• Autrefois coupée en deux entre l'Est et l'Ouest, l'Europe expérimente ainsi une nouvelle fracture, une fracture Nord-Sud


    Zone-euro-Nord-Sud

    Triple A au Nord, triple ruine au Sud

    Par Sylvie Kauffmann


    Jerez de la Frontera, en Andalousie, est une ville de 212 000 habitants, célèbre pour ses vignes et son circuit automobile, où Ayrton Senna remporta un jour un Grand Prix de formule 1 pour 14 millièmes de seconde d'avance. Jerez a désormais une autre spécialité : c'est une ville en faillite.

    Aucun des quelque 2 400 employés municipaux ou du secteur public local n'y a été payé depuis décembre. Les autobus sont en grève et, faute de carburant, ceux qui desservent les zones rurales alentour n'assurent plus que la moitié du service. Les installations sportives de la ville n'ont pas ouvert depuis un an, car on leur a coupé l'électricité. Un tiers des lampadaires publics ne s'allument plus. L'immeuble des affaires sociales, inauguré il y a un an, n'a pas non plus l'électricité ; les fonctionnaires y travaillent avec un générateur à essence et sans chauffage.

     

    Chaque jour voit son lot de manifestations, d'occupations de lieux publics, de réclamations : un jour, ce sont les policiers municipaux, un autre, les employés du cimetière, le lendemain, les dames de l'association de services à la personne, incapable de les payer car la mairie n'a pas versé les subventions.

    Jerez a commencé l'année avec zéro euro dans ses caisses. Pour un budget de 222 millions, elle était arrivée, fin 2010, à une dette de 958 millions. La course effrénée à l'endettement s'est arrêtée là. « Etranglée, Jerez agonise », résumait El Pais dimanche 19 février. En Espagne, les villes ruinées comme Jerez se comptent par douzaines.

     

    Le lecteur du quotidien espagnol se sent moins seul en tournant les pages. Ses voisins portugais, apprend-il, connaissent « un enfer particulier », celui de « vivre troïkés » (troikados). « Troïké », néologisme désignant ceux qui vivent sous le régime de la « troïka » - mission composée de représentants de la Banque centrale européenne, du Fonds monétaire international et de la Commission européenne - depuis que la zone euro a contraint le Portugal, comme la Grèce, à remettre leurs finances publiques en ordre.

     

    Vivre « troïkés », c'est un peu comme vivre à Jerez, mais avec en prime la visite des fonctionnaires étrangers qui viennent dispenser leur expertise au gouvernement. « Ils sont là, sur la photo du « Diario de noticias », traversant la place du Commerce à Lisbonne, jeunes, modernes, souriants, en costume, avec leurs lunettes de soleil et leurs ordinateurs portables dans leurs petites sacoches noires », écrit le journaliste d'El Pais. Et cette image tranche terriblement avec celle d'un pays qui se délite, où les ambulances restent garées dans les parkings, où l'on ferme des salles de classe car le nombre d'enseignants a été réduit de 10 %, où les autoroutes magnifiques sont désertes. Comme résignés devant « cette vie qui recule de jour en jour ». Les Portugais, cependant, sont moins remuants que les habitants de Jerez.

     

    Ce qui n'est pas, on le sait, le cas des Grecs. Personne ne suit les nouvelles de Grèce plus que les Espagnols, avec cette curiosité des co-bagnards et l'idée un tout petit peu réconfortante que ce bagne-là est quand même pire que ce bagne-ci. A Athènes, lorsque la nuit tombe, lit le lecteur d'El Pais, quand les touristes se retirent, « les sans-logis commencent à affluer sur les trottoirs, sous les portes cochères, réfugiés sous de petites constructions de cartons et des couvertures. Certaines places se transforment en dortoirs et, rue Sofokleous, on distribue de la nourriture ».

     

    C'est la réalité de 2012, au sud de la zone euro. L'Italie de Mario Monti s'est elle aussi mise à l'heure de la rigueur, mais elle le vit différemment. L'évasion fiscale est devenue l'ennemi public numéro un, donnant lieu à un délit de faciès d'un genre nouveau : mieux vaut avoir sa déclaration de revenus dans la boîte à gants de sa Maserati, les contrôles sont fréquents. C'est une des raisons pour lesquelles les mesures d'austérité sont mieux acceptées en Italie, ou même en Espagne, qu'en Grèce : les dirigeants ont le souci de montrer que le fardeau ne repose pas que sur les épaules des classes moyennes et populaires.


     Mario Monti a renoncé à ses traitements de président du conseil et de ministre de l'économie, et mis l'Eglise catholique à contribution. En Espagne, Mariano Rajoy, le chef du gouvernement, a limité son salaire annuel à 78 185 euros (à titre de comparaison, celui du président Sarkozy approche les 240 000 euros). Les présentateurs de la télévision publique, les directeurs d'entreprises publiques ont accepté une baisse de leurs rémunérations de 25 % à 30 %. Les salaires de l'ensemble des fonctionnaires espagnols, réduits de 5 % en 2011, sont gelés en 2012.

     

    A l'inverse, la Grèce, comme le souligne l'économiste Jean Pisany-Ferry, réduit le salaire minimum mensuel à 483 euros mais néglige « le fait que l'évasion fiscale des 10 % supérieurs se traduit par une perte d'un quart des recettes de l'impôt sur le revenu ». Politiquement et socialement, cette inégalité devant le sacrifice n'est pas tenable.

     

    Autrefois coupée en deux entre l'Est et l'Ouest, l'Europe expérimente ainsi une nouvelle fracture, une fracture Nord-Sud : le nord de la zone euro est l'Europe du triple A, de la croissance, même modeste, des services publics efficaces, des taux de chômage tolérables. Cette Europe-là est une terre d'accueil pour immigrants qualifiés.


     Au sud de la zone euro se trouve l'Europe de la triple ruine, de la récession et du chômage, où l'endettement a conduit aux situations décrites plus haut. Les jeunes et les chercheurs fuient cette Europe « troïkée » pour trouver du travail, en Europe du Nord ou en Amérique latine.

     

    Cette inégalité-là, entre les deux zones, est-elle politiquement tenable ? La question est particulièrement pertinente pour la France, qui est à la fois au Nord et au Sud, mais qui, en termes de discipline budgétaire et d'endettement, est plus proche du Sud que du Nord. Ce n'est pas tout à fait un hasard si, d'après un sondage IFOP, la moitié des Français, et 62 % des ouvriers, craignent un scénario grec pour leur pays.

    Le Monde.fr

    Cri du Peuple 1871 : http://www.mleray.info/article--autrefois-coupee-en-deux-entre-l-est-et-l-ouest-l-europe-experimente-ainsi-une-nouvelle-fracture--99924956.html


    votre commentaire
  •                                   AKEL-copie-1.jpg

     A 300 kilomètres des côtes syriennes vient de se produire un tremblement de terre diplomatique : La république de Chypre vient de signer un accord de défense avec Israël.

    Les faits : Le premier ministre israélien a été reçu en visite officielle par le président de la République Chypriote Christofias et un accord de défense a été signé entre les deux pays qui permet à l’armée israélienne d’utiliser des bases en République Chypriote et de mettre ses capacités militaires à la disposition de la petite république insulaire.

    Voici donc un pays membre de l’Union Européenne (depuis 2004) mais, ce qui est rare au sein de l’UE, non membre de l’OTAN, dirigé par un parti communiste, qui fait alliance avec un des gouvernements israéliens les plus à droite que ce pays ait connu.

    Ce bouleversement est une réponse des deux nouveaux alliés à la politique d’un tiers : La Turquie.

