• Didier Migaud évoque une taxation des allocations familiales

    Didier Migaud évoque une taxation des allocations familiales

    Didier Migaud, le Premier président de la Cour des comptes, estime qu'il y a «nécéssité à freiner la dépense publique».

    Didier Migaud, le Premier président de la Cour des comptes, estime qu'il y a «nécéssité à freiner la dépense publique». | DOCUMENT EUROPE 1

    Alors que la Cour des comptes a rendu cette semaine son rapport annuel, son Premier , Didier Migaud, a estimé d'emblée, ce dimanche, lors du Grand rendez-vous Europe 1 -  i>Télé - «Le Parisien»-«Aujourd'hui en France», que «la est malade de ses déficits publics».
     
     
    Lors de la publication du rapport, il avait déjà estimé que l'objectif d'un déficit public de 3% à la fin de l'année «n'a que peu de chances d'être atteint».

    Les déficits publics accumulés par la posent un problème de crédibilité, selon Didier Migaud. Or, «il y a une prise de conscience que les comptes publics doivent s'améliorer. Il y a nécessité à freiner la dépense. Nous sommes un des pays avec le plus haut niveau de dépense publique au monde. Est-ce que, au niveau de notre performance, sur le logement, la santé, etc la France est sur le podium ? Non. Il faut pouvoir en tirer les conclusions. Améliorer l'action publique n'est pas forcément mettre des crédits supplémentaires», affirme-t-il.

    «Personne ne doit être à l'écart de l'effort»

    «Pour améliorer les recettes il faut peser sur les recettes mais aussi sur les dépenses. Et personne ne doit être à l'écart de l'effort», explique encore Didier Migaud. Il n'hésite pas à évoquer une question délicate. «La fiscalisation des allocations familiales peut être mise sur la table (...) On peut considérer que c'est une prestation qui rentre dans les revenus et qui peut d'une certaine façon être fiscalisée.»

    Le premier président de la Cour des comptes a également estimé que fiscaliser la majoration des retraites pour les parents de trois enfants pourrait rapporter 800 millions d'euros à l'Etat.


    Malgré cette nouvelle proposition de taxation, le président de la Cour des Comptes déplore que l'essentiel de l'effort de redressement des comptes publics repose sur l'impôt. «Les comptes commencent à se redresser. Depuis 2011, il y a un effort réel. Le problème c'est qu'il a porté de façon déséquilibrée sur l'augmentation des impôts, même si le travail n'est pas achevé sur les niches fiscales. L'essentiel de l'effort doit porter sur les dépenses. Des économies sont possibles sans remettre en cause le modèle social français», explique-t-il.

    «On met en place des dispositifs compliqués»

    Didier Migaud égrène plusieurs exemples de ce que pourrait être une meilleure gestion des finances publiques. «Le traitement économique et social du chômage est peut-être inadapté, alors que beaucoup d'argent public y est mis», commence-t-il. «Deux gares TGV à 20 minutes d'écart, n'y en a-t-il pas une de trop ?» s'interroge-t-il ensuite. «Le RSA, 500 000 personnes en bénéficient. Un million de plus pourraient en bénéficier. On met en place des dispositifs compliqués. Il faut davantage cibler vers ceux qui en ont besoin».

    Il pose également la question de la gratuité des transports dont bénéficient parfois les retraités dans certaines communes : «Un retraité de 65 ans est parfois dans une meilleure situation que bien des actifs alors qu'ils peuvent bénéficier de la gratuité des transports. L'âge n'est parfois pas un critère déterminant. Il faut que les élus se posent la question par rapport à leur objectif et à l'efficacité de l'action publique».

    «Faisons en sorte que notre pays respecte les engagements qu'il a pris»

    Il s'étonne aussi que les agents EDF ne soient pas plafonnés dans leur consommation d'électricité alors qu'ils bénéficient d'un tarif agent. «Est-il légitime de ne pas tenir compte de la consommation, s'agissant de cette règle, alors que tout le discours est d'inciter les gens à faire des efforts sur la consommation ?»

    Fort de ces constats, Didier Migaud donne un conseil aux dirigeants politiques: «Faisons en sorte que notre pays respecte les engagements qu'il a pris. Nous sommes contraints d'avoir une crédibilité. Respectons les engagements en terme de réforme par rapport à une action publique qui n'est pas toujours efficace».

    LeParisien.fr

    Politique - le 18 Février 2013

    Taxer les allocations familiales : le gouvernement marche sur des oeufs

    David Assouline, porte-parole du PS, a affirmé qu'il était "légitime" et "pas tabou" d'avoir un débat sur le rapport entre le niveau de revenus et les allocations familiales, alors que l'hypothèse d'une fiscalisation de ces prestations est avancée par la Cour des Comptes. Pour le PCF : "C'est le caractère universel, fondement même de la politique familiale, qui serait donc ainsi remis en cause".

    Le premier président de la Cour des comptes, Didier Migaud, a jugé dimanche que fiscaliser les allocations familiales pouvait être une piste pour augmenter les recettes de l'Etat. D'après le Journal du Dimanche, c'est un des scénarios sur lesquels travaille le gouvernement. "Les débats sont ouverts (...) Il y a des arguments pour, des arguments contre. En tous les cas, il n'est pas tabou de considérer que le rapport entre le niveau de revenus et le niveau des allocations familiales" puisse être "posé", a déclaré le porte-parole du PS, lors du point presse hebdomadaire. "C'est un débat légitime", a-t-il ajouté, précisant qu'il s'agissait "d'un point de vue personnel au moment où le débat s'ouvre sur la place publique".

    "C'est évident que nous allons devoir chercher, encore une fois, ce que la droite n'a pas fait (...): chercher des économies dans les dépenses", selon lui, sans pour autant "déstabiliser" ni "handicaper" la croissance. "Je considère qu'à partir du moment où (...) les familles (...) selon leurs revenus ne sont pas affectées, que la politique familiale n'est pas handicapée, ce débat peut avoir lieu dans ce cadre", a ajouté le sénateur.

    "La politique familiale n'est pas une variable d'ajustement"

    "Le gouvernement est entrainé dans une spirale de toujours plus d'austérité" juge le PCF dans un communiqué, "la politique familiale n'est pas une variable d'ajustement" en s'insurgeant contre toute fiscalisation ou plafonnement des allocations familiales."L'avenir de la branche Famille est de fait menacé car le MEDEF, en embuscade, réclame depuis des années que son financement ne soit plus opéré par les cotisations sociales", poursuit le PCF. "Le vrai courage politique n'est pas d'alourdir la fiscalité des foyers fiscaux via la politique familiale mais d'aller jusqu'au bout d'une justice sociale, en taxant les revenus financiers et en instituant la tranche à 75%, conclut le communiqué.

    Bercy s'abrite derrière un rapport. "Je ne vais pas improviser là-dessus, il y a actuellement une mission qui a été confiée à un ancien président de chambre à la Cour des comptes Bertrand Fragonard, le grand spécialiste de ces questions sur la politique familiale, qui rendra ses conclusions au Premier ministre, et ensuite nous prendrons nos décisions", a ainsi déclaré lundi le ministre de l'économie, Pierre Moscovici, sur RTL.


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :