• "L’Humour est la politesse du désespoir..."

    Le président Nicolas Sarkozy rencontre aujourd'hui à Rome le chef du gouvernement Silvio Berlusconi pour tenter d'apaiser les tensions nées entre France et Italie sur le dossier des immigrés tunisiens, la Libye et les acquisitions d'entreprises françaises dans la péninsule.

    L'immigration et le réexamen du traité de libre circulation de Schengen seront les points les plus sensibles du sommet. La France "ne veut pas suspendre Schengen" mais "revoir les clauses de sauvegarde dans des situations particulières", a assuré Henri Guaino, conseiller spécial de Nicolas Sarkozy. L'Italie est favorable à une sorte de "contrôle technique" pour déterminer à quel point le traité est adapté aux réalités actuelles, a indiqué le chef de la diplomatie italienne Franco Frattini

    Le 17 avril, Paris avait suscité la colère de Rome en suspendant la circulation des trains depuis la ville italienne de Vintimille vers la France, estimant qu'un train avec à bord des manifestants voulant accompagner des immigrés tunisiens posait un risque pour l'ordre public. La France est irritée par l'Italie qui a décidé d'octroyer des permis de séjour de six mois aux plus de 20.000 Tunisiens arrivés sur ses côtes depuis janvier pour qu'ils puissent rejoindre "amis et parents" en France et ailleurs en Europe.

    Autre friction: la Libye, où la position en pointe de la France a indisposé l'Italie, ex-puissance coloniale qui y dispose d'importants intérêts économiques. Là encore, après un départ poussif de l'Italie qui a hésité à lâcher son allié Mouammar Kadhafi, les positions se rejoignent: les deux pays ont reconnu officiellement la rébellion libyenne et dépêché sur place des conseillers militaires.

    Enfin, MM. Sarkozy et Berlusconi devraient aborder le "problème" de la soif d'acquisition des groupes français dans la péninsule: LVMH s'est emparé de Bulgari et le groupe laitier Lactalis est parti à l'assaut du géant local Parmalat.

    A lire :

    --> Reportage à Ventimille avec des Tunisiens bloqués à la frontière

    --> Immigration: La France bloque les trains italiens

    --> Révolutions arabes et flux migratoires : quels liens ? Table ronde

     


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  • "L’Humour est la politesse du désespoir..."

    Ce dimanche 17 avril, le groupe musical révolutionnaire Grup Yorum a réuni 120.000 spectateurs sur une place du marché de Bakirköy à Istanbul à
    l’occasion d’un gigantesque concert anti-impérialiste.

    Avec plus de 400 procès sur le dos, des dizaines de gardes à vue émaillées de séances de torture et autant de concerts censurés, cette bande
    musicale unique au monde dont les membres prônent "l’art organisé", la "créativité collective" et un "mode de vie humble" égal à celui des gens pour lesquels ils résistent, est parvenue en 26 ans d’existence à vendre plus de 4 millions d’albums.

    >"L’Humour est la politesse du désespoir..."

     

    En juin dernier, Grup Yorum a réalisé le plus grand concert musical de l’histoire de la Turquie en remplissant le stade de Besiktas à ras bord, avec plus de 55.000 spectateurs. Hier, Grup Yorum est parvenu à réunir 120.000 personnes (60.000 selon la presse officielle) en refusant le moindre sponsor, parvenant à autofinancer un concert gratuit grâce aux bénéfices de la vente du DVD du concert donné l’an dernier au stade de Besiktas.

    Aux côtés de Grup Yorum, des célébrités comme Kubat, un musicien populaire qui a grandi à Bruxelles, le cinéaste Sirri Süreyya Önder, la chanteuse Leman Sam, le musicien kurde Burhan Berken, le comédien Tuncel Kurtiz qui fut entre autres le compagnon de route du défunt cinéaste militant Yilmaz Güney, ainsi que le groupe de rock Mor ve Ötesi ont lu ou chanté des poèmes, des ballades et des hymnes issus du répertoire du Grup Yorum.

    Par ailleurs, sur l’esplanade du concert, on pouvait croiser ça et là les pancartes du Front populaire appelant à la "révolution", à "l’indépendance", au "socialisme" ou encore dénonçant l’invasion de la Libye par l’OTAN.

    Le Grup Yorum a terminé son concert en appelant la foule à participer à la manifestation du 1er mai.

    Ci-dessous, quelques bulletins d’infos et reportages photo consacrés au concert du Grup Yorum.

    http://www.beyazgazete.com/video/2011/04/18/protest-izdiham-atv.html

    http://www.beyazgazete.com/video/2011/04/18/bagimsiz-turkiye-konseri-star.html

    http://www.beyazgazete.com/video/2011/04/18/meydani-on-binler-doldurdu-kanald.html

    http://video.ntvmsnbc.com/grup-yorum-coskusu.html

    http://halkinsesi.tv/index.php/haberler/2745-yuez-binler-qbamsz-tuerkiyeq-konserinde.html

    De : Bahar Kimyongür


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  • "L’Humour est la politesse du désespoir..."

    Heureusement que William et Kate ont pensé à se marier cette année. En effet on estime qu’un tiers de la planète sera devant son téléviseur pour suivre l’événement en direct le 29 avril prochain.

    Cela fera tellement de bien à une planète qui depuis les trente dernières années a vu l’écart entre riches et pauvres s’accroître considérablement et un Occident qui a vu diminuer graduellement tous ses programmes sociaux.

    Mais la priorité n’est-ce pas c’est que les riches se marient et vivent heureux et aient beaucoup d’enfants riches.

    Alors tous ces gens qui vivent dans l’inquiétude du lendemain auront enfin un moment de bonheur en regardant à la télé ce mariage princier. Et vive la mariée!

    http://tele.premiere.fr/News-Tele/LCI-En-direct-du-mariage-de-Kate-et-William-le-29-avril/(gid)/2684602


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  • Syndicalisme

    Les représentants de l'Union européenne et du FMI entament ce lundi à Lisbonne  des négociations politiques avec les autorités portugaises pour définir le  montant, et surtout les conditions, d'un plan de sauvetage financier qui doit  être conclu d'ici la mi-mai.

    Après les évaluations "techniques" menées la semaine dernière par des experts  de la Commission européenne, de la Banque centrale européenne (BCE) et du Fond  monétaire international (FMI), leurs chefs de mission entrent en scène pour  aborder le vif du sujet avec le gouvernement démissionnaire portugais. Ces discussions se tiendront "dans la discrétion" et pourraient durer une  semaine, a indiqué à l'AFP un porte-parole de la délégation de la Commission  européenne au Portugal.

    Les Allemands Jürgen Kröger et Rasmus Rüffer seront respectivement à la tête  des délégations de la Commission et de la BCE, tandis que la mission du FMI sera  dirigée par le Danois Poul Thomsen, qui a déjà joué ce rôle en Grèce il y a un  an. Côté portugais, le ministre des Finances Fernando Teixeira dos Santos et le  ministre porte-parole du gouvernement Pedro Silva Pereira se partageront la  "double tâche" de conduire les négociations et de tenir les partis d'opposition  au courant de leur progrès, a précisé M. Socrates.

    • Le gouvernement socialiste et l'opposition de droite s'entendent sur l'austérité

    Le gouvernement socialiste et l'opposition ont convenu mercredi  dernier  d'ouvrir des négociations discrètes en vue d'un compromis  politique, qui  permette au Portugal de s'engager sur le futur programme  d'austérité  "indépendamment du résultat des élections", selon M. Silva  Pereira.Le chef de l'opposition de centre-droit et favori des  sondages, Pedro Passos  Coelho, a réaffirmé qu'il était prêt à soutenir  les efforts du gouvernement,  tout en réclamant une "mise à plat"  préalable de la situation financière du  pays, plombé en 2010 par un  déficit public de 8,6% du PIB et une dette de 159,5  milliards d'euros  (92,4% du PIB).