     

    Chypre : œil du cyclone en méditerranée orientale


    Du point de vue du droit international, la république de Chypre est souveraine sur la totalité de l’ile et la partie envahie et occupée militairement par la Turquie depuis 1974 est simplement considérée comme échappant temporairement à l’administration de la République. La tentative turque de créer une république indépendante sur la partie Nord n’a eu aucune suite sur le plan international. Les actions de la Turquie depuis 1974 : occupation militaire d’un territoire étranger (40 000 hommes), colonisation (installation de plus de 300 000 colons venus d’Anatolie installés sur les terres des chypriotes grecs chassés), nettoyage ethnique (expulsion de leurs terres et de leurs maisons de tous les chypriotes grecs vivant au Nord) ont été condamnées par toutes les instances internationales mais la Turquie n’en a eu cure pensant que le temps travaillait pour elle.

    Jusqu’à ces dernières années cet abcès turc n’avait eu aucune conséquence sur la qualité des relations entre Israël et la Turquie. Ces relations se sont progressivement dégradées. Le parti islamiste au pouvoir en Turquie a d’abord pris une position anti-israélienne sur la question palestinienne, position spectaculaire qui s’est manifestée par le soutien gouvernemental à la Première flottille pour la paix. Spectaculaire mais pas plus puisque la Turquie n’a pas soutenu la seconde flottille pour la paix et que les menaces de faire forcer le blocus maritime de Gaza par la marine de guerre turque sont restées verbales. Il s’en est suivi une certaine dégradation des rapports entre les deux pays et tout en continuant à acheter du matériel militaire en Israël la Turquie a suspendu l’accès des ses bases aériennes à l’armée de l’air israélienne qui avait l’habitude d’utiliser le vaste ciel turc pour son entrainement.

    Plus profondément Israël a constaté au cours de l’année 2011 que la Turquie était très active pour occuper une place importante dans le processus de transformation des régimes arabes et manifestait une volonté nouvelle d’influence dans le monde arabe dans un style qui évoque inévitablement l’empire ottoman. Les tournées triomphales d’Erdogan en Tunisie, en Libye et en Egypte ont favorisé une action commerciale importante des patrons turcs dans tout le monde arabe.

    Cette évolution était suffisante pour refroidir les relations entre les deux pays mais ce qui vient de se passer est une riposte israélienne de grande ampleur qui brouille complètement le jeu diplomatique régional.

    Israël met son armée à la disposition d’une petite république dont une partie du territoire est occupé illégalement par l’armée turque.

    La raison économique de ce renversement est connue : il s’agit de la présence confirmée d’importants gisements de pétrole et de gaz sous-marin dans les eaux de la Méditerranée entre Chypre Israël et le Liban

    La carte jointe donne quelques indications sur les périmètres de recherche attribués et les zones délimitées.

    Pour Chypre comme pour Israël et le Liban l’exploitation de ces richesses constitue une transformation complète de leur position géostratégique : sortir d’une totale dépendance énergétique et représente donc un enjeu politique de première grandeur. Conscients de leur intérêt commun, Chypre et Israël ont signé un accord bilatéral de délimitation des eaux. Bien qu’Israël ne soit pas signataire de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer, cet accord respecte les règles établies par cette Convention ce qui lui confère une validité internationale.

    Cet accord a rendu la Turquie, qui est elle aussi dépendante en matière pétrolière et gazière, furieuse. S’en tenant à sa position de force sur la question de Chypre Nord , la Turquie s’est donc mis à revendiquer le droit d’exploiter les richesses sous-marines autour de Chypre Nord et pour bien montrer sa détermination a menacé de détruire militairement les installations pétrolières chypriotes programmées. Par son attitude belliqueuse elle a poussé Chypre dans les bras d’Israël.

    Les réactions diplomatiques à cet évènement de première grandeur sont pour l’instant peu nombreuses ce qui démontre simplement l’extrême complexité de la situation et le casse-tête général que ce soit pour l’OTAN : laisser la Turquie « faire des bêtises » et agresser son tout petit voisin sans défense ?, pour l’Union Européenne : soutenir un membre contre les menaces d’un candidat à l’adhésion ? , pour la Grande-Bretagne qui dispose depuis 1960 date de l’indépendance de Chypre de deux grandes bases aériennes extra-territoriales sur le sol de Chypre qui sont l’équivalent de deux porte-avions dans cette zone troublée : rester neutre ?, pour le bloc atlantique : se fâcher avec la Turquie qui collabore par ailleurs si activement à la « guerre civile » en Syrie, pour l’ONU, une ONU si expéditive et si peu respectueuse du droit dans d’autres cas, qui n’a jamais trouvé les moyens de régler la question chypriote qui est claire sur le plan du droit mais bloquée par la force par la Turquie depuis presque 40 ans ?

    Dernière touche de complexité : le gouvernement syrien a lui aussi, comme l’a fait également le gouvernement libanais manifesté de l’intérêt pour les ressources sous-marines au large de ses côtes.

     

    LA BOITE DE PANDORE EST OUVERTE !

     

     

    Cette carte sommaire fait apparaitre les zones maritimes convoitées par les pays riverains

     

    Les parties quadrillées en blanc sont sous souveraineté chypriote, la zone israélienne délimitée par le traité avec Chypre est marquée GAS POCKETS, la zone mauve au Nord est revendiquée par la Turquie au mépris du droit international puisque la Turquie n’est pas souveraine sur Chypre Nord et qu’il faudrait un traité avec la République Chypriote pour que soit partagée cette zone mauve.

     

    COMAGUER

     

    http://comaguer.over-blog.com


    votre commentaire
  •  624 341 d572a74e332f8931ddac2cc09f4ef963-1327930072Les ports belges paralysés par un mouvement de grève contre la casse du « régime spécial » des marins et pour la défense de la retraite à 60 ans

     


    Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

        La résistance s'intensifie en Belgique contre les politiques d'austérité du gouvernement socialiste d'union nationale d'Elio di Rupo, concertées avec l'Union européenne. Après la manifestation nationale du 3 décembre qui avait rassemblé 50 000 manifestants dans les rues de Bruxelles, après la grève générale du 30 janvier, la plus massive depuis vingt ans, la lutte continue bien qu'en ordre dispersé.

        Ce lundi 13 janvier, ce sont les marins Belges qui ont lancé un mouvement de grève, reconduit mardi et mercredi, contre la réforme des retraites préparée par le gouvernement, qui prévoit notamment la casse de leur « régime spécial », lié historiquement à la pénibilité de leur travail, mais va toucher l'ensemble des travailleurs belges.

        En Belgique, une série de contre-réformes ont conduit au recul de l'âge de départ à la retraite à taux plein à 65 ans, après 45 années de cotisation. Le droit à une pré-retraite n'est possible qu'à 58 ans, avec 38 années de cotisation. Un certain nombre de métiers pénibles ont droit à un départ plus précoce à 60 ans, c'est le cas des mineurs, des cheminots et donc des marins.

        La contre-réforme mise en œuvre par le gouvernement di Rupo prétend « uniformiser le système de retraites », en réalité il le nivelle par le bas, notamment en prenant pour cible les « régimes spéciaux » de travailleurs présentés comme privilégiés, comme les marins ou les cheminots dont l'âge de départ à la retraite passerait de 60 à 62 ans.

        Mais les autres catégories de salariés seront également touchés puisque le droit à une pré-retraite ne serait effectif qu'à 60 ans et non 58 et ce après 40 années d'ancienneté. Par ailleurs, le calcul des pensions des fonctionnaires se ferait sur les 10 dernières années de carrière et non plus les 5 dernières.

        La colère de la base militante des syndicats de marins de la FGTB et de la CSC a créé les conditions d'un mouvement de grève largement suivi chez les marins, en particulier chez les pilotes et les lamaneurs, contribuant à la paralysie des ports de Zeebrugge, Ostende, Gand et surtout Anvers, où 55 navires n'ont pu ni quitter le port ni y entrer au premier jour de la grève.

        Sachant qu'Anvers est deuxième port d'Europe, chaque heure de grève coûte au patronat 1 million d'euros qui crie à la « prise d'otage » du pays. Le climat est de plus en plus tendu entre le patronat, le gouvernement d'un côté et les syndicats de marins de l'autre. Le ministre libéral des Retraites Vincent Van Quickenborne a appelé à l'ouverte des négociations mais a déjà annoncé qu'il ne bougerait pas sur la question du recul de l'âge de départ à la retraite.

        De leur côté, les syndicats de marins ont déjà reconduit la grève, à l'origine prévue pour un jour, deux jours d'affilée et ne semblent pas prêts à lâcher.

        Au-delà de la défense corporatiste de leur « régime spécial », la lutte des marins pourrait être le début d'une véritable convergence des luttes sur la question des retraites et sur l'ensemble de la politique d'austérité du gouvernement.

        Kurt Callaerts, leader du syndicat des marins de la CSC, a déjà fait savoir que « les problèmes allaient bien plus loin que la question des retraites », pointant du doigt également le gel des salaires des travailleurs du secteur public.

        La constitution d'un mouvement de convergence des luttes est entre les mains des directions syndicales belges, cependant les syndicats réformistes de la FGTB et de la CSC, membres de la CES, n'ont donné aucune suite à la grève générale historique du 30 janvier, si ce n'est la « journée d'action européenne »  prévue par la CES du 29 février.

        Quelque soit la suite que prendra le mouvement des marins belges, il pose la question de la convergence des luttes, alors que les cheminots devaient partir en grève ce mercredi 15 février, dans un contexte où plus que jamais existent en Belgique comme ailleurs en Europe les potentialités de lutte pour mettre en échec l'agenda de casse sociale du gouvernement et de l'Union européenne.


    votre commentaire
  •  3029La plus grande manifestation de ces trente dernières années au Portugal : 300 000 manifestants à l'appel de la CGTP à Lisbonne contre les nouvelles mesures d'austérité

     


    Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

        300 000 manifestants sont descendus dans les rues de Lisbonne ce samedi 11 février, à l'appel de la seule CGTP, pour dire Non à une nouvelle déclaration de guerre contre les travailleurs portugais.

        La manifestation, partie de la Place des Restaurateurs vers le Terreiro do Paço, une des plus grandes places d'Europe, est selon le secrétaire de la CGTP, « la plus grande manifestation de ces trois dernières décennies ».

        En ligne de mire des manifestants, les mesures dites d'austérité proposées par le nouveau gouvernement de droite, avec l'accord du PS qui a mis en œuvre les quatre plans d'austérité précédents, et imposées par la « troïka » BCE/Union européenne/FMI.

        Le nouveau gouvernement a déjà fait passé fin 2011 une nouvelle hausse de la TVA, la suppression des treizième et quatorzième mois pour les fonctionnaires, la concession de parts de l’État dans diverses entreprises publiques (électricité, caisse des dépôts) ou encore de nouvelles exonérations de cotisations patronales.
       
        En ce début d'année 2012, il avait fait de l'augmentation du temps de travail d'une demi-heure par jour (soit trois heures par semaine) sa mesure phare. Confronté à une résistance de plus en plus forte dans les entreprises, matérialisée par la grève massivement suivie du 24 novembre, le patronat a reculé sur cette mesure pour mieux avancer sur son agenda de casse sociale.

    Objectif de la CGTP : retrait de l'accord inique signé entre le patronat et l'UGT dans le cadre du « dialogue social »

        Si le mot d'ordre général de la manifestation porté par la CGTP était « Non à l'exploitation, aux inégalités et à la paupérisation », le premier syndicat portugais avait fixé un objectif plus concret : obtenir le retrait de l'accord-projet de loi signé en janvier 2012 entre le patronat et le deuxième syndicat portugais d'obédience social-démocrate, l'UGT.

        Accord qui feint un recul patronal sur la hausse du temps du travail pour avancer sur la dérégulation des licenciements, devenus plus faciles et moins onéreux pour le patron, la flexibilisation des horaires de travail avec l'instauration de la « banque d'heures », la baisse des salaires réels avec la minoration du paiement des heures supplémentaires ou encore la remise en cause du principe de la négociation collective.

        Le nouveau secrétaire-général de la CGTP, Arménio Carlos, a appelé à la lutte pour le retrait du projet de loi : « Cet accord récent de concertation sociale est une des plus grandes arnaques du siècle ! Mais cet accord n'a pas force de loi, il nous faut donc le combattre de toutes nos forces pour obtenir son retrait ».

        Le mot d'ordre « A luta continua ! » scandé par les manifestants a trouvé un écho dans la conclusion du discours du dirigeant syndical portugais pour qui la perspective est celle de « la mobilisation générale, pour informer les travailleurs, agir et lutter sur tous les lieux de travail contre ces mesures de recul social et civilisationnel ».

    La CGTP et les communistes en première ligne de la lutte contre « le pacte d'agression »

        La nouvelle trahison de l'UGT, syndicat de tradition socialiste qui avait fait passer les plans d'austérité du gouvernement Socrates, n'est pas une surprise mais reste éclairante sur les divergences entre un syndicat réformiste qui privilégie le « dialogue social » et un syndicat de classe comme la CGTP, qui construit la lutte pour mettre en échec les plans d'austérité successifs.



     cartaz12congresso.jpg   Le XIIème Congrès de la CGTP, qui s'est tenu les 27 et 28 janvier dernier a réaffirmé la ligne de lutte que se donne le syndicat pour les semaines à venir :

    1) Le choix de la lutte pour mettre en échec les nouvelles mesures d'austérité négociées entre patronat,


    2) Unité d'action à la base plutôt qu'accords de sommet ;


    3) Alternative politique pour un « Portugal développé et souverain – un travail avec des droits » insistant entre autres sur la rupture avec la politique de l'UE et sur des nationalisations démocratiques ;

        Dans le respect de l'indépendance du premier syndicat portugais, la Conférence a également marqué un nouveau rapprochement entre la CGTP, et son parti historique de référence, le PCP, avec l'élection à la tête de la centrale syndicale d'un dirigeant du Parti communiste, Arménio Carlos, membre du Comité Central du PCP.

        La CGTP a déjà annoncé qu'elle continuerait à construire la mobilisation, avec la poursuite des actions locales coordonnées nationalement dans le cadre de la campagne des « Semaines de lutte », avec la journée européenne du 29 février comme étape d'une mobilisation plus large, construite entreprise par entreprise mais avec une perspective de lutte nationale.

        Selon le secrétaire-général du Parti communiste portugais, Jeronimo de Sousa, la seule voie est aujourd'hui celle de « la lutte de masses : lutte contre l'exploitation, lutte contre ce pacte d'agression, une lutte chargée d'espoir ».


    votre commentaire
  • akropoli-11febr12.jpgLe PC Grec (KKE) déploie une nouvelle banderole sur l'Acropole : « A la bas la dictature de l'Union européenne des monopoles ! »

     



    Traduction JC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

     




    Le KKE a déployé deux banderoles géantes au sommet du rocher de l'Acropole ce samedi matin, second jour de la grève générale de 48 heures. Des centaines de militants du KKE, brandissant des drapeaux rouges et scandant des mots d'ordres contre les mesures du gouvernement, de l'UE et de la ploutocratie, ont lancé un appel à la vigilance et à un soulèvement populaire général.

    Le KKE, par cette action symbolique, lance un appel à la classe ouvrière, aux couches populaires et à la jeunesse afin qu'ils participent cette lutte décisive sous le mot d'ordre général : « A bas la dictature de l'Union européenne des monopoles ! » avec comme revendications : « Démission du gouvernement, retrait de l'UE, annulation unilatérale de la dette et pouvoir populaire ».

     

     La Grèce chancelle sous les coups de boutoir des mesures d'austérité imposées par les représentants des créanciers. Il faut dire que les dernières «conditionnalités», pour reprendre l'indigeste jargon du FMI, ne sont pas piquées des vers : procéder à 325 millions d'euros d'économies budgétaires supplémentaires, réduction de 22% du salaire minimum dans le cadre d'une déréglementation générale du marché du travail, suppression dans l'année de 15.000 emplois publics et coupes sur certaines pensions de retraite.

    Ces ukases de l'UE et du FMI doivent être gravées dans le marbre : l'approbation du gouvernement ne suffit pas aux yeux des créanciers, ces mesures doivent être votées par le Parlement et être matérialisées par des garanties écrites sur l'application du plan de rigueur et paraphées par l'ensemble de la coalition politique au pouvoir. Athènes, le couteau sur la gorge, est traité comme un débiteur indélicat. Sa soumission complète conditionne la mise en place d'une facilité de 130 milliards d'euros par l'UE et le FMI pour éviter un défaut de paiement incontrôlé en mars, lorsque la Grèce devra rembourser une échéance de 14,5 milliards d'euros. Ces exigences des bailleurs de fonds viennent s'ajouter à un terrible dispositif de rigueur mis en place depuis plusieurs mois et qui ramène le niveau de couverture sociale à un minimum incompressible.

    Ces mesures d'austérité, approuvées par un exécutif en état de sidération, six ministres ayant démissionné, doivent être entérinées aujourd'hui, probablement assez tard dans la soirée, par le Parlement. Seul le parti d'extrême droite Laos a rejeté le programme de rigueur : ses ministres ont démissionné en bloc et ses représentants à l'Assemblée ont refusé de l'approuver. Les autres partis sont divisés. Deux ministres socialistes ont également démissionné et il n'est pas assuré que la représentation nationale admette les conditions des créanciers.

    Depuis vendredi dernier, les manifestations se succèdent, le paroxysme de la protestation sociale est attendu pour ce dimanche. Les Grecs sont assommés par la dégradation vertigineuse des conditions sociales. Ainsi, faute de moyens, beaucoup d'hôpitaux ne fonctionnent pratiquement plus, le chômage atteint des proportions alarmantes et les signes de très grande précarité se multiplient. De très nombreux Grecs ne survivent que grâce à la charité et les associations d'aide sociale sont débordées par l'affluence croissante de citoyens qui ne parviennent plus à se nourrir.

    La régression sociale imposée au peuple grec est sans précédent pour un pays européen. Les conditionnalités de cette intensité n'ont été appliquées qu'aux pays du sud de la planète. L'histoire a montré qu'en dépit de leur extraordinaire brutalité, ces programmes de stabilisation n'ont qu'une faible efficacité économique : l'Argentine en est l'illustration la plus éloquente.

    Mais ce qui est en jeu en Grèce, outre le fait de servir de laboratoire aux experts ultralibéraux pour mesurer le degré de résistance des sociétés européennes aux programmes d'austérité renforcée, est le sort de la monnaie unique européenne. Une sortie chaotique de la Grèce pourrait bien, par effet de contagion, mettre à mal la zone euro dans son ensemble. Ce danger est loin d'être théorique. D'autres pays sont très vulnérables : le Portugal, par exemple, qui emprunte au taux sidérant de 20% à 10 ans ! Ils pourraient précipiter la fin de l'euro dans sa configuration actuelle et accélérer la spirale récessive qui menace l'UE.

    Athènes, qui est le berceau culturel de l'Europe, en sera-t-il le tombeau économique ? Nous n'en sommes pas encore là, mais la crise grecque montre la nature extrêmement violente d'une organisation politico-économique qui a su sauver les banques de la faillite mais qui ne sait visiblement pas protéger les peuples de la misère.

    K. Selim, 12 février 2012. Le Quotidien d’Oran


    votre commentaire
  • Une des phrases vraiment importantes de l’article ci-dessous il me semble c’est celle-là :

    "On ne peut pas expliquer aux contribuables allemands qu’il doivent faire des choses que d’autres ne veulent pas faire, tout en demandant de l’argent aux contribuables allemands » pour aider ces autres", a-t-il martelé.

    Oui oui.

    Traduction : "Eh oh, si vous ne tenez pas "vos" travailleurs, ça va finir par foutre le bordel chez "nos" travailleurs."

    On a bien compris là, dans cette phrase du ministre allemand, que l’Etat bourgeois allemand, fer de lance de l’impérialisme américain en Europe, souhaite, avec la complicité de tous les clébards qui lèchent les miettes, étouffer TOUTES les classes populaires européennes alentours pour que LES TRAVAILLEURS EN ALLEMAGNE NE SE RÉVOLTENT PAS !

    Imaginez un peu que le "prolétariat allemand" percute qu’il n’y pas de "prolétariat allemand" mais un prolétariat mondial , et qu’il n’y pas de "capitalisme allemand" mais un capitalisme impérialiste globalement apatride, sous perfusion de ET perfusant la maison-mère américaine !

    QUEL BORDEEEELLLL :-D

    L’objectif réel d’Angela et consorts est là : étouffer les révoltes des travailleurs Grecs, Italiens, Portugais...sous la misère et la quête de la pitance quotidienne, "lumpenprolétariser" les populations exploitées partout "autour", au risque de la résurgence du fascisme partout en Europe, pour éviter à tout prix qu’implose le soi-disant si idyllique "modèle allemand".

    Car si ce modèle tant vanté de collaboration de classe explosait en vol, que les contradictions internes à ce pan local de la domination impérialiste devenaient soudainement plus fortes, trop fortes, et que les yeux des travailleurs de ce pays en viennent à s’ouvrir sur la réalité de leur exploitation, sur la réalité de ce marché de dupes...

    BANG !Un spectre revient hanter l’Europe et Angela a très peur .

    ...Marx et Engels l’ont toujours dit, et ils avaient toujours-déjà raison : pas de révolution possible en Europe sans révolution du prolétariat allemand.

    Aujourd’hui, le vieux spectre est revenu hanter l’Europe.

    Pas du tout paradoxalement, c’est la classe dominante, et parmi elle, la fraction dite allemande, qui s’en est aperçu la première et le plus rapidement.

    Les différentes fractions de la bourgeoisie mondiales, avec tous leurs éléments, sont en train de se livrer une guerre acharnée sur NOTRE DOS.

    Une des clefs du grand chambardement réside, entre autre, non pas dans les "zélections", mais dans le rapprochement DANS LES LUTTES des prolétariats ("nationaux" ET "immigrés") d’Allemagne, d’Italie et de France, le triumvirat industriel de l’Europe.

    La Louve

    "En proposant de mettre la Grèce sous tutelle budgétaire de l’UE, la chancelière allemande Angela Merkel n’a pas seulement braqué Athènes mais aussi donné du grain à moudre à ceux qui, notamment à gauche, dénoncent une Europe de plus en plus « à l’heure allemande ».

    La proposition allemande vise à faire accepter à Athènes un transfert temporaire de souveraineté budgétaire au niveau européen, compte tenu de résultats jugés décevants des gouvernements Papandréou et Papademos à réduire la dette grecque. Révélée au cours du week-end, juste avant le sommet européen de lundi, l’idée a été d’emblée rejetée par les responsables grecs.

    Le ministre des Finances, Evangélos Vénizélos, a appelé l’UE à respecter « l’identité nationale » de son pays et le principe d’égalité entre Etats. « Nous avons besoin de plus de démocratie, pas de moins de démocratie » en Europe, a renchéri lundi l’ancien Premier ministre grec Georges Papandréou, dirigeant du Pasok (parti socialiste grec), qui fait partie du gouvernement d’unité nationale au pouvoir. Plusieurs responsables européens ont abondé dans ce sens.

    « Vexante »

    « Vexante », la proposition allemande « n’apporte rien et ne va pas dans le bon sens », a tranché le chancelier social-démocrate autrichien Werner Faymann en marge d’une réunion des socialistes européens à Bruxelles.

    « Attention à ne pas blesser plus que nécessaire » le peuple grec, a prévenu le ministre luxembourgeois des Affaires étrangères, Jean Asselborn. Sans rejeter l’idée d’une mise sous tutelle d’un pays qui « sort durablement des clous », son Premier ministre Jean-Claude Juncker a dit ne pas trouver « très heureux de le faire uniquement pour la Grèce ».

    La proposition allemande risque de fait d’alimenter un retour perceptible de la germanophobie dans certains pays, à commencer par la Grèce, mais pas uniquement. Elle pourrait être utilisée par ceux qui, comme certains socialistes français, dénoncent depuis plusieurs mois la gestion allemande de la crise de la dette axée uniquement sur la rigueur budgétaire.

    Fin novembre déjà, le candidat socialiste à la présidence française François Hollande avait estimé que la chancelière allemande essayait « d’imposer un modèle européen qui n’est pas nécessairement le nôtre ».

    A sa gauche, Arnaud Montebourg a accusé Mme Merkel de mener « une politique à la Bismarck » en tirant profit de la ruine des autres pays de la zone euro, et le candidat à la présidentielle française Jean-Luc Mélenchon avait dénoncé le « diktat » de la chancelière.

    Droit de veto

    De facto, la Grèce est déjà placée sous tutelle partielle de ses créanciers publics qui évaluent avant tout nouveau déboursement de prêts le respect de ses engagements en matière d’économies budgétaires. La proposition de Berlin va plus loin. Un « commissaire budgétaire européen » aurait droit de veto sur des décisions grecques jugées trop dépensières.

    A la tête de la première économie de la zone euro-et par conséquent du principal contributeur aux plans d’aide européens aux pays en difficulté-, Mme Merkel cherche surtout à se justifier face à son opinion publique.

    « C’est une question de réciprocité », arguait il y a peu le ministre allemand des Affaires étrangères Guido Westerwelle, en soulignant que son pays avait déjà mis des « sommes gigantesques » sur la table.

    « On ne peut pas expliquer aux contribuables allemands qu’il doivent faire des choses que d’autres ne veulent pas faire, tout en demandant de l’argent aux contribuables allemands » pour aider ces autres, a-t-il martelé.

    Se voulant rassurante, Angela Merkel a estimé lundi que ce débat autour d’un commissaire à la rigueur était « une discussion que nous ne devrions pas mener ».

    http://www.liberation.fr/c/01012386861-c


    votre commentaire
  • La chancelière allemande Angela Merkel répond aux journaliste le 30 janvier 2012 à Bruxelles (© AFP Georges Gobet)

    Les 27 pays de l'Union européenne, moins la Grande-Bretagne et la République tchèque, se sont entendus ce lundi soir sur le nouveau pacte budgétaire qui soumet les finances et l'intervention publiques de chacun de ces Etats à l'austérité désirée par les marchés.

    Ce "traité fiscal", comme le désigne le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, dont les principes avaient été rendus publiques le 9 décembre dernier, limitera à 0,5% leurs déficits primaires annuels sur l'ensemble du cycle économique et prévoit des sanctions automatiques pour les pays dont le déficit passerait la barre des 3% de Produit intérieur brut (PIB).

    Entrée en vigueur le 1er janvier 2013

    La Grande-Bretagne a refusé d'entrer dans cette logique contraire à ses intérêts. Les Tchèques doivent modifier leur constitution avant d'adopter ce traité. Pour qu'il entre définitivement en vigueur le 1er janvier 2013, ce traité doit être ratifié par au moins douze pays.

    Si le sommet européen de Bruxelles a été long à accoucher de ce texte, dont les détails étaient connus depuis plus d'un mois et dont l'Humanité avaient révélé le contenu début 2011, ce n'est pas à cause de divergences concernant l'idéologie libérale qui dicte les termes sibyllins de ces nouvelles règles et bride de façon extrêmement forte toute intervention publique. Ce sont de simples problèmes de cuisine interne à la zone euro qui ont échauffé les egos nationaux. La Pologne, soutenue par d'autres pays d'Europe de l'Est, demandaient que les pays qui ne font pas partie de la zone euro soient tout de même invités lors des sommets de la zone euro. Un compromis a finalement été trouvé:

    1. au moins deux sommets par an réservés aux membres de la zone euro seront organisés afin de discuter les stratégies liées à la monnaie commune et les questions de convergence économique
    2. au moins un sommet par an sera organisé auquel seront conviées les parties contractantes du traité et où la discussion portera sur l'architecture de l'euro ainsi que sur les questions de compétitivité.

    http://www.humanite.fr

    Tous les pays, sauf la Grande-Bretagne et la République Tchèque, ont signé dans la nuit de lundi à mardi un nouveau traité renforçant les règles sur la discipline budgétaire. Après un sommet chahuté.

     

    Les dirigeants européens ont adopté lundi soir un nouveau pacte de discipline budgétaire fortement inspiré par l'Allemagne et demandé un accord très rapide pour sauver la Grèce de la faillite, dans le cadre de leurs efforts pour tourner la page de la crise de la dette.

    Leur sommet à Bruxelles a toutefois été assombri par une controverse autour d'une proposition allemande visant à placer Athènes sous une stricte tutelle budgétaire européenne. Elle a été sèchement rejetée par plusieurs pays, dont la France.

    Au final, vingt-cinq des vingt-sept pays de l'Union européenne ont accepté un nouveau traité de discipline budgétaire.

    La République tchèque est venue au dernier moment rejoindre la Grande-Bretagne dans le front du refus, en invoquant des problèmes "constitutionnels". En clair des difficultés à faire ratifier le texte du fait du risque de devoir convoquer un référendum.

    Les autres Etats ont accepté d'inscrire dans leurs législations une règle d'or sur le retour à l'équilibre budgétaire et des sanctions quasi-automatiques en cas de dérapages des déficits publics, comme le voulait à tout prix l'Allemagne en échange d'une poursuite de sa solidarité financière avec les pays en difficulté.

    Le traité, qui confirme l'ascendant pris par Berlin dans la gestion de la crise de la dette, doit désormais être signé lors d'un prochain sommet en mars avant les longues phases de ratification.

    Ce pacte budgétaire a buté jusqu'au dernier moment sur une question annexe, le format des sommets de la zone euro.

    La France et la Pologne se sont livrées à un bras de fer avant de trouver un compromis: Paris tenait à ce que les dix-sept pays utilisant la monnaie commune puissent se retrouver seuls entre eux sur certains sujets. Varsovie estimait que tous les pays appelés à rejoindre l'euro devaient être invités.

    Au final, les sommets de la zone euro seront limités aux pays de l'Union monétaire, sauf sur certains sujets où les autres Etats n'en faisant pas partie pourront aussi être conviés.

    La Grèce sous stricte tutelle?

    Nombre de pays européens espèrent que ce traité encouragera la Banque centrale européenne à faire davantage à l'avenir pour aider la zone euro face à la crise de la dette.

    Il pourrait aussi convaincre la chancelière allemande Angela Merkel de renforcer les moyens du Fonds de secours permanent de la zone euro pour les pays fragiles, le MES, qui a été officiellement mis sur les rails lundi soir et commencera à fonctionner en juillet.

    "Nous sentons une évolution dans la position de l'Allemagne et je suis optimiste", a déclaré le chef du gouvernement italien Mario Monti, car "il est important que la dotation de ce Fonds soit adaptée". Berlin est sous pression pour accepter une hausse des moyens du mécanisme de 500 à 750 milliards d'euros. La question sera tranchée en mars.

    En attendant, les dirigeants européens ont dû se pencher une nouvelle fois sur la situation de la Grèce, engluée dans la récession et plus que jamais sous perfusion financière de l'extérieur.

    Berlin a jeté un pavé dans la mare en proposant de placer Athènes sous stricte tutelle: un commissaire européen disposerait d'un droit de veto sur les décisions budgétaires du gouvernement.

    Cette idée a été rejetée catégoriquement par la France. Le président Nicolas Sarkozy a jugé que ce ne serait "pas raisonnable, pas démocratique et pas efficace".

    Athènes ne veut pas en entendre parler. "Soit nous avançons sur la voie démocratique où chaque pays est responsable de sa propre politique, soit nous sapons la démocratie dans l'Europe entière", a réagi Georges Papandréou, le chef de file des socialistes grecs et ex-Premier ministre.

