• QATAR: LES TERRAINS DE FOOT RISQUENT D'ETRE IMPRATICABLES

    Publié par aragon 43

    CONFÉDÉRATION SYNDICALE INTERNATIONALE (CSI)

    Qatar : À moins d’un changement dans le traitement des travailleurs, le Mondial devra être remis au vote

    Bruxelles, 24 mai 2013 (CSI En Ligne) : Les délégations qui assisteront au Congrès de l’UEFA le 24 mai, à Londres, seront soumises à d’intenses pressions de la part des syndicats dans le cadre de la campagne en faveur d’un meilleur traitement pour les travailleurs migrants employés dans la construction de stades pour la Coupe du monde de football 2022 au Qatar et pour les footballeurs internationaux actuellement sous contrat dans ce pays du Golfe.

    La Confédération syndicale internationale (CSI) et le Trade Union Congress (TUC) britannique appellent l'UEFA à intercéder face au traitement déplorable que subissent les joueurs et les travailleurs au Qatar et à rallier les appels en faveur d'un nouveau vote à la FIFA pour l'attribution du Mondial de 2022 si le gouvernement du Qatar manque de prendre les mesures qui s’imposent.

    Le traitement inhumain réservé aux ouvriers migrants au Qatar et le refus du gouvernement d’améliorer les droits de l’emploi constituent les principales préoccupations des syndicats. Les bas salaires, les heures de travail excessives, l’interdiction d’adhérer à un syndicat, des normes de sécurité déficientes et maints autres abus découlant du système restrictif d’attribution de visas par parrainage ont valu au Qatar d’être accusé de se comporter comme un État esclavagiste du 21e siècle.

    Les militants de la CSI et du TUC diffuseront aujourd’hui une pétition décrivant les nombreuses atteintes aux droits des joueurs et des travailleurs au Qatar. Celle-ci a d’ores et déjà recueilli les signatures de milliers de fans de foot aux quatre coins du globe. Les organisations syndicales ont aussi écrit au président de l’UEFA Michel Platini, lui enjoignant de saisir l’occasion du Congrès de Londres pour :

    • Élire les membres du Comité exécutif de la FIFA sur la base de leur engagement en faveur d’une réforme et du respect des droits humains et syndicaux.

    • Informer les délégué(e)s de l’UEFA qui assisteront au Congrès de la FIFA à l’Île Maurice la semaine prochaine au sujet des conditions de travail difficiles au Qatar – tant pour les footballeurs actuellement sous contrat dans des clubs du pays que pour les ouvriers employés dans la construction des infrastructures de la Coupe du monde.

    • Recevoir une pétition de la CSI et du TUC appelant la FIFA à procéder à un nouveau vote pour la Coupe du monde de 2022, à moins que le Qatar ne modifie sa conduite.

    À travers leur campagne en faveur d’un nouveau vote de la FIFA sur la Coupe du monde de 2022, les syndicats veulent attirer l'attention sur des violations graves des droits des travailleurs, un taux de mortalité croissant parmi les ouvriers de la construction et le refus de la FIFA de recourir à des pressions conséquentes vis-à-vis du Qatar pour amener celui-ci à revoir sa législation du travail.

    Sharan Burrow, secrétaire générale de la CSI a indiqué : « Les appels à la FIFA en faveur d’un nouveau vote pour la Coupe du monde 2022 font suite à des années de promesses de réformes non tenues par la FIFA et le Qatar. Ce n’est pas une décision que les syndicats ont prise à la légère.

    « Il est toujours temps de procéder à un nouveau vote vu que la Coupe du monde de 2022 a été attribuée avec sept années d’avance sur le calendrier. Plus de travailleurs mourront en construisant l’infrastructure de la Coupe du monde qu’il n’y aura de joueurs en compétition, à moins que des mesures ne soient prises en vue d’une réforme des conditions de travail au Qatar. »

    La secrétaire générale du TUC, Frances O’Grady, a signalé : « Le nombre d'ouvriers morts chaque année dans l'industrie de la construction au Qatar est jusqu’à huit fois plus élevé qu’au Royaume-Uni et d’autres pays développés. Avec la tenue du Congrès de l’UEFA ici à Londres, nous ne pouvons permettre aux délégué(e)s d'ignorer les travailleurs morts et blessés.

    « Les fans de football dans le monde entier seront horrifiés de découvrir le traitement réservé aux travailleurs – des conditions s’apparentant à de l’esclavagisme moderne – et réclameront le soutien de l’UEFA pour presser le Qatar de modifier sa conduite ou risquer que la FIFA ne procède à un nouveau vote pour le Mondial de 2022. »

    La CSI a édité un pseudo fanzine sous le titre Workers United avec à la une, les récits de deux footballeurs professionnels engagés par des clubs qataris après avoir joué en France :

    • Le buteur franco-algérien Zaïr Belounis se retrouve bloqué au Qatar après avoir signé un contrat avec une équipe de ce pays. Des arriérés salariaux lui sont dus et il menace de faire une grève de la faim à moins que les conditions de son contrat ne soient respectées et que son visa de sortie ne soit signé pour lui permettre de quitter le pays.

    • L’international marocain Abdeslam Ouaddou, qui a joué pour l’AS Nancy-Lorraine et Fulham, attend, lui aussi, le paiement d’arriérés salariaux après que le club qatari où il était engagé a manqué d’honorer son contrat qui courait normalement jusqu’à 2015. Ouaddou a été isolé du reste de son équipe et forcé de s’entraîner aux périodes les plus chaudes.

    Les fans de football et les membres de syndicats sont encouragés à nous rejoindre sur www.rerunthevote.org et à prendre part à l’une des campagnes internationales les plus vastes entreprises par le mouvement syndical international au cours des dernières années.

    Pour plus d’informations concernant la campagne de la CSI, nous vous invitons à consulter le fanzine Workers United : http://www.rerunthevote.org/IMG/pdf/fanzine_web_final.pdf

    La CSI représente 175 millions de travailleurs/euses à travers 315 organisations affiliées nationales dans 156 pays et territoires.

    Suivez-nous sur le web : http://www.ituc-csi.org et http://www.youtube.com/ITUCCSI

    Pour de plus amples informations, prière de contacter le Service Presse de la CSI au : +32 2 224 02 ou + 04 32 476 621

    http://ber60.over-blog.com/qatar-les-terrains-de-foot-risque-d-etre-impraticable

     
    L’émir avait fait les choses comme il faut...

    la France au Forum de Doha : 80, 80, 80, 80, 80 chasseurs (de primes ?)

    Vladimir MARCIAC
     

    Quatre-vingts Français ont participé au dernier forum de Doha (Qatar) dans la troisième semaine de mai. Les Britanniques étaient vingt-quatre. Les Américains, quarante-sept.

    Parmi nos compatriotes, Enrico Macias, Michelle Alliot-Marie, Pascal Boniface, François Fillon, l’ancien préfet Daniel Canépa, le patron de Skyrock, Pierre Bellanger, Patrick Balkany, Eric Woerth, les députés de droite Patrick Ollier, Pierre Lellouche, Alain Marsaud, Maurice Leroy et Patrice Martin-Lalande. Pour les Solfériniens ou solférino-compatibles : Jean-Vincent Placé, Malek Boutih, Chantal Guittet, Jean-Luc Drapeau, Hubert Védrine, et d’autres dont nous brûlons de découvrir le nom.

    Sylvie Andrieux et Jérôme Cahuzac étaient restés en France (ils craignent la lumière).

    « Ici, les discussions sont généralement très riches, elles réunissent des gens de très haut niveau », jure Pascal Boniface, contredit par Chantal Guittet, députée. A l’issue d’une visite organisée du souk, elle est dans ses petites babouches : « Je pensais qu’on allait nous demander de participer à des tables rondes. En fait, on fait surtout du tourisme (…) On pouvait même venir avec nos conjoints ! »

    Si autant de Français étaient présents, ce n’est certes pas parce que l’émir a tout payé, avion, repas et hébergement. N’est-ce pas ? Enrico Macias a chanté (authentique !) : « Donnez, do-do-do-donnez, donnez, donnez-moi-a-a… », mais avec un temps de retard : c’était déjà fait.

    Neutres, objectifs, libres et informés, ils sont, ces quatre-vingts qui ont vu que le Qatar et un pays démocratique. Certains se lanceront dans un vigoureux (et désintéressé) contre-Qatar-bashing en clouant le bec de leurs contradicteurs (gauchistes, droits-de-l’hommistes et laïcards) par un imparable : « Permettez, j’y suis allé ! ».

    Sans les attendre, l’ancien Premier ministre François Fillon s’est laissé emporter dans une intervention publique : « Vous avez développé, ici au Qatar, un modèle exemplaire », a-t-il lancé. Modèle ! Exemplaire !

    Malek Boutih, interviewé le 23 mai par le JDD a déclaré : « On lui [au Qatar] reproche de ne pas être une démocratie et de maltraiter ses travailleurs immigrés. En tant qu’ancien président de SOS racisme, je reconnais que la critique est fondée et qu’il y a beaucoup de choses à dire sur ce plan ». Beaucoup de choses ? Il n’en dit pas une seule, pas une, tout le reste de ses paroles étant une défense du Qatar contre ses détracteurs.
    http://www.lejdd.fr/International/Moyen-Orient/Actualite/Boutih-Le-Qat...

    Faut-il que la France boycotte le Qatar, que le groupe parlementaire d’amitié avec le Qatar se dissolve ? Certes pas. La France ne peut se couper de tous les pays qui se démarquent de nos valeurs. L’isolement serait au bout.

    Mais il est dommage qu’aucun des 80 invités ne relève ce que l’ONU reproche au Qatar (liste non exhaustive) :

    -  discrimination raciale, lapidation, flagellation, torture,

    -  absence de loi contre la violence faite aux femmes au foyer et leur séquestration,

    -  coups de fouet pour « relations sexuelles illicites » ou consommation d’alcool,

    -  arrestations, sévices et exploitation sexuelle des enfants,

    -  vente d’enfants, prostitution des enfants, oeuvres pornographiques mettant en scène des enfants,

    -  migrants humiliés, insultés, brutalisés par la police, placés en centre de rétention « simplement en raison de leur statut de migrants. »,

    -  traite d’êtres humains.

