• Renflouements, plans de relance, dettes empilées sur d'autres dettes.
    Quand tout cela prendra-t-il fin ?

    Très bonne vidéo éducative faite pour etre comprise.

    L'Argent Dette


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  • Camargue appetit-520x352Communiqué du NPA.

      Malgré toutes les précautions oratoires prises par le premier ministre, le plan de « réduction des déficits » annoncé par F. Fillon lors de sa conférence de presse ressemble à s'y méprendre à un tour de vis supplémentaire d'une politique d'austérité pluriannuelle qu'il veut installer comme le prouve sa référence à la règle d'or et à l'objectif de conserver les 3A décernés par les agences de notation.


    De l'ensemble des mesures fiscales très techniques qu'il a énumérées, il a voulu tirer la conclusion que les efforts étaient demandés aussi bien aux grandes fortunes qu'aux petits budgets. Il n'en est rien. Les 3% sur les revenus fiscaux supérieurs de plus de 500 000 euros ne rapporteraient qu'environ 200 millions d'euros selon une réponse qu'il a faite à un journaliste italien. Rappelons que la réforme de l'impôt sur le revenu leur avait rapporté 1, 80 milliard d'euros. Cette taxation est donc une entourloupe et une goutte d'eau dans l'océan des profits des capitalistes.
    Le plan Sarkozy-Fillon, c'est à la fois un leurre et une diversion.
    Il ne remet pas en cause les profondes inégalités dans la répartition des richesses. Il ne remet pas en cause des niches fiscales qui coûtent cher comme, par exemple, la défiscalisation des heures supplémentaires et la TVA à 5, 5% dans la restauration sans effet sur la baisse des prix ni sur l'embauche dans ce secteur.
    La poursuite du non-remplacement d'un fonctionnaire partant à la retraite, l'encadrement encore plus stricte des dépenses de santé vont casser encore plus le droit à l'emploi et à l'accès aux soins qui sont des droits fondamentaux.
    Le "seuil de tolérance" à l'austérité est atteint.


    L'urgence c'est la riposte unitaire du mouvement social pour bloquer la spirale infernale d'une politique de régression sociale.


    Le 24 août 2011

    Par npa


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  • Jean-François Copé propose de sacrifier les RTT des salariés mais refuse de remettre en question : « l'exonération des plus values de ventes des filiales de holdings » qui est une niche fiscale ... dont il est le créateur !

    Une déclaration de Jean-François Copé sur RMC le 11 août a été peu médiatisée. Et pourtant, celle-ci était particulièrement importante pour tous les salariés.

    En effet, évoquant la crise de la dette, il présentait une piste d'économie : « Il y aura un certain nombre de remises en question de dépenses publiques qu’on ne peut plus continuer de faire (...) Mais aussi des mesures à plus long terme : la question du temps de travail, qui est aujourd’hui financé pour partie par l’Etat – la RTT coûte 12 milliards d’euros par an ; pourra-t-on la financer éternellement intégralement ? C’est pas sûr. Il y a un certain nombre de dispositions sur lesquelles il faut qu’on travaille  »

    Ce qui signifie que cette mesure n'est pas envisagée dans l'immédiat mais fait partie des objectifs de l'UMP en cas de victoire à la présidentielle et aux législatives.

    Il existe pourtant une autre mesure financée par l'état et qui coûte elle 22 milliards et sur laquelle Jean-François Copé ne voit rien à redire : L'exonération des plus-values de vente des filiales de holdings dite « niche Copé »

    En quoi consiste t-elle ?

    Le blog « Résultat d'exploitation » a consacré un article particulièrement détaillé à cette niche fiscale ruineuse qui a surtout bénéficié aux grands groupes est selon le blog : le bouclier fiscal puissance 10
    « (...) Elle exonère d'impôt sur les sociétés les plus-values liées à la cession d'une filiale possédée depuis au moins 2 ans (...) il s'agit d'une défiscalisation qui a été votée pour éviter que les sociétés françaises (et notamment les holdings) ne s'exilent vers des cieux plus cléments comme les Pays-Bas par exemple (...) c'est un peu une sorte de bouclier fiscal. Mais nettement plus coûteux que l'autre : environ 22 Mds€ en trois ans là où Bercy estimait que la mesure ne coûterait qu'un seul petit milliard par an ! Et qui a au final majoritairement profité aux grands groupes dans un bel effet d'aubaine (...) Des exemples plus concrets ? En 2007, Danone revend sa filiale "Danone Biscuit" et économise 500 millions d'impôt sur les sociétés (IS) en 2008 (l'IS se paye en décalé comme l'impôt sur le revenu). Pour Suez, c'est 800 millions de gagnés (...) »

    « (...) Dix entreprises se partagent près de la moitié (44 %) du coût du dispositif (...) » précise le blog Conte Public

    Ce qui signifie qu'en rabotant, en aménageant ou même en supprimant cette niche, on pourrait aisément trouver tout ou partie des 10 milliards recherchés par le gouvernement.

    Qu'en pense Jean-François Copé ?

    Réponse de l'intéressé : « (...) Il n’y a que les socialistes qui jugent qu’elle est inutile (...) » Un peu court direz-vous ! Ce qui ne l'empêche pas d'enchaîner directement sur la : « (...) réserve phénoménale : les RTT (...) » qui coûte : 12 milliards par an. Et pour ce faire, il nous ressort la demande du Medef de : « (...) proposer aux branches professionnelles de négocier les 36 heures payées 36, les 37 payées 37, etc (...) » C'est à dire une perte sèche pour les salariés sans aucune contrepartie !

    Mais que les salariés ulcérés de savoir qu'ils risquent d'être les seuls à payer l'addition se rassurent, Franck Riboud, le PDG de Danone SA, grand bénéficiaire de la niche Copé, fait partie de la liste des 16 dirigeants ou actionnaires de grandes entreprises qui ont lancé mardi un appel pour : l'instauration d'une contribution exceptionnelle qui toucherait les contribuables français les plus favorisés. C'est bien le moins !


    Crédit photo
    Gérard Cerles AFP

    http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/economies-budgetaires-les-rtt-99488


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  • Par LIBÉRATION.FR

    François Fillon. (AFP / Issouf Sanogo)
     

    Le Premier ministre François Fillon a annoncé mercredi un vaste programme d'austérité, destiné à compenser une croissance économique nettement revue à la baisse, qui rapportera 1 milliard d'euros de recettes supplémentaires à l'Etat en 2011 et 11 milliards en 2012.

