• Comité d’accueil musclé pour Nicolas Sarkozy

    Haute-Loire.Comité d’accueil musclé pour Nicolas Sarkozy

     

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    Les principaux syndicats et partis de gauche du département sont mobilisés et « remontés à bloc » pour la venue du chef de l’État, demain matin au Puy-en-Velay 

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    Ils l’attendent de pied ferme. Ils, ce sont les représentants d’une large intersyndicale (CGT, CFE-CGC, U, Solidaires et UNSA). Ils, ce sont encore les porte-parole des principaux partis de gauche de la Haute-Loire : NPA, PCF, FASE, GU, PG, Attac, EE Les Verts et le PS.

    Demain matin, Nicolas Sarkozy va donc découvrir les principaux joyaux du Puy-en-Velay : sa cathédrale, son cloître, son Hôtel-Dieu… Le tout sous une bise glaciale : celle du mécontentement et de la colère.

    Les opposants au président de la République appellent à la grève dans les entreprises et administrations du département, et à un rassemblement massif, à partir de 11 heures depuis la place Carnot, afin de réserver au chef de l’État un « accueil syndical » qui pourrait être musclé.

    Combien seront-ils à battre le pavé ? Difficile de savoir pour l’heure, et surtout si les manifestants pourront se faire entendre, vu l’imposant système de sécurité qui va paralyser une partie de la ville.

    Pour autant, dans un communiqué adressé à notre rédaction, les diverses formations politiques de gauche se veulent optimistes, s’appuyant sur un passé récent et un automne de contestation : « Nous avions été des dizaines de milliers à manifester en Haute-Loire contre la réforme des retraites et la casse des services publics. Nous avions également été très nombreux à contester la politique discriminatoire des ministres à l’égard des étrangers, et à protester contre l’envoi d’un enfant en centre de rétention (le petit Vazgen, à Langeac, en début d’année, NDLR), conséquence de la traque des sans papiers. » Conclusion : « Le président de la République n’est pas le bienvenu ici. » À bon entendeur…

    Après le « Sarko bling-bling », demain en terre mariale, c’est le « Sarko destructor » qui sera la cible des manifestants. L’intersyndicale dénonce une politique ayant conduit « à la destruction de 2 000 emplois industriels en Haute-Loire en quatre ans », et à celle des retraites « alors que les jeunes n’ont déjà pas de boulot ! » Et la liste des « dégâts électoraux » imputés à Nicolas Sarkozy s’allonge : services publics, santé, Sécurité sociale, pouvoir d’achat…

    D’où une seule certitude : ce n’est pas un silence de cathédrale qui devrait s’élever depuis le cortège demain matin dans les rues du Puy-en-Velay.

    Florence Burnichon

    Sarkozy invente la "laïcité double face"

     

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    Au Puy-en-Velay (Haute-Loire), un mois avant la très controversée convention UMP du 5 avril sur la laïcité et la place de l’islam, Nicolas Sarkozy est venu saluer "l’héritage patrimonial de la France". Il a estimé que la "chrétienté a laissé" à la France un "magnifique héritage de civilisation". Le chef de l'État met les pieds dans un débat critiqué à gauche mais aussi dans la majorité.

    Le président de la République a effectué un déplacement dans ce haut lieu du catholicisme français, officiellement pour évoquer "l'héritage patrimonial de la France".

    Mais la visite de la cathédrale romane de la cité ponote, l'un des quatre points de départ des pèlerins de Saint-Jacques-de-Compostelle, son cloître et son baptistère du Ve siècle - donc, comme l'a fait remarquer le président, de l'époque de Clovis, premier roi de France baptisé -, lui a donné l'occasion d'insister sur "l'héritage chrétien" de la France. "Cet héritage nous oblige, car non seulement nous devons le transmettre aux générations qui nous succèderont mais nous devons l'assumer sans complexe ni fausse pudeur", a lancé M. Sarkozy, lors d'un discours au Conseil général.

    Comme il l'avait fait en janvier 2007, au lendemain de son investiture de candidat à la présidentielle, au Mont-Saint-Michel, qualifié par lui de "lieu symbolique de l'identité de la France", comme il l'a également fait à la Chapelle-en-Vercors, en novembre 2009, quand il avait évoqué le "nécessaire débat sur l'identité nationale", M. Sarkozy a beaucoup parlé d'"identité" de la France.  "Il faut qu'il y ait le respect de l'identité", a-t-il affirmé, au moment même où l'UMP se lance dans un débat controversé à gauche - mais aussi par certains à droite - sur la laïcité et la place de l'islam en France, avec une première réunion publique sur ce sujet vendredi à Troyes et une convention le 5 avril.

    A ses yeux, "protéger notre patrimoine, c'est protéger l'héritage de la France, c'est défendre les signes les plus tangibles de notre identité"…"Je rappelle souvent Lévi-Strauss" qui disait "l'identité n'est pas une pathologie" et "à tous ceux qui défendent, à juste titre, la diversité, je voudrais dire que sans identité, il n'y a pas de diversité". "A l'origine de la diversité, il y a les identités, et ce n'est pas faire preuve de fermeture que de croire en son identité pour mieux la faire partager avec les identités des autres, a-t-il insisté.

    Il a tenu à faire de nouveau valoir les "racines juives" de la France, et a également confié qu'il avait été "impressionné et ému" par les inscriptions en langue soufique - la langue des premiers corans, selon Martin de Framont, conservateur du patrimoine de Haute-Loire - sur d'antiques portes de cèdre de la cathédrale. "La chrétienté nous a laissé un magnifique héritage de civilisation -- président de la République laïque, je peux dire cela -- et le premier devoir est de conserver et restaurer"  en promettant  "cet héritage une mission à laquelle l'Etat ne peut et ne doit se dérober".

    A ce propos, accompagné de Frédéric Mitterrand, ministre de la Culture, Nicolas Sarkozy a rappelé ses projets en la matière: création d'une maison de l'Histoire de France, nouveau centre des archives à Pierrefitte-sur-Seine, exposition au Grand palais à Paris à partir de février 2012 des plans-reliefs de Vauban...

    A l'appel de syndicats, 250 à 300 personnes ont manifesté le matin au Puy-en-Velay, pour dénoncer, dans le calme hormis une brève échauffourée, "la politique de régression sociale du gouvernement".

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