•   Les membres du " clan " se sont versé 237 millons d'euros de dividendes en 2011. une part de cette manne provient de fonds qui ont assurément spéculé sur les dettes publiques. Un cas parmi d'autres au sein des grandes familles.

    Les Bettencourt et la dette

     

      Les rapports d’activité de la société Téthys et de sa filiale Clymène, deux des holdings de la famille Bettencourt, principale actionnaire de L’Oréal, numéro un mondial des cosmétiques, sont on ne ne peut plus clairs. Une part de leur leurs placements ont été réalisés dans des sicav et des fonds communs de placement ainsi que dans ses hedge funds des fonds spéculatifs qui sont très actifs sur les titres de la dette publique européenne.

      Le mécanisme de la spéculation est très simple : on se procure de l'argent à des taux d'intérêt assez bas auprès de banques et l'on achète des emprunts d'État rémunérés à 7,8,12 %... Téthys a réalisé un bénéfice de 168,2 millions cfeuros en 2010 et Clymène de 16,8 millions. Quelle part de ce pactole a été prélevée sur le dos des peuples grec, espagnol, portugais ou irlandais ? Mais les grandes fortunes ne sont pas les seules à spéculer, les grands groupes du GAC 40 y Jouent aussi une partie de leur énorme trésorerie (170 milliards d’euros actuellement). Les Français ont le droit de savoir qui s'enrichit sur le malheur des peuples.

    Une commission d'enquête parlementaire serait la bienvenue.
     

    Le clan familial des Bettencourt s'est disputé puis s'est réconcilié avant de se déchirer à nouveau. D'un côté, l'ancêtre, Liliane Bettencourt, femme la plus riche de France, héritière du fondateur de L'Oréal, le n° 1 mondial des cosmétiques. De l'autre, Françoise Meyers-Bettencourt, sa fille et son héritière, et le mari de celle-ci, Jean-Pierre Meyers.

    En jeu, derrière ces affrontements familiaux, le contrôle de L'Oréal. Mais les uns et les autres n'ont guère de soucis pour se partager les résultats des placements effectués au travers de leurs holdings.

    Téthya et Clymène

    Ce sont les deux sociétés par lesquelles les Bettencourt contrôlent le groupe  L'Oréal et spéculent en Bourse, sur les actions, mais aussi sur les obligations et notamment les titres de dette publique.

    Téthys dispose ainsi d'un portefeuille de 20,9 millions d'euros de valeurs  mobilières de placement en 2010, tandis que Clymène, filiale de Téthys dédiée essentiellement aux activités de spéculation, possédait en 2009 (les comptes 2010 n'ont pas été encore publiés) un matelas de titres de placements de 388,2 millions d'euros. Le rapport d'activité précisait d'ailleurs que «l'essentiel des produits delà société provient de la gestion des actifs circulants, constitués de valeurs mobilières déplacements ».

    Ces deux sociétés ont par ailleurs placé une partie de leurs œufs dans le panier des fameux hedge funds, ces fonds spéculatifs pour une bonne part liés à la finance anglo-saxonne. Si l'on ne connaît pas le montant exact de ces placements, on ne peut douter de leur existence dans la mesure même où les rapports d'activité des deux sociétés y font référence. Aussi bien chez Téthys que chez Clymène, il est spécifiéque «les partsdehedge funds sont évaluées sur la base delà valeur liquidative, estimée ou finale, à la date de clôture transmise par les administrateurs de ces fonds ». Selon un cabinet spécialisé, ces fameux hedge funds géreraient actuellement 2044 milliards d'actifs à travers le monde et sont très actifs en Europe, particulièrement depuis le déclenchement de la crise de l'euro.

    Autres intervenants très actifs sur le marché de là dette publique européenne et forcément présents dans le panier de Téthys et de Clymène: les sicav et fonds commun de placements. Les seuls organismes de placements collectifs en valeurs mobilières des compagnies d'assurances européennes possèdent 554 milliards d'euros de titres d'État.

    Les Bettencourt y goûtent, nécessairement.

    290 millions d'euros de produits financiers

    Ce sont là, assurément, des stratégies qui rapportent. Téthys a dégagé en 2010 un résultat net de 168,2 millions d'euros et a versé aux Bettencourt en 2011 un dividende de 237 millions d'euros. Pour  payer plus qu'il n'a été dégagé de bénéfices, les membres de la famille se sont entendus pour puiser dans les réserves. Clymène a le profit plus modeste. Le bénéfice net comparable dégagé s’est élevé l’an dernier à 16,8 millons d’euros contre 20 millons en 2009. Le nouveau directeur général, Jean Pierre Meyers, le gendre de Liliane Bettencourt, qui a remplacé Patrice de Maistre, déménagé, explique le recul des résultats en déclarant dans son rapport d’activité que la direction de Clymène est restée prudente dans l’exposition de cette dernière aux aléas du marché et n’a pas de ce fait profité pleinement de la hausse des marchés en 2010.

    Les 170 millards de trésorerie des groupes du CAC 40

    Le cas de la famille Bettencourt n’est qu’un exemple parmi d’autres des profiteurs de la dette publique . Effectivement, ils ne sont pas les seuls. Les Peogeot, les Wendel, les Arnault … disposent également de holdings qui interviennent sur les marchés financiers. Au-delà de ces gros actinnaires, la spéculation est une activité courante des grands groupes du CAC 40. Courant 2011, ces derniers affichaient un casch de 170 millards d’euros.

     

    Pierre Ivorra

     


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    huma-220711.jpgDans l'Humanité de ce vendredi, spécial crise de la zone Euro: comment la fortune des Bettencourt profite des dettes des Etats européens; l'analyse du sommet de Bruxelles; quelle Europe, quelle solutions ? Les points de vue de Francis Wurtz (PCF), Eric Coquerel (PG), Yannick Jadot (EELV), Olivier Besancenot (NPA) et Liêm Hoang-Ngoc (PS). L'analyse d'ATTAC.

     

    Jeudi soir, la zone euro a crié une nouvelle fois victoire. A l'issue d'un énième sommet de crise sur la situation grecque et la crise de l'euro, elle a annoncé un deuxième plan d'aide de près de 160 milliards d'euros pour la Grèce, qui risque toutefois de provoquer un défaut de paiement du pays, inédit dans l'histoire de l'Union monétaire.

     

    Le plan. Le montant de ce second sauvetage, qui doit permettre à Athènes asphyxiée par 350 milliards d'euros de dettes, de tenir jusqu'à mi-2014, est bien supérieur aux chiffres qui circulaient précédemment, proches du premier plan décidé en urgence mi-2010 de 110 milliards d'euros. Environ 109 milliards d'euros doivent venir de prêts de l'Europe et du Fonds monétaire international, le reste, 49,6 milliards d'euros, d'une contribution du secteur privé créancier de la Grèce, banques, compagnies d'assurance et fonds d'investissement. Soit 158,6 milliards d'euros au total.


    Défaut de paiement. La participation des banques dans un plan d'aide de ce type est une première au sein de l'Union monétaire et pourrait déboucher sur un défaut de paiement de la Grèce, même de courte durée. Il est question de "quelques jours", selon un diplomate. Il n'empêche, la zone euro brise là un tabou au sein de l'Union monétaire.


    Tout pour rassurer les marchés. Cette question de la participation du secteur privé a été à l'origine d'un rude bras de fer ces dernières semaines entre Berlin, soutenu par les Pays-Bas et la Finlande d'une part, la Banque centrale européenne, la France et de nombreux pays d'autre part. Ces différends ont alimenté la nervosité des marchés et créé des turbulences qui ont failli emporter l'Italie à son tour dans la tempête de la crise de la dette.


    Nouvelle cure de libéralisme imposée à l'Europe en septembre. Des propositions pour améliorer la gouvernance de la zone euro seront faites "avant la fin de l'été" avec la chancelière allemande Angela Merkel, a annoncé jeudi soir le président français Nicolas Sarkozy à l'issue du sommet de Bruxelles. La chancelière Angela "Merkel et moi sommes convenus qu'il fallait avancer dans la gouvernance économique dans les prochaines semaines de façon ambitieuse et volontariste", a affirmé le président français... La France se bat depuis longtemps pour un gouvernement économique de la zone euro, l'expression même était tabou. L'exemple doit être donné par l'Allemagne et la France."


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  • La Maison-Blanche a fixé à vendredi la date butoir pour trouver un compromis sur le relèvement du plafond de la dette. Un accord a minima se profile.

    Lentement mais sûrement, les États-Unis se rapprochent du précipice. Si un accord sur le relèvement du plafond de la dette n'est pas voté avant le 2 août, échéance au-delà de laquelle l'État ne pourra plus s'endetter, le scénario catastrophe, tant redouté par les marchés, se réalisera. Le pays ferait alors défaut sur le remboursement de ses emprunts obligataires, perdrait sa note triple A et la confiance des investisseurs, et l'économie plongerait dans la récession alors même que la croissance demeure fragile et que l'emploi se dégrade à nouveau. Sans accord, 40 % des dépenses publiques ne seraient plus assurées, menaçant la capacité du Trésor à honorer ses engagements financiers.

    De fait, la Maison-Blanche a fixé à ce vendredi la date butoir pour s'assurer qu'un éventuel compromis puisse être adopté par le Congrès avant le 2 août. Mais à force de camper sur leurs positions, les responsables politiques américains doivent négocier à la hâte un accord a minima pour relever le plafond de la dette, actuellement fixé à 14.294 milliards de dollars. Barack Obama l'a reconnu vendredi au cours d'une conférence de presse à Washington : un plan plus ambitieux aurait pu être trouvé. Mais désormais, le « temps presse ».

    L'heure des batailles idéologiques et des petits calculs politiques doit laisser la place aux concessions et au pragmatisme. Après tout, en avril, démocrates et républicains étaient bien parvenus à un compromis in extremis sur le budget 2011, évitant de la sorte la fermeture des administrations.

    « Éviter l'Armageddon »

    La Chambre des représentants, à majorité républicaine, s'apprête à voter un plan prévoyant une baisse de 2.400 milliards de dollars des dépenses publiques sur dix ans. Mais ce vote semble voué à rester lettre morte. « Ce plan ne me paraît pas sérieux » a réagi vendredi Barack Obama. Le président semble avoir renoncé à faire passer l'idée de dégager 1.000 milliards d'impôts supplémentaires, dégagés en supprimant des niches fiscales bénéficiant aux ménages les plus aisés et à certaines industries. « Il faut éviter l'Armageddon », a-t-il concédé, alors que la question de la fiscalité reste le principal point d'achoppement.

    Pour sortir de l'impasse, la solution de secours proposée par le républicain Mitch McConnell est désormais privilégiée. Ce projet permettrait au président de relever le plafond de la dette de 2.500 milliards de dollars, en passant outre l'opposition du Congrès. Il serait accompagné de 1.500 milliards de dollars de coupes budgétaires, discutées au sein d'un comité bipartisan. Accueillie favorablement par des responsables démocrates, cette proposition est rejetée par de nombreux républicains. « Je n'ai pas été élu pour repousser le problème de la dette de six mois », s'emporte Jason Chaffetz, représentant républicain de l'Utah. « Ce n'est rien de plus que les manoeuvres typiques de Washington », renchérit Allen West, représentant de Floride. Ils réclament au contraire un amendement forçant l'administration à présenter tous les ans un budget équilibré. Un point crucial à négocier.


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  • La chancelière allemande Angela Merkel a prévenu mardi qu’un sommet des dirigeants de la zone euro prévu jeudi, et consacré à l’élaboration d’une nouvelle aide pour la Grèce, n’aurait pas de résultat « spectaculaire ».

    Moyen Orient

    AFP

    « Quiconque veut prendre ses responsabilités politiques (…) le sait bien : il n’y aura pas de grande avancée spectaculaire d’un coup, pas demain, pas jeudi », a déclaré la chancelière lors d’une conférence de presse avec le président russe Dmitri Medvedev. 

    Il y a en Europe « un fort désir de faire un grand pas, un pas final, de préférence spectaculaire » pour mettre fin à plus d’un an de spéculations et de revirements de situation, a dit la chancelière, « j’entends prononcer des mots comme restructuration de la dette, obligations européennes, union de transferts (…) et cela donne l’impression que le sujet ‘Grèce’, le sujet ‘euro’ pourront ensuite être mis de côté ». 

    Mais tout en qualifiant ce désir de faire table rase d’« humain », elle a déclaré : « je ne vais pas y céder, le gouvernement allemand ne va pas y céder »

    Il faut « des mesures supplémentaires, pas un grand pas qui solutionne tous les problèmes », et « résoudre les problèmes par la racine », en « réduisant l’endettement et en améliorant la compétitivité » des pays en difficulté, a-t-elle dit. « Cela pourra uniquement se faire en plusieurs étapes», selon la chancelière. 

    Les chefs d’Etat et de gouvernement de la zone euro veulent mettre sur pied jeudi à Bruxelles un deuxième plan d’aide pour la Grèce, mais sont profondément divisés sur les modalités, alors que les marchés s’affolent et que la contagion à d’autres pays guette. 

    http://www.lesoir.be/actualite/economie/2011-07-19/merkel-ne-s-attend-pas-un-a-resultat-spectaculaire-lors-du-sommet-de-jeudi-851982.php


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  • Moyen Orient

    Règle d'or : Les peuples ne doivent pas payer leur crise (PCF) 

    L'Union européenne et les gouvernements utilisent les dettes publiques pour imposer aux peuples d’Europe une véritable purge sociale. Alors que les banques et autres opérateurs financiers n’en finissent pas de spéculer sur les dettes publiques, il faudrait que ce soit les populations qui payent une crise dont les marchés financiers sont les premiers responsables et uniques bénéficiaires

    C’est pour cela que les gouvernements de l'Union, la Commission et le Parlement européen, avec la participation active de la Banque centrale européenne et du Fonds monétaire international, veulent imposer une nouvelle gouvernance économique asservie à la finance avec pour objectif de mettre sous surveillance accrue les budgets nationaux, de durcir les sanctions contre les Etats en cas de déficit dit excessif et de réduire les dépenses publiques.

    Le pacte « euro plus » utilisait déjà la crise de la dette pour imposer l’austérité, la baisse des salaires des pensions et des retraites, la diminution du nombre de fonctionnaires, la flexibilité du travail, le recul de l’âge du départ en retraite, la casse des systèmes de protection sociale, tout en réduisant les pouvoirs des organisations syndicales. Le tout, au seul bénéfice des actionnaires des grandes sociétés et du système financier international ! Une mesure déjà prise, le « semestre européen », vise à soumettre au Conseil et à la Commission, les budgets des Etats avant même qu’ils soient débattus par les parlements nationaux.

    Pour essayer de verrouiller totalement ce montage, les gouvernements européens veulent intégrer dans la loi fondamentale des Etats l’objectif de l’équilibre budgétaire, ce que Nicolas Sarkozy appelle « la règle d’or ». Stupide économiquement - que se serait-il passé si cette règle avait été appliquée au moment de la crise financière où les Etats ont renfloué les banques -, cette proposition est une agression contre la démocratie, car les politiques économiques seraient ainsi totalement soustraites au débat politique et à la décision citoyenne. Une telle disposition, adoptée par les parlementaires des deux chambres, ne doit pas être intégrée dans la Constitution française comme le veulent le président de la République et l'Union Européenne.

    Les citoyens et les citoyennes ne doivent pas payer les dettes qui sont le résultat de la soumission des Etats aux marchés financiers. Ces dettes sont illégitimes et les peuples ne doivent pas en faire les frais. Il faut exiger aujourd’hui un moratoire et des audits citoyens sur les dettes publiques. Dans l’immédiat, les organisations signataires appellent les citoyennes et les citoyens, leurs organisations associatives, syndicales et politiques à se mobiliser contre la constitutionnalisation de l’austérité et les parlementaires à voter contre ce texte si Nicolas Sarkozy osait malgré tout convoquer le Parlement en congrès à Versailles.

    Avec ATTAC, CGT-Finances, FASE, Fondation Copernic, GU, Les Alternatifs, Marches européennes, MPEP, NPA, PCF, PCOF, PG, Union syndicale Solidaires.

    Voir La "règle d'or" votée à l’Assemblée


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  • Par Yves DIMICOLI,
    Certains prétendent que la seule solution pour mettre fin à la crise économique et sociale en France serait de « sortir de l'euro » pour pouvoir dévaluer fortement le Franc retrouvé, afin de rééquilibrer, au détriment de nos concurrents, le commerce extérieur de la France et instaurer un protectionnisme. Outre que cette décision, illusoire, ne permettrait en rien de répondre aux attentes sociales et culturelles des salariés et de leurs familles en France, bien au contraire, elle nous couperait de potentiels considérables de luttes et de coopérations pour changer la France, l'Europe et le monde. Au moment où les travailleurs, un peu partout en Europe, se mobilisent contre les mesures d’austérité et mettent en question les pouvoirs en place, au moment où, partout dans le monde, tend à être contestée la domination du dollar et se cherche un nouvel ordre au parfum de révolution, vouloir se replier dans l'espace national reviendrait à déserter des terrains de bataille essentiels pour sortir de la crise systémique et viser une nouvelle civilisation de toute l'humanité.
    Sortir de l'euro entrainerait de nombreux effets négatifs :
    Des prélèvements accrus sur les richesses nationales par le commerce extérieur:
    Le retour au Franc et sa dévaluation entraineraient une augmentation du prix de nos importations et des prélèvements opérés, à ce titre, sur les richesses produites en France par nos principaux fournisseurs.

      

    Cela concernerait  :

     
      Par produits: l'automobile et de nombreux biens de consommation, certains biens d'équipement, de très nombreux biens intermédiaires et, surtout, l'énergie;
    Par pays (dans l'ordre): La Chine, l'Allemagne, la Belgique, les États-Unis, la Russie, l'Irlande, la Norvège, le Japon, l'Italie et les Pays-Bas. En 2009, les échanges de la France avec ces pays dégageaient un déficit total de 70.9 milliards d'euros.
      Par contre, tout laisse penser que, même si la zone euro résistait malgré la sortie de la France, ce qui paraît peu probable, les prix des exportations françaises seraient cependant maintenus à un niveau relativement bas, du fait de l'extrême concurrence internationale sur les marchés européens et mondiaux.
     
    Cependant, de gros exportateurs réaliseraient des profits supplémentaires qui serviraient immédiatement, non à investir en France pour y développer l'emploi, la formation, les salaires, la production nationale, mais pour placer, spéculer, payer des dividendes aux actionnaires et des intérêts eux créanciers.
    Dans un premier temps, le déficit commercial de la France s'aggraverait, les importations restant au même niveau, alors que leur prix s'élèverait.
    Les partisans d'un retour au franc prétendent que, six mois après environ, le solde de la balance commerciale s'améliorerait car les exportations augmenteraient en volume, tandis que les importations évolueraient en sens inverse.
    Cette hypothèse traditionnelle, dite de « la courbe en J », méconnait fondamentalement, au delà des effets conjoncturels plus ou moins contradictoires, les revers structurels des dévaluations dites compétitives dans un monde capitaliste de plus en plus travaillé par les défis des révolutions informationnelles et monétaires.
     
    En effet, dans les années 1980, le franc a été dévalué quatre fois consécutivement (En octobre 1981, une dévaluation de 3% du franc est suivie, en juin 1982, par une deuxième dévaluation de 5,75% avec, dés le lendemain, le premier plan de rigueur: prix et salaires bloqués jusqu'au 31 octobre. Une troisième dévaluation du franc, de 2,5%, a lieu en mars 1983, suivie d'une plongée de la France dans la politique dite de « désinflation compétitive ». Puis, en avril 1986, a lieu une dernière dévaluation du franc, de 3 %). Cela a entrainé, de façon fugitive, une succession de « courbes en J », sans redressement structurel de nos échanges, au contraire, et au prix d'une dégradation croissante de la situation sociale des travailleurs en France avec :
     
     Une forte augmentation du taux de pénétration de notre marché intérieur par les produits importés. En 1981, le déficit du commerce extérieur de marchandises est de 50,60 milliards de francs. En 1987, il atteint 55,5 milliards de francs et passe, en 1990, à 70,3 milliards de francs.
     Une sensible augmentation des sorties de capitaux: Le solde des investissements directs est passé de -1,60 milliards de francs en 1983 à -17,19 milliards de francs en 1985, puis -24,54 milliards de francs en 1987 et -97,38 milliards de francs en 1990.
     Une augmentation violente du chômage: La France compte 1.542.250 chômeurs en moyenne en 1981. En 1987, elle en compte 2.267.000 en moyenne.
     La chute de prés de 10 points de la part des salaires et traitements dans la valeur ajoutée nationale dans les années 1980.
     
    Les termes de l'échange de la France (rapport entre prix des exportations et prix des importations) se dégraderaient encore plus :
     
    Une dette plus lourde de la France à l'égard des créanciers domiciliés à l'étranger :
     
    Fin 2009, la dette négociable de l'État français (1148 milliards d'euros) était détenue à 67,9% par des non-résidents.
    De même, la dette de la protection sociale gérée par la CADES, était détenue à 66,8% par des agents ne résidant pas en France, dont 40,7% domiciliés en Europe.
     
    Le retour au Franc et sa dévaluation entraineraient une augmentation de la valeur relative de ces dettes et des exigences de rémunération plus importantes de la part des détenteurs étrangers de titres de dette publique française.
    La notation des titres de dette publique de la France serait nettement dégradée par rapport à celle des titres de dette publique de l'Allemagne, notre principal créancier, qui, pour les marchés financiers, constitue l'étalon en Europe.
     
    Du même coup, la charge d'intérêts pesant sur cette dette augmenterait, alors que, pour l'heure, le seul service de la dette de l'État prélève chaque année plus de 45 milliards d'euros sur les richesses nationales, soit le second poste du budget annuel de l'État.
    Mais il n'y a pas que les institutions publiques qui empruntent auprès d'étrangers, c'est le cas aussi d'entreprises, de banques, de ménages.
    Fin 2009, la position extérieure nette de la France, qui donne une indication de l'endettement à l'étranger de l'ensemble des agents résidant en France, était débitrice de 208 milliards d'euros, soit 11% du PIB. Le retour au Franc en augmenterait mécaniquement la charge.
     
    Perte de compétitivité et de maitrise nationale, fuite des capitaux :
     
    L'augmentation du taux d'intérêt moyen sur les dettes françaises vis à vis de l'extérieur entrainerait une augmentation des coûts supportés par le pays et ses acteurs, notamment ses entreprises.
    Il s'ensuivrait donc de nouvelles pertes de compétitivité de la France, particulièrement vis à vis de l'Allemagne qui est la première source de nos déficits vis à vis des pays européens et notre premier créancier, au contraire du prétendu rééquilibrage de nos échanges visé par la sortie de l'euro et la dévaluation du franc.
     
    Au reste, cette perte de compétitivité perturberait les relations entretenues par les maisons mères de groupe français domiciliés en France et leurs filiales ou fournisseurs de l'étranger, avec le risque, via les prix de cession, d'un transfert de richesse supplémentaire hors de notre site national.
     
    Simultanément, le retour au franc et sa dévaluation rendraient beaucoup plus tentante et facile la prise de contrôle d'entreprises françaises par des entreprises étrangères, d'Allemagne notamment qui, ce faisant, convertiraient à bon compte les créances accumulées sur la France en prises de participation.
    Pour autant, rien ne dit que ces entrées de capitaux au titre des « investissements directs » (On appelle investissements directs étrangers, ou investissements directs à l'étranger, (IDE) les mouvements internationaux de capitaux réalisés en vue de créer, développer ou maintenir une filiale à l’étranger et/ou d’exercer le contrôle (ou une influence significative) sur la gestion d'une entreprise localisée hors du territoire national) n'arriveraient à rééquilibrer ce poste de la balance des paiements de la France, de nombreuses entreprises françaises continuant de chercher ou se résignant à délocaliser, en liaison avec la détérioration de la situation interne.
     
    En même temps, l'essentiel des flux d'entrées de capitaux en France au titre des « investissements de portefeuille » (L’investissement de portefeuille correspond à un ou des investissements réalisés sous forme de titres) est du à des achats de titres de dette publique par des non résidents. Très volatiles, ces capitaux risquent d'exiger une prime supplémentaire pour ne pas se délocaliser au risque de susciter des spéculations contre le franc.
     
    Bien sûr, un contrôle drastique des changes permettrait de limiter ces mouvements (ce qui exige de reconstituer une administration qui a été démantelée depuis plusieurs années) avec, par contre, le risque de rétorsions des pays partenaires, dans le cadre de l'OMC ou unilatéralement, et le développement des pratiques frauduleuses et douteuses pour le contourner, notamment entre maisons-mères et filiales. Et cela sans compter l'acharnement des spéculateurs internationaux contre le Franc.
     
    Un motif de guerre économique accrue entre Européens :
     
    La sortie de la France de l'euro entrainerait en fait la disparition de ce système. Certes, la dévaluation du franc pourrait entrainer, avec retard, une certaine reprise des exportations de la France, mais cela engendrerait immédiatement la riposte des concurrents, particulièrement ceux d'Europe du sud, eux-mêmes si dominés par l'Allemagne et si étranglés par la dette, en Europe comme sur les marchés tiers.
    S'ouvrirait alors un processus de désintégration de la zone euro, de recours aux dévaluations compétitives et au protectionnisme entre européens, sous l'œil intéressé des États-Unis.
     
    On se priverait d'importants potentiels positifs :
     
    Une création monétaire commune plus forte que la création monétaire nationale :
     
    Le PCF, contre l'adhésion au traité de Maastricht, avait critiqué la monnaie unique et sa commission économique avait proposé une monnaie commune, alors envisageable. Ce qui se passe aujourd'hui confirme la justesse de ces positions. Mais ceux qui proposent aujourd'hui la sortie de l’euro, en agitant, avec le retour au franc, la perspective illusoire de la création, en plein affrontement économique et monétaire entre européens (dévaluations compétitives et limitation des échanges), d'une prétendue « monnaie commune », ne voient pas que les possibilités très étendues de création monétaire avec l'euro peuvent être utilisées pour faire prédominer le développement social.
     
    En effet, à partir des montants de monnaie créés par la Banque centrale et dont il dispose, un système bancaire crée, lui-même, de la monnaie. C'est là la plus grande force des économies contemporaines.
    Mais cette création n'est pas sans limite. Un système bancaire national s'y heurte d'autant plus que le pays auquel il appartient est petit et faiblement productif. Un pays seul dispose, en réalité, d'un potentiel de création monétaire bien limité aujourd'hui du fait de l'ampleur des interdépendances à l'international. C'est surtout le cas face à un pays-continent et hyper développé comme les Etats-Unis qui, eux, disposent du privilège unique de s'endetter auprès du reste du monde en dollar, leur monnaie nationale parce que cela est, pour l'heure, accepté par le monde entier.
     
    Par contre, la création monétaire en commun, avec l'euro, offre une surface bien plus grande et des potentiels autrement plus importants, à la taille des défis de la mondialisation et des révolutions informationnelle, écologique et monétaire.
     
    Tout dépend de l'utilisation que l'on fait de la force de l'euro.
     
    La France, comme chaque pays européen, a absolument besoin de création monétaire nouvelle pour pouvoir refinancer, comme le propose le PCF, un nouveau crédit pour les investissements matériels et de recherche des entreprises dont le taux d'intérêt serait d'autant plus abaissé que ces investissements programmeraient plus d'emplois, de formations et de progrès environnementaux.
    De même, on mesure l'enjeu d'une création monétaire commune avec l'euro pour financer des émission de titres publics qui serviraient à procurer les moyens nécessaires à un puissant et durable effort d'expansion des services publics en France et en Europe.
     
    La BCE a été contrainte, face à la crise des dettes publiques en Europe, de transgresser ses propres dogmes fondateurs en rachetant des titres de dette des États en difficulté (Grèce, Portugal...). Mais, obsédée par la lutte contre l'inflation, afin de garantir une rentabilité financière des capitaux suffisamment élevée en Europe et de maintenir un « euro fort », elle a limité ces achats et, toujours, tenter d'empêcher qu'ils ne se traduisent par une création monétaire additionnelle, contrairement à la FED (banque centrale des États-Unis) qui, elle, a décidé de faire fonctionner à plein la planche à billets du dollar pour soutenir la dépense publique.
     
    Cette porte entrouverte prouve qu'il serait possible d'aller beaucoup plus loin :
     
    Le PCF propose de créer un Fonds social et solidaire de développement européen, à la place du Fonds de stabilité financière institué en mai 2010 par les dirigeants de l'euro. Des titres publics pour le développement social seraient rachetés directement par la BCE. Cette création monétaire allouée via ce nouveau Fonds permettrait de répartir des masses volumineuses de financement, à taux d'intérêt nuls ou très bas, entre les pays membres de l'euro, en fonction de leurs besoins propres, expressément affectées au développement des services publics nationaux et de leur coopération européenne. Cela permettrait, non seulement de défendre, mais d'élever le modèle social européen.
    Cette proposition est désormais reprise par le Parti de la gauche européenne (PGE).
     
    Ces deux grandes propositions marchent de pair avec celles que nous faisons de créer en France :
     
     Un Fonds public national pour l'emploi et la formation (FNEF) ouverts à l'intervention du Parlement, des salariés et de leurs organisations, des associations et des élus. Il recevrait en dotation les 30 milliards d'euros d' argent public, aujourd'hui dépensés en allègements de cotisations sociales patronales, pour diminuer jusqu'à zéro, voire en dessous, le taux d'intérêt du crédit pour les investissements matériels et de recherche des entreprises en fonction du nombre d'emplois et de formations correctement rémunérés que ces investissements programmeraient, contre les délocalisations;
     Des Fonds publics régionaux (FREF), dotés par les Conseils régionaux et pouvant être mis en place sans attendre un changement politique national, via un redéploiement des aides publiques aujourd'hui versées aux entreprises. Pouvant être saisis par les salariés, leurs organisations, les populations et leurs élus, ils fonctionneraient sur le même mode sélectif que le FNEF;
     Un pôle bancaire et financier public, autour de la Caisse des dépôts et incluant des banques renationalisées. Sa mission de service public serait de développer le nouveau mécanisme de crédit impulsé par le FNEF et les FREF et, ainsi, de changer toutes les relations banques/entreprises/Société.
     Une fiscalité dissuasive de la croissance financière, de la spéculation, des délocalisations et incitative au développement des investissements socialement les plus efficaces.
     Des pouvoirs et des droits nouveaux d'intervention, de veto et de contre-proposition des salariés et de leurs organisations face aux choix patronaux d'investissements, d'emploi, de formation, de localisation et de coopération des entreprises.
     
    La convergence des luttes sociales pour d'autres coopérations économiques en Europe :
     
    Il existe déjà de très nombreuses structures de coopération industrielles et de recherche en Europe. On pense, par exemple à EADS et Airbus ou à Ariane-espace...On pense aussi aux nombreux programmes communs de recherche (PCRD) sur les biotechnologies, les nanotechnologies, les nouveaux matériaux, la santé, les transports, l'environnement et le climat. On pense encore aux projets communs sur l'éducation, entre les universités et laboratoires, entre les collectivités territoriales avec, notamment, les programmes de coopérations interrégionales, sans parler de tous les réseaux, si denses désormais, interentreprises et interbancaires.
     
    Toutes les opérations quotidiennes de ces structures se font en euros et leur financement dépend du système de l'euro. On ne saurait s'en couper et s'isoler, ce serait extrêmement régressif.
    Au contraire, il faudrait développer des exigences de coopération visant un développement effectif des salariés et des populations beaucoup plus intense et équilibré, au lieu de la rentabilité financière et des dominations avec, pour cela, une autre utilisation de l'euro.
    Et, pour avancer dans ce sens, on peut s'appuyer sur la convergence possible de toutes les luttes sociales nationales et sur des luttes communes européennes à développer.
     
    Aujourd'hui, en Grèce, en Espagne, au Portugal, en Irlande, mais aussi en Allemagne, en Italie et en France, comme ailleurs en Europe, des luttes se développent contre les politiques d'austérité, contre le chômage et les suppressions d'emploi, contre les délocalisations, pour des créations de postes, l'essor des qualifications avec la formation, le pouvoir d'achat des salaires, pensions, retraites, minima sociaux, la défense des retraites et de la Sécu, la promotion des services publics.
    Ce n'est pas en se repliant sur l'espace national avec une visée de guerre économique faite de dévaluations et de recours au protectionnisme que l'on pourra développer et faire converger ses luttes pour un co-développement pacifique et non aligné des européens, contre la domination des capitaux financiers.
     
    Ne pas fuir la bataille politique contre une mauvaise utilisation de l'euro :
     
    A l’occasion de la Journée de l’Europe, un sondage TNS-Sofres a révélé, le 9 mai dernier, que 67 % des Français veulent conserver la monnaie unique, alors que 30 % préféreraient revenir au franc. Ce qui ne signifie pas, pour autant, que les français se réjouissent de l'utilisation faite jusqu'ici de cette monnaie en dénonçant, notamment, l'inflation des prix à la consommation qui l'a accompagnée au détriment du pouvoir d'achat des couches populaires et des couches moyennes salariées.
     
    Par ailleurs, quels sont les forces qui entendent aujourd'hui sortir de l'euro, si ce n'est le Front national et ce que l'on appelle les « souverainistes » ?
     
    Ni la droite, ni le PS n'envisagent une telle sortie, pas plus d'ailleurs que le PCF et ses partenaires du Front de gauche ou, encore, le NPA. Et cela, sans parler des syndicats de salariés et d'associations altermondialistes comme ATTAC.
    Agiter cette perspective est alors, au mieux, illusoire. Au pire, elle risque de donner de la chaire à la démagogie populiste de l'extrême droite, comme en atteste l'instrumentalisation par M. Le Pen de travaux effectués par des économistes récusant et combattant le FN.
    Au total, cela revient à refuser de mener la bataille à gauche pour bousculer le PS hors de son ancrage actuel, avec la droite, aux traités de Maastricht et Lisbonne, pour une autre utilisation de l'euro, une réorientation radicale de la politique monétaire et du contrôle de la BCE, la mise en cause des pacte de stabilité et de l'euro pour un pacte de progrès social et sociétal.
    On ne saurait déserter ce combat fondamental pour la France, l'Europe et le monde au nom d'une fausse bataille qui ne mènerait nulle part.
     
    Un autre monde est possible mais il faut le construire :
     
    La France n'est pas toute seule. Et ce n'est pas toute seule qu'elle pourra mettre en cause la domination écrasante des États-Unis et du dollar, déployer des rapports de co-développement avec les pays émergents et en développement.
    Il y a absolument besoin pour cela d'une construction européenne orienté vers ces buts.
    Le monde est aujourd'hui dominé par le dollar, la monnaie nationale des États-Unis. Parce que celle-ci est aussi devenue, depuis 1971-1973, une monnaie mondiale de fait, les capitaux américains bénéficient d'un privilège « exorbitant » (De Gaulle) : l'État américain, à leur service, peut s'endetter auprès du monde entier et émettre de nouveaux dollars pour rembourser. Cela permet aux États-Unis d'attirer les ressources financières de la planète, notamment pour leurs immenses dépenses d'armement et de domination économique, commerciale et culturelle.
    Toute l'humanité souffre de ce système devenu fou avec l'énorme inflation du dollar, la spéculation et les gâchis formidables qu'elle entraine, les risques aussi qu'il comporte pour la paix et l'intégrité de la planète.
     
    Face à cette hégémonie exclusive du dollar sur le monde, prôner la sortie de l'euro revient, qu'on le veuille ou non, à accepter de conforter cette devise comme monnaie mondiale de domination. D'ailleurs M. Le Pen n'envisage jamais la mise en cause de l'hégémonie mondiale du « Billet vert ».
     
    Quelle alternative alors ?
     
    Rester dans l'euro en se laissant enfermer dans une politique de rivalité et de collaboration avec les États-Unis, comme c'est le cas aujourd'hui avec l' « euro fort » au service de la domination des marchés financiers, c'est :
     
     Accepter le pacte pour l'euro qui entend dynamiter le modèle social européen, imposer des privatisations supplémentaires et de nouveaux reculs de souveraineté nationale et de démocratie;
     Accepter le « Mécanisme européen de stabilité financière » (MES) (C'est un dispositif de « gestion des crises de la zone euro », en fait de défense des intérêts des créanciers et de protection de la domination des marchés financiers, qui doit remplacer, en 2013, le Fonds de stabilité financière mis en place face à la crise de la dette publique de la Grèce en mai 2010.) avec lequel on crucifie les peuples grec et portugais aujourd'hui, espagnol, et peut-être italien et français demain;
     Se résigner à une soumission de la France et de l'Europe du sud au diktat des capitaux allemands;
     Admettre l'épuisement de l'Europe dans l'attractivité financière face aux délocalisations et aux sorties de capitaux;
     Assumer une accentuation des divisions entre Européens dans une surenchère à la baisse du « cout du travail » et au dumping social et fiscal face à la pénétration des produits en provenance des pays à bas couts salariaux;
     Se résigner à l'incapacité de l'Europe de se tourner vers les demandes de coopération des populations des pays émergents et en développement;
     Préparer de futurs krach des bons du Trésor américain et du dollar ( de l'euro aussi) avec, à la clef, une guerre monétaire susceptible de plonger le monde entier dans une dépression profonde et durable.
     
    L'alternative c'est de viser une autre utilisation de l'euro qui, en permettant de développer toutes les capacités humaines européennes, favorise aussi l'émancipation du monde entier de la domination du dollar et des marchés financiers en coopération avec les pays émergents et en développement, vers une nouvelle civilisation de partages qui soit celle de toute l'humanité.
     
    C'est jouable !
     
    En avril 2009, à l'occasion du G-20 de Londres, en pleine récession mondiale, la Chine a déclaré vouloir en finir avec les monopoles du dollar. Ils ont repris à leur compte l'idée de construire un nouvel instrument de réserve international à partir des Droits de tirages spéciaux (DTS), la monnaie du FMI dont les États-Unis ont toujours voulu contenir l'essor parce qu'y voyant un rival pour le dollar.
    Obama et les dirigeants américains ont été obligés, dans la foulée, d'accepter une nouvelle émission de DTS, à hauteur de 250 milliards de dollars qui, pour une part, certes très insuffisante, a bénéficié à des pays en développement.
     
    En Amérique Latine, des efforts considérables sont tentés pour s'émanciper de la dictature du dollar.
    Ça a été le cas avec la création de la « Banque du sud », contre le FMI. Ça a été aussi le cas avec la création de l'ALBA et le lancement d'un nouvel instrument monétaire, le SUCRE, conçu pour tenter de dégager les échanges intra-Latino-Américains du monopole du dollar. Mais ces tentatives demeurent embryonnaires et contradictoires. Elles appellent une coopération, des européens notamment.
    Aux portes de l'Europe, les « Printemps arabes » font saillir les immenses responsabilités de l'Union européenne pour une construction de coopération qui permette une pleine réussite de ces tentatives de révolution.
     
    Nous ne pouvons pas déserter ces batailles en rêvant d'un repli national illusoire et dangereux.
     
    Le PCF propose :
    1- La construction d'une monnaie commune mondiale de coopération, se substituant au dollar, à partir des DTS du FMI, moyennant une réforme radicale de cette institution, ainsi que de la Banque mondiale, de l'OMC.... Une nouvelle conférence monétaire internationale pourrait la constituer comme la conférence de Bretton-Woods, en 1944, a créé le système monétaire international d'après-guerre.
    2- L'engagement de l'Europe dans la promotion de biens communs publics mondiaux, à partir de la défense de son modèle social et écologique avec l'expansion des services publics.
    3- L'avancée vers une de coopération euro-méditerranéenne de progrès social et de co-développement avec le lancement d'un nouveau plan de type Marshall, sans domination, en direction des pays du Maghreb, du Machrek, d'Afrique noire et du Moyen-Orient arabe. La BCE ferait des dons en euros aux banques centrales de ces pays, et à leurs unions régionales, pour qu'ils puissent développer, chez eux, un nouveau crédit favorable au progrès de l'emploi, de la formation, des revenus, d'investissements efficaces et de débouchés réciproques, des deux côtés de la Méditerranée.
    4- L'institution de protections communes pour des normes sociales et environnementales communes aux européens, face à la pression des capitaux et des productions à bas couts sur les marchés mondialisés avec, par exemple :
     Des prélèvements concertés sur les réimportations en Europe de productions délocalisées dont les recettes seraient allouées à un Fonds pour le co-développement,
     Une modulation incitative, anti-délocalisation, des taux d'intérêt des crédits aux entreprises.
    Mais ces protections doivent être toujours assorties de propositions très fortes de coopération pour un co-développement avec les pays émergents et en développement, de façon à ce qu'ils puissent se porter, eux-mêmes, à la hauteur des normes communes aux européens.
     

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  • Moyen Orient

    Pour les hedge funds, spéculer sur la dette souveraine peut rapporter très gros

    La zone euro se déchire, les Etats surendettés redoutent la faillite… et les spéculateurs cherchent le moyen d'en tirer profit. Le 22 juin, à Monaco, lors du sommet GAIM International, où se rencontre le gratin des patrons de fonds spéculatifs, la remarque a échappé à Robert Marquardt, fondateur de Signet, un fonds qui investit dans différents fonds spéculatifs : avec cette crise grecque, à condition d'aimer le risque, "il y a certainement beaucoup d'argent à se faire", a-t-il lâché.

    S'ils ne sont qu'une poignée, les fonds vautours, les spéculateurs ou investisseurs plus classiques, tentent et peuvent s'enrichir "grâce" aux déboires de la Grèce, avant l'Italie ou l'Espagne.
    Comment ? Les opportunités sont nées de la pression exercée sur les créanciers privés d'Athènes. A ce moment-là, certaines banques, affolées à l'idée de perdre trop d'argent, ont été tentées de se défaire de dettes pour les revendre à des investisseurs plus audacieux.

    Selon le Sunday Telegraph, au cours des trois derniers mois, de grandes sociétés de gestion et des fonds d'investissement américains (Loomis Sayles, BlackRock), suisse (Julius Baer), français (Natixis AM) ou allemand (Star Cap), auraient racheté l'équivalent de 150 millions d'euros de dette grecque… à vil prix.

    "C'EST LE JACKPOT"

    De fait, aujourd'hui, sur ce marché de seconde main, la dette à 10 ans de la Grèce s'achète environ 50% de sa valeur initiale, celle à 5 ans à 47%. Plus le temps passe, plus l'investisseur empoche de l'argent car la dette grecque, jugée très risquée, rapporte en ce moment plus de 15% l'an. Or, les investisseurs ont sûrement emprunté à un taux de l'ordre de 1,5%, calcule un analyste.
    Autrement dit, le jeu est gagnant sur le court terme et si la Grèce parvient à honorer sa dette, "c'est le jackpot", poursuit-il. L'investisseur a empoché de juteux coupons et récupère, en plus, la mise initiale qu'il n'a payée que la moitié de son prix. En investissant à très court terme, "les rendements peuvent atteindre 50% !", s'enthousiasme cet expert.

    En cas de restructuration de dette, c'est une autre histoire : il faut que l'effort réclamé aux créanciers privés ne soit pas trop sévère, et requière un abandon de créance de moins de 50% de la mise, pour ne pas être perdant. Autrement dit, les spéculateurs n'ont pas intérêt à ce que le pays fasse défaut. En outre, s'ils peuvent se faire beaucoup d'argent, ils sont peu à naviguer dans ces eaux troubles. En ce moment, le marché de la dette grecque est déserté. "Les volumes sont dix fois inférieurs à ce qu'ils étaient avant la crise", constate un opérateur.

    Reste une autre méthode pour s'enrichir : jouer avec des credit default swaps, ou CDS, ces titres de garantie servant à se couvrir contre le défaut d'un pays. Un marché de 78 milliards d'euros pour la Grèce, selon Natixis. Mais pour en profiter, il fallait être visionnaire et s'emparer de CDS à un prix raisonnable, avant la tourmente.

    Aujourd'hui, les propriétaires de CDS peuvent gagner de l'argent s'ils parviennent à empocher la prime versée en cas de défaut officiel du pays, ou s'ils arrivent à les revendre plus cher. En faisant, par exemple, courir le bruit que le pays va droit à la catastrophe pour augmenter le prix de la prime d'assurance ? La méthode serait malhonnête, mais les experts soupçonnent certaines rumeurs d'être issues de financiers sans scrupule.

    www.lemonde.fr/economie/article/


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    Dette américaine : « Ça suffit », avertit Obama 

     

    Les Etats-Unis sont menacés par leur dette et les négociations politiques sont dans l’impasse. Barack Obama a fixé un ultimatum aux Démocrates et aux Républicains pour s’entendre sur un plan de réduction du déficit.

    Les marchés financiers commencent à craindre que les positions républicaine et démocrate soient irréconciliables pour parvenir à un accord sur le budget d'ici le 2 août. A cette date, les Etats-Unis se retrouveront à court d'argent - et donc en risque de défaut de paiement - à moins que le plafond légal de la dette ne soit relevé.

    Barack Obama, qui briguera un second mandat en novembre 2012, ne veut pas d'une solution de court terme qui impliquerait de relever à nouveau le plafond de la dette l'an prochain.Mercredi, la réunion des représentants des deux partis a été si houleuse qu’Obama  a crié : « ça suffit ! » en claquant la porte de la salle de négociation."Je ne signerai pas une solution de court terme", a-t-il tranché jeudi.

    "C'est le temps de la décision et nous avons besoin d'un plan concret pour aller de l'avant", a-t-il déclaré, au cinquième jour de négociations pour l'heure infructueuses, selon un délégué démocrate. L'objectif : relever le plafond de la dette américaine fixé pour l’heure à 14, 294 milliards de dollars. A ce jour, les Etats-Unis sont à 98% d’endettement de leur PIB.

    Les républicains accepteraient le relèvement de ce plafond, sous condition de suppression des dépenses sociales, qui avaient été adoptées par le congrès sous la majorité democrate précédante. Mais Obama souhaite réduire le déficit budgétaire notamment en augmentant les impôts des plus fortunés. Il accepte, en contrepartie, de ne réduire les dépenses de l’État  « que » de 1.700 milliards de dollars. Insuffisant pour les républicains, désormais majoritaires à la Chambre des représentants, qui réclament une réduction de ces dépenses à hauteur de 2.400 milliards pour accepter de relever le plafond de la dette. Dans le camps des républicaines, les nouveaux venus à la Chambre des représentants, qui portent les couleurs du mouvement populiste Tea Party, sont farouchement opposé à toute forme d'intervention de l'État, et ayant fait de la lutte contre ces acquies socieaux et les déficits publics leur  cheval de bataille.

    S’il n’y a pas d’accord, les pouvoirs publics américains se retrouveront en cessation de paiement le 2 août prochain. Cela était déjà arrivé en 1995, sous l'ère Clinton, où pendant deux semaines, les fonctionnaires américains s'étaient retrouvés au chômage technique. Le président américain a prévu de donner une conférence de presse ce vendredi à 17h00 cet. Une sixième séance de négociations pourrait avoir lieu avant dimanche. Les tensions sont accentuées par les agences de notation financière. Après Moody’s, Standard and Poor’s envisage de baisser la note de solvabilité financière des Etats-Unis dans les trois mois qui viennent. "Lorsqu’elles abaissent comme on dit la note d’un Etat, celui-ci doit payer plus cher l’argent qu’il emprunte sur ces mêmes marchés financiers."

    Ce serait une première depuis plus d’un siècle. Les résultats seraient désastreux pour l‘économie américaine : hausse des taux d’intérêts, du chômage, contraction des dépenses de la population. La Chine, premier créancier des Etats-Unis, s’inquiète sans trop l'afficher. Pékin a invité  Washington à faire preuve de responsabilité. L’impact sûrement sera mondial.

    Abrahim Saravaki

     

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  • Moyen OrientAprès la Grèce, l’Espagne et le Portugal, c’est au tour de l’Italie d’entrer dans la tourmente. La France sera peut-être épargnée jusqu’aux élections de 2012 mais nous n’y couperons pas : Il faudra payer l’addition… des plus riches.
     
    Dans son édition du 6 juillet 2011, Le Canard Enchaîné pointe l’héritage que Christine Lagarde a légué à François Baroin, son successeur au ministère de l’Économie et des Finances. Pour faire court, la grande argentière du capitalisme chancelant a laissé une France exsangue. Tous les indicateurs clignotent dans le rouge : Déficit budgétaire et endettement records, consommation des ménages en berne, prévision de croissance revue à la baisse, chômage revu à la hausse, déficit abyssal de la balance commerciale… On ne trouvera aucun motif de satisfaction dans le bilan de Madame Lagarde pourtant plébiscitée par ses pairs.
     
    Si la France était au «bord de la faillite» (selon l’expression de François Fillon au lendemain de l’élection de Nicolas Sarkozy), aujourd’hui, la banqueroute menace !
    Et ne comptons pas sur nos alliés européens pour raviver la flamme de la croissance qui fait cruellement défaut au vieux continent : les «cochons» du surendettement sont en passe d’être saignés à blanc l’un après l’autre. Aux PIGS du début : Portugal, Irlande, Grèce et Espagne (Spain en anglais), on peut aujourd’hui ajouter un autre « I », celui de l’Italie qui s’enfonce inexorablement dans la déconfiture et, sans doute dans les mois à venir, un « F » (comme France), puis un « B » (comme Belgique) et un « GB » (comme Grande-Bretagne)… Toutes les lettres de l’alphabet vont y passer.
    À mesure que les classes populaires européennes s’enfoncent dans le marasme, le chômage, la précarité et la paupérisation – autant de maux dénoncés par des dizaines de milliers d’Indignés – les nantis, eux, ont trouvé dans la crise passée, présente et future, matière à arrondir leurs revenus, leurs patrimoines et leurs fortunes.
    En France, le marché de l’immobilier en est l’indicateur le plus pertinent, le plus outrageux aussi. Sur le seul premier semestre 2011, il a gagné 7%. À Paris, le mètre carré dépasse à présent les 8.000 euros. Ce qui nous donne : 160.000 euros pour un studio de 20 mètres carrés, 320.000 euros pour un petit deux-pièces de 40 mètres carrés, 640.000 euros pour un appartement de 80 mètres carrés, soit plus de 4 millions de francs.
     
    Prenons un couple qui dispose d’un apport de 50.000 euros et souhaite acquérir un deux-pièces à Paris. Pour rembourser son prêt de 270.000 euros sur 10 ans, il lui en coûtera 2.700 euros par mois HORS INTÉRÊTS. Et sur 20 ans : 1.350 euros par mois HORS INTÉRÊTS… pour 40 mètres carrés. Pas un de plus ! Pour y subvenir, ce couple doit disposer d’un revenu net au moins égal à trois fois le montant de son remboursement, c’est-à-dire 8.100 euros dans le cas d’un emprunt sur 10 ans, et plus de 4.000 euros pour un emprunt sur 20 ans. Ceci HORS INTÉRÊTS.
    Cette flambée des prix ne contrarie d’aucune manière le marché de l’immobilier. Les biens proposés dans les agences mettent – en moyenne – moins d’un mois à trouver acquéreur. Et les acheteurs qui se disputent les rares logements disponibles à la vente sont, pour beaucoup, des «investisseurs». Ils n’y résideront donc pas et les proposeront à la location. Voilà qui donne la mesure du fossé qui se creuse entre ceux qui subissent la crise et ceux qui continuent à s’enrichir.
     
    Et ces richards sont aussi ceux qui contribuent le plus au déficit de notre balance commerciale, par leurs achats de produits de luxe en provenance de l’étranger. Depuis 10 ans, les ventes de voitures haut de gamme, souvent allemandes, explosent. Les rues de la capitale et des grandes métropoles fourmillent aujourd’hui d’Audi, de BMW, de Mercedes, de Porsche, de Maserati, à 50.000 ou 150.000 euros le véhicule.
     
    Ce sont les mêmes qui passent leurs vacances dans des destinations de rêve, à l’autre bout du monde, aux Maldives, aux Seychelles, en Australie… à 5.000 euros la semaine par personne, à 10.000 euros en couple, à 15.000 euros ou plus avec des enfants. Des budgets vacances de 30.000 euros ou de 160.000 euros par personne (pour un tour du monde) ne sont pas des cas isolés !
    Ce sont les mêmes aussi qui, à la direction de leurs entreprises et de leurs commerces, délocalisent leurs productions vers des contrées où la main-d’œuvre est bon marché, entretiennent ainsi le chômage de masse et favorisent la précarité.
     