    Parmi les multiples mesures du plan anti-déficit, deux au moins marquent une inflexion sinon un tournant dans la politique de Nicolas Sarkozy: une taxe exceptionnelle sur les revenus des ménages les plus aisés et des allègements de charges moins avantageux pour les entreprises sur les heures supplémentaires.

    "Le seuil de tolérance à l'endettement est désormais dépassé", a fait valoir le chef du gouvernement lors d'une conférence de presse à Matignon, à l'issue d'une ultime réunion d'arbitrage présidée par Nicolas Sarkozy à l'Elysée.

    Pour 2011 comme pour 2012, le gouvernement n'attend plus que 1,75% de croissance annuelle, loin des 2% et plus encore des 2,25% attendus jusque-là pour cette année et la suivante. Cette révision était anticipée par les analystes alors que la croissance mondiale s'affaisse et que celle de la France était nulle au deuxième trimestre.

    La fiscalité sur l'alcool et le tabac sera alourdie et, grande nouveauté, les sodas seront rangés à la même enseigne au nom de la lutte contre l'obésité.

    A peine annoncée, cette mesure a fait hurler le puissant lobby des fabricants qui l'a jugée "inacceptable".

    Austérité

    L'ensemble du plan anti-déficit doit se traduire dès cette année par un milliard d'euros de recettes fiscales supplémentaires. Mais le gros des effets est attendu en 2012 avec 11 milliards d'économies et recettes additionnelles.

    La France a "officiellement plongé dans l'austérité", a réagi le Parti socialiste, dénonçant le "cynisme" du gouvernement qui demandera "aux riches" de ne rendre "qu'un neuvième" de ce qu'il leur a donné. La CFDT a dénoncé un plan "déséquilibré" au détriment des salariés et FO une "logique économique (...) sous la tutelle des marchés".

    "Il serait irresponsable de ne pas tenir compte" de la situation économique internationale, avait souligné pour sa part le Premier ministre qui a de nouveau fait de la réduction des déficits un objectif "intangible".

    Gage de bonne gestion donné aux marchés qui ont chahuté la France ces dernières semaines: un "objectif un peu plus ambitieux" de réduction du déficit qui serait ramené en 2012 à 4,5% du PIB au lieu de 4,6%, petite "marge" disponible en cas de nouvelle panne de la croissance.

    Les mesures concernant l'exécution du budget 2011 seront présentées en Conseil des ministres dès mercredi prochain et examinées par le Parlement lors de la session extraordinaire qui débute le 6 septembre.

    Un "coup de rabot" supplémentaire de 10% sera ainsi sur porté sur une série de niches fiscales, mais il n'engendrera des recettes nouvelles qu'en 2013.

    Symbole

    Dans le détail, François Fillon a assuré que les salariés continueraient à bénéficier des abattements sur les heures supplémentaires. Nicolas Sarkozy en avait fait, il est vrai, le symbole de son slogan de campagne, "travailler plus pour gagner plus".

    En revanche, les heures supplémentaires seraient intégrées dans le calcul des allègements de charges des entreprises mis en place par la loi... "Fillon" de 2003.

    Le gouvernement s'apprête par ailleurs a créer une "taxe exceptionnelle" de 3% sur les revenus du travail et du capital des ménages les plus aisés, quand ils dépassent 500.000 euros par an. Cette mesure prendra fin lorsque le déficit de la France aura été ramené à moins de 3% du PIB, objectif visé pour 2013.

    Cette contribution, qui ne rapportera que 200 millions par an, est déjà jugée "cosmétique" par les économistes.

    "C'est une mesure de solidarité. Il y a une situation difficile, tout le monde doit faire des efforts... Il faut pour que tout le monde accepte cet effort, que les plus riches soient mis à contribution", a justifié M. Fillon sur TF1.

    Parmi les niches fiscales rabotées, les plus-values immobilières seront revues "sans remettre en cause l'exonération dont bénéficie la résidence principale".

    Technique mais très importante aussi: la hausse des prélèvements sociaux, notamment la CSG, sur les revenus du capital, dont le taux global passera dès cette année de 12,3% à 13,5%. Décidée dans le but de rapprocher la taxation des revenus du travail de ceux du capital, elle doit rapporter 1,3 milliard l'an prochain.

    (Cliquez sur le tableau pour l'agrandir. Source: Matignon)


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  • Dans quelques mois, le Président devra rendre des comptes sur les avantages fiscaux concédés aux plus riches des français. Les opportunes propositions de l'UMP d'une taxe temporaire, appliquée aux très hauts revenus, viennent à point sans pourtant convaincre !

    « D’ores et déjà, des mesures sur les grandes entreprises, le secteur financier, les heures supplémentaires et la taxation des personnes les plus riches sont à l’étude » écrivait la CFDT après sa réunion téléphonique avec François Fillon.

    Le « Président des riches » après les avoir choyés s'apprêterait-il à leur reprendre une petite partie de leurs gains engrangés depuis 2007 ?

    Quel revirement, lorsqu'on se repenche sur ses déclarations : « (...) J'ai pas été élu pour augmenter les impôts, moi (...) mon but c'est de faire venir en France et investir en France des gens qui ont de l'argent dans nos usines et dans nos entreprises, c'est pas de les faire partir (...) »

    Que les plus riches, toutefois, se rassurent, il ne s'agit pas, de réagir comme : l'Allemagne qui a créé en 2007 une tranche marginale à 45% ou le Royaume Uni qui en 2010, a relevé à 50 % le taux de la plus haute tranche de son impôt sur le revenu ! Mais d'instituer : « (...) une contribution provisoire, pour répondre à une situation de crise (...) »

    Et oui, comme le disait Eric Woerth : « Je n'ai jamais pensé un instant qu'en augmentant les impôts de ceux de nos compatriotes qui en payent déjà énormément on réglerait le problème  »

    Cette attitude du Président que l'Expansion qualifie de : « (...) caractéristique de la schizophrénie du chef de l'Etat quand il s'agit de taxer les plus riches (...) » est déféndue par quelques ministres et membres de l'UMP.

    Ainsi, Anne GROMMERCH, députée UMP de la Moselle indique que : « Dans l’immédiat, il s’agirait d’une contribution provisoire, pour répondre à une situation de crise (...) » Mais lorsqu'on lui demande : « A quel niveau situez-vous les « hauts revenus » on obtient la réponse suivante : « C’est encore à discuter. Nous allons réfléchir entre parlementaires.  »

    Anne GROMMERCH qui au passage appartient à la Droite Sociale de Laurent Wauquiez, le spécialiste de la chasse aux titulaires des minima sociaux qui fustigeait, il y a peu les : « dérives de l'assistanat » qualifiées de «  cancer de la société française  » Néanmoins, si Laurent Wauquiez avait un maximum d'idées pour faire rendre gorge aux profiteurs des minima sociaux, son mouvement : la droite sociale, est assez discrêt sur ... la méthode à appliquer aux plus riches.