    Face à cette fronde, la chancelière allemande Angela Merkel a tenté de calmer le jeu, sans pour autant se désavouer.

    La question d'une surveillance accrue des décisions du gouvernement grec "se pose" car les réformes promises ne sont pas toutes mises en oeuvre, a-t-elle dit. "Le débat doit porter sur "comment l'Europe peut aider à ce qu'en Grèce les tâches qui ont été données soient effectuées", a-t-elle estimé.

    L'enjeu n'est pas mince: il s'agit du déblocage du second plan d'aide au pays d'un montant de 130 milliards d'euros, promis par les Européens en octobre dernier. Cette aide est vitale pour la Grèce qui doit rembourser 14,5 milliards d'euros de prêts le 20 mars, faute de quoi elle sera en cessation de paiements.

    Mais le pays doit en parallèle boucler des négociations avec ses créanciers privés pour réduire sa dette de 100 milliards d'euros, condition sine qua non au déblocage de l'aide européenne. Sur ce point, cela avance "dans la bonne direction", a indiqué le président français, qui a lancé un appel du pied à la BCE pour qu'elle accepte aussi une réduction de ses propres créances.

    Le Premier ministre grec, Lucas Papademos, a dit tabler sur un accord global d'ici la fin de la semaine, tant avec les banques qu'avec les créanciers publics du pays. Et il se refuse dans l'immédiat à envisager de demander plus que ce qui a été promis à Athènes, malgré la dégradation économique continue de son pays.

     

    Sarkozy renvoie le traité européen à l'après-présidentielle

    Le président français a indiqué lundi soir que l'accord européen renforçant la discpline budgétaire ne pourrait pas être adopté avant avril.

    Le président français Nicolas Sarkozy et le chef du gouvernement italien Mario Monti le 30 janvier 2012 à Bruxelles (Photo Eric Feferberg. AFP)

     

    Nicolas Sarkozy a indiqué lundi que le nouveau traité renforçant la discipline budgétaire au sein de l'UE ne pourra pas être adopté par le parlement français avant l'élection présidentielle, mais qu'il ne doutait pas qu'il serait ensuite approuvé.

    A l'issue de l'accord conclu lundi par les dirigeants européens, le traité devrait être formellement adopté au prochain sommet européen, prévu "début mars", a expliqué M. Sarkozy devant la presse.

    Mais, ensuite, "le parlement ne sera pas en mesure de se réunir durant la campagne électorale" pour la présidentielle dont le premier tour est fixé au 22 avril. "Ca me semble pas raisonnable" d'envisager une adoption avant cette date, a-t-il ajouté.

    Mais, a-t-il précisé, "quoiqu'il arrive, je ne doute pas que ce traité sera ratifié".

    Le candidat socialiste François Hollande avait déclaré en décembre, quelques jours après l'accord de Bruxelles, qu'en cas de victoire il le renégocierait pour le "rééquilibrer et le compléter". Il a depuis modéré ses intentions.

    Les pays de l'UE, à l'exception de la Grande-Bretagne et de la République tchèque, ont approuvé lundi le projet de traité qui renforce leur discipline budgétaire, avec l'introduction prévue partout de "règles d'or" sur l'équilibre.

    Ce pacte répond à une exigence de la chancelière allemande Angela Merkel qui l'a posé comme condition en échange de la solidarité financière de son pays avec les Etats en difficulté de la zone euro.

    http://www.liberation.fr


    votre commentaire
  •  grvegenbelLa plus grande grève générale depuis vingt ans en Belgique contre la politique d'austérité concertée entre le « gouvernement d'union nationale » et l'Union européenne

    Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

        Jamais une grève ne fut aussi suivie en Belgique sur les deux dernières décennies, depuis 1993 exactement. Jamais un mouvement de grève n'eut à subir en vingt ans une telle propagande médiatique, et un tel chantage patronal visant à intimider la classe ouvrière belge.

        Au soir de cette journée de grève, les Fédérations patronales wallones (UWE) et flamandes (Voka) claironnaient sur « l'échec de la grève » tout en pestant contre les « 150 ou 200 millions d'euros perdus en une journée ». Derrière ce discours contradictoire, la reconnaissance en réalité d'un mouvement très largement suivi.

        Dans la ligne de mire, le plan de rigueur de 11 milliards d'euros dévoilé par le premier ministre socialiste Elio di Rupo, dans le cadre d'un gouvernement d'union nationale, un plan concerté avec l'Union européenne. Le gros morceau, la contre-réforme des retraites qui prévoit notamment le recul général de l'âge du départ à la retraite de 60 à 62 ans, de la durée de cotisations minimale de 35 à 40 ans ou encore la remise en cause des régimes spéciaux tels ceux des marins ou des mineurs.



    Une grève suivie massivement dans le public, les transports, l'industrie et dans toute la Wallonie



        Une grève qui a paralysé l'ensemble du pays donc bien que de façon inégale. Elle a touché plus le secteur public que le privé, l'industrie plus que le tertiaire ou encore la Wallonie plus que la Flandres.

        A l'avant-garde du mouvement de grève convoqué par les trois grands syndicats belges de la FGTB (socialiste), de la CSC (démocrate-chrétien), de la CGSB (libéraux), les travailleurs des transports.

        La grève des cheminots a totalement interrompu le trafic national sur le rail, tandis que de nombreux trains internationaux Thalys et Eurostar depuis Bruxelles étaient annulés. Aucun métro, tramway et bus de la STIB ne circulait à Bruxelles, pendant que le système de transports était quasiment à l'arrêt en Wallonie. En Flandres, le système de transport public De Lijn a connu d'importantes perturbations, aucun tramway ne roulant par exemple à Gand.

        Enjeu de la grève aussi, les aéroports et les ports. L'aéroport de Charleroi a été totalement fermé tandis que de nombreux vols ont été annulés à l'aéroport international de Bruxelles. Le port international d'Anvers a, de son côté, tourné au ralenti.

        La grève a également été suivie dans l'ensemble du secteur public. Le sud du pays a été privé de courrier après la fermeture des centres de tri de Charleroi et Liège tandis que la grève des enseignants a été largement suivie tant en Flandres qu'en Wallonie, avec la fermeture d'une grande partie des écoles du pays.

        Dans le privé, l'industrie lourde wallonne a été fortement paralysée par le mouvement, notamment dans la sidérurgie et la pétrochimie. Le tertiaire a été plutôt épargné, bien que la Fédération patronale elle-même ait du reconnaître que 30% des commerces n'ont pu ouvert leurs portes en Wallonie en cette journée de mobilisation.



    Quelle direction pour le mouvement ? Des syndicats liés à la CES empêtrés dans la « concertation sociale » et l' « intégration européenne »

     

        Si la grève est un succès et montre un potentiel de mobilisation sans précédent au sein de la classe ouvrière et des couches populaires belges, l'avenir du mouvement dépend aussi de la direction que lui donneront les syndicats belges.   

        Or, le ton n'est guère offensif, et la volonté de poursuivre la lutte contre la politique de classe absente, chez les trois syndicats belges ancrés dans une tradition réformiste et de conciliation de classe.

        Ainsi, les secrétaires de la FGTB et de la CSC, Anne Demelenne et Claude Rolin, se sont empressés de lancer des appels à la « concertation sociale » vite repris par le premier ministre Elio di Rupo qui a annoncé son intention de « préserver la concertation sociale entre patronat et employés ».

        Le grand rassemblement organisé par les trois centrales syndicales au rond-point Maurice Schumann, dans le quartier européen de Bruxelles, ne visait pas l'Union européenne du capital comme responsable mais demandait au contraire « plus d'Europe ».

        En effet, les dirigeants des syndicats ont profité de cette initiative pour émettre une « euro-obligation symbolique », démontrant que « d'autres solutions existent ».

        A noter que la proposition 'révolutionnaire' d'euro-obligation, portée par la CES (Confédération européenne des syndicats) et le PGE (Parti de la gauche européenne), est portée en France par les dirigeants du Parti socialiste comme Ségolène Royal ou Martine Aubry, par le secrétaire de la CFDT François Chérèque mais aussi par la patronne des patrons Laurence Parisot.

        Certes, toutes les fédérations n'offrent pas tout à fait le même son de cloche. Ainsi, celle des Métallurgistes de la FGTB exprime une ligne plus dure, encline à voir dans cette grève le début d'un mobilisation plus large.

      
    Les communistes belges posent la question de la résistance à cette politique de casse sociale mais aussi de l'alternative



        Comme le remarquait Peter Mertens, secrétaire du Parti du travail de Belgique (PTB), avant la journée de mobilisation, la grève pose non seulement la question de la résistance acharnée à cette politique anti-sociale mais aussi celle de l'alternative révolutionnaire :

    « La grève ne concerne pas seulement sur le fait que le gouvernement va plonger 200.000 personnes de plus dans la pauvreté, en réduisant les allocations du chômage. La grève n’a pas seulement trait au fait que le gouvernement veut réduire la déductibilité fiscale pour le prêt de votre maison, pour votre épargne pension, pour vos crèches et pour l’isolation de votre maison.


    La grève n’a pas seulement trait au fait que le gouvernement refuse d’imposer des tarifs maximaux à Electrabel et au fait que l’électricité est en train de devenir hors de prix.


    La grève n’a pas seulement trait au fait que les gens vont devoir travailler plus longtemps et que certaines catégories de pensionnés vont devoir sacrifier entre 150 et 180 euros de leur pension chaque mois.


    La grève n’a pas seulement trait au fait que des ministres et des patrons rêvent d’un saut d’index ; ce qui veut dire que, la prochaine fois, vos salaires ne seront pas adaptés à la hausse du coût de la vie. Une baisse de 2%. La grève n’a pas seulement trait au fait qu’on cherche 11 milliards d’euros en se trompant de cible et que les millionnaires vont encore y échapper.


    La grève, naturellement, a trait à tout cela, mais la grève a surtout trait au genre de société que nous voulons avoir. Toute lutte sociale qui éclate aujourd’hui n’est que le début d’une nouvelle ère ».

        Cette grève historique montre que le potentiel de mobilisation existe plus que jamais en Belgique pour mettre en échec une politique de casse sociale défendue par l'ensemble des forces du consensus dominant en Belgique et en Europe.


        Les travailleurs de France comme du reste de l'Europe ne peuvent qu'exprimer leur solidarité avec les travailleurs belges par le développement des luttes dans leur propre pays, contre l'agenda de casse sociale de l'Union européenne du capital et des gouvernements nationaux à son service !


    Un tour dans la Belgique en Grève...

    C’est une Belgique sans transports en commun et aux industries bloquées que notre délégation de l’Union Locale de Tourcoing a visité ce jour de grève générale.

    JPEG - 30.3 ko
    Belgique : Gréve générale

    Nous avons pu nous rendre, dans la banlieue de Courtrai, sur trois sites industriels bloqués, où le taux de grévistes approchait les 100 %.

    L’accueil que nous avons reçu fut très chaleureux. L’effort que nous avions fait, de traduire notre tract en flamand, ajouta à la considération qui nous entourait.

    JPEG - 9.6 ko
    A Courtrai

    Les travailleurs belges se sont montrés curieux de la situation chez nous : est-ce que nous vivions les mêmes attaques contre les retraites ? Les mêmes attaques contre les salaires, contre l’emploi, contre le pouvoir d’achat ? Le travail était-il si dur du côté de "nos" usines ? Le patronat était-il aussi féroce dans sa volonté de casser le syndicat ? Les medias qui, en Belgique, titraient bien souvent sur les "gênes" occasionnées par la grève, et donc sur la nécessité de légiférer contre le droit de grève, faisaient-ils le même travail en France ? Enfin, notre gouvernement, était-il, comme le leur, au service exclusif de la finance ?

    JPEG - 8.5 ko

    A toutes ces questions nos militants ont répondu avec évidence par l’affirmative. Ils ont souligné la démarche internationaliste qui était la leur, et la nécessité de créer des liens entre les travailleurs, et d’abord entre tous ceux qui luttent pied à pied contre le capital destructeur.

    Ils ont donné rendez-vous à leurs camarades de Belgique pour le mouvement social qui ne tardera pas à naître chez nous, et ont souligné le caractère exemplaire de leur grève générale.

    Même si le syndicalisme belge reste globalement marqué par des conceptions plus proches de la complicité de classe de type CES que de la lutte des classes, les militants résolus que nous avons rencontrés nous ont dit tout le travail qu’ils faisaient pour réorienter leurs syndicats dans un sens plus compatible avec les intérêts concrets des salariés et pour isoler l’opportunisme. Face à l’intimidation et aux pressions anti-syndicales, très sensibles à la veille de cette journée de grève, ils ont aussi insisté sur la nécessité de l’unité et du "travail par étapes".

    JPEG - 8.3 ko

    C’est sur ces considérations que s’est achevée notre "journée belge", autour d’un verre, en compagnie de Eddy Van Lancker, Secrétaire fédéral FGTB, Erik Vandeursen Secrétaire Provincial Interpro (Flandre Occidentale) FGTB, et un autre responsable FGTB, par ailleurs notre guide, le camarade Filip Desmet.

    Le combat ne fait que commencer.
    UL CGT Tourcoing

    Notre tract  :
    UNION LOCALE DE TOURCOING ET ENVIRONS

    TRAVAILLEURS BELGES,

    En venant à vous, notre délégation de travailleurs syndiqués à la CGT de Tourcoing, a quelques messages à vous transmettre :

    - En ce jour de grève générale, même si la bourgeoisie va tout faire pour minimiser votre mouvement, les travailleurs de chez nous vous regardent, vous encouragent et vous félicitent. Nous souhaitons vivement la réussite de votre grève, et qu’elle soit le début d’un mouvement encore plus large ; qu’elle donne l’exemple aux autres travailleurs d’Europe.

    - En vous mobilisant massivement contre le patronat et le gouvernement nommé par les banques, contre la remise en cause de vos droits à la retraite, contre la remise en cause de l’index, contre une exploitation toujours plus féroce, vous montrez la voie à suivre !

    - Non, cette dette n’est pas la nôtre, qu’elle soit « belge », « française », « grecque » ou d’ailleurs, c’est la dette du capital envers les travailleurs ! C’est aux patrons de payer ! Et dans ce combat radical qu’il nous faut mener tous ensemble, nous disons avec vous que l’ennemi n’est pas le travailleur wallon ou flamand, n’est pas le travailleur grec ou le travailleur immigré… Tous, nous avons les mêmes patrons, les mêmes rapaces volent au dessus de nos têtes, tous nous avons les mêmes intérêts, et c’est tous ensemble que nous pourrons garantir nos emplois, nos salaires, nos droits, un avenir pour nos enfants…

    IL FAUT FAIRE PAYER CEUX QUI EN ONT LES MOYENS !
    PROLETAIRES DE TOUS LES PAYS, UNISSEZ-VOUS !


    UNION LOCALE DE TOURCOING ET ENVIRONS

    AAN DE BELGISCHE WERKNEMERS

    Wij willen u bij dit solidariteitsbezoek het volgende zeggen :

    - Het patronaat doet op deze stakersdag natuurlijk alles om uw staking te minimaliseren. Maar de Franse werknemers kijken naar u op, steunen u en feliciteren u. Wij hopen echt dat jullie staking lukt en het begin wordt van een nog grotere beweging. Zo wordt het een voorbeeld voor alle werknemers van Europa.

    -Jullie mobilisatie toont de weg. Tegen het patronaat en de regering die werkt ten dienste van de banken. Tegen de afbraak van brugpensioen en pensioen, tegen het in vraag stellen van de index, tegen een steeds groter wordende arbeidsdruk.

    -De schulden zijn niet Belgisch of Frans of Grieks. Het patronaat heeft ze gemaakt en het is aan hen om ze te betalen. De vijand is dus niet de Waalse of de Vlaamse werknemer, niet de Griekse werknemer of migrant. Wij staan tegenover dezelfde patroons en speculanten. Wij hebben dezelfde belangen en allen samen zullen we ons werk, ons loon, onze rechten en een toekomst voor onze kinderen moeten verdedigen.

    ZIJ DIE DE MIDDELEN HEBBEN, MOETEN BETALEN !
    SOLIDARITEIT TUSSEN WERKNEMERS VAN ALLE LANDEN !


    votre commentaire
  • Nous commémorons aujourd’hui les 40 ans du tristement célèbre "Bloody Sunday".

    A l’heure où sort un film retraçant la vie de Thatcher, il est bon de rappeler tout le sang que cette saleté a sur les mains, elle était en effet déjà Ministre de l’Education sous le gouvernement conservateur Heath (1970-1974) qui envoyé l’armée britannique en Irlande du Nord...

    LES VICTIMES DU BLOODY SUNDAY :

    John (Jackie) Duddy (17 ans). Abattu d’une balle dans la poitrine sur le parking des appartements de Rossville. Quatre témoins ont déclaré que Duddy n’était pas armé et était en train de fuir les parachutistes quand il fut tué. Trois d’entre eux ont vu un soldat viser délibérément le jeune homme lorsqu’il couru. Il est l’oncle du boxeur irlandais John Duddy.

    Patrick Joseph Doherty (31 ans). Abattu par derrière alors qu’il tentait de ramper pour se mettre à l’abri sur le parking des appartements de Rossville. Doherty a fait l’objet d’une série de photographies, prises avant et après sa mort par le journaliste français Gilles Peress. Malgré le témoignage du « Soldat F » qui avait tiré sur un homme tenant et utilisant un pistolet, John Widgery a reconnu que les photographies montraient que Doherty n’était pas armé, et que des tests médico-légales sur ses mains pour les résidus de tir se sont révélés négatifs.

    Bernard McGuigan (41 ans). Tué d’une balle à l’arrière de la tête alors qu’il était allé aider Patrick Joseph Doherty, en agitant un mouchoir blanc pour indiquer aux soldats ses intentions pacifiques.

    Hugh Pious Gilmour (17 ans). Touché au coude droit, la balle est ensuite entrée dans sa poitrine pendant qu’il courait d’où se trouvait les parachutistes sur Rossville Street23. John Widgery a reconnu que d’une photographie prise quelques secondes après que Gilmour a été touché, corrobore avec les dires de témoins disant qu’il n’était pas armé, et que des tests de résidus de tir ont été négatifs.

    Kevin McElhinney (17 ans). Abattu par derrière alors qu’il tentait de ramper pour se mettre à l’abri à l’entrée des appartements de Rossville. Deux témoins ont déclaré que McElhinney n’était pas armé.

    Michael Gerald Kelly (17 ans). Touché à l’estomac alors qu’il se tenait près des décombres de la barricade en face des appartements de Rossville. John Widgery admis que Kelly n’était pas armé.

    John Pius Young (17 ans). Tué en pleine tête alors qu’il se tenait près des décombres de la barricade. Deux témoins ont déclaré que Young n’était pas armé.

    William Noel Nash (19 ans). Touché à la poitrine près de la barricade. Des témoins ont déclaré que Nash n’était pas armé et allait à l’aide d’une autre personne touchée quand il a été tué.

    Michael M. McDaid (20 ans). Touché au visage à la barricade, alors qu’il était en train de quitter à pied le lieu où se trouvait les parachutistes. La trajectoire de la balle a indiqué qu’il pourrait avoir été tué par des soldats placés sur les murs de Derry.

    James Joseph Wray (22 ans). Blessé puis abattu à bout portant alors qu’il était couché sur le sol. Les témoins qui n’ont pas été appelés devant le Tribunal de Widgery ont déclaré que Wray criait qu’il ne pouvait pas bouger ses jambes avant qu’il soit mortellement touché la deuxième fois.

    Gerald Donaghy (17 ans). Touché à l’estomac tout en essayant de courir pour se mettre à l’abri entre Glenfada Park et Abbey Park. Donaghy a été amené dans une maison voisine par des passants, où il a été examiné par un médecin. Ses poches ont été fouillées afin de l’identifier. Plus tard, la photo du cadavre de Donaghy a montré des bombes à clous dans ses poches. Ni ceux qui fouilla ses poches dans la maison, ni l’officier médical de l’armée britannique (Soldat 138) qui le déclara mort peu après disent avoir vu des bombes. Donaghy avait été un membre de la Fianna Éireann, un mouvement de jeunesse républicain lié à l’Armée républicaine irlandaise23. Paddy Ward, un informateur de la police26 qui a témoigné lors de l’enquête de Saville, a affirmé qu’il avait donné deux bombes à clous à Donaghy plusieurs heures avant il soit abattu.

    Gerald (James) McKinney (34 ans). Touché juste après Gerald Donaghy. Des témoins ont déclaré que McKinney courrait derrière Donaghy, et il s’arrêta et leva les bras, en criant « Ne tirez pas ! Ne tirez pas ! », quand il a vu tomber Donaghy. On lui a ensuite tiré dans la poitrine.

    William Anthony McKinney (27 ans). Touché par derrière lorsqu’il a tenté d’aider Gerald McKinney. Il avait quitté la zone de couverture afin d’essayer d’aider Gerald.

    John Johnston (59 ans). Touché à la jambe et à l’épaule gauche sur William Street 15 minutes avant que le reste de la fusillade ait commencé23,28. Johnston n’était pas dans la marche, mais sur son chemin pour rentre visite à un ami à Glenfada Park28. Il est mort 4 mois et demi plus tard ; sa mort a été attribuée à des blessures qu’il a reçues ce jour-là. Il était le seul à ne pas mourir immédiatement ou peu de temps après avoir été touché.

    de : La Louve


    votre commentaire
  • Un des accès à l'aéroport de Bruxelles-Sud à Charleroi bloqué par des grévistes, tôt lundi matin.

    Un des accès à l'aéroport de Bruxelles-Sud à Charleroi bloqué par des grévistes, tôt lundi matin.AFP/VIRGINIE LEFOUR

    La Belgique doit être en partie paralysée lundi 30 janvier par une grève générale décrétée par les syndicats pour protester contre les politiques d'austérité, le jour d'un sommet des dirigeants européens sur la situation économique du continent. La dernière grève générale en Belgique date de 2005. Elle était le fait du seul syndicat socialiste FGTB. Pour une grève lancée par un "front commun" des trois principaux syndicats du royaume, comme c'est le cas de celle organisée lundi, il faut remonter à 1993.

    Les cheminots belges ont lancé le mouvement dès dimanche soir. La circulation ferroviaire, y compris celle des trains internationaux à grande vitesse Thalys et Eurostar qui relient Bruxelles à Paris, Amsterdam, Cologne et Londres, est à l'arrêt et devrait le rester toute la journée de lundi. Aucun tramway, bus ou métro ne circule à Bruxelles. Ailleurs dans le pays les transports en commun sont très perturbés. Quelques vols ont été annulés à l'aéroport de Bruxelles et des retards sont enregistrés mais le trafic reste globalement assez proche de la normale. L'aéroport de Charleroi est en revanche fermé.

     Les postiers eux aussi sont en grève, les salariés du port d'Anvers, l'un des plus importants d'Europe, ont décidé de se croiser les bras et des grévistes organisaient plusieurs blocages de routes et autoroutes dans le pays en signe de protestation. Les syndicats belges dénoncent des économies budgétaires de plusieurs milliards d'euros décidées par le gouvernement du socialiste Elio Di Rupo, visant à réduire le déficit public et à se conformer aux objectifs européens.

    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique