• Jacques Sapir
    09:15 30/07/2012

    "Promenades d'un économiste solitaire" par Jacques Sapir*

    L’Italie et l’Espagne présentent des situations relativement contrastées. L’Espagne est aujourd’hui victime d’une crise majeure de liquidité et d’une crise bancaire sur fond de sévère récession économique avec un taux de chômage pratiquement égal au quart de la population active. L’Italie est, pour l’instant, épargnée par la crise de liquidité (même si elle connaît des difficultés croissantes à se refinancer sur les marchés financiers) mais elle est lestée par une très forte dette (120% du PIB), dont les intérêts pèsent lourdement sur son budget, et elle connaît depuis des années une croissance très faible. Ces facteurs ont conduit à mettre en doute sa solvabilité à long terme et déclenchent une crise de liquidité similaire à celle que l’Espagne connaît. Les taux d’intérêts des emprunts d’état à 10 ans, ont connu ces dernières années une évolution symétrique.

     Dans ces deux pays, les gouvernements respectifs ont mis en œuvre depuis 2011 des politiques visant à la fois à rétablir les finances publiques ET à reconstituer la compétitivité de l’économie. Combinant des coupes sombres dans les budgets sociaux, une déréglementation du marché du travail et, pour l’Espagne, des baisses importantes dans les salaires tant des fonctionnaires que d’une partie des salariés du secteur privé, ces politiques ont provoqué une contraction de l’économie. Cette dernière rend impossible d’atteindre l’objectif de réduction de la dette publique.

    En Espagne, l’austérité budgétaire est mise en échec par l’endettement des ménages (près de 100% du PIB en 2007) qui provoque une crise bancaire, que le gouvernement doit stabiliser. De fait, si l’on additionne la dette publique « officielle », la dette des régions, qui est en passe d’être consolidée avec la dette du gouvernement central et les impayés des l’État (qui ne sont rien d’autre qu’une autre forme de dette publique) on atteint 100% du PIB à la fin du premier trimestre 2012. Or, en 2007, la dette publique n’était que de 35%.
    L’austérité provoque une violente contraction de la demande intérieure, qui provoque la montée du chômage (24,3% de la population active et ceci sans compter les travailleurs immigrés non répertoriés licenciés depuis 2010) et une chute brutale de l’investissement des entreprises (par disparition de la demande). Les recettes fiscales sont aujourd’hui plus basses qu’en 2010 et 2011 du fait de la contraction de l’économie et ceci malgré les mesures prises par le gouvernement Rajoy pour réduire le déficit. Ce dernier est, en valeur, sur une pente identique à celle de 2009. Quant au déficit commercial, il reste important en raison du manque de compétitivité de l’Espagne du fait de la valeur de l’Euro. En fait, il faudrait soit que dans toutes les branches (y compris les services) la productivité augmente de 25% en deux ans (ce qui est irréaliste) soit que les salaires (et les prix) baissent à partir du niveau actuel d’environ 30%.
    Devant cette situation, on comprend que les taux d’intérêts aient connu une brutale augmentation, qui rend la situation insoluble et produit l’affolement des marchés financiers.

    Graphique 2

    En Italie, où le poids de l’Industrie est plus important qu’en Espagne, la situation du commerce manufacturier y est moins sombre. Mais, devant la faiblesse de la croissance ces dernières années, les marchés financiers ont aujourd’hui des doutes justifiés sur la capacité du pays à servir sa dette.
    En effet, le problème essentiel de l’Italie est la combinaison d’une très forte dette publique (120%) et d’une croissance très faible. La politique mise en œuvre par le Premier Ministre, M. Mario Monti a abouti simultanément à un freinage des salaire qui a fait entrer l’économie en récession et à un accroissement du taux de défaut (faillite) des agents privés qui est en réalité supérieur à celui de l’Espagne. Dans ce contexte, les recettes fiscales se sont elles aussi contractées, et ce en dépit des communiqués de victoire du gouvernement. Les méthodes de l’administration fiscale sont en train de provoquer une « révolte anti-fiscale » en Italie du Nord, qui aura, bien entendu, des conséquences sur les recettes. Or, si le budget italien est à l’équilibre pour le solde primaire, le problème de la dette se traduit par une influence dramatique des taux d’intérêts sur le déficit global. Ainsi, un taux moyen de 4% se traduit par la nécessité de dégager 4,8% du PIB pour payer ces intérêts, un taux de 5% par la nécessité de dégager 6% du PIB. On comprend que, devant l’entrée en récession du pays et avec la hausse du taux d’intérêt moyen, les investisseurs étrangers craignent l’Italie tout autant que l’Espagne.
    Jusqu’à l’été 2011, une majorité de la dette était souscrite par des agents Italiens. Les problèmes ont commencé à se manifester (avec une forte hausse des taux) parce que les Italiens eux-mêmes ne croient plus dans la capacité d’un gouvernement, et ceci quel qu’il soit, de maintenir leur pays dans la zone Euro. C’est bien le tarissement du mouvement de l‘épargne italienne vers la dette qui a provoqué cette forte hausse des taux.

    Graphique 3

    Ainsi, les situations de l’Espagne et de l’Italie sont différentes, mais le résultat est identique : une crise de compétitivité qui alimente des doutes sur la solvabilité de ces pays et qui induit une crise de liquidité.

    Les appareils productifs de l’Espagne et de l’Italie sont, certes, assez différents, et l’Espagne a connu une désindustrialisation plus importante que l’Italie. Ceci implique que le chemin de la déflation salariale sera long et pénible. À l’opposé, pour l’Italie, les rigidités salariales semblent plus importantes que pour l’Espagne, ce qui implique aussi un chemin long et difficile si la décision de persévérer dans la déflation salariale est prise.
    Concrètement, et sans inclure les effets multiplicateurs de la demande intérieure sur le niveau de l’offre, l’ajustement impliquerait un niveau du chômage de  29% en Espagne et de 16% en Italie.
    Si l’on y ajoute les effets induits, il est à peu près certain que l’on atteindrait, à la suite d’une poursuite de la politique actuelle un taux de chômage de 33% en Espagne et de 23% en Italie.

    Le danger dans la situation actuelle est plus grand pour l’Espagne que pour l’Italie, ce que tend à confirmer une note NATIXIS récente . Une sortie de la zone Euro pourrait bien, alors, s’avérer un calcul rationnel. Mais l’intérêt de l’Italie pour une dissolution concertée de la zone Euro, et non pas comme l’Espagne une sortie unilatérale. est lui aussi élevé. Ceci correspond à son degré d’industrialisation supérieur à l’Espagne.
    Le principal problème associé à une sortie de la zone Euro vient du système bancaire, et ce dans les deux pays, même s’il est moins important en Italie qu’en Espagne, ce qui est tout à fait logique. L’Espagne profiterait elle aussi d’un scénario de dissolution concertée de la zone Euro, dans la mesure où l’argent restant dans le FESF et dans le MES pourrait être en partie transféré à un Fond de soutien aux banques. L’Italie, quant à elle, à objectivement un fort intérêt à quitter la zone Euro.
    Il faut signaler que l’Italie a une structure de son appareil productif plus proche de la France que ne l’est l’Espagne. Une sortie unilatérale de l’Euro de l’Italie qui ne serait pas accompagnée de celle de la France porterait à cette dernière un coup fatal.

    Les besoins en financement de ces deux pays peuvent être estimés à 280 milliards d’Euros pour l’Espagne et 600 à 700 milliards, pour aller jusqu’à la fin de l’année 2012. Ce sont des sommes qui dépassent de loin les capacités de la Zone Euro, et que l’Allemagne –menacée de perdre son triple A - se refusera, en tout état de cause, à fournir. On le voit, avec la crise en Espagne et en Italie, venant s’ajouter aux crises Grecques, Portugaises et Irlandaises, la zone Euro est au bout du rouleau.

    L’opinion de l’auteur ne coïncide pas forcément avec la position de la rédaction.

    *Jacques Sapir est un économiste français, il enseigne à l'EHESS-Paris et au Collège d'économie de Moscou (MSE-MGU). Spécialiste des problèmes de la transition en Russie, il est aussi un expert reconnu des problèmes financiers et commerciaux internationaux.

    Il est l'auteur de nombreux livres dont le plus récent est La Démondialisation (Paris, Le Seuil, 2011).

     http://fr.rian.ru/tribune/20120730/195479804.html


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  • OIT

    L’Organisation internationale du travail. L'institution de l'ONU dénonce la politique allemande de compétitivité par les salaires qui serait un frein à la croissance européenne.

     

    L'Organisation internationale du travail (OIT) a épinglé la politique allemande de compétitivité par les salaires, y voyant « la cause structurelle » de la crise en zone euro, dans un rapport publié mardi.

     

    « L'amélioration de la compétitivité des exportateurs allemands est de plus en plus identifiée comme la cause structurelle des difficultés récentes dans la zone euro », souligne l'institution onusienne basée à Genève, qui critique notamment les réformes engagées en 2003 par le gouvernement Schröder.

     

    Ces réformes ainsi que les gains de compétitivité de l'économie allemande sont régulièrement présentés par Berlin comme un modèle à suivre par les autres pays. Le président français Nicolas Sarkozy a notamment vanté le modèle allemand ces dernières semaines. L'OIT y voit au contraire un frein à la croissance européenne. « Les coûts du travail allemands ont chuté depuis une décennie par rapport aux concurrents, mettant leur croissance sous pression, avec des conséquences néfastes pour la viabilité de leurs finances publiques », note l'organisation qui vise à promouvoir le travail décent à travers le monde.

     

    Marasme économique généralisé

    « Plus grave, les pays en crise n'ont pas pu utiliser la voie des exportations pour compenser la faiblesse de la demande domestique car leur industrie ne pouvait pas profiter d'une demande intérieure plus forte en Allemagne », ajoute l'OIT. Dans un contexte de chômage élevé en Allemagne, les réformes Schröder ont eu pour effet de « réduire les revenus du bas de l'échelle (...), notamment dans les services où de nouveaux emplois, essentiellement à bas salaires, sont apparus ». Mais dans le même temps, « peu de choses ont été faites pour améliorer la compétitivité par le biais d'une progression de la productivité », selon ce rapport.

     

    « La politique de déflation salariale n'a pas seulement amputé la consommation, restée plus d'un point de pourcentage en retrait du reste de la zone euro sur la période 1995 à 2001. Elle a aussi conduit à un accroissement des inégalités de revenus, à une vitesse jamais vue, même durant le choc de l'après réunification », dénonce l'OIT, en faisant référence à des données récentes de l'OCDE sur le sujet. « Au niveau européen, cela a créé les conditions d'un marasme économique prolongé, car les autres pays membres voient de plus en plus une politique de déflation des salaires encore plus dure comme solution à leur manque de compétitivité », souligne le rapport.

     

    L'OIT estime par ailleurs que la contribution de la déflation des salaires en Allemagne dans la création d'emplois dans ce pays n'est même « pas si claire »: « Les récents succès à l'exportation doivent peu à cette politique salariale et s'expliquent d'avantage par l'orientation géographique des exportateurs allemands vers les marchés émergents dynamiques ».

    L'expansion

    http://www.mleray.info/article-allemagne-zone-euro-108498050.html


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    Faisons barrage au TSCG (Traité sur la Stabilité, la Coordination et la Gouvernance)

    Non à la dictature de l’Union européenne

    Le gouvernement Hollande a décidé de faire ratifier le Traité de Sarkozy et Merkel. Faisant suite au refus des dirigeants de respecter le Non du peuple français en 2005, ce traité constituerait un recul sans précédent de la démocratie. Ce serait un pas décisif vers de nouveaux pouvoirs de cette Union européenne inventée par le capitalisme pour broyer toute souveraineté nationale et populaire.

    Les critères de Maastricht limitaient l’endettement à 3% du PIB sans prévoir de sanction. Avec le TSCG, il sera verrouillé à 0,5 % du PIB, le ratio dette/PIB limité à 60% et en cas de dépassement, « un mécanisme de correction est déclenché automatiquement ». Les parlements nationaux n’auront d’autre possibilité que de voter les mesures "calculées" par la Commission européenne. Cette austérité sera "mathématique" comme le dit avec le sourire Laurence Parisot, la patronne des patrons.

    Avec l’euro-mark, les nations de l’U.E. sont soumises à une monnaie étrangère indépendante de leur niveau de production, entrainant délocalisations et dumping social. Il n’y a aucune possibilité de dévaluation pour adapter leur politique monétaire à leur situation économique.

    Avec le remboursement de la dette à marche forcée par le nouveau traité, et avec l’euro qui contraint les pays à la désindustrialisation et à la récession, il ne reste qu’une seule variable : la réduction des salaires, des pensions de retraites, des prestations sociales et la casse des services publics. C’est ce qui se passe en Grèce, au Portugal et en Espagne et ce que veut le patronat avec l’austérité perpétuelle.

    Hollande et le gouvernement Ayrault ont l’intention de faire ratifier ce traité le plus vite possible par le Parlement et le Sénat réunis. Le traité pourrait même être inscrit comme « règle d’or » dans la Constitution. La comédie qu’ils nous ont jouée sur le mot croissance ne change rien à ce traité. Nous devons le bloquer par tous les moyens. C’est notre avenir démocratique qui est en jeu, celui de pouvoir mettre en œuvre la politique décidée par le peuple dans le cadre de la nation.

    La résistance à la dictature de la dette et de l’euro est urgente

    Le peuple Français peut et doit affirmer sa souveraineté

    - Caroline Andréani, membre du CN, Seine-Saint-Denis
    - Paul Barbazange, secrétaire section Béziers, membre du CN, Hérault
    - Floriane Benoit, secrétaire section Fontaines, membre du CN, Isère
    - Pascal Brula, section de Lyon, Rhône
    - Marie-Christine Burricand, conseillère générale, membre du CN, Rhône
    - André Gerin, ancien député, membre du CN, Rhône
    - Jean-Jacques Karman, conseiller général, membre du CN, Seine-Saint-Denis
    - Armand Lecoq, section de Béziers, Hérault
    - Jean-Pierre Meyer, membre du CN, Comité départemental Var
    - Pierre Alain Millet, conseiller communautaire, Rhône
    - Pascale Noizet, membre du CN, Paris
    - Mireille Popelin, section Villeurbanne, Rhône
    - Gilbert Rémond, section de Vaulx-en-Velin, Rhône
    - Bernard Trannoy, section du Bassin d’Arcachon, Gironde
    - Serge Truscello, secrétaire section Vénissieux, Rhône
    - Laurent Santoire, membre du CN, Seine-Saint-Denis

    Signez l’appel !

    Penser à mettre au moins la ville où on habite, voire le département et autant que possible son nom et prénom (sauf si cela pose un problème professionnel).

     Signer la pétition

    http://lepcf.fr/Appel-a-faire-capoter-le-TSCG

     


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  • Carcan : collier de fer fixé à un poteau pour y attacher par le cou un criminel condamné à l’exposition publique.

    L’Humanité du 20/7/2012 propose une "pétition pour exiger un référendum sur le nouveau traité européen". Patrick le Hyaric : "Pourquoi le traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance ( TSCG ) est-il caché aux citoyens de l’Europe ?" question posée par le directeur de l’Humanité ET député au parlement européen (aucune référence à son appartenance au parti communiste ? Comme c’est de plus en plus le cas, cette référence au parti communiste que l’on fait disparaître au profit de l’appartenance à l’Europe).

    Le député au parlement européen, donc, dénonce ce pacte budgétaire "bible de l’austérité" et constate que la "renégociation du traité", on n’en parle plus, que la soi-disant croissance a bel et bien été "la couleuvre pour faire avaler le traité" ! Et les nouvelles "dispositions contraignantes et permanentes" sont bel et bien un nouveau tour pour enserrer encore plus fort le peuple dans le carcan de l’Europe.

    La souveraineté du peuple

    Si le peuple n’est pas consulté par référendum, "la souveraineté des peuples serait réduite au rôle de gadget" dit Patrick le Hyaric. J’avoue qu’à ce passage, j’ai éclaté de rire. Car enfin, la souveraineté des peuples n’a-elle pas disparu depuis la création de l’Europe et le renoncement progressif du parti communiste à s’opposer à cette Europe dont il savait très bien qu’elle serait le "bras armé du capital" ? Et rien de plus !