    La démission de M. Socrates, dont le gouvernement  minoritaire a été désavoué  par le rejet au Parlement d'un nouveau plan  d'austérité, a plongé le pays dans  une crise politique qui a accentué  la pression des marchés financiers, inquiets  pour sa solvabilité.

    • Aide contre programme d'ajustement

    L'Union européenne comme le FMI se sont déjà dits prêts à aider le Portugal,  mais à la stricte condition que Lisbonne adopte d'ici la mi-mai un "programme  d'ajustement" qui devra impliquer "les principaux partis politiques", en raison  des élections législatives anticipées qui se tiendront le 5 juin. Ce plan d'aide, d'un montant estimé à environ 80 milliards d'euros par le  commissaire européen aux Affaires économiques Olli Rehn, sera assorti de mesures  d'austérité "ambitieuses" et d'une politique de "croissance et compétitivité"  alliant réformes structurelles et privatisations.

    La conclusion d'un accord d'ici la mi-mai est crucial pour le Portugal, qui  doit rembourser le 15 juin près de 5 milliards de dette. Dans ce contexte,  l'Etat testera à nouveau les marchés mercredi, pour tenter de lever 750 millions  à un milliard d'euros à court terme.

    A lire: "Un choix qui mène à la récession". Entretien avec l'économiste et ancien député communiste Eugenio Rosa

    A lire aussi: Pacte pour l'euro, la camisole de force franco-allemande


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    Portail de l'action des Elus et de la vie citoyenne

    Les banques européennes ont dans leurs livres 1300 milliards d’euros d’actifs pourris.

    de : La faillite, nous voilà !
    vendredi 15 avril 2011 (14h32)

    Jeudi 14 avril 2011 

    Les banques européennes auraient 1.300 milliards d’euros d’actifs à céder.

    Selon une étude de PwC qui vient de paraître, le secteur bancaire européen a accumulé à la suite de la crise financière 1.300 milliards d’euros d’actifs identifiés comme non stratégiques. Ces actifs très diversifiés, qui incluent des créances douteuses ou de l’immobilier commercial, sont des candidats à la cession sur une période qui pourrait durer 10 ans.

    http://www.agefi.fr/articles/Les-banques-europeennes-auraient-1-300-milliards-deuros-dactifs-ceder-1175975.html

    L’état précaire des banques européennes est la principale menace à la stabilité du système financier mondial, et va imposer de leur trouver des capitaux neufs, a affirmé mercredi le Fonds monétaire international.

    http://www.boursorama.com/infos/actualites/detail_actu_marches.phtml?num=7e83a88b0faa5bcfe6b813f6e6e4a522

    http://tempsreel.nouvelobs.com/depeche/top-news/20110413.AFP8774/fmi-l-etat-des-banques-europeennes-menace-la-stabilite-financiere-du-monde.html


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  • 9 AVRIL À BUDAPEST : Euromanif contre l’austérité. La Confédération européenne des syndicats appelle à une Euro-manifestation à Budapest pour dire « Non à l’Austérité – Pour l’Europe sociale, pour des salaires équitables et pour l’emploi »

     

    La Confédération européenne des syndicats appelle à une Euro-manifestation à Budapest pour dire « Non à l’Austérité – Pour l’Europe sociale, pour des salaires équitables et pour l’emploi » le 9 avril prochain.

    Une autre politique est indispensable

    Avec la CES, les organisations syndicales françaises revendiquent des politiques donnant la priorité à l’investissement et à la croissance, à l’emploi et à la solidarité. Nous voulons une Europe sociale. Une Europe du plein emploi, d’emplois de qualité et du bien être de ses peuples.

    La diminution de l’endettement des Etats doit être progressive dans une démarche qui assure la justice et la cohésion sociale. Il est nécessaire de trouver de nouvelles recettes provenant des revenus du capital, d’une taxe sur les transactions financières et de la fiscalité écologique.

    Des réformes fiscales s’imposent pour des impôts plus justes et pour supprimer le dumping fiscal. Il faut établir une taxe européenne minimum sur les bénéfices des entreprises, basée sur une assiette harmonisée.

    Le dumping social doit être combattu par le renforcement du socle social européen. Cela passe par la mise en place d’un salaire minimum dans chaque Etat membre.

    Enfin une croissance durable doit être assurée par des politiques européennes de relance de l’économie privilégiant les investissements dans l’éducation et la formation, la recherchedéveloppement et l’innovation, et dans les infrastructures.

    Les organisations syndicales française CFDT, CFTC, CGT, UNSA, dans la continuité de l’action qu’elles mènent au plan national depuis décembre 2008, enverront des délégations à la manifestation européenne de Budapest le 9 avril prochain. En France, elles appellent les salariés à se mobiliser le 24 mars pour faire pression sur les chefs d’Etat et des gouvernements des Etats membres de l’Union, réunis ce jour, en participant massivement aux initiatives intersyndicales.

    Euromanif à Budapest : les explications de John Monks  

    "Nous sommes mobilisés contre l'austérité". Entretien avec le secrétaire général de la Confédération européenne des syndicats (CES), qui organise la manifestation à Budapest aujourd'hui. Il répond aux des questions de l'Humanité.

    La manifestation de ce samedi suit les rassemblements nationaux qui ont eu lieu à Bruxelles, Paris, Berlin et Londres, contre les programmes d'austérité. Quel est le lien commun entre toutes ces campagnes ?

    John Monks. L'essentiel est dans le pacte pour l'euro, adopté à Bruxelles le 11 mars. On a modifié le document rédigé par le président Sarkozy et la chancelière Merkel à Deauville, mais les propositions pour contrôler l'évolution des salaires reposent sur les mêmes bases. Ce pacte, soutenu par la Grande-Bretagne, a pour but de freiner les salaires et de réduire les droits sociaux comme moyen de faire face à la crise. Nous avons vaincu la directive Bolkestein, mais ses idées sont toujours là. Les programmes d'austérité ressemblent plus au traité de Versailles, avec ses conséquences désastreuses, qu'à l'image d'un soi-disant plan Marshall de solidarité entre les nations. Le document de l'UE concernant la gouvernance économique européenne contient aussi de graves omissions. Sur les salaires, il n'est pas fait mention des niveaux croissants d'inégalités, de l'écart qui se creuse entre les riches et les pauvres, ni des banquiers et de leur appétit gargantuesque pour les bonus élevés. Nous sommes mobilisés afin de réclamer un pacte en faveur de plus d'équité et d'égalité et contre l'austérité. Pour autant, la CES se félicite de l'intérêt manifesté par la mise en place de taxes sur les transactions financières, l'émission d'euro-obligations afin de restreindre la spéculation et de financer un plan de relance.

    La révision de la directive sur le temps de travail (DTT) a été achevée au niveau de l'UE fin mars. Êtes-vous inquiet ?

    John Monks. Les propositions du maintien de l'opt-out (dérogation à la durée de travail - NDLR) et de l'extension des périodes de référence, notamment, contredisent les principes de santé et de sécurité au travail. Cette approche est d'autant plus inappropriée que le rapport de mise en ouvre de la Commission met en lumière les problèmes de conformité du droit national avec la DTT. De nombreux travailleurs ne sont pas protégés contre les heures de travail trop longues, ce qui est nuisible à leur santé et à leur sécurité et s'inscrit en violation de leurs droits. La CES est prête à entamer des négociations avec les partenaires sociaux avec comme objectif, la révision globale de la DTT au bénéfice de la santé et de la sécurité des travailleurs.

    Mais quelle alternative proposez-vous ?

