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    Municipales en Belgique

    Peter Mertens, président du PTB

    Percée du PTB+ comme force émergente à gauche dans toute la Belgique

    Le PTB+ a obtenu un total de 31 conseillers communaux, 17 élus de districts (à Anvers) et 4 conseillers provinciaux (2 à Anvers, 2 à Liège). Le PTB+ devient ainsi la force émergente à gauche dans toute la Belgique.

    Service de presse du PTB+

    Avec 12 sièges communaux, le PTB+ perce dans l’agglomération liégeoise. Avec 4 conseillers communaux et 8 %, il fait une entrée remarquée au conseil communal à Anvers. Le PTB+ obtient ses premiers élus en région bruxelloise à Molenbeek et à Schaerbeek, et au Hainaut à Mons et à Charleroi (sous réserve des derniers résultats). Il confirme son élu à La Louvière. À Genk, le parti de gauche passe de 1 à 3 sièges avec 8,8 %. Le PTB+ confirme à Zelzate (Gand) avec 22 % et six sièges. Le parti avance aussi à Gand, Malines, Louvain et Namur avec ses scores approchant les 3 %.

    Avec 12 sièges communaux en région liégeoise, le PTB+ perce à Liège (6,5 %, 2 sièges), à Seraing (14 %, 5 sièges), Herstal (14 %, 4 sièges) et à Flémalle (6,3 %, 1 siège). « La Cité ardente est plus rouge ce soir », a déclaré Raoul Hedebouw, porte-parole du PTB+ qui rentre au conseil communal de Liège. « Nous devenons le deuxième parti à Seraing et Herstal et nous faisons notre entrée au conseil communal dans une grande ville wallonne. Nous avons pu imposer à l’agenda politique nos thèmes de campagne comme le logement, de l’emploi et la taxation des déchets. Et nous avons ressenti, parmi la population, le besoin d’un véritable parti de gauche, en paroles et en actes. Et avec l’appui du Parti communiste, avec l’élection d’un de leurs candidats à Seraing. »

    Avec 8 %, le PTB+ rentre au Conseil communal d’Anvers avec quatre élus et devient le quatrième parti de la métropole à égalité avec Groen! Peter Mertens, président du PTB+, qui menait la liste anversoise, a réagi devant une salle enthousiaste : « Nous pouvons être contents : il va enfin y avoir un parti à Anvers qui va mener une opposition sociale. Nous allons mener, dans les prochaines années, une opposition constructive, sociale, mais forte face au futur bourgmestre Bart De Wever. Le changement commence à Anvers ; nous devons transformer notre score en une organisation forte et en une pression venant de la base. En ce qui concerne le score de la Stadslijst du bourgmestre Janssens, elle ne doit s’en prendre qu’à elle-même. Annoncer, comme elle l’a fait, une semaine avant les élections, qu’Anvers ne fait pas face à une crise du logement, c’est être aveugle devant la réalité. Je suis heureux qu’à Anvers, nous allions avec quatre élus au conseil communal et 17 conseillers de districts pour construire une belle alternative de gauche, une opposition combative. »

    Le PTB+ remercie ses électeurs pour leur vote et ses membres pour leur engagement. Ce résultat a une signification nationale : si Bart de Wever veut faire de ce scrutin un tremplin vers 2014, si le gouvernement veut continuer sur la voie de l’austérité, le PTB+ a émergé comme une force qui s’engagera, et au niveau communal et au niveau national, dans une opposition sociale de gauche.

    Service de presse du PTB+


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  • La Jeunesse communiste portugaise (JCP) appelle les jeunes à rejoindre la lutte: « Pas un pas en arrière face à la troïka ! »


    logo-JCP.png

    « Pas un pas en arrière face à la troïka: l'Union européenne, la BCE et le FMI »

     

     

    Communiqué de la Jeunesse communiste portugaise (JCP)

     

     

    Traduction AC pour http://jeunescommunistes-paris15.over-blog.com/ et http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

     

     

    Depuis un an et demi, la jeunesse portugaise est confrontée à la plus importante attaque contre ses droits depuis la révolution d'Avril. A la suite de la signature du Pacte d'Agression entre les troïkas étrangère (FMI/UE/BCE) et nationale (PS/PS/PP), chaque jour est porteur de nouvelles mesures contre les jeunes portugais et leur juste aspiration à une vie pleine et émancipée.

     

    L'attaque est générale :ils augmentent les prix des biens essentiels, réduisent les salaires, dégradent les écoles, élitisent l'éducation avec les coûts de plus en plus importants d'accès, ils répandent le chômage, intensifient l'exploitation, généralisent la précarité, diffusent la faim et la pauvreté, mettent un terme aux pass étudiants pour les transports et augmentent les tarifs, diminuent les allocations sociales, gavent les groupes économiques et les banques de plusieurs millions d'euros d'aides, bradent les entreprises stratégiques du pays.

     

    Face à cela, la jeunesse, les travailleurs, et le peuple ont su répondre de la seule manière possible: par la lutte. Dans les écoles, les facs, les entreprises et la rue,la lutte est le seul outil qui a empêché que l'attaque soit encore plus profonde. C'est seulement avec ce courage qu'il a été, qu'il est et qu'il sera possible d'apporter cette réponse – transformer la révolte en protestation, transformer l'indignation en lutte.

     

    Un an et demi plus tard, la vie des portugais ne s'est pas amélioré, les problèmes que le PS et la droite présentent comme structurels (le déficit, la dette etc.) ne sont pas résolus, la situation est même pire qu'avant le Pacte. Aujourd'hui, plus que jamais, il se confirme que l'avenir des jeunes et de notre pays est incompatible avec le cap suivi jusqu'alorset avec un pays pieds et poings liés par l'accord signé avec la troïka étrangère.

     

    C'est dans ce contexte que la JCP appelle toute la jeunesse portugaise qui, par sa grande capacité de transformation, de créativité, d'énergie, fait de son quotidien une bataille permanente pour ses droits. Que l'école, la fac et le lieu de travail de tous, de chacun, soient une tranchée, et les rues soient les chemins qui nous conduiront à la victoire : la défaite du Pacte d'Agression, de sa politique, et du gouvernement qui la met en œuvre !

     

    Nous serons ensemble dans la grande manifestation de la CGTP-IN [NdT : la manifestation du 29 septembre qui a réuni plusieurs centaines de milliers de personnes à Lisbonne] et ensuite, dans nos écoles et entreprises, dans toutes les luttes, des plus petites aux plus grandes, que nous allons organiser !


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    Concert de casseroles des indignés à Madrid, protestations de plusieurs milliers de personnes à Lisbonne et dans d'autres villes.

    La péninsule ibérique a été samedi à la pointe des manifestations contre l'austérité.

    Au Portugal, les protestations ont pris un aspect festif et culturel avec la participation de nombreux artistes - comédiens, musiciens, chanteurs ou danseurs - notamment à Lisbonne où un podium a été installé sur la place d'Espagne, l'une des plus importantes de la capitale. "La culture est résistance, les artistes sont dans la rue", a été le principal mot d'ordre de cette manifestation dite "culturelle" qui devait se prolonger tard dans la soirée et à laquelle plusieurs milliers de personnes ont assisté.

    "La troïka (UE-FMI-BCE, ndlr) et le gouvernement dehors", clamait une grande banderole, "le Portugal en assez d'être volé et humilié", pouvait-on lire sur une petite affiche. D'autres manifestations ont eu lieu à Porto et Braga dans le nord.

    "Le gouvernement ne tient plus que par un fil. Plus vite nous le couperons, plus vite le gouvernement s'effondrera", a lancé le secrétaire général de la CGTP, Armenio Carlos. Après avoir admis qu'il ne pourrait respecter ses engagements de réduction du déficit public, le gouvernement portugais a obtenu de la "troïka" (UE-FMI-BCE) représentant ses créanciers un allégement de ses objectifs, mais en échange il lui a fallu s'engager à de nouvelles mesures d'austérité: hausse généralisée des impôts, avec en particulier un taux moyen devant passer de 9,8% cette année à 13,2% l'année prochaine.

    Dans le centre de Madrid environ 2.000 personnes ont manifesté à l'appel des "indignés", en scandant "Nous ne devons rien à personne, nous ne payerons pas", le tout accompagné d'un concert de casseroles. "L'idée, c'est de faire du bruit pour qu'ils nous entendent, mais nous savons déjà que ces dirigeants n'ont pas d'oreilles pour nous", expliquait Marita.

    Les protestataires, hommes et femmes de tous âges, certains avec leurs enfants, étaient partis du siège de la représentation de l'Union européenne (UE) dans la capitale espagnole pour parcourir le centre-ville et gagner la place de la Puerta del Sol, lieu emblématique du mouvement des "Indignés".


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  • Le Nobel de la paix attribué à une Union européenne en proie à la crise

     

    Le Nobel de la paix attribué à une Union européenne

    Signature des Traités de Rome, le 25 mars 1957

    Malgré la crise sans précédent qui la traverse, le prix Nobel de la paix a été attribué vendredi à l'Union européenne pour avoir "contribué pendant plus de six décennies à promouvoir la paix et la réconciliation, la démocratie et les droits de l'homme en Europe", a annoncé le comité Nobel. Pour le secrétaire national du PCF, Pierre Laurent : "Il n'y a pas lieu de redorer le blason d'une construction européenne dont l'échec est cuisant".

    "L'Union européenne et ses ancêtres contribuent depuis plus de six décennies à promouvoir la paix, la réconciliation, la démocratie et les droits de l'Homme en Europe", a déclaré à Oslo le président du comité Nobel norvégien Thorbjoern Jagland.

    Le président du Parlement européen, Martin Schulz, s'est dit "prodondément ému et honoré" après l'attribution du Nobel de la Paix à l'UE. "La réconciliation est l'essence même de l'UE. Cela peut être une source d'inspiration. L'UE est un projet unique qui a remplacé la guerre par la paix, la haine par la solidarité", a écrit Martin Schulz sur Twitter.

    Est-ce de l'humour noir ?

    "L'UE n'est pas une force de paix internationale, elle a même été, avec ses pays membres et l'OTAN, actrice des conflits internationaux majeurs de la période" déclare le secrétaire national du PCF, Pierre Laurent dans un communiqué. "La concurrence, l'austérité et les confiscations de souveraineté - illustrées aujourd'hui par le Traité budgétaire - conduisent à de nouvelles divisions des peuples, à leur appauvrissement et au désespoir" poursuit le numéro un communiste. "On comprend qu'elle n'ait pas reçu le prix nobel d'économie tant sa politique aggrave la crise et le chômage", ironise dans un communiqué le coprésident du Parti de gauche, Jean-Luc Mélenchon..

    Un continent plongé dans une cure d'austérité

    Créée par six pays en 1957 dans le cadre du Traité de Rome, la communauté européenne s'est progressivement développée pour représenter désormais 27 Etats, notamment avec l'élargissement dans les années 2000 vers les pays d'Europe de l'Est auparavant sous la tutelle de l'Union soviétique du temps de la Guerre froide.

    Le choix du comité Nobel peut surprendre en raison des difficultés économiques actuelles de l'UE, secouée par la crise des dettes dans la zone euro. Le continent est plongé dans une cure d'austérité drastique qui se traduit par de vives tensions sociales et des regains de nationalisme.

    La Norvège, où siège le comité du prix Nobel de la paix, a refusé à deux reprises d'intégrer l'Union européenne, en 1972 et 1994. Le pays, classé au premier rang de l'indice de développement humain établi par l'Onu, a prospéré en dehors de l'UE grâce notamment à ses richesses en hydrocarbures. Les cinq membres du Comité Nobel sont désignés par le parlement norvégien, où les différents partis représentés sont divisés sur l'hypothèse d'une adhésion à l'UE. Thorbjorn Jagland est lui-même un partisan d'une telle adhésion. Le prix sera officiellement remis le 10 décembre à Oslo.

    Le prix Nobel attribué vendredi à l'Union européenne salue "une formidable oeuvre de paix", a réagi vendredi l'un des pères de la construction européenne, Jacques Delors. Celui qui a présidé la Commission européenne de 1985 à 1994 et est aujourd'hui âgé de 87 ans, a souligné que l'Europe avait traversé bien des crises avant celle qui l'ébranle aujourd'hui. "Donc ça n'a jamais été facile mais je crois que si on prend de la distance, on s'aperçoit que c'est une formidable oeuvre de paix qui doit être complétée par davantage de coopération entre les Etats membres", a-t-il dit sur BFM-TV. "Je pense que le message est à la fois moral et politique. Il est moral dans la mesure où on salue des pays qui, renonçant à leurs attitudes d'hier, ont fait la paix entre eux et c'est aussi un message politique à un moment où, évidemment, il y a beaucoup de critiques, beaucoup de pronostics défavorables à l'Europe", a-t-il ajouté.


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  • Baltic-States-flags.jpg 

    Vingt ans après la restauration du capitalisme en ex-URSS

    Lettonie et Lituanie, l'émigration de masse comme seule issue à la faillite économique


     Traduction MA pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

     

    Alors que notre attention se focalise essentiellement sur les problèmes économiques et sociaux de l'Irlande, de la Grèce, de l'Espagne et de l'Italie, les États baltes de Lettonie et de Lituanie connaissent également des problèmes dramatiques. Avec une émigration s'élevant dans ces pays à près de 87 000 départs par an, l'élite politique des deux États baltes a découvert une méthode efficace pour lutter contre le chômage et pour réduire les budgets consacrés aux services publics : l'émigration.

     

    Si un certain nombre de personnes en âge de travailler sont contraints de partir trouver du travail à l'étranger, le taux de chômage et les budgets sociaux vont tous deux diminuer. Cette simple équation mathématique explique ce que les partisans des plans d'austérité saluent aujourd'hui comme le « Nouveau miracle balte ». Cette réalité, cependant, est un modèle reposant sur une contraction économique résultant des baisses de salaire. Dans le cas de la Lettonie, une baisse de l'ordre de 30% pour les employés du secteur public. Une série de « flat taxes » sur le travail s'élèvent à 59% en Lettonie, tandis que la taxe foncière n'est que de 1%.

     

    Les politiques néo-libérales ont désindustrialisé et démantelé les économies de la Lituanie et de la Lettonie, les criblant de dettes sans les rendre compétitives. Pourtant, les idéologues néo-libéraux ont claironné sur la bulle immobilière, en plein effondrement, qui a laissé leurs infrastructures de base entre les mains de kleptocrates, la présentant comme un exemple de réussite du système capitaliste.

     

    Vingt années de politiques néo-libérales, après la désintégration de l'Union soviétique, ont laissé les pays Baltes dans un piteux état. Les Baltes sont entrés dans un monde où les politiques néo-libérales étaient la norme dans le monde entier, et mises en place par les institutions financières mondiales – et par la suite intériorisées sous une forme encore plus dure par les décideurs baltes eux-mêmes.

     

    Juste avant la crise économique mondiale de 2008 et l'effondrement économique mondial, la presse financière louait les « tigres Baltes » pour avoir respecté scrupuleusement les règles imposées par les banquiers. Désormais, tout comme les jeunes Irlandais, les Lettons votent avec leurs pieds, avec des chiffres inédits, près d'1% de la population du pays quittant la Lettonie, dans un exode aux proportions bibliques.

     

    En réalité, les recenseurs Lettons ont été stupéfaits lorsqu'ils ont découvert que la population du pays avait diminué de 2,3 millions d'habitants à 1,9 millions entre 2001 et 2011.

     

    La situation était similaire ou même pire dans la Lituanie voisine, où l'émigration de masse, déclenchée par le début de la récession économique mondiale et l'effondrement de la bulle immobilière en 2008, menace désormais la viabilité future de cet État.

     

    Alors que la crise économique s'intensifiait, le taux de chômage est passé d'un niveau relativement bas de 4,1% à 18,3% au deuxième quart de 2010, avec une croissance concomitante de l'émigration de 26 600 en 2007 à 83 200 en 2010. Il s'agit des chiffres d'émigration les plus élevés depuis 1945, comparables uniquement à la dépopulation du pays pendant la seconde guerre mondiale. Depuis 1990, sur une population de près de 3,7 millions de personnes, 615 000 personnes ont quitté le pays. Les trois-quart d'entre eux étaient des jeunes (de moins de 35 ans), la plupart éduqués et ayant un emploi en Lituanie.

     

    En 2008, le taux d'émigration en Lituanie est devenu le plus élevé parmi les pays de l'UE, avec 2,3 pour mille, le double du deuxième pays, la Lettonie (avec 1,1 pour mille). Les estimations pour la période 2008-2035 suggèrent un recul de 11%, un des taux les plus hauts de l'UE (avec la Bulgarie et la Lettonie).

     

    Le recensement de 2011 ne semble désormais que confirmer ces sombres prévisions. Les démographes se sont révélés trop optimistes dans leurs prévisions précédentes (la dernière datant de 2010), sur-estimant le niveau de la population lituanienne de près de 200 000 personnes. Au lieu des 3,24 millions d'habitants estimés, le recensement a révélé qu'en 2011 il n'y avait que 3,05 millions de résidents.

     

    Rarement mentionné le fait qu'au moment de l'effondrement de l'Union soviétique, les Lettons et les Lituaniens connaissaient naturellement un renouvellement des générations. Aujourd'hui, en revanche, les frères jumeaux de l'émigration et de la faible natalité ont conspiré pour constituer une catastrophe démographique.

     

    Et alors, qu'en est-il de la reprise économique « impressionnante » de la Lituanie et le classement élevé accordé par l'indice de la Banque mondiale sur la « facilité à faire des affaires » ? L'argument opposé est que c'est par des remèdes difficiles et par des politiques libérales que le « Tigre Balte » a pu faire son retour.

     

    L'économie lituanienne s'est effondré de 14,7% en 2009, et l'économie s'est également contractée en 2008 et 2010. Et bien qu'il y ait eu quelques améliorations, le FMI estime que les taux de croissance resteront au mieux atones, laissant supposer qu'il faudra plus d'une décennie ou plus pour revenir aux niveaux d'activité économique de la période précédent la récession.

     

    Selon les projections du FMI, d'ici 2015, le PIB de la Lituanie (mesuré en dollars américains) restera 12% plus faibles (mesuré en prix courants) qu'en 2008, avec un taux de chômage de 8,5%.

     

    Et il faut toujours avoir en tête que les prévisions du FMI de croissance économique sous-estiment fortement les conséquences sociales désastreuses des politiques de dévaluation interne.

     

    La Lituanie a presque triplé son taux de chômage, passant de 5,8% en 2008 à 17,8% en 2010. Bien qu'il ait commencé à baisser en 2011, à 15,6%, cela ne s'explique pas tant par la création de nouveaux emplois que par l'émigration de masse. Les salaires du secteur public ont été diminués de 20 à 30% et les retraites de 11%, ce qui, en lien avec la hausse du taux de chômage, a conduit à une progression spectaculaire de la pauvreté.

     

    Plusieurs indices mesurant la qualité de vie et le bien-être ont montré une dégradation importante, révélant un climat de pessimisme profond, de perte de solidarité sociale et de confiance et une atomisation de la société.

     

    Les coûts démographiques et sociaux extrêmement élevés de ces politiques remettent en cause l'avenir même d'une croissance économique durable dans la région.

