•  La dette de la France est d’environ 1200 milliards
     
    ce qui représente approximativement 16000 euros par habitants. Ces chiffres  sont impressionnants, mais si vous même êtes propriétaire, vous avez un crédit,  donc vous êtes endetté … mais vous n'êtes pas en faillite, vous possédez un  capital immobilier.
     
    Il  en  est  de  même  pour  les  administrations  ;  elles  ont  aussi  des  avoirs  sous  forme  de  bâtiments,  de  terrains,  et  des  actifs  financiers  en  France  et  à  l'étranger! Et quelle est la valeur de notre patrimoine culturel et touristique ou  de nos infrastructures  ? Si l’on attribue à chaque citoyen une dette de 16000  euros,  il  faut  admettre  qu’il  possède  aussi  un  avoir  de  plusieurs  centaines  de  milliers d’euros. La situation n’est donc pas catastrophique.
     
    Il est malhonnête de parler de dette sans examiner les avoirs. On n’est pas en  faillite simplement parce qu’on est endetté, mais seulement quand on a plus de  dettes  que  d’avoirs.  Mais  si  l’on  brade  ses  biens,  et  que  l'on  continue  à  rembourser sa dette on se met soi-même dans une situation difficile.  
     
    L’argumentation  de  la  dette  publique  n’est  qu’un  prétexte  pour  justifier  de  nouvelles  privatisations.  Un  gouvernement  qui  baisse  les  impôts  des  plus  riches  et  qui  multiplie  les  cadeaux  sans  contrôle  ni  contrepartie,  ne  peut  s’étonner  de  la  hausse  du  déficit  de  l’Etat.  Plus  de  45  milliards  d’euros  transitent chaque année des finances publiques vers les caisses des banques ou  des individus qui détiennent des bons du trésor.
     
    La dette publique ne vient pas d'une hausse des dépenses, mais d'une baisse  des recettes. L'État dispose d'un moyen dont les particuliers sont dépourvus : il  fixe lui-même ses recettes par l'impôt, alors que ce n'est pas nous qui décidons  de nos salaires ! Et quand on limite soi-même ses propres recettes, il faut bien  trouver d'autres sources de financement : c'est l'emprunt. Et à qui emprunte-t- on  sous  forme  d'obligations  du Trésor  ? Aux  plus  riches  évidemment  ;  si  au  lieu  de  faire  payer  les  plus  riches  par  les  impôts,  le  gouvernement  leur  emprunte, cela ne peut qu’aggraver le déficit ! Alors, pour payer, il faut vendre  EDF, GDF, autoroutes, ouvrages d’art, patrimoine administratif, industriel etc.  Il faut vendre nos services publics aux services privés, réduire les effectifs de  la  fonction  publique  et  nos  dépenses  sociales,  fermer  nos  maternités,  nos  hôpitaux. Il faut ouvrir le secteur public au secteur marchand.
     
    L'Etat  n'est  plus  qu'une  courroie  de  transmission  qui  sert  à  enrichir  les  riches  et  appauvrir  les  pauvres.  Il  n’y  a  donc  pas  transfert  entre  générations  comme l’on veut nous faire croire, mais transfert entre couches sociales. Les  uns hériteront de la dette, les autres de l'argent de la dette!


     La seule solution est l’annulation de la dette publique, l’expropriation des  banques et des sociétés de finance pour constituer un service bancaire  unique sous contrôle de la population. La dette est illégitime, son  remboursement aussi !


     Les banquiers sont vos amis, ils veulent votre bien : tout votre bien !

    http://2ccr.unblog.fr/files/2010/10/ladettedelafrance.pdf


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  • Après France Télécom, Thierry Breton passe Atos à l'essoreuse

    Par Elsa Fayner journaliste 

    Arrivé il y a trois ans à la tête d'Atos Origin, l'ex-ministre y a importé ses méthodes de management. Premiers dégâts.

    Thierry Breton, à l'Assemblée nationale, le 7 septembre 2006 (Benoit Tessier/Reuters).

     

    L'ex-PDG de France Télécom, ex-ministre de l'Economie et ancien patron de Bull et Thomson, prend la tête en 2008 d'une société discrète, Atos Origin, 50 000 employés. Deuxième société de service en ingénierie informatique (SSII) française, il veut en faire le leader européen du service informatique.

    Son atout : le « cost killing » (réduction drastique des coûts). Pour ce faire, Thierry Breton a une technique qui tient en trois lettres : le TOP, pour « Total Operational Performance ». C'est ce programme (PDF) que l'ancien professeur de mathématiques met en place partout où il passe. Chez Thomson, chez France Télécom et, depuis novembre 2008, chez Atos Origin.

    Ce « lean management » qui nous vient du Japon

    Pour Jacques Pommeraud, de la direction générale, l'outil s'est imposé :

    « Nous l'avons mis en place parce que le niveau de compétitivité du groupe était inférieur à celui de ses concurrents comparables. »

     

    Jacques Pommeraud est en charge de l'un des éléments clés du programme, celui qui doit améliorer la productivité, le « lean » :

    « La technique vient du Japon, de chez Toyota. Elle consiste à éliminer tous les gaspillages, à améliorer la qualité et la motivation des équipes. Appliquée aux services, elle concerne essentiellement le management. »

     

    Et, pour le mettre en place, la méthodologie est rodée. Le travail de chaque salarié est observé, mesuré, puis des axes d'amélioration définis afin d'éliminer temps et gestes inutiles. Ces chantiers « lean » de douze semaines prennent chez Atos le nom doux et poétique de « vagues », que naviguent des « skippers ». Et qui mènent à des résultats encourageants, comme le dit Jacques Pommeraud :

    « Du côté de la productivité, les gains sont typiquement à deux chiffres. Et du côté des équipes, l'adhésion s'est accrue : les salariés sont satisfaits de devoir se concentrer sur ce qui apporte de la valeur ajoutée au client plutôt que de continuer à accomplir certaines tâches administratives. »

     

    En mars, pourtant, un internaute, ingénieur chez Atos, nous alerte :

    « J'ai toujours travaillé avec plaisir dans la société, mais, depuis deux ans, la situation ne cesse de se détériorer. La compétence ne compte plus, le client est oublié, la seule préoccupation, c'est de savoir combien ça rapporte et quand c'est facturé. »

     

    Un cas isolé ?

    Absentéisme, crises de larmes et antidépresseurs

    C'est Atos Infogérance qui a, la première, testé en France les vagues de « lean ». Celles-ci se sont même succédées à un rythme soutenu entre juillet 2009 et octobre 2010.

    A tel point que le Comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) s'est inquiété pour la santé des salariés, et a demandé une expertise à un cabinet agréé par le ministère du Travail, Sécafi. Qui alerte :

    • l'absentéisme explose pour atteindre 30% en mai 2010 ;
    • les troubles du sommeil et les états réactionnels aigus (pleurs, etc.) sont en augmentation ;
    • près de 300 employés, sur les 850 « leanés », prennent des substances psycho-actives au moment de l'enquête.

    Le travail s'intensifie, les marges de manœuvre diminuent.

    En cause, l'intensification du travail, tout d'abord, comme l'analysent les auteurs. Fabrice Fischer, de Solidaires, lui, la vit au quotidien :

    « Depuis janvier, quatre personnes ont démissionné sans être remplacées. Nous nous retrouvons à huit, alors que nous sommes passés de dix à dix-sept clients. »

     

    La vague déferle et « libère » ceux qui font moins bien

    Mais le rapport pointe également :

    • une perte de sens du travail,
    • des besoins de reconnaissance non-satisfaits,
    • une dégradation des relations.

    Car le « lean » permet aussi d'identifier des « low performers », ceux qui font moins bien que la moyenne du service. La vague déferle et les « libère » pour les déposer à la « workforce », qui les aide à mettre à jour leur CV et à passer des entretiens en interne, détaille Jacques Pommeraud :

    « Quand on fait des gains d'efficacité, on a besoin de moins de personnes que prévues pour une mission. Il faut former celles qui ne sont plus “staffées”. Pour mieux les vendre ensuite aux clients sur d'autres missions. »

     

    La formation, c'est le nerf du « lean » japonais. Pourtant, dans trois des quatre entités d'Atos, les efforts de formation ont diminué en 2009, calcule le cabinet d'expertise comptable Sextant dans son rapport au comité d'entreprise.

    « Certains salariés craquent, et partent »

    En 2010, 1 000 salariés quittent l'entreprise (PDF). Peut-on y voir un lien ? Pour Jack Toupet, coordinateur CGT, c'est une évidence :

    « Les salariés se retrouvent à attendre, sans travail. Parfois, au bout d'un moment, on leur propose des postes qui ne peuvent pas leur convenir. Certains craquent, et partent. »

     

    Ce n'est pas le but, assure Jacques Pommeraud, de la direction générale :

    « TOP, c'est une transformation d'Atos sans plan social. Simplement, dans les services informatiques, le taux de départ naturel est très élevé. »

     

    Les budgets d'Atos Infogérance intègrent pourtant une réduction globale des effectifs de 20% dans le cadre du « lean management », reporte Sécafi.

    Un copier-coller de France Télécom

    Il faut dire que la recette a fonctionné chez France Télécom. Nommé en 2002, Thierry Breton y avait réduit l'endettement de 25% en trois ans. Les effectifs, eux, passaient de 146 900 en 2001 à 121 000 en 2005.

    Déjà, c'est TOP qui s'applique, les vagues en moins, se souvient Philippe Meric, de Sud-PTT :Télécharger le rapport de Technologia.

    « Chez nous, il n'y avait pas de mode d'emploi, c'était au manager d'identifier les plus lents, pour la cellule de reclassement. »

     

    Certains se voient ainsi proposer d'ouvrir une pizzeria ou un bowling, comme le raconte Ivan du Roy, auteur du livre « Orange stressé » (éd. La Découverte, 2009). Quand les congés de fin de carrière écrèment les rangs.

    En février 2005, Thierry Breton quitte France Télécom, après avoir conçu les plans Next et Act, petits cousins de TOP. Ce sont ces trois programmes qui sont mis en cause en mai 2010, suite aux suicides, dans le rapport du cabinet Technologia. (Télécharger le rapport)

    Tandis que, chez Atos Origin, Thierry Breton rachète les services informatiques de Siemens, espérant devenir le leader européen.

    Dans la division allemande, TOP sera mis en œuvre dès le 1er juillet.

    Photo : Thierry Breton, à l'Assemblée nationale, le 7 septembre 2006 (Benoit Tessier/Reuters).

    http://eco.rue89.com/2011/05/24/apres-france-telecom-thierry-breton-passe-atos-a-lessoreuse-204971


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  • Le FMI : une institution antidémocratique qui impose la régression sociale

    Éric TOUSSAINT
     

    Sur cette carte du monde la surface des pays a été modifiée afin de refléter le poids dont chacun dispose en termes de droits de vote au sein du FMI. On distingue clairement que la Belgique (10 millions d’habitants) occupe une surface supérieure à celle de pays comme le Brésil (qui a pourtant une population 18 fois plus importante et un territoire 279 fois plus étendu), le Mexique, l’Indonésie ou la République démocratique du Congo (6 fois plus d’habitants que la Belgique et un territoire 77 fois plus étendu).