    John Monks. Il faut regarder la situation d'une tout autre façon. D'abord, que les banquiers, et non les salariés, paient la note de leurs grandes imprudences. Par exemple, pour résoudre la crise irlandaise, la banque européenne a rassemblé les fonds à un taux d'intérêt de 2 % pour les fournir aux Irlandais à 5 % : bénéfice pour la banque, pénurie pour le peuple. Nous proposons aussi des mesures telles qu'un contrôle plus efficace des services financiers ; l'émission d'euro-obligations ; une aide accrue à l'emploi des jeunes ; et un programme d'investissement industriel durable.

    Et après la manifestation de ce week-end ?

    John Monks. La CES tiendra son congrès à Athènes du 16 au 19 mai. Et là nous allons présenter notre programme avec le slogan « Mobilisez pour une Europe sociale ». Nous avons besoin de lutter dans nos pays et aussi sur le plan international pour faire avancer une autre vision de l'avenir de notre continent.

    A lire :

    --> La CES mobilisée contre le pacte d’austérité

    --> Les syndicats refusent le pacte « des forces du marché »

    --> Pacte pour l'Euro. Le PGE vent debout contre le « pacte de l’argent »

    --> Pacte pour l'Euro. Décryptage et analyse

    Entretien réalisé par Peter Avis


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  • Officiel : le Portugal ne peut plus rembourser ses dettes. Le domino portugais vient de tomber mercredi soir.

    de : Prochain domino : l'Espagne.
    mercredi 6 avril 2011 

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    Le gouvernement portugais a finalement reconnu mercredi la nécessité d’un recours à une aide financière dans le cadre des mécanismes de l’Union européenne, invoquant la "situation difficile" sur les marchés financiers.

    http://www.boursorama.com/infos/actualites/detail_actu_marches.phtml?num=29d4f13011abdef5dbadfe6c485c29fd

    Le premier domino est tombé : la Grèce.

    Ensuite, le deuxième domino est tombé : l’Irlande.

    Ensuite, le troisième domino est tombé : le Portugal.

    Maintenant, le quatrième domino va tomber : l’Espagne.

    Maintenant, la bataille d’Espagne va pouvoir commencer.

    http://bellaciao.org/fr/spip.php?article115849


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  • Trichet avertit contre une inflation durablement élevée

     

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    Source : reuters.com- 28/03/2011 | 19:28 

    PARIS (Reuters) - Des politiques économiques inappropriées, en creusant les écarts de compétitivité, entraînent des taux d'inflation durablement supérieurs à l'objectif de stabilité des prix, a déclaré lundi Jean-Claude Trichet, président de la Banque centrale européenne.

    Cette dernière pourrait relever ses taux d'intérêt début avril pour la première fois en près de trois ans, après que l'inflation dans la zone euro a atteint 2,4% en février, dépassant le seuil de 2% sous lequel la BCE entend la contenir.

    "Des politiques économiques nationales inappropriées peuvent engendrer l'apparition d'écarts de compétitivité excessifs entre les membres de l'union monétaire", a dit Jean-Claude Trichet dans un discours prononcé à Paris.

    "Les principaux symptômes de tels écarts sont en général de substantielles accumulations de divergences entre indicateurs de compétitivité en termes de prix et de coûts, et ceci entraîne notamment des taux d'inflation se maintenant durablement au dessus de la définition commune de la stabilité des prix dans la zone euro."

    Si des écarts entre les taux d'inflation des pays de la zone sont parfois parfaitement justifiés, quand ils sont temporaires et accompagnent un réajustement des niveaux de développement économique, "dans le moyen-long terme un taux d'inflation légèrement inférieur à 2% doit être la référence au niveau national également", a dit Jean-Claude Trichet.

    "Les coûts unitaires de main-d'oeuvre et, par conséquent, les évolutions des rémunérations compte tenu des progrès de la productivité du travail (...) doivent permettre la réalisation de cette inflation moyenne, à moyen terme, sauf à prendre le risque d'une perte de compétitivité et donc d'une augmentation relative du chômage par rapport à l'ensemble de la zone euro", a-t-il ajouté.

    Selon le président de la BCE, de nombreuses données suggèrent que l'effet de rattrapage lié aux différences de développement entre les pays de la zone a été surévalué pour expliquer les écarts d'inflation.

    "Dans certains cas, ces différences n'ont pas découlé d'effets de rattrapage mais ont tenu largement à des politiques macroéconomiques inappropriées et à des phases d'expansion excessive de la demande intérieure financées par l'endettement", a-t-il dit.

    Comme Jean-Claude Trichet, plusieurs dirigeants de la BCE ont laissé entendre ces dernières semaines que l'institut d'émission pourrait durcir sa politique monétaire dès sa prochaine réunion, le 7 avril, pour éviter des "effets de second tour" de la poussée inflationniste des derniers mois, c'est-à-dire entre autres des répercussions sur les salaires.

    Le mois dernier, Jean-Claude Trichet avait déclaré qu'augmenter les salaires en réaction à la poussée inflationniste actuelle serait "la dernière des bêtises à faire".

    Jean-Baptiste Vey, édité par Marc Angrand


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    Bruxelles, envoyé spécial. Le Conseil européen a adopté le Pacte pour l’euro, ainsi que le mécanisme européen de stabilité, non sans difficulté. Les dirigeants européens tentent de contourner le refus des peuples de payer pour une crise qu’ils n’ont pas causée.

    Les chefs d’États et de gouvernement ont atteint leur objectif hier à Bruxelles : trouver le moyen d’imposer l’austérité. Pour ce, l’Union européenne (UE) va donc mettre en place un Mécanisme européen de stabilité (MES), censé sauver la zone euro. Ce Mécanisme sera accompagné d’un Pacte pour l’euro, chargé de faire appliquer l’austérité salariale et budgétaire.

    Le MES doit rendre pérenne le Fonds européen de stabilité financière (FESF), instauré l’an dernier pour venir en aide aux pays surendettés. Par exemple, l’Irlande y a déjà eu recours. Le Mécanisme prêtera à un taux réduit (entre 4 et 6%) aux États en difficulté. 620 milliards d’euros seront levés sur les marchés financiers. Mais pour ce, les autres pays doivent avancer une partie du capital : 80 autres milliards. En arrivant au sommet, les Vingt-Sept ignoraient si un accord pourrait être trouvé, certains pays trouvant l’addition trop salée.

    • Les 27 rechignent à remettre au pot

    La Finlande rechignait à mettre la main au pot. Ce pays mène depuis les années 1990 une politique budgétaire restrictive, et l’extrême-droite menace de devancer le parti de droite au pouvoir lors des élections législatives du 17 avril. Quant à l’Allemagne, qui devrait verser 22 milliards d’euros, elle souhaitait étaler les paiements en cinq tranches au lieu des trois convenues par les ministres des Finances en début de semaine. La chancelière allemande Angela Merkel doit affronter des élections dimanche dans le plus gros Land, le Bade-Wurtemberg. Elle est donc obtenir du Conseil un allègement de la note du contribuable allemand. Et verser les deux dernières tranches après les élections parlementaires de 2013, où le gouvernement de droite pourrait être mis en difficulté.

    Car c’est bien là que cela bloquait, jeudi et vendredi à Bruxelles : comment faire accepter aux peuples que c’est à eux de payer la note d’une crise dont ils ne sont pas responsables. Dans les pays dégageant des excédents commerciaux, une droite démagogique flatte la « bonne gestion » de leur nation comparée à celle des « Piigs » (« cochon » en anglais, pour Portugal, Italie, Irlande, Grèce, Espagne), trop dépensiers, et dit que ce n’est pas à eux de payer. On observe ce phénomène en Slovaquie, en Allemagne.

