• L’art de la guerre


    Valmy 164

    Enfin –après avoir été victimes pendant plus de deux siècles de guerres, invasions et coups d’état de la part des Etats-Unis- les peuples d’Asie, Afrique et Amérique latine ont décidé qu’il est temps d’en finir. L’idée géniale a été celle d’adopter les mêmes méthodes que celles de Washington, mais pour une juste cause. On a ainsi constitué un Groupe d’action pour les Etats-Unis qui, grâce à des réunions d’experts, a élaboré le plan, dénommé « stratégie du Grand Occident ».


    L’intervention a été motivée ainsi : aux USA est au pouvoir depuis plus de deux siècles le même président qui, en se personnifiant d’une fois sur l’autre en un homme politique républicain ou démocrate, représente les mêmes intérêts de l’élite dominante. La Communauté internationale doit donc agir pour mettre fin à ce régime dictatorial. Se préparant à déposer le président Obama, une commission de dissidents a écrit une nouvelle Constitution des Etats unis d’Amérique, qui garantit une réelle démocratie à l’intérieur et une politique extérieure respectueuse des droits des autres peuples.


    En même temps (avec l’aide de consultants experts cubains, irakiens et libyens) le Groupe d’action a imposé un embargo de fer aux Etats-Unis, congelant tous les capitaux étasuniens et fermant toutes les activités des multinationales étasuniennes à l’étranger, y compris les fast food McDonald’s et les distributeurs de Coca-Cola. A la suite du blocage des spéculations financières et de l’exploitation de la main d’œuvre et des matières premières d’Asie, Afrique et Amérique latine, Wall Street s’est effondrée et l’économie étasunienne a coulé dans la crise. Le Mexique a été obligé d’ériger une barrière métallique le long de la frontière, surveillée par des véhicules et hélicoptères armés, pour empêcher que des clandestins étasuniens n’entrent dans son territoire à la recherche de travail.


    A ces mesures s’en sont jointes d’autres, militaires, pour frapper à l’intérieur selon la stratégie de la « guerre non conventionnelle ». En Amérique latine des camps militaires se sont constitués, dans lesquels sont entraînés et armés des rebelles étasuniens : il s’agit surtout de natives américains, descendants des populations exterminées par les colonisateurs, et d’afro-américains, descendants des esclaves dont l’exploitation (même après l’abolition de l’esclavage) a permis aux élites dominantes de construire de colossales fortunes. Sous la bannière de l’ « Armée américaine libre », les rebelles reviennent aux Etats-Unis. En même temps sont infiltrées des forces spéciales africaines, latino-américaines et asiatiques, dont les commandos (choisis parmi ceux qui maîtrisent la langue) peuvent être confondus avec des rebelles étasuniens. Ils sont dotés d’armement et de systèmes de communication sophistiqués, qui leur permettent d’effectuer des attaques et sabotages effroyables. Ils disposent en outre de grosses quantités de dollars pour corrompre des fonctionnaires et des militaires. Comme le noyau dur de la Présidence, formé par les chefs du Pentagone et de l’appareil militaro-industriel, continue à se battre, le groupe d’action a rédigé une « kill list » des éléments les plus dangereux, qui sont éliminés par des agents secrets ou par des drones killers.


    Déjà la bataille fait rage dans les rues de Washington et on dit que le président Obama est prêt à s’enfuir. Londres et Paris de plus en plus préoccupés : ils savent qu’ils sont les prochains objectifs de la stratégie du Grand Occident.


    Edition de mardi 24 juillet 2012 de il manifesto

    http://www.ilmanifesto.it/area-abbonati/in-edicola/manip2n1/20120724/manip2pg/14/manip2pz/326279/


    Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

    URL article : http://www.comite-valmy.org/spip.php?article2689


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  • Quand les respectables deviennent extrémistes, les extrémistes deviennent respectables : la Colombie et les grands médias


    James PETRAS


    Introduction

    De toutes les mesures historiques, qu’il s’agisse de droit international, des conventions relatives aux droits de l’homme, des protocoles des Nations Unies, des indicateurs socio-économiques, les politiques et les pratiques des régimes des États-Unis et de l’Union européenne peuvent être caractérisées comme extrémistes.

    Par là nous voulons dire que leurs politiques et leurs pratiques entraînent à grande échelle une destruction systématique et à long terme de vies humaines, de l’habitat et affectent probablement des millions de personnes à travers l’application directe de la force et de la violence. Les régimes extrémistes détestent la modération qui implique le rejet de la guerre totale en faveur de négociations pacifiques. La modération poursuit la résolution du conflit par le biais de la diplomatie et du compromis, du rejet de l’Etat et de la terreur paramilitaire, de la dépossession massive et du déplacement de populations civiles et de l’agression systématique sur les secteurs populaires de la société civile.

    La première décennie du XXIe siècle a été le témoin du recours à l’extrémisme de l’Occident dans toutes ses manifestations, à la fois en matière de politique intérieure et étrangère. L’extrémisme est une pratique courante pour les soi-disant conservateurs, les libéraux et les sociaux-démocrates. Dans le passé, le conservateur supposait le maintien du statu quo et, tout au plus, bricolait avec des changements à la marge. Les "conservateurs" d’aujourd’hui exigent le démantèlement général de l’ensemble des systèmes de protection sociale, l’élimination des restrictions juridiques traditionnelles du travail et des abus environnementaux. Les libéraux et les démocrates sociaux qui, dans le passé, avaient occasionnellement remis en question les systèmes coloniaux, ont été à l’avant-garde en prolongeant plusieurs guerres coloniales qui ont tué et déplacé des millions de personnes en Irak, Afghanistan, Libye et Syrie.

    L’extrémisme, autant en termes de méthodes que de moyens et d’objectifs, a effacé les distinctions entre les politiciens du centre gauche, du centre et du centre droite. Les opposants modérés à la politique de subventionnement d’une douzaine de grandes banques et l’appauvrissement de dizaines de millions de travailleurs sont appelés "la gauche dure ", "les extrémistes" ou "les radicaux".

    Dans le sillage des politiques extrémistes des agents publics, la respectable et prestigieuse presse écrite s’est engagée dans sa propre version de l’extrémisme. Les guerres coloniales qui dévastent la société civile et appauvrissent matériellement et culturellement des millions de personnes dans les pays colonisés sont justifiées, embellies, rendues légitimes et humaines et développeraient des valeurs démocratiques laïques. Les guerres domestiques, menées au nom des oligarchies et contre les salaires et les travailleurs, qui concentrent la richesse et approfondissent le désespoir des dépossédés, sont décrites comme rationnelles, nécessaires et vertueuses. Les distinctions entre les médias prudents, pondérés, prestigieux, sérieux et le sensationnel ont disparues. La fabrication des faits, les omissions et les distorsions flagrantes du contexte se trouvent chez l’un comme l’autre.

    Pour illustrer le règne de l’extrémisme dans la bureaucratie et au sein de la grande presse, nous examinerons deux études de cas : les politiques américaines et le Financial Times, et le reportage du New York Times sur la Colombie et le Honduras.

    Colombie : "La plus vieille démocratie d’Amérique latine" contre "La capitale mondiale des escadrons de la mort"

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    John Paul Rathbone

    Dans la foulée des éloges euphoriques au sujet de l’émergence de la Colombie telle une tête d’affiche d’un numéro d’avril du Times, du Wall Street Journal, du New York Times et du Washington Post, le Financial Times a publié une série d’articles, incluant un encart spécial sur le "miracle" politique et économique de la Colombie et "l’investissement en Colombie". Selon le journaliste de l’Amérique latine du Financial Times, John Paul Rathbone (2), la Colombie est "la plus vieille démocratie de l’hémisphère". Le ravissement de Rathbone pour le Président de la Colombie Santos, décrit le rôle de celu-ci comme d’un "courtier d’une puissance émergente" pour le continent sud-américain, sécurisant la Colombie pour les investisseurs étrangers et "suscitant l’envie" d’autres régimes connaissant moins de succès dans la région. Rathbone met en avant un chef d’entreprise colombien affirmant que la deuxième plus grande ville de la Colombie, "Medellín est en train de vivre ses meilleurs moments". Conformément à l’opinion de l’élite étrangère et des affaires, les grands médias décrivent la Colombie comme une entreprise prospère, pacifique, pratiquant les tarifs de redevances minières les plus bas de l’hémisphère – un modèle de démocratie stable qui devrait être imité par tous les dirigeants tournés vers l’avenir. La Colombie sous le président Santos, a signé un accord de libre-échange avec le président Obama, son allié le plus sûr dans l’hémisphère. Sous Bush, les syndicats, les défenseurs des droits de l’Homme, les groupes religieux et la majorité des démocrates du Congrès avaient réussi à bloquer l’accord sur la base des violations des droits de l’Homme en Colombie. Quand Obama a adopté l’accord de libre-échange, l’AFL-CIO (3) et l’opposition démocratique se sont évaporés, tandis que le Président Obama reconnaissait une grande amélioration en matière de droits de l’Homme ainsi que l’engagement de Santos à mettre un terme aux assassinats de militants et dirigeants syndicaux.

    La paix, la sécurité et la prospérité, célébrées par l’élite du pétrole, des mines, des banques et de l’agro-business, sont basées sur le pire dossier des droits de l’Homme de l’Amérique latine. En ce qui concerne l’assassinat de syndicalistes, la Colombie dépasse le reste du monde tout entier. Entre 1986 et 2011, plus de 60 % des syndicalistes assassinés dans le monde l’ont été en Colombie, par les forces militaires-policières-paramilitaires combinées, en grande partie à l’instigation de dirigeants d’entreprises locales et étrangères. La "paix" dont Rathbone et sa cohorte du Financial Times font l’éloge, se paie au prix de plus de 12.000 assassinats, arrestations, blessés et disparitions de syndicalistes entre le 1er janvier 1986 et le 1er octobre 2010. Durant cette période, près de 3.000 dirigeants et militants syndicaux ont été assassinés, des centaines ont été enlevés ou ont disparu. Le Président Santos a été Ministre de la Défense sous le précédent Président Alvaro Uribe (2002-2010). Au cours de ces huit années, 762 dirigeants syndicaux et militants ont été assassinés, plus de 95 % d’entre eux l’ont été par l’État ou les forces paramilitaires alliées.