     

    Source : COM pour le Parti communiste d'Irlande


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  • Drapeau_europeAlors que la France, tel un célèbre village gaulois, se querelle sur le traité d’union budgétaire, ses partenaires ont depuis longtemps tourné la page et préparent activement le coup d’après, celui du saut « fédéral » que devra effectuer la zone euro afin de donner un gouvernement à sa monnaie unique. C’est encore une fois l’Allemagne qui mène la danse. Elle use non seulement de sa puissance économique, la seule qui impressionne les marchés, mais elle profite aussi du vide politique laissé par François Hollande, un chef de l’État qui semble paralysé par les contradictions de sa majorité. Angela Merkel lui a confié, en juin dernier, qu’elle avait bien l’intention de lancer en décembre prochain le processus menant à une réforme en profondeur des traités européens, processus qui devrait aboutir en 2014. Et depuis, elle martèle, comme elle l’a encore fait le 17 septembre, que « c’est absolument le bon moment pour de coopération politique en Europe ». « C’est consternant », note un haut fonctionnaire européen : « le décalage entre le débat politique français et les discussions européennes est total. Encore une fois, la classe politique française va se réveiller dans deux ans, quand tout aura été bouclé ».

     

     

    En effet, pour l’ensemble des partenaires de Paris, le TSCG (traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance au sein de l’union économique et monétaire) n’est qu’une étape sur la voie de la fédéralisation de la zone euro : pour l’Allemagne, ce texte gravant dans le marbre le Pacte de stabilité et de croissance, était la condition sine qua non de son maintien dans la barque de la monnaie unique, car elle a appris à se méfier des promesses de bonne gestion budgétaires de certains de ses partenaires... Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si c’est en décembre dernier, lorsque l’accord politique sur le principe du TSCG a été obtenu par Berlin, que Herman Van Rompuy, le président du Conseil européen, José Manuel Durao Barroso, le président de la Commission, et Jean-Claude Juncker, le président de l’Eurogroupe, ont été chargés de préparer un rapport sur l’approfondissement de l’intégration « budgétaire » de la zone euro pour le mois de mars… qui n’a jamais vu le jour. « Tant que le traité n’était pas signé, les conditions politiques du côté allemand n’étaient pas réunies pour qu’on se lance dans cet exercice », explique un haut fonctionnaire de la Commission.

    Il faut donc attendre le sommet informel du 23 mai, réuni pour accueillir François Hollande, soit presque deux mois après la signature du TSCG, pour que ce mandat soit renouvelé et étendu : il s’agit désormais de préparer une « feuille de route » pour le mois de décembre 2012 qui décrira les étapes menant à l’intégration politique, financière, budgétaire et économique de la zone euro. Exactement comme le souhaite l’Allemagne. Le groupe a été, au passage, étendu à Mario Draghi, le président de la Banque centrale européenne (BCE), devenu l’un des acteurs majeurs de la gestion de la crise.

    35794_37thumbSans attendre, le ministre des affaires étrangères allemand, le libéral Guido Westerwelle, a créé, au début du printemps, un groupe sur « le futur de l’Europe » réunissant ses collègues du Benelux, du Portugal, de l’Espagne, de l’Italie, de l’Autriche, de la Pologne et du Danemark. La France, elle, ne s’est jointe aux travaux qu’en juillet dernier et encore en qualité d’observatrice… Son rapport, un document de huit pages dévoilé le 17 septembre, montre que les esprits ont évolué très rapidement sous les coups de boutoir des marchés, une partie des États étant désormais prêts à créer, à terme, une fédération dont la dimension démocratique est clairement affirmée. Ce rapport va très loin, y compris en évoquant la création d’une « armée européenne », la transformation du Mécanisme européen de stabilité en un véritable « Fonds monétaire européen », la mutualisation des dettes publiques, l’élection du Président de la Commission au suffrage universel, le droit d’initiative législative du Parlement européen, la transformation du Conseil des ministres en Sénat des États ou encore le changement des traités à la double majorité des États et des citoyens.

    Certes, ce texte de compromis entre onze pays n’engage pas la Chancelière, d’autant qu’elle décide quasiment seule en matière de politique européenne. Néanmoins, il recoupe plusieurs propositions allemandes (notamment sur la démocratisation du système). Pour Berlin, une forte solidarité financière ne peut exister qu’au sein d’une « union politique » structurée afin d’exercer un contrôle politique et démocratique sur les États « fédérés ». Barroso est sur la même longueur d’onde : il vient de proposer devant le Parlement européen la création d’une « fédération des États nations ». La première mouture du rapport des « quatre présidents » européens sur l’avenir de la zone euro, présentée en juin dernier, va aussi en ce sens, même si le mot de « fédération » n’est pas prononcé. Mais, depuis, la réflexion s’est accélérée : Van Rompuy a ainsi annoncé, le 13 septembre, qu’il allait proposer la création d’un budget de la zone euro et une émission limitée de dette commune… Les chefs d’État et de gouvernement en discuteront lors de leur sommet des 18 et 19 octobre. François Hollande aura-t-il alors quelque chose à dire ?

     

    N.B.: version longue du papier paru ce matin dans Libération

    http://bruxelles.blogs.liberation.fr/coulisses/


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  • Chercher à qui profite le crime.

    Dimanche 30 septembre 2012


    Rouge Midi 137

    Fauchées par des rafales de kalachnikov, retrouvées calcinées ou criblées de projectiles de gros calibre dans leur voiture... Depuis le début de l’année, treize personnes ont trouvé la mort dans une série de règlements de comptes souvent intervenus sur fond de trafic de stupéfiants. Mais si tout cela n’était que l’arbre qui cache la forêt des trafics de bien plus grande envergure !


    « Marseille a un territoire trois ou quatre fois plus grand que Paris et il n’y a que trois cents agents de ville. Aussi, sur la Canebière, on vole et on détrousse les gens en plein jour. Il est évident que cela ne peut plus durer... » C’était en 1907. Le tribun Georges Clemenceau haranguait les députés. Il plaidait pour une police plus mobile, mieux équipée, adaptée à la société moderne. L’année suivante, la police marseillaise était étatisée. Les effectifs augmentaient de 20 % et le budget faisait un bond de 70 %. De quoi rêver. Car si aujourd’hui le discours sur l’insécurité n’a guère évolué en dehors du Grand Paris, de nombreuses villes, par la révision générale des polices voulue par Sarkozy, ont vu les effectifs de la police ou de la gendarmerie fondre de 10 à 40 %.


    « Mais si, à Marseille et alentour, les tueries à l’arme de guerre n’étaient pas le mal lui-même mais le symptôme d’un drame plus profond ? Dans l’ensemble de la région Paca, des magistrats s’inquiètent en privé : pourquoi la police semble-t-elle paralysée face au banditisme ? » [1]


    « Les économies du Nord représentent les plus grands marchés pour les biens et services produits par l’activité criminelle du Sud », souligne Antonio Maria Costa, le directeur de l’Office des nations unies contre la drogue et le crime (UNODC), à l’occasion de la parution du rapport The Globalization of Crime : a Transnational Organized Crime Threat Assessment (TOCTA).


    Rouge Midi 138

    « Pourquoi n’y a-t-il plus de grosses saisies de cocaïne en Paca depuis deux ans ? Pourquoi les arrestations de gros truands échouent-elles régulièrement, les policiers faisant irruption à l’aube dans des planques récemment évacuées pour n’y trouver qu’un lit encore chaud ? » [2]


    Répondre à ces questions, ce serait régler le problème de fond alors que se focaliser sur les kalachnikovs, apparaît le plus souvent comme un leurre, les questions importantes se situant ailleurs...


    À qui profite le crime ?


    Le rapport de l’ONU démontre ainsi la dimension mondiale de la criminalité et, accessoirement, le rôle de l’Europe dans ces transferts. Le fait que les produits et les services illicites soient destinés aux plus importants partenaires commerciaux n’est en définitive que la conséquence logique de l’augmentation énorme du volume des flux au plan mondial, le monde « souterrain » devenant inextricablement lié à l’économie globale... et inversement. D’ailleurs, cette capillarité entre l’économie globale et le crime organisé est devenue tellement forte que des actions et des réponses isolées, d’Etats, ne suffisent plus. Et surtout le veulent-ils ?


    « Quant à envoyer l’armée régler la question, qui peut prendre cette proposition au sérieux ? Jamais une armée n’est efficace contre des criminels noyés dans une population complice (l’économie souterraine) ou apeurée (loi du silence). Il ne s’agit pas ici de la bataille d’Alger mais de neutraliser de fort classiques bandes criminelles, face auxquelles une police vite et bien informée est efficace. Et que la police soit vite et bien informée est un problème de choix politique, de gouvernement, puisqu’en France la police est nationale ». [3]


    Sans critiquer les outils traditionnels mis à la disposition des services de lutte contre la grande criminalité et le crime organisé, François Farcy et Jean-François Gayraud, tous deux policiers, plaident dans leur livre [4], pour l’introduction dans la sphère policière et judiciaire, du « renseignement criminel ». Ils veulent en tout cas ouvrir le débat car ils estiment que le renseignement n’a pas pour vocation à demeurer cantonné aux seules menaces anciennes, telles que l’espionnage ou le terrorisme.


    Ainsi, en matière de lutte contre les bandes criminelles le gouvernement pourrait mettre la même ardeur qu’elle met avec les services spéciaux et la police française (mais trop souvent avec des arrières pensées politiques et malsaines) vis-à-vis des islamistes : du renseignement ciblé ! Car, lorsque l’on sera à même de connaître, précisément et assez tôt, ce que prépare le milieu, quand on découvrira qui le protège et qui l’informe, le problème sera en voie de résolution.


    Rouge Midi 139

    Capitalisme et argent sale


    « Force est de constater, même si là n’est pas sa vocation, que la PJ française n’a aucune culture du renseignement, de la documentation et de l’analyse. Elle ne dispose guère davantage de spécialisation poussée sur les dossiers sur lesquels elle travaille. » [5] Comment, dans ces conditions espérer obtenir des résultats ? Pour l’instant nous assistons encore une fois à un défilé de ministres aux décisions toujours plus démagogiques et ce ne sont pas 205 policiers et gendarmes de plus à Marseille qui feront la loi là où la misère fait la sienne. Et ce ne sont certainement pas eux non plus qui desserreront l’étau mafieux qui asphyxie Marseille jusqu’aux plus hautes instances politiques.


    Les jeunes sans travail et peu éduqués qui s’engagent dans ces trafics trouvent le plus souvent la mort au bout du chemin. Cela rappelle les paroles d’une vieille chanson : « Car les brigands qui sont cause des guerres, ne meurent jamais, on n’tue qu’les innocents ». [6]


    Ceux qui profitent réellement de ces trafics sont hors d’atteinte et semblent même protégés. Le seul moyen de véritablement les combattre serait d’interdire les paradis fiscaux où ils blanchissent leur argent sale (Selon le rapport de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime, le blanchiment de l’argent sale est estimé à 1 600 milliards de dollars dans le monde en 2009, soit 2,7 % du PIB mondial). 


    C’est par la lutte contre le blanchiment des capitaux générés par le trafic local de drogue que les incitations à entrer dans ce type d’activité illégale seront ruinées.


    « Paris a déjà fait un premier pas vers la création d’une véritable agence nationale de renseignement criminel, sous l’impulsion du directeur général de la police, Frédéric Péchenard » (Le Figaro du 05/10/2011).


    Pourquoi nos élus ne réclament-ils pas la mise en place d’un véritable service de renseignement criminel sur notre région ? Pourquoi les « affaires » traînent-elles en longueur ?


    L’Union Européenne si prompte à punir les peuples qui ne respectent pas ses règles économiques, malgré quelques effets de manches, semble bien timorée dans ce domaine. Pourquoi ?

    La réponse serait-elle dans la question ?


    la_peniche


    Une lente évolution depuis Borsalino !


    « Marseille a été en fait le lieu de création du premier empire criminel international, de la première globalisation criminelle dans l’histoire du monde. Cette organisation s’est constituée autour du trafic humain, de la prostitution, du trafic de stupéfiant, de la lutte contre les syndicats de dockers et de la complicité des élus locaux. Aujourd’hui à Marseille, il y a autant de règlements de compte qu’il y a un siècle. La situation ne s’est ni dégradée ni améliorée, mais elle a changé. Marseille vit maintenant une guerre de succession. Les grands caïds meurent petit à petit et de nouveaux sont arrivés notamment des caïds de banlieues ».


    Alain Bauer Consultant en sécurité


    [1] Xavier Raufer (essayiste de droite, spécialisé dans la criminalité) in Valeurs Actuelles du 13 Septembre 2012.

    [2] idem

    [3] Idem

    [4] Le Renseignement Criminel, François Fracy et jean-François Gayraud, CNRS Éditions

    [5] Centre Français de Recherche sur le Renseignement.

    [6] La butte Rouge, chanson anti-guerre de 1922 faisant référence à la Guerre de 14/18.


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  • « Le capitalisme ne peut pas s’effondrer, c’est l’état naturel de la société. La démocratie n’est pas l’état naturel de la société. Le marché, oui. »
    Alain Minc [1]

    vive la crise !

    ce n'est pas la crise pour tout le monde !

