• Derrière la réforme des retraites, la capitalisation

    Derrière la réforme des retraites, la capitalisation

    http://mediavox.blob.core.windows.net/mediavox-wp/2013/05/130515-edito-retraite.jpgBlocage du dépôt de carburant de Grigny (Essonne) lors de la grève de 2010 contre la réforme des retraites. Crédit photo : Nathanaël Uhl.

     

    16Mai 2013 

     

    On y est. Le Parti socialiste, qui défilait tous drapeaux dehors contre la réforme menée par l’UMP en 2010, se lance dans sa propre révision du système des retraites. Les discussions ont commencé lundi, le MEDEF a donné le ton en revendiquant un recul de l’âge de départ à 65 ans et un nouvel allongement de la durée de cotisation à 43 annuités. Preuve s’il en est de l’échec des réformes de 2003 et de 2010.

     

    Mais au fond, de quoi parlons-nous ? La retraite ce n’est que du salaire différé, tout comme la Sécurité sociale ou l’assurance chômage. Durant notre activité salariée, nous abondons, via les cotisations sociales versées par l’employeur mais surtout par l’employé, un système solidaire de protection collective. Précisons que les actifs cotisent pour les inactifs actuels ; sachant que l’actif d’aujourd’hui est l’inactif de demain. Cela s’appelle la solidarité intergénérationnelle, c’est un élément de base du contrat social républicain.


    La caisse qui collecte les cotisations spécifiques liées au financement de la retraite est en déficit de 20 milliards d’euros environ. Une situation qui a un lien extrêmement direct avec le taux de chômage et les bas salaires. Les cotisations sont acquittées par les actifs qui versent un pourcentage de leur salaire.

    Dans ces conditions, chacun peut mesurer que l’allongement de la durée de cotisation n’aura que peu d’impact sur le niveau de cotisation et, par là, sur le financement des retraites. Ce constat empirique a d’ailleurs amené le gouvernement Fillon à faire une 2e réforme des retraites après celle menée par Raffarin en 2003. Imaginons que ce qui a échoué entre 2003 et 2013 fonctionne, mais ne nous leurrons pas.


    Car il y a une autre donnée ! Ce pourrait être une bonne idée de reculer l’âge de départ à la retraite si, et seulement si, les seniors restent en poste. Hors, la réalité est cruelle. A l’échelle européenne, la France se place en queue du peloton avec un taux d’emploi des 55-64 ans de 39,7 % quand la moyenne de l’Union européenne à 27 est de 46,3 %. En Allemagne, ce taux atteint 57,7 %, il atteint 70,5 % en Suède ! Etonnement ( !), c’est passé la cinquantaine qu’un salarié touche son salaire au niveau le plus élevé… Donc, qu’il cotise le plus aux caisses de retraite y compris complémentaires.

     

    http://www.politique-actu.com/files/9864-bankster-3,bWF4LTQyMHgw.jpg


    Ce court état des lieux permet d’affirmer que les solutions esquissées par le gouvernement actuel, dans la même philosophie que les précédents, n’auront pas plus d’effet que les deux réformes récentes. Mais ce n’est pas leur but. Le vrai objectif reste la libéralisation du « marché » de la protection sociale, en premier lieu celui des retraites. C’est que la France est en « retard » en matière de retraite par capitalisation (c’est-à-dire basée sur des placements en bourse, les fameux fonds de pension).


    Pour contraindre gentiment les Français à recourir à la capitalisation, quoi de mieux que de réduire le montant des pensions et de rendre inaccessible la retraite à taux plein ? Ils choisiront alors d’eux-mêmes de se livrer pieds et poings liés aux fonds de placement.

     

    Nathanaël Uhl

     

    http://www.mediavox.fr/20130516-derriere-la-reforme-des-retraites-la-capitalisation

     

    http://img.over-blog.com/500x340/1/54/51/29/images-r-pertoire-2/retraite.jpghttp://comite-pour-une-nouvelle-resistance.over-blog.com/


     


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