    On pourrait conseiller au gouvernement, l'UMP et la Droite Sociale la relecture de la proposition de mars 2009 de Pierre Méhaignerie, rejetée à l'époque par Elysée, de surtaxer de 2 à 3% les foyers affichant plus de 300 000 euros de revenus. Mais là, pas question !

    Alors, vers quoi s'achemine-t-on ?

    Sachant que : Valérie Pécresse, souhaite une : « (...) contribution sur les rémunérations exorbitantes au-dessus d'un million d'euros (...) » et que la piste la plus fréquemment évoquée serait celle d'un : «  prélèvement de 1% à 2% sur ces revenus, qui pourrait être acquitté soit par les contribuables, soit ... par leur employeur » Ce qui signifierait, au passage, que les salaires des plus grands patrons pourraient dans certains cas, passer au travers de la taxation, en la faisant payer sur les bénéfices de l'entreprise.

    Le montant de cette contribution devrait être du domaine symbolique, comme l'indiquait Gilles Carez, rapporteur UMP du budget, à l'Assemblée Nationale : « (...) un prélèvement de 2% au-dessus d'un million d'euros de revenu fiscal toucherait 30.000 ménages pour rapporter 300 millions d'euros (...) » c'est-à-dire trois fois rien à côté des revenus des 500 plus grandes fortunes françaises, qui se feront un plaisir de faire cette obole à la nation, histoire de faire oublier les formidables gains, obtenus durant les « années bonheur », de la présidence Sarkozy.

    Il faudra attendre mercredi pour connaître les détails de ce qui s'annonce déjà comme : Une aimable plaisanterie ... communicante !

    Crédit et copyright image
    Dijonscope Bloëm


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  • Le gouvernement dévoilera mercredi son tour de vis budgétaire

    BUDGET - Les niches fiscales et les contribuables les plus aisés devraient être visés...

    Le gouvernement annoncera mercredi un tour de vis budgétaire indispensable pour tenir des engagements financiers «intangibles», avec un coup de rabot sur les niches fiscales, en pleine tourmente sur les marchés financiers, et à huit mois de la présidentielle.

    Le premier rendez-vous d'importance de la semaine aura toutefois lieu dès mardi, lorsque le ministre des Finances François Baroin recevra à Bercy son homologue allemand Wolfgang Schäuble pour jeter les bases d'une gouvernance renforcée de la zone euro, une nouvelle étape sur le chemin escarpé du retour à la confiance.

    L'adoption d'une règle d'or européenne

    Au menu de cette rencontre: l'harmonisation franco-allemande de l'impôt sur les sociétés, l'adoption d'une "règle d'or" pour la maîtrise des déficits publics par les 17 membres de la zone ou l'institution d'une taxe sur les transactions financières.

    Les Bourses mondiales auront les yeux rivés sur cette rencontre dont la feuille de route avait été fixée la semaine dernière par "Merkozy", sobriquet donné par les marchés au duo formé par le président français Nicolas Sarkozy et la chancelière Angela Merkel.

    Les Bourses européennes ont encore lourdement chuté jeudi et vendredi, pas vraiment rassurées par les projets franco-allemands.

    Coup de rabot sur les niches fiscales

    Au chapitre budgétaire, le gouvernement a préparé les esprits à un nouveau coup de rabot sur les niches fiscales tandis que les "ultra-riches" pourraient devoir mettre la main à la poche via une taxe exceptionnelle. Le Premier ministre François Fillon, François Baroin et sa collègue du Budget Valérie Pécresse annonceront la couleur mercredi.

    Une seule certitude: les niches seront une nouvelle fois rabotées au-delà des 3 milliards d'euros prévus en 2012. L'objectif, dont François Fillon a réaffirmé ce week-end qu'il était «ntangible», est de ramener les déficits publics à 5,7% du PIB cette année, 4,6% en 2012 et 3%, seuil autorisé par les traités européens, en 2013.

    Si le gouvernement se garde encore d'annoncer le montant de la facture, économistes et parlementaires avisés des commissions des finances de l'Assemblée et du Sénat parlent d'un effort supplémentaire de 5 à 10 milliards d'euros, d'autant que la croissance montre des signes d'essoufflement pourrait être revue à la baisse.

    Les syndicats reçus à l'Elysée jeudi

    «Le Sénat avait déjà donné l'alerte au mois de juillet sur la nécessité de trouver de 6 à 10 milliards d'économies supplémentaires», rappelle le président UMP de la Haute assemblée Gérard Larcher dans les colonnes du Journal du Dimanche.

    Les syndicats, qui redoutent une cure d'austérité drastique, seront reçus par le Premier ministre François Fillon à partir de jeudi.

    Mais quoi qu'il en soit, le cadrage budget 2012, s'annonce de l'aveu même du ministre des Finances comme «le plus difficile du quinquennat» à l'approche de la présidentielle et des législatives.

    Les nerfs sont à vif. En témoigne la charge peu diplomatique de l'économiste en chef de la Banque centrale européenne Jürgen Stark contre «une déclaration irréfléchie» de François Baroin qui avait évoqué le 8 août des rachats de dette espagnole et italienne par la BCE, muette à ce sujet.

    Devant la menace d'un éclatement de la zone euro, l'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin parle d'une «stratégie mortelle des spéculateurs» et autres «prédateurs» qui auraient déclaré la «guerre» aux Etats-nations.

    «Des structures financières devenues géantes et malveillantes cherchent pour leur profit, le désordre économique», résume-t-il dans une interview à l'édition dominicale du Parisien/Aujourd'hui en France.

    http://www.20minutes.fr/economie/773098-gouvernement-devoilera-mercredi-tour-vis-budgetaire


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  • publié sur Le blog de Gauche Unitaire 82


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  • Les réunions se succèdent dans les palais… mais surtout dans la foulée des évènements qui secouent la corbeille. La corbeille ! non, pas celle de fruits, ni celle de la mariée et pas non plus celle de Corbeille en Essonne… cher ministre de l'économie et des finances !