    Dommage aussi qu’ils n’aient pas lu dans Le Courrier International (http://www.courrierinternational.com/article/2013/04/19/au-royaume-de-...) une traduction d’un article New York Times (19 avril 2013) qui signale que « Les travailleurs étrangers sont les esclaves modernes de leurs patrons qataris ».

    Dommage qu’un article du Point (28 février 2012) fasse si peu de bruit quand il nous apprend qu’un poète qatari vient d’être condamné à 15 ans de prison pour avoir critiqué la famille régnante » (un premier jugement le condamnait à la prison à vie).
    (http://www.legrandsoir.info/l-039-autre-visage-du-qatar.html).

    Dommage aussi le silence de 66 personnalités françaises de la culture, décorées en 2010 du prix « Doha capitale culturelle arabe » (assorti d’un chèque de 10.000 €) par l’ambassadeur du Qatar en France, son Excellence Mohamed al-Kuwari. Parmi les méritants récipiendaires : le dessinateur Jean Plantu (pour qui Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon, c’est kif-kif), Amirouche Laïdi, président du club Averroes, les poètes André Miquel, Bernard Noël et Adonis. Sans oublier Jack Lang, Jean Daniel, Dominique Baudis, Edmonde Charles-Roux, Renaud Donnedieu de Vabres et Anne Roumanoff.

    Parions que tous ont ainsi accepté tacitement leur muselière.

    Dommage aussi que nos belles âmes, complices enthousiastes de la poussée antichinoise de 2008 contre le passage de la flamme olympique à Paris, tous ces gens favorables à l’absence de la France à la cérémonie d’ouverture des JO de Pékin, se pâment devant cet émirat, cette théocratie obscurantiste et oppressive qui accueillera la Coupe du monde de foot en 2022, sans que quiconque ne tousse.

    Dommage que la France de Normal 1er, qui se montra si méprisante envers le Venezuela à l’occasion de la mort de son président, ne veuille pas voir la différence entre la démocratie foisonnante de Caracas et la confiscation du pouvoir par les roitelets de Doha.

    Dommage aussi que le Qatar soit une des pièces maîtresses de la politique guerrière des USA qui y possède la plus grande base militaire du monde.

    Dommage que le gros de la classe politico-médiatique français soit atlantiste.

    Vladimir Marciac, pour le Grand Soir.

    URL de cet article 20711
    http://www.legrandsoir.info/la-france-au-forum-de-doha-80-80-80-80-80-chasseurs-de-primes.html

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  • shinzo_abe_vol_731_1200.jpgAu Japon, politique de relance pour les banques et le capital ... mais austérité et réformes structurelles pour les travailleurs!

     

    Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

     

    La politique du premier ministre de droite Shinzo Abe constitue une tentative originale de sauver le capitalisme nippon : gigantesque politique de relance pour le capital, politique d'austérité ou de réforme structurelle du côté du travail.

     

    236 %, 8 800 milliards d'euros : si le montant de la dette japonaise constitue un péril pour l'économie, un fardeau pour l'Etat japonais, la politique de « relance » menée par le gouvernement prouve le caractère fallacieux de l'argument politique de la dette en Europe pour justifier l'austérité.

     

    Pas de méprise toutefois, il serait hasardeux de penser que Abe « prend l'austérité à contre-pied » (L'Humanité, 21 mai). En réalité, Abe a défini sa politique comme celle des « trois flèches » :

     

    relance publique des investissements (privatisés) pour alimenter la demande intérieure ; ensuite relance monétaire massive pour doper les exportations du capital ; mais toujours l'austérité et surtout les réformes structurelles pour le travail.

     

    Relance monétaire et budgétaire pour les banques et le grand capital

     

    La politique de « relance monétaire » constitue une politique keynésienne classique : la Banque du Japon injecte massivement des liquidités dans l'économie afin de baisser le coût du crédit, de dévaluer la monnaie.

     

    Il est faux de dire que toute l' « économie » sera gagnante.

     

    Les gagnants de cette politique sont le grand capital, en particulier des secteurs exportateurs – automobile, électronique – qui bénéfice de crédit à bon marché pour investir et surtout d'un yen faible pour augmenter ses exportations.

     

    Les banques vont, elles aussi, être les bénéficiaires, à travers la relance attendue de l'investissement privé, financé massivement par le crédit, tout comme de l'investissement public, qui continue d'alimenter la dette publique.

     

    Le gouvernement a annoncé pour 80 milliards d'euros de travaux publics : deuxième aéroport international à Tokyo, réseau autoroutier express, ports de dimension mondiale. Le tout est prometteur en profits pour le secteur du bâtiment. Dépenses publiques, profits privés !

     

    Les grands perdants, ce sont d'abord le petit capital, les PME à faible capacité d'exportation. Elles subissent de plein fouet la hausse des prix des matières premières importées ainsi que la suppression d'une loi de 2008 de facilitation des crédits aux PME.

     

    Mais ce peut être aussi le cas de la plupart des secteurs économiques dépendant des importations, on peut penser au secteur de l'énergie, dont le gouvernement prévoit justement la dérégulation.

     

    Enfin, il est évident que les premiers perdants de cette politique seront les travailleurs. Alors que le grand capital bénéficie d'une baisse artificielle du « coût du travail » à l'exportation, les travailleurs, eux, verront leur pouvoir d'achat baisser, encore plus avec la hausse générale des prix.

     

    Austérité et réformes structurelles pour les travailleurs : encore et toujours !

     

    La politique dite « Abenomics » est loin de prendre l'austérité à contre-courant. En fait, elle combine à la fois une politique de relance de la demande publique au service du privée et politique d'austérité pour le travail, visant à assurer la « compétitivité » de l'industrie japonaise.

     

    En dépit des déclarations du premier ministre incitant les entreprises à remonter les salaires, le capital n'y a pas intérêt : cela annulerait l'effet de la dévaluation monétaire, tandis que l'économie japonaise (comme celle allemande, chinoise) repose sur les exportations.

     

    Un dernier sondage auprès des entrepreneurs japonais révélait que 85% d'entre eux envisageaient de ne pas augmenter voire de baisser les salaires de leurs employés. Les primes, longtemps moteur des rémunérations, sont au plus bas depuis 1990.

     

    Les revenus des Japonais ont globalement baissé de 12,5% en quinze ans. La baisse devrait s'accentuer d'autant plus que les prix vont, avec cette politique monétaire, augmenter, en particulier dans l'énergie et les transports, du fait de la dépendance énergétique du Japon.

     

    Les milieux patronaux et les économistes ont mis en garde le gouvernement : la « politique de relance » n'est qu'un répit, un stimulus pour relancer la machine, aux effets psychologiques. Mais seules les « réformes structurelles » que va annoncer Abe en juin peuvent relancer la croissance.

     

    D'abord, réforme du marché du travail. La précarité est déjà la norme pour les jeunes Japonais. Le projet de loi à venir prévoit l'extension de la période d'essai pour les nouveaux embauchés et la généralisation du temps partiel et des horaires flexibles, notamment pour les femmes.

     

    Ensuite, réforme fiscale en faveur des entreprises, dans l'esprit du « plan d'austérité » de l'an dernier. L'impôt sur les sociétés est maintenu à son taux de 25% (30% avant 2012) tandis que la TVA devrait passer de 5 à 10%. Moins d'impôts pour les entreprises, plus pour tout le peuple !

     

    La « libéralisation » des grands services. Le Japon a largement privatisé ses grands services publics. Toutefois, dans l'énergie ou les transports, ils restent fortement régulés. Le gouvernement désire déréguler ces secteurs, introduire la concurrence tout en séparant réseau et exploitant.

     

    Enfin, la réforme des retraites vient d'être actée qui prévoit le rehaussement de l'âge légal de départ à la retraite de 60 à 65 ans d'ici 2025.

     

    Abe a annoncé que ces pistes ne constituaient qu'une partie de sa « troisième flèche », celle qui, pour lui, est le pilier de sa « stratégie de croissance » qui passe par le maintien de l'austérité pour les travailleurs mais surtout par de grandes réformes structurelles destinées à baisser le coût du travail

     

    Libéralisation du commerce avec les Etats-unis et nationalisme agressif

     

    La politique « à contre-courant » du gouvernement japonais doit être ré-intégrée dans la politique du capital japonais : allégeance à l'impérialisme américain, accélération de la libéralisation du commerce international et nationalisme agressif.

     

    Tout d'abord, le gouvernement Abe a ouvert les négociations pour la signature du Trans-pacific strategic economic partnership (TPSEP) qui prévoit la libéralisation quasi totale des échanges commerciaux pacifiques, suscitant l'opposition des syndicats et des associations de consommateurs.

     

    Tout en s'inscrivant dans une allégeance à l'impérialisme américain, Shinzo Abe joue la carte du nationalisme populiste, aux accents militaristes et revanchards.

     

    Le grand cheval de bataille du premier ministre, c'est la révision de la Constitution pour la rendre compatible avec ses objectifs : constituer une véritable armée pour menacer la Chine et servir l'allié américain, mener des interventions à l'étranger.

     

    Récemment, outre les contentieux frontaliers avec la Chine, le premier ministre a rendu hommage aux soldats japonais morts pendant la Seconde Guerre mondiale, occultant les crimes commis alors.

     

    « Japan is back » était le slogan d'Abe, signe d'un nationalisme revanchard. Lui-même est issu d'une famille à la longue lignée réactionnaire qui avait participé au régime militariste des années 40, puis à l'ordre anti-communiste sous la tutelle américaine dans les années 50.

     

    C'est dans cette perspective qu'il faut comprendre la politique économique « expansionniste » du gouvernement, aussi comme une attaque face aux économies de la région, notamment chinoises, contraintes de se lancer dans une guerre économique (dévaluations) pour rester compétitives.

     

    Loin de constituer une politique de relance-modèle pour nous en Europe, la politique du gouvernement japonais doit constituer une mise en garde face à la politique du capital :

     

    financer par l’État une demande qui sert le capital tout en restreignant au maximum les salaires et en préparant des réformes structurelles de casse du monde du travail.


