• De quoi ce résultat est-il le NON ?

    Canaille le rouge met en ligne ce texte signé G Hervy. 

    http://www.rue89.com/sites/news/files/styles/asset_img_full/public/assets/image/2012/06/abstention.jpg

    évolution du taux d'abstention depuis 1958

    Élections de mai juin 2012, de quoi ce résultat est-il le NON ?

    Il ne s'agit-il pas ici de jeter anathèmes, leçons et autres procès. Le débat est ici sur la table depuis suffisamment longtemps pour ne pas à avoir à brasser le caillé pour mouler le fromage.

    Pas plus que nous allons briser des lances dans l'optique d'un second tour électoral où l'auteur de ces lignes n'est pas engagé derrière un ou une candita(e).

    Par contre, comment ne pas avoir besoin de plus et mieux réfléchir à ce qui fait l'ancrage et par endroit la progression du parti de la haine ? Où et sur quel terreau étend-il ses racines et surtout pourquoi ?

    Regardons où cette organisation a réussi à s'implanter et dans quelle conditions dans toutes ces zones que droite ou PS successivement aux affaires ont appelé pôle de reconversion industrielle. En fait là où les ancrages des atouts industriels de l'économie de la France ont été et sont toujours sacrifiés pour répondre à la fois à la volonté du capital de reconstruire (du plan Marshall à l'UE en passant par la doctrine Schumann et la CEE) un pivot économique autour d'une Allemagne remodelée à partir de ses atouts préservés par l'OTAN et la CED, la CECA.

    Cette stratégie dans la durée s'est adossée à la grande peur du capital, celui qui disait plutôt Hitler que le Front Populaire, sa bourgeoisie qui va, par centaines de milliers de foyers, anéantir et plonger dans la misère des pans entiers de cette population industrielle dont elle a usée autant qu'elle la redoute.

    Au même moment la force politique qui structurait la résistance politique de ces régions va entrer, en même temps que le capital, dans une crise profonde durable qui va se creuser à mesure que celle du capital produit des dégâts que la résistance populaire, avec un PCF que les choix stratégiques font s'effacer, ne parvient pas à endiguer.

    Le PCF a réfléchi sur son échec stratégique mais qu'au plan électoral, pas au plan structurel de son rôle de classe. Il le paie au prix fort aujourd'hui.

    Cela renvoie à ce qu'il a appelé son "retard". Précisons que l'auteur de ces lignes y a participé et ne se considère pas comme dédouané de responsabilité sur la réflexion même si les choix qu'en a fait le PCF ont conduit ensuite à une rupture avec la part de sa base militante qui reconstruisait un lien politique de terrain autour d'une stratégie autogestionnaire. Nous sommes ainsi des dizaines de milliers sur deux décénies que le PCF à décidé de quitter pour explorer les marais des alliancdes au sommet malgré la douloureuse expérience de 81-84..

    Un recentrage sur les issues institutionnelles verrouillé sur l'horizon électoral unique alors que celui-ci est le fond de commerce historique du réformisme parlementariste.

    L'extrême droite voyant le désert progresser, en usant de sa capacité à user de la démagogie et de la partie réactionnaire du miroir populiste, récupérant l'expression tribunicienne tente de s'incruster dans chaque interstice de la crise, avec un langage qui prend le relais de la mémoire rouge pour y installer ses relais bruns. C'est la stratégie historiquement connue de Mussolini ou celle d'Hitler dans la fin des années 20 du siècle derniers pour partir à la reconquête du pouvoir.

    Brecht l'a montré il est possible de résister à Arturo Ui, a condition d'avoir la lucidité de voir pourquoi, comment et pour qui il gravit la pente.

    Il faut y revenir. Ce terrain se dégage pour les fausses solutions à partir d'une faute stratégique (si la bonne foi des fautifs est reconnue) ou d'un calcul à la Kautsky dans les autres cas de figure : on ne prend pas de retard sur l'histoire on se trompe et perdurer dans l'idée de retard enfonce dans l'erreur au point de ne plus pouvoir remettre à plat les choix et de rester prisonnier de l'ornière.

    Le peuple vit sa vie dans un temps fait de reculs sociaux et de déclins sociétaux. Il peut un temps escompter que le repère se ressaisisse, s'il voit qu'il persiste dans une mauvaise voie, il va tenter de s'en retrouver d'autres ou se désintéresser du collectif pour chercher à s'en tirer par tout autre moyen...si possible.

    Le 10 juin après le 1er tour de la présidentielle confirme.

    Cela demande de sereinement se poser la question de savoir pourquoi après avoir voté à 80% pour garder ou chasser le VRP direct des oligarques et monopoles, une fois son remplaçant en place, la mobilisation ne se fait qu'à moins de 60% (les 20% du premier tour de la présidentielle augmenté des plus de 20% nouveau le 10 juin ?).