    Quand nous parlons de corbeille en politique ou en économie, c'est celle des marchés financiers, bien sûr !   Marchés financiers, là où, avant l'informatisation des Bourses − la vitrine des marchés… primaires et secondaires réglementés −, en 1986 (Cf. : Big Bang des Bourses), l'offre et de la demande de capitaux se confortaient par l'intermédiaire de gestes et de cris provenant des commis d'agents de change, qui achetaient ou vendaient pour le compte de leurs clients ou le leur.  

    Aujourd'hui, gestes et cris sont remplacés par des clics, des écrans et… des logiciels informatiques dans les salles de marchés et chez les intermédiaires agréés qui permettent, in fine, une "Cotation Assistée en Continu" (d’où le CAC de 1988) d'actifs devenus sous-jacents (actions, obligations, matières premières, métaux, énergies, quotas, etc.), complétés d'une multitude de produits dérivés (contrats à terme, d'option ou de swap).  

    Corbeille, aujourd'hui totalement électronique et dématérialisée, là où les équilibres entre l'offre et de la demande déterminent les prix. Prix grâce auxquels les acteurs économiques entrepreneuriaux, non spéculateurs ou arbitragistes, obtiennent des financements directs à moyen ou long terme, désintermédiés sur le marché primaire, sous forme d'émissions d'actions ou d'emprunts obligataires, mais aussi de couvertures pour pallier des risques de cours ou de taux.   Bref, la dite corbeille semble avoir gagné la bataille que Charles De Gaulle, dans les années 60, refusait obstinément de lui accorder.  

    Alors, pourquoi aujourd'hui c'est elle qui décide, qui gouverne et mène même les politiques par le bout du nez ?  

    Le fait principal semble être qu'hier la Bourse était compréhensible par tout le monde, même par les politiques − c'est peu dire −, alors qu'aujourd'hui ce n'est plus le cas. Les cours ne sont plus fondés sur la valeur intrinsèque de leur sous-jacent, mais sur les anticipations que se font les marchés du moyen ou long terme, mais aussi et surtout du très, très court terme. Court terme, qui peut aujourd'hui être de l'ordre de la seconde, voire de la nanoseconde (Cf. : les robots-traders, les transactions hautes fréquences, notamment). Ainsi, sans que rien ne change dans une grande entreprise (telles : A&T, Exxon… Air Liquide, etc.), leur cours peut changer de plusieurs points en quelques instants, entraînant par effet mimétique toute une kyrielle de fluctuations identiques dans d'autres valeurs, plus ou moins chaînées de manière logicielle. Tout le monde a remarqué que les cours de Nyse-Euronext fluctuent, au-delà des rumeurs, au gré de l'ouverture de Tokyo, de Singapour, puis de Londres… en attendant, vers 15h30 (heure de Paris) quelle sera l'ouverture de New-York. Et cela, quelle que soit la qualité du sous-jacent !  

    Ainsi, les politiques, souvent moins compétents que le boursicoteur lambda − s'il existe encore − ne peuvent que suivre la corbeille de plusieurs heures, voire de plusieurs jours ou semaines. Mais, jamais l'anticiper !  

    De fait, c'est bien la Corbeille − désormais avec un grand "C" − qui influence la politique, alors que cela devrait, naturellement, être l'inverse. Par son inconsistance mêlée d'incrédibilité et d'incompétence économiques, le politique a redonné à une structure qui ne devait être que technique, un rôle éminemment souverain… car la nature a horreur du vide. De tous les vides, et surtout de celui au plus haut sommet de l'Etat qui, en France, a depuis juillet 2007 provoqué notre faillite.  

    La Corbeille restera maîtresse du jeu tant que les politiques n'auront comme courage que celui de se faire réélire. Comme nous l'a montré Sarkozy lors de ses annonces avec Merkel − ou plutôt de ses effets d'annonce − pour la mise en œuvre d'outils, mais pour dans 2 ou 3 trois ans. C'est-à-dire jamais. Déconcertant ! Inconcevable pour une personne qui prétend depuis 2007 gouverner une partie du monde, si ce n'est le monde entier !  

    Alors, pendant que le chat prépare sa réélection devant force médias et flots de parlottes, la Corbeille danse, spécule, arbitre, vole d'une Place boursière à une autre de manière totalement erratique.  

    Pour conclure, "nos" politiques doivent savoir qu'une économie porteuse d'avenir est une économie de marché dans laquelle les agents économiques ont de la visibilité pour planifier ne serait-ce que leur développement… donc leur création emplois, ou bien malheureusement leur destruction.  

    La Corbeille doit rapidement redevenir la vitrine d'un marché primaire où les entreprises doivent pouvoir financer leur croissance sans craindre qu'une fois sur le marché secondaire − celui des titres d'occasion −, la volatilité des cours soit telle, qu'elle empêche les investisseurs de retrouver de la liquidité, sans perdre en capital.  

    La stabilité à la Corbeille est donc essentielle, car source de visibilité stratégique, propice à toute croissance économique.  

    Les politiques nationaux ont donc à savoir que leur rôle n'est pas uniquement de se faire réélire… S'ils devaient persister dans une telle voie, la Corbeille saura, tôt ou tard, se passer définitivement d'eux. Et cela a déjà commencé !  

    Photo : corbeille du Palais Brongniart (ex-Bourse de Paris).

    http://www.agoravox.fr


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  • Le gouvernement annonce une « règle d’or ». De quoi s’agit-il ?

    Dans le sillage des travaux de la commission présidée par Michel Camdessus, ancien directeur général du FMI, le gouvernement a déposé en mars dernier un projet de loi constitutionnelle visant « l’équilibre des finances publiques ».

    Le projet a été adopté par le Sénat le 11 juillet en deuxième lecture et par l’Assemblée nationale le 13 juillet en troisième lecture. Le président de la République devrait donc à présent convoquer le Congrès (réunissant simultanément les deux assemblées). Le projet sera adopté s’il obtient 60 % des voix au Congrès.

    Le projet de loi prévoit la mise en place des « lois-cadres d’équilibre des finances publiques » qui déterminent, pour un minimum de trois ans, « les orientations pluriannuelles, les normes d’évolution et les règles de gestion des finances publiques  » (article 1er du projet de loi, qui complète l’article 34 de la Constitution).

    L’objectif affiché est d’équilibrer les comptes publics (budget de l’État, comptes de la Sécurité sociale), en fixant pour chaque année de la programmation un plafond de dépenses et un « minimum d’effort en recettes ».

    Y a-t-il une définition scientifique de « règle d’or » ?

    Il n’y a pas de définition scientifique de « règle d’or » en matière des finances publiques.

