• ELECTROLUX + 19% de bénéfices = 419 suppressions d’emploi

    ELECTROLUX + 19% de bénéfices = 419 suppressions d’emploi : cherchez l’erreur !

    Titre fort justement la CGT.
    En fait il s’agit de 489 emplois puisque aux 419 salariés en CDI il faut rajouter 70 intérimaires…et on ne parle pas de la sous traitance qui, là comme ailleurs, emploie des hommes et des femmes qui se retrouveront eux aussi sur le carreau si le projet de la direction arrive à son terme.

    Et pourtant d’erreur il n’y en a pas pour le fabricant suédois d’électroménager qui a annoncé lundi 22 octobre son intention de fermer l’usine de lave-linge de Revin dans les Ardennes. Il n’y en a pas parce que pour des dirigeants que seul guide le profit il doit y avoir moyen de faire encore plus de profit en fermant une entreprise. Et qu’importe les vies sacrifiées et les dégâts pour toute une région et un département déjà durement touchés comme en témoignent (et encore de façon partielle) les articles de cette rubrique..

    Comme pour FRALIB, Continental Nutrition, Doux et tant d’autres, seul le taux de profit compte !

    Et la CGT d’indiquer : « le groupe Electrolux, numéro 2 mondial du secteur derrière Whirlpool, a enregistré des bénéfices en hausse de 19% au troisième trimestre de cette année grâce à l’augmentation de ses ventes en Amérique latine, Amérique du Nord, Asie du Sud-Est et Chine. Ce sont donc ces régions qu’elle entend privilégier, au détriment de sa production européenne dont elle estime désormais qu’elle lui coûte trop cher. »
    Exactement le même raisonnement que celui tenu par les dirigeants de PSA. Et la CGT de rappeler que « l‘usine de Revin, [a été] une première fois ébranlée en 2010 par la délocalisation de la production de Faure, sous-marque des lave-linge d’Electrolux, vers un autre site du groupe en Pologne. »
    En Pologne ? A côté du site UNILEVER ?

    La colère des salariés

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    Face à cette annonce la réaction des salariés ne s’est pas faite attendre. Dès le 22 octobre l’usine s’est mise en grève "à 100%" et mercredi 24, ce sont 500 ouvriers qui sont descendus manifester au siège du groupe à Senlis.

    La colère est d’autant plus grande que les salariés avaient présenté début septembre au groupe, par l’intermédiaire de leurs élus un « projet viable, qui permettait de faire perdurer notre entreprise et permettait à très court terme de gagner beaucoup d’argent ». Le projet en question consistait à fabriquer, pour le groupe Electrolux, des produits d’électroménager qui sont aujourd’hui vendus par le groupe mais qui ne sont pas fabriqués par lui.

    La direction après avoir fait des « louanges » de ce projet a finalement décidé qu’il « ne rentrait pas dans sa stratégie ». La stratégie on la connait, produire dans des pays à bas coût, réaliser des économies d’échelle en supprimant des unités de production et en plus remplir des camions qui sillonnent le monde et le polluent. La presse [1] rapporte des propos de salariés révoltés et écœurés par la nouvelle. Catherine, : « J’avais les jambes coupées. Je suis dégoûtée, avec un sentiment de peur pour l’avenir. Parce que si Electrolux ferme, la plus grande entreprise de Revin, ce sera Pôle Emploi ».
    Benoît Faure, descendant de Théodore Faure, fondateur de l’usine, avait pressenti le pire depuis quelques semaines déjà : « Je l’avais subodoré lorsque le directeur a été remplacé par la directrice des ressources humaines. C’était cousu de fil blanc. A mon avis, il y a longtemps que la direction savait ».
    Noëlle : « Je pensais bien que ça allait fermer un jour, mais je ne pensais pas que l’annonce se ferait de manière aussi brutale. J’imaginais qu’il ferait partir les salariés par wagons, au fur et à mesure ».
    Sur le marché, l’écœurement et la révolte se retrouvaient dans toutes les discussions. « La vallée verte, maintenant, on va l’avoir ! » pestaient des passants. La perspective de perdre le dernier poumon, pour ne pas dire le cœur de Revin, à savoir l’usine Electrolux, vient plomber davantage le moral des habitants, déjà bien entamé par les fermetures successives d’Ideal Standard (Porcher) et Oxame.

    « On ne les laissera pas nous tuer, tuer l’usine, tuer Revin. C’est notre usine », peut-on entendre parmi les salariés.
    « Tout le monde à Revin et dans la Vallée, voire au-delà a de la famille qui a travaillé chez Arthur Martin ou à Electrolux »,

    + de 3 milliards de chiffre d’affaires

    Il ‘y a pas que le chiffre d’affaire qui est en hausse de 6% d’une année sur l’autre. Il y a aussi le bénéfice qui est en hausse de 19% à 115 millions d’euros, supérieur aux prévisions annonce la direction. Le cynisme à l’état pur.

    Devant une telle décision chacun, élus, dirigeants politiques y va de son commentaire et parle de « catastrophe » ex maire PS de Revin, de « lessivage de la vallée » (Eric Pilardeau président PS de la communauté de communes), fustige les actionnaires (PS Ardennes)… Au passage le président du conseil général des Ardennes, le sénateur UMP Huré en profite pour mettre en cause le « choc de compétitivité » et invoque la nécessité d’ « une diminution rapide et importante du coût du « produire en France ».

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    Grève, manifestations, démarches auprès du pouvoir, les ouvriers font ce qu’ils peuvent, mais la question qui est posée, au-delà des protestations verbales, c’est qu’est-ce que peut faire le politique pour empêcher cela ?

    On est, comme pour FRALIB et tant d’autres, devant une alternative simple.

    Soit le gouvernement se dit qu’il y a des règles qu’il ne faut pas dépasser, un cadre dont il ne peut sortir et il essaie alors tant bien que mal de demander le plus poliment possible au groupe d’être gentil avec les salariés, soit il bouscule les règles et le cadre et il réquisitionne l’entreprise, la donne en gestion aux salariés et protège la production aux frontières du pays afin de prévenir la concurrence déloyale, intra européenne en l’espèce.

    Evidemment dans ce dernier cas il s’attirerait les foudres de Bruxelles (et nous y reviendrons dans un prochain article) mais hormis cela toute recherche annoncée d’un repreneur ou mise en place de projet de revitalisation de site est totalement illusoire…ou mensongère. Ici aussi la bataille de la marque est des volumes va être décisive.


    Bernard Dordonne, journaliste, nous a fait parvenir, avec son accord, les photos d’Angel Garcia photographe. Merci à eux deux

    [1] L’Union de Reims, L’Ardennais…

    http://www.rougemidi.fr/spip.php?article7328


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