• La campagne redouble pour préparer l’opinion française, les travailleurs, les retraités, les jeunes à de nouveaux sacrifices au nom des déficits et de la dette publics.

    Le discours des politiciens, de ceux-là mêmes qui vident les caisses de l’Etat au profit des plus riches, est pourtant usé jusqu’à la corde : « nous vivrions au dessus de nos moyens ». Les 40% de Français qui ne partent pas en vacances peuvent en attester !

    110815_fmi_lagarde_strauss.jpg Mais les capitalistes passent à une nouvelle étape. L’attaque coordonnée des milieux financiers, du FMI, de la BCE et de l’UE, pays par pays, offre aux gouvernements nationaux la possibilité d’aggraver très lourdement leur politique « d’austérité », de casse des services publics et sociaux, d’amputation des  salaires et pensions.

    Le « sauvetage » européen de la Grèce se révèle ainsi être une saignée renvoyant le pays vers le sous-développement.

    Le même jeu a lieu aux Etats-Unis. Obama, président « démocrate », défenseur présumé des pauvres, joue l’impuissance devant la droite extrême et les marchés. C’est lui-même qui a distribué à la finance, aux grandes entreprises et au lobby militaro-industriel des sommes sans égales.

    De Grèce, du Portugal, d’Espagne, d’Italie… : ce que l’on devrait plutôt entendre, c’est la montée des résistances populaires.

     

    En France, dès la rentrée, le gouvernement, fort du chantage à la dette publique, prépare un nouveau tour de vis.

    Mais comme en Grèce en 2009, en Grande-Bretagne en 2010, au Portugal en 2011: il est hautement probable que l’essentiel de la sale besogne reviendra au président et à la majorité nouvellement élus aux élections de 2012, quelle que soit leur couleur. Dans la même perspective, en Espagne, Zapatero a convoqué des élections anticipées en novembre.

    Les jeux politiciens de la campagne électorale, les vagues promesses en l’air ne doivent pas détourner des vraies questions et de la lutte. Il n’y a même pas un an, nous étions des millions à défendre les retraites. Mesurons cette force !

     

    Rien ne va plus au casino de la Bourse ? Tout irait mal pour tout le monde ? Ce n’est simplement pas la vérité.

    Ces mêmes jours, 30 des 40 entreprises du CAC 40 ont rendu publics leurs résultats pour le premier semestre 2011 : des bénéfices en hausse de 6,5% ! En six mois, Total a gagné 6,7 milliards d’euros, la BNP-Paribas, 4,7 milliards, GDF-Suez, 2,7 milliards, EDF, 2,6 milliards en bonne part sur nos factures etc.

     

    Les groupes capitalistes se repaissent de la « crise du capitalisme » et notamment des dettes publiques, aux Etats-Unis comme dans les pays d’Europe.

     

    Là aussi, il faut simplement que la vérité se sache. Les déficits publics français, et donc la dette, sont intégralement issus des politiques, qui s’aggravent depuis 15 ans, de cadeaux au patronat, au capital et aux grandes fortunes.

    Toutes ces déductions fiscales (baisse de l’impôt sur les plus hauts revenus, suppression de la taxe professionnelle, défiscalisation des heures supplémentaires etc…), les exonérations de cotisations sociales patronales, « compensées » par les contribuables, représentent 110 milliards d’euros par an (plus que le déficit budgétaire !). Sans compter le coût des mesures spéciales prises pour renflouer la finances et les trusts en 2008 et 2009.

     

    Le scandale est là. Ensuite, l’Etat se dit obligé d’emprunter sur les marchés. A qui emprunte-t-il ? A ceux-là mêmes à que les gouvernements ont gratifié de ces cadeaux fiscaux et sociaux et en plus on leur sert de généreux intérêts !

     

    Au nom de ça, nous devrions encore nous serrer la ceinture ? Non !

    Les dépenses publiques et sociales n’augmentent pas, contrairement à ce qui est dit. La suppression de dizaines de milliers d’emplois dans les services publics sape les bases du développement du pays et nourrit le gâchis du profit capitaliste. Nous payons plus pour des services moins bons. La baisse des salaires, au nom de la compétitivité, écrase les qualifications et la consommation.

     

    Dans les mois qui viennent, préparons-nous à dire non, puissamment non, pour rejeter les plans du pouvoir, avant comme après les élections de 2012.

     

    Le pouvoir a entamé un petit jeu politicien avec son projet de loi visant à inscrire la fin des déficits budgétaires dans la Constitution, la soi-disant « règle d’or », faisant écho au « pacte européen pour l’euro ».

    Depuis, le départ, tout le monde sait que la loi de Sarkozy ne sera pas votée parce qu’il manquera les voix des parlementaires de gauche nécessaires à la majorité requise des trois cinquièmes. Un jeu de rôle se met ainsi en scène avant les élections de 2012.

     

    Pourtant, les gouvernements européens de droite ou « socialistes » poursuivent exactement la même politique antisociale. Les deux camps ont approuvé le traité de Lisbonne et s’inscrive dans la politique capitaliste de l’UE.

    Avant les élections en France, ils voudraient nous faire croire qu’ils divergent sur le fond. Toutefois, Hollande et Aubry ont déjà donné des gages sur leur priorité à diminuer les déficits.

     

    La manœuvre est habile et révélatrice.

    Sarkozy veut se faire passer pour « rigoureux » alors qu’il a creusé les déficits publics comme jamais, uniquement en cadeaux au patronat. Pour le coup, le PS a raison de le dénoncer mais en oubliant que Fabius en 2001 a commencé la baisse de l’impôt sur le revenu et que Aubry, avec sa loi dite des « 35 heures » a ouvert la voie à des exonérations sans précédent de cotisations sociales patronales.

    La « règle d’or » permet de mettre en scène une opposition factice entre l’UMP et le PS (et leurs satellites). Le PS joue son rôle d’opposition. Ses candidats aux primaires sont bien prudents mais affirment leur volonté exprimée d’augmenter la CSG, de multiplier les emplois exonérés de « charges sociales ».  

    Belles perspectives pour 2012 : le pire ou le moins pire !  Ne nous laissons pas enfermer dans cette piètre alternative !

     

    Les forces existent pour refuser tous les sacrifices que le pouvoir va nous demander !

    Battons-nous pour de véritables ruptures !

    La dette publique est en grande partie infondée. Il faut la revoir.

    La renationalisation du secteur financier est une exigence primordiale.

     

    Ne laissons plus se creuser les déficits publics pour nourrir le profit capitaliste!

    Exigeons la suppression des exonérations de cotisations sociales patronales ! Etablissons une fiscalité faisant contribuer justement hauts revenus et grandes entreprises à la mesure de leur capacité !

    La hausse des salaires, avec la hausse du SMIC à 1600 euros net et le rétablissement d’une échelle mobile reconnaissant les qualifications est une nécessité face au dumping social.

     

    Assez des diktats du FMI (de Strauss-Kahn ou de Lagarde) et de l’UE ! Libérons-nous de la BCE en remettant en cause l’Euro.

    Combler les déficits ? Oui ! En prenant l’argent à ceux qui s’en repaissent !

    Par PCF - Section Paris 15ème


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    Guerre 01Certains analystes, des « gens sérieux », commencent à réaliser que nous sommes peut-être sur la voie d’une Troisième Guerre mondiale, constate Business Insider.

     

    Le site d’information économique s’appuie sur le communiqué officiel de l’agence de notation Standard & Poor’s (S&P) relatif à la dégradation de la note de la dette américaine, qui met particulièrement l’accent sur « l’incapacité du système politique américain » à gérer la crise. C’est donc la perspective de « l’aggravation du mauvais fonctionnement politique » qui a motivé cette décision, et non les « défis économiques en cours ». Pour Business Insider, cette situation va se détériorer:


     

    « Les répercussions politiques, et même géopolitiques, de ce défi [économique] ne vont cesser de croître. »

     

    Business Insider cite ensuite un article de John Judis publié dans The New Republic dans lequel le journaliste explique qu’une « dépression » plus longue et plus grave que ce qu’il était attendu semble désormais quasiment impossible à éviter, et qu'elle serait accompagnée de « bouleversements géopolitiques et d’un effondrement des institutions ». Il évoque l’essor des « mouvements populistes d’extrême-droite » en Europe et aux USA, l’éventualité « de guerres économiques, d'une intense compétition sur les ressources naturelles et l’éventuel effondrement d’institutions comme l’Union européenne ou l’Organisation mondiale du commerce, et même la possibilité d’un conflit armé ».

     

    Un retour aux années 30

     

    Business Insider se réfère aussi à un article du Telegraph intitulé « Ça commence vraiment à ressembler à 1931 ».Selon ce papier, la seule différence avec cette année-là, c’est que « la réaction en chaîne post-faillite a été évitée grâce aux différent renflouements ». Même si les pays ne « ferment pas leurs frontières et n’arment pas leurs soldats », il existe néanmoins « des tensions entre pays européens jamais vues depuis des dizaines d’années ».


     Le site d’information économique est particulièrement pessimiste concernant le Vieux continent: « Il est de plus en plus évident que l’Europe sera bientôt incapable, ou ne voudra pas, continuer à renflouer les pays ayant un problème de dette. » Pour les Etats-Unis, les perspectives ne sont pas bonnes non plus. « Cette situation ne pourra pas perdurer », prévient Business Insider avant d’y aller de ses prédictions:

     

    « Dans les prochains mois, nous constaterons que la dégradation par S&P a été « trop peu, trop tard », plutôt que le contraire. L’eurozone va éclater. La crise politique américaine va s’aggraver, le «super-comité» du Congrès va échouer. »

     

    En France aussi, certains spécialistes préviennent que l’humanité pourrait, une fois de plus, sombrer dans un conflit mondial. Philippe Dessertine, professeur de finance et de gestion, a publié en 2011 un livre sur l’économie intitulé Le monde s'en va en guerre (ne sait quand reviendra). Dans une interview accordé au journal Sud Ouest, il explique que l’éclatement de la zone euro provoquerait un cataclysme:

     

    « Aujourd'hui, les partis extrémistes disent qu'il faut abandonner l'euro. Ce serait disloquer la communauté économique mondiale et assumer un risque de guerre. En 2008, des apprentis sorciers étaient à la tête des États-Unis et ont pensé pouvoir lâcher Lehman Brothers et le système entier a failli basculer. L'euro, c'est Lehman Brothers à la puissance 50. »

     

    Photo: 1954 - eleven megaton /x-ray delta one via Flickr CC.


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  • Crise du capitalisme, quelles possibilités de changement ?

    Utiliser autrement l’Euro ou changer de civilisation ? Comment ?

    Ruptures ou aménagements ?

     

     Mercredi 10 août 2011 
    par  Paul Barbazange

    Ce mercredi 10 août 2011, les bourses s’affolent. La crise débutée en 2008 s’amplifie. C’est une crise globale du mode de production capitaliste. Nous sommes loin d’une crise financière ou d’un problème de dettes des états. Existe-t-il des forces qui puissent à l’intérieur du système dégager des voies de sorties ? En France, en Europe, dans le monde. Si non, quels sont les recours possibles ? Indignation, résistances et /ou perspectives de ruptures politiques ? Ce texte est une lettre ouverte à nos camarades Yves Dimicoli et Frédéric Rausch.

     


    Utiliser autrement l’Euro ou changer de civilisation ? Comment ?

     

    « Utiliser autrement l’Euro pour un nouveau régime de croissance » tel est le titre de l’article d’Yves Dimicoli dans l’Huma du 4 août p.4 ou (peut être : et/ou) « Avoir comme objectif un changement de civilisation » comme résume Frédéric Rauch dans le dernier paragraphe de son édito (Economie et Politique, Juin 2011 p.2).

     

    Dans les deux cas la démarche m’interroge. Sans chercher à opposer deux articles encore moins deux camarades chercheurs économistes.

     

    Mon questionnement est simple : une autre utilisation de l’Euro, un changement de civilisation peuvent-ils se mettre en route, se développer au niveau des institutions, dans un cadre institutionnel... régional en France, Européen (BCE), mondial (FMI) ?


     Ou faut-il autre chose ? Quoi ? Comment ?


     Je n’arrive pas à me retrouver dans ces deux articles. Je sais que nous sommes nombreux dans le PCF et dans l’ensemble du mouvement communiste à poser ce type de questions.

     

    222 ans, jours pour jours, après la nuit du 4 août 1789, je m’adresse aux deux auteurs. Il y a un impérieux besoin de débats et peut être d’une inflexion importante de notre pratique à l’étape actuelle de la crise financière (un nouveau krach boursier se profile autour des dettes publiques) et de production du capitalisme mondialisé.


     Je comprends et je partage la description donnée par les deux auteurs de l’étape actuelle de la financiarisation du capitalisme. Les modifications récentes qu’ils soulignent dans les tentatives de réponses capitalistes sont notables. Mais elles sont et ne peuvent que rester dans le cadre du système dont le premier objectif est de perdurer, y compris face à ses propres risques d’écroulement. Pourtant le changement de civilisation est bien à l’ordre du jour.

     

    Qui peut proposer ce changement ?

     

    Peut-il venir de quelque façon que ce soit des tenants du système et de leurs institutions ?

     Pourrons-nous nous passer de poser (et de réaliser !) l’objectif de leur destruction et de leur remplacement ?

     du remplacement de l’actuelle classe dominante par la représentation démocratique dans la durée, de la classe exploitée fondamentale, (la classe ouvrière et ses alliés) dans les cadres nationaux d’abord, puis dans les institutions supranationales et mondiales.

    1. de la rupture avec le mode de production capitaliste et sa règle d’or « d’accumulation la plus rapide des profits » par tous les moyens, quoi qu’il en coûte par ailleurs.

     

    Communistes nous devons donc dire cela, l’étayer, le proposer comme objectif de luttes économiques et politiques aux révolutionnaires, aux démocrates dans le monde entier, à commencer dans notre pays. Ces démocrates, fussent-ils novices et « Indignés » ou membres de petits partis sociaux démocrates dotés d’une longue tradition d’accompagnement du capitalisme coalisés dans le PGE par exemple.

     

    Ne plus laisser « flotter ces questions » comme dans l’article cité d’Yves Dimicoli. Le flou sur le où, le comment, le qui (quelles forces) ne peut qu’entraîner les mouvements à sous-estimer l’ampleur révolutionnaire des questions posées.

     

    L’édito de F. Rauch est un peu plus précis dans ce domaine. De cet édito vient d’ailleurs l’expression « Changer de civilisation ».

     

    Nous devons une fois les constats établis, l’absence d’avenir humainement crédible de l’organisation capitaliste, travailler le « Comment » seront modifiées toutes les règles d’utilisation de l’Euro, de création monétaire, de création et d’utilisation du crédit ; envisager avec fermeté, même si cette question divise aujourd’hui, la question de la sortie de l’Euro. Par définition, par choix politique nos adversaires ne sortiront jamais de leur paradigme.

     

    Ouvrir la perspective d’un autre type de rapports de production est notre tâche.

     

    Ne laissons pas croire comme certains passages de l’article de F. Rauch aux développements d’une « exigence populaire » épaulée aujourd’hui par le mouvement international des indignés (paragraphe 4 milieu de la première colonne). Ce mouvement, ainsi que l’essentiel des résistances à la crise n’en est pas à ce niveau.


     Ce mouvement auto-nommé indignés, indique lui-même ses limites.


     Nous sommes obligés de gagner une à une les consciences dans le mouvement comme dans la vie politique sur la nécessité de changer de civilisation, donc de ruptures révolutionnaires qui n’ont pas grand chose de commun avec les modifications structurelles dont sera toujours capable le capitalisme à condition de ne rien toucher à ce qui est pour lui essentiel.

     

    C’est sur la nature des obstacles qu’il faut aider à porter la compréhension des exploités. Les luttes sont toujours un moment précieux de maturation possible, en cela elles sont politiques.

     

    Le mode de production capitaliste, sa base nationale et ses développements au sein des transnationales pour la spoliation des producteurs et l’accumulation.

     

    Il y a nécessité absolue pour les producteurs, deux décennies après la fin du modèle socialiste soviétique, de se réorganiser en « classe pour soi », de se déclarer à nouveau « aptes à assurer toutes les responsabilités qui leur incombent » par leur place dans la production et leur nombre largement majoritaire dans tous les pays.

     

    Toutes les coalitions certes honorables, utiles, d’indignés ne changeront rien si l’objectif d’en finir avec la structure des rapports de production capitaliste n’émerge pas, pour grandir ensuite et devenir majoritaire.


     L’unité des courants communistes y est nécessaire, comme l’existence dans chaque pays d’un parti communiste. Sur ces deux questions existe un champ d’actions immense, actuellement en friche.


     Jamais le titre d’« Economie et politique » n’a été aussi justifié que face à cette nouvelle crise de la production capitaliste : la plus grave par le niveau atteint par les forces productives et les contradictions portées par l’exploitation.

     

    Place au politique, pour changer de civilisation, rompre avec le capitalisme -le dépasser si vous le voulez-, les étapes seront souvent ruptures brutales, avec à un moment, changement de classe dominante.

     

    Et commençons là où nous exerçons notre rôle de producteurs et de citoyens : dans le cadre national, dans l’entreprise. « Pour que monte l’exigence populaire pour une autre politique pour l’Europe et le monde, ravivant les conflits de classe », la citation est de F.Rauch, article cité.

     

    Travaillons en France à ce que ces questions politiques prennent de l’ampleur, demain un caractère dominant. Le choix faiblement majoritaire par les communistes de la candidature Mélenchon face à celle de Chassaigne ne nous aidera pas.

     

    Mais les exigences du développement des forces productives et du mouvement finiront par s’imposer.

     

    Tenons notre place de communistes dans leur diversité.

     

    Paul Barbazange, Béziers, le 4 août 2011

     

    Lettre ouverte à mes camarades Yves Dimicoli, Frédéric Rauch, à la rédaction d’Economie et politique, revue marxiste d’économie éditée par le PCF.


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  • « La Banque centrale se comporte d’une manière absolument inédite »

    Entretien avec Dino Greco

    « La Banque centrale se comporte d’une manière absolument inédite »

    Directeur de Liberazione, le quotidien de Refondation communiste, et longtemps figure de la CGIL, la principale organisation syndicale du pays, Dino Greco décortique la manœuvre de la Banque centrale européenne (BCE) en Italie. Pour lui, le patronat italien profite de la faiblesse de Silvio Berlusconi, largement discrédité par les affaires, afin de continuer son travail de sape contre les derniers pans de l’Etat social.

    Tournant décisif ou exercice banal ? Que pensez-vous de la lettre adressée par la Banque centrale européenne (BCE) au gouvernement italien ?

    Dino Greco. Il n’y a aucun doute, la Banque centrale européenne (BCE) se comporte d’une manière absolument inédite. Ce qu’elle propose au gouvernement italien, ce n’est pas une indication politique générale, c’est un véritable kit de l’intervention qu’il faut faire : coupes dans l’Etat social, dans la protection sociale, dans la santé, attaque contre le statut du travailleur qui fixe les rapports sociaux fondamentaux, contre les garanties sur le marché du travail, contre les retraites… C’est un kit d’inspiration parfaitement libérale que nous pourrions rapprocher de la boucherie sociale déjà expérimentée en Grèce ! Et, au passage, signalons que ce que produit ce bouillon néo-libéral est tellement désastreux que cela devrait inciter à une plus grande prudence, vu qu’aucun d’entre nous ne peut garantir que la Grèce réussira à payer ses dettes avec un tel programme d’austérité !

    Ce qui saute aux yeux, c’est que la technocratie financière prend le pouvoir ces jours-ci. La finance gouverne. Elle domine et dicte ses mesures inconditionnelles aux Etats, à la politique. Elle vampirise les biens communs. Elle impose son dogme libéral sans limite ni périmètre. C’est la donnée politique fondamentale de la période. Cela rencontre en Italie un contexte particulier, celui de la faiblesse extraordinaire du gouvernement italien. Le gouvernement italien est une clique corrompue. Je le dis, pas simplement comme observateur depuis ce journal et le mouvement politique qui l’édite, mais aussi comme citoyen. Le gouffre est vraiment très impressionnant : c’est l’hypocrisie, le cynisme, l’inconsistance politique qui caractérisent aujourd’hui les gouvernants du pays ! Je crois que, dans l’histoire de l’Italie, il faudrait remonter très, très loin en arrière pour retrouver une situation aussi catastrophique que celle que nous vivons aujourd’hui.

    Le patronat et les milieux d’affaires applaudissent aujourd’hui l’intervention de la BCE et fustigent la « faiblesse » de Berlusconi. Que signifie cette confrontation interne ?

    Dino Greco. Au sein des puissances financières comme la Confindustria (le patronat italien, NDLR), il y a une grande agitation actuellement : il s’agit pour eux de se débarrasser de Berlusconi et sa cour. Mais en matière d’alternative, c’est une tromperie : à ce personnage, ils envisagent de substituer une alternative libérale. Et ce qu’ils cherchent à faire, c’est de reprendre la balle au bond pour démanteler tout ce qui reste de l’Etat social en Italie. Ils veulent mettre les mains sur les derniers pans de protection des salariés qui existent dans ce pays. Ils n’ont jamais digéré le statut des travailleurs qui garantit dans les entreprises un certain nombre de droits… Ils cherchent à imposer la flexibilité, déjà obtenue sur le marché du travail à travers 48 contrats de travail atypiques – on entre dans une entreprise en passant sous ces fourches caudines, pratiquement à genoux -, jusqu’à la liberté de licencier sans aucune obligation du côté de l’employeur. Il cherche à faire ce que Sergio Marchionne fait dans les plus grandes usines d’Italie, celles de la Fiat… C’est une opération qui utilise la crise pour transférer la facture aux travailleurs, aux citoyens qui la payent déjà durement.

    Qui gouverne aujourd’hui en Italie ?

    Dino Greco. On parle beaucoup ces jours-ci, et de manière très hypocrite, d’un « gouvernement de solidarité nationale ». Des noms circulent pour le diriger. Il pourrait s’agir de Mario Monti, l’ex commissaire européen au marché intérieur, plutôt que Luca Cordero di Montezemolo, l’ancien patron des patrons et dirigeant de Ferrari… Mais quoi qu’il en soit, ce « gouvernement de solidarité nationale » entreprendrait exactement les recettes demandées par la BCE, c’est-à-dire le parfait catalogue néo-libéral. On parle aujourd’hui de l’allongement de l’âge du départ à la retraite – toutes les pensions à partir de 65 ans -, de l’augmentation des impôts indirects comme la TVA qui sont, comme vous savez, les impôts les plus injustes, des réductions des transferts budgétaires aux collectivités territoriales – ce qui signifie une attaque contre les services publics et la protection sociale…

    Ceux qui, dans les milieux d’affaires, envisagent de remplacer Berlusconi n’ont absolument pas l’intention d’adopter des mesures pourtant très utiles comme, par exemple, s’attaquer à l’évasion fiscale (plus de 230 milliards d’euros envolés chaque année) ou instituer une taxe sur le patrimoine – il suffirait une taxe de 0,1% sur les patrimoines de plus d’un million d’euros pour encaisser plus de 15 milliards d’euros. Comme ils ne le feront pas évidemment, notre problème aujourd’hui, c’est donc de promouvoir, de produire un changement radical ! Et pour le faire, il faudra que toutes les forces descendent sur le terrain. Hélas, nous avons aujourd’hui un syndicalisme dramatiquement défaillant. Il faudrait un conflit plus âpre. La plus grande des centrales syndicales, celle qui a été visée en permanence par Berlusconi ces dernières années, se maintient dans un attentisme absolu, elle est incapable d’envisager des actions efficaces.

    Vous faites référence à la CGIL ?

    Dino Greco. Oui. Ce qui me surprend du côté de la CGIL, je le dis non sans amertume, c’est l’absence d’une position propre dans cette situation. Elle s’est enfermée dans un scénario où elle s’appuie sur les propositions présentées par le patronat italien.

    Dans ce contexte un peu morose, comment la gauche, qui semble toujours aussi fragmentée, peut-elle porter une alternative ?

    Dino Greco. Il faut avoir une proposition et la faire vivre dans les rapports de masse. C’est sûr que nos forces ont été marginalisées, qu’elles sont encore limitées et secouées par des scissions qui n’ont pas aidé à renforcer la gauche en Italie. Mais il existe aussi des mouvements importants qui ont réussi ces derniers mois à se rencontrer, je pense aux précaires, aux étudiants, aux travailleurs qui, avec la FIOM-CGIL, le syndicat des métallurgistes, ont eu des mobilisations très fortes, aux militants du mouvement pour les biens communs qui, en remportant de manière écrasante les référendums sur le nucléaire et sur l’eau, ont marqué les esprits. Tout ceci démontre à mes yeux qu’il y a dans la société plus de raison, plus de sens des réalités, plus de conscience qu’on ne peut plus continuer sur ce chemin délétère qu’il n’y en a dans le champ de la représentation politique, même au centre-gauche évidemment. Ce que nous pouvons faire avec nos forces qui ne sont pas extraordinaires, c’est produire de la contre-information comme journal et de partager avec les citoyens la certitude qu’il est possible de faire autrement, que ce n’est pas velléitaire, que ce n’est pas l’expression d’une pensée idéologique en dehors de la réalité. Il y a des alternatives possibles. Bien sûr, ceux qui ont le pouvoir aujourd’hui ont naturellement aussi la possibilité de dicter l’agenda, mais j’ai l’impression qu’en septembre, quand on devra commencer à présenter les comptes et tirer le bilan de cette nouvelle accélération libérale si cruelle, la reprise des luttes sociales sera absolument nécessaire. Je ne voudrais pas conclure par un slogan, mais tout de même : à une recette à la grecque, il faut une riposte à la grecque !

    Entretien réalisé par Thomas Lemahieu


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  • Dette : la France prête à "d'avantage d'efforts"

    La France ne "déviera pas d'un iota de (sa) trajectoire de redressement des finances publiques" et est prête à "davantage d'efforts", a affirmé mardi sur RTL la ministre du Budget et porte-parole du gouvernement français Valérie Pécresse, tentant de rassurer les marchés.

    La ministre a prévenu que "s'il faut faire davantage d'efforts pour atteindre ces 4,6%" de déficit par rapport au Produit intérieur brut en 2012, "nous ferons davantage d'efforts".

    Valérie Pécresse a appelé "l'ensemble de la classe politique française" à concourir à cet objectif et "donc à voter la règle d'or" d'un retour à l'équilibre budgétaire, "preuve supplémentaire de notre détermination à réduire les déficits et à nous désendetter".

    Pour que la France conserve la note AAA de l'agence de notation Standard and Poor's, qui lui permet d'emprunter à des taux intéressants sur les marchés, "il faut garder le cap du redressement de nos finances publiques", a-t-elle souligné.

    Cette note AAA "est le fruit de la politique économique du président de la République et du gouvernement depuis plusieurs années", a fait valoir Mme Pécresse.

    Interrogée sur une éventuelle révision à la baisse de la prévision de croissance du gouvernement pour 2012, 2,25%, la ministre a souligné que "l'engagement qui nous lie vis-à-vis de nos partenaires c'est la réduction du déficit".

    "Si les paramètres devaient changer, quels que soient les paramètres, nous tiendrons cet engagement de réduire notre déficit à 4,6%" du PIB en 2012, a-t-elle enchaîné.

    Le gouvernement ne veut pas "casser la reprise" et ne procèdera pas à une "augmentation générale d'impôts" mais poursuivra une "politique d'économies sur les dépenses de l'Etat, sur les dépenses de la Sécurité sociale et sur les dépenses des collectivités locales" et supprimera "en même temps" des niches fiscales, a-t-elle réaffirmé.

    Les marchés asiatiques étaient toujours en baisse mardi, mais limitaient leurs pertes après une ouverture en chute libre alors que dirigeants politiques et banquiers centraux se sont mobilisés pour tenter de calmer les inquiétudes suscitées par la crise de la dette aux Etats-Unis et en Europe.

    A Paris, la Bourse a ouvert en hausse de 0,21% à 3.131,84 points mardi après avoir perdu 4,68% à 3.125,19 points la veille, à l'image de l'ensemble des places financières mondiales, laminée par la perte du triple A des Etats-Unis et malgré les interventions des dirigeants politiques et économiques pour apaiser les marchés.


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  • Yves Dimicoli « Utiliser autrement l’euro pour un nouveau régime de croissance » Yves Dimicoli, économiste du PCF, analyse la crise de l’endettement public, appelle à une réforme du crédit et à la création d’une monnaie commune mondiale.

    Trois ans après la crise 
des subprimes, comment 
en est-on arrivé à l’explosion 
de la dette des États ?

    Yves Dimicoli. La phase 2008-2010 a conjugué une crise financière, la plus grave depuis l’entre-deux-guerres, suivie d’une récession mondiale, la plus profonde depuis la Seconde Guerre mondiale. Elle renvoie à la façon dont les capitalistes utilisent les formidables potentiels de productivité, avec les nouveaux outils de l’information, pour la rentabilité financière 
et contre l’emploi. Cette pression de la rentabilité, qui baisse 
les salaires et réduit l’emploi, 
crée une insuffisance de la demande globale qui a pu être compensée jusqu’ici par l’endettement 
des entreprises et des ménages 
et a conduit en 2008 à la crise des subprimes avec l’impossibilité pour des millions de ménages modestes et insolvables de rembourser 
leur prêt pour se loger. À partir 
de cette étincelle américaine, 
les pertes sont énormes pour 
les banques aux États-Unis, en Europe et dans le monde, entraînant un rationnement 
du crédit et la grande récession 
de 2009 avec 112 millions 
de chômeurs dans le monde. 
Face au risque de l’effondrement du système financier et au risque 
de déflation, les États sont intervenus massivement pour soutenir les institutions financières par le biais d’aides publiques massives allant jusqu’à 
des prises de participation, voire 
des nationalisations. Cette intervention s’est accompagnée d’un abaissement très important des taux d’intérêt et d’une formidable création monétaire des banques centrales. Fin 2009, par exemple, la dette américaine atteignait 1 500 milliards de dollars. Mais toutes ces mesures ont été réalisées sans toucher aux critères des crédits et des banques ou 
aux modalités des aides publiques.

     Cette montagne de dettes 
risque-t-elle de plonger une nouvelle fois l’économie mondiale 
dans la récession ?

    Yves Dimicoli. Le type de réponse à cet excès d’endettement public va conduire à des exacerbations nouvelles. En 2010, l’explosion de la spéculation sur les titres de dette publique a déclenché la remontée brutale des taux d’intérêt dans 
les pays en difficulté comme 
la Grèce. La crise de l’euro 
a provoqué l’intervention massive de la BCE et du Fonds monétaire international (FMI) avec la création 
d’un fonds de stabilité financière. Cette facilité de paiement emprunte ses ressources sur les marchés financiers pour les prêter aux pays en difficulté afin qu’ils puissent continuer à s’endetter sur 
les marchés. Et tout cela au prix 
de politiques d’austérité qui cassent la croissance et font exploser 
le chômage. Un véritable fiasco puisqu’il a débouché sur un nouveau plan de « sauvetage » 
qui aggrave cette logique au service de la domination des marchés financiers. Cet excès des dettes publiques en Europe mais aussi aux États-Unis peut conduire 
à un nouveau krach.

     Pour échapper à un tel scénario 
ne faudrait-il pas sortir de l’euro ?

    Yves Dimicoli. Non, car ce serait 
se priver de la force d’une création monétaire commune à l’échelle européenne, et alors disposer 
de moins bonnes conditions 
de financement, surtout pour 
un pays moyen comme la France. Cela reviendrait aussi à renforcer le dollar dans son rôle de monnaie commune mondiale de domination alors que la crise appelle à la mise en cause de cette hégémonie. 
Le défi consiste à utiliser autrement l’euro et à donner une tout autre orientation à la BCE, conduisant 
à une transformation radicale 
du crédit. Nous proposons un crédit bancaire d’un taux très abaissé pour les investissements matériels réels et de recherche procurant de bons emplois et de bonnes formations.

     La crise n’appelle-t-elle pas 
à de nouvelles institutions mondiales ?

    Yves Dimicoli. Il faut une transformation radicale 
des institutions existantes, notamment celle du FMI, 
à travers une réforme des droits 
de tirages spéciaux. Ces titres 
créés et attribués par le FMI 
à une banque centrale permettent, 
dans un mécanisme de coopération, d’émettre de la monnaie et de 
se refinancer. Ce serait un pas vers une monnaie commune mondiale. Un moyen de développer au travers du crédit les capacités humaines, 
de faire reculer la spéculation 
et de pérenniser un nouveau régime de croissance et de développement.

    Entretien réalisé par Clotilde Mathieu


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  • Par Pierre Haski | Rue89 | 05/08/2011 | 16H08

      Souvenez-vous, c'était il y a un an, c'est-à-dire un siècle ! Le climat politique de ce début août 2010 était électrisé par le discours de Grenoble du Président, quelques jours plus tôt, par la « chasse aux Roms », et par une surenchère sécuritaire qui changea un temps le regard à l'étranger sur la France, s'attirant un édito cinglant du New York Times puis plus tard une attaque sans précédent d'une Commissaire européenne.

     Quel contraste : 2011, par comparaison, est un été serein. En tous cas en politique intérieure française (pas trop sur les marchés financiers, en Syrie ou en Libye, ou encore parmi les victimes de la famine en Somalie, mais pas de quoi gâcher les vacances françaises, non ? ).

    Même les provoc's de Jean-Marie Le Pen sur les attentats d'Oslo que refuse de condamner sa fille Marine, ou l'ouverture d'une enquête ouverte par la Cour de justice de la République contre Christine Lagarde dans l'affaire Tapie, ne parviennent pas à perturber réellement la trêve estivale.

    On cherchera vainement l'écho des clameurs sécuritaires d'il y a un an : à l'exception du dernier carré de la Droite populaire, dans son village d'Astérix des Alpes-Maritimes, c'est silence radio. La République en danger de l'an dernier, le ton martial face à ces « Français d'origine étrangère » qui enfreindraient « nos » lois, tout cela est décidément « très 2010 », donc passé.
    L'après Oslo et l'avant 2012

    L'explication est double. Le double attentat d'Oslo, d'abord, a contraint la droite traditionnelle à plus de retenue pour ne pas s'exposer au reproche d'alimenter un climat xénophobe et islamophobe qui pourrait inspirer un autre exalté tenté de passer à l'acte.

    L'approche de la présidentielle, surtout, oblige à revisiter une stratégie qui n'a pas marché, et restera une tache sur le quinquennat. La reconquête de l'électorat du Front national en faisant de la surenchère sur les thématiques du FN n'a eu qu'un seul résultat : légitimer un peu plus le positionnement des Le Pen, et permis à la fille de prendre son envol en gommant une partie de la dimension caricaturale du père.


    Retour, donc, à la « représidentialisation ». Cet été, c'est en père de famille en (re)redevenir que l'on trouve Nicolas Sarkozy dans les magazines (palme d'or au Nouvel Obs fin juillet, ci-dessous).

    photo 9 Le Figaro nous apprend même que dans cet « été de la stratégie », Nicolas Sarkozy a emmené au Cap nègre « un livre de Henry James », une confidence destinée à peaufiner son changement d'image, de l'anti-intello ami de Christian Clavier à l'homme mûr, qui-a-lu-Henry-James-bien-sûr, et peut parler des films de Karl Dreyer.
    Sarkozy en décalage avec la crise de la dette de la zone euro

    Paternité à venir et lecture à la place des paroles glaçantes et des coups de menton de Grenoble ? La construction d'image est formidable en période pré-électorale, à deux nuances près :
    elle conduit à faire passer, non sans raison, les paroles de Grenoble pour de l'opportunisme politique sans lendemain, comme beaucoup d'autres prononcées auparavant, sauf à parier sur l'amnésie des électeurs ;
    elle est en décalage frappant avec le climat économique de fin du monde, ou au moins de fin d'un monde, que génère la crise de la dette de la zone euro, la défiance des marchés, les perspectives de croissance en petite forme.

    Nicolas Sarkozy a choisi la communication a minima sur la crise de la zone euro. Il reste en vacances, téléphone à Angela (Merkel), mais ne parle pas à des citoyens qu'il ne faut pas affoler sur les plages. L'opposition ne fait guère mieux, à quelques rares exceptions près.

    La rentrée, sans doute plus tôt que d'habitude, sonnera le réveil et le retour aux réalités. Les candidats, aussi bien le Président avec son bilan, que ceux qui aspirent à le remplacer, devront répondre aux questions posées par la crise actuelle, par l'ampleur de la dette, par le modèle de croissance, par l'avenir de l'Europe et de la zone euro…

    Il peut sembler étonnant que dans un pays en pré-campagne électorale, ces questions ne fassent pas déjà débat. L'an dernier, l'heure semblait suffisamment grave pour que toute la classe politique soit sur le pont à la même date pour s'enflammer autour de l'agenda sécuritaire des gourus de l'Elysée, alors qu'aujourd'hui, on cherche vainement un candidat à la présidence pour nous dire comment il compte sauver l'euro, voire la France ! Serait-ce parce que personne n'a la réponse ?

    Photo : Nicolas Sarkozy et Carla Bruni-Sarkozy au Cap-Nègre (AFP) dans Le Nouvel Obs.

    http://vivelepcf81.over-blog.com

     

    Nous reproduisons ci-dessous l’article consacré par le Monde.fr à la série publiée cet été par « Le Monde » intitulée

     

    « Terminus pour l’euro ». Un titre qui apparaît chaque jour un peu plus prémonitoire.

     

    « Terminus pour l’euro », la fiction de l’été du Monde, intrigue dans les cercles du pouvoir et des banques. Qui en est l’auteur ? Y-a-t-il une prise de position éditoriale du Monde dans la publication de ce feuilleton dans lequel est évoqué un plan allemand de sortie de l’euro et de retour au deutschemark ? Quel sens politique donner au fait que la première phrase de cette fiction soit : « 6 mai 2012. Nicolas Sarkozy vient d’être réélu président de la République par 69,3 % des voix, contre 30,7 % pour son adversaire, Marine Le Pen » ? Est-il bien raisonnable de publier une telle histoire au moment où la crise de la dette nourrit bien des incertitudes sur l’Europe et l’euro ?

    Alors que Le Monde publie dans son édition du 5 août le dixième épisode intitulé « L’ami Henri », la tension monte à l’approche de l’épilogue (dans deux chapitres). Notamment car la fiction, dont le récit se situe au printemps 2012, semble parfois avoir été rattrapée par la réalité. La crise de l’euro et les craintes d’un éclatement de la monnaie unique sont évoqués dans l’actualité bien réelle de cet été 2011.

    Derrière Philae, le pseudonyme qui signe cette histoire, certains on cru voir Bruno Le Maire, l’actuel ministre de l’agriculture, qui se retrouve d’ailleurs dépêché à Berlin le 8 mai 2012 par Nicolas Sarkozy afin d’enquêter sur un accord politique secret anti-Merkel et anti-euro. D’autres ont cru reconnaître un haut-fonctionnaire de la commission européenne.

    BFM Business, la chaîne radio et télé d’information économique, a consacré une parti de son Grand journal du jeudi 28 juillet à un débat autour de « Terminus pour l’euro ». Aux invités sur le plateau, le journaliste Abdeddaïm Benaouda a demandé : « Quelle est la probabilité que cette fiction devienne une réalité ? » Hervé Brossard, président d’Omnicum Mediagroup France, estime que cette perspective d’une sortie de l’Allemagne de la monnaie unique « est assez catastrophique. J’espère que ce feuilleton n’est pas une anticipation. Car elle serait la conséquence d’un certain nombre d’autres dégradations. Je ne crois pas, je ne souhaite pas cette solution. »

    Christophe Crémer, directeur général de Prestashop, n’y croit pas davantage en soulignant d’ailleurs que ce n’est pas l’intérêt de notre voisin : « L’Allemagne toute seule aurait un deustchemark encore plus fort et cela serait vraiment pénalisant pour l’industrie allemande. »

    Cette fiction politico-financière a également suscité des interrogations outre-Rhin. Un article du 27 juillet du quotidien allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung s’interroge sur le sens politique à donner à la présence d’un tel feuilleton dans les colonnes du Monde. En France, certaines banques se sont inquiétées du réalisme des rapports de force entre BNP Paribas et le Crédit Agricole. « Terminus pour l’euro » imagine un projet de rachat de la banque verte, affaiblie par ses engagements en Grèce, par la première banque française.

    Le scénario de Philae étant d’autant plus troublant que deux jours après la parution de l’épisode « Un petit déjeuner à dix chiffres » au cours duquel ces projets de BNP Paribas sont narrés, le Crédit Agricole a révélé que ses comptes seraient davantage affectés que prévu par sa filiale grecque Emporiki.

    Lemonde.fr


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  • Crise de la dette: Sarkozy va s'entretenir avec Cameron AFP - Le président Nicolas Sarkozy s'entretiendra avec le Premier ministre britannique David Cameron samedi vers 20h00 "sur la situation financière", a indiqué l'Elysée à l'AFP.

    Cet entretien intervient après la dégradation, pour la première fois de son histoire, de la note de la dette américaine par l'agence de notation Standard and Poor's (de AAA à AA+, doublée d'une perspective négative).