    Sous les Présidents Uribe et Santos (2002-2012), plus de 4 millions de paysans et de ménages ruraux ont été déplacés et dépossédés de leurs maisons ; leurs terres ont été confisquées et reprises par les propriétaires terriens et les narcotrafiquants. Les tactiques de terreur, employées par la stratégie des régimes de contre-insurrection, servent un double objectif en réprimant la dissidence et en accumulant les richesses. Les journalistes du Financial Times ignorent ce chapitre de "croissance renaissante" de la Colombie. Ils sont particulièrement enthousiasmés par la "sécurité" qui s’ensuivit car, à grande échelle, les investissements étrangers, plus de 6 milliards de dollars en 2012, ont circulé dans les régions minières et pétrolières qui étaient anciennement "troublées".

    Les barons de la drogue, étroitement liés au régime Uribe-Santos, et qui ont été par la suite emprisonnés et extradés vers les États-Unis, ont attesté qu’ils ont financé et élu un tiers de la population du Congrès du parti Uribe-Santos dans ce que Rathbone désigne comme la "plus vieille démocratie" de l’Amérique latine. Selon Salvatore Mancuso, ex-chef des escadrons de la mort paramilitaires des 30.000 anciens membres des Autodéfenses Unies de Colombie, celui-ci rencontra alors le Président Uribe, dans différentes régions du pays, lui donna de l’argent et lui fournit un soutien logistique lors de sa campagne de réélection de 2006. Il a également confirmé que beaucoup de sociétés nationales et multinationales ont financé la croissance et l’expansion des escadrons de la mort paramilitaires. Ce que Rathbone et ses collègues journalistes du Financial Times célèbrent comme l’émergence de la Colombie, en tant que paradis pour les investisseurs, se paie avec le sang de milliers de paysans colombiens, de syndicalistes et de défenseurs droits de l’Homme. L’histoire sanglante du règne de la terreur Uribe/Santos a été complètement omise du compte courant de la "success story" de la Colombie. Des dossiers détaillés de la brutalité des massacres et des tortures commis par les escadrons de la mort sponsorisés par Uribe/Santos, décrivant l’utilisation de tronçonneuses pour couper les membres de paysans soupçonnés de sympathies pour la gauche, sont disponibles pour tout journaliste désireux de consulter les principales organisations des droits de l’Homme en Colombie.

    Les escadrons de la mort et les militaires agissent de concert. L’armée est entraînée par plus d’un millier de conseillers des Forces Spéciales américaines. Ils arrivent dans les villages en une vague d’hélicoptères fournis par les Etats-Unis, sécurisent la région des guérilleros et permettent ensuite aux terroristes des AUC d’attaquer les villages, tuant, violant et démembrant hommes, femmes et enfants soupçonnés d’être des sympathisants de la guérilla. Les tactiques de terreur ont chassé des millions de paysans de la campagne.

    Permettre aux généraux et aux barons de la drogue de s’emparer des terres

    Les défenseurs des droits de l’Homme sont fréquemment pris pour cible par les brigades de l’armée et les escadrons de la mort. Les Présidents Uribe et Santos les accusent d’abord d’être des collaborateurs actifs de la guérilla pour avoir exposé les crimes contre l’humanité du régime. Une fois qu’ils sont étiquetés, les défenseurs des droits de l’Homme deviennent des "cibles légitimes" pour des attaques armées par les escadrons de la mort et les militaires qui agissent en toute impunité. Entre 2002 et 2011, 1.470 actes de violence ont été perpétrés contre les défenseurs des droits de l’Homme, avec un nombre record de 239 en 2011, dont 49 assassinats au cours de la présidence de Santos. Plus de la moitié des défenseurs des droits de l’Homme assassinés sont des Indiens et des Afro-Colombiens.

    Le terrorisme d’État a été et continue d’être l’instrument principal de la loi sous les Présidents Uribe et Santos. Les colombiens "tués dans les champs", selon le Procureur Général, représentent des dizaines de milliers d’homicides, 1.597 massacres, des milliers de disparitions forcées entre 2005 et 2010.

    La pratique des "faux positifs", révélée dans la presse colombienne, par laquelle les militaires enlèvent de pauvres jeunes hommes, les habillent comme des guérilleros puis les assassinent, apparaît dans les grands médias américains comme la preuve du succès militaires Santos/Uribe contre les guérillas... Il existe 2.472 cas documentés de meurtres "faux positifs" commis par les militaires.

    Honduras : le New York Times et le terrorisme d’État

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    Thom Shanker

    Shanker (4) décrit l’opération réussie des forces d’opérations spéciales du Honduras guidées et dirigées par les formateurs des Forces Spéciales américaines. Shanker mentionne la visite d’une délégation de membres du personnel du Congrès qui a évalué favorablement le respect des droits de l’Homme par les forces locales, et cite l’Ambassadeur des Etats-Unis au Honduras faisant l’éloge du régime comme faisant partie des "partenaires désireux et capables dans cet effort commun".

    Il existe d’insidieux parallèles entre le blanc lavage par le New York Times du régime extrémiste criminel du Honduras et la promotion brute de la démocratie des escadrons de la mort en Colombie par le Financial Times.

    Le régime actuel, dirigé par le "Président" Lobo - qui invite le Pentagone à étendre son contrôle militaire sur des pans de territoire hondurien - n’est qu’un produit du coup d’État militaire soutenu par les Etats-Unis qui a renversé un président libéral élu le 28 juin 2009, un point que Shanker oublie de mentionner. Lobo, le président prédateur, conserve un contrôle en tuant, emprisonnant et torturant des critiques, des journalistes, des défenseurs des droits de l’Homme et des travailleurs ruraux sans terre, que ceux-ci cherchent à récupérer alors qu’elles ont été violemment saisies par des propriétaires liés à Lobo.

    Après le coup d’État militaire, des milliers de manifestants pro-démocratie honduriens ont été tués, battus ou arrêtés. Selon des estimations prudentes de Human Rights Watch, 20 dissidents pro-démocratie ont été assassinés par l’armée et la police. Entre janvier 2010 et novembre 2011, au moins 12 journalistes qui critiquaient le régime de Lobo ont été assassinés.

    Dans les campagnes, où le journaliste du New York Times Shanker décrit un festin d’amour entre les Forces Spéciales américaines et leurs homologues Honduriens, entre janvier et août 2011, 30 travailleurs agricoles dans le nord de la vallée du Honduras Bajo Aguan ont été tués par les escadrons de la mort embauchés par des oligarques soutenus par Lobo. Nary est l’unique assassin de l’escadron de la mort de l’armée et de la police à avoir été jugé et emprisonné. Le chef du coup d’État Roberto Micheletti, et le Président Lobo, son successeur, ont agressé à plusieurs reprises des manifestations pro-démocratiques, plus particulièrement celles conduites par les enseignants, les étudiants et les syndicalistes, et ont torturé des centaines de dissidents politiques emprisonnés. Exactement dans le même intervalle de temps, tandis que le New York Times publiait son article le plus euphorique sur les relations amicales entre les Etats-Unis et le Honduras, le nombre de morts parmi les dissidents pro-démocratiques a brusquement augmenté : huit journalistes et un commentateur TV ont été tués au cours des 4 premiers mois de 2012. Entre la fin du mois de mars et début avril 2012, neuf employés et ouvriers agricoles ont été assassinés par des propriétaires pro-Lobo. Aucune arrestation, aucun suspect, l’impunité règne sur le territoire des bases militaires américaines. Le Financial Times applique la loi du silence et de la complicité de la Mafia.

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    Barack Obama et Porfirio Lobo, Président du Honduras

    Syrie : Comment le Financial Times absoud les terroristes d’Al Qaida

    Tandis que des terroristes soutenus par l’Occident attaquent la Syrie, la presse occidentale, et notamment le Financial Times, continue d’absoudre les terroristes posant des bombes sur des voitures tuant ou mutilant des centaines de civils. Avec un cynisme brut, leurs journalistes haussent les épaules et accrédite les revendications des semeurs de propagande terroriste basés à Londres, soutenant que le régime d’Assad a été engagé dans la destruction de ses propres villes et des forces de sécurité.

    Conclusion

    Tandis que le régime d’Obama et de ses partisans européens adoptent publiquement l’extrémisme, incluant le terrorisme d’État, les assassinats ciblés et les attentats à la voiture piégée dans les grandes villes, la grande presse leur a emboîté le pas. L’extrémisme prend de nombreuses formes - de l’omission de rapports sur l’utilisation de la force et de la violence pour renverser les régimes adverses au camouflage de meurtres à grande échelle de dizaines de milliers de civils et la dépossession de millions de paysans et agriculteurs. Les "classes éduquées", le public lecteur aisé est endoctriné par les grands médias qui lui font croire qu’un Président Santos souriant et pragmatique et un Président élu comme Lobo ont réussi à établir la paix, un marché fondé sur la propérité, en sécurisant un libre-échange mutuellement bénéfique et des concessions de bases militaires avec les États-Unis - même si les deux régimes règnent sur le monde dans le meurtre des journalistes et des syndicalistes. Même si, comme je l’ai lu, le 15 mai 2012, le caucus du Congrès Hispano-américain a récompensé Lobo du Prix de la Démocratie pour ses qualités de dirigeant, la presse hondurienne rapporte le meurtre du nouveau directeur de la station HMT, Alfredo Villatoro, le 25ème journaliste critique à être assassiné entre le 27 janvier 2010 et le 15 mai 2012.

    L’adhésion de la grande presse pour l’extrémisme, son utilisation de la terminologie démonologique et son langage au vitriole pour décrire les adversaires de l’Empire s’accompagnent de son éloge euphorique et chaleureuse pour les terroristes d’Etat et les mercenaires pro-occidentaux. Le camouflage systématique, pratiqué par le journalisme extrémiste va bien au-delà du cas de la Colombie et du Honduras. Le reportage de Michael Peel du Financial Times sur l’OTAN a mené à la destruction de la Libye, à l’État providence le plus avancé d’Afrique et à la montée en puissance des bandes armées de terroristes fanatiques tribaux et islamistes, qui est présenté comme une victoire sur une " brutale dictature" pour la démocratie . Les mensonges et l’hypocrisie de Peel sont évidents dans ses revendications extravagantes qui affirment que la destruction de l’économie libyenne, la torture de masse et les meurtres raciaux qui ont faite suite à la guerre de l’OTAN, serait une victoire pour le peuple libyen.

