• Dans la rue, des travailleurs indignés par un projet de loi

    Dans la rue, des travailleurs indignés par un projet de loi

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    À l’appel des syndicats CGT, FO, FSU et Solidaires, plusieurs centaines de manifestants se sont retrouvés pour dénoncer le projet de loi dit de « sécurisation de l’emploi ».

     

    Que ce soit à Mâcon, Chalon, Le Creusot ou Montceau, le seul mot d’ordre était hier de dénoncer une « loi scélérate » qui « affaiblit encore les droits des travailleurs ».

    À Mâcon, parmi les 300 manifestants recensés place des Cordeliers, on notait la présence de nombreux salariés des sociétés en difficulté comme Oxxo, Schneider Electric et Vlaemynck.

    À Montceau, les 200 opposants à l’accord interprofessionnel initié par le gouvernement Hollande et le Medef ont fait halte devant le futur local du député Sirugue (PS) dont le soutien à la majorité gouvernementale s’apparente à une trahison.

    Au Creusot, où le cortège d’une centaine de personnes enregistrait la présence de nombreux Autunois, l’ambiance bon enfant ne masquait pas l’inquiétude de celles et ceux venus dénoncer la « sécurisation de l’emploi ».

    Enfin à Chalon, plus de 300 manifestants se sont retrouvés devant le siège du Medef. Là aussi, la colère et l’indignation étaient de circonstance, en particulier du côté des salariés de val d’aucy à Ciel dont la fermeture de l’unité de production est annoncée pour mai. On notait également une forte délégation du personnel pénitentiaire ainsi que plusieurs employés de supermarchés ouverts le dimanche.

    http://www.lejsl.com/saone-et-loire

    Manifestation Une bonne centaine de personnes a défilé ce mardi après-midi au Creusot

    Une centaine de personnes issues majoritairement de FO et CGT ont battu le pavé hier au Creusot

    Une centaine de personnes issues majoritairement de FO et CGT ont battu le pavé hier au Creusot

     

    Pour la seconde fois en un peu plus d’un mois FO et CGT ont manifesté leur volonté de voir le projet de loi de sécurisation de l’emploi abandonné.

    L’esplanade François-Mitterrand au Creusot a été une nouvelle fois le point de ralliement des représentants de Force ouvrière et la CGT des unions locales du Creusot et d’Autun. Un rassemblement qui fait suite à celui du 5 mars dernier où ils étaient près de 200 à scander leur désaccord suite à la signature de l’accord national inter-professionnel. Moitié moins nombreux, leur détermination n’en était pas moindre. À coup de « Ne touchez pas aux droits des salariés », ou « Ne touchez pas au code du travail », leurs voix ont résonné jusqu’à la place Schneider avant de rejoindre le parvis de la mairie. Si le cortège était majoritairement composé de représentants syndicaux, quelques salariés et représentants du parti communiste avaient fait le déplacement. Une seconde action qui semble en appeler d’autres puisque les têtes de files du mouvement ont appelé chacun à se tenir prêt pour une prochaine rencontre. La fête du travail le 1er mai sera certainement l’occasion pour les manifestants de redire combien cette loi leur semble privilégier les employeurs au détriment des salariés.
     LE CREUSOT : Environ 150 personnes ont défilé contre l'accord national interprofessionnel
    Le Mardi 09 avril 2013 @ 18:00:35

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    Ils sont montés jusqu'à la place Schneider avant de redescendre devant la mairie pour rappeler le sens de la mobilisation.

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    En milieu d'après-midi sur l'esplanade François Mitterrand, on a d'abord compté une petite centaine de personnes. Mais au départ du cortège, c'est en fin de compte un petit peu plus de 150 personnes qui se sont mobilisées, pour montrer leur opposition à une « fausse sécurisation de l'emploi ».