    Le FMI est au centre de la scène internationale ?

    Depuis quelques jours, les accusations que porte la justice des Etats-Unis contre Dominique Strauss Kahn renouvellent l’intérêt de l’opinion publique pour l’institution dont il est le directeur général. Avec la crise qui s’est aggravée au Nord en septembre 2008, le FMI est revenu sur le devant de la scène après des années très difficiles. Profondément délégitimé par ses graves échecs au cours des décennies 1980 et 1990, il connaît aussi une sévère crise interne puisque ses deux derniers directeurs généraux ont démissionné avant la fin de leur mandat. Malgré cela, le G20 réuni à Londres en avril 2009 a voulu le remettre au centre du jeu politique car il est un outil essentiel de la domination des grandes puissances. Les pays du Sud préfèrent souvent éviter autant que possible de se plier aux conditions qui accompagnent toute signature d’un accord avec le FMI. Le Mexique, l’Argentine et la Pologne, qui ont obtenu la promesse de crédits possibles pour un total de 52 milliards, attendent le dernier moment pour effectivement accepter ces prêts. Ils veulent explorer toutes les alternatives possibles et éviter autant que faire se peut les diktats du FMI. En 2011, le Portugal a tenté pendant plusieurs mois d’éviter de devoir recourir aux prêts du FMI car, la dernière fois que celui-ci est intervenu, il y a eu un bain de sang social. C’était en 1983. L’opinion publique portugaise est opposée à un accord avec le FMI mais Socrates, le premier ministre (socialiste) démissionnaire est favorable à un tel accord.

    Les conditions du FMI sont tellement contraignantes ?

    Oui. Elles se basent sur le Consensus de Washington, en vigueur depuis une trentaine d’années, qui préconise de comprimer les dépenses publiques et les budgets sociaux, de privatiser à tout va, d’ouvrir les marchés pour permettre les profits des sociétés transnationales et d’abandonner toutes les protections dont bénéficiaient les producteurs locaux et les populations pauvres. Officiellement, ce consensus n’a plus cours mais en réalité, les conditions qu’impose le FMI aux pays qui font appel à lui n’ont pas changé et leur logique est toujours la même. La Hongrie, qui fut le premier pays à solliciter un prêt après la crise financière, a dû supprimer le treizième mois de ses fonctionnaires. L’Ukraine a été sommée de reculer l’âge de la retraite. Les conditions imposées à la Grèce et à l’Irlande en 2010 provoquent une brutale régression sociale au point qu’on peut parler de violation des droits économiques et sociaux de la population. Le FMI dicte ses volontés aux gouvernements et leur impose des mesures très impopulaires. Il se permet de réécrire les codes nationaux du travail en contraignant les parlementaires à revoir les législations en vigueur dans un sens favorable aux grands créanciers et défavorables aux populations du pays. Bien sûr, officiellement, ce sont les autorités du pays qui prennent l’initiative de modifier les lois mais en réalité le travail est prémâché par les équipes du FMI. Pourtant, en Grèce, les accords passés en 2010 entre le FMI et le gouvernement grec n’ont pas été approuvées en bonne et due forme par le parlement grec. On en revient au temps des oukases du temps du Tsar de toutes les Russies.

    La Hongrie, la Grèce, l’Irlande,… sont des pays européens. Le FMI n’intervenait jusqu’ici qu’au Sud ?

    Ce n’est pourtant pas une première. On l’a oublié, mais au cours des années 1970, le gouvernement travailliste a fait appel à lui pour enrayer la chute de la livre sterling. Le plan concocté par le FMI a produit un tel rejet de la population que celle-ci a infligé aux travaillistes une punition électorale qui a abouti à l’élection de Margaret Thatcher ! Comme dit plus haut, le Portugal du socialiste Mario Soares a également fait appel au FMI en 1983. En 2009, c’était au tour de l’Europe centrale et orientale, sans oublier l’Islande, touchée de plein fouet par la crise financière. En 2010, la Grèce et l’Irlande sont soumises aux exigences du FMI. En 2011, le Portugal passera sous ses fourches caudines et d’autres pays risquent de s’ajouter à la liste. Ses tentacules se développent au Nord sans relâcher la pression sur le Sud, il faut combattre l’action du FMI de manière urgente.

    Le pouvoir de décision au FMI est distribué en fonction de la quote-part versée par les pays membres au moment de leur adhésion. Pourquoi les pays qui s’estiment sous-représentés n’augmentent-ils tout simplement pas leur contribution ?

    Parce qu’on les en empêche. La Chine dispose de plus de 2 200 milliards de dollars de réserves de change. Elle demande à avoir plus de poids au FMI, mais les contributions ne sont pas volontaires, elles dépendent des alliances géostratégiques. Le FMI a été imaginé, au sortir de la seconde guerre mondiale, par les pays industrialisés qui y disposent de la majorité des voix alors qu’ils représentent moins de 20 % de la population mondiale. Ils rechignent à redistribuer les cartes aujourd’hui. Ils ont construit un FMI à leur service et veulent le maintenir tel quel.

    Pacte pour l’euro : un FMI européen

    FMI carte sur la répartition des droits de vote

    Sur la carte, l’Afrique ne semble pas trop mal lotie…

    Soyons sérieux : l’Afrique subsaharienne occupe une place égale à la France alors qu’elle compte 10 fois plus d’habitants. L’Afrique au Sud du Sahara ne dispose que de deux membres au sein du Conseil d’administration du FMI et ces deux membres doivent exprimer le point de vue de 48 pays. La France dispose à elle seule d’un administrateur. Les pays de l’Union européenne ont 8 représentants au sein du Conseil d’administration sur un total de 24 membres, soit un tiers d’entre eux. Vous imaginez la difficulté des 48 pays africains à se faire entendre si seuls 2 administrateurs les représentent. Le FMI est parfaitement verrouillé par les pays européens et nord-américains. L’Afrique a demandé que l’on porte de 24 à 26 le nombre d’administrateurs afin de dégager deux sièges supplémentaires en sa faveur. Ils se sont heurtés à un refus net des États-Unis. C’est donc l’immobilisme qui prévaut, mais pendant ce temps, les dégâts sociaux au Nord et au Sud s’aggravent.

    Le FMI est donc irréformable ?

    Oui car ses statuts sont foncièrement antidémocratiques. Le G20 réuni à Pittsburgh en 2009 a décidé de transférer 5% des voix des pays surreprésentés vers certains pays sous-représentés comme la Chine, l’Espagne et la Pologne. Ce transfert, qui se fera probablement au détriment des pays comme la Suisse et la Belgique, ne transformera pas pour autant le FMI en une institution démocratique, car il concernera quelques dixièmes de pourcent mais ne modifiera pas les rapports de force en profondeur. En conclusion, il faut créer une nouvelle institution mondiale garantissant la stabilité monétaire, notamment en luttant contre la spéculation, et fondamentalement centrée sur le respect des droits humains fondamentaux, ce qui n’est pas du tout le cas actuellement. Il est très important de faire sauter le verrou du FMI pour espérer jeter les bases d’un autre monde.

    Eric Toussaint

    Le présent texte est une version actualisée et modifiée par l’auteur d’une interview donnée à Jean-François Pollet du magazine Imagine (www.imagine-magazine.com).

    La version originale de cette interview a été publiée par Imagine dans son numéro de janvier-février 2010. Source pour la carte : http://www.worldmapper.org/display....

    Eric Toussaint www.cadtm.org 345 Avenue de l’Observatoire 4000 Liège Belgique


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  • Citron, un cas d'école du capitalisme sauvage dans la zone portuaire du Havre

    L'usine Citron, qui appartient à une société Suisse, était installée depuis 1997 dans la zone portuaire du Havre, agissait dans le domaine du retraitement des    déchets industriels et en particulier des métaux lourds.      

    Les dirigeants de cette usine étaient très fiers de leur technologie, pour laquelle ils ont même obtenu en Suisse  un prix pour l'innovation et le développement durable !

          

    Désastre pour l'environnement et la santé des salariés 

    L'entreprise a cependant été mise en cause pour sa dangerosité et son impact sur l'environnement, par des associations écologistes (France Nature Environnement,     Ecologie pour Le Havre) et par l'administration. Un rapport de la Direction régionale de l'environnement de 2006 mettait en cause la capacité de l'usine à faire face à un incendie. Selon    les associations écologistes, Citron a reçu une multitude de mises en demeure qui n'ont pas conduit l'entreprise à modifier radicalement ses pratiques.      

    Un premier incendie avait déjà eu lieu en 2000, qui avait entrainé la condamnation de l'entreprise et de son directeur de l'époque, pour manquement aux règles de    sécurité et environnementales. Dans les années qui ont suivi, Citron a eu plusieurs fois maille à partir avec la justice pour les mêmes motifs.      

    En avril 2010 la société est devant la cour d'appel, suite à sa condamnation en première instance pour exploitation non conforme. Les associations écologistes,    partie civile, font valoir que Citron a déjà été condamné plus d'une dizaine de fois ; en raison de la gravité et de la multiplicité des infractions ils demandent, en cas de condamnation par la    cour d'appel, que l'arrêt soit publié dans la presse.      

    Au mois de septembre ce sont les salariés qui tirent la sonnette d'alarme. La CFE-CGC, seul syndicat représenté dans l'entreprise, dénonce les risques d'une    catastrophe économique et sanitaire majeure, et demande au préfet qu'il prenne des dispositions pour obliger la direction de Citron à respecter les lois sociales et environnementales sans délai.    Elle dénonce les risques sanitaires que font courir aux 120 salariés de l'entreprise et à ceux des usines environnantes les rejets polluants que Citron envoie dans l'atmosphère, ainsi que des    boues de métaux lourds non filtrés dans la Seine, la contamination de salariés par le nickel. La médecine du travail écrit au mois d'octobre au Préfet de Haute-Normandie pour dénoncer que les    certificats d'exposition aux agents chimiques dangereux et aux cancérogènes, mutagènes, reprotoxiques, ne sont pas remis aux salariés.

          

    L'exploitation sauvage éclate au grand jour

     

    L'URSSAF a entamé également une procédure : les cotisations ne seraient plus payées depuis deux ans. La Direction régionale de l'environnement, de    l'aménagement et du logement, aurait imposé à l'entreprise une consignation de 3,4 millions d'euros à verser au Trésor public, du fait qu'elle n'obtempère pas à la mise en demeure d'évacuer des    terres polluées entreposées sans autorisation sur son site.      

    Citron est placé en redressement judicaire, avec une période d'observation de six mois.      

    Le 17 octobre, un incendie se déclare sur le site. Il faudra aux pompiers 64 h pour l'éteindre. Aucun blessé n'est heureusement à déplorer. La production est à    l'arrêt. Un arrêt préfectoral  interdit à Citron d'accepter d'autres déchets ou de les traiter, mesures destinées à rester en vigueur tant que les conditions de sécurité ne seront pas    assurées : les motopompes étaient en panne au moment du départ de feu. Les salariés sont désormais occupés par des travaux consécutifs au sinistre. Dans la foulée de l'enquête sur les causes de    l'incendie, près de la moitié des salariés auraient porté plainte pour "mise en danger de la vie d'autrui."      

    La presse enquête et rapporte des témoignages :

    « Il y a cinq ans, mon taux de plomb était de 390 microgrammes par litre de sang, alors que le seuil critique est de 200 microgrammes par litre. » « La direction    voulait passer un maximum de produits pour toucher de l'argent, quitte à nous mettre en danger. Certains déchets entraient sous une fausse appellation », affirme un salarié."

    «Intoxiquée et l'œsophage brûlé », raconte une technicienne de laboratoire qui a passé 10 ans chez Citron " « J'ai manipulé des déchets sans savoir de quoi il    s'agissait. C'était des acides solvants, je n'avais pas de masque approprié. »

    "Certains ouvraient des fûts de produits toxiques avec de simples masques en papier.»

    (Paris Normandie, 11 décembre 2010 et 5 et 17 janvier 2011)

          

    Le 9 décembre, trois dirigeants de la société ont été placés en garde à vue. Ils seront présentés au parquet et mis en examen. La liste des illégalités qui leur    sont reprochées est impressionnante.

          

    Les salariés sacrifiés

     

    Les salariés espèrent cependant reprendre leur activité, mais avec une autre direction et sur un site remis aux normes.      

    Mais en décembre la société est mise en liquidation judiciaire. Citron ressemble de plus en plus à une "usine fantôme" : il ne reste plus que l'équipe de sécurité    sur place et il est question que le contrat d'assurance soit suspendu. Il ne resterait plus que le gardiennage du site, assuré par une société extérieure payée dans le cadre de la liquidation    judiciaire.      

    Commence la saga de l'attente d'un éventuel repreneur.      

    La cour administrative d'appel de Douai annule l'arrêté préfectoral de 2007, qui autorisait l'entreprise à agrandir ses installations d'incinération et de recyclage    des déchets dangereux. La capacité d'accueil de Citron est ainsi passée de 140 000 à 450 000 tonnes. Les éventuels repreneurs devront se plier à ce jugement.

     En attendant, 100.000 tonnes de déchets dangereux restent sur place. 240.000 selon la CFE-CGC. «Poubelle à ciel ouvert» pour les écologistes, "poudrière" selon les    salariés, et pudiquement " «un site présentant des enjeux environnementaux» pour l'administration. Le lithium des piles usagées côtoie solvants, métaux lourds, résidus de broyage automobile,    déchets organiques, pour certains à l'air libre. Les risques de contamination sont réels, ainsi que la répétition d'un accident tel que l'incendie du 17 octobre. En théorie, l'Etat doit prier les    propriétaires de déchets qui ont fait appel à Citron de venir les récupérer. Mais ces déchets ont été broyés et mélangés ! Le coût des travaux est estimé à plusieurs dizaines de millions d'euros    par une responsable écologiste.  C'est l'Agence de l'environnement et de la maitrise de l'énergie, agence publique, qui est chargée de l'affaire, avec des fonds d'Etat.      

    Les 116 salariés restés sur le carreau attendent de passer une visite médicale, qui devrait leur permettre de connaitre le taux de métaux lourds passé dans leur    sang. La visite médicale de fin de mission est pourtant une obligation. L'Etat intervient auprès du mandataire-liquidateur pour que cette visite soit assurée par la médecine du travail, mais    Citron n'était plus adhérente à l'association, faute de payer les cotisations… Le service de santé au travail s'est depuis engagé à recevoir les employés, à condition que chacun en fasse la    demande individuelle, fiche d'exposition à l'appui. (Paris Normandie, 23 février 2011)      

    Les salariés découvrent également que leur mutuelle ne les couvre plus. Certains n'ont pas reçu la totalité de leur dernier salaire.  D'autres n'auraient    toujours pas reçu leur lettre de licenciement indispensable aux démarches pour retrouver du travail (Paris Normandie, 17 janvier 2011).      

    Les salariés, avec l'appui du syndicat ont déposé 70 dossiers aux prud'hommes, pour harcèlement moral, versements de primes, retard de salaire… Il faut constituer    des dossiers solides, et l'audience est prévue pour le 26 septembre. Au-delà de l'attente du dédommagement, les salariés concernés aspirent à "être libérés de tout ça". 

    Le 27 avril, le tribunal de commerce se penche sur le devenir de l'usine. Quatre candidats à la reprise d'une activité sur le site se sont déclarés. : les groupes    Veolia, Sita (filiale du groupe Suez spécialisée dans le traitement des déchets), la société Rémondis France (experte du traitement des déchets dangereux) et un quatrième postulant de nationalité    mexicaine. Réponse du tribunal sous quinzaine.      

    Les interrogations vont bon train : les salariés seront-ils repris ? Quelle part prendra le futur propriétaire dans l'entreprise colossale de nettoyage des lieux    ?      

    Le 11 mai, le tribunal fait connaître son choix : l'entreprise SITA, filiale du groupe SUEZ spécialisé dans la gestion globale des déchets, a été retenue. La    CFE-CGC est optimiste : SITA aurait promis de reprendre du personnel et de relancer le four. Mais il faut rapidement déchanter : le repreneur n'est intéressé que par les "murs" de l'usine et    n'envisage pas d'y relancer son activité avant deux ans, à savoir la production d'électricité à partir de déchets de bois. Selon le responsable régional SITA, " « Nous travaillons sur ce dossier    depuis plusieurs mois en partenariat avec des acteurs locaux et la région Haute-Normandie. C'est un investissement important de l'ordre d'une dizaine de millions d'euros." (Paris Normandie 13 mai    2011)      

    Elle permettrait d'embaucher 110 salariés, mais les ex-Citron seront-ils prioritaires ?      

    En attendant,  la première phase des travaux est terminée. Elle a consisté dans des opérations de première urgence : déplacer et éteindre les déchets fumants    restés trop longtemps à l'air libre. Maintenant, il faut s'attaquer aux bacs de soude et aux stocks de pile au lithium. Le service de l'environnement ne s'avance ni sur le calendrier, ni sur la    mobilisation des financements.      

          

    CITRON est bien représentative de ces entreprises qui ne visent qu'un profit maximal et rapide, sans exercer la moindre responsabilité économique, sociale ou    écologique.      

    Mais l'ensemble de toutes les complicités actives ou passives, de tous les aveuglements qui ont permis si longtemps à Citron de couler des jours heureux dans le    paradis de l'illégalité pose tout de même question.      

    La dangerosité du site est dénoncé depuis le début par les écologistes, les mises en demeure de la Direction régionale de l'environnement se sont multipliées. Un    premier incendie a eu lieu en 2000, aboutissant à des condamnations. La Direction régionale de l'environnement constate en 2006 l'incapacité de l'usine à faire face à un incendie, dont le risque    est par ailleurs accru du fait des manquements à la sécurité.      

    Tout ceci est parfaitement connu, ce qui n'empêche pas l'administration préfectorale d'accorder en 2007 cette autorisation de passer d'une capacité de 150.000 à    450.000 tonnes de déchets à traiter.      

    Comme l'écrit la presse havraise (23 février 2011) :      

        "Citron est habitué des fonds publics. Il fut une époque où malgré de nombreux arrêtés précédents de mise en demeure, l'usine sollicitait - et obtenait - des    subventions auprès des collectivités telles que le conseil régional, ou encore la Codah, qui vota à l'unanimité une aide de 35 000 € en mars 2007… "      

    En contraste avec l'indulgence et la sollicitude dont a bénéficié Citron, on ne peut que constater le désintérêt total vis à vis de ses salariés. Ces derniers sont    totalement livrés à eux-mêmes. Ils ont été exposés sans les protections nécessaires à des produits toxiques, certains en sont malades et des pathologies lourdes risquent d'apparaître à l'avenir :    l'accès à la visite médicale de fin de mission devient un véritable parcours du combattant. Alors que la transgression du droit du travail par Citron est directement responsable de la dégradation    de leur état de santé, ils sont du jour au lendemain privés de mutuelle.      

    Alors qu'ils ont été jusqu'au bout dans l'ignorance de leur sort, qu'ils n'ont eu aucune information sur les projets industriels des repreneurs (ni, à fortiori, eu    leur mot à dire) sur lesquels, en principe, seul le tribunal de commerce avait à connaître et à se prononcer, SITA préparait tranquillement son projet avec les "acteurs locaux" et la Région    Haute-Normandie.      

    Selon le responsable de SITA, l'entreprise serait ravie si les salariés de Citron voulait postuler à l'avenir. En clair cela veut dire qu'ils ne seraient en aucun    cas prioritaires. Qui peut croire qu'après un passé d'exposition aux risques professionnels et deux ans de décrochage les salariés de Citron puissent être préférés à l'embauche ? 

    Tout ceci met en évidence que les "patrons-voyous" ne pourraient opérer en toute impunité s'ils ne disposaient d'appuis politiques au plus haut niveau.      

    A cet égard, la réforme en profondeur opérée par voie d'ordonnance le 20 janvier dernier nous inquiète. Les forages ne sont plus soumis à des décrets préfectoraux,    il n'y a plus d'enquête publique ou de concertation et les documents de prospection ne sont pas communicables au public pendant 20 ans pour les hydrocarbures.      

    Bel exemple de bradage de l'intérêt public et de la démocratie au profit d'intérêt privés !

    http://cgtlehavre.ul.over-blog.com/article-citron-un-cas-d-ecole-du-capitalisme-sauvage-dans-la-zone-portuaire-du-havre-74291543.html


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  •  La Stratégie du choc ; ne pas perdre de vue les idéologues de la tourmente pour savoir contre qui on se bat

    http://www.virusphoto.com/attachment.php?attachmentid=1539&stc=1&d=1192710178

    De temps en temps, il sort de son mutisme et vous balance un bout de texte, comme ça, histoire de dire    bonjour. 

    Ses interventions sont rares, mais vous aller le vérifier, précieuses.

     L'ami Serge nous distile aujourd'hui un de ces billets qui obligent à se touiller les boyaux de la tête.    Pas pour comprendre. C'est clair. Mais pour voir comment être citoyen conscient et actif pour bien tenir son bout de barricades. 

    Pas possible de faire semblant de ne pas comprendre, c'est net comme un trait de diamant sur une    vitre. 