    La distorsion totalitaire de la grande presse est une conséquence directe de son "léchage de bottes" pour les politiques extrémistes menées par les régimes occidentaux. Depuis que des mesures extrémistes, comme l’usage de la force, la violence, l’assassinat et la torture, sont devenues coutumières pour les présidents sortants et les premiers ministres, les journalistes n’ont pas d’autre choix que de fabriquer des mensonges pour rationaliser ces crimes, de cracher un flux constant d’adjectifs hautement chargés afin de convertir les victimes en bourreaux et les bourreaux en victimes. L’extrémisme dans la défense des régimes pro-américains a conduit à des constats les plus grotesques imaginables : les Présidents de la Colombie et du Mexique sont les dirigeants d’économies les plus profondément narcotiques de l’hémisphère, et pourtant ils sont encensés pour leur guerre contre la drogue, tandis que le Venezuela, producteur le plus marginal, est stigmatisé comme étant un pipeline narcotique majeur.

    Les articles sans bases factuelles, comme source d’information objective, sont sans valeur et nous poussent directement à chercher une raison d’être sous-jacente. La Colombie a signé un accord de libre-échange qui bénéficiera aux exportations américaines pour un ratio de deux pour un, par rapport aux exportations colombiennes. La politique de libre-échange du Mexique a bénéficié à des agro-industriels et des détaillants géants américains pour un ratio semblable.

    L’extrémisme sous toutes ses formes imprègne les régimes occidentaux et trouve sa justification et sa rationalisation dans les grands médias dont la tâche consiste à endoctriner la société civile et à transformer les citoyens en des complices volontaires de l’extrémisme. En faisant sans cesse passer des "rapports" sur la Russie de Poutine comme étant un tyran autoritaire de l’ère soviétique, les grands médias éliminent toute discussion de son doublement du niveau de vie et de son triomphe électoral de plus de 60 %. En grossissant un passé autoritaire, les vastes travaux publics de Gadhafi, les programmes de bien-être social, les généreux programmes d’immigration et d’aide étrangère à l’Afrique subsaharienne peuvent être relégués dans le trou de mémoire. Les louanges de la grande presse pour les escadrons de la mort des Présidents Santos et Lobo font partie du passage systématique à grande échelle et à long terme du prétexte hypocrite de perpétrer les vertus d’une République démocratique dans les bras ouverts d’un virulent et meurtrier Empire. Le nouveau code des journalistes se lit "l’extrémisme dans la défense de l’Empire n’est pas un vice".

    James Petras

    http://libertad95.com/2012/07/02/quand-la-grande-presse-devi...

    Notes et traduction : GM

    Titre original : When The Respectable Become Extremists, The Extremists Become Respectable : Colombia and the Mainstream Media (1) http://petras.lahaine.org/?p=1899

    (1) James Petras, figure emblématique de la gauche américaine, s’intéresse dans cet article aux médias nord-américains dans le traitement de l’information, également appelés "presse respectable" en anglais.

    (2) John Paul Rathbone est éditorialiste de la section Amérique latine du Financial Times et ancien rédacteur en chef de la colonne « Lex » du Financial Times. Ses articles ont paru dans de nombreuses publications, dont The Wall Street Journal, le Sunday Telegraph (GB), El Espectador (Colombie) et Esquire magazine. Il est l’auteur de l’ouvrage The Sugar King of Havana : The Rise and Fall of Julian Lobo, Cuba’s Last Tycoon.

    http://www.bookbrowse.com/biographies/index.cfm/author_numbe...

    (3) AFL-CIO (American Federation of Labour - Congress of Industrials Organizations) : Principal regroupement syndical des Etats-Unis fondé en 1955 http://www.aflcio.org/

    (4) Thom Shanker est correspondant du Pentagone et de la politique de sécurité nationale pour le New York Times. Il a suivi régulièrement les troupes en Irak et en Afghanistan en journalisme embarqué. Avant de se joindre au Times en 1997, il a travaillé pendant dix ans à l’étranger avec le Chicago Tribune, basé à Moscou, Berlin et en ex-Yougoslavie, avant d’être nommé rédacteur étranger de Tribune. Il est co-auteur, avec Eric Schmitt, de "Counterstrike : L’histoire inédite de la campagne secrète de l’Amérique contre Al Qaida". Le livre retrace comment les nouvelles stratégies de lutte contre le terrorisme, adoptées par George W. Bush puis développées par Barack Obama, ont été utilisées avec succès dans la planification et la réalisation du raid dans lequel Oussama Ben Laden a été tué.

    http://www.aspenideas.org/speaker/thom-shanker

    URL de cet article 17230
    http://www.legrandsoir.info/quand-les-respectables-deviennent-extremistes-les-extremistes-deviennent-respectables-la-colombie-et-les-grands-medias.html

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  • carlos_lozano_g-jpgSolidarité avec le dirigeant communiste colombien Carlos Lozano, dont la tête est mise à prix par l'extrême-droite para-militaire!

     

     

    Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

     

    Cf aussi son interview en avril dernier : Entretien avec le dirigeant communiste colombien Carlos Lozano : « Où sont les efforts de paix du gouvernement colombien ? »

     

    L'oligarchie colombienne n'est pas seulement la plus fidèle alliée de l'impérialisme américain dans la région, elle est aussi une force prête à tout pour faire taire ses opposants, usant de ses liens étroits avec la multitude de groupes para-militaires et mafieux que compte le pays.

     

    Les cibles ne manquent pas en Colombie.

     

    En premier lieu, les syndicalistes.2 700 d'entre eux ont été assassinés depuis 1986, tandis que 4 500 autres ont été la cible d'attentats ratés. Un syndicaliste meurt tous les trois jours depuis 25 ans en Colombie.

     

    Ensuite, les progressistes qui dénoncent la corruption généralisée, la terreur banalisée, les inégalités criantes tolérées. Au cours des dernières semaines, le maire de Bogota, Gustavo Petro, le maire de Medellin, Sergio Fajardo, et surtout l'ancienne sénatrice et figure de la paix, Piedad Cordoba, ont été successivement menacés de mort par des groupes para-militaires.

     

    Enfin, les communistes, fer de lance de l'opposition progressiste à la politique, libérale et pro-impéraliste, de l'oligarchie colombienne. Depuis le massacre de plus de 5 000 partisans de l'Union patriotique (UP), cette coalition progressiste mené par les communistes qui visaient à offrir une solution pacifique au conflit armé, dans les années 1980, les communistes sont les premières victimes de la terreur cautionnée par l’État colombien.

     

    Dernière cible en date, Carlos Lozano, membre de la direction du Parti communiste colombien (PCC), rédacteur en chef de son hebdomadaire Voz, mais aussi avocat et figure publique à la fois de l'association « Colombiens et Colombiennes pour la paix » et de la « Marche patriotique », ce grand front populaire visant à unir tous les progressistes pour proposer une alternative démocratique et sociale en Colombie.

     

    La tête de Carlos Lozano a été mise à prix par un groupe para-militaire « Les Urabenos » qui, pour la somme de 200 000 $, a engagé des hommes de main pour liquider le dirigeant communiste.

     

    Cette bande criminelle est issue du fameux groupe para-militaire fascisant Auto-défenses unies de Colombie (AUC), officiellement dissoutes en 2006.

     

    Le leader communiste a réagi avec sang-froid, dénonçant ces menaces comme une preuve de faiblesse de la réaction : « La paix redevient une question fondamentale de l'agenda politique, et les guerriers de toujours, les militaristes, la droite, veulent saboter tout pas dans cette direction. »

     

    Carlos Lozano a aussi partagé le danger que l'histoire du massacre de l'UP se répète :

     

    « Ce sont des moments différents, bien que l'extrême-droite cherche à plonger le pays dans un nouveau bain de sang, une guerre sale, d'extermination de la gauche. La classe dominante a toujours défendu son pouvoir par la violence ».

     

    Les communistes colombiens ont lancé un appel de solidarité avec leur dirigeant national, les communistes français et d'ailleurs ne peuvent que s'y associer.

     

    Solidarité avec Carlos Lozano, voix de la paix, de la démocratie et du changement social en Colombie. Résistance aux menaces de l'extrême-droite para-militaire colombienne, à la solde de l'oligarchie nationale et de l'impérialisme états-unien !


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  • 16 mai chili Convergence des luttes entre mineurs et étudiants au Chili : des centaines de milliers de manifestants dans la rue contre des reculs sociaux qui ramènent le pays à l'ère Pinochet

     

     

     

     

    Traduction AC pour http://jeunescommunistes-paris15.over-blog.com/ et pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/ et

    Article publié originellement sur Avante, quotidien du Parti communiste portugais (PCP)

     

    Des milliers de chiliens ont protesté la semaine passée contre les politiques anti-populaires et anti-ouvrières du gouvernement et ont revendiqué un nouveau modèle socio-économique pour le pays.

    Les actions revendicatives ont commencé mercredi 16 mai avec une manifestation qui a réuni plus de 100 000 étudiants dans la capitale Santiago. La seconde mobilisation convoquée cette année par les élèves du Supérieur et du Secondaire a dépassé l'initiative réalisée au cours du mois d'avril – dans laquelle s'étaient retrouvés 80 000 étudiants – et qui a eu comme revendication centrale la mise en place d'un système d'enseignement public, gratuit et de qualité, la même qui, en 2011, a conduit l'ensemble des agents de l'éducation à des mobilisations sans précédent depuis plus d'une décennie.

     

    « Lycéens, étudiants et professeurs sont unis dans la lutte pour liquider l'héritage de la dictature, un système éducatif ségrégatif qui discrimine les pauvres », a souligné Gabriel Boric, de la Confédération des étudiants du Chili.

     

    L'accès à l'université au Chili est considéré comme un des plus onéreux u monde. Le Centre d'études pour un développement alternatif (CEDA) estime à 4 000 $ annuels le prix minimum pour accéder à l'enseignement supérieur.

     

    Aujourd'hui, cette somme équivaut au revenu mensuel moyen d'une famille chilienne aisée, en revanche, un ménage à faible revenu a besoin d'à peu près 20 salaires pour payer un an à l'université pour un de ses enfants.

