• La secrétaire-générale du KKE Aleka Papariga sur le mouvement des « indignés » grecs : « Une lutte populaire organisée est nécessaire »

    Parti Communiste Français

    Article communiqué par le Parti communiste grec (KKE)

    Traduction MA pour http://solidarite-internationale-pc...

    « La grande majorité des travailleurs, des gens doit déclarer cela au pouvoir du capital : Nous ne vous croyons pas quoique vous nous disiez. Nous nous rassemblons pour remporter des petites et des grandes batailles et finalement la guerre », a souligné Aleka Papariga, parmi tant d’autres choses, dans son discours prononcé dans le cadre d’un rassemblement de masse et dynamique du KKE dans la soirée du 25 mai dans la ville de Larissa.

    La secrétaire-générale du Comité central du parti a souligné qu’aujourd’hui des luttes populaires et ouvrières plus dynamiques et mieux organisées sont nécessaires, tout comme il faut remporter des petites et des grandes victoires. Mais il doit être clair que nous devons mener une lutte qui mènera au renversement du pouvoir des monopoles.

    Plus tôt, dans une interview à la station de radio « Real FM », Aleka Papariga répondant à une question concernant les tentatives à partir du 25 mai, dans plusieurs cités Grecques, de lancer des mobilisations organisées comme celles qui se déroulent en Espagne, a fait remarquer entre autres que :

    « Nous, en raison de notre nature en tant que parti, regardons toujours avec sympathie – et je le dis en toute sincérité – les tentatives populaires pour trouver un moyen de s’exprimer. Le spontané existe toujours et surtout se développe quand il existe simultanément une activité politique consciente – le spontané n’opère jamais dans le vide.

    D’autre part, nous sommes très prudents sur le fait de dire que c’est la seule façon de riposter. Ce sont certaines explosions sans organisation, sans enracinement sur les lieux de travail, dans les industries, que ce soient dans le privé comme dans le public, ils n’ont aucune direction politique fondamentale. Nous craignons que ce ne soit qu’une explosion, une mode qui va passer. Ce n’est pas quelque chose de négatif que des jeunes, qui cherchent un moyen de s’exprimer, acquièrent de l’expérience. Ce sera certainement une expérience. Nous n’adoptons pas une position hostile à leur égard. Mais cela m’a laissé l’impression que certains ennemis jurés du mouvement mettent cela en avant comme quelque chose d’important et d’idéal par opposition à la grève. Ceci est une erreur. Une des formes de la lutte, pas la seule, par laquelle le travailleur peut démontrer sa force, est la grève ; car il doit surmonter sa peur du patron. Il est beaucoup plus facile de se rassembler sur les places des grandes villes. » 

    En outre, dans un commentaire publié par le journal du KKE, Rizospastis, elle faisait remarquer : « Qui a un intérêt particulier dans un mouvement aux orientations « non-partisanes », quand en face l’adversaire dispose de partis avec une ligne et une stratégie politiques spécifiques, auxquels les divers fractions du capital identifient leur intérêt particulier ?

    Sans vouloir sous-estimer les intentions de nombreuses personnes ordinaires qui protestent contre la dégradation continuelle de leurs conditions de vie, il est plus que certain que des mobilisations qui cherchent à libérer un sentiment de frustration sont beaucoup plus faciles à manipuler et beaucoup plus facile à « dégonfler ». La publicité reçue par l’initiative d’hier (mardi 24 mai) constitue une exploitation de l’esprit de résistance, que le système politique bourgeois, dans une démonstration de force, pose contre la lutte de classe. De cette façon, il peut intervenir pour se sauver, à un moment où la colère populaire augmente dangereusement et les conditions d’une radicalisation sont en passe d’être créées. Le mouvement a une expérience de telles aventures, lors des divers « forums », à Gênes etc. Il a également une expérience des mobilisations via internet, telles que celles organisées après les feux de forêts de 2007 et quatre ans plus tard, continuant le travail de la droite, le gouvernement brade ce qu’il reste de la terre, de la mer et de l’air. Nous devons aborder ces personnes ordinaires, qui se sont mobilisés spontanément afin qu’elles se rallient consciemment à la lutte de classe. Le PAME l’a déjà fait, avec une réponse positive. L’ennemi a une stratégie, une organisation et un nom. Le mouvement populaire doit faire la même chose pour gagner la guerre qui a été déclaré contre lui. » 

    Il convient de rappeler que le PAME a tenu samedi dernier 28 mai des manifestations dans de nombreuses villes Grecques. La déclaration commune duPAME, du PASEVE, du PASY, du MAS et de l’OGE affirme que : « Dans le cadre du développement capitaliste, il ne peut y avoir d’avenir ni de perspectives favorables au peuple. Les sacrifices, qu’ils nous appellent à faire, n’auront pas de fin. Vous n’avez pas de responsabilité dans la crise capitaliste. La dette et le déficit appartiennent à la ploutocratie. Ne les reconnaissez pas. Pas de consentement, aucun sacrifice, la ploutocratie doit payer pour la crise. »

    De :Solidarité-Internationale-PCF


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  • Gerolf Annemans, chef du groupe parlementaire du Vlaams Belang au parlement fédéral belge (Thierry Roge/Reuters)

    Le parti d'extrême droite flamand, le Vlaams Belang, a proposé au Parlement belge une loi en vue d'annuler l'ensemble des condamnations d'après-guerre pour collaboration et de les indemniser. La majorité des partis flamands a soutenu cette démarche.

    Au total, 70 sur 88. C'est le nombre d'élus flamands du Parlement fédéral issus de partis en faveur de l'inscription à l'ordre du jour de la Chambre d'une proposition de loi effaçant, « tous les effets des condamnations et sanctions infligées du chef d'actes d'incivisme prétendument commis entre le 10 mai 1940 et le 8 mai 1945 et instituant une commission chargée d'indemniser les victimes de la répression d'après-guerre ou leurs descendants pour le préjudice financier ».