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  • Dhaka-Bangladesh-005.jpgAu Bangladesh, les travailleurs du textile enfin autorisés à former des syndicats : une conquête dans le sang

    Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/


    Le désastre humain a révélé toute l'hypocrisie des pays occidentaux, et de leurs multi-nationales, pour qui la liberté se limite à la libre-entreprise et s'arrête aux portes de la liberté d'expression, de manifestation, d'organisation syndicale.

     

    1 127 morts au dernier décompte macabre : la catastrophe humaine vécue au Bangladesh a dévoilé les conditions d'esclavage moderne des ouvriers du Bangladesh devenu, avec la Chine, l' « atelier du monde » dans le secteur textile.

     

    La catastrophe a ému les travailleurs du monde entier, a enragé les ouvriers et ouvrières locaux qui réclament désormais non seulement des normes de sécurité fermes mais aussi l'expropriation des employeurs et enfin la liberté d'organisation syndicale.

     

    Car les grandes firmes occidentales comme Benetton, H et M ou Carrefour ont choisi le Bangladesh comme terre d'élection pour deux raisons : le pays offre le coût du travail le plus bas au monde (1 $ par jour) ; le gouvernement assure un environnement favorable aux entreprises.

     

    Favorable aux entreprises, cela veut dire peu d'impôts, pas de cotisations sociales patronales, aucun droit du travail contraignant, et surtout répression de tout mouvement syndical organisé.

     

    Au Bangladesh, la répression contre le mouvement syndical est constante : le droit de grève n'est pas reconnu dans les « services essentiels » ; la syndicalisation impossible dans le secteur public mais limité dans le privé à la reconnaissance par les autorités de l'organisation syndicale.

     

    Dans le secteur textile, la situation est encore plus simple : le droit à la liberté syndicale est proprement nié.

     

    La présence d'une organisation aurait, selon plusieurs voix concordantes, sans doute permis de défendre la sécurité sur le lieu de travail, organisé un droit de retrait des salariés au vu des conditions de plus en plus périlleuses de travail, telles que constatées avant la catastrophe.

     

    La portée de la décision adoptée le 13 mai ne doit pas être sur-estimée mais elle vaut pour son symbole : les 4 millions de travailleurs du textile se voient enfin reconnaître le droit à l'organisation syndicale sans autorisation préalable de l'employeur.

     

    Cette mesure s'inscrit toutefois dans une volonté de faire descendre la pression au moment où la colère des ouvriers sur place monte. Dans le même temps, le gouvernement annonçait la fermeture de 18 usines pour raisons de sécurité.

     

    Cette mesure ne doit soulever aucune illusion. Le droit de grève et les droits syndicaux étaient censés être reconnus en droit, mais contredits en pratique par la complaisance de l'Etat avec les multi-nationales, par les multiples réserves à leur application, les rendant inopérants.

     

    Ce que la catastrophe révèle, ce que cette annonce médiatique dévoile, c'est ce que la mondialisation capitaliste est prêt à détruire au nom du profit :

     

    les salaires, les droits sociaux, les services publics pour les travailleurs exploités du cœur ; les droits fondamentaux et la vie pour les travailleurs de la périphérie super-exploités.

     

    Rappelons cette citation du Capital (chapitre XXXI), reprise d'un économiste anglais du XIX ème siècle, d'une tragique actualité :

     

    « Le capital abhorre l'absence de profit ou un profit minime, comme la nature a horreur du vide. Que le profit soit convenable, et le capital devient courageux : 10 % d'assurés, et on peut l'employer partout; 20 %, il s'échauffe !, 50 %, il est d'une témérité folle; à 100%, il foule aux pieds toutes les lois humaines; 300 %, et il n'est pas de crime qu'il n'ose commettre ».

     

    Identifier le taux de profit des multi-nationales du textile, c'est comprendre jusqu'où elles étaient prêtes à aller dans le crime et l'horreur humaine.

     

    Face à de telles crimes, l'indignation humaniste n'est qu'une première prise de conscience. Elle doit mener à l'action politique révolutionnaire visant au renversement de ce système inique.


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  • Quelques réalités sur les conditions de travail en Chine

    lundi 13 mai 2013 par  Danielle Bleitrach

    Il se dit à peu près tout et n’importe quoi sur les conditions de travail en Chine. Il est évident que si désormais la Chine est en train de dépasser l’Allemagne et de devenir le premier exportateur mondial, cela a été au prix d’un effort dément de la population. Mieux la Chine a franchi des étapes, elle était avant tout l’usine produisant des produits bas de gamme, dépendant à plus de 70 % des technologies étrangères, elle est toujours l’atelier du monde mais elle est passé de l’électroménager à la maîtrise désormais de technologies qui lui permettent de construire des TGV. De la même manière, ou plutôt contradictoirement la Chine en peu de temps, en gros depuis les réformes de 1978, est passé du plein emploi à la possibilité de chômage, des entreprises garantissant sécurité et protection sociale au marché privé du travail, elle a connu une mobilité énorme, en particulier un exode rural, tempéré comme nous allons le voir par des mesures discriminatoires à l’égard des migrants. C’est assez dire que chaque avancée a été payée de son prix de sueur et de souffrances. Mais surtout cette brève analyse nous confronte à l’énorme hypocrisie occidentale qui ne cesse de dénoncer les conditions de travail en Chine et refuse de voir qui en porte la responsabilité réelle, non seulement historique mais d’une brûlante actualité.

    1-Migrations et discriminations

    La population la plus exploitée et soumise aux plus rudes conditions de travail a été celle des migrants ruraux, soit ceux qui émigraient définitivement, soit ceux qui venaient amasser un pécule en ville. Les mobilités interrégionales ou intrarégionales, rurales/urbaines se sont multipliées et la population flottante n’a cessé d’augmenter en se diversifiant en Chine continentale. Avec l’arrivée des migrants dans les villes chinoises, les marchés du travail se sont de plus en plus segmentés et différenciés. Et les migrants, notamment peu qualifiés et surtout les plus jeunes, sont devenus l’objet de domination, d’exploitation et aussi de violence. De plus la suppression de la notion d’emploi à vie a représenté un moment très dur dans la transition de l’économie planifiée vers l’économie de marché fut-elle socialiste et planifiée. Il s’est formé quelque chose de totalement inconnu jusque là un marché des emplois, le chômage est apparu comme un phénomène nouveau dans l’histoire de la Chine communiste. Il faudrait pour être plus complet montrer l’imbrication, la superposition des emplois d’Etat et de ceux privés.

    La politique de discrimination qui a marqué cette population migrante avait une double fonction, mobiliser une main d’œuvre peu exigeante pour les multinationales et aussi pour la construction. Mais aussi, il s’agissait de freiner cet afflux rural pas toujours désiré. Il est facile de dénoncer les politiques menées, plus difficile est de gérer la situation qui veut que quelques 800 millions de paysans chinois, de manière plus ou moins permanente, tendent à s’employer hors de leur terres ? Et malgré tous les obstacles administratifs (difficultés à obtenir une carte d’identité nécessaire pour se déplacer, perquisitions régulières à Pékin pour chasser les habitants illégaux,…), les paysans affluent là où il peut y avoir du travail. Et ils atterrissent précisément dans les villes où on construit pour loger une population déjà à l’étroit. Nul doute que la multiplicité des chantiers des jeux olympiques a donné une occasion à cet afflux qu’il faut bien contenir. L’exemple de Shanghai illustre ces politiques. On peut les apprécier comme particulièrement injustes à l’égard des migrants, mais aussi considérer qu’elles protègent l’emploi des travailleurs des villes, empêchent la pression à la baisse de leurs emplois. Même discriminés les travailleurs venus des campagnes trouvent des revenus supérieurs à ceux qu’ils ont en tant que paysans, l’attrait est là mais la dureté de ces conditions empêche l’afflux incontrôlé. Face à un nombre toujours croissant de migrants, la municipalité de Shanghai a pris des mesures de protection des marchés du travail pour les Shanghaiens en distinguant les emplois réservés à la main-d’œuvre urbaine et l’autre à la main-d’œuvre provinciale En effet en 1995, le Bureau du travail et de protection sociale de Shanghai a publié une liste de secteurs d’activités et d’emplois réservés ou interdits aux migrants : les secteurs de l’industrie lourde, le textile et la construction sont ouverts aux migrants ; les emplois intermédiaires sont d’abord réservés aux citadins mais ouverts aux migrants ; enfin les emplois « visibles » comme chauffeur de taxi, agent de la sécurité et standardiste, etc., sont formellement interdits aux migrants (1) Les migrants assurent leur présence sur des segments de marché du travail disqualifiés comme la manufacture, la confection, le bâtiment, la restauration, le transport de marchandises, etc. ; on peut alors parler de « niches économiques ». En même temps que le secteur traditionnel se réanime a lieu un phénomène de tertiarisation qui s’accompagne d’une précarisation des marchés du travail génératrice d’emplois payés à l’heure ou à la tâche où sont le plus souvent embauchés des provinciaux. L’évolution du marché de travail urbain a reposé sur des processus discriminatoires de plus en plus marqués à l’égard des populations migrantes faiblement qualifiées mises en concurrence de manière ouverte avec les chômeurs. En 2000, 82,9 % des migrants travaillaient dans les secteurs mal considérés par les Shanghaiens : chantiers navals, textile, bâtiment et services. Comme on le voit, le passage d’une économie planifiée à une économie de marché s’est encore tout de suite accompagné de processus de segmentation des marchés du travail où cohabitent inégalités, discriminations et évictions des Chinois non désirés. Si l’on ne connaît pas cette situation on ne comprend rien y compris aux événements du Tibet où il y a cet exode vers les villes et cette situation générale de protection du salariat et du travail urbain par rapport à cet afflux. Dés que j’ai lu le récit des événements j’ai pensé qu’il y avait au départ une opération orchestrée débordée par un prolétariat vivant trés mal. Nous sommes ici dans des phénomènes à une échelle inconnue qu’une société qui table avant tout sur sa sortie de sous développement doit maîtriser. Et ceux qui pensent qu’il suffira de rétablir un lama féodal n’offrant rien d’autres à ces populations que le retour à l’achaisme sont soit idiots, soit volontairement décidés à rendre la situation plus compliquée à la Chine.

    2- Les multinationales, lieu d’exploitation

    Un pays qui sort du sous développement par un effort gigantesque et qui se plie au diktat des multinationales, tout en tenant le tigre en laisse, telle est la Chine et elle réussit là un formidable exploit que lui permet sans doute la planification et la propriété collective, disons étatique des principaux secteurs de production et des secteurs financiers. La Chine pour faire son accumulation primitive exporte à tour de bras et dans le même temps tente un développement endogène, un équipement du territoire et plus récemment une politique environnementale. Et pour revenir à notre objet elle met en place une politique de droit des travailleurs.

    Le fait que la Chine soit un pays sous développé se traduit au départ^par un manque de capitaux et de technologie, il faut faire appel aux capitaux et aux technologies étrangères et se soumettre à leurs conditions.

    Plus de la moitié des exportations chinoises sont le fait néanmoins d’entreprises étrangères. Donc quand on décrit le bagne du travail en Chine, il faut savoir que ce bagne a été largement créé par des entreprises étrangères .

    Une enquête menée par les organisations suisses Pain pour le prochain et Action de Carême met directement en cause les grandes marques d’informatique. Officiellement, comme cela se passe pour toute l’Asie, les grandes marques d’informatique ont mis en place des codes de conduite en matière de responsabilité sociale, les règles sont peu respectées par leurs fournisseurs. Nous avons vu que c’était le cas pour Ikea en inde, c’est donc une pratique commune des multinationales, elles font pression sur leurs fournisseurs pour aboutir partout à des conditions d’exploitation à outrance.

    Les deux organisations ont enquêté dans sept usines fournissant les grandes firmes informatique internationales.

    Les ouvriers y travaillent de 10 à 12 heures par jour, six et parfois sept jours par semaine. Chaque mois, ils effectuent entre 80 et 200 heures supplémentaires quand la loi en autorise 36.

    Les conditions de santé sont mauvaises pour ces travailleurs. La manipulation de produits toxiques se fait souvent sans masques ni gants et les salles de soudage manquent d’aération. Les employés interrogés dans cette enquête ne bénéficient pas d’un contrôle médical au travail.

    Des sanctions disciplinaires abusives sont souvent mises en place. Un travailleur d’une des usines visitées explique : "En période de haute production, la cadence augmente et il est difficile de suivre le rythme. Nous faisons plus d’erreurs. Si l’inspecteur le découvre, il nous impose une amende, sous forme d’une déduction d’une demi-journée de salaire. Nous sommes extrêmement tendus".

    Dans beaucoup d’usines, les codes de conduite des entreprises étrangères, clientes de ces usines – ces engagements de respecter les droits élémentaires des travailleurs – ne sont pas portés à la connaissance des employés.

    Malgré tout, quelques améliorations sont intervenues récemment. Le nombre d’entreprises payant leurs employés en dessous du minimum légal a baissé. Mais il en reste encore. Ainsi, l’usine Lite-On Electronics payerait les heures supplémentaires le week-end 150 % du salaire horaire en semaine, quand la loi prévoit 200%.

    Les deux organisations constatent que l’engagement des marques face à cette situation est variable. Hewlett-Packard s’est donné des moyens humains et financiers importants pour mettre en oeuvre son code de conduite. Cette firme est par ailleurs la seule à accepter de donner une liste complète de ses fournisseurs et de commenter des cas précis d’usines. Apple fait également des efforts, notamment en multipliant les audits en Chine. Mais elle refuse malgré tout de communiquer dans la transparence sur ses fournisseurs, ses audits et les formations qu’elle met en place.

    Enfin, le rapport de Pain pour le prochain et Action de Carême révèle que la firme Fujitsu-Siemens est à la traîne. Au niveau du groupe international et en Chine, elle n’a aucune personne en charge des responsabilités sociales. Elle considère par ailleurs qu’elle n’a pas à former ses fournisseurs à son code de conduite.

    Le constat est d’autant plus sévère que selon ces deux organisations, il suffirait d’ajouter un peu plus de 30 euros au prix de chaque ordinateur pour assurer aux ouvriers de l’informatique des conditions de travail dignes.(2)

    Une enquête menée par le journal Southern Weekly qui a étudié 126 multinationales durant une année complète. Au banc des accusés : des entreprises appartenant aux 500 plus grosses compagnies et qui ont enregistré des résultats financiers remarquables que ce soit dans le nombre de ventes, le volume des exportations ou les profits bruts. Les résultats sont alarmants ! 58 entreprises (46% de l’ensemble) ont refusé de se conformer à la loi d’établissement des syndicats. Vingt autres ont sérieusement endommagé l’environnement. Et les critiques ne s’arrêtent pas là ! 37 firmes vendaient aux consommateurs chinois des produits ou des services ne répondant pas aux normes de qualité, ce qui a été corroboré par des plaintes répétées pour 19 d’entre elles. D’après le journal Southern Weekly, certaines entreprises étaient mêmes coupables de soudoyer des officiels du gouvernement ainsi que des dirigeants de l’entreprise ou d’autres entreprises ! Southern Weekly assure de la réalité des données. L’hebdomadaire a indiqué que l’étude s’est basée sur des informations publiques fournies par les autorités, les associations de consommateurs, les syndicats et les médias. Il dit avoir vérifié les renseignements auprès des entreprises elles-mêmes. Le même journal a publié une liste noire : les 33 multinationales présentes en Chine qui sont passées outre les lois anti-pollution de l’eau. Quatre d’entre elles font partie des 500 entreprises aux plus gros profits : Nestlé Sources Shanghai Ltd, Pepsico, Panasonic et 3M. Les informations viennent de l’ONG « Institut des affaires publiques et environnementales. » Le directeur, Ma Jun, confiait cependant au Shanghai daily que les multinationales ne sont pas les seules entreprises critiquables : 26 000 compagnies chinoises ont de même rejeté illégalement des déchets dans les cours d’eau chinois et à une échelle plus importante.

    Et il est vrai également que les conditions de travail d’une extrême dureté ne se trouvent pas seulement dans les entreprises étrangères, il y a celles de la paysannerie, et il y a même eu de véritables scandales comme les mines de charbon clandestines et les briqueteries, où des adolescents et des hommes parfois enlevés et vendus travaillaient sans salaire. Mais que ces cas aient fait un tel scandale prouve leur caractère exceptionnel, le fait est que les Chinois ne s’habituent pas à l’exploitation. On constate dans les villes non seulement une amélioration mais de la difficulté à trouver de la main d’œuvre qualifiée, et tout cela aboutit à des augmentations de salaires de l’ordre de + 18% depuis un an (3). Et surtout pour qui connaît les conditions d’esclavages dans certains pays d’Amérique du sud ou même de la domesticité dans les émirats, la découverte et le scandale sont un pas vers autre chose, comme les procès publics et les lourdes peines qui frappent les directeurs d’entreprise de la mine qui par leur imprudence délinquante ont provoqué des nombreuses morts.

    3-Une situation en évolution

    Les différences avec les ateliers d’assemblage du Tiers-monde comme ceux de la frontière mexicaine, les maquiladoras, tient au fait que l’Etat chinois a réussi à maîtriser le phénomène et en faire un facteur de développement inouï. Le second facteur est l’intervention de plus en plus fréquente des autorités, à la suite de nombreuses manifestations pour faire respecter les droits et l’existence du syndicat à l’intérieur de l’entreprise.

    Il est un fait que ne sont jamais dénoncés par les occidentaux les entreprises étrangères et toujours « le régime », jamais le sous développement et toujours « le socialisme », etc. Alors que même quand ces entreprises étrangères ne pèsent pas directement sur leurs salariés elles le font par le biais d’entreprises sous-traitantes qu’elles mettent en concurrence, ce qui se répercute sur les salaires et les conditions de travail. Et dans les grandes entreprises si les travailleurs logent sur place il peut même arriver que le patron retienne les papiers et si la multinationale a signé « un code de conduite », quand elle envoie inspecter les conditions des salariés ceux-ci ne peuvent pas se plaindre.

    Tout cela existe mais tend à évoluer sous une triple influence :
    - la première est la protestation massive des travailleurs, les travailleurs chinois ne se laissent pas faire, en 2005 près de 90.000 manifestations impliquant plus de cent personnes ont été recensées.
    - La seconde est une nouvelle préoccupation des autorités face à cette montée des mécontentements et les tensions sociales y compris face aux cas de corruption des autorités.(4)
    - Le troisième phénomène est un début de pénurie de main d’œuvre, y compris ce qui est nouveau de main d’œuvre peu qualifiée, notamment dans le province du Guangrong au sud, où se produit près du tiers des exportations chinoises.

    Mais on peut également noter que par rapport à l’Inde et d’autres pays asiatiques dont on ne fait pourtant pas état, le travail des enfants n’est pas un fléau. Les enfants sont pratiquement tous scolarisés dans les zones urbaines.

    Si les médias occidentales et même la plupart des médias alternatifs sur internet décrivent avec beaucoup de complaisance les conditions de travail en Chine, en les attribuant au gouvernement chinois. De temps en temps on lit dans la presse des entrefilets de ce type :

    Adidas retire progressivement sa production de Chine

    Le numéro deux mondial des équipements sportifs, l’allemand Adidas, juge le niveau des salaires en Chine dorénavant trop élevé et va transférer une partie de sa production vers des pays encore plus compétitifs, a déclaré son patron Herbert Hainer. Adidas va transférer sa production en Inde, au Laos, au Cambodge et au Vietnam, mais aussi dans les pays de l’ex-URSS et en Europe de l’Est. » (5)

    Les entreprises occidentales ne vont donc pas dans un pays pour l’aider à se développer (ce n’est pas nouveau) mais pour en tirer un max de profit (ça s’appelle diminuer les coûts). On retrouve les mêmes informations dans la presse de Taiwan, les salaires chinois augmentent trop pour continuer à faire de la Chine continentale une zone de sous traitance, mais elle devient un marché intéressant.

    L’évolution, en particulier du nouveau code du Travail

    Voici les changements intervenus dans le nouveau code du travail par rapport à celui de 1994 – L’employeur doit impérativement conclure un contrat de travail écrit. – - La priorité est donné au contrats à durée indéterminés. C’est théoriquement fini les CDD à répétition. Lorsqu’un employé a dix ans d’ancienneté- s’il en fait la demande- l’employeur est tenu de signer un CDI. L’employeur ne peut aujourd’hui proposer que deux CDD consécutifs. « la sanction de la violation de cette obligation consiste pour l’employeur à verser un double salaire » à compter de la date à laquelle le CDI aurait dû être conclu. – Le licenciement économique est encadré : cela ne peut concerner un ou deux travailleurs, cela doit au minimum concerner 10% du personnel. – Interdiction de pénalités en cas de démission : avant pour démissionner l’employé devait des pénalités c’est supprimé.

    Face à ce code du travail entré en application le premier janvier 2008, les chambres de commerce nord-américaine et européennes ont manifesté leur opposition et menacé de délocaliser si le droit du travail devenait trop contraignant. On mesure en sachant cela l’hypocrisie des médias occidentaux qui ne cessent d’incriminer « le régime », « le socialisme » et jamais leurs propres capitalistes. Ce nouveau code renforce la protection des salariés par rapport à celui de 1994. la plus importante des réformes est la nécessité dans laquelle se trouve l’entreprise d’établir un contrat de travail écrit. Selon le mensuel Alternatives économique, Li Hua, avocate au cabinet Gide Loyrette Nouei à Pékin précise « "En 2007, le nombre des contentieux entre les deux parties- employeur-employé, de les rapports sociaux à l’intérieur de l’entreprise se sont détériorées ces dernières années. – le nombre des conflits a augmenté de 30% à Shanghai et à Pékin, principalement dans les secteurs de l’industrie et de la construction »(..) « On sent (de la part du gouvernement) une vraie volonté de renforcer les droits des salariés » ajoute-t-elle (6) Tout ce que nous voyons sont les conditions d’accumulation primitive que nous avons réalisé en Europe en envoyant les enfants de 5 ans et moins dans les mines, en faisant travailler dans de terribles conditions et nous continuons dans tout le Tiers Monde quitte à les accuser de faire baisser les prix ou de jouer la vertu devant une Chine communiste exploitant les travailleurs.Cette Chine doit nourrir un milliard trois cent mille êtres humains et pour se faire contrôler l’exode rural, elle doit développer les forces productives et pour cela accepter les étrangers, mais elle doit aussi planifier, maîtriser sa propre croissance pour ne pas se retrouver la proie d’un néo-colonialisme. Elle doit mettre en place des systèmes de prodtection sociale, d’assurance maladie et de retraite, ne commençant là encore par la population citadine mais en l’étendant aux zones rurales.

    La Chine a sorti la majorité de sa population de la pauvreté extrême.

    « La population chinoise dans son ensemble a très largement bénéficié de ce décollage puisqu’en vingt-cinq ans, le revenu par habitant a été multiplié par cinq ! Il était, d’après la Banque mondiale, de 190 dollars l’an en 1978, il est de 1000 dollars environ en 2004 ; Cela a permis à 400 millions de Chinois de sortir de l’extrême pauvreté-moins d’un dollar par jour. Réservés à l’élite pendant un temps, le réfrigérateur, le vélo et le téléphone sont devenus des biens de consommation courante pour des centaines de millions de personnes. Globalement, les Chinois ont aussi accru, au cours de ce quart de siècle, d’un tiers au moins leur consommation moyenne de calories-ce qui n’est pas sans expliquer l’allongement de leur espérance de vie….

    Cela étant, …la Chine reste un pays pauvre, très pauvre même. Près de la moitié de la population vit encore avec moins de deux dollars par jour. Le revenu moyen a augmenté, mais à 1000 dollars par an (à peine 800 euros), il reste à des années-lumière de celui des pays qui ont fait leur révolution industrielle il y a un ou deux siècles-trente fois moins qu’en France, quarante fois moins qu’aux Etats-Unis…Le Chinois trouvera peut-être quelque source de satisfaction en apprenant que son revenu moyen est deux fois supérieur à celui de l’Indien…

    Si l’on prend le PIB calculé en volume plutôt qu’en valeur, en pouvoir d’achat plutôt qu’en monnaie courante donc, l’écart de la Chine est moindre : en termes de « parité de pouvoir d’achat », la Banque mondiale estime à 4000 dollars le PIB par habitant, dix fois moins « seulement » que celui des Etats-Unis. » (7)

    Que ceux qui veulent juger et donner des conseils le fassent je m’en sens incapable et j’admire ce peuple travailleur qui de surcroit à l’inverse des Occidentaux n’a pas pillé d’autres peuples, porte partout la paix et le développement. L’arrogance occidentale qui ignore ce qu’est le sous développement et qui veut surtout ne jamais se rappeler comment sa propre société a pillé le monde, a été capable d’inscrire dans les jardins chinois des pancartes "interdites aux chiens et aux Chinois", a détruit une des merveilles du monde, le palais d’été, a imposé la guerre de l’opium, forcé une génération à être des morts vivants, les ortures japonaises qui ont effrayé même les nazis, j’en passe et des meilleurs, se permettent alors que leurs propres capitalistes continuent àç sévir, alors qu’eux mêmes bénéficient de produits venus de Chine, cette ,insupportable arrogance se permet encore de critiquer la Chine. Et au lieu d’admirer l’héroïsme du peuple chinois, de contempler éblouï comme cela le mérite ce qu’ils ont donné à voir de leurs efforts dans ces jeux olympiques, manifestent leur insondable mesquinerie. sans même penser à remercier ce peuple qui attendait le coeur battant qu’on le félicitat pour tant de courage, tant d’efforts, tant d’humble vaillance. Oui nous occidentaux nous appartenons bien comme les Etats-Unis à cette "civilisation" que décrit le Cubain José Marti : "Il est d’un coeur mesquin, et rongé par l’envie impuissante, d’aller chercher des poux à la grandeur patente, et de la dénier catégoriquement en invoquant le plus minime des défauts, ou bien de se jucher sur un trepied d’oracle, comme si l’on purgeait le soleil d’une tâche".

    Danielle Bleitrach

    (1) Thèse et mémoire de DIDERON, Sylvie, INSTITUT NATIONAL AGRONOMIQUE PARIS-GRIGNON, 1993/00/00 (Suisse)

    (2) Le rapport de cette étude peut être téléchargée sur le site de fair-computer

    (3) Jean françois Huchet, la responsabilité sociale des entreprises étrangères en Chine, Ires-FO, juin 2007

    (4) une des formes particulières de la lutte contre la corruption est le contrôle des hauts salaires elle témoigne à sa manière de la pression qui est exercée contre la nouvelle bourgeoisie de la part de la base. Ainsi le ministre de la Commission pour la supervision des Actifs d’Etat (en anglais : State-owned Assets Supervision and Administration Commission, soit le SASAC), Li Rongrong, selon le Qotidien du peuple du 4 août 2008 a fait état de la controverse de hauts salaires dans des entreprises d’Etat. Il a dit que la croissance des salaires de managers durant la période comprise entre 2004 et 2006 était de moins de 15% — moins important que le profit de 36,7% que leurs entreprises avaient créés. La controverse a été provoqué par des rapports selon lesquels on a découvert l’année dernière que Ma Mingzhe, directeur général de la Compagnie d’assurances de Ping An, la seconde du genre de Chine, avait collecté plus de 45 millions de yuans (6,6 millions de dollars) pour son salaire annuel avant impôt. Ce salaire était 3 200 fois le revenu disponible par habitant des résidents urbains de Chine de l’année dernière.

    (5) Le Soir du 29/07/08, entrefilet en page économique

    (6) Alternative économiques, « Chine un petit bond en avant » n°271 juillet-août 2008p ;79

    (7) d’Erik Izraelewicz, « Quand la Chine change le monde », Grasset, 2005


    sur le blog de Danielle Bleitrach, histoire et société
     
    http://lepcf.fr/spip.php?page=article&id_article=1793

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  • Personne n’en parle plus, il y a eu 1000 mortes en condition de quasi esclavage

     

    Le Bangladesh a appelé samedi l’Union européenne à ne pas prendre de mesures restrictives contre l’activité textile indispensable à son économie après l’effondrement d’un immeuble abritant des ateliers de confection qui a fait près de 550 tués. Les services de secours continuent à retirer des cadavres des décombres du bâtiment qui s’est effondré le 24 avril à Savar, ville située à une trentaine de kilomètres de Dacca. L’Union européenne a menacé de prendre des mesures restrictives contre les vêtements confectionnés au Bangladesh afin de contraindre les autorités du pays à améliorer les conditions de sécurité dans lesquelles travaillent les ouvriers. Cet accident a mis en lumière les pratiques de certains détaillants occidentaux à l’égard des pays pauvres d’Asie devenus une source d’approvisionnement en produits bon marché. La confection emploie près de quatre millions de personnes au Bangladesh, ce qui en fait le deuxième pays producteur après la Chine dans ce secteur d’activité. Certains ouvriers de ces ateliers perçoivent un salaire de 38 dollars par mois.

     

     

    Bleitrach 568

     

    05 mai 2013 Par cerise

     

    Le bilan c’est 500 très jeunes femmes assassinées par leur patron qui tentait de s’enfuir. Voilà le brillant résultat des sous-traitances en chaîne, jusqu’à un coût du travail de 30€ par mois, moins cher qu’en Chine! Nos grandes marques de fringues; c’est là-bas qu’elles font leurs marges sur la vie, la santé de ces femmes. Il faut une catastrophe pour qu’on en parle. Monsieur BAYROU qui trouve le Code du travail français tellement lourd et tellement fastidieux comparé au code du travail suisse pourrait se pencher sur celui du Bengladesh encore plus léger et pas trop pénible à déchiffrer pour les chefs d’entreprise surbookés.

     

    Il n’y a pas de paragraphe sur la santé et la sécurité au travail, pas une ligne sur les pauses obligatoires, rien sur les accidents du travail.  C’est à ça qu’on mesure ce qu’est la construction patiente d’un Code du travail, un minimum protecteur pour les salariés. C’est ce Code du travail là que le MEDEF veut démolir, avec l’ANI il a franchi une étape. Le Bengladesh voilà un modèle pour un coût du travail compétitif, où le patronat est libéré des rigidités sociales et de toute judiciarisation ! Toutes les marques européennes de textile ont trouvé là un havre de « liberté entreprenariale » et elles ne s’en privent pas.