     

    Le programme de Prêts garantis par l’État, en vigueur, couvre jusqu'à 100% du coût des frais universitaires à un taux d'intérêt de 6%. Le problème, c'est que les élèves et leurs familles respectives s'endettent sur une ou deux décennies, ce qui, dans la conjoncture actuelle, est inaccessible pour des milliers de travailleurs licenciés et de familles chiliennes modestes, un fait qui montre crûment toute la fausseté de la prétention à l'universalité du système et sa soumission à la logique du profit.

     

    Ceux qui ont profité de la situation, ce sont les entités bancaires qui, depuis 2006, ont déjà engrangé près de 550 milliards de dollars avec le « financement » des études de milliers de jeunes, révèlent les données recueillies par la Red Diario Digital do Chile.

     

    Les mineurs rejoignent la lutte des étudiants chiliens

    Dans la lutte se trouvent également les mineurs chiliens qui, mercredi 17 mai, ont réalisé une manifestation nationale contre le régime d'authentique esclavage auquel sont sujets les travailleurs du secteur dans les entreprises publiques et privées, a souligné le président de la Confédération des travailleurs du cuivre (CTC), Cristian Cuevas.

     

    Pour Cuevas, la situation des mineurs confirme un recul de plusieurs décennies pour ce qui est de leurs droits, rémunérations, horaires, liberté d'action et organisation syndicale, et enfin sécurité au travail, fruit non seulement d'une dégradation imposée dans les entreprises déjà existantes mais, aussi de l’aggravation de l'exploitation des travailleurs dans les nouvelles concessions minières.

     

    La Confédération minière du Chili et la Fédération de la Mina Escondida, la plus grande mine de cuivre du monde, ont également adhéré à la journée convoquée par la CTC. Au total, selon les organisations syndicales, 35 000 mineurs sont entrés en lutte, dans les entreprises publiques comme privées, travailleurs en CDI et précaires puisque plus rien ne les différencie.

     

    Vendredi 18 mai, les populations du Nord du Chili ont pris le relais des manifestations de la puissante force sociale que représentent les mineurs, mais, cette fois, pour défendre une plus juste redistribution de l'exploitation du sous-sol pour les municipalités.

     

    Le gouvernement chilien propose la création d'un fonds (Fondenor), qui, d'ici 2025, partagera 225 millions de $ entre 40 communes, mais l'immense majorité de la population et certains élus locaux contestent le projet.

     

    Esteban Velásquez, le président de l'Assemblée de Calama, la plus importante ville minière du Chili, située dans la région d'Antofagasta, rappelle que l'argent ne suffit même pas pour construire un hôpital décent.

     

    Dans les cinq dernières annés, seulement dans la province d'El Loa, où se trouve Calama, fut extraits des matières premières d'une valeur de plus de 15 milliards de $ mais le peuple n'en a que peu ou pas du tout bénéficié. La même chose se passe dans les autres villes et provinces minières chiliennes, c'est pour cette raison qu'ont été réalisées des manifestations, défilés, blocages de routes contre le Fondenor dans 30 localités du nord du pays.


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  • morales Les nationalisations à l'ordre du jour en Amérique latine


    Après le pétrole en Argentine, la Bolivie d'Evo Morales nationalise le réseau électrique national

     

    Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

     

    Après l'annonce par la présidente argentine de la nationalisation de la filiale argentine YPF du géant pétrolier Repsol, c'est au tour de la Bolivie, et du gouvernement d'Evo Morales, de s'attaquer au grand capital trans-national en nationalisant un secteur-clé de son économie.

     

    En ce 1er mai, journée internationale des travailleurs, Evo Morales a livré une nouvelle particulière aux travailleurs boliviens :

     

    « En ce jour, encore une fois, comme juste hommage aux travailleurs et au peuple bolivien qui ont lutté pour récupérer leurs ressources naturelles et leurs services fondamentaux, nous nationalisons l'entreprise chargée du Transport de l'électricité », a déclaré Morales lors d'une commémoration du 1er mai au palais gouvernemental de La Paz.

     

    Le décret adopté acte la « nationalisation » de la « totalité des actions possédées par la société Red Eléctrica Internacional, filiale de l'entreprise espagnole Red Eléctrica de Espana (REE) », actions qui sont désormais récupérées par l'entreprise publique Empresa Nacional de Electricidad (ENDE).

     

    Evo Morales a justifié l'expropriation par la faiblesse des investissements de la REE en Bolivie : « cette entreprise multi-nationale espagnole n'a investi que 81 millions de dollars en 16 ans, soit un investissement annuel moyen de 5 millions par an ».

     

    Comme dans la plupart des pays déjà soumis aux plans d'ajustement du FMI, en parallèle avec les processus de libéralisation-privatisation impulsés dans l'UE, la chaîne électrique est divisée en Bolivie entre production, transmission et distribution.

     

    Le gouvernement bolivien avait déjà repris possession de l'essentiel de l'aspect productif. L'entreprise nationalisée possède à ce jour 2 772 km de lignes électriques et contrôle 74% du réseau.

     

    L'unité du secteur électrique avait été cassée en 1994 par le gouvernement libéral de Sanchez de Lozada, le transport de l'électricité avait ensuite été privatisé en 1997 et confié d'abord à l'entreprise espagnole Unión Fenosa de España puis en 2002 à Red Eléctrica de España.

     

    La confédération syndicale unitaire bolivienne, la Centrale ouvrière bolivienne (COB), a apporté son soutien total à l'action du président socialiste bolivien:

     

    « Tout ce qui va dans le sens des intérêts des travailleurs, de l’État, et en premier lieu la nationalisation, nous le soutenons », a déclaré le secrétaire exécutif de la COB, Juan Carlos Trujillo qui a ajouté que le programme de la COB exige « la nationalisation de toutes les entreprises productives du pays ».

     

    Un soutien qui place cette mesure comme une étape dans un processus encore inachevé, celui vers le socialisme.

     

    Un processus qui n'est pas exempt de luttes : lutte pour un véritable salaire minimum menée par la COB, lutte des travailleurs de la santé contre la dégradation de leurs conditions de travail, lutte encore de peuples indigènes pour le respect de leurs terres.

     

    Si il n'est pas à exclure que certains de ces mouvements soient encouragées par les puissances impérialistes, ils expriment pour l'essentiel une volonté de conquérir de nouveaux droits sociaux, de rupture avec les logiques capitalistes.

     

    Les six années de gouvernement d'Evo Morales ont permis aux travailleurs d'inverser le rapport de force avec le patronat, au peuple bolivien de reprendre possession de certaines de ses richesses naturelles, comme la nationalisation de quatre entreprises productrices d'électricité en 2010 en est une nette illustration.

     

    L'économie reste pourtant encore largement entre les mains du privé et les rapports de production capitalistes sont toujours prédominants en Bolivie.

     

    Les mesures prises par le gouvernement Morales, sous pression et avec le soutien intégral du peuple bolivien, vont néanmoins dans le bon sens et contribuent à poser les bases d'une véritable démocratie sociale, condition préalable de la transition vers le socialisme

     

    En Bolivie, comme ailleurs en Amérique latine, la lutte continue pour la rupture avec le système capitaliste, pour le socialisme.


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  • ypfLa nationalisation des hydocarbures par l'Argentine fait naître une sainte alliance réformiste, PSOE et syndicats en tête, derrière Repsol en Espagne

    Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

     

    Le gouvernement argentin a proposé ce lundi un projet de loi au Congrès visant à une prise de contrôle publique de la filière argentine de la multi-nationale pétrolière espagnole Repsol, YPF, par lequel 51% des actions de l'entreprise passeraient entre les mains de l’État argentin.

     

    La présidente Cristina Kirchner a affirmé que « poursuivre cette politique d'évidement, de non-production, de non-exploitation, ce serait faire de nous un pays non viable, en raison de la politique de certaines entreprises et non par les ressources que nous avons » et elle a ajouté que « pour la première fois depuis 17 ans, l'Argentine a dû importer du gaz et du pétrole ».

     

    La présidente argentine a défendu le projet de nationalisation des hydrocarbures car « nous sommes quasiment le seul pays qui ne gère pas ses ressources naturelles », et a dénoncé le scandale de la privatisation puisque entre 1999 et 2011 « les profits net de YPF furent de 16 450 millions de dollars » et l'entreprise a distribué pour 13 246 millions de dollars de dividendes. « Le problème fut celui de la dé-nationalisation », a-t-elle ajouté.

     

    Cristina Kirchner a affirmé que le modèle choisi pour l'avenir de YPF « ne serait pas celui de l'étatisation » mais celui d'une « récupération de souveraineté et de contrôle » des hydrocarbures. « Pendant de nombreuses années, dans divers secteurs de l'économie gérés par l’État, on a défendu une politique partisane, qui s'est perpétuée en avançant l'idée que l’État était inutile et que seul le privé pouvait gérer les ressources de l’État ».

     

    La fin d'une politique de privatisation entamée au début des années 1990

     

    Le projet gouvernement revient sur une politique de privatisation progressif entamé sous le gouvernement libéral de Carlos Menem au début des années 1990 avec le passage d'une société étatique qu'était la YPF (Gisements pétrolifères fiscaux) pour devenir une Société anonyme. En 1993, l’État conservait 20% des actions ainsi que les « golden shares » tandis que 12% du capital était détenu par les États provinciaux. Le secteur privé, avec des banques et fonds d'investissements de divers pays, était propriétaire de 46% du capital.

     

    En 1998, le secteur privé possédait près de 75% des actions, bien que l’État conservait encore les « golden shares ». Finalement, la privatisation s'est achevé par la vente des 25 derniers pour cent des actions étatiques et provinciales à l'entreprise espagnole Repsol en 1999 pour une valeur de 15 milliards de dollars. Repsol a acheté la même année les 73% restants qui appartenaient au secteur privé.

     

    Une sainte alliance entre patronat et syndicats réformistes, Union européenne et partis du consensus européiste, PS en tête pour défendre Repsol !

     

    Face à cette nationalisation de la principale entreprise argentine d'hydrocarbures, les réactions ne se sont pas faits entendre en Espagne. L'opposition résolue du patronat espagnol ainsi que du gouvernement de droite de Mariano Rajoy est tout sauf une surprise.

     

    Toutefois, parmi les premiers soutiens publics de la multi-nationale se trouve aussi le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE). Son secrétaire-général Alfredo Perez Rubalcaba s'est empressé d'accorder au président de Repsol « son soutien total » dans le contentieux qui l'oppose à l’État argentin. Il a ajouté qu'il « soutiendra le gouvernement dans les mesures qu'il pourra prendre pour défendre les intérêts des entreprises espagnoles ».