    Le parlement, « temple de la liberté de penser »

    Ce texte aux forts relents révisionnistes a logiquement été soutenu par le Vlaams Belang et les séparatistes flamands de la NVA (Alliance Néo-flamande). Mais aussi par deux partis traditionnels majeurs : les chrétiens-démocrates flamands (CD&V), parti auquel appartient Herman Van Rompuy, le président du Conseil européen, les libéraux flamands (Open-VLD). Une première.

    Seuls les écologistes (Groen ! ) et les socialistes flamands (SP.a) se sont opposés à son inscription à l'agenda. Avec l'appui des parlementaires francophones et germanophones, la proposition vient d'être rejetée par 68 voix contre 57.

    Premier parti du pays, la NVA a expliqué son soutien par la voix d'un de ses élus, Jan Jambon, qui considère que « toute proposition de loi doit pouvoir être discutée dans ce temple de la liberté de penser ».

    Quant aux libéraux flamands qui ont soutenu l'initiative, ils se justifient en expliquant que l'accepter sur la forme n'implique pas forcément de l'accepter sur le fond.

    « L'incorrection de l'Etat belge à l'égard du peuple flamand »

    Reste que le texte déposé par le Vlaams Belang ne laisse planer aucun doute sur ses intentions : blanchir l'ensemble des collaborateurs belges, Flamands en particulier. Les auteurs du texte de loi allant jusqu'à leur trouver des « circonstances atténuantes » pour avoir travaillé avec l'Allemagne nazie :

    « Il est malveillant d'assimiler tous ceux qui ont été mêlés de près ou de loin à la collaboration à des délateurs et à des tortionnaires. Cette remarque est particulièrement vraie pour la Flandre, où de nombreuses circonstances atténuantes peuvent être invoquées pour justifier la collaboration. »

     

    Parmi les raisons invoquées :

    • « l'incorrection dont a fait preuve l'Etat belge à l'égard du peuple flamand »
    • « des arrestations dictées par des sentiments anti-flamands »
    • « l'aversion pour le bolchévisme athée très répandue dans la Flandre très catholique de l'époque »

    Ainsi, si 23 000 Flamands se sont engagés dans la Division SS Langemarck entre 1941 et 1945, ce n'est pas parce qu'ils étaient nazis, c'est parce qu'ils étaient des victimes de l'Etat belge et catholique !

    A titre de comparaison, la France, qui comptait à l'époque 40 millions d'habitants a fourni 8 000 hommes à la SS. La population flamande de 1940 était alors, quant à elle, d'environ 5 millions d'âmes.

    La justice « bornée, aveugle et haineuse » de l'après-guerre

    Aussi, le texte ne propose nullement de tenter de faire la part des choses cherchant à réhabiliter uniquement ceux qui ont pu être condamnés abusivement. L'amnistie doit être générale.

    Suppression, pour l'avenir, de tous les effets des condamnations et sanctions infligées du chef d'actes d'incivisme prétendument commis entre le 10 mai 1940 et le 8 mai 1945.

    Qui plus est, la Belgique d'aujourd'hui devrait payer des compensations à ces personnes ou à leurs descendants qui furent victimes de la justice « bornée, aveugle et haineuse » de l'après-guerre.

    Toujours selon les mots de la proposition de loi, « la répression de la collaboration n'a été qu'un prétexte dont on s'est servi pour frapper le mouvement flamand ». Sans préciser toutefois que les principales organisations flamandes de l'époque ont collaboré avec l'occupant.

    Un texte habile qui s'appuie sur politiciens francophones

    Le Vlaams Belang cherche donc à faire admettre que l'Etat belge était alors contrôlé par une élite francophone qui oppressait les Flamands en présentant la totalité des personnes jugées pour collaboration comme des victimes.

    Le texte est, par ailleurs, habile : en utilisant des citations de politiciens francophones de l'époque et qui critiquaient déjà les abus de la justice dans les procès d'après-guerre, il en est conclu que « des fraudes ont été commises systématiquement lors de la constitution des dossiers ». Ainsi, tous méritent amnistie et indemnisation, car tous ont été victimes d'erreurs judiciaires.

    Il est fort probable qu'à l'ouverture de la prochaine année législative, le Vlaams Belang propose de nouveau un texte similaire.

    Photo : Gerolf Annemans, chef du groupe parlementaire du Vlaams Belang au parlement fédéral belge (Thierry Roge/Reuters)

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  • 50 000 manifestants dans les rues de Prague expriment leur opposition à la contre-réforme des retraites prévoyant le recul de l’âge de départ à la retraite et la privatisation du système  

    Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pc... 

    Pacte pour l’euro : un FMI européenPrès de 50 000 personnes ont participé à une manifestation à Prague samedi, à l’appel des centrales syndicales, contre le plan gouvernement de casse de l’Etat social. 

    Soufflant dans des vuvuzelas et tapant sur des tambours, les manifestants ont défilé sous les banderoles syndicales jusqu’à la place Wenceslas, interrompant la circulation sur un axe central de la ville. 

    La coalition gouvernementale de droite composée des Démocrates civiques(ODS), de Top 09et d’Affaires publiques propose de reculer l’âge de départ à la retraite et de faire grimper les tarifs relatifs à la couverture médicale tout en coupant dans les prestations sociales. 

    Son projet le plus controversé est d’inaugurer un système de retraites privé, un « second pilier » qui entrerait en concurrence avec le « premier pilier », système par répartition géré par l’État.

     

    Les employés de moins de 35 ans pourront transférer 3% de leur assurance sociale obligatoire, comptant pour 28% de leurs revenus, aux nouveaux fonds de pensions privés. 

    Le gouvernement veut compenser le manque à gagner par des projets de réforme fiscale qui verraient l’uniformisation des taux actuels de la TVA qui sont de 10 et 20%, avec un nouveau taux fixé dans un premier temps à 14% et passant à 17,5% l’année suivante. 