     

    Espérons que cette catastrophe serve au moins à ce que là-bas un employeur soit contraint à un minimum de normes sociales et qu’on ne livre plus des jeunes filles de 10 ans à la mort pour un salaire de 30€ par mois.

     

    Dans nos médias dénonciatrices des turpitudes on n’a pas cherché à savoir les sommes que Mango, Benneton et les autres faisaient sur les vêtements fabriqués par les ouvrières de DACCA. Des étiquettes des marques qui font de la pub ont été retrouvées sur les lieux du crime.

     

    Comment pourrions-nous d’ici transmettre nos condoléances aux familles et notre solidarité avec celles et ceux qui ont survécu?

     

    Si nous ne faisons pas ce minimum là nous sommes indignes de nous réclamer des luttes sociales et d’une quelconque conscience de classe.

    http://www.pcfbassin.fr/


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  • «Made in Bangladesh» ou la terreur «Made in capitalisme»

    Déposé par admin dans 1 mai 2013 

    Mercredi 24 Avril, un jour après que les autorités du Bangladesh ait demandé aux propriétaires d’évacuer leur usine de confection qui employait près de 3.000 ouvriers, le bâtiment s’est effondré, faisant plus de 300 morts.

    Dans ce bâtiment, appelé Rana Plaza et situé a Savar, un faubourg de la capitale Dacca, on produisait des vêtements pour la filière qui part des champs de coton de l’Asie du Sud, se poursuit avec les machines et les travailleurs du Bangladesh et se termine dans les boutiques de vente au détail sur les deux rives de l’Atlantique. Sont cousus ici tant des vêtements de marques célèbres que ceux qui sont vendus dans les Wal-Mart et autres grandes chaînes de distribution.

    Les secouristes ont pu sauver 2.000 personnes mais plus de 300 ont trouvé la mort et ce chiffre pourrait encore augmenter. Il n’est pas inutile de rappeler que le nombre de morts dans l’incendie de l’usine Shirtwaist Triangle à New York de 1911 était de 146. Le nombre de morts ici est déjà deux fois plus important. Cet «accident» intervient cinq mois après l’incendie de l’usine textile Tazreen, le 24 novembre 2012, qui a tué au moins 112 travailleurs.

    La liste des «accidents» est longue et douloureuse. En avril 2005, une usine de vêtement à Savar s’est écroulée, tuant 75 travailleurs. En février 2006, une autre usine s’est effondrée à Dacca, faisant 18 morts. En juin 2010, un autre bâtiment s’est effondré à Dacca, tuant 25 ouvriers. Ce sont les «usines» de la mondialisation du 21esiècle – des bâtiments construits à peu de frais pour un processus de production reposant sur de longues journées de travail, des machines de troisième main et des travailleurs dont toute la vie est soumise aux impératifs de la production à flux tendu.

    Ces usines au Bangladesh font partie du paysage de la mondialisation qui se répète dans les usines le long de la frontière américano-mexicaine, à Haïti, au Sri Lanka et dans d’autres endroits qui ont ouvert leurs portes une industrie du vêtement faisant bon usage du «nouvel ordre productif et commercial» des années 1990. Des pays soumis qui n’avaient aucune volonté patriotique de se battre pour leurs citoyens et n’éprouvaient pas le moindre souci face à l’affaiblissement à long terme de leur ordre social se sont précipités pour accueillir la production de vêtements. Les grands producteurs de vêtements ne voulant plus investir dans les usines, ils se sont tournés vers des sous-traitants, en leur offrant des marges de profit très étroites et en les forçant ainsi à gérer leurs usines comme des bagnes industriels pour les travailleurs.

    Le système de sous-traitance a permis à ces entreprises multinationales de décliner toute responsabilité pour ce qui était fait par les propriétaires de ces petites usines et de profiter des avantages de produits bon marché sans que leurs consciences soient souillées par la sueur et le sang des travailleurs. Il a également permis aux consommateurs du monde occidental d’acheter des marchandises en grande quantité, en finançant souvent cette consommation par le crédit et l’endettement, sans se soucier des méthodes de production. A l’occasion, une explosion de bonne conscience libérale se retournait contre telle ou telle entreprise, mais il n’y a pas eu de prise conscience globale du fait que la manière dont fonctionne la filière Wal-Mart rend tout à fait « normales » les manières de produire et les pratiques commerciales qui ont provoqué l’une ou l’autre de ces campagnes.

    Les travailleurs bangladais n’ont pas été aussi dociles que les consommateurs occidentaux. Tout récemment, en juin 2012, des milliers de travailleurs de la zone industrielle d’Ashulia, en bordure de Dacca, ont mené des actions de protestation, exigeant augmentations de salaires et meilleures conditions de travail. Pendant des jours, ils ont fermé trois cents usines, bloquant la route Dacca-Tangali à Narasinghapur. Ces travailleurs gagnent entre 3.000 et 5.500 taka (38 à 70 dollars) par mois ; ils voulaient une augmentation mensuelle de 1.500 et 2.000 taka (19 à 25 dollars) par mois. Le gouvernement a envoyé 3.000 policiers pour sécuriser les lieux et le Premier ministre a assuré qu’il se pencherait sur la question, sans s’engager davantage. Un comité de trois membres a été mis en place mais rien de substantiel n’est sorti de ses travaux.

    Consciente de la futilité des négociations avec un gouvernement soumis à la logique de la filière textile, la population ouvrière de Dacca a explosé d’une colère violente au fur et à mesure qu’arrivaient les nouvelles de l’effondrement du Rana Plaza. Les travailleurs ont fermé la zone industrielle autour de Dacca, bloquant les routes et démolissant les voitures. L’insensibilité du patronat regroupé dans l’Association des Fabricants de Vêtements du Bangladesh (BGMEA) a jeté de l’huile sur le feu de la colère des travailleurs. Après les manifestations de juin dernier, le dirigeant de la BGMEA, Shafiul Islam Mohiuddin, a accusé les ouvriers d’être impliqués dans « une sorte de conspiration ». Il a affirmé qu’il n’y aurait « aucune logique à augmenter les salaires des travailleurs ». Cette fois-ci, le nouveau président de la BGMEA, Atiqul Islam, a suggéré que le problème n’était pas la mort des travailleurs ou les mauvaises conditions dans lesquelles ils peinent mais « l’interruption de la production en raison de troubles et de hartals [grèves] ». Ces grèves, a-t-il dit, sont « juste un autre coup dur pour le secteur du vêtement ». Il n’est donc pas étonnant que ceux qui sont descendus dans les rues aient aussi peu confiance dans les sous-traitants et le gouvernement.

    Les tentatives pour diminuer l’exploitation ont été jusqu’ici contrecarrés par une pression organisée du gouvernement et par les avantages qu’offrent l’assassinat des opposants. Le moindre point positif dans la loi du travail du Bangladesh est immédiatement éclipsé par la faiblesse de son application par le Département de l’Inspection du Travail. Il n’y a que 18 inspecteurs et inspecteurs adjoints pour surveiller les 100.000 usines établies dans la région de Dacca où sont situées la plupart des usines de confection. Si une infraction est détectée, les amendes sont trop faibles pour inciter à des réformes. Lorsque les travailleurs tentent de former des syndicats, la réponse brutale des directions suffit à briser leurs efforts. Celles-ci préfèrent affronter des flambées anarchiques de violence plutôt que la consolidation progressive du pouvoir des travailleurs.

    En fait, la violence a conduit le gouvernement bangladais à créer une Cellule de gestion de crise et une Police industrielle, non pas pour surveiller les violations des lois du travail mais pour espionner ceux qui essaient d’organiser les travailleurs. En Avril 2012, des hommes demain du patronat ont enlevé Aminul Islam, l’un des principaux organisateurs du Centre pour la Solidarité des Travailleurs du Bangladesh. Celui-ci a été retrouvé mort quelques jours plus tard, le corps couvert de traces de torture.

    Le Bangladesh a été le théâtre ces derniers mois de manifestations remettant en mémoire les pages sombres de son histoire – à l’occasion du procès contre des dirigeants du parti islamiste Jamaat-e-Islam responsables de terribles actes de violence contre les combattants de la liberté en 1971 – qui ont amené des milliers de personnes à occuper la place Shanbagh à Dacca. Cette manifestation s’est transformée en confrontation politique entre les deux partis traditionnels du pays, marginalisant les appels à la justice pour les victimes de la violence. Cette protestation a enflammé le pays, qui a ensuite réagi très fort face à la terreur vécue au quotidien par les travailleurs du secteur de l’habillement. L’«accident» du bâtiment de la Rana Plaza pourrait donner un nouvel élan à un mouvement de protestation qui autrement risquait de partir à la dérive.

    Pendant ce temps, dans le monde occidental, le fait que l’attention est braquée sur la guerre contre le terrorisme et sur le ralentissement de l’économie empêche toute introspection sérieuse sur un mode de vie qui repose sur une consommation alimentée par l’endettement, au détriment des travailleurs de Dacca. Pourtant, ceux qui sont morts dans le bâtiment de Rana Plaza sont les victimes non seulement des malversations des sous-traitants, mais aussi de la mondialisation du 21e siècle.

    Article publié sur www.counterpuch.org et disponible en anglais sur ESSF (article ). Traduction pour avanti4.be : Jean Peltier.

    http://www.gauche-anticapitaliste.ch/?p=9824


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  • Monde - le 30 Avril 2013

    Bangladesh : la griffe des marques sur les usines de la mort

     

    Les manifestations se succèdent après l’effondrement d’un immeuble abritant plusieurs ateliers de textile qui a causé la mort de 381 personnes et en a blessé des milliers d’autres. Quelque 15 000 ouvriers défilaient hier à nouveau à Dacca.

    Des centaines de portraits de disparus étaient de nouveau brandis, hier, dans les rues de la périphérie de Dacca. Des centaines de portraits comme autant d’interpellations. Ce n’est pourtant pas faute de savoir qui porte une responsabilité dans le drame survenu mercredi dernier, avec l’effondrement de l’immeuble illégal Rana Plaza dans la capitale bangladaise qui aurait causé la mort d’au moins 381 ouvriers (sur 3 000) et fait des milliers de blessés graves, des femmes dans leur immense majorité. Soit la pire catastrophe humaine et industrielle de la jeune histoire du Bangladesh.

