• Dire que c’est le peuple qui paie la crise n’est pas du populisme

    « Dire que c’est le peuple qui paie la crise n’est pas du populisme »

    Reportage mi-figue mi-raisin à la RTBF sur le PTB et d’autres petits partis. On y voit un PTB, crédible et proche des gens. Dommage que le montage crée l’amalgame entre des partis qui n’ont rien à voir entre eux sous couvert de « populisme ».

    Axel Bernard

    Ce mercredi 2 octobre 2013, la RTBF a diffusé un reportage « Petits partis, grand danger? ». Les caméras de la RTBF se sont concentrés sur 2 partis de gauche, le PTB et le MG (Mouvement de Gauche de Bernard Wesphael) et 2 partis de droite extrême, le Parti Populaire de Modrikamen et un groupuscule appelé La Droite. Les téléspectateurs ont pu découvrir ce qu'était le PTB, avec son service d'étude dont les chiffres sont fiables, un parti qui est aux côtés des petites gens, présent dans les luttes sociales, un parti qui monte dans les urnes, un parti qui pointe clairement qui sont les responsables de cette crise (spéculateurs, millionnaires …), un parti de terrain dont les responsables vivent comme tout le monde dans un quartier ouvrier - et non dans un château comme Modrikamen, porte-parole du parti qui n’a de populaire que le nom). Mais le reportage crée néanmoins le malaise. Car le montage est constitué de bribes d'entretiens, entrecoupées par des avis "éclairés" de "spécialistes" ; formant un continuel et rapide va-et-vient entre partis de gauche et d’extrême-droite en Belgique et en Europe (jusqu’à Aube Dorée, le parti néonazi en Grèce) qui sont tous mis dans le même panier de partis “populistes”. Raoul Hedebouw, porte-parole du PTB : « je ne peux regretter qu'une chose, c'est l'amalgame que l'émission peut créer en brandissant l'étiquette de "POPULISTE" pour classer tout ce qui est parti non traditionnel ». 

    Populiste, le PTB?

    Raoul Hedbouw s’en défend bien : « Dire que c’est le peuple qui paie la crise n’est pas du populisme ». Dans le reportage déjà, il répondait à cette question : « Le vrai populisme réside chez tous ces ministres qui trouvent logique qu’on aille une nouvelle fois chercher l’argent chez les travailleurs, en coupant une nouvelle fois dans les services publics, en coupant une nouvelle fois dans ces services qui sont tellement nécessaires pour les gens. Ça, c’est du populisme, ça, c’est du simplisme. Et ce n’est pas parce que c’est devenu la pensée dominante que c’en est devenu juste ». Il rejoint Jean-Luc Mélenchon, Parti de Gauche en France, lui aussi visé par le reportage : « quand on nous dit populistes, on dit qu’on flatte les instincts du peuple. Mais bon, cela dépend quels instincts. Il y a des instincts tout à fait nobles dans le peuple : l’égalité par exemple. Si vous croyez que je flatte les instincts du peuple, parce que je propose de partager la richesse, je trouve qu’on fait pire comme bas instinct que celui du partage ».

    Dans un article publié dans la Revue Politique, Daniel Zamora, chercheur à l’ULB, pose la question : « Qu’est-ce que le populisme? ». Après avoir décrit tous les sens (et contresens) possibles à cette notion, Daniel Zamora aboutit à la conclusion que le qualificatif joue un rôle “écran” permettant d’éviter tout débat de fond sérieux et « vise à fonder en théorie que nous n’avons pas d’autres choix que celui que les élites nous offrent » (voir le lien ici). C’est en d’autres mots ce que le porte-parole du PTB dit : « Le populisme est le qualificatif donné par les puissants bien en place pour disqualifier toute alternative crédible à leur politique d'austérité sociale ». Un internaute, Marco Liradelfo, résumait également : pour lui, « le fil conducteur » du reportage était qu'« il faut à tout prix ne pas sortir des rails tracés par les gros partis au pouvoir (qui nous ont foutus dans la m...). »

    Stop aux amalgames

    Le reportage fait des aller-retour entre partis de gauche et d’extrême-droite. Sofie Merckx, conseillère communale PTB+ à Charleroi se confie : « Je suis mal à l’aise en étant mis dans le même panier que l'extrême droite. Mon militantisme a débuté toute petite contre la montée du racisme, l'apartheid ... Notre vision de société basée sur l'égalité et la solidarité est tout le contraire de ses semeurs de haine!. » « Le PTB n’a rien à voir avec le PP de Modrikamen et encore moins avec le parti néonazi grec Aube Dorée tout comme Jean-Luc Mélenchon n'a rien à voir avec Marine Le Pen », poursuit Raoul Hedebouw. « Nous, militants de gauche, sommes tous les jours sur le terrain pour faire reculer les idées nauséabondes de la droite extrême ». Deux visions du monde totalement différentes mises dans le même sac … Il faudra aller au-delà des images montrées à l’écran.

     http://www.ptb.be


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :