• Eric Besson rallume le gaz de schiste

    "L’Humour est la politesse du désespoir..."

    L'annonce par François Fillon de l'abrogation des permis d'exploration de gaz de schiste a fait long feu. Son ministre de l'Industrie, Eric Besson, vient ce vendredi matin de réanimer la flamme du débat national en expliquant que la France ne renonçait pas à la recherche scientifique sur un possible recours  aux gaz de schiste dans l'avenir. Cette prise de position devrait relancer les mobilisations qui furent très importantes le week-end dernier dans le Sud-Est et le Bassin parisien, où se trouvent les gisements escomptés.

    • Une relance du débat orchestrée

    La déclaration du ministre ne tient pas du hasard. Un rapport d'étape rendu public jeudi préconise de poursuivre la recherche et de réaliser des forages expérimentaux. Le document, signé du Conseil général du développement durable et du Conseil  général de l'industrie, souligne que la France, dans ce domaine, est parmi les  pays "les plus prometteurs" en Europe.

    "Aujourd'hui, il y a des risques incontestablement qui ne sont pas bien  maîtrisés. En même temps, la science va progresser, et il faut se donner les  moyens que peut-être un jour, dans deux ans-trois ans, on trouve que  l'exploitation peut être faite", a déclaré le ministre de l'Industrie sur France  Info. "Ce qui est important, c'est de dire qu'il n'y aura pas exploration et  exploitation. En même temps, ne fermons pas définitivement la porte. Le gaz  naturel dans la roche, peut-être que ce sera un jour une source d'énergie  intéressante. C'est le cas des Etats-Unis. Il ne faut jamais en la matière fermer définitivement la porte."

    Les huiles et gaz de schiste  sont souvent présentés comme la nouvelle "poule aux oeufs d'or" pour les grands  groupes industriels, notamment Total et GDF Suez en France, face à l'envolée des cours mondiaux du gaz et du pétrole.

    • Des forages nocifs pour l'environnement

    C'est ce que dénoncent les opposants à l'exploitation du gaz de schsiste. Ces forages nécessitent d'importantes quantités d'eau et de  détergents et menacent de provoquer de fortes pollutions de la nappe phréatique. La technique dite de "fracturation hydraulique" consiste à injecter un  mélange d'eau, de sable et de produits chimiques pour briser les roches.

    Des milliers de personnes ont manifesté les 15-16 et 17 avril dans plusieurs villes de  France pour réclamer l'arrêt définitif des projets d'exploitation, dans  l'Aveyron notamment, coeur de la contestation où trois permis ont été accordés  en 2010. La Seine-et-Marne serait également potentiellement concernée.

    • Grave accident sur un forage américain

    La compagnie américaine Chesapeake Energy, un des  principaux  producteurs de gaz de schiste de  Pennsylvanie, a décidé de  suspendre ses opérations de fracturation hydraulique à  la suite de  l'accident d'un puits mardi qui a entraîné la pollution d'un cours   d'eau. La production de gaz de schiste est en plein essor aux   Etats-Unis. Le président Barack Obama a fait du gaz naturel le pilier de  sa  politique énergétique qui vise à réduire la dépendance du pays  envers le pétrole  et les émissions de dioxyde de carbone. Le gaz  de schiste représente  aujourd'hui 23% de la production de gaz naturel  aux Etats-Unis, alors qu'il  était négligeable en 2004.

    • L'abrogation des permis devant l'Assemblée le 10 mai

    Les députés examineront le 10 mai plusieurs textes, dont celui de Christian  Jacob, député-maire de Provins (Seine-et-Marne) et président du groupe UMP à  l'Assemblée, visant à abroger les permis déjà accordés. "En l'état actuel des connaissances scientifiques, notre responsabilité est  d'être d'une extrême prudence. Si, à l'avenir, on nous démontre, par une  évaluation des risques, que la loi d'interdiction générale mérite des  évolutions, nous en discuterons", déclare Christian Jacob dans Les Echos.


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