    Avant d’aller plus loin, rappelons que les dépenses publiques sont regroupées en deux catégories : dépenses courantes (appelées aussi dépenses de fonctionnement) et dépenses d’investissement. La distinction entre les deux est arbitraire et prête à débat. Par exemple, le traitement (salaire) des enseignants est considéré comme une dépense courante, de fonctionnement. Mais si l’on considère l’éducation comme un investissement sur le long terme (ce qui est vrai et de plus en plus admis de nos jours), dès lors on peut présenter ces dépenses comme celles d’investissement.

    Historiquement, l’usage du concept de « règle d’or des finances publiques » remonte aux débuts du 20e siècle. En 1907, les Pays-Bas ont adopté une gulden financieringsregel (règle d’or des finances publiques) qui établissait une distinction entre le budget « courant » qui devait être en équilibre et le « budget d’investissement » dont les dépenses, si elles étaient jugées rentables, pouvaient être financées par emprunt. Cette règle a été assouplie dans les années 1920 et 1930, puis abandonnée après la Seconde Guerre mondiale [1] .

    Un peu plus près de nos jours, le gouvernement britannique a défini une « règle d’or des finances publiques » selon laquelle, sur un « cycle économique » (autrement dit sur une période qui couvre plusieurs années), pour financer l’investissement public, l’État peut emprunter. En revanche, le solde des dépenses courantes doit être au moins équilibré sur le cycle. Cette « règle d’or » est accompagnée de la « règle d’investissement soutenable » selon laquelle la dette publique doit rester à un « niveau soutenable », de l’ordre de 40 % du PIB d’après le gouvernement britannique.

    On voit bien le caractère arbitraire, conventionnel de la définition d’une « règle d’or ».

    N’est-ce pas de bon sens que de viser un budget équilibré, voire excédentaire ?

    Un « assainissement budgétaire » (c’est la formule employée par les experts, surtout pour éviter de dire explicitement qu’il faut réduire les dépenses afin d’arriver à un budget équilibré), un budget équilibré voire excédentaire ne peut constituer, en soi, l’objectif des finances publiques. Tout dépend des choix sous-jacents et de la vision de long terme.

    À l’évidence, il est de bon sens de considérer que le budget de l’État doit être équilibré, comme il est de bon sens que de dire que le budget d’un ménage doit être équilibré, qu’on ne doit pas vivre au-dessus de ses moyens.

    Toutefois il faut poser la question non en instantané, mais en perspective.

    Demander un crédit signifie qu’à un instant donné, on prend une décision qui dépasse nos moyens existants. Si un individu emprunte de l’argent pour passer la nuit au casino, on peut légitiment s’interroger sur le bien-fondé de cette décision. Mais le jugement sera différent si cet individu envisage d’acheter un logement. On dit alors qu’il s’agit là d’un investissement qui nécessite parfois des sacrifices immédiats. Mais à terme, ça deviendra rentable car cela permettra d’économiser le loyer voire améliorer le confort de la famille. Mais cette décision nécessite une discipline : on doit faire attention à ses dépenses, on ne doit pas gaspiller l’argent, etc.

    Sur le fond, la même problématique s’applique au budget de l’État. Sauf qu’ici, les choses sont plus complexes : le choix devient collectif, et nécessite débats démocratiques. Il faut décider collectivement ce qui est utile et ce qui ne l’est pas, ce qu’on entend par investissement, etc. Il faut aussi définir comment on finance les investissements : par emprunt, par impôts, etc. Tout cela n’est pas neutre.

    Par exemple, au mépris de l’opinion publique le gouvernement Sarkozy-Fillon a fait le choix de réduire les moyens de l’Éducation nationale, ce qui va à l’encontre de l’exigence du développement des capacités humaines, de l’amélioration de la qualification de la main d’oeuvre. En revanche, il a décidé de réduire l’impôt sur les riches. Ces choix sont inadmissibles du point de vue économique et social.

    Rappelons que l’idée de finances publiques équilibrées débouche souvent sur l’objectif d’un budget excédentaire.

    Précisons qu’un budget équilibré ou excédentaire n’est pas nécessairement signe d’une économie solide. Ainsi, par exemple, le budget de l’État espagnol était excédentaire avant la crise, mais cet excédent n’était pas assis sur une économie équilibrée.

    La crise espagnole met en évidence la fragilité d’un « assainissement budgétaire » fondé sur une approche purement comptable.

    Pourquoi ça arrive maintenant ?

    L’obsession d’un budget équilibré n’est pas nouvelle. Cela fait partie intégrante des recommandations libérales dont s’inspire le gouvernement Sarkozy-Fillon, comme bien d’autres gouvernements européens.

    Michel Camdessus avait déjà produit un autre rapport qui préconisait la même chose ; rapport que M. Sarkozy, à l’époque ministre des Finances, considérait comme son « livre de chevet ».

    Aujourd’hui les gouvernements, parmi lesquels le gouvernement français, veulent profiter de la panique généralisée que provoque la crise financière pour imposer des reculs sociaux, pour faire accepter au peuple des plans d’austérité. Le gouvernement allemand a donné le la en la matière en inscrivant l’obligation du budget équilibré dans la Constitution.

    De plus, le gouvernement Sakozy-Fillon met en avant la « règle d’or » pour éviter le nécessaire débat démocratique sur ses choix politiques qui ont contribué à la dégradation des comptes publics. Il se montre donc totalement insensible vis-à-vis des critiques qui lui sont adressées tout en prenant une posture de responsabilité.

    Précisons les choses.

    Le budget de l’État est déficitaire en France depuis trente ans. Ce déficit permanent a donné lieu à l’accumulation d’une dette qui ne cesse de gonfler. Depuis déjà plusieurs années, les charges d’intérêt de cette dette représentent plus de 10 % des dépenses publiques et sont devenues le premier poste des dépenses de l’État. Ces charges d’intérêt profitent avant tout aux financiers, car la dette de l’État est détenue par les capitaux financiers, parmi lesquels les « non résidents », c’est-à-dire des étrangers et des sociétés dont le siège social se trouve en dehors de la France.

    Il est donc légitime de dire qu’il faut réduire la dette, ce qui suppose aussi de réduire le déficit budgétaire. Toute la question est de savoir comment et dans quelle perspective. Et c’est là que se pose la question des choix de société et des orientations politiques qui en découlent.

    Le déficit du budget de l’État qui était de l’ordre de 50 mds € en 2007 est passé à 112 mds en 2010 (de 2 % du PIB à 6 %), après avoir atteint 121 mds en 2009 (voir tableaux en annexe).

    Pendant cette période, la dette de l’État est passée de 933 mds € à 1 245 mds (de 49 % du PIB à 64 %). Quant à la dette de l’ensemble des administrations publiques (État, collectivités territoriales, Sécurité sociale), elle est passée de 64 % du PIB en 2007 à 82 % en 2010.

    La récession économique de 2009 n’explique qu’une partie de la hausse du déficit budgétaire et de la dette publique, car le déficit se creusait avant même la crise précisément à cause des choix du gouvernement Sarkozy-Fillon et particulièrement du fait de la baisse des impôts sur les plus hauts revenus.

    Un rapport officiel commandé par le président de la République lui-même reconnaît cette réalité : « Depuis 1999, l’ensemble des mesures nouvelles prises en matière de prélèvements obligatoires ont ainsi réduit les recettes publiques de près de trois points de PIB (…) A titre d’illustration, en l’absence de baisse de prélèvements, la dette publique serait d’environ vingt points de PIB plus faible aujourd’hui qu’elle ne l’est en réalité, générant ainsi une économie annuelle de 0,5 point de PIB.  » [2]

    Est-ce que cette « règle d’or » est un passage obligé pour sortir de la crise ?

    Pas nécessairement. Pour sortir de la crise, il faut surtout créer des emplois et augmenter les salaires, les pensions et les minimas sociaux.

    Le déficit budgétaire résulte de l’insuffisance des recettes par rapport aux dépenses. Les recettes dépendent des revenus, donc du dynamisme de l’activité économique, particulièrement de l’emploi et des salaires.

    Si l’emploi et les salaires augmentent, l’activité économique sera plus forte et le revenu national augmentera. A leur tour, les recettes de l’État, constituées principalement des impôts, vont augmenter. Elles vont augmenter d’autant plus vite que l’impôt sur le revenu est progressif (le montant de l’impôt augmente plus que proportionnellement par rapport à la hausse du revenu). La hausse des recettes permettra de réduire le déficit budgétaire.

    On peut aussi réagir du côté des dépenses pour mettre fin aux gâchis des fonds publics. Par exemple, la prise en charge des exonérations de cotisations sociales patronales coûte chaque année plus de 30 mds € au budget de l’État, et ceci sans résultats probants en matière d’emploi. On peut donc utiliser plus efficacement cet argent-là.

    De manière plus générale, les « niches fiscales et sociales », c’est-à-dire l’ensemble d’aides, d’exonérations et de réductions d’impôts et de cotisations sociales coûtent chaque année environ 160 mds € à la collectivité (État, collectivité territoriales). Ici aussi, on peut faire des économies considérables, ce qui va permettre de réduire le déficit budgétaire.

    En un mot, au lieu d’avoir une approche purement comptable, il faut revoir l’ensemble des choix qui président aux finances publiques.

    Conformément à cette approche comptable, libérale, le gouvernement a mis en place la Révision générale des politiques publiques (RGPP) dont l’objectif principal consiste à réduire les dépenses (suppression de postes, gel des salaires et traitements…). La dégradation de la qualité des services qui résulte d’une telle politique va à l’encontre de l’intérêt général et s’oppose à l’exigence d’amélioration du potentiel productif du pays.

    On le voit bien, la RGPP n’a pas permis d’améliorer les comptes publics.

    La France participe au « plan de sauvetage de la Grèce ». N’y a-t-il pas là une nouvelle contrainte ?

    Il faut voir du point de vue de qui : celui du travail ou celui du capital ?

    Comme le dit un financier américain, il y a une lutte des classes dans le monde, et pour l’instant c’est les financiers qui semblent l’emporter.

    Effectivement, les « plans de sauvetage », qu’il s’agisse des plans de sauvetage des années 2008-2009 en faveur des banques ou des « plan de sauvetage » de la Grèce, de l’Irlande,… visent à défendre avant tout les intérêts des capitaux en général et particulièrement ceux des capitaux financiers. La contrepartie de ces plans est la mise en place, par les gouvernements, des programmes d’austérité.

    Comme le montrent les exemples grecs et espagnols, les peuples s’insurgent et s’opposent à de tels programmes.

    Ces différents plans de sauvetage ne permettent pas de résoudre les problèmes de fond auxquels nos économies sont confrontées, à savoir :

    • mauvaises conditions (du point de vue du travail et de l’environnement) de création des richesses et leur insuffisance eu égard aux besoins sociaux et économiques ;

    • partage défavorable des richesses produites au détriment du monde du travail ;

    • poids écrasant des prélèvements financiers (intérêts et dividendes versés aux détenteurs de capitaux) ;

    • place de plus en plus importante des marchés financiers et particulièrement des fonds spéculatifs dans l’économie.

    En revanche, ces « plans de sauvetage » provoquent de nouvelles occasions pour les spéculateurs, de nouvelles « bulles spéculatives » : sur les matières premières, sur la dette publique, sur l’euro.

    La prise en compte de ces réalités ne doit pas nous conduire à conclure qu’il vaut mieux laisser les pays en difficulté à se débrouiller tout seul.

    En effet, l’un des problèmes majeurs de la construction européenne est bien l’absence de véritables solidarités entre les pays membres, car cette construction est fondée sur une logique de mise en concurrence. Les « plans de sauvetage » s’inscrivent aussi dans cette même logique.

    Une véritable solidarité européenne est donc indispensable. Il s’agit d’aider les pays en difficulté non dans une optique de sauvetage des marchés et des capitaux financiers, mais pour soutenir l’emploi, les salaires, les services publics et l’activité économique.

    Loin d’être une contrainte, une telle solidarité sera source de nouvelles opportunités pour l’ensemble des peuples européens.

    La France ne risque-t-elle pas de perdre sa souveraineté nationale ?

    Face à la multiplication d’échecs, des propositions se multiplient autour de l’idée suivante : puisque les pays de la zone euro ont la même monnaie, ils doivent aussi avoir un seul budget, un seul gouvernement économique, etc.

    Ce raisonnement fait un silence total sur la logique actuelle de la construction européenne, comme si les problèmes auxquels nous sommes confrontés étaient de l’ordre purement et simplement juridique !

    Le transfert des compétences à un autre niveau (supérieur ou inférieur), sans remettre en cause la logique du système ne règle pas les problèmes de fond ; il pourrait même les accentuer.

    On le voit par exemple dans le cas de la décentralisation en France. Le transfert des compétences de l’administration centrale vers les régions et les départements, sans remettre en cause les choix fondamentaux qui étaient à l’oeuvre, a créé de nouvelles contraintes, aboutissant notamment à un alourdissement de la fiscalité sur les ménages et parfois même à une détérioration de la qualité des services rendus à la population.

    La Banque centrale européenne (BCE) en fournit un autre exemple. Selon ses statuts, elle est indépendante des États, mais dans les faits ses décisions sont prises en fonction des attentes des marchés financiers. Il faut néanmoins souligner que le comité de direction de la BCE est composé des gouverneurs des banques centrales des États membres, parmi lesquels la Banque de France. La Banque de France, et à travers elle l’État français, ont donc leur part de responsabilité dans les décisions de la BCE.

    Par ailleurs, la logique actuelle de la construction européenne conduit à une sorte d’harmonisation des politiques des États membres sur la base des orientations libérales : allègement des prélèvements sur le capital, déréglementation des marchés surtout celui du travail, promotion de l’initiative privée, etc.

    En apparence, on garde la souveraineté, mais dans les faits, les choix sont subordonnés. Les peuples ne veulent pas d’une telle souveraineté.

    Ceci précisé, solidarité et coopération ne sont pas incompatibles avec la souveraineté des peuples. Au contraire, une véritable souveraineté implique de véritables solidarités et de coopérations pour libérer les choix, nationaux et européens, de la main mise des marchés et particulièrement des capitaux financiers.

    Prenons l’exemple de la crise de l’euro. Parmi les facteurs qui y contribuent, il faut citer les statuts de la BCE qui lui interdisent d’acheter directement des obligations émises par les États membres. La BCE accorde donc des crédits à de faibles taux d’intérêt aux banques et celles-ci prêtent cet argent aux États en difficulté à des taux d’intérêt plus élevés. La différence va gonfler les bénéfices des banques, ce qui fait plaisir à leurs actionnaires.

    Face à cette situation, certains proposent l’émission des obligations européennes. Cette solution est susceptible d’alléger la pression des marchés financiers sur les pays en difficulté : ils pourraient emprunter de l’argent à des conditions plus favorables, à des taux d’intérêt plus bas. Mais cette proposition ne dit rien sur l’usage des fonds.

    Il ne suffit pas que les États puissent s’endetter dans de bonnes conditions. Toujours est-il qu’il faut que cet endettement serve à quelque chose d’utile pour les peuples. Autrement dit, il faut que l’emprunt soit mis au service de l’emploi, de la formation et qualification des travailleurs, de la recherche, du développement des capacités productives… (cf. question n° 3 ci-dessus).

    Que propose la CGT face à cette situation ? L’ensemble des organisations syndicales, en France tout comme dans les autres pays européens, dénonce et s’oppose aux programmes d’austérité qui sont sous-jacents aux « plans de sauvetage ».

    La forte opposition des peuples à ces programmes crée des conditions favorables dont il faut profiter pour améliorer les rapports de force au profit du monde du travail.

    Sur le fond, il s’agit de revaloriser le travail en articulant des mesures immédiates, urgentes, et celles qui nécessitent plus de temps.

    Il n’y a pas de « catalogue » en la matière. Mais sur la base des revendications qui émergent dans les luttes, et qui inspirent les repères revendicatifs de la CGT, on peut citer notamment les mesures suivantes.

    Dans l’immédiat, cinq mesures paraissent indispensables :

    1. créer des emplois et augmenter les salaires, car le partage défavorable des richesses au détriment des salariés a été le facteur fondamental qui a déclenché la crise qui sévit dans le monde depuis 2007. De plus, la hausse des salaires est indispensable pour dynamiser l’économie ;

    2. mettre fin à l’austérité, car les programmes d’austérité pèse sur le pouvoir d’achat et l’emploi, affaiblissant davantage l’activité économique avec des effets négatifs, entre autres, sur les finances publiques. Ainsi, à cause des plans d’austérité, la croissance économique s’affaiblie.

    Il faut accroître les dépenses publiques favorables au développement des capacités humaines et des capacités productives (éducation, santé, recherche-développement, infrastructures…). C’est indispensable pour dynamiser l’économie et accroître les ressources financières nécessaires pour réduire le déficit budgétaire et la dette publique ;

    3. conditionner toute aide publique au respect des critères tels que l’emploi, les salaires…

    4. augmenter l’impôt sur les hauts revenus, ceux du patrimoine et du capital

    5. créer un pôle financier public et établir un mécanisme de crédits à taux réduits pour favoriser l’investissement productif : l’emploi, la formation, la recherche, les équipements… (taxer les banques n’est pas à la hauteur des enjeux : les banques doivent prioritairement accorder des crédits en faveur de l’emploi et de l’investissement productif).

    Ces mesures devraient être accompagnées de bien d’autres, particulièrement dans un cadre européen. Parmi celles-ci on peut surtout citer les suivantes :

    • établir un salaire minimum dans les pays européens ; mais également instaurer un droit social européen de haut niveau ;

    • harmoniser la fiscalité du capital et notamment la base (assiette) de l’impôt sur les sociétés ;

    http://www.cgt-fapt-37.com/article-la-regle-d-or-des-finances-publiques-81872244.html


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    Charcuterie...

     

    A.A.A.A.A.

     

    En charcuterie, c’est un gage de qualité… En économie, en revanche, c’est le genre de certification dont on se passerait bien…  Nous voilà donc promu au rang d’andouillettes, toutes bien alignées derrière la devanture réfrigérée, attendant que le grossiste de chez Moody’s, Standard and Poor’s et autres bouchers-charcutiers néolibéraux nous tripotent, nous pèsent et nous apprêtent pour le grand banquet…

     

    La vie de cochonnaille est ainsi faite que l’on soit d’Athènes ou de Troyes. Suer sang et eau sur les fourneaux de l’économie casino pour un gratin de classe qui ne dit pas son nom… Andouillette d’un jour, andouille toujours ?

     

    PCF Niort 01

    Le goût des uns…

    La ficelle est aussi grosse que le rôti et l’amère breuvage qu’on nous prépare a d’ores et déjà le goût de jus de boudin typique des grandes saignées…  En 2007, la dette publique française avoisinait les 70% du PIB ; en 2010, elle frisait les 90% (se reporter pour plus de détails aux chiffres publiés in « L’Humanité », page 3, dans son édition du jeudi 4 août 2011)... Entre les deux, la crise des « subprimes » et l’opération « Il faut sauver le gratin mondial »… De la grande cuisine, à coup de centaines de milliards de dollars déversées sans la moindre contrepartie dans l’argenterie des banquiers et des assureurs internationaux… Résultat, la bulle spéculative privée s’est transformée en dette publique ; le péché de gourmandise des Grands Chefs  en régime drastique planétaire … Privatisation des profits, socialisation des pertes ; les chiffres parlent d’eux-mêmes et la recette est vieille comme le capitalisme…

     

    Déjà capituler ?