    En quittant leurs chaînes de travail, hier, les 15 000 ouvriers réclamaient la peine de mort pour les propriétaires de l’immeuble abritant les entreprises de confection sous-traitantes de grandes marques occidentales, à l’instar de l’espagnole Mango et de la britannique Primark, seules enseignes à avoir confirmé les commandes passées aux ateliers du Rana Plaza. « Ils ont bloqué des routes en chantant “Pendez Rana” », rapportait Badrul Alam, le chef de la police locale. Mohamed Sohel Rana, l’un des propriétaires de l’immeuble, a été appréhendé dimanche alors qu’il tentait de fuir vers l’Inde ; l’industriel espagnol David Mayor, qui possédait une partie des locaux, est toujours recherché par la police et trois propriétaires d’ateliers, arrêtés samedi, devront répondre d’homicides par négligence. Sur le parcours des manifestants, des véhicules auraient été incendiés et la police n’a pas hésité à faire usage de balles en caoutchouc et de gaz lacrymogènes.

    Des conditions déplorables de travail

    La colère que les patrons locaux espéraient étouffer en décrétant le week-end dernier chômé retombera-t-elle d’ici quelques semaines, comme ce fut le cas en novembre dernier lorsqu’une autre usine de textile, sous-traitante du géant américain Wal-Mart, était réduite en cendres, emportant 112 de ses travailleurs ? Le drame lève une nouvelle fois le voile sur les conditions déplorables de travail dans ce secteur fer de lance de l’économie nationale, puisque le textile place le Bangladesh au rang de deuxième exportateur mondial après la Chine. En 2012, les exportations de prêt-à-porter ont ainsi atteint 14,5 milliards d’euros, soit 80 % du commerce extérieur et 45 % des emplois industriels du pays. Les ouvriers enclenchent régulièrement des luttes pour que le Parlement vote une loi sur la sécurité. En vain. Nombre de députés sont effectivement propriétaires d’usines et préfèrent sauvegarder un environnement favorable aux investissements étrangers plutôt que de consentir à des augmentations ou à des travaux qui ralentiraient la production sous pression constante des délais imposés par les marques occidentales. « Un député sur dix possède, lui ou sa famille, une usine de textile », juge ainsi Kalpona Akter, la directrice du 
Bangladesh Center for Workers Solidarity, une ONG de défense des droits des travailleurs. Le propriétaire du Rana Plaza est par ailleurs dirigeant du mouvement de jeunesse laïque de la Ligue Awami, actuellement au pouvoir.

    «La responsabilité de ce qui est arrivé incombe d’abord au gouvernement du Bangladesh, mais le vrai pouvoir est entre les mains des marques occidentales et de leurs distributeurs, à commencer par les plus grands d’entre eux : Wal-Mart, H&M, Inditex, Gap et les autres. La pression que ces acheteurs mettent sur les usines est telle que les directeurs de ces unités de production n’entreprendront pas les travaux nécessaires à leur sécurité », souligne de son côté un responsable syndical. Après l’incendie de novembre, le gouvernement s’était engagé à fermer les usines au système de sécurité défaillant. Quatre étages supplémentaires ont été ajoutés à la va-vite au Rana Plaza, déjà construit sans autorisation sur un sol instable et, la veille de la catastrophe, des inspecteurs auraient fait état de graves fissures.

    Nombre de marques internationales sont censées avoir adopté un code de conduite les engageant, d’un bout à l’autre de la chaîne, à ne pas employer d’enfants de moins de quatorze ans, à ne pas faire travailler les ouvriers plus de soixante-douze heures par semaine et à favoriser un environnement de travail sain. Pourtant, au Bangladesh comme ailleurs, les audits conduits par les grands groupes auprès de leurs sous-traitants ne sont ni transparents, ni contraignants, ni indépendants. Autant dire une porte ouverte à l’impunité. Depuis 2005, 1 000 ouvriers bangladais ont trouvé la mort sur leur lieu de travail.

    Les multinationales se défilent
    Outre Primark et Mango, d’autres marques occidentales sont soupçonnées d’avoir passé commande aux ateliers de textile abrités par le Rana Plaza. Les syndicats locaux citent pêle-mêle Benetton, C & A, Carrefour et Wal-Mart. Des étiquettes auraient été retrouvées dans les décombres et permettront bientôt de confondre les responsables. « Les gens concernés dans l’effondrement de l’atelier au Bangladesh n’étaient pas des fournisseurs de Benetton », 
se défend la marque italienne. Même discours du côté de Carrefour, qui communique 
sur sa volonté de mener une « enquête approfondie » afin de déterminer le circuit 
des bons de commande et de ses fournisseurs. Ce type d’investigation mènera-t-elle les grandes marques à se défausser sur des sous-traitants officieux dont ils diront ne pas soupçonner l’existence ? Les syndicats locaux et associations de défense des travailleurs appellent d’ores et déjà les multinationales à « prendre leurs responsabilités ».


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  • Immeuble effondré au Bangladesh : 300 morts et de violentes manifestations

    Publié le 26.04.2013, 13h20 | Mise à jour : 13h59

     De violents affrontements ont éclaté ce vendredi entre les forces de l'ordre et des milliers de travailleurs, en colère après l'effondrement d'un immeuble d'ateliers de confection qui a fait plus de 300 morts mercredi.

     De violents affrontements ont éclaté ce vendredi entre les forces de l'ordre et des milliers de travailleurs, en colère après l'effondrement d'un immeuble d'ateliers de confection qui a fait plus de 300 morts mercredi. | AFP/MUNIR UZ ZAMAN

    La colère des travailleurs gronde au Bangladesh, après l'effondrement mercredi d'un immeuble construit illégalement dans lequel plus de 300 ouvriers du textile ont trouvé la mort. Ce vendredi, des heurts ont opposé la police à des centaines de milliers de manifestants, qui réclament des sanctions contre les responsables.


    La police a tiré des balles en caoutchouc et des gaz lacrymogènes contre la foule en colère à Savar, dans la banlieue de la capitale Dacca, où le Rana Plaza, un immeuble de huit étages, s'est effondré comme un château de cartes. Il s'agit du pire accident dans l'histoire industrielle du Bangladesh, un pays pauvre d'Asie du Sud qui a fait de la confection le pivot de son économie.

    «La situation est très instable. Des centaines de milliers d'ouvriers participent à la manifestation», a reconnu un responsable de la police. Des travailleurs ont ainsi attaqué des usines, renversé des véhicules, brûlé des pneus sur la route et essayé de mettre le feu à des échoppes le long du parcours de la de masse. Ils ont aussi obligé des usines textiles à fermer. «Ils exigent l'arrestation et l'exécution des propriétaires des ateliers et du bâtiment qui s'est effondré à Savar», a expliqué le responsable policier.

    Le bilan de la catastrophe s'est encore aggravé, passant pour la première fois le cap des 300 morts, dont une grande proportion de femmes. «Le bilan est de 304 morts», a déclaré un porte-parole de l'armée, Shahinul Islam, précisant que plus de 2 300 personnes avaient été sorties vivantes des décombres depuis l'accident.

    VIDEO. Bangladesh : violentes manifestations d'ouvriers du textile


     
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    VIDEO. Un immeuble s'effondre au Bangladesh


     
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    La catastrophe a relancé la polémique sur la sécurité dans l'industrie textile fournissant des marques occidentales. L'immeuble abritait cinq ateliers de confection notamment liés à la marque espagnole Mango et au britannique Primark, seules enseignes à avoir confirmé leurs relations avec des ateliers du Rana Plaza où travaillaient quelque 3 000 personnes. Des ouvriers s'étaient publiquement inquiétés la veille de fissures mais leurs responsables ont ignoré les mises en garde, leur enjoignant d'embaucher normalement le jour suivant.

    Le Premier ministre du Bangladesh a promis jeudi que le propriétaire de l'immeuble, en fuite, serait pourchassé et puni. Ce vendredi, l'Organisation internationale du travail (OIT) a lancé un appel aux autorités du Bangladesh et aux partenaires sociaux de ce pays pour la création de «lieux de travail sûrs».

    En savoir plus : EN IMAGES : les terribles images de l'immeuble effondré

    LeParisien.fr

    Effondrement d'un immeuble au Bangladesh: au moins 230 morts, deuil national

    L'effondrement mercredi au Bangladesh d'un immeuble abritant des ateliers de confection a fait au moins 159 morts et un millier de blessés, selon un nouveau bilan de cet accident qui relance la polémique sur la sécurité dans l'industrie textile fournissant l'Occident.
(c) Afp

    L'effondrement mercredi au Bangladesh d'un immeuble abritant des ateliers de confection a fait au moins 159 morts et un millier de blessés, selon un nouveau bilan de cet accident qui relance la polémique sur la sécurité dans l'industrie textile fournissant l'Occident. (c) Afp

    SAVAR (Bangladesh) (AFP) - Les secours au Bangladesh luttaient toujours jeudi pour extraire des survivants piégés sous les décombres d'un immeuble, un effondrement qui a fait au moins 230 morts et relance la polémique sur la sécurité dans l'industrie textile fournissant des marques occidentales.

    Cet immeuble de huit étages, Rana Plaza, et situé à la périphérie de la capitale, Dacca, abritait cinq ateliers de confection notamment liés à la marque espagnole Mango et au britannique Primark.

    Le bâtiment s'est effondré comme un château de cartes peu après l'embauche mercredi, à Savar. Il s'agit du pire accident dans l'histoire industrielle de ce pays défavorisé qui a fait du secteur textile le pivot de son économie.

    Des plaintes et des appels à l'aide de victimes englouties par des tonnes de gravats et d'acier tordu guidaient l'épuisant travail des secours au milieu d'un site évoquant les conséquences d'un puissant séisme. Des centaines de personnes attendaient, rongées par l'angoisse, en brandissant des photos de leurs proches.

    Des ouvriers du textile travaillant au sein du bâtiment s'étaient publiquement inquiétés la veille de fissures mais leurs responsables ont ignoré les mises en garde, leur enjoignant d'embaucher normalement le jour suivant.

    Des dizaines de milliers d'ouvriers ont débrayé jeudi en signe de solidarité, provoquant la fermeture de centaines d'usines, tandis que les drapeaux étaient en berne pour une journée de deuil national.

    "Le bilan est désormais de 230 morts", a dit à l'AFP Moshiuddowla Reza, un responsable de la police. Il a ajouté que la plupart des victimes faisaient partie des quelque 3.000 ouvriers du textile, dont une majorité de femmes, employés au Rana Plaza. Le précédent bilan faisait état de 200 morts.

    Quelque 1.000 personnes étaient par ailleurs soignées à l'hôpital, selon Hiralal Roy, un médecin urgentiste de l'hôpital Enam, non loin du site.

    Ce drame relance la polémique sur les conditions de sécurité et de travail dans le secteur textile au Bangladesh, le deuxième plus important au monde, qui fournit nombre de marques occidentales à bas prix.

    En novembre 2012, un incendie dans une usine textile fournissant notamment l'américain Walmart avait fait 111 morts à la périphérie de Dacca. Selon des ouvriers, leurs responsables leur avaient demandé de rester à leur poste en affirmant qu'il ne s'agissait que d'un exercice d'alerte incendie.

    La chaîne britannique de vêtements à bas prix, Primark, a reconnu que l'un de ses fournisseurs était basé au Rana Plaza. "Le groupe est choqué et profondément attristé par cet accident épouvantable à Savar et exprime ses condoléances à toutes les personnes concernées", selon un communiqué.

    Mis en cause par des militants de la Fédération des ouvriers du textile et de l'industrie au Bangladesh ayant retrouvé dans les décombres des étiquettes de la marque "Tex" du groupe Carrefour, le français a assuré qu'"aucune des entreprises qui étaient en activité dans cet immeuble ne fait partie de notre liste de fournisseurs au Bangladesh".

    Une enquête était toutefois en cours, a-t-il dit.

    L'espagnol Mango a quant à lui admis avoir passé des commandes pour 25.000 articles, précisant qu'il s'agissait toutefois d'échantillons.

    Walmart a de son côté dit enquêter sur des accusations selon lesquelles il avait des fournisseurs basés au Rana Plaza.

    La Fédération des ouvriers du textile a aussi fourni des documents liés à des commandes de Benetton à un atelier de confection, New Wave Style, mais l'italien a affirmé que "les gens impliqués dans l'effondrement de l'atelier au Bangladesh n'étaient pas des fournisseurs de Benetton".

    Le groupe de défense des ouvriers du textile, Clean Clothes Campaign, basé à Amsterdam, a pour sa part affirmé que des étiquettes de la marque européenne C&A avaient été retrouvées. C&A a dit à l'AFP ne plus avoir de lien avec un fabricant basé au Rana Plaza depuis octobre 2011.

    Selon Tessel Pauli, une porte-parole de Clean Clothes Campaign, cet accident est "symptomatique" des problèmes dans ce secteur au Bangladesh.

    "Ces accidents montrent un échec des marques (étrangères) à faire de la sécurité une priorité. Ils savent ce qui doit être fait et ne le font pas", a-t-elle dénoncé mercredi auprès de l'AFP.

    Un responsable de la police, Monir Hossain, a précisé qu'une enquête avait été ouverte à l'encontre du propriétaire du bâtiment, un membre du parti au pouvoir, pour violation des règles de construction.

    Mustafizur Rahman, le responsable d'une unité de police chargée du secteur industriel, a par ailleurs affirmé que les propriétaires des ateliers situés dans l'immeuble avaient délibérément ignoré un appel de fermeture lancé par les autorités et demeuraient invisibles depuis la catastrophe.

    http://tempsreel.nouvelobs.com


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  •  Afghanistan. La production d’héroïne a été multipliée par quarante depuis l’intervention de l’OTAN

    Oncle Sam et l'opium d'AfghanistanLa production d’héroïne a été multipliée par quarante en Afghanistan depuis l’intervention de l’OTAN, en 2001. Ces chiffres alarmants ont été avancés par Viktor Ivanov, directeur du service fédéral russe de contrôle des narcotiques, dans son discours tenu à Vienne le 11 mars 2013 à l’occasion de la 56ème session de l’office de Nations-Unies contre la drogue et le crime. Une bonne occasion pour rappeler qu’un peu plus d’un million de personnes ont perdu ces dix dernières années la vie en raison de l’abus de stupéfiants.

     

    Viktor Ivanov a avancé qu’un des principaux facteurs d’instabilité en Afghanistan était encore représenté par l’héroïne : « tout observateur impartial doit admettre la triste réalité que la communauté internationale n’a pas réussi à stopper la production d’héroïne en Afghanistan depuis l’arrivée des troupes de l’OTAN ». Au cours de la dernière décennie, la place de l’opium dans l’agriculture a fait un bond de 18%, passant de 131.000 hectares cultivés à 154.000. Au point de pouvoir dire sans se tromper que sa production est devenue centrale dans l’économie du pays. 

     

    Peu de temps avant l’intervention de l’OTAN, les talibans avaient pris des mesures d’interdiction de l’opium, le déclarant contraire aux lois islamiques, et avaient réussi à abaisser notablement le niveau de production. Mais la production redémarra de plus belle depuis l’occupation occidentale, et Kaboul couvre désormais 90 % du marché mondial de l’héroïne dont une grande partie se retrouve dans les rues des villes des États-Unis, de Russie et d’Europe.

     

    Ivanov en a profité pour rappeler comment il tentait de convaincre la population locale qui doit souvent sa survie à la culture du pavot, et aussi comment il espérait couper le financement des talibans qui sont fréquemment en mesure de trouver des fonds provenant de la vente de l’opium à des marchés étrangers. Ce qui n’est pas une mince affaire quand on sait qu’environ 15 % du produit national afghan sont directement issus des exportations de drogue, dont le montant est estimé à quelque 2,4 milliards de dollars par an.

     

    Les États-Unis et l’OTAN n’ont visiblement pas l’intention de faire table rase des champs d’opium, ce qui soulève de nombreux doutes car en Colombie, le gouvernement local et l’Oncle Sam ont détruit près de 150.000 hectares de coca en 2011. Une broutille à côté des 2.000 plans d’opium déracinés dans le même laps de temps.

     

    Une raison à cela selon la chaîne d’information Russia Today : les banques internationales tireraient avantage de cette situation. La drogue serait ainsi devenue pour elles aussi importante que le pétrole ou le gaz naturel.

     

    Capitaine Martin

     

    Le trafic mondial de la drogue

    http://www.resistance-politique.fr


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  •  Nouvel incendie d'une usine textile au Bangladesh

    Le capitalisme n'a pas de frontières ni de nationalités. Il exploite partout dans le monde le genre humain afin d'engranger le maximum de profits. Et dans cette course aux gains, la mort au travail n'épargne personne surtout dans les pays en voie de développement. 7 ouvrières viennent de mourir dans l'incendie de leur usine textile au Bangladesh, dont les commanditaires étrangers étaient espagnol, allemand et français. En ce qui concerne la France, New Look, Scott and Fox et Solo Invest. Oui, c'est plus class en anglais pour exploiter la misère et berner les consommateurs de notre pays.

     

    Communiqué de presse
    Paris, le 28 janvier 2013

    Un nouvel incendie d'une usine textile au Bangladesh tue au moins sept ouvrières

     

    Le feu a ravagé l'usine de prêt-à-porter Smart Export samedi en début d'après-midi. Des étiquettes des marques Bershka et Lefties, appartenant au géant espagnol Inditex, du discounter allemand KIK ainsi que des marques françaises New Look, Scott and Fox et Solo Invest ont été retrouvées sur les lieux, le lendemain du drame.

    L'incendie, qui s'est déclaré samedi en début d'après-midi, a coûté la vie d'au moins sept ouvrières, dont quatre n'avaient que 17 ans. Celles-ci sont mortes étouffées par la fumée ou piétinées
    dans le mouvement de panique. De nombreux blessés sont également à déplorer.

    Peuples Solidaires et le Collectif Ethique sur l'étiquette, ainsi que les organisations de défense des droits des travailleurs locales,
    exhortent les multinationales de l'habillement à prendre des mesures immédiates pour faire cesser ces intolérables accidents à répétition.

    En novembre dernier seulement, nos organisations déploraient la mort de 112 personnes dans l'incendie de l'usine de confection
    Tazreen. Depuis 2005, ce sont plus de 700 ouvriers et ouvrières du prêt-à-porter qui ont ainsi péri dans des accidents ou incendies d'usines au Bangladesh; des milliers demeurent gravement et irrémédiablement blessés. Inditex et Solo Invest se fournissaient déjà auprès de l'usine Spectrum dont l'effondrement en 2005 avait causé la mort de 64 travailleurs. Peuples Solidaires et le Collectif Ethique sur l'étiquette dénoncent l'inertie des marques internationales de l'habillement, qui refusent de prendre les mesures nécessaires pour prévenir de tels drames dans une industrie dont ils connaissent la vétusté, dans une course criminelle au profit. Elles leurs demandent de signer l'Accord sur la sécurité et les incendies au Bangladesh proposé par les organisations de défense des droits des travailleurs, les syndicats locaux et internationaux, qui prévoit des mesures concrètes pour prévenir ces accidents. " Les ouvriers et ouvrières continuent de mourir, et les marques perdent du temps à se trouver des excuses au lieu de prendre des mesures concrètes. KIK n'a toujours pas indemnisé les victimes de l'incendie de Tazreen et Inditex n'a pas signé l'Accord sur la sécurité et la prévention des incendies au Bangladesh qui lui a été présenté il y a plus d'un an", déclare Fanny Gallois de Peuples Solidaires et du Collectif Ethique sur l'étiquette. Nos organisations demandent, avec leurs partenaires locaux, la conduite d'enquêtes indépendantes et transparentes visant à élucider les causes de ces incendies, et permettre la juste indemnisation des victimes et de leurs familles.

    Contact presse
    :
    Fanny Gallois
    Peuples Solidaires / Collectif Ethique sur l'étiquette
    :
    f.gallois@peuples-solidaires.org

       

    http://le-blog-de-roger-colombier.over-blog.com

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