avait évoqué alors une "chasse aux sorcières".

    M.Sarkozy a encore ajouté :"Je suis désolé de voir que des militants socialistes, de M. Hollande, s'associent à des indépendantistes dans des manifestations de violences (...) si c'est ça leur conception de la démocratie, le débat doit vraiment s'engager car nous n'avons pas la même. Ce sont des comportements indignes d'un parti politique".

    Des paroles vives qui concluent une fort mauvaise semaine pour le candidat de l'UMP qui continue de courir derrière son principal rival dans les sondages.

    "NE JAMAIS CÉDER À LA POLÉMIQUE INUTILE"

    L'équipe du candidat socialiste a réagi rapidement jeudi en fin de journée aux attaques présidentielles. "François Hollande, toute son équipe, condamnent toute violence. Il peut toujours y avoir des provocateurs, mais il n'y avait aucun militant socialiste, évidemment, dans ces incidents, dans ces violences", a déclaré Manuel Valls, directeur de la communication de François Hollande, sur BFM-TV sans revenir sur l'expression "épuration".

    François Hollande a également répondu à son rival à la fin de son meeting de Lyon, jeudi soir. "Nous devrons être à la hauteur du rendez-vous de l'élection (...), ne jamais céder à la polémique inutile, à la violence verbale encore moins à la violence physique", a dit le candidat socialiste à l'Elysée ajoutant que "le seul droit que nous avons (...) est le droit de manifester, et aussi le devoir d'utiliser le bulletin de vote".

    http://www.lemonde.fr/

    l’épuration idéologique de Nicolas Sarkozy, c’est pour quand ?

    Alors qu’il semble acquis au moment où j’écris ces lignes que les militants socialistes ne sont pour rien dans les “débordements“¹ qui ont eu lieu à Bayonne, comme en atteste un journaliste de l’AFP présent, le candidat de la droite dure a donc décidé d’instrumentaliser sciemment un incident qui relève de la liberté d’expression,  en pratiquant l’outrance avec des termes particulièrement connotés, ce qu’il ne peut ignorer malgré son inculture notoire.

    “Hollande a annoncé l’épuration, forcément, ça échauffe les esprits des gens de la base”

    Bien qu’il ait probablement éprouvé la nécessité, en cet instant de tension compréhensible – surtout pour quelqu’un qui ne supporte guère d’être contredit comme l’histoire du “casse-toi pôv con” le prouve assez – de répondre à son adversaire socialiste à propos de la pique de “ l’Etat UMP“, parler d’épuration est une outrance qui dénote de la perte de ses nerfs. Évoquer sur l’instant des «comportements indignes d’un parti politique démocratique» relève d’une bien mauvaise foi après avoir laissé bien d’autres vilenies se commettre sans qu’il n’ait éprouvé le besoin de les condamner, comme les traditionnelles sorties pour le coup peu démocrates de Guéant, ou les emportements tyranniques de son conseiller et porte-plume favori .

    Aller jusqu’à demander de surcroît des excuses au candidat socialiste qui ne semble pas être, le pauvre (comme contestataire, on fait mieux..),  pour grand chose dans ces événements relève en outre au mieux de la maladie mentale troublée de paranoïa, au pire d’une volonté d’utiliser sciemment l’incident à son seul profit électoral.

    Et ça, c’est pas bien. C’est de la politique qui pue. Si Hollande et les socialistes sont devenus de dangereux conspirateurs qu’il s’agit de surveiller et de mettre hors d’état de nuire, que dire de nous autres, alors, gauchistes au Front haut ?!  L’UMP a-t-elle l’intention de rétablir exprès pour nous les camps en Sibérie ?

    Place au peuple !

    Source twitter GERSCHEL Frédéric ‏ @fgerschel

    Des manifestants brandissent une banderole anti #Sarkozy sur son passage #Bayonne pic.twitter.com/gCiVxZpL

    ¹ Comme les qualifie pudiquement la Presse, là où il n’y a à mes yeux que l’expression populaire d’une exaspération, une liberté d’expression nécessaire. Est-il devenu interdit, dans ce pays, de s’opposer ?


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