    Quand l'Huma au soir du scrutin titre : " Législatives : près de 43 % d'abstention, un triste record", il en reste à un constat banal pour quelque soit le parti politique républicain il est possible de faire. La question n'est-elle pas d'interpeler immédiatement "pourquoi ce taux si élevé ? Où se construit--il et ? Et surtout pourquoi ?

    http://www.franceinter.fr/sites/default/files/imagecache/scald_image_max_size/2012/06/07/381345/images/2012-06-07T173501Z_1_APAE8561CUG00_RTROPTP_3_OFRTP-FRANCE-LGISLATIVES-SONDAGE-20120607.JPG

    Les gens en ont marre. Ils voient comment les politiques suivies ici comme dans le reste des pays de l'UE produisent une table de domino où ce sont les garanties sociales et les conditions de vie des peuples qui s'effondrent en cascades à partir d'une volonté communément appelée "des marchés" que nous identifions comme "le Capital".

    Or, que leur est-il proposé ? Ceux qui occupaient le terrain anticapitaliste annoncent dès le début de la campagne qu'il ne s'opposeront-pas à ceux qui s'engagent à respecter la parole donnée par les précédents. Si le FDG se met au coté de ceux qui maintiennent un cap condamné pourquoi les soutenir ? Cela explique pour partie la performance de Mélenchon. La forme ne suffit pas pour entrainer il faut du fond et le programme du FdG en fait cruellement défaut.

    Dès lors, P.Jarreau du "Monde" ne se trompe pas beaucoup quand il écrit : " Le vote réaliste pour donner au président élu le 6 mai les moyens d'appliquer son programme s'est accompagné, dans le camp adverse, d'un ralliement également réaliste au parti qui fait profession de s'y opposer sur toute la ligne. Les nuances du centre bayrouiste et les préoccupations sociales dont le Front national fait désormais étalage ont paru hors de saison à une partie de leurs électeurs d'avril."

    Ce brouillard du FdG permet au PS de continuer son implantation sur les terres de résistance à la droite au détriment d'un PCF qui a perdu sa lisibilité historique après avoir abandonné toute expression singulière et motivante de suppression du système pour attirer les plus exploités. Pour s'opposer à la droite le soutien au PS parait plus productif et les digues protectrices de ce qui reste du "communisme municipal" sont vite submergées.

    D'un autre côté cela pousse les plus poreux aux idées de droite (ou les plus dans la désespérance) à s'y jeter et interdit à ceux qui les rejettent mais refusent de cautionner la dérive d'aller voter pour pérenniser les conditions de la crise.

    L'extrême droite qui n'en attendait pas temps s'engouffre partout où elle le peut dans la brèche et, tout en devant rester vague, tient un discours anti élite qui associe tout l'échiquier politique au malheur des populations sinistrées.

    C'est toute la question de la souveraineté populaire à faire ré émerger et assumer contre le nationalisme chauvin, toute la question de l'UE à dénoncer et à quitter. Habilement, sans s'engager frontalement l'extrême droite fait croire qu'elle porte ces choix et sont ses axes alors que le fond de son programme ses choix quand elle peut les exprimer montrent le contraire.

    Comme n'apparait que l'alternance qui n'est qu'une des roues (même plus de secours) du système, et qu'aucune alternative crédible à une sortie de ce système ne se présente, après avoir fait acte de rejet, les électeurs qui refusent de se laisser duper par les futurs alliés de l'UMP recomposée sur sa droite se sentent de moins en moins concernés par la mise en place du dispositif d'accompagnement de la crise et ne se déplacent pas ou vont voter blanc.

    Et si alors était enfin posée la question de l'antagonisme "alternative-alternance" ?

    Le vide qui s'affiche montre à la fois le danger mais aussi l'urgence de disposer d'une force qui propose une réelle alternative au capital dans ses objectifs, ses moyens et formes de représentation, les modes de son élaboration.

    C'est en cela que le neuf essaie de frapper à la porte. Le repli de ceux prétendaient être les gardiens des clefs créée une opportunité. A charge pour ceux qui persistent à vouloir supprimer le rapport social d'exploitation qu'est ce système de s'y atteler et de rechercher dans les entreprises là où se crées la richesse que le capital confisque les femmes et les hommes qui vont entamer ce travail de vraie subversion. A charge aussi à ceux qui n'y sont pas ou plus mais qui partagent l'objectif d'y participer.

    C'est comme cela que la peste brune sera refoulée, en éliminant les causes de sa capacité à essaimer.

    Guy Hervy 11 06 2012

    Par canaille le rouge


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