     

    Autre soutien surprenant mais éclairant, celui des deux principaux syndicats espagnols, les Commissions ouvrières (CC.OO) et l'UGT adeptes de la ligne du « dialogue social » et partisans du consensus européiste.

     

    Le secrétaire-général de la Fédération de la Chimie des CC.OO, Joaquim González Muntadas, a ainsi assuré que « les travailleurs de Repsol Espagne ont conscience de faire partie d'un groupe industriel mondialisé et que les tensions à des milliers de kilomètres de leur poste de travail affectent directement leurs conditions de travail ».

     

    Pour Gonzalez, l'Argentine « est dans l'erreur » en « ne profitant pas au mieux de la volonté d'investissement de Repsol », ainsi que « ses capacités technologiques déjà démontrées » et sa velléité à « créer des consortium » dans le cadre du « colossal » projet d'exploitation de Vaca Muerta.

     

    Le syndicaliste ajoute que l'Argentine doit se conformer au droit international dans ses relations à Repsol, jugeant comme une « très mauvaise nouvelle » les derniers événements en Argentine, mettant en péril « la nécessaire stabilité et sécurité des entreprises espagnoles dans la zone ».

     

    Il conclut en apportant son soutien à « la gestion ainsi qu'aux efforts » réalisés par le gouvernement pour résoudre le conflit dans le sens de la défense des intérêts des entreprises espagnoles.

     

    La crise a pris enfin une dimension européenne avec le relais apporté aux récriminations espagnoles par les institutions européennnes. La Commission a boycotté ce mardi une rencontre avec des responsables argentines pour protester contre la décision de re-nationaliser YPF.

     

    La porte-parole de la Commission européenne Pia Ahrenkilde Hansen a exprimé son soutien à la multi-nationale Repsol ainsi qu'au gouvernement espagnol: « Nous accordons à l'heure actuelle un soutien politique à l'Espagne, tout en envisageant toutes les options. Cela crée de l'incertitude, ce qui ne va pas dans le sens d'une amélioration des relations économiques, et de l'économie dans son ensemble. » Le président de la Commission José Manuel Barroso a lui exprimé sa « profonde déception » face à la décision de l’État Argentin de reprendre le contrôle de ses hydrocarbures.


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  • Cécile Lamarque

    Et de trois : après la Bolivie et l’Équateur, le Venezuela quitte le CIRDI !

     Vers un « CIRDI du Sud » ?

     

    Le Venezuela, bête noire des USA, quitte le CIRDI Le Venezuela a annoncé qu’il se retirait du CIRDI, le Centre international de règlement des différends liés à l’investissement.

     

    Cette décision de se retirer du CIRDI, prise également par la Bolivie et l’Équateur en 2007 et 2009 |1|, a été officialisée le 24 janvier 2012 dans une lettre envoyée par le gouvernement vénézuélien à la Banque mondiale.

     
    Le CIRDI est un organe d’arbitrage créé en 1966 pour trancher les litiges entre les transnationales et les États. Aujourd’hui, 147 États reconnaissent sa compétence en cas de litige avec des transnationales.

     

    Le Venezuela a adhéré au CIRDI en 1993. Ce tribunal, qui est une composante du groupe Banque mondiale, est majoritairement saisi par les multinationales pour réclamer des indemnisations et compensations lorsque l’État prend des mesures qui « privent l’investisseur des bénéfices qu’il pourrait raisonnablement espérer » ou qui pourraient s’apparenter à une « expropriation indirecte ». Il suffit qu’un parlement adopte une mesure (comme une loi environnementale ou une loi augmentant les impôts sur les sociétés) qui va à l’encontre des intérêts des transnationales pour que l’État soit sanctionné par ces arbitres internationaux.

     

    Par exemple, en 1996 l’entreprise étasunienne Metalclad a poursuivi le gouvernement mexicain pour violation du chapitre 11 de l’ALENA quand le gouvernement de San Luis Potosi a interdit à ladite entreprise d’ouvrir un dépôt de produits toxiques. Le non-octroi du permis d’ouvrir une décharge fut considéré comme un acte d’«expropriation » et le gouvernement mexicain a dû payer à Metalclad une indemnisation de 16,7 millions de dollars |2|.


     Plus récemment, en 2007, le gouvernement équatorien a annoncé que les entreprises pétrolières qui opèrent dans le pays devaient verser une plus grande partie de leurs revenus à l’Etat |3|. Les entreprises Murphy Oil (USA), Perenco (France) et Conoco-Philips (USA) ont alors porté plainte devant le CIRDI pour expropriation. Ces deux affaires sont loin d’être des cas isolés. Le problème fondamental est que le CIRDI offre l’impunité pour les transnationales et mine la souveraineté des Etats. Il était donc logique que le Venezuela réagisse en se retirant enfin du CIRDI.


    Suite aux nationalisations dans plusieurs secteurs stratégiques (hydrocarbures, industrie alimentaire, électricité, finances, télécommunications, etc.), le gouvernement vénézuélien affronte, principalement devant le CIRDI, une vingtaine de plaintes de multinationales qui exigent des indemnisations colossales. Après plusieurs annonces sans suite, c’est le litige avec la pétrolière étasunienne Exxon qui a décidé le Venezuela à quitter le CIRDI |4|.

     

    Dès lors, la décision du Venezuela de sortir du CIRDI marque un pas plus affirmé vers une reconquête de sa souveraineté.


    L’Amérique latine en première ligne devant le CIRDI


    Au cours des dernières décennies, la politique entreguista et vendepatrias |5| de gouvernements latino-américains successifs a permis de nombreux investissements étrangers dans l’agriculture, l’industrie minière, pétrolière, etc., protégés par des traités de libre-échange et de protection des investissements qui prévoient le recours à des tribunaux d’arbitrage supranationaux en cas de différends, principalement le CIRDI |6|.

     

    Depuis le début des années 2000, grâce aux mobilisations citoyennes, plusieurs gouvernements latino-américains essaient de récupérer le contrôle sur leurs ressources stratégiques, ou tout au moins de tendre vers des conditions qui leur sont plus favorables. Dès lors, les pays d’Amérique latine, qui représentent 10% des 147 membres du CIRDI, sont à l’heure actuelle parmi les plus affectés par les recours intentés par des multinationales : ils sont la cible de 69% des 135 litiges en cours devant le CIRDI, et de 26% des 45 litiges liés aux secteurs de l’industrie pétrolière, minière et du gaz (contre 3 cas pour ces secteurs il y a 10 ans) |7|.


    Le bradage du patrimoine national, les traités de libre-échange et de protection des investissements (totalement contraires à la souveraineté nationale) et la soumission permanente à la compétence du CIRDI (ou à tout autre organe d’arbitrage comme la Cour d’Arbitrage de la Chambre de Commerce International - CCI - et la Commission des Nations Unies pour le droit commercial international - CNUDCI) constituent un cocktail explosif.

     

    La sortie du CIRDI doit s’accompagner d’une dénonciation par les États de ces traités, ou, au minimum, d’une révision des clauses qui permettent aux multinationales de saisir directement les tribunaux supranationaux en faisant l’impasse sur les recours juridiques nationaux. L’Equateur et la Bolivie l’ont bien compris : parallèlement à leur sortie du CIRDI, ces deux pays ont renégocié ou mis un terme à plusieurs de ces accords. Le Venezuela devrait à présent leur emboîter le pas.


    Quitter le CIRDI pour recouvrer sa souveraineté


    Dans son communiqué faisant suite au retrait du CIRDI |8|, le Venezuela rappelle que le recours au CIRDI contrevient à l’article 151 de la Constitution vénézuélienne qui prévoit le recours aux tribunaux nationaux en cas de litiges concernant des contrats d’intérêt public |9| (l’évaluation de l’intérêt public relève de la compétence des pouvoirs publics).

     

    Par exemple, la nationalisation par le Venezuela de secteurs considérés comme stratégiques (pétrole, industrie alimentaire, électricité, etc.) est soutenue au nom de l’intérêt public afin de s’assurer du maintien ou du développement du secteur au bénéfice de la population et/ou d’éviter que les bénéfices d’un secteur ne profitent démesurément à des entreprises privées, aux dépens de la population.

     

    Ces nationalisations sont tout à fait fondées en droit. En effet, au delà des dispositions prévues par la Constitution et les lois nationales, de nombreux textes juridiques internationaux |10| affirment la primauté de l’intérêt du développement national, des mesures visant à assurer le bien-être de la population, sur les intérêts privés (nationaux et internationaux), et le droit inaliénable des États à la souveraineté et à l’autodétermination.


    Il faut, par ailleurs, souligner que la ratification par un État de la Convention CIRDI n’oblige pas les États parties à se soumettre systématiquement aux tribunaux d’arbitrage internationaux en cas de litiges avec des investisseurs étrangers. Le consentement des États doit avoir été donné avant que le CIRDI ne soit saisi |11| et un État contractant peut exiger que les recours internes soient épuisés (article 26 de la Convention).

     

    L’article 25 alinéa 4 de la Convention CIRDI |12| autorise également les États contractants à indiquer au CIRDI les catégories de différends qu’ils souhaitent soustraire du champ de compétence du CIRDI ou que leur loi nationale leur interdirait de soumettre au CIRDI (c’est le cas de l’Équateur qui a notifié en décembre 2007 qu’il excluait du CIRDI tous les différents concernant les ressources naturelles, avant de se retirer totalement du CIRDI en 2009).


     En revanche, des clauses de renonciation à la juridiction nationale et de soumission directe à des tribunaux d’arbitrage supranationaux font partie des obligations stipulées dans nombre d’accords de protection et de promotion des investissements étrangers (TPPI), de libre-échange et autres accords similaires. D’où la double nécessité de remettre en cause ces accords et de sortir du CIRDI, où sont piétinées les lois et Constitutions nationales ainsi que les normes fondamentales du droit international en matière de droits humains.


    Les États et les tribunaux nationaux peuvent déterminer si ces traités sont conformes au droit interne et aux grands principes de droit international tels que ceux figurant dans la Charte des Nations Unies, la Déclaration universelle des droits de l’homme et les deux pactes sur les droits civils et politiques et les droits économiques, sociaux et culturels de 1966, ainsi que les normes impératives de droit international (jus cogens), incluant le droit à l’autodétermination.

