• D'où vient la dette publique ?

    Le constat :

    En France, la dette  augmente depuis plus de trente ans. C'est à partir de la fin des années 1970  et  du  début  des années 1980,  avec le  recours  de   plus en  plus systématique  aux marchés financiers que le dette publique française (1)   s'envole.
    De 14% du PIB en 1974, elle passe à  21,2%  en 1978, 36% en 1983, pour bondir à 60% en 1998. Les années 2000, après une courte période de latence due à une nette reprise de la croissance dans les pays développés, donnent lieu à un véritable emballement:  63,3% du PIB en 2003, 79% en 2009, puis 82,3% en 2010, soit 1591,2 milliards d'euros.
    La seule dette de l'État, qui était de 44 milliards d'euros en 1978,   a été multipliée par 25  depuis, pour atteindre 1101 milliards d'euros fin 2009. Avec  50 milliards d'euro, la charge d'intérêts de la dette est devenue le troisième poste de dépense du budget.

    Tous les pays avancés ont connu un tel phénomène.
    Depuis 1981, date d'envolée du dollar et des marchés financiers aux États-Unis, la limite d'endettement public décidée par le  Congrès y a été relevée cinq fois: de 8 000 milliards sous   Reagan,   portée à plus de 10 000 milliards avec   Bush père, puis prés de 13 000 milliards sous Clinton , pour atteindre 14 294 milliards de dollars avec Bush junior... Obama vient, avec difficultés, d'obtenir son relèvement de 2100 milliards de dollars. En 2011 pour la première fois, la dette publique des États-Unis a dépassé le seuil de 100% du PIB.
    Au Japon, depuis un   point bas de 63,2% en 1992, la dette publique a progressé jusqu'à 197,2% du PIB en 2010.
    Les pays de la zone euro n'ont pas échappé à cette tendance: Alors que, rapportée au PIB, la dette publique agrégée de la zone enregistrait une moyenne de 67% du PIB de 2000 à 2008, elle passe brusquement à 78,8% en 2009.

    Pourquoi cette explosion de la dette publique ?

    1) Le choix de recourir aux marchés financier : L'origine de cette explosion de la dette publique est liée à l'obligation faite à l'État de se tourner vers le privé pour ses besoins de financement.  
    Auparavant   l'État   pouvait   emprunter   directement   et   sans   intérêts   auprès   de   la   Banque Centrale.   Cette   possibilité,   perçue   comme   un   manque   à   gagner  par  les   banques,   a   été interdite   au   profit   de   l’endettement   sur   les   seuls   marchés   financiers.   Conséquence,   les marchés   financiers  où   les   prêteurs   sont   les   grandes   banques   privées,   les   sociétés d’assurance et fonds divers,  se sont « gavés » grâce à la dette publique. Pour Michaël Chetrit,   économiste,  « la   somme   actualisée   des   intérêts   de   dettes   payées   aux   marchés  depuis 1974 représentent pour la France près de  1200 milliards d’euros » (2) , à comparer avec les 1591,2 milliards d'euros de la dette publique fin 2010!

    2) La réduction des prélèvements obligatoires. Au cœur des facteurs qui participent à

    1: La dette publique c'est: la dette de l’État + celles des collectivités locales+ la sécurité sociale.

    2: Libération du 22 juillet.l'augmentation de la dette publique,  il y a d'une part la progression régulière et importante de  la part des richesses produites dans les entreprises captée par les prélèvements financiers (intérêts   et   dividendes..).   D'autre   part   les   efforts   répétitifs   des   gouvernements   pour   faire reculer la part des richesses allant aux prélèvements obligatoires: impôts, cotisations, et ce, au nom de la compétitivité. 
    Ainsi, pour laisser le capital financier prélever une part   de plus en plus importante sur la richesse nationale, les politiques gouvernementales ont systématiquement cherché à faire reculer la part des richesses produites qui sert au financement des services publics et de la protection sociale.

    3)  Le  coût  de  la  crise:  Les   dettes   publiques   augmentent   brutalement   en   2008-2009.
    L’endettement   privé   (banques,   ménages,   entreprises)  accumulé   depuis   des   années,   en contrepartie d'opérations de spéculations boursières et immobilières, est devenu gigantesque.
    Les crises américaines, irlandaises, espagnoles, sont d’abord des crises de dettes privées. Le sauvetage   des   banques,     les   auront   transformées   en   dettes   publiques.  « Privatiser   les profits et socialiser les dettes »  telle est la politique mise en œuvre par   les politiques libérales.
    Aux États-Unis, prés de 800 milliards d'euros sur deux ans ont été injectés, dont 40% en réductions   d'impôts.   Dans   la   zone   euro,   l'ensemble   des   plans   adoptés   ont   injectés   200 milliards d'euros.

    L'impasse

    Après l’injection de ces centaines de milliards d’euros sans le moindre engagement sur leur utilisation,  la   Banque   Centrale   Européenne   (BCE)   crée   des  centaines   de   milliards   de liquidités   pour   refinancer     les   marchés     financiers   sans   contreparties  utiles   au développement social, là non plus sur l’utilisation de ces fonds.(3)  
    Cela a permis de sortir de la récession, mais avec une croissance très insuffisante, très peu d'emplois et le maintien, par le chômage, d'une lourde pression sur les salaires. Par contre, les profits financiers et la spéculation sont repartis à la hausse.

    En France, après une récession au cours de la quelle le PIB recula de 2,2% en 2009, (année  où la bourse de Paris enregistra, elle, une augmentation de 22,32%!) la croissance réelle a atteint péniblement 1,2% en 2010 . Après une croissance nulle au deuxième trimestre, l'année 2011 s'annonce fort médiocre.
    Cette insuffisance de la croissance réelle accentue l'insuffisance des recettes publiques, et pour "remédier" à l'accroissement du déficit public, le gouvernement engage une politique d'austérité.   Nous   entrons   alors   dans   le   cycle   vicieux   austérité-récession.   

    1: La dette publique c'est: la dette de l’État + celles des collectivités locales+ la sécurité sociale.
    2:Libération du 22 juillet.
    3: Dernier exemple en date le rachat par la BCE pour 22 milliards d'euros d'obligations publiques auprès des ….marchés financiers!


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