    « Faut que ça saigne » chantait Boris Vian dans Les Joyeux Bouchers, tel est la devise des bourgeoisies européennes aux prises avec une crise majeure de leur système. Cette crise doit être payée par les exploités tant sur le plan économique que sur le plan politique. Voilà pourquoi s’installe une austérité permanente et une tendance nette à l’autoritarisme. Les travailleurs grecs ont inauguré cette politique avec des plans d’austérité à répétition qui aggravent toujours plus leurs conditions d’existence et avec le limogeage du gouvernement Papandreou décidé par le duo de choc Merkel-Sarkozy.

    Un constat s’impose : tant que le prolétariat ne sera pas écrasé la bourgeoisie sait qu’elle n’a pas gagné.

    Le nouveau traité européen que la majorité du PS et l’ensemble de la droite parlementaire se préparent à ratifier dans un touchant concert, dit traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG), condense tous les enjeux de la lutte des classes en Europe. Les mots clés de ce traité sont « stabilité » et « gouvernance ».

     

     La quête de la stabilité

    La recherche de la stabilité, présentée sous ses aspects budgétaires, hante les bourgeoisies membres de l’Union européenne depuis des lustres. Le traité de Maastricht, en 1992, l’explicitait clairement, reprenant, en fait, le traité de Rome de 1957. Ce dernier instaurait un « marché commun » ou « la concurrence n’est pas faussée » [2]. Depuis les origines, ce que l’on appelle abusivement « l’Europe » cherche à se prémunir des mauvaises intentions que le prolétariat pourrait tôt ou tard nourrir à l’encontre du capitalisme. Et pour cela, la discipline budgétaire semble un argument idéologiquement convaincant. Rappelons que quand on nous parle de dépenses publiques il faut entendre la somme des budgets de l’État, des collectivités territoriales et de la… Sécurité sociale. Pour prendre un exemple parlant : combien de contre-réformes des retraites ont été imposées au nom de la discipline budgétaire ?

    L’article 104-C du traité de Maastricht indique que « les États membres évitent les déficits excessifs » et que « la Commission examine notamment si la discipline budgétaire a été respectée ». La pacte de stabilité de 1997 – que Lionel Jospin a avalisé contre une simple déclaration sur l’emploi alors qu’il s’était engagé à le renégocier – ajoute l’obligation pour les États membres de notifier à la Commission le niveau de déficit et de dette ainsi que le programme pour les résorber. Aujourd’hui, le TSCG fait de l’équilibre budgétaire la règle et des déficits l’exception. Il est toléré un déficit de 0,5% du PIB.

    A titre d’exemple, pour la France, selon la Cour des comptes, en 2010 le déficit était de 5% soit environ 97 milliards d’euros. Le ramener à 0,5% équivaut à trouver la bagatelle de 87 milliards d’euros. Le projet de budget pour 2013 en dégage 30 milliards et fixe l’objectif du TSCG – non encore ratifié – pour 2015. Cela donne une petite idée des futurs sacrifices qu’entraînera la machine infernale que François Hollande vient de mettre en branle.

    Si un État membre n’est pas dans les clous, le traité de Maastricht prévoyait une longue séquence de rapport de la Commission, de recommandations du Conseil des chefs d’États et de gouvernements et en dernier recours des amendes. L’expérience a montré que tout cela n’a pas vraiment fonctionné en particulier pour la France et l’Allemagne. Par contre pour la Grèce, l’Italie ou encore l’Espagne les obligations doivent être remplies. Si l’on prend le cas de la France, le gouvernement de Lionel Jospin avait laissé un déficit public dans la norme fatidique des 3%, durant dix ans – et surtout sous le règne de Nicolas Sarkozy – le déficit et la dette ont explosé. Désormais, le TSCG prévoit des sanctions automatiques. Fini le laxisme !

    Le TSCG introduit deux nouveautés :

    1. Pour que les sanctions ne s’appliquent pas il faut une majorité qualifiée du Conseil qui se prononce contre. Depuis le traité de Maastricht c’est l’inverse (une majorité qualifiée qui se prononce en faveur des sanctions).
    2. Un État membre peut porter plainte contre un autre devant la Cour de justice européenne. La décision de cette dernière est contraignante.

    Le recours à la Cour de justice n’a rien de nouveau. Il s’agit d’une extension du rôle de cette dernière. Selon l’article 177 du traité de Maastricht elle dispose de la capacité d’interprétation des traités et de validation des actes des institutions de l’Union européenne. L’article 171 du dit traité lui accorde le droit de sanctionner tout État membre qui manquerait « à une obligation qui lui incombe en vertu du présent traité. » L’État en question n’a pas d’autre choix que de s’exécuter. En réalité ces disposition découlent de la jurisprudence de cette même Cour. L’arrêt Costa stipule que le « droit né du traité ne pouvait donc, en raison de son contenu spécifique original, se voir juridiquement opposer un texte interne [à un État] quel qu’il soit. » Cet arrêt date du 15 juillet… 1964.

    Aujourd’hui, le TSCG se contente – si l’on peut dire – d’approfondir la tendance lourde au gouvernement des juges et des experts.

    La gouvernance contre la démocratie

    Dans la démocratie classique il existe une forme plus ou moins effective de séparation des pouvoirs. Ces pouvoirs sont identifiables et par voie de conséquence contestables. Pour le capital ce principe est de plus en plus pervers. C’est ainsi que naquit la « gouvernance ». Tout le monde en parle, mais pas grand monde est capable d’en donner une définition compréhensible. Dans leur livre La Ville européenne comme société et acteur, Arnaldo Bagnasco et Patrick Le Galés présentent ainsi la gouvernance : « un processus de coordination d’acteurs, de groupes sociaux, d’institutions pour atteindre des buts propres discutés et définis collectivement dans des environnements fragmentés et incertains. »

    Conclusion. Plus de classes sociales antagonistes, il n’existe que des partenaires qui agissent dans le cadre de valeurs communes. Il s’agit des normes établies par les traités de l’Union européenne et par la jurisprudence de la Cour de justice. Au passage cela implique l’intégration des organisations syndicales et le généralisation du « dialogue social ». L’État, autrement dit « le pouvoir politique » n’est plus « le résumé officiel de l’antagonisme dans la société civile » comme le caractérisait Karl Marx dans Misère de la philosophie [3].

    En somme, si ça marche, le capital aura atteint son objectif ! Son objectif : interdire toute possibilité d’alternative politique et ne permettre qu’une simple alternance gouvernementale. Comme Lionel Jospin en 1997, François Hollande s’inscrit idéologiquement dans cette démarche que le très libéral Alain Madelin qualifiait, en 1992, « d’assurance vie contre le socialisme ».