    La crise dans la zone euro avait également donné lieu vendredi à toute une série d'échanges téléphoniques entre le président français, le Premier ministre britannique, le président américain Barack Obama, la chancelière allemande Angela Merkel, le Premier ministre italien Silvio Berlusconi et le Premier ministre espagnol José Luis Rodriguez Zapatero.

    Les dirigeants des pays de la zone euro avaient tenu à se concerter après avoir constaté que l'accord trouvé le 21 juillet pour faire face à la crise de la dette n'avait pas convaincu les marchés.

    M. Berlusconi avait ensuite affirmé que lui et M. Sarkozy avaient décidé de convoquer dans quelques jours une réunion anticipée des ministres des Finances du G7 (USA, Allemagne, Japon, France, Canada, Italie et Grande-Bretagne) afin de tenter de calmer les investisseurs.

    L'Italie et l'Espagne sont au coeur de la tourmente, mais d'autres pays sont également touchés comme la Belgique.


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  • La Bourse saoudienne, 1ère à réagir après la dégradation des USA, perd 5,46% RYAD - La Bourse saoudienne, la première place boursière mondiale à réagir à la dégradation de la note souveraine américaine, a perdu 5,46% samedi en clôture, dans un marché inquiet de cette décision sur les Etats-Unis et aussi affecté par la situation dans la zone euro.

    Ouverte le samedi alors que les autres places financières sont fermées, la Bourse de Ryad, la plus importante du monde arabe, est la première à réagir à la décision historique, prise vendredi par l'agence de notation financière Standard et Poor's, d'abaisser la note souveraine des Etats-Unis.

    A la clôture samedi, l'indice vedette Tadawul All-shares (TASI) a terminé à 6.073,44 points et la baisse a concerné toutes les valeurs de l'indice.

    Le marché saoudien a réagi au coup de tonnerre créé par la décision de l'agence de notation financière Standard and Poor's (S&P) de priver les Etats-Unis de sa notation AAA attribuée à sa dette publique, pour la première fois de leur histoire.

    La décision de S&P et les problèmes (de dette) en Europe (...) effrayent les investisseurs, a déclaré un analyste financier Abdulwahab Abou Dahesh.

    Les actions des grandes banques ont perdu 4,7% (Al-Rajhi a cédé 5,2% et Samba Bank -6,98%). Celles des compagnies pétrochimiques ont reculé de 6,7% comme les actions du groupe Sabic (-5,54%). Les valeurs liées aux groupes de construction ont également abandonné 6,4%, tout comme celles du secteur des télécommunications avec les actions de STC, qui ont lâché 2,56% et celles de Zain KSA (-6,15%). Etihad Etisalat a aussi perdu 5,9%.

    Les actions saoudiennes ont réagi à deux facteurs: les fortes pertes enregistrées sur les marchés financiers (ces derniers jours, NDLR), la baisse des cours pétroliers et la décision de S&P sur la dette américaine, a indiqué l'économiste Mohammed al-Omran dans un entretien à la chaîne de télévision Al-Arabiya.


    (©AFP / 06 août 2011 16h44)

    http://www.romandie.com


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  • Une agence de notation retire une étoile aux USA

    L'agence de notation Standard & Poor's (S&P) a rétrogradé vendredi soir la note sur la dette à long terme des Etats-Unis pour la première fois de son histoire.

    Cette dégradation, de AAA à AA+, est assortie d'une perspective négative, S&P pourrait donc à nouveau dégrader la note des Etats-Unis dans les 12 à 18 mois.

    Depuis plusieurs décennies les Etats-Unis ont profité des meilleures notations, le triple A. Cette notation des agences est le signe de la solvabilité permettant aux Etats d’emprunter à long terme pour un coût minimum.

    Cet évènement montre l’emprise des agences de notations sur les Etats souverains. « Ces agences sont des structures privées opaques, créées par les systèmes bancaires et les fonds financiers pour noter les budgets des Etats et la situation des… banques, celles-là mêmes qui prêtent de l’agent aux Etats. Bonjour le conflit d’intérêts. »

    Au-delà de l'impact sur les marchés financiers dès ce lundi, l'abaissement de la note de Washington devrait provoquer un surcoût annuel de 100 milliards de dollars pour les comptes publics américains.

    Après une rude bataille entre républicains et démocrates sur le relèvement du plafond de la dette publique, les Etats-Unis ont échappé de peu au défaut de paiement. Barack Obama a promulgué le 2 août la loi prévoyant de réduire le déficit de 2.100 milliards de dollars sur 10 ans, alors que S&P attendait 4.000 milliards d'économies.

    Un porte-parole du département du Trésor a critiqué l'analyse réalisée par S&P, pointant une erreur de 2000 milliards de dollars.

    Pékin "exige" des Etats-Unis qu'ils "vivent selon leurs moyens"

    "La Chine, premier créancier de la seule superpuissance mondiale, est dorénavant dans son droit d'exiger des Etats-Unis qu'ils affrontent le problème de leur dette structurelle et assure la sécurité des actifs chinois en dollars", rapporte l'agence officielle Chine nouvelle.

    "Il faut mettre en place une surveillance internationale sur la question du dollar américain et une nouvelle monnaie de réserve, stable et sûre, peut aussi être une option pour éviter qu'une catastrophe soit provoquée par un seul pays".

    Paris et Rome pour convoquer un G7 des ministres des Finances

    "Avec le président français (Nicolas) Sarkozy, nous avons pris la décision d'anticiper à dans quelques jours la convocation d'un G7 des ministres des Finances", a déclaré M. Berlusconi, déclaration aussitôt tempérée par son porte-parole Paolo Bonaiuti qui a précisé qu'il s'agissait "d'une réflexion encore en cours et non d'une décision déjà prise".

    Le chef du gouvernement italien a souligné avoir parlé avec les dirigeants européens allemand et espagnol ainsi qu’avec le président de l'Union européenne, Herman Van Rompuy, pour des "consultations sur la situation actuelle économique"

    "Rien de ce qui se passe ne peut être mis sur le compte d'un seul gouvernement. C'est quelque chose qui relève de la situation financière mondiale", a-t-il encore affirmé.


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