     

    Alors, « Que faire ? », me direz-vous… S’accorder sur un minimum en-deçà duquel un compromis serait une compromission, un rapport de force, un simple désaveu…

     

    Et ce minimum exigible et néanmoins crédible : c’est la taxation du capital et la construction d’un vaste pôle public bancaire…  Ne pas mettre sur la table ce type de propositions ; c’est déjà capituler et au final, transférer sur le dos des peuples, la dette immonde. ..

     

    PCF Niort 02

     A l’Ouest, rien de nouveau…

     

    Il suffit de jeter un œil de l’autre côté de l’Atlantique pour mesurer que « la solution [adoptée aujourd’hui par Obama] est semblable à celle des médecins du Moyen Age ordonnant des saignées à leurs malades » (Paul Krugman, prix Nobel d’économie en 2008 [Keynésien donc libéral], cité in « L’Humanité », mardi 2 août 2011). La capitulation d’Obama, c’est très concrètement : la réduction massive des dépenses publiques dans tous les champs d’intervention de l’Etat (dépenses militaires, allocations chômage, allocations pour les pauvres…). En France, on appelle cela la « LOLF » et la « RGPP » (« Loi Organique relative aux Lois de Finances » et « Réforme Générale des Politiques Publiques »)…


     

    2012

    Qu’on le veuille ou non, ces quelques exemples suffisent à nous rappeler que le débat actuel sur la dette, c’est aussi la faillite idéologique de la gauche dite de gouvernement… Alors, gageons qu’en 2012, nous saurons opposer l’intelligence collective à l’alignement des andouilles…

     

    Nicolas MARJAULT

     


     

    Charcuterie (épisode 2)...

     

    Vous allez dire que mes obsessions charcutières du moment sont probablement liées à d’obscures frustrations de barbecue sur fond d’été pluvieux… Soit, mais pas seulement…

     

    De la langue…

     Même si la construction d’un lexique approprié permet de faire passer une vulgaire association de malfaiteurs en théorie économique appliquée, un bal de vautours ne peut pas passer pour un joyeux quadrille de perruches… A défaut d’imagination, la communication est au pouvoir… « Agences », « notations souveraines », « émetteurs d’Euro-obligations », les trésors de la langue sont inépuisables dès lors qu’il s’agit de légitimer tout en euphémisant l’ordre inégalitaire… Et pourtant, il suffit de gratter du bout des ongles le vernis linguistique pour que se dévoile l’implacable réalité de l’exploitation économique…

    Du bout de gras…

    Dans une récente chronique du monde, le banquier d’affaires Georges Ugleux vendait doublement la mèche en reconnaissant d’une part que ce sont les banques qui « sont les vrais commanditaires de ces notations » et d’autre part que ces mêmes banques ont réussi le tour de force de « faire payer par ces Etats ces mêmes notations en leur vendant le fait que […] sans cela le coût de leurs emprunts serait supérieur » (« Qui paie ces notations ? », in « Le Monde », le 8 août 2011)… Les Etats se trouvent donc contraints de consentir à leur propre spoliation c’est-à-dire, à la nôtre car tout ceci se fait bien entendu en notre nom et avec notre pognon si vous voulez bien me passer l’expression…

     

    PCF Niort 03

     De l’équarrissage…

    Aujourd’hui, notre bon Fillon joue les élèves modèles et Sarko, les « surgés » disciplinés avec en toile de fond l’examen de passage de la bourse et de belles facilités à recracher mot pour mot le manuel du petit néolibéral… La mention « AAA », cela se mérite et comme Merkel et Berlu font rien qu’à copier, la tension monte à la corbeille… D’autant que la prometteuse promotion européenne s’est d’ores et déjà allégée de la Grèce dont « le nouveau plan d’aide de 160 milliards d’Euros » défini le 21 juillet dernier prévoit « des mesures de rigueur drastiques étroitement surveillés par les […] représentants de la « troïka » (Commission Européennne, FMI, Banque Centrale Européenne) qui sont en permanence à Athènes et contrôlent la mise en place des mesures » (Alain Salles, « Grèce : la dette, la souveraineté et le poète d’Alexandrie », in « Le Monde », le 8 août 2011).

     

    PCF Niort 04

    Du dépeçage…

    Et dire que nous serons tous demain des Athéniens… Après avoir légalisé la spoliation généralisée du bien public (transfert d’une dette privée [crise des subprimes] en dette publique [crise de la dette]), nous allons donc légaliser le transfert de souveraineté (de la démocratie politique à l’oligarchie financière)…

     

    « L’Etat grec est-il indépendant quand les experts de la « troïka » viennent chaque mois vérifier la mise en œuvre de leurs injonctions ? » s’interroge perfidement Joëlle Dallègre (dans « La Grèce inconnue d’aujourd’hui », L’Harmattan, 2011)…

     

    PCF Niort 05

     De la ciguë ?

    Il y a 2500 ans, Athènes posait les bases de ce que nous appelons aujourd’hui la « démocratie directe »… N’est-elle pas entrain de poser le cadre légal de ce que d’aucuns ont qualifié hier de « totalitarisme financier » ?  Je ne résiste donc pas à conclure en m’appuyant sur le très déprimant et néanmoins très instructif Alexandre Zinoviev (adulé en Occident quant il était dissident soviétique - lire  « Les Hauteurs béantes » [1976] -  et immédiatement oublié dès que son « retour » au Parti Communiste russe en 1996 fut connu)…

     

    En 1999 était donc publié « La grande rupture », ouvrage passé quasiment inaperçu et dans lequel on pouvait lire les quelques lignes suivantes : « Le totalitarisme financier a soumis les pouvoirs politiques. Il est froid. Il ne connaît ni la pitié, ni les sentiments. Les dictatures politiques sont pitoyables en comparaison avec la dictature financière. Une certaine résistance était possible au sein des dictatures les plus dures. Aucune révolte n’est possible contre la banque. »

     

    Qu’on le veuille ou non, reprendre effectivement le pouvoir politique est devenu un impératif. Nous avons quelques mois pour cela…

     

    Au boulot, camarades !

     

    Nicolas MARJAULT

    http://www.pcfbassin.fr


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