    Les mêmes qui usent et abusent des combines pour échapper à l’impôt, pour placer tout ou partie de leurs fortunes sous d’autres latitudes moins regardantes, moins contraignantes. Les mêmes qui peuvent déployer une armada d’avocats pour défendre leurs intérêts quand les administrations s’intéressent de trop près à leurs «arrangements».
    Et ce sont enfin les mêmes qui exigent un «assainissement» des comptes publics, une baisse des cotisations sociales (qu’ils qualifient de «charges») et qui préconisent la «rigueur»… pour les autres, pour tous ceux qui végètent au bas de l’échelle.
    La crise, c’est eux qui en profitent, c’est nous qui la payons !
    Voilà la raison pour laquelle nous ne sommes pas prêts d’en sortir. On peut d’ores et déjà annoncer qu’elle va s’amplifier.
    Yves Barraud
    La crise, ils en profitent, nous la payons !

     


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  • Moyen OrientElles ne sont que trois. Elles agissent dans l’ombre. Elles ont un pouvoir tentaculaire. Elles répondent aux noms de Moody’ s,  Standard & Poor’s et Fitch Ratings. On les appelle les agences de notation. Mais, à l’opposé du professeur Tournesol, elles ne distribuent pas les notes avec générosité, elles ne donnent que des punitions. La semaine dernière, les autorités européennes et quelques chancelleries se sont inquiétées à haute voix sur les agissements de ces venimeux serpents. Mieux vaut tard que jamais. Ces agences sont des structures privées opaques, créées par les systèmes bancaires et les fonds financiers pour noter les budgets des Etats et la situation des… banques, celles-là mêmes qui prêtent de l’agent aux Etats. Bonjour le conflit d’intérêts.

    Ces structures que personne ne rencontre jamais font la pluie et le beau temps, en lien avec les intérêts supérieurs des seuls marchés financiers qui les rémunèrent. Lorsqu’elles abaissent comme on dit la note d’un Etat, celui-ci doit payer plus cher l’argent qu’il emprunte sur ces mêmes marchés financiers. C’est d’ailleurs pour conserver une bonne note que M. Sarkozy avait défendu et fait voter la contre-réforme des retraites, qu’il aggrave encore en augmentant comme il l’a fait la semaine dernière le nombre de trimestres de cotisation. Et ce n’est pas fini puisque le 10 juin dernier l’une de ces sorcières, Standard & Poor’s, a rendu publique une note dans laquelle on peut lire ceci : « si les autorités françaises ne poursuivent pas la réforme des retraites, ne continuent pas à modifier la sécurité sociale… il est incertain que [nous] maintenions la note AAA de la France ».

    Autrement dit, après les retraites, demain on passe à la sécurité sociale. C’est l’abaissement brutal de la note du Portugal qui a mis le feu aux poudres. Voila un pays dans lequel le parti de M. Barroso, président de la Commission européenne, vient de gagner les élections, à qui, comme pour la Grèce et l’Irlande, le triumvirat totalitaire – composé de cette même Commission de Bruxelles ; du Fonds monétaire international ; de la Banque centrale européenne – est en train d’imposer une insupportable austérité et qui doit emprunter de l’argent aux banques privées à 12 % parce que sa note a été dégradée. Ce même argent que ces mêmes banques auront emprunté à 1% auprès de la BCE.

    Ainsi les rapaces des institutions financières se gavent de l’existence et de l’aggravation de la dette, grâce aux charges financières qui constituent pour elles une rente facile que payent les travailleurs, les retraités, les jeunes, en réduction de salaires, de niveaux de retraite, en destruction de services publics et d’emplois. Les dirigeants européens peuvent bien protester. Ce sont eux, en osmose totale avec le grand capital international, qui ont donné carte blanche aux marchés financiers et à leurs fameuses agences. Dans une incroyable logique, celles-ci sont l’exact contraire des publicités pour les tombolas. A tous les coups  l’on perd. Un Etat qui n’applique pas l’austérité et la destruction de ses systèmes sociaux est suspect, donc sa note est dégradée. Quelques mois plus tard, le même Etat, qui applique une purge sociale sans nom, se voit aussi dégrader sa note parce que l’agence considère que la récession dans laquelle il est plongé empêche toute croissance donc tout redressement. A cela va s’ajouter la dîme que prélèvent les secteurs financiers sur les Etats via les taux d’intérêt. Où va- t-on ainsi ? Vers une catastrophe sociale et économique inconnue jusque-là.

    Voilà pourquoi il faut en finir avec ce système. Mettre fin à ces agences de notation privées et créer des instruments publics de mesure à partir d’autres critères, notamment ceux du développement humain ; du travail et de sa qualité ; des investissements sociaux et publics d’avenir ; de la transition écologique et économique des systèmes productifs et de consommation ; des progrès de l’éducation, de la santé, de la protection sociale, de la retraite. L’exigence doit grandir d’un audit public sur les dettes, avec la participation des syndicats, des élus, des citoyens, pour décider rapidement d’en annuler les parties illégitimes parce qu’elles résultent des taux d’intérêts exorbitants. L’expérience montre de plus en plus clairement que les cures d’austérité appliquées notamment à la Grèce, à l’Irlande, au Portugal et dans toute l’Europe, ne font qu’aggraver la crise. Une question essentielle doit désormais être posée,  quelle que soit l’appartenance politique de ceux qui gouvernent : l’action publique doit-elle servir les financiers ou l’intérêt général ? Aujourd’hui, ceux qui sont au pouvoir dans tous les pays européens préfèrent le premier terme du choix, et ce indépendamment des étiquettes politiques qu’ils portent. Rien à voir donc avec une gestion démocratique des sociétés. Rien à voir avec les intérêts populaires. Dans ces conditions, à quoi servirait-il  de changer de pouvoir si c’est pour le soumettre à la dictature de la haute finance ? N’est-ce pas là  l’un des débats fondamentaux en vue des élections présidentielles et législatives ? Toute la question est de savoir si nos concitoyens réussiront à l’imposer en lieu et place du sordide feuilleton newyorkais qui  occupe depuis des mois lucarnes et unes de magazines.

    Les forces du Front de Gauche vont se mobiliser pour y contribuer, dans une démarche ouverte et unitaire. Elles ne sont pas isolées en France et en Europe quand elles préconisent  d’avoir le courage de subvertir les traités européens ; de changer le statut et le rôle de la BCE pour restructurer les dettes ; d’en annuler tout ou partie ; de soustraire l’économie des griffes des voraces puissances financières en inventant un nouveau crédit public, combiné avec la création monétaire par la BCE pour innover en Europe, avec l’instauration d’un Fonds européen pour le développement humain social et écologique. Bref, c’est aux dogmes de la concurrence et du libre échangisme intégral qu’il convient de s’attaquer dans des processus qui leur substituent les valeurs de la solidarité entre individus et la coopération entre tous les peuples du monde. Tel est aujourd’hui le niveau de l’affrontement nécessaire pour changer. Les rapaces de la finance, armés de ces trois agences de la punition servis par les pouvoirs en apparence démocratiques, doivent reculer et être mis hors d’état de nuire. Ne nous trompons pas. Le fait que des autorités gouvernementales et européennes aient été contraintes de faire part de leurs critiques n’est pas le signe de leur force. Elles révèlent leur niveau d’inquiétude et peut-être même commencent-elles à redouter de ne plus maîtriser la situation. Une possibilité s’ouvre pour les peuples de  s’unir et se rassembler afin de modifier le rapport de forces en faveur du progrès humain et écologique. Plusieurs manifestations syndicales européennes dans les prochaines semaines vont favoriser les confrontations d’idées  indispensables pour ancrer majoritairement la gauche du côté gauche.

    En tous cas, ces sujets seront au cœur de la prochaine Fête de l’Humanité. Une Fête contre la crise, contre les rapaces de la finance, et pour défricher les chemins d’une perspective politique totalement neuve. Avec celles de Tunisie, d’Egypte, de Grèce, d’Espagne,   la grande place de La Courneuve permettra à des milliers d’indignés de se faire entendre.

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