    Cela dit peu nombreux, une cinquantaine de moins que le 5 mars dernier, ils ont tout de même tenu symboliquement à défiler. D'abord en faisant bien un petit détour pour passer devant la permanence du député Philippe Baumel, avant de monter sur la place Schneider par la rue Leclerc et de faire chemin inverse, en bifurquant pour terminer par le boulevard Henri-Paul Schneider pour aller se retrouver sur le parvis de l'hôtel-de-ville.
    La pluie s'étant invitée à la manifestation, c'est à l'entrée de la mairie que Magali Nectoux et Murat Berberoglu, représentant respectivement la CGT et FO mais unis dans la mobilisation, ont fait entendre au micro les inquiétudes des deux organisations syndicales et de leurs membres. Tout en dénonçant l'attitude et les actes de certains élus et de certaines parties. Et en laissant entendre que d'autres actions seront à venir... Le discours est à lire en intégralité ci-dessous.
    Le discours
    Chers amis, chers camarades,
    Le 5 mars dernier, nous étions 2 300 manifestants en Saône-et-Loire et plus de 200 000 en France pour interpeler publiquement les députés ! Ils ont été interpelés sur les dangers de l'accord du 11 janvier dernier. Ils ont été interpelés pour ne pas retranscrire cet accord scélérat dans une loi qui va affaiblir les droits des salariés ! Le président voulait empêcher les licenciements boursiers… Au final, il affaiblit encore la défense et les droits de travailleurs !
    Suite au 5 mars, nos 5 députés de Saône-et-Loire ont été rencontrés individuellement. Pourquoi les syndicats rencontrent les députés, parce que c'est tout simplement celles et ceux qui font, et qui votent les lois ! Des lois qui ont des conséquences sur les intérêts des salariés ! Donc ça nous regarde !
    Sur les 5 députés de Saône-et-Loire, seule Mme Gueugneau, députée de Bourbon Lancy, a reconnu que cet accord ne pouvait pas être retranscrit en l’état. Elle nous a félicités par rapport au dossier qui lui a été présenté, Il est très bien fait et bien argumenté. Elle est consciente que ce n’est pas une « sécurisation de l’emploi ». Néanmoins, ne sachant pas quelle loi allait être proposée aux députés, elle ne s'est pas prononcée sur son vote, tout en ajoutant qu’un certain nombre de députés de la majorité ne sont pas forcement d’accord avec les propos du Gouvernement.
    Les 4 autres députés socialistes, Mme Untermaier, Mrs Sirugue, Thévenoud et Baumel ont essayé de nous amadouer, avant de nous dire qu'ils voteraient « pour » en soutien à la majorité gouvernementale... Ils voyaient bien ici où là certaines choses à améliorer et ils feraient des amendements... Mme Untermaier a même reconnu qu'elle avait fait des amendements, qu'ils n'avaient pas été retenus, mais qu'elle voterait le texte quand même !
    Voilà concrètement comment agissent les députés d'une majorité présidentielle qui avait annoncé le changement... Ils continuent la même politique que le Gouvernement précédent ! En se cachant derrière leur soutien au Gouvernement !
    Nous l'avions déjà dit le 5 mars, nous le répétons aujourd'hui : « Les députés seront responsables des dégâts causés par l'ANI sur les salariés ». Et s'ils veulent le faire oublier plus tard, nous le leur rappellerons toujours, aussi bien à eux qu'à leurs électeurs !!! La majorité actuelle a toutes les cartes en main, elle a tous les pouvoirs. Elle a la majorité chez les députés et la majorité chez les sénateurs. Elle n'a donc aucune excuse pour ne pas changer les choses dans l'intérêt des plus faibles, c'est-à-dire dans l'intérêt des salariés et leurs familles !!! Mais si elle en a le pouvoir, on constate qu'elle n'en a pas le courage !
    C'est pourquoi, les quatre organisations syndicales, CGT, FO, Solidaires et FSU vous ont sollicité à nouveau pour faire grève et manifester encore aujourd'hui, sur 156 rassemblements partout en France. Chers amis, chers camarades, nous devons agir et ne plus compter sur ceux qui s’étaient engagés à défendre les intérêts des salariés et de leurs familles. Si on veut que le monde change, il nous faudra nous en occuper nous-mêmes !
    On ne va pas redétailler les dangers de l'ANI ! L'ANI donne plus de pouvoir aux entreprises, donc aux employeurs pour baisser les salaires, pour augmenter la durée du travail, pour précariser encore plus le travail, les salaires et faire en sorte que les salariés travaillent mais ne puissent pas vivre de leur travail ! L'ANI prive les salariés de leur droit à demander justice et réparation auprès de leurs employeurs en limitant à 2 ans au lieu de 5 la durée d'indemnisation.
    Voilà ce qu'est l'ANI, voilà comment le patronat, le Gouvernement, comment les syndicats signataires, CFDT, CFTC, CGC, comment les syndicats soutenant l'ANI, comme l'UNSA, voient l'avenir des salariés... Mais nous ne pouvons pas croire que tous les adhérents de ces syndicats et tous les salariés soutiennent ce choix de société !
    Le travail n'est pas un coût ! Contrairement à ce que l'on veut nous faire croire, sans travail humain il n'y a pas de richesses créées ! Le problème actuel n'est pas un manque d'argent, mais une mauvaise répartition des richesses créées par les travailleurs ! C'est le capital qui coûte cher ! C'est la part reversée aux actionnaires et aux banques à travers les intérêts d'emprunts ! La part reversée aux actionnaires est plus importante que les investissements productifs. Cela veut dire qu'il y a plus d'argent reversé aux actionnaires que d'argent investi dans les outils de production !
    Les Gouvernements successifs pillent les richesses publiques pour les donner à la finance ! À l'exemple des autoroutes, financées par l'argent public et les frais de péage, qui ont été revendues au moment où elles devenaient rentables ! Au moment où elles allaient rapporter dans les caisses de l'Etat ! Les services publics sont cassés, les emplois publics sont fortement diminués, et au final qui paie ?
    Mais derrière le mot fonctionnaire, il y a des femmes et des hommes, des gens qui effectuent un travail et une mission ! Quelques exemples concrets et d'actualité :

    - Les agents de la répression des fraudes n'ont plus les moyens humains nécessaires pour assurer leur mission... Après, on mange du cheval au prix du bœuf, ou des excréments dans les tartes au chocolat !
    - Les agents des finances publiques qui n'ont plus les moyens nécessaires à leur mission... Après, on retrouve des comptes en suisse... à Singapour... dans les iles Caïman...
    - Les enseignants qui ont deux fois plus d'élèves par classe qu'auparavant et deviennent polyvalents, multi-matières... Après, on feint de s’étonner de l'illettrisme, de l'échec scolaire...
    - Les services de l'équipement qui n'ont plus les moyens humains ni matériels pour effectuer leur mission de construction de nouvelles routes, d'entretien des routes, de déneigement... Après, on est bloqués avec 5 cm de neige parce que les saleuses sont dans les bouchons au lieu d'être passées avant...
    - La santé qui n'a plus les moyens humains ni financiers pour nous soigner... Les médecins en nombre insuffisants, les hôpitaux qui ferment les uns après les autres... Après, on retrouve des personnes qui ne se soignent plus ou négligent certains soins... Ou alors, des patients dans les couloirs...
    Quels rapports avec l'ANI vous direz-nous ? Et bien tout simplement parce que l'ANI est la suite de la casse des acquis sociaux des salariés ! Depuis des décennies, les employeurs ont, avec le soutien des gouvernements successifs, transféré leur part de financement sur l'Etat. Et ils ne s'arrêteront pas car ils veulent toujours plus !!!
    Mais ce qui est important à comprendre, c'est que quand les employeurs parlent de charges sociales, ce sont des cotisations sociales ! Et ces cotisations sociales sont du salaire socialisé ! C'est précisément du salaire que ne touchent pas « immédiatement » les salariés, car il finance la protection sociale, la maladie, la sécu, la famille, les allocs et les retraites !!! Donc de l'argent qui bénéficie aux salariés de manière mutualisée, collective et solidaire.
    Les retraites, qui représentent justement le dossier chaud que le Gouvernement va prochainement mettre sur la table. Mais comment espérer une retraite lorsque l'on travaille avec des petits boulots, des bas salaires, des périodes de chômage... Nous faisons le lien entre l'ANI et les retraites parce que, justement, en réduisant les recettes dans les caisses et en réduisant les carrières professionnelles, c'est le droit à la retraite qui est aussi remis en cause ! Et pendant ce temps là, les entreprises bénéficient d'exonérations de cotisations sociales et c'est l'Etat qui finance en partie seulement !
    D'un côté la part prise en charge par l'Etat, ce sont les salariés qui la paient à travers leurs impôts, et la part non compensée est un manque à gagner pour la protection sociale. Et pendant que l'Etat met ces sommes astronomiques au service de la finance, l'Etat n'a plus d'argent pour financer les services publics de qualité à la population !

    Les impôts augmentent, les services publics se dégradent... tout simplement parce que l'argent public va par milliards dans les poches des actionnaires par des transferts habilement camouflés. Voilà, la boucle est bouclée ! Les entreprises augmentent leurs profits, les reversent aux actionnaires et mettent en avant le coût du travail en exigeant encore plus d'efforts aux salariés !
    Chers amis, chers camarades, nous devons réagir avant qu'il ne soit trop tard et aller discuter très largement avec nos collègues de travail, nos voisins, nos amis, nos proches pour leur expliquer les dangers qui nous attendent si nous laissons faire sans nous bouger, sans réagir.
    Les difficultés que vivent les salariés ne sont pas un empilage de problèmes, tout est lié avec les choix politiques fait depuis des décennies. Et nous devons agir aux côtés des salariés du monde qui sont en lutte dans de très nombreux pays... Et pour beaucoup, ils sont dans des luttes bien plus dures que nous.
    Il y a tromperie sur la marchandise ! Nous ne voulons pas de ce nouveau modèle économique et social. D'ailleurs, de plus en plus de voix s'élèvent pour critiquer ou combattre cet accord et empêcher qu'il ne soit retranscrit dans la loi.
    On nous accusera de faire de la politique... et bien tant pis ! Nous, nous défendons les droits et les intérêts des salariés ! Donc quand les politiques touchent aux intérêts des salariés nous sommes là et seront toujours là !!! L'ANI qui touche à l'emploi, aux salaires, doit nous mobiliser toutes et tous ! Les retraites touchent aux conditions de vie des salariés en fin d'activité, nous devons encore répondre présents et nous serons là ! La persévérance est primordiale, nous serons toujours là pour défendre les salariés et leurs intérêts !
    Chers amis, chers camarades, nous vous disons à bientôt... Nous vous ferons savoir très rapidement la prochaine action...  Nous ne savons pas encore quand aura lieu la prochaine action, mais ce qui est sûr, c'est la date du 1er mai ! Le 1er mai n'est pas un jour férié ! Le 1er mai est une journée de lutte mondiale, une journée revendicative où les salariés du monde descendent revendiquer dans la rue.
    Nous vous invitons d'ores et déjà à participer aux initiatives des syndicats qui refusent  la transposition dans la loi de cet accord scélérat.

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