    Il prévoit également la privatisation d’entreprises publiques pour financer les réformes. 

    Le représentant du syndicat KOVO, Josef Stredula, a déclaré aux manifestant que ces mesures régressives « sont conçues pour jeter la santé, les retraites et toute la Sécurité sociale dans les bras du profit ».  

    « Les réformes de la couverture médicale et de la fiscalité, des retraites et du système de Sécurité sociale sont mal conçues, mesquines et orientées idéologiquement, sans la moindre analyse de l’impact qu’elles auront sur les citoyens », a pesté M.Stredula. 

    Les manifestants ont brandi des drapeaux et des banderoles syndicales avec des slogans tels que « Nous en avons eu assez, le gouvernement doit partir », « Mettons en échec le gouvernement » et « Peuple, réveille-toi ! ». 

    Le président de l’Association des syndicats indépendants Bohumir Dufek a affirmé : « Nous voulons des élections anticipées – nous n’allons pas attendre quatre ans qu’ils saccagent tout ». 

    La coalition gouvernementale envisage de soumettre ces mesures au parlement en Juin, mais elle est handicapée par des querelles intestines et des allégations de corruption. 

    Si la coalition explose, le gouvernement perdrait sa majorité parlementaire. La prochaine élection est prévue pour 2014. 

    M.Dufek a déclaré que les adhérents de la Confédération des syndicats Tchèques-moraviens sont prêts à organiser des manifestations plus radicales, y compris des grèves, si les ministres ne parviennent pas à répondre aux revendications des syndicats. 

    « Nous préparons des blocages », a-t-il lancé. 

    Tereza Stoeckelova, du mouvement citoyen contre la réforme ProAlt a prédit que le gouvernement allait déclencher une grève générale à moins qu’il ne change de cap. 

    Article initialement paru dans le Morning Star, quotidien du Parti communiste de Grande-Bretagne

    De : Solidarité-Internationale-PCF


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  • La révolte des indigné-e-s.

    Notes depuis la Plaza Tahrir de Barcelone.

    Josep Maria ANTENTAS, Esther VIVAS
     

    Pacte pour l’euro : un FMI européenIl n’y a plus de doutes. Le vent qui a électrisé le monde arabe ces derniers mois, l’esprit des protestations répétées en Grèce, des luttes étudiantes en Grande-Bretagne et en Italie, des mobilisation anti-Sarkozy en France… est arrivé dans l’Etat espagnol.

    Il n’y a plus de place pour le « business as usual ». Les confortables routines mercantiles de notre « démocratie de marché » et ses rituels électoraux et médiatiques se sont vus soudainement perturbés par l’irruption imprévue dans la rue et dans l’espace public d’une mobilisation citoyenne. Cette révolte des indigné-e-s inquiète les élites politiques, toujours mal à l’aise quand la population prend au sérieux la démocratie… et décide de la pratiquer pour son propre compte.

    Il y a deux ans demi, quand la crise historique a éclaté en septembre 2008, les « maîtres du monde » ont connu un bref moment de panique, alarmé par l’ampleur d’une crise qu’ils n’avaient pas prévus, par l’absence d’instruments théoriques pour la comprendre et par la crainte d’une forte réaction sociale. Sont arrivées alors les proclamations creuses sur la « refondation du capitalisme » et les faux mea culpa qui se sont peu à peu évaporés, dès que le système financier a été sauvé, face à l’absence de toute explosion sociale.

    La réaction sociale s’est faite attendre. Depuis l’éclatement de la crise, les résistances sociales ont relativement faibles. Il y a eu un énorme gouffre entre le discrédit du modèle économique actuel et sa traduction sous forme d’action collective. Plusieurs facteurs l’explique, en particulier la peur, la résignation face à la situation actuelle, le scépticisme par rapport aux syndicats, l’absence de référents politiques et sociaux et l’influence, parmi les salariés, des valeurs individualistes et consuméristes inculquées en permanence depuis des années par le système.

    La révolte actuelle, cependant, ne part pas de zéro. Des années de travail à petite échelle des réseaux et mouvements alternatifs, d’initiatives de résistances à l’impact bien plus limité ont maintenu la flamme de la contestation pendant cette période difficile. La grève générale du 29 septembre avait ouvert une première brèche, mais la démobilisation ultérieure des directions des syndicats CCOO et UGT et la honteuse signature du Pacte social l’ont refermée en stoppant toute mobilisation syndicale. Avec comme conséquence le discrédit et la perte de tout prestige des syndicats majoritaires aux yeux de la jeunesse combative qui protagonise aujourd’hui les occupations.

    Indignés et indignées !

    « L’indignation », rendue populaire à travers le pamphlet de Stéphane Hessel, est une des idées-force qui définissent les protestations en cours. C’est la réapparition, sous une autre forme, du « Ya Basta ! » (« Assez ! ») lancé par les Zapatistes à l’occasion de leur soulèvement le 1er janvier 1994 dans la première révolte contre le « nouvel ordre mondial » proclamé à l’époque par George Bush père après la Première guerre du Golfe, la disparition de l’URSS et la chute du Mur de Berlin.

    « L’indignation est un commencement. On s’indigne, on se soulève et puis on voit » soulignait Daniel Bensaïd. Peu à peu, on est passé du malaise à l’indignation et de l’indignation à la mobilisation. Nous sommes face à une véritable « indignation mobilisée ». Du tremblement de terre de la crie commence à surgir le tsunami de la mobilisation sociale.

    Pour lutter, il ne faut seulement du malaise et de l’indignation, il faut également croire dans l’utilité de l’action collective, dans le fait qu’il soit possible de vaincre et que tout n’est pes perdu avant même de commencer. Pendant des années, les mouvements sociaux dans l’Etat espagnol n’ont connu que des défaites. L’absence de victoires qui démontre l’utilité de la mobilisation sociale et qui augmentent les expéctatives du possible ont pesé lourdement dans la lente réaction initiative face à la crise.