    Emile Fabrol

    1.- Le Monde du 17 décembre 1994.
    2.- Dans les articles 2 et 3.
    3.- La Pléiade, Œuvres économiques I, page 136.

    http://www.promethee-1871.com


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  • Manif_2.JPG150 000 manifestants dans les rues de Lisbonne à l'appel de la CGTP pour protester contre le « vol des salaires et des retraites » orchestré par le gouvernement et la troïka

     

    Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

     

    Ce samedi 29 octobre, ce sont plus de 150 000 manifestants qui ont répondu à l'appel du syndicat majoritaire, la CGTP, pour protester dans les rues de Lisbonne contre « le vol des salaires et des retraites » des travailleurs portugais.

     

    Depuis deux ans, les travailleurs portugais subissent une cure d'austérité permanente appliquée d'abord par le PS puis par la droite : baisse du salaire des fonctionnaires de 5%, gel des pensions hausse de la TVA de 21 à 23%, privatisation de l'électricité, recul de l'âge de la retraite à 67 ans.

     

    Cet été, le gouvernement a réduit les budgets de la santé et de l'éducation respectivement de 800 et de 600 millions d'euros. Conséquences directes : dans l'éducation, les écoles ferment tandis que 20 000 professeurs se retrouvent sans occupation. Dans la santé, pénuries de lit et de matériel, fuite des infirmiers et médecins vers le privé ou l'étranger.

     

    Au menu de la rentrée, une réforme du code du travail (« un code d'exploitation » pour la CGTP) avec autorisation des licenciements sans motif valable, instauration d'une « banque d'heures » à négocier individuellement avec le patron et enfin le non-paiement des heures supplémentaires.

     

    C'est contre ce programme de guerre contre le monde de travail, ce « pacte d'agression » comme le qualifie le Parti communiste, mis en œuvre conjointement par le gouvernement de droite et la troika (UE, BCE, FMI) que la CGTP, syndicat de classe sous influence du PCP, a lancé cet appel à manifester samedi.

     

    Un gouvernement déjà contraint de reculer sous la colère populaire organisée

     

    Discrédité aux yeux de la population portugaise, le gouvernement de droite de Pedro Coelho a dû reculer sur une de ses mesures les plus injustes : l'augmentation des cotisations salariales de 11 à 18% couplée à la réduction des cotisations patronales de 24 à 18%.

     

    Faire payer aux travailleurs de nouveaux cadeaux destinés aux patronat, la proposition a déclenché une vague d'indignation parmi les travailleurs et les jeunes portugais.

     

    Le 15 septembre dernier, ce sont de 100 000 à 1 million de manifestants, selon les estimations, qui sont descendus spontanément ans la rue exprimer leur colère vis-à-vis de ce projet inique.

     

    C'est confronté à ce potentiel de colère spontanée et les capacités d'organisation de ce mécontentement des organisations de classe existantes, en premier lieu la CGTP sur le plan syndical et le PCP au niveau politique, que le gouvernement a dû reculer.

     

    Une nouvelle victoire partielle pour la CGTP après l'abandon de l'augmentation du temps de travail d'une demi-heure dans le privé, au début de l'année.

     

    La CGTP appelle à l'intensification de la lutte et prépare la grève générale

     

    Car, contrairement à ce qui se produit en Espagne ou en Italie, où un tel potentiel de mobilisation existe et se révèle peut-être même plus massif, le Portugal possède encore un syndicat de classe qui fixe non comme objectif le « dialogue social » mais bien l'intensification de la lutte pour mettre en échec le gouvernement et ses projets.

     

    A la fin de la manifestation de samedi, le secrétaire-général de la CGTP Arménio Carlos, également membre du Comité central du PCP, a donné le ton, celui de la lutte :

     

    « La lutte ne va pas s'arrêter là, elle va s'intensifier jusqu'à que nous ayons atteint nos objectifs », a lancé le dirigeant syndical.

     

    Au lieu de faire payer les travailleurs, Arménio Carlos désigne une autre cible, les riches et le patronat :

     

    « Maintenant, c'est au tour du capital de payer. Il est temps d'aller chercher dans les proches des grandes fortunes qui se sont engraissées sur le dos du peuple et du pays ».

     

    Répondant à l'appel scandé par la foule, Arménio Carlos a annoncé l'organisation prochaine d'une mobilisation de grève générale :

     

    « Ce peuple qui a envahi le Terreiro do Paço, est-il d'accord ou non avec la décision d'une grève générale ? », et Arménio Carlos d'ajouter devant les clameurs de la foule : « Votre réponse est claire, résolue et déterminante. Nous sommes la majorité, et la majorité va se rassembler ».

     

    Le secrétaire-général de la CGTP a annoncé que la date de la grève générale serait rendue publique après la réunion de la Commission exécutive nationale le 3 octobre prochain.

     

    Les communistes à l'avant-garde de la lutte, plus populaires que jamais

     

     

    Les militants du PCP remplissent leur rôle d'impulseur des luttes, influencent le syndicat pour le maintenir sur des positions de classe. Le PCP indique également une ligne politique qui donne une orientation au mouvement et lui indique une alternative :

     

    « Les portugais sont présents ici pour dire qu'ils ne sont pas résignés, qu'il faut un changement. Ils pensent qu'il existe une alternative patriotique et de gauche », a déclaré le secrétaire-général du PCP, Jeronimo de Sousa après la manifestation de samedi.

     

    Selon les derniers sondages, le PCP serait la troisième force du pays, avec un niveau de popularité au plus haut depuis une dizaine d'années.

     

    Derrière les deux forces dominantes, PS et PSD, le PCP serait en troisième position avec 13%, juste devant le Bloc de gauche avec 11% des intentions de vote.

     

    Au-delà des échéances électorales, c'est dans les luttes que les communistes construisent l'alternative à la politique du capital. Une alternative qui passe par la rupture avec les politiques d'austérité menées en alternance par la droite et le PS, la rupture avec l'intégration européenne, machine à broyer les droits démocratiques et sociaux.


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    La fondation Alfred Toepfer (toepfer-fvs.de), un fossile du nazisme, s’est invitée à la commémoration en sponsorisant un « Forum de la Jeunesse » intitulé « À nous l’Europe ! », organisé à cette occasion par le Deutsch - Französisches Institut /= DFI/ Institut franco-allemand/, Ludwigsburg, du 19 au 21 septembre [1].

    Cette initiative a pris un tout autre sens quand on apprit que l’un des sponsors de ce Forum, était la Fondation Alfred Toepfer FVS, Hambourg ; projet également soutenu par la fondation Charles de Gaulle.

    Capture d'écran du site a-nous-leurope.eu

    Source : http://www.a-nous-leurope.eu/sponsors-et-partenaires.html, copie

    Une fondation comme une autre ?

    Fondation privée la plus riche d’Allemagne, cette fondation est à la recherche depuis les années cinquante d’une légitimité historique et morale. Sous le « Troisième Reich », Toepfer est un des « bienfaiteurs de la SS ». Dès 1935, il fait ses offres de service à Josef Goebbels, ministre de la propagande : « Le but ultime des fondations est de servir l’ensemble de la Deutschtum/ Germanité / à l’étranger », lui écrit Toepfer.

    La guerre d’Alfred Toepfer

    Spécialiste de la guerre des devises, il siphonne le marché noir français pour obtenir les devises nécessaires à l’achat dans les pays neutres des matières premières nécessaires à l’armement du Reich et à la continuation de la guerre. Officier de l’Abwehr/ Service de renseignements de l’armée allemande/, il agite les minorités « ethniques » indépendantistes en France, Belgique et Irlande. En Espagne, son réseau « La Organizacion Toepfer » achète des matériaux stratégiques d’intérêt vital pour l’armement, principalement du tungstène. Pour régler ces achats, il dispose de « l’or nazi » qui provient du pillage de l’Europe occupée et des victimes de la Shoah. Pour la seule période d’avril- mai 1942, il réceptionne 130 kg de cet or dès lors démonétisé (en sacs de 10 kg) à l’Abwehrstelle /Section de l’Abwehr/ de Madrid.

    Toepfer et la Shoah

    1942 : Toepfer envisage de décerner son Prix Herder à Georg Leibbrandt, un des participants à la Wannsee Konferenz. Cette fondation a tiré d’énormes profits pendant la seconde guerre mondiale : une de ses trois filiales commerciales en Pologne annexée a vendu par tonnes de la chaux à l’administration SS du ghetto de Lodz, Pologne. (Chaux destinée à la désinfection des charniers, notamment). Jusqu’au-boutiste, Toepfer avait contribué à la mobilisation totale des forces allemandes /Totale Mobilmachung/ afin de prolonger la guerre. Au plus haut niveau, il a activement participé, jusqu’en avril 1944, à la Commission de l’armement/ Rüstungskommission/ - du ministère de l’armement, chargée de rationaliser et de galvaniser l’effort de guerre allemand, sous la direction d’Albert Speer.

    Son après-guerre

    Dans les années cinquante, Toepfer reprend sa Kultur-Politik en Europe occidentale. Il s’est métamorphosé en résistant et victime du national-socialisme. Il multiplie les prix décernés à des personnalités européennes, dont Edward Heath (1971), Raymond Barre et Helmut Schmidt (1979). Ses activités ont provoqué d’innombrables scandales au Royaume-Uni (2010, 2011), en Autriche, en Suisse et dans notre pays (de 1979 à 1995). Persona non grata de fait en France depuis 1996 - cette fondation a dû cesser toute activité après une série de scandales.

    Révisionnisme

    Dès 1950, Toepfer a recruté pour sa fondation d’anciens criminels de guerre, dont l’un, Edmund Veesenmeyer, adjoint d’Adolf Eichmann à Budapest, avait organisé la déportation de plus de quatre cents mille Juifs hongrois dans les camps d’extermination. Jusque dans les années 60, Toepfer avait apporté son soutien financier à Thies Christophersen, le futur auteur de Die Auschwitz Lüge /Le mensonge d’Auschwitz/.(1973) - qui deviendra très vite l’ouvrage de référence des négationnistes du monde entier.

    Telles sont quelques unes des « contributions » de la fondation Toepfer à l’histoire de l’Europe et à l’amitié franco-allemande. La fondation Alfred Toepfer sera ainsi présente aux cérémonies anniversaires du traité de l’Elysée.

    Dans l’indifférence générale des médias et des gouvernements ?

    Le directeur du Deutsch - Französisches Institut de Ludwigsburg aurait-il manqué de vigilance en acceptant un tel sponsorat ? Il n’en est rien. Frank Baasner, son directeur, travaille depuis le début des années 2000 avec la fondation Toepfer. F. Baasner connaît bien le passé et le présent de cette fondation. C’est pourquoi il a essayé d’assister la fondation Toepfer dans ses tentatives pour reprendre ses activités en France, qu’elle avait du abandonner depuis 1995. En mai 2009, Frank Baasner a servi de mentor à Ansgar Wimmer, directeur de la fondation Toepfer. Accompagné de A. Wimmer, Frank Baasner, ès qualités, a rendu visite à des universitaires français pour leur proposer d’organiser une « manifestation scientifique, en invitant les chercheurs compétents, et qui pourrait avoir pour thème les activités de Toepfer en France, notamment pendant la Seconde Guerre mondiale ». La fondation prendrait en charge les frais d’organisation et les prestations des historiens. Tous les universitaires pressentis ont refusé.

    Frank Baasner est un médiateur multi-cartes dans le franco- allemand. Parmi ses casquettes : il est vice-président de la FEFA / Fondation Entente Franco-allemande/, Strasbourg. Il a été amené à démissionner de cette fonction suite à un article de M. Yves Bur, ancien président français du groupe d’amitié parlementaire franco-allemand, dans Les Dernières Nouvelles d’Alsace en janvier dernier. Y. Bur y dénonçait le « conflit d’intérêts » entre les positions de F. Baasner à la FEFA et le DFI/DFI. Démission qu’il confirma par une visite au préfet de la Région Alsace, membre de droit de la FEFA. Démission que le préfet accepta.

    Tant de dévoiements, au nom de l’amitié franco-allemande ?

    Lionel Boissou, historien, germaniste. Auteur de :
    - Ombres et lumières sur les fondations Toepfer, recueil d’articles par Pierre Ayçoberry (universitaire, historien), Georges Bischoff (universitaire, historien), Lionel Boissou, Philippe Breton (chercheur CNRS - Sciences humaines), Hans-Ruediger Minow (historien, journaliste et producteur à la TV allemande), Léon Strauss (universitaire, historien), Alfred Wahl (universitaire, historien), Strasbourg, 1996.

    - “Stiftung FVS Hamburg und Johann Wolfgang Goethe-Stiftung, Vaduz”, La fondation FVS, Hambourg (première dénomination de la fondation Alfred C Toepfer de 1932 à 1993) / article in Handbuch der völkischen Wissenschaften / Manuel de sciences ethno-raciales/. Recueil d’articles. Munich, 2008, 1000 pages.

    Gérard Loiseaux, Dr en littérature française. Auteur de « La littérature de la défaite et de la collaboration », 639 pages, Fayard, 1995.

    Capture d'écran du site dfi.de

     [1] http://www.dfi.de/fr/Projets/projets_deGaulle.shtml, copie.

    http://www.xn--lecanardrpublicain-jwb.net/spip.php?article619


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