• Anéantir le pouvoir de nuisance du capital

     

     

    Anéantir le pouvoir de nuisance du capital

     

    Anéantir le pouvoir de nuisance du capital et de ses représentants

    L’Élu d'aujourd'hui, mars 2012

    Questions à Jean-Jacques Candelier, député communiste du Nord

     

    Le 7 février, vous dénonciez à l’Assemblée nationale un recul de civilisation.

     

    J’ai en effet rappelé au Premier ministre la promesse du candidat Sarkozy en 2007 : « Si je suis élu, d’ici deux ans, il n’y aura plus un seul SDF dans la rue ».

    Le bilan est catastrophique. Alors que le froid touche la France, les sans-abris ont toujours plus de mal à dormir au chaud. Parce que leur salaire ne leur permet pas d’assumer le loyer, des travailleurs pauvres grelottent la nuit dans leur voiture. Ceux qui claquent des dents ont parfois un toit sur la tête, mais vivent dans le noir faute de pouvoir régler la facture d’électricité. On recense plus de 8 millions de pauvres et la précarité énergétique touche près de 4 millions de ménages. Il y a de quoi être en colère.

     

    Comment en est-on arrivé là ?

     

    Ce qu’il faut toujours avoir en tête, c’est que des coffres-forts débordent et continuent de se remplir. Les patrons du CAC 40 ont vu leurs salaires augmenter de 34 % depuis 2006. Ils gagnent en moyenne 1,26 million d’euros par an, sans compter les substantiels bonus. En trente ans, la rémunération des actionnaires est passée de 5 à 25 % des richesses produites par les salariés. Victor Hugo disait : « c’est de l’enfer des pauvres qu’est fait le paradis des riches » ! La France est malade du creusement des inégalités.

    Par ailleurs, avec la TVA antisociale, l’UMP veut offrir au patronat une ristourne sur les cotisations sociales, que les ménages, notamment les plus pauvres, devront acquitter. Ceux qui prétendent, comme M. Claude Guéant, donner au monde des leçons de civilisation feraient bien de réfléchir. Réduire la protection sociale, qu’il s’agisse de la retraite ou de l’accès aux soins, faire de la précarité un modèle, détricoter le code du travail, privatiser un à un les services publics, ériger la rentabilité et la compétitivité en système, cela s’appelle un recul de civilisation !

     

    Vous étiez aussi intervenu à l’occasion d’un débat sur l’ « évaluation de la performance des politiques sociales en Europe », qu’est-ce qui se joue ?

     

    Le titre fait peur ! Il y a une volonté idéologique, qui masque des intérêts financiers puissants, d’uniformiser les politiques publiques au détriment des droits sociaux.

    Sur le prétendu « coût du travail » (qui est en réalité un salaire, contrepartie d’un travail) : le travail n’est pas plus cher en France qu’en Allemagne. Les salaires dans l’industrie française sont strictement équivalents à ce qu’ils sont en Allemagne. Dans l’industrie automobile, ils sont mêmes inférieurs de 25 % chez nous !

    De même, alors que ce rapport parlementaire vante l’excellence de nos politiques sociales familiales, la droite s’apprête à fragiliser une partie de son financement en le faisant porter sur la fiscalité. En clair, les foyers modestes, qui paient le plus la TVA, financeront eux-mêmes leurs prestations familiales, et non plus le patronat.

    Pourtant, la cour des comptes a pourtant démontré que les précédentes baisses de cotisations sociales n’avaient eu aucun impact sur l’emploi. Les cotisations patronales n’ont cessé de diminuer et le chômage a atteint son plus haut niveau depuis 12 ans.

    Ce qui se joue, c’est la viabilité de notre modèle de protection sociale. Des intérêts de classes s’opposent. J’ai rappelé au cours du débat l’absurdité de la mise en concurrence exacerbée des travailleurs du monde entier, notamment en Europe. Il faut aussi prendre des mesures pour anéantir le pouvoir de nuisance du capital et de ses représentants, qu’il soit français ou allemand, là n’est pas la question.


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