     

    En effet, le respect et l’application des droits humains, tels qu’ils sont reconnus universellement par les différentes conventions internationales, priment sur les autres engagements pris par les États, parmi lesquels l’application des traités de libre-échange, de protection des investissements et autres accords similaires.

     

    L’article 103 de la Charte de l’ONU, à laquelle les États membres des Nations unies doivent impérativement adhérer, est sans ambiguïté : « En cas de conflit entre les obligations des Membres des Nations unies en vertu de la présente Charte et leurs obligations en vertu de tout autre accord international, les premières prévaudront ». L’article 53 de la Convention de Vienne sur le droit des traités dispose également que : « Est nul tout traité qui, au moment de sa conclusion, est en conflit avec une norme impérative du droit international général ».


    L’existence de vices de procédure et de fond lors de la ratification d’un traité peut également entraîner sa nullité, conformément aux dispositions de la Convention de Vienne sur le droit des traités (articles 46 à 53). Par exemple, un État peut invoquer la violation manifeste d’une norme d’importance fondamentale du droit interne de l’une des parties à ce traité, le dol, la corruption des représentants de l’État, la violation des Principes généraux du droit (tels que la lésion, l’abus de droit, la bonne foi, l’autodétermination des peuples, l’équilibre contractuel, entre autre) |13|.


    Un gouvernement qui en a la volonté politique peut donc légalement refuser l’application des accords bilatéraux de libre-échange et de promotion des investissements qui portent atteinte aux droits économiques, sociaux et culturels de sa population et hypothèquent sa souveraineté. Il peut dénoncer les actions en justice lancées par les transnationales devant le CIRDI en invoquant la prééminence d’une hiérarchie des normes internationales.


    En outre, les États doivent quitter le CIRDI et rétablir leur compétence souveraine de régler les litiges survenus sur leur territoire devant leurs tribunaux nationaux, conformément à la doctrine Calvo |14|. En vertu de cette doctrine, en cas de plaintes ou de réclamations, les multinationales ont l’obligation d’épuiser tous les recours légaux en vigueur dans la législation nationale de l’État qu’ils prétendent poursuivre.


    Vers un « CIRDI du Sud » ?


    On l’a vu : de nombreux litiges ont surgi ces dernières années entre les Etats latino-américains et les multinationales. Ces États ont donc intérêt à s’allier pour dénoncer les traités bilatéraux d’investissement, pour qu’ils se retirent du CIRDI et appliquent la doctrine Calvo. L’intégration latino-américaine implique de se doter d’une architecture financière, juridique et politique commune.

     

     En matière juridique, les pays de la région devraient avancer vers la création d’un organe régional de règlement des litiges en matière d’investissement auquel les différentes parties recourent librement, après l’épuisement des voies de recours devant les juridictions nationales du pays hôte des investissements.

     

    En d’autres termes, il faut créer un « CIRDI du Sud », alternatif au CIRDI de la Banque mondiale qui sert les intérêts des grandes transnationales privées. Plus largement les États, qui mènent des politiques progressistes heurtant directement les intérêts des transnationales, ont tous intérêt à se retirer du CIRDI et à réaffirmer la compétence des tribunaux nationaux devant faire respecter la supériorité des droits humains sur les droits des investisseurs.




    Notes

    |1| Mentionnons que dans la région latino-américaine et caribéenne, le Brésil, Cuba et le Mexique n’ont pas signé la Convention CIRDI et que la République dominicaine ne l’a pas ratifié jusqu’à aujourd’hui. Dans d’autres régions, l’Inde par exemple n’est pas partie au CIRDI.


    |2| On peut consulter la sentence arbitrale du cas « Metalclad Corporation contre les Etats-Unis du Mexique » (cas No ARB(AF) 97/1) sur www.worldbank.org/icsid/case....


    |3| Jusque 2007, les sociétés pétrolières devaient verser à l’Etat 50 % des bénéfices résultant d’un dépassement sur les marchés internationaux du prix fixé dans le contrat. En octobre 2007, après sa victoire électorale, Rafael Correa a signé un décret obligeant les sociétés pétrolières à verser 99% des bénéfices résultant du dépassement du prix plancher. Cela a fait rentrer 3,2 milliards de dollars supplémentaires dans les caisses de l’Etat en 2008. Voir Mark Weisbrot et Luis Sandoval « La economia ecuatoriana en anos recientes », juillet 2009, CEPR, Washington www.cepr.net


    |4| Le gouvernement vénézuélien a décidé en 2007 de récupérer la souveraineté sur ses ressources pétrolières par le biais de la création d’entreprises mixtes au sein desquelles l’entreprise publique PDVSA détient au moins 60% des actions. Entre autres multinationales, Exxon, qui voit ses investissements affectés par cette décision, porte plainte contre l’Etat vénézuelien devant le CIRDI, et parallèlement contre PDVSA devant la Cour d’Arbitrage de la Chambre de Commerce International (CCI). La CCI a rendu sa décision début janvier et statué que PDVSA devait indemniser Exxon à hauteur de 908 millions de dollars (revoyant cependant à la baisse les aspirations exagérées de la transnationale). Le CIRDI devrait quant à lui rendre sa décision au plus tôt fin 2012.


    |5| Ces termes font partie de la culture politique de plusieurs pays d’Amérique latine. Ils renvoient à des représentations collectives fortement ancrées dans l’histoire de pays progressivement spoliés de leurs ressources par des puissances étrangères ou des multinationales qui s’appuient sur des élites économiques et politiques entreguista- qui « offrent » les biens du pays - et qui sont dénoncées comme « vendeurs de la patrie », « valets de l’impérialisme », et dont l’action est perçue comme une trahison de l’intérêt public.


    |6| Au côté du CIRDI, les principaux tribunaux d’arbitrage supranationaux sont la Cour d’Arbitrage de la Chambre de Commerce International (CCI) et la Commission des Nations Unies pour le droit commercial international (CNUDCI).


    |7| Entretien avec Miguel Perez Rocha, RFI, http://www.espanol.rfi.fr/americas/...


    |8| http://www.cadtm.org/Gobierno-Boliv...


    |9| Article 151. Dans les contrats d’intérêt public, dont la nature n’a pas été prise en compte, il sera considéré comme incorporé, même s’il n’est pas explicite, une clause selon laquelle les doutes et les controverses qui peuvent surgir sur lesdits contrats et qui ne peuvent être résolus à l’amiable d’un commun accord par les parties contractantes, ils seront réglés par les tribunaux compétents de la République, en conformité avec ses lois, sans qu’aucun motif, ni cause puissent être à l’origine de réclamations étrangères.


    |10| La Charte de l’ONU de 1945, la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948, les deux Pactes de 1966 sur les droits économiques, sociaux et culturels (PIDESC) et sur les droits civils et politiques (PIDCP), la résolution 1803 des Nations unies du 14 décembre 1962 relative à la souveraineté permanente des Etats sur les ressources naturelles, la Convention de Vienne sur le droit des traités 1969 ou encore la Déclaration sur le droit au développement 1986, etc.


    |11| Le dernier paragraphe du Préambule de la Convention dit que : « Déclarant qu’aucun Etat contractant, par le seul fait de sa ratification, de son acceptation ou de son approbation de la présente Convention, ne sera réputé avoir assumé aucune obligation de recourir à la conciliation ou à l’arbitrage, dans des cas particuliers, sans son consentement ».


    |12| Article 25 alinéa 4 : « Tout Etat contractant peut, lors de sa ratification, de son acceptation ou de son approbation de la Convention ou à toute date ultérieure, faire connaître au Centre la ou les catégories de différends qu’il considérerait comme pouvant être soumis ou non à la compétence du Centre .Le Secrétaire général transmet immédiatement la notification à tous les Etats contractants. Ladite notification ne constitue pas le consentement requis aux termes de l’alinéa (1) ».


    |13| On peut également mentionner la Loi type de la CNUDCI sur l’arbitrage commercial international qui dispose dans son article 34 qu’une sentence arbitrale peut être annulée si « le tribunal constate : i) que l’objet du différend n’est pas susceptible d’être réglé par arbitrage conformément à la loi du présent État ; ou ii) que la sentence est contraire à l’ordre public du présent Etat ».


    |14| Cette doctrine de droit international, établie en 1863 par le juriste et diplomate argentin Carlos Calvo, prévoit que les personnes physiques ou morales étrangères doivent se soumettre à la juridiction des tribunaux locaux pour les empêcher d’avoir recours aux pressions diplomatiques de leur Etat ou gouvernement. Selon cette doctrine, tous les biens, corporels, incorporels, matériels et immatériels, sont soumis à la loi de l’Etat souverain et en cas de différends, ce sont les tribunaux nationaux qui sont compétents. La doctrine Calvo est incorporée dans la Charte de l’Organisation des Etats Américains (article 15), le Pacte de Bogota (article 7), la résolution 3171 du 17 décembre de 1973 de l’Assemblée générale des Nations Unies (Souveraineté permanente sur les ressources naturelles), paragraphe 3, et dans plusieurs constitutions nationales : la constitution de l’Argentine (article 116), de la Bolivie (article 24), du Guatemala (article 29), du Salvador (articles 98 et 99), de l’Equateur (article 14), du Pérou (article 63.2), du Venezuela (article 151), etc.


    Cécile Lamarque est membre du groupe droit du CADTM Belgique


    Source : http://www.cadtm.org/Et-de-trois-ap...

     

    URL de cet article : http://venezuelainfos.wordpress.com...

    http://www.larevolucionvive.org.ve/spip.php?article1966


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  • Brics (1)

     

    Les BRICS sont un groupe de cinq pays (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du sud) considérés comme les grandes puissances émergentes d'aujourd'hui, et les géants de demain. L'acronyme BRICS est apparu en 2011, quand l’Afrique du Sud a rejoint le groupe BRIC. Le terme BRIC était apparu en 2001 dans un rapport tendant à démontrer que l’économie des pays de ce groupe  allait rapidement se développer et que le PIB total des BRIC devrait égaler en 2040 celui du G6 (États-Unis, Japon, Royaume-Uni, Allemagne, France et Italie).


    Ce rapport de 2001 n’a pas été contredit par les faits. Les BRICS sont respectivement les neuvième, sixième, quatrième, deuxième et vingt-cinquième puissances économiques mondiales et comptent déjà pour 40% de la population mondiale. En 2015, ils assureront sans doute 61% de la croissance mondiale selon le FMI et leur part dans l’économie mondiale ne cesse d'augmenter. Ce groupe  de pays représentait 16% du PIB mondial en 2001, 27% en 2011 et d'après des estimations récentes,  ce sera près de 40% en 2025. Les BRICS pourraient à eux seuls compter par exemple pour 70% de la croissance du marché  automobile mondial pour la prochaine décennie.


    Les BRICS ont contribué à plus d'un tiers de la croissance du PIB mondial dans la dernière décennie. Ce siècle devrait être celui des BRICS puisque d'après la Banque mondiale, la Chine pourrait devenir la première puissance économique de la planète en dépassant les États-Unis dès 2020. Pour Goldman Sachs, l'Inde pourrait également dépasser les Etats-Unis au milieu du siècle. Le centre de gravité du monde de 2050 serait donc en Asie, les deux premières puissances économiques mondiales étant aussi les deux pays les plus peuplés de la planète. Par comparaison, les USA représentaient 42% du PIB mondial en 1960, ce chiffre est descendu à 26% en 2012, et encore moins (19%) pour le chiffre « à parité de pouvoir d’achat ».


    Pour autant, les pays du groupe BRICS apparaissent comme dispersés géographiquement et très différents. Ils n’ont jamais été alliés ni sur le plan économique ni sur le plan politique dans le passé. La Russie parait tirer sa force de ses ressources énergétiques, le Brésil devient le champion agricole de la planète, la Chine est déjà l’atelier du monde et elle est devenue le premier producteur mondial d’or. De plus les organisations politiques de ces pays sont assez différentes. Ces grandes différences économiques et politiques ne doivent cependant pas faire oublier les points communs qui existent: Des taux de croissance élevés, une dynamique d’industrialisation et un important marché intérieur non saturé. De plus, à l’exception de la Russie, ce sont des pays qui ont une réserve de main d’œuvre inemployée importante.


    La progression du volume des échanges intra-BRICS montre bien à la fois la complémentarité des pays du groupe et leur croissance économique. Le volume de ces échanges intra-BRICS est passé de 15 milliards à 158 milliards de dollars entre 2000 et 2008, et pourrait atteindre 1.000 milliards de dollars en 2030.


    Sur le plan intérieur, à l’exception de l’Afrique du Sud qui connait des difficultés,  on assiste dans les pays du groupe BRICS à une extension rapide de la classe moyenne. On estime aujourd'hui qu'en Russie 25% des habitants peuvent être comptabilisés comme appartenant à la classe moyenne soit 35 millions de personnes contre 20% au brésil (40 millions de personnes) ou 13% en Chine (160 million de personnes) et 5% en Inde (65 million de personnes). En Asie toujours, l’Indonésie ne compte plus ses projets d’infrastructures: routes, nouvel aéroport, et surtout chemin de fer bientôt construit par les chinois. Avec sa classe moyenne comptant désormais 30 millions de personnes (sur 240 millions d’habitants), l’Indonésie talonne les BRICS et s’est même payé le luxe d’un relèvement de sa note par les agences de notation. On devrait donc à ce titre très prochainement parler des BRIICS.

    Dans le domaine géopolitique, la puissance économique croissante des pays du groupe BRICS renforce leur influence, et favorise la naissance d’un monde multipolaire. Bien que ce groupe de pays ne forme aucune alliance militaire, des positions communes apparaissent, sur divers problèmes internationaux. Réunis en chine en avril 2011 les BRICS ont décidé par exemple de s’orienter vers des échanges bilatéraux sans passer par le dollar américain.


    On peut donc parler non seulement d’une interdépendance mais aussi d’une coordination entre émergents. Réunis à Moscou en novembre 2011, les vice-ministres des affaires étrangères du groupe BRICS se sont prononcés contre l'ingérence des forces étrangères dans les affaires internes des pays du Moyen-Orient. Une position semblable était apparue au moment de l’intervention franco-anglaise en Lybie. Pendant la dernière réunion du G20 en France à Cannes enfin, les pays BRICS se sont retrouvés en position de force, avec leurs réserves de change importantes, en position de demander aux pays de l’Union Européenne et aux USA un peu plus de rigueur budgétaire.


    Par ailleurs, le groupe BRICS exerce déjà des pressions pour que sa représentation dans diverses instances internationales comme le FMI, soit renforcée. L’idée que le patron du FMI ne soit plus forcément un européen est dans l’air. Du côté des investisseurs, ces marchés émergents suscitent toujours l’intérêt. Au terme d’une étude récente effectuée par Accenture, il apparaît que pour 80% des chefs d’entreprises, interrogés dans 85 pays, la priorité en matière de croissance repose sur les économies émergentes.


    Enfin il est à noter que les BRICS sont tous éloignés, à des degrés divers, du modèle d’état nation homogène traditionnel tel qu'on le connaît en Europe de l'ouest par exemple. La Russie comprend plus de 100 peuples et nationalités, l'Afrique du sud a 11 langues officielles, la Chine reconnaît 56 nationalités différentes et l'Inde reconnaît 23 langues. La culture brésilienne, lusophone, parait plus homogène, mais la population provient de multiples immigrations, d’Europe, d’Afrique et du moyen orient. Enfin 3 des BRIC (Inde, Chine, Russie) ont une forte composante musulmane de souche. Cet aspect pluriculturel et multiconfessionnel des BRICS ne parait pas gêner leur croissance économique.

    Et si ce modèle partagé par les BRICS était le modèle d'avenir des nouveaux regroupements civilisationnels?

    Ria Novosti

    Cri du peuple 1871 : http://www.mleray.info/article-ce-siecle-devrait-etre-celui-des-brics-99925481.html


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  • Chili : La droite réveille son anticommunisme contre Camila Vallejo et le mouvement étudiant


    Par Juan Carlos Cartagena, Rebelion

    Samedi 17 décembre 2011 
    par auteurs à lire

    Camila Vallejo 01    Camila Vallejo 02

    La classe dirigeante chilienne a utilisé l’épouvantail de l’anticommunisme pour entreprendre la politique destinée à préserver ses privilèges. Elle a inoculé dans l’inconscient collectif la terreur d’une doctrine appelée à subvertir l’ordre établi en provoquant « l’instabilité dans la région » et en présentant une « caractéristique totalitaire et annihilatrice de la personne humaine » [1].

     

    Depuis un certain temps déjà la « classe dirigeante » a tout compris. Contrôler les esprits revient moins cher – en effort, argent, sueur et sang – que prendre en main le large éventail de la répression. De fait, il est plus coûteux pour elle de contraindre les peuples à abandonner leurs aspirations de justice, de liberté, d’indépendance, en somme, de dignité.

     

    L’anticommunisme est depuis le début du XXe siècle le principal argument et le socle sur lequel se sont construites les campagnes de terreur visant à sauvegarder les privilégiés.

     

    Les photos truquées de chars russes en face du palais La Moneda ont contribué à empêcher l’élection d’Allende lors de la campagne présidentielle de 1964, mais pas en 1970. En fin de compte, ce sont les tanks et les avions de facture étasunienne qui ont détruit La Moneda et toute la vie civique du pays en 1973.

     

    Dire qu’aujourd’hui la droite est consternée constitue un euphémisme. Leur patrie de rêve, si chèrement bâtie, est actuellement contestée par une nouvelle génération d’étudiants. Au point que certains mettent déjà en garde le Chili sur les dangers de l’ingouvernabilité ou ceux encourus par le vide du pouvoir [2].

     

    Camila Vallejo 03

     L’image de la présidente de la Fédération des étudiants de l’université du Chili (FECH) a surgi comme l’une des figures les plus visibles de ce mouvement étudiant. La FECH est entre toutes les organisations estudiantines existantes du pays la plus prestigieuse, importante et ancienne du Chili. Camila Vallejo est membre des Jeunesses communistes et lors du dernier Congrès de son organisation, elle a intégré le Comité central. La jeune étudiante en géographie, âgée de 23 ans, possède plus d’une qualité. Intelligence, clarté des idées, discours accessible et beauté juvénile lui confèrent un certain charisme. Elle a réussi à faire sortir de ses gongs plusieurs analystes et adversaires politiques de droite comme de gauche.


     

    Le plus insupportable pour eux, c’est que Camila Vallejo revendique haut et fort son militantisme et son école communistes. Ils trouvent inconcevable qu’une dirigeante communiste soit dotée d’attributs situés aux antipodes des références inculquées par la campagne anticommuniste. Cette dernière exige de penser que les communistes sont des êtres abjectes dénués de toute humanité comme l’indiquait Merino (Santiago José Toribio Merino Castro), membre de la junte militaire. Au demeurant, selon la doctrine anticommuniste, une femme marxiste ne peut pas être si talentueuse, de pareilles qualités sont exclusivement réservées aux dirigeants de l’élite. Malheureusement, la droite se retrouve orpheline et dans l’incapacité d’avoir un leader du même acabit.

     

    Camila Vallejo 04

     Le nombre de manipulations, insinuations, attaques et menaces perpétrées contre Camila Vallejo, en seulement six mois, sont stupéfiantes et grossières. Elles montrent le degré de confusion et de décomposition dans lequel sont embourbés les défenseurs du système. Aucun autre leader étudiant n’a accumulé une aussi grande quantité d’agression. La droite sait qu’en attaquant les dirigeants communistes, elle s’en prend à l’ensemble du mouvement social. La tactique droitière passe par discréditer les dirigeants, démoraliser les participants ou semer la discorde au sein du mouvement social.


     

    La panoplie de la droite inclue entre autres des menaces physiques proférées ouvertement contre des fonctionnaires et des délégués. Les images utilisées rappellent un passé récent où le terrorisme d’état disposait de la vie des chiliens. Des épithètes tels que « en tuant la chienne on se débarrasse de la portée » [3], « tu peux disparaître sans laisser de trace » ont circulé via twitter, ainsi que d’autres indélicatesses prononcées par les partisans de Pinochet à l’exemple de Hermógenes [4] (ancien député du Parti National et chroniqueur du quotidien El Mercurio). Ces propos ont provoqué un rejet massif de la part de la population produisant en définitive un effet opposé à celui recherché.

     

    Camila Vallejo 05

     Quant aux politiciens de droite, ils ont plutôt opté pour la disqualification : « Vallejo n’a pas les compétences d’un leader », « elle se comporte comme un politique », « elle discrédite le pays », « femme moitié diable », etc. [5] Critiques situées dans la droite logique du dictat néolibéral qui interdit à un dirigeant social de faire de la politique, ce domaine étant exclusivement réservé aux politiciens professionnels telle que le préconise la Constitution de Pinochet actuellement en vigueur. Les auteurs de ces accusations souhaitent que leur influence sur l’opinion publique soit aussi forte que celle exercée par l’ascendant moral de la classe dirigeante. En considérant que la droite a réussi à asseoir son autorité dans la société en imposant son hégémonie politique au peuple chilien.

     

    Il existe aussi les attaques tendancieuses et sournoises qui prennent généralement la forme d’études réalisées par des analystes indépendants. Ils affirment appuyer les justes revendications des étudiants mais disqualifient Camila Vallejo. La manipulation atteint alors son sommet. Cette catégorie englobe des déclarations, soi-disant impartiales, faîtes par des analystes d’institutions proches du monde intellectuel.

     

    Camila Vallejo 06

     Carlos Huneeus, directeur du Centre d’études de la réalité contemporaine (CERC), reconnaît la légitimité des demandes des étudiants et prophétise en même temps que « Vallejo n’a pas d’avenir au PC » [6]. Il cherche à la convaincre de s’éloigner du Parti Communiste. De même, l’épouse de ce dernier, Marta Lagos emploie une formule qui se veut impartiale « le mouvement étudiant n’est qu’un instrument de l’histoire. Camila Vallejo, le communisme, n’ont pas voix au chapitre. C’est simplement un fantôme qui apparaît pour confondre les lecteurs du journal El Mercurio » [7]. Elle conteste le rôle historique joué par les protagonistes des organisations de lutte du peuple chilien. Ebloui par la dirigeante, Arturo Alejandro Muñoz estime que « l’orientation de Recabarren et de Teitelboim la poussera à se fondre dans le moule et à se transformer en l’engrenage le plus bureaucratique et obséquieux de « l’appareil » du parti. A partir de ce moment là, notre fulgurante Camila représentera peu de risque pour le système néolibéral … ». Donc, il prédit à Camila Vallejo un triste naufrage politique si elle reste affiliée au Parti Communiste [8].


     

     

    Camila Vallejo 07

     Une mention spéciale pour le cas le plus paradoxal et regrettable représenté par l’historien Gabriel Salazar, Prix National d’Histoire 2006, qui n’hésite pas à déclarer que Camila Vallejo « a un langage fluide, elle n’est pas stupide, elle est belle mais elle n’a ni la force mentale suffisante pour les théories discursives, ni l’énergie pour diriger le mouvement ». De plus, Salazar souhaite l’opposer au mouvement étudiant. Il poursuit sa manoeuvre ridicule en affirmant que Camila, en recevant des ordres de son parti, a rejoint le mouvement avec le but de l’instrumentaliser pour atteindre ses propres fins [9]. Malheureusement, son obsession anticommuniste l’empêche de percevoir le mal que ses déclarations causent au mouvement étudiant, ainsi que le service qu’il rend à la droite.

     

     

     

    Camila Vallejo 08


     

    Finalement, les tentatives de démolition et les boniments diffusés par la presse et les journalistes dépendants du système n’ont pas manqué. La Une de Ultimas Noticias (avec un titre sexiste) [10] et le comportement honteux du panel de l’émission de télévision « Tolerancia Cero » [11] représentent les deux cas les plus emblématiques.


     

    En définitive, le problème de Camila Vallejo est le Parti communiste. Cette situation dérange beaucoup de monde.


     A ne pas douter que le renouvellement de la direction des Fédérations sur le plan national en décembre 2011 confirmera la justesse de l’application des politiques, des tactiques et des stratégies aptes à répondre aux revendications des étudiants. Nous découvrirons alors les nouvelles manœuvres et tentatives inventées par ces « analystes », faiseurs d’opinion, réticents à reconnaître et à accepter les choix du peuple chilien au moment où il se dote de ses dirigeants légitimes.

     

    Par Juan Carlos Cartagena, Rebelion

    Publié le 30.10.2011 sur Rebelion.org 

    Traduction de Alexandra pour Hastasiempre


    Les parenthèses ont été ajoutées pour la compréhension du texte.

    [1] http://www.google.fr/#sclient=psy-a...

    http://www.derechoschile.com/espano...

    [2] http://radiografiamundial.com/rmblo...

    http://www.elmostrador.cl/opinion/2...

    [3] « En tuant la chienne on se débarrasse de la portée », phrase prononcée par Pinochet suite à la mort de Salvador Allende en 1973.

    [4] http://prontus.ivn.cl/cambio21/site...

    http://www.lanacion.cl/tuitero-amen...

    http://www.lanacion.cl/camila-valle...

    http://latercera.com/noticia/nacion...

    http://laradiodelsur.com/?p=49790

    [5] http://www.elmostrador.cl/noticias/...

    http://www.lasegunda.com/Noticias/P...

    http://noticias.terra.es/2011/mundo...

    http://prontus.ivn.cl/cambio21/site...

    http://www.emol.com/noticias/nacion...

    [6] http://www.elmostrador.cl/noticias/...

    [7] http://www.piensachile.com/seccione...

    [8] http://www.granvalparaiso.cl/v2/201...


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  • dirigentes-jjccFaire converger les revendications des étudiants avec celles des travailleurs

    Article initial de Modaira Rubio, pour Tribuna Popular, organe du PC Vénézuelien

    Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

     Dans le cadre de la 1ère Rencontre des correspondants sud-américains, qui s'est tenue à Santiago du Chili, nous avons pu avoir un échange avec Camila Vallejo, présidente de la Fédération des étudiants de l'Université du Chili (FECH), Karol Cariola, secrétaire générale des Jeunesses communistes du Chili (JJCC) et Camilo Ballestero, présidente de la Fédération des étudiants de l'Université de Santiago du Chili (USACH).

     

    Les jeunes dirigeants communistes ont répondu franchement à la presse internationale, en exposant les raisons de la révolte étudiante que connaît leur pays.

     

    « Il ne s'agit pas de quelque chose de spontané, cela vient d'un processus de maturation qui a accumulé toute une expérience depuis les années 1980, lorsque a été lancée la réforme de l'éducation supérieure puis celle du secondaire »,affirme Camila.

     

    Les trois ont convenu du fait que c'est à partir de ce moment-là qu'a été mis en place le « modèle chilien » dans l'éducation, qui fait passer la « liberté d'enseignement » avant le droit à l'éducation.

     

    « Nous voulons comme peuple chilien, comme peuple mapuche, la démocratisation de nos institutions, réaliser notre bien-être social, le bonheur, l'égalité des chances, notre liberté et dépasser les inégalités », a déclaré l'emblématique dirigeante étudiante.

     

    Pour Camila,« le programme porté historiquement par le Parti communiste chilien (PCCh) met avant les besoins du peuple chilien, ses revendications, et les gens se sont rendus compte qu'il faut avancer dans cette direction, qui n'est rien d'autre que la construction d'une société plus juste ».

     

    En ce sens, elle affirme que « être communiste a encore plus de sens actuellement que dans le passé. Ce n'est pas que les propositions communistes se sont renouvelées en raison d'un changement générationnel, les idées des communistes plus âgés ou jeunes prennent aujourd'hui tout leur sens car elles permettent la prise de conscience des inégalités sociales et incitent à les combattre de manière organisée ».

     

     

    Vallejo, Ballesteros et Cariola assurent qu'au-delà d'un mouvement conjoncturel, le mouvement étudiant qu'ils représentent va faire irruption dans la politique, et cela se verra lors des prochaines élections : « Il est indéniable que toute candidature au niveau municipal ou national devra incorporer les revendications du mouvement étudiant chilien. A moins qu'elle soit de droite », a défendu Vallejo.

     

    « Nous devons faire converger les revendications des étudiants avec celles des couches qui souffrent également des inégalités, il faut entretenir le lien avec la classe ouvrière et avec les syndicats », a-t-elle souligné.

     

    L'éveil des consciences

     

    De son côté, Cariola a affirmé que, grâce au mouvement étudiant: « l'ensemble de la population chilienne a une conscience différente des choses. Désormais, nous nous autorisons à penser à nous donner l'opportunité d'une éducation gratuite, de qualité, juste et égalitaire. Les chiliens remettent en cause le système éducatif et refusent qu'il réponde de la logique du profit. C'est déjà une réussite, cette prise de conscience. »

     

    « Nombreux sont ceux parmi les dirigeants étudiants, et pas seulement les plus connus, sont militants de la JC mais aussi d'autres organisations. Nous avons réussi à créer le lien entre les organisations de jeunesse, liées au parti ou non, avec le mouvement social », s'est exprimée Cariola.

     

    Criminalisation et anti-communisme

     

     

    Tout juste élue secrétaire-général de la JC Chilienne, elle a à son tour dénoncé la criminalisation du mouvement et des dirigeants par le gouvernement fasciste deSebastián Piñera: « La police chilienne s'est mise à réaliser des coups montés afin de salir notre image. Les Jeunesses communistes ont apporté et appris beaucoup avec ce mouvement, et nous sommes clairs sur le fait qu'il ne s'agit pas du travail d'une seule organisation. Il y a des volontés anti-communistes de dénaturer notre rôle au sein du mouvement, et nous avons également subi des attaques matérielles contre nos locaux. Et nous croyons que cela rentre dans un terrorisme d'Etat qui s'exerce contre nous. »

     

    Ballesteros, de son côté, a indiqué que selon lui ce qui se passe actuellement n'est pas une lutte générationnelle, des jeunes contre les adultes plus âgés, mais il s'agit de comprendre que chaque groupe joue un rôle dans la société. « Avant, ils critiquaient la jeunesse qui ne partcipait pas à la politique. Désormais, nous y participons », souligne-t-il.

     

    Il a également indiqué que le mouvement étudiant chilien reflète la bataille que livrent les étudiants d'Uruguay, d'Equateur, de Colombie, contre le modèle néo-libéral qui fait passer le profit avant le droit à l'éducation et dont le Chili est à l'avant-garde dans la région.


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