     

    La Stratégie du    choc

     La politique capitaliste a des penseurs, plus doués certains que d’autres. Les moins doués ne faisant que reprendre    les idées des plus doués.

     Parmi les plus doués, le siècle passé, il y eut incontestablement Hayek et Friedman qui sont à l’origine de l’école    dite de Chicago qui forme des économistes qui ont pour mission d’apporter la bonne parole auprès des institutions ou éventuellement à l’intérieur d’autres écoles. 

    Hayek et Friedman sont aussi à l’origine de ces rencontres amicales et informelles qui réunissent des économistes, des    financiers et des politiques. 

    Par exemple, le groupe de  Bilderberg en est un. Sous prétexte de participer à un instant de réflexion entre    puissants, les politiques sont fortement encouragés à suivre les potions préparées par les Chicago boys. 

    En France, c’est depuis belle lurette que des politiques de la droite et de la gauche de gouvernement se succèdent    dans ces réunions. C’est ce qui pourrait expliquer le tournant de la gauche au gouvernement en 1982/1983. Les jeunes loups d’alors, Fabius, Jospin et d’autres avaient été invités et apparemment    avaient été de bons élèves. 

    Le FMI que dirige Strauss-Kahn est un territoire bien connu des Chicago boys. Les économiques de cette honorable    institution ayant tous terminés leurs études aux Etats-Unis dans des établissements où s’enseignent les théories de Milton Friedman. 

    En 2007, Naomi Klein publiait "La Stratégie du choc, la montée du capitalisme du désastre". La thèse    de la journaliste canadienne est que le capitalisme préfère les contextes les plus tourmentés, une politique théorisée par Friedman. 

    Pour avoir quelquefois fait référence aux enquêtes de Naomi Klein, je vous donne un lien avec quelques vidéos qui    peuvent aider à se faire une opinion en partant du principe qu'il ne s'agit pas d'avoir une vision apocalyptique ni de complot, mais que pour combattre efficacement, il vaut toujours mieux    savoir ce que l'on combat. 

    http://www.oulala.net/Portail/spip.php?article5121 

    Serge


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  • Théorie marxisteL’histoire retiendra peut-être que le plus grand complot qui ait été fomenté à la charnière des XXe et XXIe siècles aura été de plonger le monde dans une crise monumentale, parce qu’elle est sociale, économique, financière et écologique. Ou, plus exactement, de fermer les yeux sur les causes réelles de tous ces désastres, résultats d’une logique d’accumulation invraisemblable et d’enrichissement vertigineux d’une minorité. Et, ensuite, de profiter de cette crise pour accentuer encore davantage la pression exercée sur les populations, sur les travailleurs, sur les quelques institutions collectives qui survivent encore comme celles de la protection sociale et des services publics.

    Depuis hier, le FMI est présenté comme le meilleur allié des peuples en crise. Le FMI et toutes les institutions sœurs comme la Banque mondiale et l’OMC, les directoires autoproclamés comme le G8 et le G20, tous ont mené et mènent des politiques qui mettent à genoux les peuples. Le FMI et l’Union européenne n’ont pas sauvé la Grèce, ils l’ont assommée. Ils n’ont pas sauvé l’Irlande et le Portugal, ils ont conforté leurs gouvernements dans la volonté de ceux-ci de faire payer la crise aux victimes de la crise et non à leurs fautifs. Une preuve supplémentaire en est donnée par la préparation du « pacte pour l’euro » par les gouvernements français et allemand et la Commission européenne, dont le Parlement européen est actuellement saisi.

    Les prochaines échéances constituées par les réunions en France du G8 et du G20 seront une nouvelle fois l’occasion de constater la collusion des forces économiques du capitalisme, des gouvernements néolibéraux et de leurs institutions internationales pour non pas nous sortir de la crise mais pour nous y plonger un peu plus.

    Voilà la nouvelle essentielle de ce week-end : le FMI met le monde à terre et, avec de telles politiques, les classes dominantes veulent se l’approprier définitivement. Le FMI est un symbole : celui de l’argent, celui du pouvoir, celui de l’arrogance, celui du mépris. C’est ce symbole-là qu’il faut rejeter.

    Attac France, Paris, le 17 mai 2011


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  • Théorie marxiste


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  • Théorie marxiste

    Une accélération de la croissance économique au premier trimestre 2011 en France a créé la surprise ce matin. Un point de croissance, c’est plus que les prévisions annonçaient. Cette croissance est selon les économistes portée par l'investissement, la consommation et la reconstitution des stocks des entreprises. Une bonne nouvelle assurément, à tempérer toutefois. Elle ne serait que temporaire, un simple rebond, c’est ce que l’explique Alexander Law (Xerfi). Un freinage est à prévoir dès le deuxième trimestre". Selon lui, les périls annoncés sont l'inflation (prévue à 2,6% pour 2011) qui grignote le pouvoir d'achat, la flambée des cours du pétrole et des matières premières, le yo-yo de l'euro... Conclusion, selon Xerfi, la croissance sur l'année 2011 ne dépassera pas 1,7%. Ce matin, l'Insee a confirmé ce point de croissant, et a annoncé 58.800 emplois nets créés au premier trimestre dans le secteur marchand, une progression de 0,4%. L'Insee a confirmé aussi que la plupart des composantes de la croissance - mis à part le commerce extérieur - étaient orientées à la hausse au premier trimestre. Dans la zone euro, la croissance économique suit le même mouvement au premier trimestre, à 0,8% après seulement 0,3% les deux trimestres précédents, selon des données publiées vendredi par l'office européen des statistiques Eurostat. L'Allemagne, la première économie d'Europe, affiche pour janvier-mars une expansion de 1,5%. Du côté des mauvais réusltats, on trouve la Grande-Bretagne (+0,5%), l'Espagne (+0,3%) et l'Italie (0,1%).

    Pour aller plus loin : Réfléchir sur les crises pour trouver une alternative au capitalisme

    Pouvoir d'achat: la prime aux gesticulations


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    D'un impôt de solidarité à une légère contribution 

    Une des plus impopulaires mesures de Nicolas Sarkozy, le bouclier fiscal, devrait être supprimé. En contrepartie, la contribution des français les plus aisés pour 2012 se verra amplement réduite. Résultat, un nouveau cadeau accordé aux riches, camouflé derrière une réformette fiscale.

    C’est ce que le Conseil des ministres a examiné ce mercredi. Un projet de loi de finances pour 2011, qui devrait atterrir au parlement d’ici juillet, afin que ses principales propositions soient applicables dès 2012. A savoir en premier lieu la suppression pure et simple du bouclier fiscal. Mesure qui devrait permettre une économie de 300 à 700 millions d’euros, selon les estimations, distribués aux 20 000 foyers les plus riches. Autre point, l’Impôt de Solidarité sur la Fortune se verra globalement allégé, ce qui représentera selon les prévisions de Bercy un manque à gagner de 1,857 milliards d'euros en 2012. Le gouvernement promet de compenser la perte grâce à une taxation un peu plus lourde sur les héritages de plus de 4 millions d’euros, les donations, les résidences secondaires en France des non-résidents, et une taxe ainsi que diverses mesures visant l’évasion fiscale.

    L’allègement de l’ISF se fait sur plusieurs points. Le premier est le relèvement du plafond : il faudra désormais un patrimoine de plus d’ 1,3 millions d’euros pour  y être assujetti, contre 800 000 actuellement. 300 000 personnes en seront ainsi exonérées. Pour les autres, le gouvernement emploie les mots « simplification » et « gommer les effets de seuil », ce qui signifie baisse du taux d’imposition.

    L'Humanité du jeudi 12 mai vous expliquera cette réforme fiscale en détail, avec des graphiques clairs et deux cas précis étudiés : ceux de François Pinault et de Liliane Bettencourt.

    Voir aussi Le communiqué du PCF : ces "assistés" qui payent l'ISF

    Les trois gros mensonges de la droite 
sur l’impôt sur la fortune Impôt sur la fortune : les tripatouillages de Sarkozy

     

     

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  • UMP: surenchère de com pour vendre le bilan de Sarkozy

    Opérations "portes ouvertes", cafés politiques, réunions publiques, campagne de tractage, clip vidéo, l'UMP s'est mobilisée, samedi, sur tous les fronts, à Paris et dans les fédérations, pour défendre les quatre ans de présidence de Nicolas Sarkozy, élu le 6 mai 2007.

    L'UMP a ouvert les portes de son siège national à Paris, où quelques centaines de militants ont défilé tout l'après-midi pour participer à un café politique animé par le secrétaire général Jean-François Copé et l'ancien ministre Roger Karoutchi. M. Copé les a invités à "prendre le temps nécessaire pour écouter les Français, leurs interrogations, pour comprendre leurs inquiétudes et leurs souffrances". Il a résumé en quelques "mots-clé" la stratégie à adopter pour les rendez-vous électoraux de 2012 "dans cette période difficile": "rassemblement, générosité et écoute, solidité et courage".

    Dans l'éditorial d'un supplément spécial (tiré à 400.000 exemplaires) du Magazine de l'UMP, il appelle aussi les militants à "faire de la pédagogie auprès des Français" et à "remettre en perspective" l'action de l'exécutif. Après une "succession sans précédent de crises (économique, sociale, géopolitique, environnementale etc..) le président de la République et notre majorité ont réagi avec un sang froid et un sens des responsabilités exceptionnel pour protéger les intérêts vitaux de la France et des Français", écrit-il.

    Dans un clip posté sur le site de l'UMP, M. Copé, ses adjoints Marc-Philippe Daubresse et Hervé Novelli, et les ministres Bruno Le Maire (Agriculture) et Nadine Morano (Apprentissage) vantent en six minutes la politique et les réformes menées depuis 2007. Ils saluent la présidence française de l'Union européenne et du G20, le plan de relance, le sauvetage des banques, la politique de sécurité et d'immigration, la carte judiciaire, le RSA, Pôle emploi ou encore le statut de l'auto-entrepreneur.

    Frédéric Lefebvre apporte sa contribution sur son site: "Depuis quatre ans (Nicolas Sarkozy) a travaillé dans un contexte lourd et imprévu sans se décourager. Il nous a boostés (...) pour reconstruire un présent et un futur solides pour le pays".

    • A lire:

    L'Elysée a déclenché l'opération maquillage de bilan

    À un an de l’élection présidentielle, il est temps de rendre le bilan présentable. C’est le but de la présidence, affiché dans son document « Quatre ans d’action » mis en ligne sur Internet. De ces quatre ans, les Français retiennent surtout les croquignolesques aventures de l’appareil d’État UMP. Lire la suite...

    • A lire aussi:

    Leurs sept reproches capitaux

    Agriculteur, syndicaliste, chercheur..., ils dressent un bilan sans compromissions des quatre ans de Sarkozy au pouvoir. Lire la suite...


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