• Assurance tout fric

    Assurance tout fric

    Editorial Par Jean-Paul Piérot 

     Le marché de dupes ne trompera personne. Après avoir, pendant trois ans, défendu bec et ongles le bouclier fiscal, François Fillon annonce la substitution de ce filet de protection des plus riches par la sortie de  300 000 contribuables des affres de l’impôt de solidarité sur la fortune. La manœuvre est grossière, mais la portée politique de ce projet est claire : l’ISF, déjà bien affaibli au fil des réformes qui ont été menées contre celui-ci, conserve néanmoins une valeur symbolique que n’a jamais supportée la droite sarkozyste : une recherche d’équité – modeste – dans la redistribution sociale des richesses créées… par les salariés. Cette ébauche de démarche solidaire au sein de la société est jugée comme une entorse intolérable au dogme du chacun-pour-soi, de l’enrichissement qui, comme la concurrence, ne peut être que libre et non faussé. Nicolas Sarkozy bétonne son camp dans la perspective de l’élection présidentielle de 2012. Il est bien « le président des riches », auxquels il tient à peu près le même discours que Guizot pendant la monarchie de Juillet : « Enrichissez-vous. » L’ancien ministre du Budget, Éric Woerth, mis en réserve de la Sarkozye pour avoir manqué de discrétion quand il jouait le rôle de conseiller fiscal de Mme Bettencourt, se voit ainsi réhabilité. Pauvres riches ! Propriétaires d’immeubles des beaux quartiers de Paris ou de Neuilly, vous avez été victimes de la flambée de la pierre, qui a augmenté la valeur de vos biens. Cela vaut réparation et mérite que l’on rehausse le seuil à partir duquel vous paierez l’impôt, de 790 000 euros à 1,3 million ! Voilà ce que c’est que de disposer d’un gouvernement au service de sa caste. Il n’est pas besoin de clamer, comme Proudhon en son temps, que la propriété c’est du vol, pour reconnaître qu’un foyer qui possède un patrimoine de 800 000 euros peut bien payer 4 000 euros d’imposition et dans la plupart des cas beaucoup moins, en raison des nombreuses réductions prévues par la loi. L’injustice de cette nouvelle contre-réforme fiscale confine à la provocation. En pleine crise, alors que pour les familles modestes tout augmente (énergie, alimentation, forfait hospitalier…) sauf les salaires, l’État se prive de ressources pour mieux cajoler la partie la plus opulente des ménages. De telles largesses sont autant de marques de mépris à l’égard des 25 % de salariés précarisés qui gagnent moins de 750 euros par mois. Le projet du gouvernement survient au moment où les dirigeants européens se préparent à une offensive antisociale d’une rare violence, au nom de la mise en convergence des économies de la zone euro. Pression sur les salaires, réduction des dépenses publiques, aggravation des conditions de retraite, précarisation généralisée, mise sous tutelle des budgets nationaux… la saignée imposée au peuple grec par l’UE et le FMI l’année dernière était bien une répétition d’une mise au pas de toute l’Europe aux normes d’un libéralisme sans complexe. C’est cette même logique qui inspire également les décisions du gouvernement français, qui veut « harmoniser » sa politique avec l’Allemagne pour le grand bénéfice des sociétés privées et des foyers les plus fortunés. Les plus pauvres et les couches moyennes paieront la différence. Les cadeaux fiscaux aux plus riches s’accompagnent d’une charge antisociale 
en France 
et en Europe. Jean-Paul Piérot

     

    poste rouspétante

     Portail de l'action des Elus et de la vie citoyenneLe bruit court de la mauvaise humeur d'un candidat aux cantonales à l'endroit de la Poste dont il aurait à se plaindre concernnant la distribution de sa propagande électorale sans étiquette...

     Rigolo ! ou plutôt pitoyable réaction d'un fervent défenseur de la politique de libéralisation du système postal qui à mis en friche le service postal et en grande difficulté les personnels qui en sont les premières victimes.

    N'aurait-il pas entendu le président Sarkozy répondre récemment à un maire qui se plaignait du service postal qu'il n'avait qu'à porter son courrier lui-même ?

    article publié sur   "Les mots ont un sens" en février dernier

     "Écoutez, faites les deux kilomètres !"

     L'essence est trop chère ? "Roulez donc à vélo" distillait Christine Lagarde en 2007. La Poste ne fait plus son boulot ? "Distribuez donc le courrier vous-même", recommandait en substance, la semaine dernière, Nicolas Sarkozy.

     

     

    La bourse ou la vie ?

     

    Portail de l'action des Elus et de la vie citoyenne

    Chaque jour vous n'échappez pas plus aux cours de la bourse qu'au bulletin météo. Jadis, à la fin du siècle dernier, il y a une vingtaine d'années, le Palais Brongniart avec sa compagnie des agents de change avait un petit air public, institution nationale... Depuis les choses ont bien changé. La bourse est devenue réseau de systèmes informatiques, une entreprise privée engagée dans la course au gigantisme. Et là, curieusement la situation de monopole de cette société privée ne dérange personne. Ce n'est pas comme la Poste, EDF, les télécom, GDF ou la SNCF, direz-vous, dont les monopoles ont été tant décriés comme autant d'entraves au "modernisme" qui fait passer de l'usager au client. La société des bourses françaises donc, monopole privé des transactions financières s'est acoquinée avec celle de Bruxelles et d'Amsterdam pour devenir une société de droit hollandais ! Puis elle absorbe celle de Lisbonne et une partie du marché de Londres... Avalée par la bourse de New York pour échapper à l'appétit de la bourse allemande en 2007, l'ex bourse de Paris, micro particule de la galaxie NYSE-Euronext va fusionner avec la bourse allemande pendant que celle de Londres fusionne avec celle de Toronto... En marge de ces monstres des marchés parallèles, véritables bourses occultes manipulent des fortunes considérables (dettes d'états, actions de sociétés, produits financiers dérivés...) dans la plus grande discrétion, à l'abri des regards indiscrets Ces montages financiers monstrueux sont pourtant les acteurs majeurs des misères du monde. C'est sur ces marchés que la spéculation financière respire les profits à pleins poumons, C'est là que se joue l'avenir de la planète quand les marchés des matières premières, des produits agricoles par exemple, conduisent des régions du monde à abandonner les cultures vivrières au profit de productions marchandes. C'est aussi là que se conduisent les grandes migrations des affaires qui font les délocalisations d'entreprises... Alors, à quoi peut bien servir le G8, le G20 et autres OMC, FMI, avec l'OTAN en père fouettard ? A "réguler", comme ils disent, les uns servant de caution politique, les autres de couverture financière, c'est entre copains et coquins du capital que le sort des milliards d'habitants de la planète se joue; et ce jeu dans des transactions qui se font à la vitesse des connexions électroniques précipite les peuples dans la misère et le désarroi pour le plus grand bénéfice de quelques grandes fortunes. Si le SMIC plafonne à 9 euros de l'heure, les grands patrons se font des fortunes qui se mesurent en centaines de milliers d'années de SMIC. Le chômage touche plus de 23 millions de travailleur de l'union européenne, la France à elle seule en compte 4 millions. Quand le pouvoir d'achat des salaires et des pensions de retraite stagne ou baisse depuis des années, les revenus financiers explosent, complètement déconnectes de la vraie vie (exemple de Euro Disney qui voit son action grimper de 130% quand son chiffre d'affaire augmente de 5,6%). Quand on veut nous faire pleurer sur le sort des banques malheureuses de la crise, on devrait éviter d'afficher 7,84 milliards de profits pour la BNP Paribas (en hausse de 34%, 3,92 milliards pour la Société Générale (en hausse de 478% !), 3,6 milliards pour Banque populaire Caisse d'Epargne, 1,3 milliard pour le Crédit Agricole... Elles vont rembourser l'aide d'une centaine de milliards de l'Etat qui prétend avoir gagné trois milliards dans l'affaire quand il en a perdu presque 6 ! Les prix flambent à la pompe, comme les dividendes chez les actionnaires de Total : 10,6 milliards de profits en 2010. Le luxe ne connait pas la crise, LVMH fait plus d'un milliard de profits dans le premier semestre de 2010, en hausse de 53%... Hermès voit ses profits augmenter de 44% en 2010 avec un chiffre d'affaires en hausse de 25 %. La bourse ou la vie, il va bien falloir choisir un jour !

     


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