• Des vœux sous le signe du chômage

    Hausse du , menace de , perte possible du triple A : aurait sans doute rêvé d’un contexte économique et social plus favorable au moment de prononcer ses derniers vœux du quinquennat, ce soir à 20 heures à la télévision, sans doute devant plus de 10 millions de Français. Peut-être les derniers tout court, d’ailleurs.

    Car à quatre mois de l’élection présidentielle, c’est son challengeur socialiste, François Hollande, qui fait toujours largement la course en tête dans les sondages.

    Voeux de N. Sarkozy aux Français pour l'année 2012 par elysee

    Un exercice d'équilibriste. Nicolas Sarkozy n'a pas pu nier la crise économique, lors de ses voeux extrêmement attendus, les derniers de son quinquennat. Loin des discours optimistes martelés il y a encore quelques mois, il a assuré que l'heure était grave.

     «L'histoire des décennies à venir s'écrit maintenant», a-t-il lancé solennellement. Mais si la «crise inouie» n'est pas terminée, à quelques mois de la présidentielle, le de la République se verrait bien endosser le costume du capitaine, seul capable de sortir le pays de cette tempête économique. «Un devoir auquel je ne me déroberai pas», nécessaire selon lui dans la plus grave que le monde ait traversée «depuis la deuxième guerre mondiale ».

    «Des décisions importantes, des enjeux cruciaux». Sur un ton grave, le Président de la République l'a assuré, les Français doivent s'attendre à vivre de nouveaux mois difficiles en 2012. Des «décisions importantes» seront prises dès le début de l'année. Des mesures indispensables devant «les circonstances exceptionnelles» des chiffres du chômage, mais aussi parce que «les Français souffrent». «Avec le Premier ministre, nous réunirons le 18 janvier prochain les représentants des forces économiques et sociales de notre pays. J'écouterai les propositions de chacun et, avant la fin du mois de janvier, nous prendrons et nous assumerons des décisions importantes, car les enjeux sont cruciaux», a-t-il déclaré. En évoquant du bout des lèvres seulement l'élection présidentielle à venir, le Président n'a livré aucun indice sur son éventuelle candidature. «Le moment venu, vous ferez votre choix. Mais je dois continuer à agir», a-t-il déclaré. Sa position reste la même et il veut reporter le plus tard possible le moment où il quittera le costume de chef d'Etat pour celui de candidat officiellement déclaré. 

    «Il y a des raisons d'espérer, la France a tenu, elle a résisté». Nicolas Sarkozy ne veut pas pour autant exclure tout espoir. «Il y a des raisons d'espérer, la France a tenu, elle a résisté», a assuré le chef de l'Etat. Pour sortir de la crise, il a notamment plaidé pour la formation des chômeurs, assurant qu'il voulait coûte que coûte préserver l'emploi en France. «Ceux qui ont perdu leur emploi doivent être l'objet de toute notre attention», a-t-il juré. Il a également explicité ses priorités : le financement de la protection sociale et les dérèglements de la finance. Il a par contre exclu, comme avant lui des membres du gouvernement, tout nouveau plan de rigueur. «L'année 2012 sera celle de tous les risques, mais aussi celle de toutes les possibilités».

    Des voeux particulièrement attendus. Ces voeux présidentiels étaient particulièrement attendus, en pleine campagne électorale, alors que Nicolas Sarkozy n'est toujours pas officiellement candidat à sa réélection. L'allocution, d'une durée de 10 minutes, a été enregistrée une petite demi-heure avant sa diffusion à 20 heures pile, sur les principales chaînes de télévision française. Quelques heures auparavant, son principal adversaire, le candidat socialiste François Hollande, s'est exprimé sur une vidéo postée sur son site, ainsi que par un message téléphonique.

    Benoit Hamon (PS) : «Jamais un président n'aura autant maltraité les Français». Le porte-parole du PS s'est montré, sans surprise très sévère envers Nicolas Sarkozy, estimant «que jamais un président de la République ne (les) aura autant maltraités pour protéger une minorité d'entre eux». Selon lui, depuis le début de son mandat, le Président de la République est responsable de la dégradation de la situation économique en France. «Depuis cinq ans que Nicolas Sarkozy nous adresse ses voeux comme président de la République, il y a un million de chômeurs de plus inscrits à Pôle emploi et 75 milliards d'euros de cadeaux fiscaux ont été distribués aux plus riches». «La crise financière est provoquée par des marchés irresponsables (...) Ces marchés ont toujours faim, et pour les rassasier, Nicolas Sarkozy leur a donné votre retraite», a-t-il lancé. Il leur a aussi «donné votre santé», «70 000 postes de professeurs»,«13 000 postes de gendarmes et de policiers», a encore dénoncé Benoit Hamon.

    Jean-Luc Mélenchon (FDG) : «Réciter des poncifs ne fait pas un message». Le candidat du Front de Gauche n'a pas mâché ses mots contre le Président de la République. «Pourquoi ne s'est-il pas contenté de nous dire adieu ?, s'interroge-t-il. Nos meilleurs voeux auraient été exaucés dès le premier jour de l'année. Mais il a bavardé et il nous a dit : à bientôt. Tout reste à faire donc. La réponse à ces voeux sera dans les urnes»

    Pierre Laurent (PCF): «Nicolas Sarkozy continue de masquer sa responsabilité». «Nicolas Sarkozy continue de masquer sa responsabilité dans la crise dont il reconnaît aujourd'hui qu'elle va se poursuivre, explique le secrétaire national du PCF. La vérité, c'est que le chef de l'Etat tente de mettre son échec sur le dos de la crise (...) A l'entendre, ce ne sont ni les agences ni les marchés qui dictent sa politique alors que l'année 2011 a été rythmée par les pressions de ces marchés auxquels Nicolas Sarkozy a cherché à répondre en permanence (...) 2012 doit être l'année ou tout doit être fait pour se débarrasser de Nicolas Sarkozy et de sa politique»

    http://www.leparisien.fr/


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