    Les communistes les plus conscientisés, formés au marxisme, n’ont-ils pas compris dès le début que cette Europe n’était créée que pour :
    - abolir la souveraineté des peuples
    - abolir la souveraineté des nations
    - donner au capital un instrument pour supprimer les droits des travailleurs, en particulier ceux de France où le CNR avait réussi à imposer une véritable avancée dans tous les domaines !
    - et surtout, surtout, supprimer la lutte de classe (dont la direction du PCF ne parle plus !) avec l’aide de la social-démocratie en réduisant les partis communistes à des partis minoritaires, godillots, réduits à proposer l’aménagement du capitalisme. Pour créer des Fronts de gauche (d’où le refus de signer l’appel des 15 partis communistes, qui osaient parler justement de souveraineté, de refus d’accepter le traité, de le combattre et non de l’aménager).

    Des masochistes

    Nos dirigeants sont vraiment masochistes ! Aïe, le carcan, ça fait mal ! Mais l’Europe, on ne peut pas faire autrement ! Bien sûr que l’on sait ce qu’elle est, ce qu’elle veut, que les peuples ne pourront retrouver leur souveraineté qu’en se libérant du carcan ! On l’avait dit si bien avant... Au début, on était contre l’Europe et on avait raison. Quelle force nous aurions, nous PCF, si nous étions restés sur cette ligne de refus ! mais nous avons perdu nos forces à convaincre les militants qu’il fallait accepter l’Europe et même... prendre place au parlement européen ! Et que fait-on dans ce parlement européen ? Le parti créé, "gauche de la gauche social-démocrate" suit le PS devenu ultra majoritaire et renoncera à tout pour "sauver" l’Europe qui est son œuvre, l’instrument de son alliance avec la droite !

    Histoire d’un renoncement

    A la fin de la guerre, le "PCF lutta contre l’intégration supranationale, contre l’oTAN, contre la CED, contre les traités de Rome, Amsterdam, de Nice.

    Il défendait farouchement l’indépendance nationale !

    Le tournant date de 1990 : malgré les protestations de nombreux camarades, la direction du parti opéra un virage à 90° ! La ligne politique ce fut la position "euroconstructive". Cette "mutation" désastreuse fut évidente en 1998, le PCF avait exigé un référendum sur l’euro et Amsterdam et brusquement, abandon de la mobilisation. Robert Hue est arrivé-é-é ! Et sans se presser, avec la direction, ce fut le fameux "Bouge l’Europe" qui n’a rien fait bouger du tout ! Réformisme et gauchisme étaient entrés à la direction du PCF. Ils y sont encore !

    Lisez l’excellent livre de nos camarades Benjamin Landais, Aymeric Monville et Pierre Yaghlekdjian "L’idéologie européenne". Ces camarades, lucides et bien informés, ont bien analysé l’Europe et le reniement idéologique de la direction depuis 1990. Quand on voit où est Robert Hue maintenant ! Ce fut la couleuvre de l’Europe. Qu’il fallut faire avaler aux camarades !

    Où peut s’exercer la souveraineté du peuple ? Dans un cadre national !

    Il va falloir rappeler le Manifeste à nos dirigeants du PCF : "Abolissez l’exploitation de l’homme par l’homme et vous abolirez l’exploitation d’une nation par une autre nation. Du jour où tombe l’antagonisme des classes, à l’intérieur d’une nation, tombe également l’hostilité des nations entre elles". Un autre théoricien du marxisme ajoute : "Reste que cet avenir ne se réalisera pas à la suite de la négation cosmopolite des civilisations nationales".

    Pour la direction du PCF, la nation est devenue un mot tabou, réservé au Front national. Or le peuple, pour retrouver sa liberté, devra se libérer de l’Europe. On nous dit que ça serait la catastrophe. Mais la Grèce, l’Espagne ne sont-elles pas dans une situation catastrophique ? Et nous, n’allons-nous pas connaître le même sort ?

    C’est l’Europe qui est un carcan, une catastrophe. Mettons nos forces dans la lutte pour en sortir ! En commençant par sortir de l’euro. Ce sera difficile ? Mais nous aurons retrouvé la liberté, notre souveraineté monétaire, populaire, et notre indépendance nationale.

    Je ne peux que citer "l’idéologie européenne" : "Devant la volonté d’inscrire les peuples dans un système où ils sont mis en concurrence les uns contre les autres, la nation reste bien le lieu le plus favorable à l’engagement de la lutte. Encore faut-il que la bataille soit menée, et en cela, l’organisation de classe et de masse est une nécessité absolue".

    Ce n’est pas avec cette pétition qui ne propose que la continuation du carcan (s’il vous plaît, un peu moins fort !) que l’on donnera au peuple l’envie de lutter. Il a exprimé ses doutes en s’abstenant en masse, en refusant le vote Mélenchon-Front de gauche où il ne trouvait plus ce parti de classe et de masse dont il a besoin. C’est un référendum avec une question sur l’Europe qu’il faut proposer :

    - Voulez-vous continuer avec cette Europe ?
    - Où voulez-vous retrouver votre souveraineté nationale et populaire ?

    Mais ce référendum-là, les dirigeants européens ne le proposeront pas. Et l’on sait comment ces dirigeants européens (droite + social-démocratie) peuvent traiter un référendum qui dit NON à leur politique.

    Mireille Popelin

    http://lepcf.fr/Le-carcan-de-l-Europe


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    Le gouvernement de coalition de droite-socialiste d'Antonis Samaras a obtenu dans la nuit de dimanche à lundi la confiance du parlement grec, après avoir exposé les grandes lignes de son plan pour accélérer les privatisations et redresser l'économie. Antonis Samaras, dont le parti Nouvelle Démocratie a remporté difficilement les élections du 17 juin, est à la tête d'une coalition à la solde de la Troïka qui rassemble les socialistes du Pasok et du petit parti de la Gauche démocratique. Ensemble, ces trois partis contrôlent 179 des 300 sièges de la Vouli, le Parlement monocaméral grec.

    "Le plan d'aide est un crime politique et économique imposé au pays par la troïka (FMI, BCE, UE)", a déclaré Alexis Tsipras, chef de file du parti de Syriza, la gauche radicale, dimanche au Parlement. "Vous n'êtes pas pro-européens, vous êtes des 'Merkelistes', Berlin va conduire l'Europe à sa dissolution", a-t-il ajouté, en référence à la chancelière allemande Angela Merkel, très impopulaire en Grèce.



    Samaras accuse Alexis Tsipras de "terroriser" des investisseurs potentiels avec sa rhétorique hostile aux financiers Etatsuniens et Européens. Samaras souhaite relancer les pays méditerranéen à travers des privatisations et des réformes structurelles, jugeant qu'elle pourraient constituer les premières mesures pouvant permettre de regagner la confiance des bailleurs de fonds. La Grèce connaît sa cinquième année de récession et le chômage touche désormais près d'une personne sur quatre.

    "Nous l'avons dit et répété, la seule manière d'éviter la banqueroute et une sortie de l'euro est de privilégier la croissance et les investissements", a déclaré le chef du gouvernement lors d'un discours prononcé avant le vote de confiance.

    Le Groupe parlementaire de SYRIZA CCL a donné immédiatement des signes forts d'identification comme une opposition militante et responsable face aux déclarations de politique générale du gouvernement, avec un pic dans une boutique qui met le pays à genoux, et en le soumettant dans le même temps sans des solutions de rechange alternative.

    "Nous avons eu l'impression que le gouvernement du mémorandum est dans la continuité. Mais vous avez trouvé que le gouvernement du mémorandum est dans l'accélération ",

    Alexis Tsipras a prononcé à la Chambre hier son premier discours officiel en tant que leader de l'opposition. Cherchant par là à mettre l'accent sur le choix évident du gouvernement de procéder à la mise en œuvre fidèle de Samara le protocole et les exigences des prêteurs. Une option consiste à annuler le verdict populaire sur le changement politique désastreuse, à prouver dans la pratique que les promesses électorales des trois, la Nouvelle Démocratie, PASOK et DIM.AR., à la renégociation était juste un mensonge "conscient d'emprisonner ses citoyens.".

    En concentrant ses critiques contre le Premier ministre et la Nouvelle République, le Président du Groupe SYRIZA a porté le fer, en disant que le Premier ministre n'est rien de plus qu'en train de «volé» le vote du peuple grec, qu'il était dans "la continuité du gouvernement Papandréou et Papademos," et que "la renégociation du protocole a pris fin le 17 juin. Était un autre cascadeur élection.". Il a continué :" Bientôt, il se révélera ce qui est vraiment le parti de l'euro en Grèce et ce que les parties de la drachme Pourquoi mnimoniaki politique Samaras prend la Grèce mathématiquement en dehors de la zone euro "..

    Outre la référence à la journée d'avant-hier Antonis Samaras présentation des déclarations programmatiques, les réformes "qui ont été fait depuis des années», a soutenu la contre-attaque SYRIZA MCM contre un gouvernement qui n'est pas seulement impuissante à mettre en œuvre des politiques différentes. Le contraste est compatible avec le noyau de la politique du mémorandum. Par conséquent c'est l'aphonie de résonance pour l'Europe : "La Fourmi. Samaras n'a pas fait la moindre référence aux décisions du Conseil européen du 29 juin  pour la recapitalisation des banques européennes à partir de laquelle notre pays a été exclu. En règle générale ne le mentionne pas seulement en Europe", la direction néolibérale grecque soutient de la politique de l'UE qui conduit à la dissolution de l'Europe.

    La privatisation est la matrice de la corruption 

    Le pillage préparé par le codécision contre la propriété publique a donné lieu à une violente attaque du côté de Alexis Tsipras. "Avez-vous des achats dans le pays", "la privatisation est la matrice de la corruption" était l'une des expressions qui ont créé la sensation. Comme le message envoyé à toutes les parties concernées est clair, à ceux qui ont apposé leurs signatures au gouvernement pour les accords néfastes, mais aussi à ceux qui se précipitent pour exploiter le mauvais état du pays pour obtenir l'adhésion des «copains». SYRIZA CCL ne reconnaîtra pas la vente de l'Etat. "Vous allez perdre votre argent" a fait savoir clairement à ceux qui pensent qu'ils peuvent piller la richesse publique.

    Le chef de la SYRIZA n'a pas laissé passé le dilemme du chantage "trahison ou une nouvelle réduction des salaires et des pensions." "Et tous vendre très rapidement pour crevés une fois de plus les salaires et les pensions, tout cela nous rapproche de la faillite," a-t-il noté, expliquant que la privatisation de la richesse nationale du pays ne peut pas être la reconstruction de production. Un argument clé de la gauche, après tout, au-delà du principe de l'opposition à la privatisation sur les motifs de satisfaction des besoins sociaux, c'est que les conditions et les prix actuels ne va pas améliorer quoi que ce soit dans le budget du pays.

    Avec l'ensemble du butin ainsi préparé, la gauche radicale insiste sur la proposition de la performance des actifs publics dans les fonds de pension à leur soutien financier.

    Les déclarations de politique générale d'Alexis Tsipras 

    "SYRIZA MCM veut faire, cependant, la différence à travers les interventions parlementaires, avec l'émergence de véritables problèmes sociaux, à partir de données de communication "couronnes que celles où nous avons utilisé le bipartisme, il était à la répétition générale programmatique".

    Alexis Tsipras a fait état de : la crise humanitaire, la pauvreté et la misère qui génère la note de politique. La récession et le chômage, les suicides de tous les jours qui incite les gens à remplir le désespoir. Battre l'alarme au sujet de l'impact d'une poursuite, c'est à dire l'accélération de la mise en œuvre de la même recette. Et déroulement d'une série de solution de rechange. Une série de propositions par voie de déclarations programmatiques sur un autre ton bien sûr qui se ferme sur les parenthèses Samara.

    Ainsi, avec la première priorité pour soulager le plus faible soumettra une proposition tendant à l'annulation immédiate des décisions qui permettent de réduire les salaires, les pensions et les dépenses sociales, l'abolition de la négociation collective en supprimant la randonnée et abrogeant la répercussion. Il restaure la proposition seisachtheia pour le soulagement immédiat des ménages et des PME, et parmi les premiers projets de loi devaient être présentés par l'opposition est pour l'introduction de la représentation proportionnelle et de changer la loi ...

    Avertissement aux ministres. "Nous ne permettrons pas à convertir cette police à la Chambre de Siloé" était la phrase avec laquelle Alexis Tsipras a mis en garde le gouvernement qui n'est pas considéré comme «passé - oublié» les scandales de la période précédente. "Le règlement extrajudiciaire de Siemens ne nous engage pas" a-t-il dit, et a fait des références spécifiques au secret des dépenses du Département d'Etat, la pression économique sur les procureurs et les ELSTAT et comment nous sommes arrivés à le MoU pour lequel l'élection lalistatos Samaras a dit pas un mot dans son programme.

     

    La crise de la jeunesse grecque a ses représentants avec SYRIZA MCM à la chambre des députés  

    Kosta Barka (Preveza), Irene Agathopoulou (Kilkis), Panagiota Dritseli (Trikala), Alexander Meikopoulo (Magnésie), Vassilis Diamantopoulos (Kastoria) : "La communauté a soif de nouveaux visages impérissables. Fatigué de vieux politiciens qui ont été impliqués dans des scandales.". C'est ce qu'ont dit cinq des plus jeunes membres de la SYRIZA MCM, tous entre 27 et 32 ans. Des âges qui jusqu'à aujourd'hui n'étaient pas habituel pour les députés, sans parler de la gauche. Leur âge, mais l'expérience des lieux de travail, se rapprochant ainsi de la nouvelle génération qui est touchée par la crise économique et les situations de chômage bien et vous le savez, et non des foyers politiques. Trouvé à la Chambre, après une hausse significative de SYRIZA électorale MCM et les élections 71 députés, mais le choix radical de plusieurs comtés provinciaux d'envoyer à la Chambre.

    B. Diamantopoulos de Kastoria, 32 ans, avant son élection, a travaillé comme technicien à l'OTE (indépendant élu); P. Dritseli de Trikala, 30, est chercheur (anentachti); Al. Meikopoulos de Magnésie, âgé de 28 ans, qui, avant son élection, a travaillé comme employé dans une cafétéria, tout en faisant sa maîtrise en histoire contemporaine (État COC); RIE. Agathopoulou de Kilkis, 27, pharmacien (anentachti) et K. Barkas de Preveza, 31, journaliste de la "Dawn" jusqu'à l'élection (Jeunesse PLUS).
     

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  • Par Bernard Cassen

     
    Telle une machine infernale, la crise européenne échappe à toute possibilité de prévision au-delà de quelques jours. Ainsi, dès le lendemain de l’annonce d’une injection de 100 milliards d’euros pour la recapitalisation de son système bancaire au bord de l’écroulement, l’Espagne n’avait pu placer ses obligations qu’à des taux prohibitifs (près de 7 %) et sa note avait été brutalement dégradée par l’agence Moody’s. Au lendemain du prétendu « succès » du Conseil européen tenu à Bruxelles les 28 et 29 juin, où Madrid a obtenu que les montants nécessaires à cette recapitalisation opérée par le Fonds européen de stabilité financière (FESF) – qui va passer le relais au Mécanisme européen de stabilité (MES) – ne soient pas comptabilisés dans sa dette publique, les rendements exigés pour les obligations espagnoles s’élevaient encore à 6,25 %. Le garrot s’est à peine desserré et l’étranglement n’est que reporté.

    Bien qu’ils tentent de donner l’impression de ne pas céder à la panique, tous les gouvernements européens constatent que, face aux assauts des marchés financiers (qu’ils veulent à tout prix ménager), ils ne contrôlent plus grand chose. Pour se rassurer, ils se contentent chaque jour de répéter, presque sous la forme de slogans, ce qu’ils ont dit la veille, même si leur discours n’a aucun impact sur la réalité.

    Ainsi le gouvernement d’Angela Merkel – avec la « troïka » constituée par la Banque centrale européenne (BCE), la Commission européenne et le Fonds monétaire international (FMI) – continue imperturbablement à exiger de ses partenaires des mesures d’austérité qui ont déjà plongé la Grèce, l’Irlande, le Portugal et l’Espagne dans la récession et dans un désespoir social potentiellement explosif. De son côté, le président français, François Hollande, tout en affirmant sa volonté de rigueur budgétaire – qui va se traduire par des coupes drastiques dans les budgets publics que n’aurait pas désavouées Nicolas Sarkozy – , réclamait en même temps des mesures européennes destinées à favoriser la croissance. Comme si ces deux politiques contradictoires pouvaient être menées simultanément, et surtout comme si le calendrier d’une éventuelle croissance – qui devrait s’étaler sur des semestres ou des années – était compatible avec les échéances politiques et financières qui, notamment pour la Grèce, se mesurent en semaines et au maximum en mois !

    A cet égard, les résultats du récent Conseil européen vont donner lieu à une vaste opération de bourrage de crâne de l’opinion publique française. Pour faire ratifier un pacte budgétaire qui ligote les gouvernements de la zone euro, François Hollande va prétendre qu’il a obtenu en contrepartie un « pacte de croissance ». En fait, il s’agit de la compilation de mesures déjà dans les tuyaux de la Commission européenne et qui ne touchent en rien à l’essentiel, à savoir le rôle de la BCE et la mutualisation des dettes souveraines des Etats. Sur ces questions cruciales, Angela Merkel n’a pas cédé d’un pouce et doit bien sourire en entendant les cocoricos, pas très discrets, des entourages présidentiel et ministériels parisiens…

    La réalité se situe ailleurs : sans qu’ils veuillent jamais poser publiquement en ces termes une question relevant du crime de lèse-majesté européenne, les gouvernements – et la quasi totalité des oppositions – sont pris en otages par l’impératif politique de « sauver l’euro ». Ils sont confrontés à l’absurdité d’une politique monétaire européenne unique pour des économies nationales très dissemblables. Les plus faibles n’ont plus la capacité de procéder à des ajustements – des dévaluations concertées – qui auraient été possibles avec une monnaie commune européenne articulée à des monnaies nationales. Mais comment, en restant dans le paradigme idéologique actuel, sortir de cette impasse sans provoquer de catastrophes ? Nul ne le sait vraiment.

    Dans cette situation d’incertitude, un thème commence à émerger subrepticement dans le débat public : celui d’un « saut fédéral » en matière budgétaire et fiscale. Il ne manque pas de logique apparente : puisque l’euro et les dettes publiques nationales ont une dimension systémique européenne, pourquoi ne pas prolonger la gestion de la politique monétaire unique (déjà assurée par la BCE) par une gestion de politiques budgétaires et fiscales - également uniques - assurée par une sorte de ministre des finances européen ?

    Sans surprise, les partisans de cette thèse occultent délibérément la question fondamentale, celle du contenu de ces politiques. Dans le rapport de forces actuel, il s’agit en fait d’imposer à tous les Etats celles actuellement conduites par la « troïka » : baisse des salaires et des retraites, bradage des entreprises publiques, démantèlement de la protection sociale. Une véritable régression « civilisationnelle » dont la droite et le capital rêvent depuis des décennies, mais que la divine surprise de la crise leur permet de mettre en place au nom de l’ «Europe». Si les décisions structurantes de la vie des sociétés européennes sont ainsi placées hors de la capacité d’intervention des citoyens, on peut alors se demander à quoi serviraient encore des élections….

    Il est significatif que François Hollande ait annoncé que le pacte budgétaire européen serait prochainement soumis à ratification non pas par le peuple souverain, via un référendum, mais par un Parlement docile. Exactement ce qu’avait fait Nicolas Sarkozy pour faire adopter le traité de Lisbonne – clone du Traité constitutionnel européen – en tournant en dérision la volonté populaire exprimée par le « non » du 29 mai 2005. Une belle continuité qui ramène à ses justes proportions le fameux « changement » promis pendant la campagne électorale…


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  • Michel Husson, juin 2012  
     
     

    Economie politique du « système-euro »

    Cet  article  cherche  à  montrer  comment  la  crise  actuelle  de  la  zone  euro  renvoie  aux  défauts originels de conception du « système-euro » dont les contradictions, révélées par la  crise  financière,  sont  de  nature  structurelle.  Cette  démonstration  est  menée  en mobilisant  une  méthodologie  statistique  et  analytique  qui  donne  à  cette  étude  un caractère  « technique ».  Mais  c’est  une  étape  nécessaire  pour  déboucher  sur  un diagnostic  plus  solide  sur  les  issues  possibles  de  la  crise  actuelle,  ou  plutôt  de  sa dimension  spécifiquement  européenne.  Cette  crise  a  des  racines  plus  profondes  que  le symptôme dans lequel elle s’incarne, à savoir une crise des dettes souveraines. Dès lors, il n’existe que deux issues apportant une réponse adaptée à la nature structurelle de la crise  européenne :  soit  l’éclatement  du  système-euro, soit sa  refondation  radicale.  Les autres  se  bornent  à  étaler  les  contradictions  dans  le  temps  ou  à  programmer  une  régression socialement inacceptable.
     
    Le système-euro désigne ici l’ensemble constitué par la monnaie unique et les règles qui ont  accompagné  sa  mise  en  place  (dont  la  plupart  concernent  l’ensemble  de  l’Union européenne),  notamment  le  pacte  budgétaire,  les  fonctions  imparties  à  la  Banque Centrale   Européenne   (BCE),   l’étroitesse   du   budget   européen   et   le   refus   de l’harmonisation.  
     
    L’analyse  porte  sur  onze  pays,  à  savoir  les  pays  membres  de  la  zone  euro  dès  sa constitution en 1999, dont on exclut le Luxembourg et auxquels on ajoute la Grèce, qui l’a intégrée en 2001 1 . On distingue deux grands groupes de pays 2 . Le « Nord » regroupe
    cinq  pays :  Allemagne,  Autriche,  Belgique,  Finlande  et  Pays-Bas.  Le  « Sud »  comprend l’Espagne, la Grèce, l’Irlande, l’Italie et le Portugal. Le onzième pays est la France que l’on met à part dans la mesure où elle occupe le plus souvent une position intermédiaire.  
     
     
    1. Une construction incohérente
     
    Le  passage  à  l’euro  était  assortie  de  deux  règles  essentielles :  la  fixation  de  normes budgétaires (3 % du Pib pour le déficit, 60 % pour l’encours de la dette) et les modalités de fonctionnement de la BCE : indépendance, un seul objectif (le contrôle de l’inflation) et  interdiction  de  financer  les  déficits  publics.  Dans  ces  conditions  où  l’instrument  du taux de change disparaissait, la seule variable d’ajustement devenait le salaire, et c’est d’ailleurs  pourquoi  on  parle  aujourd’hui  de  « dévaluation  interne »  pour  désigner  les politiques d’austérité salariale.  
     
    Cette  construction  reposait  sur  une  hypothèse  sous-jacente,  qu’un  certain  nombre d’économistes récusaient à l’époque, et que beaucoup ont découvert sur le tard. Cette hypothèse était que les disciplines budgétaires et salariales, assorties de la libéralisation des mouvements de capitaux, suffiraient à assurer la convergence des économies parties prenantes de la zone euro.

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    Euro-austérité et euro-fédéralisme : HOLLANDE « POLDERISé » par ANGELA MERKEL 

      

    Pour se démarquer électoralement de Sarkozy, Hollande a su faire entendre des accents presque patriotiques... Avec lui, la France, totalement alignée sur la RFA par l’Union Maastrichtienne Patronale (UMP) allait retrouver sa dignité ; l’Europe allait devenir « sociale » et la croissance de l’emploi allait enfin primer sur l’austérité... 

    Il n’aura fallu qu’un « sommet » européen pour qu’éclate le caractère mensonger de ce patriotisme et de ce « socialisme » de parade. 

    Avant même que le sommet européen n’eût commencé, Ayrault avait déjà envoyé des lettres de « recadrage » aux ministères. A l’exception de la justice, de la police et de l’Education nationale – où les contre-réformes Chatel vont bon train sous le pilotage de V. Peillon* – l’ensemble des services publics, déjà saignés à blanc par Sarkozy, va subir de nouvelles coupes claires ; il serait même question d’y mettre en place la règle du non-remplacement de deux fonctionnaires sur trois partant à la retraiteQuant au SMIC, son augmentation est ridicule alors que tant d’ouvriers ne peuvent plus se rendre à leur travail avec leur véhicule étant donné l’augmentation vertigineuse des carburants… 

    Plus structurellement, Hollande a accepté que la revendication impériale de Berlin – le contrôle « européen » (en réalité, allemand) sur les budgets « nationaux » – s’alourdisse  sensiblement. Le Mécanisme européen de stabilité prévoyait déjà que les budgets nationaux soient soumis à la Commission européenne avant d’être présentés aux députés français transformés en euro-potiches ; comme si cet attentat inouï contre la dignité du parlement ne suffisait pas, Hollande vient d’avaliser le principe d’un contrôle PERMANENT de Bruxelles – en réalité de Berlin – sur les budgets nationaux. Car c’est la RFA, non endettée par définition (et pour cause : l’euromark a été entièrement conçu pour dynamiser l’export allemand tout en plombant l’exportation des autres pays de la zone euro !), qui obtiendra ce droit de regard via Bruxelles, alors que tous les autres Etats devront régulièrement présenter leur carnet de notes aux financiers de Francfort. Ainsi, non seulement Hollande bafoue – après Sarkozy – le « non » français à la constitution européenne, mais le blanc-seing sans précédent qu’il vient de consentir à Merkel frappe la souveraineté française en plein cœur : les députés PS qui voteraient cette nouvelle forfaiture, qui « dé-constitue » littéralement la France, devront tôt ou tard rendre raison de leur félonie devant le peuple souverain !** 

    Il serait cependant faux de présenter les choses comme une victoire de « l’ » Allemagne sur « la » France. Ce qui pousse Hollande, après Sarkozy, Chirac et Mitterrand, à attaquer les services publics, à bloquer de fait les salaires, à transformer peu à peu la « République française » en une coquille vide, c’est l’allégeance de la droite et de la social-eurocratie « française » à l’oligarchie euro-hexagonale. Aux « marchés financiers » d’abord, auxquels le « sommet » européen a donné satisfaction sur toute la ligne : à court terme, c’est sauvetage des banques espagnoles et garantie « européenne » accordée aux banques françaises sur le dos des contribuables (et surtout, sur le dos des « contributeurs nets », dont fait partie la France puisque notre pays donne chaque année sans retour 9 milliards d’euros à l’Europe!). La prétendue « mutualisation des dettes » qui se met en place brade l’avenir la nation contre la sauvegarde à court terme des profits de l’oligarchie. En effet, pour que les BANQUIERS « français » obtiennent un semblant de parapluie bancaire allemand, les CONTRIBUABLES FRANÇAIS paieront pour sauver les BANQUIERS d’Europe du Sud alors que les peuples grec, portugais, italien et espagnol sont strangulés par ces mêmes « banksters ». 

    Mais au-delà des « marchés financiers », l’inspirateur de cette capitulation nationale et sociale de François Hollande est le MEDEF et le grand patronat du CAC-40. Il suffit en effet de lire le manifeste du MEDEF intitulé Besoin d’airE pour constater que le MEDEF a cyniquement décidé de mettre un point final à l’histoire de France en réclamant pêle-mêle : 

    ·               la « reconfiguration des territoires » (et la proposition du PS de faire un nouveau pas vers la régionalisation du territoire va dans ce sens, de même que la décision de Hollande de ratifier la dangereuse « Charte européenne des langues minoritaires et régionales » qui vise à diviser le territoire national sur des bases ethnolinguistiques) ; 

    ·               l’abandon de la langue française au profit du tout-anglais à l’entreprise et dans tous les lieux de « prestige », 

    ·               les « transferts de souveraineté » vers les Etats-Unis d’Europe et par-dessus tout, 

    ·               la mise en place d’une « nouvelle patrie : les Etats-Unis d’Europe ».

      

    Bref, pour élargir sa chasse aux profits à l’échelle de l’Union transatlantique sous protectorat germano-américain, l’impérialisme « français » liquide la nation et la République en désossant les acquis majeurs de la Révolution française et du CNR ! 

    Bien entendu, l’UMP applaudit : les forêts de drapeaux tricolores, c’était juste pour exciter le « peuple de droite » contre la « viande hallal » et les cohortes de « femmes voilées » qui menacent si terriblement notre pays (sic)… Bref, l’autophobie nationale et la xénophobie d’Etat – avec lesquelles M. Valls semble peu désireux de rompre – marchent de concert : l’objectif de classe poursuivi par l’oligarchie est de casser la France tout en dévoyant le sentiment patriotique blessé contre le TRAVAILLEUR étranger tout en dédouanant la FRANCALLEMAGNE du CAC-40 ! Déjà dans les années trente, la « France » patronale avait fait le « choix de la défaite »*** dans le but de mater la classe ouvrière française (« plutôt Hitler que le Front populaire » - sic) et de briser l’URSS en se mettant à la remorque de ce grand Européen d’Adolf Hitler… Si les vrais démocrates n’y veillent pas, notre pays et sa classe travailleuse risquent d’être broyés dans l’étau politique que forment, d’un côté, l’UM’Pen en gestation derrière Copé et le « rassemblement bleu marine », de l’autre, le Parti Maastrichtien Unique à deux têtes, dont l’une est le Parti « socialiste » maastrichtien et l’autre, la droite pseudo-« républicaine »… 

    Plus que jamais la question est posée aux dirigeants ET AUX MILITANTS DE BASE du Front de Gauche : vont-ils continuer à clamer, comme l’ont fait jusqu’ici Mélenchon et P. Laurent (le président en titre du Parti de la Gauche Européenne subventionné par Bruxelles) que « l’Europe est à nous » (sic) et que « l’euro est notre monnaie » (re-sic) ? Ou bien vont-ils accepter de dialoguer avec ceux qui, joignant le drapeau rouge des ouvriers au drapeau tricolore de la nation républicaine, veulent clairement SORTIR de l’EURO et de l’EUROPE pour reconstituer les acquis du CNR, quitte à rompre avec la domination du grand capital ? 

    Face au démontage accéléré de la nation, les vrais républicains doivent passer à l’action ensemble. A nouveau le PRCF propose de faire en sorte que tous les PATRIOTES, ANTIFASCISTES ET PROGRESSISTES interpellent solennellement ensemble le peuple français au mois de septembre 2012 qui coïncide avec le 20ème anniversaire du Non au traité de Maastricht et avec le 220ème anniversaire de la bataille de Valmy qui fonda la République en brisant l’armée des monarques européens. 

    Sarkozy a été battu et tant mieux. Mais n’attendons rien de Hollande et de son équipe qui rampent devant le MEDEF, les « marchés » et l’Allemagne capitaliste. Le changement ne viendra que des luttes se fédérant à l’échelle nationale et internationale. 

    Dans nos syndicats comme dans nos partis politiques, ouvrons le débat que les directions euro-formatées s’emploient à étouffer : oui ou non « le sauvetage de LEUR euro et de LEUR Europe vaut-il la mise à mort de la République française, du « produire en France », des services publics, de la protection sociale et du pouvoir d’achat des salaires ? Tant que le mouvement ouvrier, populaire et républicain n’aura pas clairement répondu NON, mille fois NON, à cette question existentielle, notre pays et ses acquis sociaux continueront d’agoniser dans le bain d’acide sulfurique de l’UE capitaliste et de son maudit euro ! 

    Dans l’immédiat, le PRCF propose à tous ceux qui partagent les grandes lignes de cette analyse de condamner ensemble les résultats du sommet de Bruxelles en appelant à une nouvelle résistance populaire ! 

    Redisons pour finir ce que clamait le PCF clandestin de Maurice Thorez, Jacques Duclos et Benoît Frachon le 10 juillet 1940 : JAMAIS, NON JAMAIS, LE PEUPLE DE FRANCE NE SERA UN PEUPLE D’ESCLAVES ! 

     

    La Commission Exécutive nationale du Pôle de Renaissance Communiste en France

     

      

    *les syndicats enseignants auraient bien tort d’accorder un « état de grâce » à V. Peillon : déshabiller tous les services pour créer 60 000 postes en cinq années, alors que la droite a supprimé 100 000 postes dans l’enseignement (surtout secondaire), c’est la certitude d’isoler le corps enseignant des autres fonctionnaires alors que seul le « tous ensemble » du public et du privé peut sauver le monde du travail !

      

    ** Pour mesurer le recul de civilisation, rappelons que c’est par la revendication du droit du peuple (en fait, des bourgeoisies nationales) à voter souverainement les budgets et les impôts que la bourgeoisie révolutionnaire avait engagé la lutte contre l’Ancien Régime à la fin du Moyen Âge…

      

    ***Cf. le livre d’Annie Lacroix-Riz, Le choix de la défaite.


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  • Un commissaire européen s’essuie les pieds sur le Parlement

    L'Europe comme elle va : un vaste marché géré pour le compte des spéculateurs par des commissaires européens.

    La démocratie en Europe est un slogan plus qu'une réalité. Les différents traités imposés aux peuples d'Europe sans leur consentement ou contre leur vote (Traité de Lisbonne rejeté par français, hollandais et irlandais) sont un exemple de la manière dont cette Europe des marchands considère la voix du peuple : une caution quand elle va dans le sens de leurs intérêts.

    A la tête de cette Europe, il y a des Commissaires européens, des commissaires politiques, comme du temps de l'Union soviétique, chargés de veiller à ce que la ligne idéologique de l'Europe soit respectée. Il ne s'agit pas de socialisme en Europe, pas du tout ! Ces commissaires européens sont là pour défendre le capitalisme dans sa version la plus radicalement libérale, celle qui ouvre en grand les portes des marchés et soumet les travailleurs à une concurrence acharnée entre eux.

    Ces commissaires européens sont nommés par les états mais n'ont de compte à rendre à personne. Ils ne sont pas désignés par les peuples, ils ne sont pas élus et ne peuvent donc pas être renvoyés par les électeurs dans le cadre d'une élection. Ils sont au dessus du peuple, au dessus des parlements, au dessus de la démocratie.

    L'exemple des négociations européennes autour de l'ACTA en sont la parfaite illustration avec un commissaire européen qui annonce que, malgré l'opposition des députés européens (élus, eux !), la Commission de Bruxelles signera le traité.

    "Cause toujours !" comme le rappelle le site "L'Informaticien" :

    Le commissaire européen Karel de Gucht, fervent défenseur du traité ACTA, indique qu’il ignorera purement et simplement le rejet du texte par le Parlement qui devrait avoir lieu la semaine prochaine. L'ACTA est un Accord anticontrefaçon très critiqué et poussé par les majors américains.

    On connaît l’adage qui dit que la dictature c’est «ferme ta g…l»  alors que la démocratie «c’est cause toujours». Le commissaire belge (chargé du commerce) Karel de Gucht vient d’en fournir une brillante illustration.

    Selon notre confrère Glyn Moody, M. de Gucht s’exprimait voici quelques jours suite au rejet (le 5ème) du traité par la commission ad-hoc. Ses propos, brefs, sont pourtant sans ambigüité.. « Si vous décidez d’un vote négatif avant que La Cour européenne ne statue, laissez-moi vous dire que la Commission continuera cependant à poursuivre la procédure actuelle devant la Cour de Justice, comme nous y sommes engagés. Un vote négatif ne stoppera pas la procédure devant la Cour de Justice. ». Vous l’aurez compris : l’avis du Parlement Européen – les représentants du peuple européen – compte pour du beurre.

    Rappelons d’ailleurs que le contenu du projet a mis très longtemps à être connu des représentants élus, la commission gardant le secret le plus longtemps possible. Un avis négatif de la Cour de Justice européenne quant à la conformité du traité par rapport aux lois européennes ne fait pas plus peur que cela au Commissaire. « Si la Cour pose des questions sur la conformité de l’accord avec les Traités, nous évaluerons à ce stade comment cela peut être pris en compte ». Autrement dit : même pas peur !

    Françoise Castex, députée socialiste européenne en pointe dans le combat contre ACTA, condamne fermement cette attitude. « Non seulement, c’est une méconnaissance des traités européens mais cela témoigne en plus d’un mépris du Parlement européen. De manière générale, la volonté de la commission de ne pas associer le Parlement aboutit à ce résultat. Depuis le début, nous avons demandé plus de transparence. Si certaines de nos objections avaient été entendues, nous n’en serions pas là aujourd’hui. Cette logique d’associer systématiquement la contrefaçon au téléchargement illégal est complètement stupide. Faire croire que la répression et le filtrage allaient mettre fin au téléchargement illégal est ridicule ».

    A l’heure où les citoyens européens dans leur ensemble manifestent de plus en plus leur défiance contre l’Europe et tout particulièrement la Commission, la posture du commissaire de Gucht ne peut que contribuer à renforcer cette défiance. Signalons par ailleurs que M. de Gucht se retrouve actuellement au cœur d’une affaire fiscale qui ne devrait pas contribuer à renforcer son crédit. L’inspection spéciale des impôts de Belgique vient de conclure voici quelques jours que Karel de Gucht avait omis de déclarer voici quelques années une plus-value d’environ 1,2 million d’euros ce que ses avocats contestent.

    Ce n'est pas la première fois que les liens entre firmes privées et commissaires européens viennent perturber la "lecture" des choix de ces commissaires, comme le fait que des commissaires qui quittent leur fonction se retrouvent par la suite dans des multinationales (privées) des secteurs qu'ils géraient. Ambigü.

    L'Europe ne fait plus rêver.

    L'Europe ne protège pas ses citoyens, elle ne crée pas de prospérité, elle sert uniquement à contourner les souverainetés nationales au profit des tenants de la mondialisation capitaliste.

    La démocratie et la nation sont des cadres dangereux pour les capitalistes car ce sont dans ces cadres que s'organisent les peuples et les classes populaires. C'est dans le cadre des états-nations qu'ont été acquis les droits sociaux, les services publics et les législations du travail.

    Détruire les cadres nationaux et imposer un capitalisme dur par en haut, ce sont les fonctions de l'Europe depuis les années cinquante et la création de la Communauté Economique du Charbon et de l'Acier puis de la Communauté Economique Européenne.

    Le repli nationaliste n'est pas non plus une solution aux problèmes des peuples d'Europe.

    Face à une Europe technocratique au service du capitalisme, les peuples d'Europe ont besoin de reprendre leurs destins en main, certes, mais dans un esprit de collaboration et de solidarité entre eux, pour construire un autre modèle économique, quir especte les souverainetés et les intérêts de chaque peuple.

    D'une Europe technocratique et libérale, passons à une Europe démocratique et solidaire !

    C'est le projet des communistes et de leurs partenaires européens, communistes ou non.

    http://andree-oger-pour-deputee.over-blog.com/


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  • Allélouiha, nos grands de cet ancien monde ont enfin résolu tous les problèmes…

    J’ai bien aimé les commentaires dans la presse :

    Une analyse détaillée est donc nécessaire.

    Voici la déclaration du sommet de la zone euro (ça tient sur une page, ils ne se sont pas cassés…), pour une fois en français…

    C’est la plus intéressante. Il y a aussi les conclusions du sommet, mais comme la première phrase est “L’Union européenne continuera à faire tout ce qui est nécessaire pour remettre l’Europe sur la voie d’une croissance intelligente, durable et inclusive.“, c’est sans aucun intérêt.

    La déclaration

    • Nous affirmons qu’il est impératif de briser le cercle vicieux qui existe entre les banques et les États. La Commission présentera prochainement des propositions sur la base de l’article 127, paragraphe 6, concernant un mécanisme de surveillance unique. Nous demandons au Conseil d’examiner ces propositions d’urgence d’ici la fin de 2012. Lorsqu’un mécanisme de surveillance unique, auquel sera associée la BCE, aura été créé pour les banques de la zone euro, le MES pourrait, à la suite d’une décision ordinaire, avoir la possibilité de recapitaliser directement les banques. Cette possibilité serait soumise à une conditionnalité appropriée, y compris quant au respect des règles relatives aux aides d’État, qui devrait être spécifique à chaque établissement, à chaque secteur ou concerner l’ensemble de l’économie, et qui serait formalisée dans un mémorandum d’accord. L’Eurogroupe examinera la situation du secteur financier irlandais en vue d’améliorer encore la viabilité du programme d’ajustement, qui donne de bons résultats. Les cas similaires seront traités de la même façon.
    • Nous demandons instamment la conclusion rapide du mémorandum d’accord joint à l’aide financière accordée à l’Espagne pour la recapitalisation de son secteur bancaire. Nous réaffirmons que l’aide financière sera fournie par le FESF jusqu’à ce que le MES devienne opérationnel, et qu’elle sera ensuite transférée à ce dernier, sans obtenir de statut prioritaire.
    • Nous affirmons notre ferme détermination à faire ce qui est nécessaire pour assurer la stabilité financière de la zone euro, notamment en ayant recours aux instruments existants du FESF/MES de manière souple et efficace afin de stabiliser les marchés pour les États membres qui respectent leurs recommandations par pays et leurs autres engagements, y compris leurs calendriers respectifs, dans le cadre du semestre européen, du pacte de stabilité et de croissance et de la procédure concernant les déséquilibres macroéconomiques. Ces conditions devraient être consignées dans un mémorandum d’accord. Nous nous félicitons que la BCE ait accepté de servir d’agent pour le FESF/MES aux fins de la conduite des opérations de marché de manière effective et efficace.
    • Nous chargeons l’Eurogroupe de mettre en œuvre ces décisions pour le 9 juillet 2012 au plus tard.

    L’analyse / commentaire

    Nous affirmons qu’il est impératif de briser le cercle vicieux qui existe entre les banques et les États.

    Bon, ça c’est bien. Mais juste, le meilleur moyen serait bien d’interdire aux banques d’acheter de la dette publique, ou je me trompe ? Ils ont oublié de le décider…

    La Commission présentera prochainement des propositions sur la base de l’article 127, paragraphe 6, concernant un mécanisme de surveillance unique.

    = on va créer une structure unique de surveillance des banques en Europe.

    Cool.

    Ca existait juste déjà : l’Autorité Bancaire Européenne, créée le 1er janvier 2011… Mais chuuut, faut pas le dire…

    En résumé : le système bancaire est à genoux, donc les 17 régulateurs nationaux ont échoué, mais tadaaa, on crée un bidule plein de technocrates à Bruxelles (qui va forcément s’appuyer sur les 17 régulateurs), et là, ça va super bien marcher…

    Et puis si par miracle ça marche, ça repoussera au pire la prochaine crise – le problème est qu’on n’arrive pas à gérer celle-là… Il n’y a qu’à voir l’incapacité à séparer proprement les activités bancaires pour se rendre compte de l’absence de volonté de protéger l’argent des clients et des contribuables…

    Nous demandons au Conseil d’examiner ces propositions d’urgence d’ici la fin de 2012.

    Fin 2012 ? Pfiouuu, une chance qu’ils aient demandé l’urgence…

    Lorsqu’un mécanisme de surveillance unique, auquel sera associée la BCE, aura été créé pour les banques de la zone euro,

    Alors, quel jour tombe la St Glinglin en 2012 ?

    Par ailleurs, pour éviter le mélange des genres, il est évident que le mécanisme (c’est bizarre cette novlangue de mécansime au passage, moi, je vais dire bidule du coup) ; donc le bidule ne devrait surtout pas être associé à la BCE. En effet, ayant prêté 1 000 Md€ aux banques, elles n’est évidemment en rien objective. Autant confier l’Autorité de Sécurité Nucléaire à EDF…

    le MES pourrait

    c’est “pourrait”, hein, du genre “si la demande est bien réalisée un 29 février sur du papyrus de Haute Nubie du Ier millénaire avant JC….”

    “, à la suite d’une décision ordinaire, avoir la possibilité de recapitaliser directement les banques.”

    D’accord, le bidule, pardon, le bidule précédent, le MES, peut recapitaliser les banques.

    Alors, je lis bien. Ce n’est pas “prêter aux banques”, c’est “recapitaliser”, donc fournir du capital, donc devenir actionnaire, et donc diluer les actionnaires existants et porter le risque de non remboursement…

    Bon, je cesse l’ironie, on va probablement remettre des fonds publics dans le tonneau des Danaïdes bancaires sans sanctionner qui que ce soit…

    “Cette possibilité serait soumise à une conditionnalité appropriée, y compris quant au respect des règles relatives aux aides d’État, qui devrait être spécifique à chaque établissement, à chaque secteur ou concerner l’ensemble de l’économie, et qui serait formalisée dans un mémorandum d’accord.”

    Ah Angela, on te reconnait bien là…

    “L’Eurogroupe examinera la situation du secteur financier irlandais en vue d’améliorer encore la viabilité du programme d’ajustement, qui donne de bons résultats. Les cas similaires seront traités de la même façon.”

    TOUT VA BIEN !

    Enfin, sauf que ce n’est peut-être pas viable, mais bon…

    Nous demandons instamment la conclusion rapide du mémorandum d’accord joint à l’aide financière accordée à l’Espagne pour la recapitalisation de son secteur bancaire.

    Comme il s’agit d’une négociation entre lesdits États, cette phrase est assez pitoyable…

    “Nous réaffirmons que l’aide financière sera fournie par le FESF jusqu’à ce que le MES devienne opérationnel, et qu’elle sera ensuite transférée à ce dernier, sans obtenir de statut prioritaire.”

    Donc ce sont les anciens bidules qui vont fournir l’argent, sans garantie d’être remboursés les premiers en cas de problème – encore un cadeau aux marchés financiers au détriment du contribuable…

    Nous affirmons notre ferme détermination à faire ce qui est nécessaire pour assurer la stabilité financière de la zone euro,

    Excusez-moi, je vais rigoler 5 minutes, et je reviens…

    “notamment en ayant recours aux instruments existants du FESF/MES de manière souple et efficace afin de stabiliser les marchés pour les États membres qui respectent leurs recommandations par pays et leurs autres engagements, y compris leurs calendriers respectifs, dans le cadre du semestre européen, du pacte de stabilité et de croissance et de la procédure concernant les déséquilibres macroéconomiques. Ces conditions devraient être consignées dans un mémorandum d’accord.”

    = peut-être bien que le MES va aider les États en difficulté en achetant de leur dette, mais bon, on n’en n’est pas sûr, hein, on verra…

    “Nous nous félicitons que la BCE ait accepté de servir d’agent pour le FESF/MES aux fins de la conduite des opérations de marché de manière effective et efficace.”

    Bah oui, félicitations ! “La faillite, nous voilà” !

    Seul point positif au demeurant : on va ainsi faire cesser les achats de dette par la BCE – qui a suffisamment d’actifs pourris comme ça. Je suis très heureux, car on pourra ainsi mettre les gogos qui prêteront au MES face à leur responsabilité d’investisseur quand il faudra restructurer tout ceci…

    Conclusion

    Bon, donc tout ça pour dire que le futur MES va recapitaliser les banques en déroute, voire acheter de la dette publiques de l’Espagne et de l’Italie.

    Rappelons que le souci est que, n’ayant pas confiance, les épargnants rechignent à prêter aux États du Sud, car il y a plus de risques, et demandent donc des intérêts plus élevés pour le faire – ce qui est bien logique… (personnellement je ne prête pas à 2 % au Mali par exemple). Et comme les États ont dû aider les banques, cela a alourdi leur dette…

    Alors que font les États ? Et bien ils créent un bidule public, le MES, qui va aller emprunter avec la garantie des États sur les marchés pour 1/ prêter aux banques 2/ prêter aux États.

    À ce stade, vous vous dites peut-être “mais, c’est très con ça !”.

    Mais n’ayez-crainte, en fait, c’est simplement que vous avez raison.

    Tout le monde est content avec ces pseudo mutualisations de dette et autre eurobonds, mais il y a juste un problème : PERSONNE ne sait à quel taux empruntera le MES dans 6 mois – et comme ce sera pour prêter à l’Italie, l’Espagne, Chypre, [to be continued, ça tombe comme à Gravelotte en ce moement] MAIS AUSSI Bankia, et peut-être Société Générale ou Crédit Agricole, ce sera en tous cas sans mon épargne, avis aux joueurs…

    foutage de gueule

    Il y a ainsi une pseudo externalisation fictive de la dette publique, encore un beau tripatouillage comptable d’engagements publics “hors bilan” qui devraient évidemment s’y trouver.

    Je suis impatient de voir comment la Cour Constitutionnelle allemande va réagir – aucun espoir pour la France vu le niveau de délabrement de la démocratie…

    Jolie voie vers la dégradation des notes des États en tous cas…

    Épilogue

    Bref, encore un beau flan européen, saupoudré de beaux copeaux d’enfumage, gage de nouvelles dettes rajoutées aux dettes actuelles déjà non remboursable, le jeu va donc continuer 3 mois de plus.

    Car la seule question qui vaille est bien entendu : “où trouver de l’argent“, et du vrai, donc pas de l’argent emprunté… .

    D’où ma conclusion pour ce sommet :

    foutage de gueule


    sommet européen juin 2012

    sommet européen juin 2012

    http://www.les-crises.fr/le-super-sommet-europeen/


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