    C’est présicément ici qu’entre l’immense contribution des révolutions dans le monde arabe aux protestations en cours. Elles nous montrent que l’action collective est utile, que, oui, « on peut le faire ». Il n’est donc pas étonnant que des ces révolutions, tout comme les victoires moins médiatisées du peuple islandais contre les banquiers et la caste politique, constituent, depuis le début, des références pour les manifestant-e-s et les activistes du mouvement actuel.

    Ensemble avec la conviction que « c’est possible », que l’ont peut changer les choses, la perte de la peur, dans un contexte de crise et de difficultés personnelles, est un autre facteur clé. « Sans Peur », c’est exactement l’un des slogans les plus exprimés ces derniers jours. La peur paralyse encore une grande majorité des travailleurs et des secteurs populaires, ce qui amplifie la passivité ou favorise les réactions xénophobes et peu solidaires. Mais la mobilisation du 15 Mai et les occupations qui se répandent comme une traînée de poudre constituent un puissant antidote contre la peur.

    Le Mouvement du 15 Mai et les occupations ont une importante composante générationnelle. Comme à chaque fois qu’éclate un nouveau cycle de luttes, c’est une nouvelle génération militante qui émerge avec force, et la « jeunesse » en tant que telle acquiert visibilité et protagonisme. Mais si cette composante générationnelle est fondamentale, et s’exprime par exemple dans certains mouvements organisés tels que « Juventud Sin Futuro », il faut souligner que la protestation en cours n’est pas un mouvement générationnel. C’est un mouvement de critique du modèle économique actuel et des tentatives de faire payer la crise aux travailleurs dans lequel les jeunes ont un poids important. Le défit est précisément que, comme dans tant d’autres occasions, la protestation de la jeunesse agisse comme un facteur déclenchant et un catalysateur d’un cycle de luttes sociales plus vaste.

    L’esprit alterglobaliste est de retour

    La dynamisme, la spontanéité et l’impulsion des protestations actuelles sont les plus fortes depuis l’émergence du mouvement alterglobaliste il y a plus d’une décennie. Né au niveau international en novembre 1999 dans les protestations de Seattle pendant le sommet de l’OMC (bien que ses racines remontent au soulèvement zapatiste au Chiapas en 1994), la vague altermondialiste avait rapidement atteint l’Etat espagnol. Le référendum pour l’annulation de la dette en mars 2000 (organisé le jour même des élections législatives et qui fut interdit dans plusieurs villes par la Junte Electorale) et la forte participation au contre-sommet de Prague en septembre 2000 contre la Banque mondiale et le FMI furent ses premières batailles, en particulier en Catalogne. Mais son caractère massif et large fut atteint avec les mobilisations contre le sommet de la Banque mondiale à Barcelone les 22 et 24 juin 2001, dont on fêtera sous peu le dixième anniversaire. Dix ans plus tard, nous assistons donc à la naissance d’un mouvement dont l’énergie, l’enthousiasme et la force collective n’a plus été observé depuis lors. Il ne s’agira donc pas d’un anniversaire nostalgique, bien au contraire. Nous allons le fêter avec la naissance d’un nouveau mouvement d’ampleur.

    Les assemblées qui se sont tenues ces derniers jours sur la Place de la Catalogne (et, sans aucun doute, dans toutes les occupations qui ont lieu dans le reste de l’Etat espagnol, à commencer par celle de la Puerta del Sol à Madrid), nous ont offerts des moments inoubliables, de cette sorte d’événements qui n’arrivent que peu de fois et qui marquent un avant et un après dans les trajectoires militantes de ceux qui y participent et dans la dynamique des luttes sociales. Le mouvement du 15 mai et les occupations sont d’authentiques « luttes fondatrices » et des symptômes clairs que nous assistons à un changement de cycle et que le vent de la révolte souffle à nouveau. C’est une véritable « génération Tahrir » qui émerge, comme l’a fait avant elle la « génération Seattle » ou la « génération Genova ».

    A mesure que l’impulsion du mouvement « alterglobaliste » a parcouru la planète, pourchassant les sommets officiels à Washington, Prague, Québec, Göteborg, Gênes ou Barcelone, des milliers de personnes se sont identifiées à ces protestations et une grande quantité de collectifs de par la monde ont eu la sensation de faire partie d’un même mouvement commun, d’un même « peuple », le « peuple de Seattle » ou de « Gênes , de partager des objectifs communs et se sentir participant à une même lutte.

    Le mouvement actuel s’inspire également de références internationales plus récentes et importantes de luttes et de victoires. Il cherche à se situer dans la constellation de mouvements aussi divers que les révolutions en Egypte et en Tunisie, des victoires en Islande, dans le contexte d’un combat général contre le capitalisme global et les élites politiques à sa solde. A l’intérieur de l’Etat espagnol, les manifestations du 15 mai, et aujourd’hui les occupations, exemplaires du point de vue de la simultanéitié, de la décentralisation et de la coordination, tracent les contours d’une identité partagée et d’une communauté d’appartenance symbolique.

    Le mouvement alterglobaliste a eu en ligne de mire, dans sa phase la plus élevée, les institutions internationales ; OMC, BM, FMI et les multinationales. Ensuite, avec le déclenchement de la « guerre globale contre le terrorism e » lancée par Bush junior, la critique de la guerre et de la domination impérialiste ont acquis une forte centralité. Le mouvement actuel par contre axe sa critique contre la caste politique nationale, dont la complicité et la servilité face aux pouvoirs économiques ont été plus que jamais mises à nu avec la crise. « Nous ne sommes pas une marchandise aux mains des politiciens et des banquiers » proclamait l’un des principaux slogans du 15 Mai. On relie ainsi la critique frontale de la caste politique, de la politique professionnelle, avec la critique, pas toujours bien articulée ou cohérente, du modèle économique actuel et des pouvoirs financiers. « Capitalism ? Game over ».

    Vers l’avenir

    L’avenir du mouvement initié le 15 Mai est imprévisible. A court terme, le premier défi est de continuer à élargir les occupations en cours, à mettre en marches les villes qui ne sont pas encore touchées et à les maintenir, au moins, jusqu’au dimanche 22 mai. Il n’échappe à personne le fait que les journées du 21, « jour de réflexion » pré-électoral, et du 22, jour des élections, vont être décisifs. Le caractère massif des occupations sera alors fondamental.

    Il est également nécessaire de mettre en avant de nouvelles dates de mobilisation, dans la suite directe de celle du 15 Mai, afin de maintenir le rythme. Le défi principal est de préserver la dynamique simultannée d’expansion et de radicalisation de la protestation que nous avons connus ces derniers jours. Et, dans le cas spécifique de la Catalogne, de chercher des synérgies entre la radicalisté et la soif de changement du système exprimés le 15 Mai et dans les occupation, avec les luttes contre l’austérité, en particulier dans les secteurs de la santé et de l’enseignement. L’occupation de la Plaza Catalunya (rebaptisée « Plaza Tahrir » par les occupant-e-s, NdT) est devenue un point de rencontre, un puissant aimant, attirant de nombreux secteurs animant les luttes les plus dynamiques. Il s’agit d’amplifier son caractère de point de rencontre des résistances et des luttes qui permette de jeter des ponts, de faciliter le dialogye et de propulser avec force les mobilisations à venir. Etablir des alliances entre les protestations en cours, entre les activistes non organisés, le syndicalisme alternatif et de combat, le mouvement des voisins, les collectifs de quartiers, tel est le grand défi des prochains jours.

    « La révolution commence ici » chantions nous hier sur la Plaza Catalunya. Au moins, ce qui commence, c’est un nouveau cycle de luttes de masses. Ce qui ne fait pas de doute par contre, c’est que plus de dix ans après l’émergence du mouvement alterglobaliste et deux ans après l’éclatement de la crise, la révolte sociale est de nouveau à l’ordre du jour.

    Josep Maria Antentas et Esther Vivas

    Josep Maria Antentas est professeur de sociologie à l’Universitat Autónoma de Barcelona (UAB). Esther Vivas participe au Centre d’études sur les mouvements sociaux (CEMS) de l’Universitat Pompeu Fabra (UPF). Tous deux sont membres de la Gauche Anticapitaliste (Izquierda Anticapitalista – Revolta Global, en Catalogne) et auteurs de « Resistencias Globales. De Seattle a la Crisis de Wall Street » (Editorial Popular, 2009) et participent à l’occupation de la Plaza Catalunya de Barcelone.

    http://esthervivas.wordpress.com/fr...

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  •  Les Indignés : un mouvement né sur le Web 

    Démarrée en Espagne, la contestation touche depuis l’Europe et timidement la France. D’Internet à la rue, il n’y a pas d’intermédiaire. Voici comment est né ce mouvement et comment il s’entretient grâce à un outil : Internet.

    Pas de syndicat et encore moins de parti politique. Les rouages traditionnels de la contestation sont dépassés, et même volontairement exclus. Internet, grâce à l’échange en temps réel via réseaux sociaux et chats, a permis l’émergence spontanée d’une contestation franche et radicale, un ras le bol d’une génération.

    • Né d’Internet, pour Internet

    Pour trouver une origine à ce mouvement, à l’état d’embryon, il faut chercher du côté de la loi Ley Sinde, l’équivalent de l’Hadopi espagnole. Les grands partis se sont unis pour faire passer le texte, sans entendre la voix des Espagnols, majoritairement contres. Sentiment de dénis de démocratie, et première organisation autour du mot d’ordre « No Les Votes » (ne votez pas pour eux, alors que les élections locales arrivaient). Slogan qui a donné son nom à un mot clé Twitter (1) puis à un site. Cette origine, de la défense d’une liberté totale sur Internet, explique pourquoi on trouve quelques masques d’Anonymous, le groupement d’Hacktiviste, lors des manifestations actuelles.

    • Internet et la « démocratie réelle maintenant»

    Ce premier mot d’ordre est rapidement rejoint puis noyé sous le rouleau compresseur de la colère d’une jeune génération écrasée par 45% de chômage, des conditions de vie de plus en plus précaires et le sentiment de ne pas être entendu. Malgré une présence dans la rue de plus en plus importante (Madrid, Barcelone, Saragosse, Valence, Cordoue, Bilbao…) Internet reste au cœur du mouvement. C’est un outil qui permet de se passer complètement des structures habituelles : réunions, tracts, délégués, porte-paroles… Les mots d’ordres s’échangent sur Twitter (#SpanishRevolution, #NoNosVamos , #AcampadaSol, #YesWeCamp) comme sur la page Spanich Revolution de Facebook. Suivie par plus de 132 000 personnes. La communication se fait en ligne, les manifestants ont même installé une Webcam pour suivre en direct les rassemblements de la Puerta del Sol. Le site Democracia Real Ya (démocratie réelle maintenant), créé par une fédération d’associations, s’est imposé depuis le 15 mai comme référence pour suivre le mouvement. Sa page Facebook est suivie par 330 000 personnes.

    Internet est ainsi devenu un élément structurel du mouvement. Ce qui s’y exprime est une colère, une envie de changement radical est un rejet de toutes les formes traditionnelles de la politique. Ce qui explique leur refus de toute récupération par des partis ou des syndicats et certains appels à voter blanc ou nul. La confiance envers le système démocratique espagnol est durablement rompue, les indignés ayant l’impression que leur voix n’est jamais entendue. La descente dans la rue s’est faite naturellement, comme un prolongement. C’est là aussi qu’ils veulent être entendus. D’où les principaux slogans : « Nous ne nous tairons pas » ou « la démocratie, maintenant ».

    • En France, une contagion déjà en danger ?

    Après une première manifestation la semaine dernière devant l’ambassade d’Espagne, les Indignés français se sont retrouvés Place de la Bastille et comptent bien faire de ce lieu symbolique un rendez-vous quotidien.  Le mouvement a ses mots clés Twitter : #frenchrevolution, #démocratieréelle ou #indignezvous. L’invitation d’associations comme Jeudi-Noir et Génération Précaire à rejoindre la mobilisation peut aider au décollage mais aussi participer au flou du message porté. Est-ce que les partis (les deux associations précitées ont à leur tête des élus d’Europe Ecologie Les Verts) et les syndicats traditionnels vont laisser le mouvement enfler seul ?  La filiation avec l’opuscule « Indignez-vous » de Stéphane Hessel est en tout cas souvent revendiquée.

    Les fils Twitter nous semblent le meilleur moyen pour suivre un éventuel envol de ce mouvement en France. A suivre également le site de Réelle démocratie maintenant, sur le modèle espagnol et en accord avec les mots d’ordre du mouvement, et qui propose un agenda des rassemblements prévus en France.

    (1)Twitter est un outil très adapté à ce mouvement. On s’y exprime en temps réel, dans de brefs messages de 140 signes maximums, autour de mots clés (hashtag dans le jargon), précédés par des #. Un exemple ci-dessous.

     

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    Retrouvez dans l’Huma de demain l’analyse complète des évènements en Espagne, de la contestation aux élections, par notre envoyée spéciale à Madrid.

    A propos des élections espagnoles : Espagne : la contestation des urnes

    Anonymous Francophone (au moins une partie) a visiblement récemment rejoint le mouvement #frenchrevolution, diffusant, comme à son habitude, un clip vidéo en guise de communiqué.

    Pierric Marissal

     

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  • Pacte pour l’euro : un FMI européenLorsqu’ils imposèrent le traité de Lisbonne, les dirigeants de l’UE invoquèrent le risque d’une crise dans le cas où les vingt-sept États membres demeureraient régis par le traité de Nice.

    Et au prétexte d’une adaptation du fonc­tionnement des institutions à l’élargisse­ment, Nicolas Sarkozy a fait reconnaître la concurrence libre et non faussée et la cir­culation sans entrave des capitaux comme les fondements de l’intégration euro­péenne.

    Pour parvenir à leurs fins, tous les coups étaient permis aux yeux des dirigeants de l’UE. Les Français avaient voté « non » lors du référendum sur le projet de consti­tution européenne, en 2005… Nicolas Sarkozy, sitôt élu, fit adopter par les seuls parlementaires, le 4 février 2008, ce traité de Lisbonne qui est la copie conforme du texte rejeté. C’est ainsi qu’une majorité de députés et sénateurs UMP – la plupart des socialistes s’abstenant – annulèrent le vote des Français.

    Le cadre propice à une dictature des marchés financiers était tracé. Deux ans ont suffi pour que ce qui eût semblé inconcevable peu de temps auparavant soit accepté comme une évidence en matière de gouvernance européenne : la mise sous tutelle des États. L’Union euro­péenne – d’abord le Marché commun, puis la Communauté européenne – s’est toujours présentée comme une zone de progrès et de démocratie ; elle devient un glacis de régression et de souveraineté limitée. Nicolas Sarkozy n’avait pas été avare de fortes paroles lors d’un discours prononcé à Strasbourg… avant son acces­sion à l’Élysée, le 21 février 2007 : « Je crois que l’Europe doit cesser d’ignorer le cri des peuples qui se sentent dépossédés de leur destin », et d’ajouter quelques phrases plus loin : « Il est paradoxal de vouloir organiser une démocratie euro­péenne et de nier en même temps la liberté de choix. » Et il est encore plus paradoxal de tenir de tels propos et de tenter de faire voter par les parlementaires français un projet de loi constitutionnelle qui impose­rait aux majorités et aux gouvernements futurs le carcan budgétaire du pacte pour l’euro. C’est un signe 
de soumission aux marchés financiers.

    Les dirigeants de l’Union européenne – les principaux chefs d’État et de gouver­nement ainsi que la Commission de Bruxelles –, en s’attaquant à la souverai­neté des peuples dans la construction d’une politique européenne, approfondis­sent la crise de confiance des citoyens et alimentent le fonds de commerce des organisations populistes et xénophobes, en d’autres termes de l’extrême droite. En Hongrie, les actuels dirigeants semblent s’inspirer du régent Horthy ; dans le Parlement d’Helsinki, paradent les « vrais Finlandais » ; en Italie, la troïka affairiste, postfasciste et xénophobe tient le haut du pavé ; et en France, tous repères disparus, des commentateurs des grands médias répètent à l’envi que le FN aurait un discours « social ».

    La gauche doit avoir le courage de reje­ter à la fois l’illusion du repli sur soi et la soumission au pacte de l’austérité. Au moment du trentième anniversaire du 10 mai 1981, rappelons qu’aucune des grandes réformes économiques et sociales réalisées alors n’aurait pu être décidée sous un régime de mise sous tutelle bud­gétaire. 
Et cela reste vrai aujourd’hui.

    Comme le souligne le Parti de la gauche européenne, dont sont membres en France les composantes du Front de gauche, « la période qui s’ouvre est celle d’une alter­native : ou bien l’abandon de toute ambi­tion sociale et démocratique, ou bien la rupture avec la domination des marchés financiers ».

     

    Gérard Streiff.


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  • Lisbonne et Porto

    Contre l'austérité imposée par le FMI et l’UE

     Théorie marxiste

    vendredi 20 mai 2011, par  Alessandro Vitagliano

    Plusieurs milliers de personnes ont manifesté jeudi à Lisbonne et Porto, à l’appel de la principale centrale syndicale portugaise la CGTP, contre le plan d’aide de 78 milliards d’euros négocié avec l’Union européenne et le Fonds monétaire international (FMI), en échange d’une cure d’austérité.

    Dans le défilé, les slogans visaient dans leur grande majorité à dénoncer les baisses de salaires, imposées aux fonctionnaires depuis janvier par le gouvernement socialiste, ainsi que les nouvelles mesures prévues par le plan d’aide, comme le gel ou la baisse des retraites, la réforme du code du travail et les privatisations. Le taux de chômage au Portugal a atteint un nouveau record historique à 12,4 % de la population active au premier trimestre 2011. Le PIB portugais s’est contracté de 0,7 % au premier trimestre, après avoir reculé 0,6 % au trimestre précédent, selon des statistiques publiées la semaine dernière.

    Intervenant à la fin du défilé à Lisbonne, le leader de la CGTP Carvalho da Silva a dénoncé le retour en arrière provoqué par le plan de sauvetage financier conclu avec l’UE et le FMI qui va engendrer récession économique, chômage, injustices, inégalités et pauvreté.

    Le plan, entériné lundi par les ministres européens des Finances, prévoit le versement au Portugal de prêts de 78 milliards d’euros en échange d’une cure de rigueur et de réformes structurelles visant à ramener le déficit public de 9,1% du PIB l’an dernier à 3% en 2013.


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  • ALERTE - Le Danemark rétablit des contrôles à ses frontières intra-UE

    COPENHAGUE - Le Danemark va rétablir des contrôles douaniers à ses frontières intra-européennes avec l'Allemagne et la Suède, a annoncé mercredi le ministre danois des Finances, Claus Hjort Frederiksen, à la suite d'un accord politique entre le gouvernement et l'extrême-droite.

    Romandie News

    Le Danemark rétablit des contrôles à ses frontières intra-européennes

     Théorie marxiste

    Le Danemark va rétablir des contrôles douaniers à ses frontières intra-européennes avec l'Allemagne et la Suède, a annoncé mercredi le ministre danois des Finances, à la suite d'un accord politique entre le gouvernement et l'extrême-droite.

    "Nous sommes parvenus à un accord pour réintroduire des contrôles douaniers aux frontières du Danemark le plus rapidement possible", a déclaré le ministre, Claus Hjort Frederiksen.

    La mesure danoise, qui doit entrer en application d'ici deux à trois semaines, selon M. Hjort Frederiksen, se traduira par des contrôles essentiellement à la frontière avec l'Allemagne, mais également dans les ports et au bout du pont géant de l'Oeresund qui relie la Suède au Danemark.

    L'idée de contrôles renforcés à l'intérieur de l'Union européenne, récemment défendue par la France et l'Italie, était portée par la formation anti-immigration du Parti du Peuple danois (PPD, extrême-droite) et sa dirigeante, Pia Kjaersgaard, pour lutter contre l'immigration illégale et la criminalité organisée.

    "Au cours des dernières années, nous avons vu une augmentation du crime transfrontalier, et ceci est fait pour parer le problème. Nous allons construire de nouvelles installations à la frontière germano-danoise, avec des nouveaux équipements électroniques et des identifiants de plaques minéralogiques", a expliqué M. Hjort Frederiksen.

    Cette décision intervient alors que la Commission européenne doit proposer jeudi aux ministres européens de l'Intérieur à Bruxelles de nouvelles possibilités de réintroduction temporaire des contrôles aux frontières nationales au sein de la zone Schengen, à la demande notamment de Paris et Rome.

    L'extrême-droite danoise, alliée du gouvernement minoritaire libéral-conservateur au pouvoir depuis 2001, a pu, grâce à son rôle clé au Parlement, obtenir depuis dix ans une politique durcie en matière de sécurité et surtout d'immigration, avec une des législations les plus strictes d'Europe.

     


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  • VIDEO. L'humoriste Christophe Alévêque candidat à la présidentielle

     

    Théorie marxiste

    Christophe Alévêque, ici à Cannes, s'est déclaré candidat à la présidentielle vendredi 6 mai. | LP/DUGIT  

    Christophe Alévêque se prendrait-il pour Coluche? L'humoriste a en tout cas annoncé vendredi soir à Paris, sa candidature à l'élection présidentielle de 2012, au cours d'un happening qu'il organise chaque année le 6 mai devant le Fouquet's en signe de protestation depuis l'élection de à la présidence de la République en 2007.


    «Devant ce constat politique navrant, j'ai donc décidé, après avoir organisé les primaires dans les toilettes de chez moi cet après-midi, de présenter ma candidature à la prochaine élection présidentielle», a déclaré l'humoriste arrivé à 20 heures précise devant le célèbre restaurant des Champs Elysées où Nicolas Sarkozy avait fêté son élection en 2007.

    Une campagne qui fera un documentaire

    «Mais ce ne sera pas moi, ce sera un héros : Super Rebelle !», a-t-il lancé, revêtant une cape rouge de super héros sous les applaudissements, sifflements et au milieu des confettis jetés par ses supporteurs devant les badauds rassemblés autour de lui. Un comité de soutien armé de cuivres a accompagné l'action en musique, lancé de faux billets de 500 euros et brandi des pancartes à l'effigie du candidat «Super Rebelle».

    Les «Roms», «l'islam de France», «l'affaire Bettencourt», «BHL et Kadhafi», «Carla Bruni-Sarkozy»... Christophe Alévêque s'est livré à un «rappel» en règle des événements et personnalités qui ont marqué l'année en cours, a fait chanter le public, lâché une colombe, en bois, et enchaîné les boutades et moqueries sur le pouvoir en place et les politiques en général.

    Il a appelé le public à aller voter quoi qu'il arrive et annoncé qu'il partirait en campagne comme les autres candidats qu'il «caricaturerait». Cette «campagne» de Super Rebelle à la rencontre de ses électeurs sera filmée comme un documentaire, selon la société qui le produit, Cinétévé.

    VIDEO. Le rassemblement 2010 devant le Fouquet's


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    LeParisien.fr

     


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  • Le PCP dénonce dans le plan d’austérité dicté par le FMI et l’UE "une agression sans précédent contre le peuple portugais"
    Le plan d’austérité dicté par le FMI et l’UE et mis en œuvre par la droite et le PS :

    Un programme d’agression sans précédent contre le peuple et le pays

    Théorie marxiste

    Déclaration du Parti communiste portugais (PCP)

    Traduction MA pour http://solidarite-internationale-pc...

    Démentant la mise en scène orchestrée par le PS, le PSD (droite libérale) et le CDS (droite conservatrice), les mesures prévues constituent la plus grande agression contre les droits du peuple et les intérêts du pays depuis l’époque du fascisme. Il s’agit d’un programme illégitime d’ingérence étrangère, construit pour favoriser les groupes économiques et financiers nationaux et étrangers, qui approfondit et développe tout ce qui a été rejeté dans le quatrième plan d’austérité dit PEC IV. Une offensive sans précédent contre la souveraineté et l’indépendance, rendue possible par le rôle de force de capitulation des intérêts nationaux que le PS, le PSD et le CSD sont prêts à assumer.

    Une intervention qui, si elle se concrétisait, contribuerait à l’aggravation de la récession économique, du chômage et de la pauvreté – en raison de la chute de l’investissement public, de la diminution des salaires et des retraites, de l’attaque contre les petites entreprises – tout comme à l’aggravation de la dépendance extérieure. Une intervention et une ingérence que le peuple portugais ne peut pas accepter et qui aggraverait, si elle était appliquée, tous les problèmes nationaux, y compris les conditions du paiement de la dette extérieure.

    Voici une synthèse de quelques unes des nombreuses mesures prévues :

    Aggravation de l’exploitation

    * Licenciements facilités et moins onéreux, réduction des indemnités payées par le patron de 30 à 10 jours (par année de travail) et élargissement des possibilités de licenciement pour « motif valable » ;

    * Réduction de l’accès aux allocations-chômage à une durée maximale 18 mois et limitation de son montant à 2,5 fois l’IAS [revenu minimum fixé à 419 euros], avec une diminution systématique de sa valeur après six mois ;

    * Flexibilisation des horaires de travail via la mise en place d’une « banque d’heures », la diminution du montant payé pour les heures supplémentaires ;

    * Attaque contre les conventions collectives et le rôle des syndicats dans la négociation ;

    Attaque contre les revenus des travailleurs et des retraités

    * Gel du salaire minimum national et dévalorisation générale des salaries via la modification du droit du travail et des allocations-chômage ;

    * Diminution réelle de toutes les retraites et pensions pendant trois ans, y compris les retraites minimum, et baisse nominale de celles supérieures à 1 500 euros ;

    * Augmentation de la TVA, en particulier les taxes sur les biens et services essentiels, et des autres impôts indirects :

    * Augmentation de l’IRS (Impôt sur le revenu) via la réduction ou l’élimination des déductions fiscales (santé, éducation, logement), y compris l’aggravation de la taxation des retraites et pensions et l’introduction du paiement de l’impôt sur les revenus issus des aides sociales ;

    * Élimination des exemptions de l’IMI (taxe foncière annuelle) dans les premières années après l’achat de la maison, avec augmentation des valeurs de référence pour le calcul et donc des taxes correspondantes ;

    * Augmentation des prix du gaz et de l’électricité à travers leur libéralisation et augmentation de la TVA ;

    * Augmentation du montant des loyers et facilitation des expulsions ;

    * Nouvelles coupes dans les prestations sociales

    * Aggravation significative des forfaits hospitaliers, diminution des remboursements de médicaments ;

    Attaque contre les travailleurs et les services de l’Etat

    * Coupes significatives dans la santé, l’éducation, la justice, l’administration locale et régionale ;

    * Fermeture et concentration des services (hôpitaux, centres de santé, écoles, tribunaux, Trésor et autres services de l’administration centrale et régionale) ;

    * Gel pendant trois dans des salaires des travailleurs de l’administration publique ; suppression de dizaines de milliers d’emplois dans l’administration publique ;

    * Suppression d’un nombre significatif de cantons et de communes, privant de vastes régions du territoire et une grande partie de la population de services essentiels ;

    Privatisations

    * Privatisations – accélération de la cession d’entreprises et de participations stratégiques au capital privé ;

    * Déjà en 2011 privatisation de la participation de l’État dans l’EDP (gaz/électricité), de la REN (réseaux énergétiques) et de Air Portugal.

    * Cession des droits spéciaux de l’État (golden shares) dans des entreprises stratégiques comme Portugal Télécom ;

    * Privatisation de la Caisse générale des dépôts dans sa branche assurantielle (plus de 30% de l’activité financière du groupe), ainsi que d’autres secteurs d’activité, notamment à l’étranger ;

    * Extension du processus de privatisations à des entreprises municipales et régionales ;

    * Offensive contre le secteur public du transport de passagers et de marchandises, notamment avec la privatisation de l’ANA (Aéroports), du CP Carga (Chemins de fer-Fret), des lignes ferroviaires de banlieue, de la gestion des ports, etc. ;

    * Bradage généralisé du patrimoine public ;

    * Transfert au secteur privé, par la fermeture et la dégradation des services publics, de larges domaines d’intervention jusqu’ici assurés par l’État ;

    Encore plus d’aides pour les banques et les grands groupes économiques

    * Les banques et les grands groupes économique exemptés de toute mesure de sanction ;

    * Aides de 12 milliards d’euros pour les banques, agrémentées de garanties d’Etat d’une valeur de 35 milliards d’euros ;

    * Prise en charge par l’État des pertes causés par la gestion frauduleuse de la BPN (Banque populaire d’affaires) d’ici à sa privatisation en juillet 2011, sans prix minimum fixé et sans frais supplémentaires pour les racheteurs ;


    De : Solidarité-Internationale-PCF
    jeudi 5 mai 2011



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