    • Contestations populaires face à la casse sociale

    Dans les autres pays, dont la dette explose sous la pression conjuguée de la crise et des marchés financiers qui font augmenter les taux d’intérêts, les gouvernements peinent à faire accepter à leur population les « sacrifices » censés assainir les dépenses publiques. Le sommet s’est ouvert jeudi avec la démission, la veille, du premier ministre socialiste portugais, José Socrates. Ce dernier a échoué à obtenir les voix de la droite pour faire adopter son quatrième plan d’austérité en un an. Les taux d’intérêts de la dette portugaise ont été au plus haut cette semaine, tutoyant presque les 7,8%. Dans ce pays, la politique de casse sociale a rencontré une vive contestation populaire. Des dizaines de milliers de jeunes ont protesté contre la précarité, spontanément à l’appel d’internautes le 12 mars. Le 19 mars, c’est la Confédération générale des travailleurs portugais qui organisait une grève générale très suivie. Par ailleurs, fin février, le gouvernement irlandais de Brian Cowen, qui avait donné des garanties à Bruxelles d’une politique d’austérité budgétaire pour accéder aux subsides du Fonds européen de stabilisation financière, a été balayé par les urnes. Le nouveau gouvernement de centre-gauche, mené par Enda Kenny, réclame une renégociation des termes du contrat.

    Lors du début de la crise, en 2008, les États-membres ont déversé des milliards d’euros pour relancer la croissance et assurer le fonctionnement d’un système bancaire perclus de dette. Depuis lors, ils n’ont de cesse d’examiner les moyens d’imposer aux peuples une politique qui respecte l’avidité des marchés financiers. Le Conseil européen de cette semaine en est, en quelque sorte, l’aboutissement, en créant deux nouvelles choses, le Mécanisme européen de stabilité (MES) et le « Pacte pour l’euro ».

    Le Mécanisme est à destination des pays endettés. Il consiste à prêter à ces Etats à des taux entre 4 et 6%, soit moins que le rendement exigé par les marchés. Cela ne veut pas dire que les demandes des marchés ne soient pas respectées. Au contraire. En échange, les gouvernements s’engagent à réduire leur dépense publique et à hausser les recettes notamment par une augmentation de la fiscalité sur la consommation qui touche les plus démunis. Ainsi, lors du Conseil européen du 11 mars, pour obtenir une baisse des taux d’intérêts auxquels le FESF prête à la Grèce, George Papandreou, premier ministre grec a dû annoncer la privatisation (pudiquement appelée « dénationalisation ») de 50 milliards d’euros d’actifs de l’Etat grec. La vente des bijoux de famille.

    • Empêcher les peuples de se déterminer

    Le Pacte pour l’euro concerne, lui, tous les pays adhérant à la monnaie unique. Il a la même finalité : empêcher que les parlements nationaux et les peuples soient consultés sur la nature des politiques à mener. « Je suis heureux aujourd’hui que six collègues de pays non membres de la zone euro ont annoncé qu’ils rejoignent le Pacte pour l’euro », a annoncé Herman Van Rompuy. Le Danemark, la Lituanie, la Lettonie, la Roumanie, la Pologne et la Bulgarie pensent que leur adhésion à ce programme va « rassurer les marchés », qu’ils vont pouvoir continuer à financer leur dette publique à taux bas. Que prévoit ce pacte ? La stricte application de la limitation des déficits publics. Cela passe par deux moyens : une amende quand les pays dépassent les seuils de 3% du PIB de déficit public et de 60% du PIB de dette publique ; l’inscription dans les législations nationales de cette limitation. En France cela se traduit par la proposition gouvernementale d’une loi cadre d’au moins trois ans. Les budgets votés chaque année devront les respecter, faute de quoi, ils seront censurés par le Conseil constitutionnel. La droite espère ainsi voter une loi cadre avant son départ en 2012, pour empêcher la gauche d’avoir les mains libres en cas de retour au pouvoir.

    Le pacte ne se limite pas à la diminution des déficits. Il impose également l’austérité salariale. Et là, ce sont les recettes qui ont échoué qui sont appliquées. Les salaires ne pourront augmenter plus vite que la productivité ; et le marché du travail sera plus flexible. La modération salariale a été appliquée en Allemagne depuis dix ans, entraînant une baisse de la demande intérieure qui a freiné la croissance non seulement outre-Rhin, mais dans l’Europe entière. Quant à la précarité du travail, elle a été la norme en Europe du Sud et c’est maintenant ces pays qui rencontrent les plus graves problèmes pour financer leur dette publique.

    • Les syndicats se mobilisent

    Pour autant, la messe n’est pas dite. Dans toute l’Europe, les syndicats, qui ont rassemblé 30.000 personnes dans deux manifestations jeudi à Bruxelles, sont défavorables au « pacte pour l’euro ». Une partie des socialistes européens également, ce qui n’était pas le cas en 2005, lors de la campagne pour le non au Traité constitutionnel européen. Le 9 avril, la Confédération européenne des syndicats (CES) organise d’ores et déjà une euromanifestation en Hongrie, à Budapest contre l’austérité. Et pour créer le Mécanisme européen de stabilité, il faut en passer par un nouveau traité. Lors d’une conférence de presse du Parti de la gauche européenne (PGE), le grec Aleksis Tsipras réclamait que tous les peuples européens soient consultés, par référendum, sur les mesures qui leurs sont imposées. En France, c’est au Parlement de se prononcer, l’occasion de mettre la pression sur la représentation nationale.

    A lire: Pacte pour l'Euro: des syndicats outrés

    A lire: Le pacte pour l'Euro, une reconstruction européenne?

    Gaël de Santis


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    Le pacte pour l’euro, une reconfiguration de la construction européenne ?
    Par Pierre Ivorra


    Le pacte pour l’euro, adopté par les dirigeants de la zone, est une véritable agression contre les peuples. L’Allemagne n’a accepté de pérenniser le mécanisme européen de financement des pays en quasi-faillite, tels que la Grèce ou l’Irlande, que sous la condition que des mesures draconiennes de restriction de la dépense publique utile et d’austérité salariale soient mises en œuvre. Il y a chez Angela Merkel et à sa suite, chez Nicolas Sarkozy, une fuite en avant dans des dispositions visant à étouffer la demande sociale et qui en même temps ruinent la croissance, creusent les déficits et au bout du compte justifient un nouveau resserrement de l’étau du pacte de stabilité. Mais ne s’agit-il que d’une fuite en avant ? Il y a de cela, sans aucun doute, mais aussi peut-être un peu plus, tel qu’un début de reconfiguration institutionnelle, économique, financière et sociale de la construction européenne et des relations entre pays dominants et dominés.

    Au niveau institutionnel, d’abord. La mise en œuvre des objectifs de réduction des déficits, de police des salaires, de baisse des prélèvements sur le capital et le contrôle de leur réalisation «feront l’objet d’un suivi annuel au niveau politique par les chefs d’État ou de gouvernement de la zone euro», précise la déclaration. La procédure ne sera visée qu’à ce niveau, les parlements nationaux et européen ne seront que des spectateurs. Par ailleurs, le texte balaie la séparation traditionnelle entre les compétences de l’Union et celles relevant du niveau national. Ne précise-t-il pas lui-même que, bien qu’émanant des autorités de l’Union, il «met surtout l’accent sur les domaines relevant de la compétence nationale»?

    Sur les autres plans, il faut remarquer que la déclaration réserve un sort particulier aux pays le plus en difficulté, qui, de l’avis de ses rédacteurs, méritent une «attention particulière». «Des instruments spécifiques et des initiatives communes seront envisagés pour favoriser la productivité dans les régions en retard de développement», est-il indiqué. Lorsqu’on sait que la plupart des dirigeants de la zone euro identifient productivité et baisse du coût du travail, on se demande s’ils ne veulent pas faire durablement des pays dits de la «périphérie», des zones à la fois de bas salaires et de productivité du travail élevée, aptes à relever la rentabilité des capitaux dominants, allemands et secondairement français, mise à mal par la crise. Mais on mesure les contradictions d’une telle ambition : on peut difficilement demander à des travailleurs d’être à la fois mal payés et toujours plus efficaces. C’est la quadrature du cercle.


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