• USA 43

     

    Démolitions & Restaurations Corp

    par Manlio Dinucci Contribution Marie Ange Patrizio

     

    Il existe une société multinationale qui, malgré la crise, travaille à n’en plus pouvoir. Elle s’occupe de démolitions et restaurations. Pas d’édifices, mais d’Etats entiers. La maison mère est à Washington, où réside, dans la White House, le Chief executive officer (Ceo), l’administrateur délégué.

     

    Les principaux quartiers généraux régionaux se trouvent à Paris et Londres, aux mains de directeurs rampants et d’avides comités d’affaires, mais la multinationale a des filiales dans tous les continents.

     

    Les Etats à démolir sont ceux qui sont situés dans des aires riches en pétrole ou dans une position géostratégique importante, mais qui sont totalement ou en partie hors du contrôle de la multinationale. On privilégie, dans la liste des démolitions, les Etats qui n’ont pas une force militaire capable, par des représailles, de mettre en danger celle des démolisseurs. L’opération débute en fichant des coins dans les fissures internes, présentes dans tout Etat.

     

    Dans la Fédération Yougoslave, dans les années 90, furent fomentées les tendances sécessionnistes, en soutenant et en armant les secteurs ethniques et politiques qui s’opposaient au gouvernement de Belgrade. En Libye, aujourd’hui, on soutient et on arme les secteurs tribaux hostiles au gouvernement de Tripoli.

     

    Cette opération est réalisée en s’appuyant sur de nouveaux groupes dirigeants, souvent formés d’hommes politiques passés à l’opposition pour s’accaparer dollars et postes de pouvoir. On demande ensuite l’autorisation au bureau compétent, le Conseil de sécurité de l’ONU, en motivant l’intervention par la nécessité de virer le dictateur qui occupe les étages supérieurs (hier Milosevic, aujourd’hui Kadhafi).

     

    Il suffit d’un tampon avec écrit « on autorise toutes les mesures nécessaires » mais, si on ne l’obtient pas (comme dans le cas de la Yougoslavie), on continue quand même. L’équipe de démolisseurs, déjà préparée, entre en action avec une attaque aéronavale massive et des opérations terrestres à l’intérieur du pays, autour de quoi le vide a été fait par un embargo drastique. Pendant ce temps le secteur publicité de la multinationale martèle une campagne médiatique présentant la guerre comme nécessaire pour défendre les civils, menacés d’extermination par le féroce dictateur.

     

    La démolition terminée, on procède à la construction d’un nouvel Etat (comme en Irak et en Afghanistan) ou d’un ensemble d’Etats croupions (comme en ex-Yougoslavie) aux mains d’administrateurs inféodés. L’autre important secteur de la multinationale est celui de la restauration d’Etats branlants. Comme l’Egypte et la Tunisie, le Yémen et le Bahreïn, dont les fondements ont été secoués par le mouvement populaire qui a défenestré ou mis en difficulté les régimes garants des intérêts des puissances occidentales.

     

    Selon la directive du Ceo d’assurer une transition rangée et pacifique, la restauration est organisée en consolidant avant tout le pilier sur lequel s’appuyait déjà le pouvoir -la structure portante des forces armées- en le repeignant avec les couleurs arc-en-ciel de la démocratie. On restaure ainsi les Etats touchés par le tremblement de terre social, sur lesquels la multinationale fonde son influence en Afrique du Nord et au Moyen-Orient, et, en provoquant en même temps une secousse artificielle, on en démolit un autre relativement indépendant.

     A la maison mère on trinque déjà au danger écarté de la révolution arabe. Mais en profondeur, dans les sociétés arabes, sous les fondations du palais impérial grondent les tensions qui préparent un nouveau séisme.

    Edition de mardi 30 septembre 2011 de il manifesto

    http://www.ilmanifesto.it/area-abbonati/in-edicola/manip2n1/20110830/manip2pg/14/manip2pz/309109/

    Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

    Sur Cri du Peuple 1871 : http://www.mleray.info/article-demolition-restauration-82889502.html


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  • Près de 46 millions d'Américains vivent grâce à des bons alimentaires

    Près de 46 millions d'Américains, soit 15 % de la population, vivait en avril 2011 grâce à des bons alimentaires, a indiqué vendredi 5 août le ministère de l'agriculture des Etats-Unis. Ce chiffre record a augmenté de 2,5 % entre mai 2010 et avril 2011.

    Les Etats où les allocataires sont les plus nombreux sont le Texas (3,9 millions), la Californie (3,7 millions), la Floride (3 millions) et New York (3 millions). L'Alabama, Etat du Sud, a pour sa part doublé le nombre de ses allocataires, passant de 800 000 à plus de 1,7 million. Ce bond spectaculaire est dû en grande partie, selon un responsable du ministère, à la série de tornades qui a touché fin avril cet Etat, faisant 210 morts, plus de 1 700 blessés et des destructions massives.

    Les bons alimentaires, qui font partie du programme SNAP d'assistance supplémentaire à l'alimentation, peuvent être demandés sous conditions, en fonction notamment d'un plafond mensuel de ressources selon la taille de la famille. Pour une famille de quatre personnes, ce plafond est fixé à 2 389 dollars. Le montant moyen de cette allocation est de 300 dollars. Les bons peuvent être échangés en supermarché contre des produits alimentaires, mais pas contre des sandwichs, des produits traiteurs ou de l'alcool.

    En 2010, le programme d'aide alimentaire a coûté 68 milliards de dollars (47,6 milliards d'euros) aux contribuables américains, contre 250 millions de dollars en 1969, lorsque le programme a commencé (soit l'équivalent de 1,4 milliards de dollars actuels).

    RECORD DU CRÉDIT À LA CONSOMMATION

    Les Américains ont tâché pendant deux ans, entre l'été 2008 et l'été 2010, de guérir de leur dépendance au crédit à la consommation et de se désendetter, face à un chômage élevé. Mais depuis octobre, l'encours des crédits a connu neuf mois de hausse d'affilée.

    Le recours des Américains au crédit à la consommation a augmenté en juin à un rythme jamais vu depuis le début de la récession, selon des chiffres publiés vendredi par la banque centrale des Etats-Unis (Fed).

    L'encours de ces crédits a bondi sur ce mois de 7,7 % en rythme annuel par rapport au mois précédent, la plus forte hausse depuis août 2007, pour atteindre 2 446,1 milliards de dollars. La hausse en dollars (15,5 milliards) est trois fois supérieure à celle attendue par les analystes.

    Selon les données mensuelles de FirstData, une société de services de paiement électronique, les consommateurs américains ont financé depuis le début de l'année une part croissante de leurs achats de biens de première nécessité et d'essence par l'emprunt, à cause de la montée des prix.

    http://www.lemonde.fr/ameriques/


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  • Pourquoi la jeunesse aux Etats-Unis ne se révolte pas: les gouvernements successifs, aux ordres du Capital, y ont veillé


    Par emcee le dimanche 7 août 2011, 08:51 - Dans l'enfer de l'UltralibéralieLien permanent

     

    Et, cela depuis le Vietnam.

     

    Ce texte, « 8 Reasons Young Americans Don't Fight Back: How the US Crushed Youth Resistance », de Bruce E. Levin, psychologue clinicien, parle de lui-même. Tout y est.


    Nous-mêmes n'en sommes pas loin. Si nous avons pris du retard, c'est à cause de ces fichus services publics et des dispositions mises en place, entre autres, par le CNR et qu'il a fallu démanteler une à une. Mais l'équipe au pouvoir s'y attèle avec un zèle remarquable. Bientôt, ces mesures surannées ne seront plus qu'un vieux souvenir, qui ne hantera que les pires cauchemars du MEDEF.

     

    USA 36

    Manifestation contre la guerre du Vietnam


     

    Les huit raisons pour lesquelles les jeunes aux Etats-Unis ne se révoltent pas: comment les Etats-Unis ont annihilé tout esprit de résistance


     

    Ce sont les jeunes qui ont toujours dynamisé les mouvements démocratiques. et donc, c’est un sacré exploit qu'ont réalisé les classes dirigeantes en créant des structures sociétales qui ont assujetti les jeunes en Amérique et brisé leur esprit de résistance à la domination.


    Les jeunes aux Etats-Unis –plus encore que les autres générations - semblent avoir intégré l’idée que la «corporatocratie» peut les arnaquer complètement et qu'ils sont impuissants à réagir face à cela. Un sondage Gallup réalisé en 2010 demandait: «pensez-vous que le système de Sécurité Sociale pourra vous verser une pension quand vous partirez à la retraite? Parmi les 18-34 ans, 76 % ont répondu non. Pourtant, bien qu'ils pensent qu'ils n'auront pas accès à la Sécurité Sociale, peu d'entre eux ont manifesté pour que cette institution soit renflouée en imposant les riches plus équitablement; la plupart semblent résignés à se voir prélever davantage de cotisations sociales, même s'ils pensent qu'ils n'en bénéficieront pas.

     

    Comment donc la société a-t-elle réduit la jeunesse américaine au silence ?

     

    1 - Les remboursements des prêts étudiants.

     

    Un énorme endettement – et l'angoisse qu'il engendre – est un « facteur de paix ».

    Il n'y avait pas de frais de scolarité à payer à l'Université publique de New York quand je faisais mes études dans les années 1970, une époque où les frais de scolarité étaient si abordables dans de nombreuses universités publiques américaines qu'il était facile d'obtenir une licence, et même des grades universitaires plus élevés, sans avoir à accumuler les dettes pour rembourser des prêts-étudiants.

    Alors que cette époque est révolue aux Etats-Unis, les universités publiques sont toujours gratuites dans le monde arabe, et sont soit gratuites, soit demandent une participation minime dans de nombreux pays du monde entier.


    Les millions de jeunes Iraniens qui risquaient de se faire tirer dessus en manifestant contre les résultats des élections présidentielles de 2009, les millions de jeunes Égyptiens qui risquaient leur vie pour exiger le départ de Moubarak, et les millions de jeunes Américains qui manifestaient contre la guerre du Vietnam ont tous en commun qu'ils n'avaient pas à rembourser de prêt étudiant.

     

    Actuellement, aux Etats-Unis, deux tiers des étudiants en dernière année de licence (quatrième année, NDT) ont un crédit à rembourser. Alors que l'endettement des étudiants s'élève à près de 25000 dollars en moyenne, de plus en plus d'étudiants licenciés me disent qu’ils auront à rembourser près de 100.000 dollars.


    A une époque de la vie où il serait plus facile de contester l'autorité parce qu'on n'a pas de charge de famille, beaucoup de jeunes gens ne s'inquiètent que du coût que représenterait le fait de s'en prendre au pouvoir, de perdre son emploi et de se retrouver dans l'incapacité de rembourser une dette en constante augmentation.

     

    2. Traiter la rébellion comme une psychopathologie

     

    En 1955, Erich Fromm, psychanalyste de gauche très respecté à l'époque, et qui militait contre l'autoritarisme, écrivait:

    « Aujourd'hui, la fonction de la psychiatrie, de la psychologie et de la psychanalyse menace de devenir l'instrument de la manipulation des êtres humains ».

    Fromm est mort en 1980, l'année même où une Amérique de plus en plus autoritaire élisait Ronald Reagan à la tête de l'Etat, et où une « Association Américaine de Psychiatrie » de plus en plus autoritaire ajoutait à sa bible de classifications des diagnostics (appelée alors le DSM-III) les troubles graves du comportement chez l'enfant et l'adolescent, comme le « trouble oppositionnel avec provocation » de plus en plus en vogue.


    Parmi les symptômes officiels du « trouble oppositionnel avec provocation » on trouve: « souvent contestataire ou refuse d'obéir aux ordres ou aux règles donnés par des adultes », « souvent en conflit avec les adultes » et « agit souvent dans l'intention d'exaspérer les autres ».


    De nombreux contestataires connus en Amérique, parmi lesquels Saul Alinsky (1909–1972), l'« organizer » légendaire , auteur de « Reveille for Radicals » et « Rules for Radicals », seraient sans aucun doute diagnostiqués comme étant atteints de trouble oppositionnel avec provocation et d'autres troubles du comportement. 

     
    Evoquant son enfance, Alinsky raconte:

    « Il ne m'était jamais venu à l'idée de marcher sur une pelouse, jusqu'à ce qu'un jour, je tombe sur un panneau: 'pelouse interdite'. Par la suite, quand j'en voyais un, je piétinais la pelouse de long en large ».

     

    Des puissants neuroleptiques (comme le Zyprexa et le Risperdal) sont actuellement les médicaments qui réalisent le plus de bénéfices aux Etats-Unis (16 milliards de dollars en 2010). Une des raisons principales, selon le « Journal of the American Medical Association » en 2010, c'est que beaucoup d'enfants qui prennent ces neuroleptiques ne souffrent pas de trouble oppositionnel avec provocation ou d'autres troubles du comportement (ce qui est particulièrement vrai pour les patients en pédiatrie assurés par Medicaid).

     

    3. Des écoles qui apprennent l'obéissance, pas la démocratie

    Lors de la remise du prix du Professeur de l'Année décerné par la ville de New York le 31 janvier 1990, John Taylor Gatto choquait une grande partie de l'assistance en déclarant:

    « La vérité, c'est que les écoles n'enseignent pas grand chose en réalité, si ce n'est à obéir aux ordres. C'est un grand mystère pour moi parce que des milliers de personnes dévouées et attentionnées travaillent dans les écoles en tant qu'enseignants, assistants et administrateurs mais la logique abstraite de l'institution neutralise leurs contributions individuelles ».

    Il y a une génération de ça, la question de l'éducation obligatoire en tant qu'instrument servant à créer une société autoritaire faisait l'objet de nombreux débats, mais, alors que la situation est bien pire aujourd'hui, on n'en entend pratiquement plus jamais parler.


    La nature de la plupart des classes, quelle que soit la discipline enseignée, prépare les élèves à être passifs et à être dirigés par d'autres, à obéir aux ordres, à prendre au sérieux les récompenses et les sanctions données par les autorités, à faire semblant de s'intéresser à des sujets qui ne les intéressent pas, et à se convaincre qu'ils sont impuissants à changer cet état de fait.


    Un professeur peut faire un cours sur la démocratie, mais les écoles sont essentiellement des lieux antidémocratiques, et donc, ce n'est pas la démocratie qui est enseignée aux élèves.


    Jonathan Kozol, dans « The Night Is Dark and I Am Far from Home », parle de la façon dont l'école nous retient de nous livrer à des actions courageuses. 

     
    Kozol explique comment les écoles nous enseignent une sorte de « sollicitude inerte » où le fait de se sentir concerné – en soi et de soi-même, et sans risquer les conséquences d'une véritable action – est considéré comme «éthique». L'école nous apprend que nous sommes «moraux et mûrs» si nous affirmons nos préoccupations poliment, mais la nature de l'école – son exigence d'obéissance – nous apprend à ne pas chercher à provoquer des frictions.

     

    4 – Les réformes éducatives « No child left behind » et « Race to the Top »

    La corporatocratie a imaginé un moyen de rendre nos écoles déjà autoritaires encore plus autoritaires.


    Les politiques à la fois des Démocrates et des Républicains ont engendré les guerres en Afghanistan et en Irak, l'ALENA, le PATRIOT Act, la guerre contre la drogue, le sauvetage de Wall Street, et les actions éducatives comme les programmes « No child left behind » (« aucun enfant laissé pour compte » – gouv. Bush, NDT) et « Race to the Top » (la course au sommet – gouv. Obama, NDT).


    Ces politiques consistent essentiellement à soumettre les élèves à la tyrannie de tests normalisés, générateurs de crainte, ce qui est, pour une société démocratique, antinomique avec l'éducation.


    L'angoisse pousse les élèves et les professeurs à ne plus travailler que pour répondre aux exigences de ceux qui élaborent les sujets des tests. Elle annihile la curiosité, l'esprit critique, la remise en cause de l'autorité et la contestation et la résistance à l'autorité illégitime.


    Dans une société plus démocratique et moins autoritaire, on mesurerait l'efficacité d'un enseignant non pas à des résultats de tests imposés par la corporatocracy, mais en demandant aux élèves, aux parents et à toute la communauté si le professeur incite les élèves à être plus curieux, à lire davantage, à se cultiver indépendamment de l'école, à chercher à former son esprit critique, à remettre en cause les autorités, et à contester l'autorité illégitime.

     

    5. Montrer du doigt les jeunes qui prennent au sérieux l'éducation – mais pas les études.

    Une enquête réalisée en 2006 aux Etats-Unis montre que 40% des enfants entre le CP et le CE2 lisent tous les jours, mais quand ils arrivent en CM1, ce pourcentage tombe à 29 %. Malgré l'effet anti-éducatif de l'école, les parents et les enfants sont de plus incités par la propagande à croire que ne pas aimer l'école, c'est ne pas aimer apprendre.


    Cela n'a pas toujours été le cas aux Etats-Unis. On se souvient de la réflexion de Mark Twain: « je ne permets pas à mes études de nuire à mon éducation ». Vers la fin de la vie de Twain, en 1900, seulement 6 % des Américains avaient un diplôme de fin d'études secondaires.


    Actuellement, environ 85 % des Américains ont un diplôme de fin d'études secondaires, mais ce n'est encore pas assez pour Barack Obama qui a déclaré en 2009:

     

    « Et abandonner le lycée avant la fin des études n'est plus possible. Ce n'est pas seulement faillir à soi-même, c'est faillir à son pays ».

     

    Mais, plus les Américains font d'études, moins ils sont conscients de la lutte des classes qui a lieu actuellement, et plus ils sont incapables de contester la classe dirigeante.


    Dans les années 1880 et 1890, les agriculteurs américains qui avaient fait peu ou pas du tout d'études avaient créé un mouvement populiste qui avait mis en place la plus importante coopérative de travailleurs en Amérique, avaient formé le Parti Populaire qui avait recueilli 8 % des voix aux élections présidentielles de 1892, conçu un projet de « sous-trésorerie » (qui, s'il avait été appliqué aurait permis aux agriculteurs de bénéficier de meilleurs crédits et aurait cassé le pouvoir des grandes banques), envoyé 40.000 conférenciers dans toute l'Amérique pour l'expliquer, et avaient développé toutes sortes d'idées politiques, de stratégies élaborées, que la population instruite d'aujourd'hui est incapable de concevoir.


    Aujourd'hui, les Américains sans diplômes universitaires sont constamment montrés du doigt et qualifiés de « losers ».


    Pourtant, Gore Vidal et George Carlin, deux des détracteurs les plus intelligents et cohérents de la corporatocratie en Amérique, ne sont jamais allés à l'université, et Carlin a abandonné les études en classe de 3eme.

     

    6. La banalisation de la Surveillance.

    La crainte d'être surveillée rend la population plus facile à maîtriser. On a beaucoup entendu parler de la National Security Agency (NSA) qui a intercepté les mails et écouté les conversations téléphoniques de citoyens américains, et alors que les dispositifs de contrôle sont de plus en plus fréquents en entreprise, les jeunes acceptent de plus en plus d'être surveillés par la corporatocratie parce que, y ayant été habitués dès l'enfance, la surveillance est, pour eux, une pratique normale.


    Leurs parents consultent systématiquement Internet pour connaître les notes des tests de leurs enfants et savoir quelles tâches ont été accomplies, et, tout comme les patrons, ils surveillent les ordinateurs de leurs enfants et leurs pages Facebook. Certains parents utilisent le GPS des téléphones portables de leurs enfants pour les localiser et d'autres parents ont installé des caméras de surveillance chez eux. Je rencontre de plus en plus de jeunes gens qui n'osent pas organiser une fête quand leurs parents sont partis et, donc, comment pourraient-ils oser se lancer dans l'organisation d'un mouvement démocratique sous l'œil des autorités?

     

    7. La télévision

    En 2009, la Nielsen Company disait qu'il n'y a jamais eu autant d'Américains devant un écran qu'actuellement, si on compte les trois écrans»: le poste de télé, l'écran de l'ordinateur et celui du téléphone. Les enfants sont en moyenne huit heures par jour devant un écran, que ce soit pour la télévision, les jeux vidéo, les films, Internet, les téléphones portables, les iPods, et d'autres appareils (en dehors de l'usage qu'il en est fait pour l'école).


    De nombreux progressistes s'inquiètent de l'énorme contrôle sur le contenu exercé par les medias de masse, mais le simple fait de regarder la TV— quel que soit le programme – est le facteur de paix fondamental (les prisons privées ont reconnu que fournir des postes de télévisions aux prisonniers peut être une méthode plus économique pour les faire tenir tranquilles que d'embaucher davantage de gardiens).


    Pour une société autoritaire, la télévision est le rêve devenu réalité: les gros capitalistes possèdent pratiquement tout ce que les gens regardent.


    Les programmes-télé qui suscitent l'angoisse rendent les gens plus craintifs et plus méfiants vis-à-vis des autres, ce qui est parfait pour une classe dirigeante dont la méthode se résume à « diviser pour régner ». La télévision isole les gens de façon à ce qu'ils ne se rassemblent pas pour organiser la résistance contre les autorités; et quels que soient les programmes, les ondes cérébrales des téléspectateurs sont au ralenti, ce qui les met dans un état proche de l'hypnose, et qui n'est pas propice au développement d'un esprit critique.


    Même si les jeux vidéo ne réduisent pas autant leurs adeptes à l'état de zombies que la télévision, ces jeux sont devenus pour beaucoup de garçons et de jeunes hommes leur seule expérience de la puissance, or cette « puissance virtuelle » ne constitue pas une menace pour la classe dirigeante.

     

    8. La religion fondamentaliste et le consumérisme fondamentaliste.

    La société américaine offre à la jeunesse le « choix » entre la religion fondamentaliste et le consumérisme fondamentaliste. Toutes les formes de fondamentalisme réduisent notre vision et inhibent notre esprit critique. Alors que certains progressistes se plaisent à appeler la religion fondamentaliste l'« opium du peuple », ils oublient trop souvent la nature lénifiante de l'autre fondamentalisme majeur aux Etats-Unis.


    Le consumérisme fondamentaliste annihile l'autonomie en formant des individus qui se sentent complètement dépendants des autres et qui sont ainsi plus enclins à remettre le pouvoir de décision aux autorités, exactement ce qui ravit les classes dirigeantes.


    Un système de consumérisme fondamentaliste légitime la publicité, la propagande et toutes sortes de manipulations, y compris les mensonges; et quand une société légitime les mensonges et le pouvoir de manipuler, elle détruit la capacité de la population à se faire confiance mutuellement et à organiser des mouvements démocratiques. Le consumérisme fondamentaliste favorise l'égocentrisme, qui empêche la solidarité nécessaire pour organiser des mouvements démocratiques. 


    Ces aspects ne sont pas les seuls de notre société à désarmer la jeunesse américaine et anéantir leur résistance à la domination.


    Le complexe industriel agroalimentaire a contribué à créer une épidémie d'obésité infantile, de dépressions, et de passivité.


    Le complexe industriel carcéral se charge de discipliner ceux qui sont réfractaires à l'autorité (et, en plus, maintenant à cause de la crainte de se retrouver devant des juges comme les deux de Pennsylvanie qui avaient touché 2,6 millions de dollars de la part des prisons privées pour qu'ils veillent à ce que les mineurs soient condamnés à des peines de prison).


    Comme l'a dit Ralph Waldo Emerson: « tout ce qui est en place est à la fois bon et mauvais. Le mal s'attaque à toutes nos institutions de la même façon »

     

    Bruce E. Levine est psychologue clinicien, auteur de Get Up, Stand Up: Uniting Populists, Energizing the Defeated, and Battling the Corporate Elite (Chelsea Green, 2011). Voir son site web ici.

     

    Psychiatric Drugs and Poor Kids (Les neuroleptiques et les enfants des milieux pauvres. Les enfants qui sont assurés par Medicaid - assurance publique pour les familles pauvres - risquent quatre fois plus de se voir prescrire des neuroleptiques que les enfants assurés par le secteur privé, même s'ils n'ont pas de symptômes psychotiques ...).

    Note perso:

    Pour ce qui est des dettes étudiantes, l'évolution s'est faite progressivement. Jusqu'à ce que le système soit complètement corrompu, les étudiants qui faisaient des études supérieures avaient la possibilité de trouver un emploi rémunérateur et, donc, de rembourser leur crédit relativement rapidement. Ce qui explique d'une certaine façon leur manque de réaction à l'époque.


    Mais, aujourd'hui, les diplômés n'ont plus l'assurance de trouver un emploi à la sortie de l'université (délocalisations, licenciements, crise économique, etc.), et s'ils en trouvent un, ils ne sont pas assurés de le conserver, sans compter que la Sécurité Sociale est de moins en moins à la charge de l'employeur, ce qui signifie qu'il leur faut déduire de leurs salaires les cotisations pour l'assurance maladie ou la retraite.

    J'ajouterai aussi que les jeunes des pays occidentaux, et en particulier aux US, sont très cloisonnés, ils ne se rencontrent pas, et leurs aspirations et leurs chances de trouver un emploi sont très dissemblables.


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  • Les états Unis d’amérique, pays de la liberté(des financiers), donneurs de leçons dans le monde, n’est qu’un ramassis d’irresponsables, de fachistes, de fous de dieu, et de racistes...

    Le San Francisco Peaks, montagne sacrée des Navajo et d’autres tribus, jardin incommensurable d’herbes médicinales encore inconnues de la science (sauf des chamanes), va être massacrée pour construire une station de ski d’été, avec de multiple canons à neige.
    Ces canons à neige seront alimentés par des eaux usées, remplies des produits encore toxiques et de résidus des médicaments ; une catastrophe écologique.

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    En ce moment, des Navajo et d’autres défenseurs de ce lieu manifestent pour empêcher les travaux.
    La police intervient avec une violence inouïe envers les manifestants amer-indiens, considérés par eux comme des sous-hommes.

    Où sont les vrais américains(humains) ?

    Tous les détails en français des évènements sur ce lien : http://www.chrisp.lautre.net

    Vidéo des arrestations des manifestants :

    Sur les photos ci dessous vous pouvez voir l’arrestation violente de Klee, chanteur du groupe les BLACK FIRE.

    http://www.blackfire.net/

     

    source : http://www.ramoneursdemenhirs.fr/


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  • Les Etats-Unis dans l'impasse sur le plafond de la dette sur fond de croissance anémique

    Les Etats-Unis dans l'impasse

    le président démocrate du Sénat Harry Reid (Photo: Xinhua/Reuters)

    WASHINGTON, 30 juillet (Xinhua) -- La Chambre des représentants américaines a adopté un plan sur le plafond de la dette dans un vote vendredi soir, mais le plan a été rapidement rejeté par le Sénat, ce qui a encore amenuisé l'espoir d'aboutir à un accord bipartite avant la date butoir du 2 août.

    Le Parti républicain a réussi à envoyer la mesure au Sénat, en dépit de l'avertissement de la Maison Blanche qui avait annoncé qu'elle allait opposer son veto à celle-ci, et de la forte opposition de la chambre haute.

    Dans le cadre du nouveau plan en deux étapes présenté par le président républicain de la Chambre John Boehner, le Congrès relèverait immédiatement le plafond de la dette du gouvernement fédéral de 900 milliards de dollars jusqu'au début de l'année prochaine et réduirait les dépenses de 917 milliards sur une décennie.

    D'après le plan modifié dans la nuit de jeudi à vendredi, un deuxième relèvement du plafond de la dette l'année prochaine devrait être assujetti à l'approbation par le Congrès d'un amendement constitutionnel au budget équilibré et à son envoi dans les Etats pour ratification.

    Le Sénat dominé par les démocrates a rejeté le plan de Boehner deux heures seulement après son adoption par la Chambre basse.

    Le plan de la Chambre est "défectueux", a estimé vendredi le président démocrate du Sénat Harry Reid, avant d'ajouter que l'économie américaine ne pourrait pas supporter ce genre d'incertitude plus longtemps.

    "La Chambre des représentants continue d'essayer de faire adopter un projet de loi, alors que la majorité des républicains et des démocrates du Sénat ont déjà annoncé qu'ils ne le voteront pas", a expliqué le président américain Barack Obama quelques heures avant le vote de la chambre basse.

    Un plan de compromis sur le plafond de la dette permettant d'éviter un défaut de paiement sans précédent devrait être bipartite pour obtenir l'adhésion des deux partis, a souligné vendredi matin M. Obama lors d'une conférence de presse.

    L'impasse pourrait amener les Etats-Unis à voir leur note de dette souveraine de premier ordre dégradée, a mis en garde le président Obama.

    Une dégradation de cette note pourrait conduire à une "augmentation des taxes" qui pèsent sur les Américains sous la forme d'une augmentation des intérêts sur leurs prêts hypothécaires, leurs prêts automobiles et leurs cartes de crédit, selon M. Obama.

    Les articles concernés

    Le Sénat américain rejette un projet de loi sur le relèvement du plafond de la dette
    La Chambre des représentants américaine adopte un projet de loi pour relever le plafond de la dette
    Toute solution de compromis sur le plafond de la dette devra être bipartisane (Obama)
    Etats-Unis : les bourses restent moroses alors que le débat sur la dette continue
     

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  • Le peuple américain tolérerait-il une telle ingérence dans sa politique intérieure ? Non, et c’est bien normal, compréhensible et respectable. Pourquoi acceptons-nous cette ingérence ? Notez le caractère incroyablement insolent de l’entreprise : on agit de manière décomplexée, au vu et au su de tous. Jamais le Général de Gaulle ne l’aurait toléré ! Quand notre gouvernement ou notre Président de la République signifieront-ils aux Américains qu’ils doivent cesser leur ingérence dans la politique intérieure française ? Quand nos parlementaires prendront-ils position et agiront-ils pour que notre pays cesse de constituer une zone d’intervention pour une puissance étrangère, fût-elle « amie » ?

    Extrait du Langage de vérité :

    Wikileaks a publié un câble diplomatique intitulé « Minority Engagement Strategy » qui émane de Charles Hammerman Rivkin, l’ambassadeur des États-Unis d’Amérique en France, nommé par le président Barack Obama le 1er juin 2009 rendant compte de ses activités :


    « […] l’ambassade de Paris a créé une stratégie d’engagement pour les minorités qui englobe, entre autres groupes, les populations musulmanes françaises et répond aux objectifs du REFTEL A […] Nous focaliserons notre discours sur le problème des discriminations. Lorsque nous nous exprimerons en public sur la communauté des démocraties, nous mettrons en avant, parmi les qualités de la démocratie, le droit d’être différent, la protection des droits des minorités, la valeur de l’égalité des chances, et l’importance d’une représentation politique fidèle […]

    De plus, nous continuerons et renforcerons notre travail avec les musées français et les enseignants pour réformer le programme d’histoire enseigné dans les écoles françaises, pour qu’ils prennent en compte le rôle et les perspectives des minorités dans l’histoire de France […]

    Lorsque nous enverrons des dirigeants français aux États-Unis, nous inclurons, aussi souvent que possible, une partie de leur voyage qui se focalisera sur l’égalité des chances. […]

    Lancer une campagne de sensibilisation agressive vers les jeunes : nous continuerons nos efforts de sensibilisation des jeunes pour communiquer sur nos valeurs partagées avec les jeunes Français de tous milieux socioculturels. […]

    En pesant fortement sur les médias, nous voulons gagner la confiance et améliorer notre compréhension des jeunes de différentes origines. […]

    Pour atteindre ces objectifs, nous nous baserons sur les programmes extensifs de diplomatie publique déjà en place, et développerons des moyens supplémentaires pour influencer la jeunesse française, utilisant de nouveaux médias, des partenariats d’entreprises, compétitions nationales, événements ciblés de sensibilisation, et spécialement avec des invités américains […]

    En s’appuyant sur notre travail avec les deux sites Web de premier plan axés vers les jeunes musulmans de langue française – oumma.fr et saphirnews.com –, nous soutiendrons, formerons et nous investirons dans des médias et des militants politiques qui partagent nos valeurs […]

    De plus, nous suivrons attentivement les mesures abstraites de succès : un sens d’intégration, par exemple, parmi les jeunes minorités françaises, et un espoir grandissant qu’eux aussi peuvent représenter leur pays chez eux et à l’étranger, et même un jour arriver au sommet de la vie publique française en tant que président de la République […] »

    Voici ce que le Figaro publie aujourd’hui : « Chassez la statistique ethnique, elle revient au galop. Dix élus de banlieue d’origine maghrébine viennent de rentrer des États-Unis convaincus qu’il faut relancer le débat sur ce mode de recensement des populations encore proscrit en France. Ils annoncent qu’ils s’y emploieront dès septembre, alors que toutes les tentatives, plus ou moins soutenues par les autorités, se sont heurtées jusqu’à présent à un obstacle légal, constitutionnel et culturel […] Conviés huit jours à Washington par l’ambassade des États-Unis à Paris, tous sont revenus conquis par le système américain […] »

    Les statistiques ethniques sont dangereuses pour notre pays. J’avais développé ce point lors de mon audition par la commission Veil sur le Préambule de la Constitution. Nous ne possédons pas la même histoire que le peuple américain. Barack Obama lui-même avait rendu responsable de bien des maux la fracture raciale inscrite dans le marbre du fait de cette catégorisation de la population. 

    Le peuple américain tolérerait-il une telle ingérence dans sa politique intérieure ? Non, et c’est bien normal, compréhensible et respectable. Pourquoi acceptons-nous cette ingérence ? Notez le caractère incroyablement insolent de l’entreprise : on agit de manière décomplexée, au vu et au su de tous.


    Jamais le Général de Gaulle ne l’aurait toléré !

    Quand notre gouvernement ou notre Président de la République signifieront-ils aux Américains qu’ils doivent cesser leur ingérence dans la politique intérieure française ? Quand nos parlementaires prendront-ils position et agiront-ils pour que notre pays cesse de constituer une zone d’intervention pour une puissance étrangère, fût-elle « amie » ?

    Source : http://www.malikasorel.fr/


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  • Le zoo du Minnesota, fermé pour cause de faillite comme la plupart des services publics de cet Etat du Middle west américain.

    Le zoo du Minnesota, fermé pour cause de faillite comme la plupart des services publics de cet Etat du Middle west américain.

    Un Etat en faillite ? Non ce n’est pas (encore) dans le sud de l’Europe que vous le trouverez mais dans le Middle west américain, à la frontière avec le Canada. Il s’agit du Minnesota, un Etat de 225 000 kilomètres carrés grand comme la moitié de la France. Il vient de se déclarer en cessation de payement.

    Le 1er juillet, le gouvernement dirigé par le démocrate Mark Dayton a proprement déclaré l’état de failliteet renvoyé dans leurs foyers les quelques 22 000 fonctionnaires de l’Etat. Et en ce long week-end d’Independence day, c’est une fausse impression de jour férié qui prévaut. En réalité tout est fermé parce qu’il n’y a plus un rond pour payer quoi que ce soit.

    Le problème est constitutionnel : le Minnesota ne peut pas présenter de budget en déséquilibre. Or, avec un déficit de 5 milliards de dollars, il se trouve forcé de choisir entre l’augmentation des impôts et les coupes claires dans les dépenses publiques. Exactement comme au niveau fédéral. Et de la même manière que les deux partis se livrent à un bras de fer au Congrès à Washington, démocrates et républicains jouent une grande partie de bluff dans le Minnesota.

    Car en déclarant l’état de faillite, le gouverneur démocrate n’espère qu’une chose : faire porter le chapeau aux républicains, au rang desquels figure d’ailleurs l’une des "stars" du Tea Party et désormais candidate aux primaires du Grand Old Party, Michelle Bachman.

    Menaces pour l'État fédéral

    La partie d’échecs en cours dans cet Etat de 5 millions d’âmes rappelle que les finances américaines sont dans une situation au moins aussi préoccupante que celles des pays de la zone euro. Déjà, la Californie –l’Etat le plus riche et le plus peuplé de l’Union- était passée à deux doigts de la faillite il y a quelques mois avant qu’un accord trouvé in extremis lui permette de souffler une petite année de plus.

    Mais le véritable test autour des finances publiques américaines aura lieu dans les tous prochains jours, puisqu’il faudra pour début août que démocrates et républicains trouvent un terrain d’entente pour augmenter le plafond de la dette publique fédérale abyssale. A défaut, ce sera la cessation de paiement.

    Dire que la perspective inquiète les milieux financiers est assez loin de la réalité. En réalité, elle les fait blêmir et paniquer. Les agences de notation ont déjà prévenu : le non-relèvement du plafond de la dette les ferait placer les Etats-Unis sous surveillance négative ; et on peut imaginer que les marchés ne resteraient pas sans réaction face à la cessation de paiement de la première économie de la planète.

    Répétition générale ?

    Il reste à peine quelques jours à Barack Obama pour conclure un accord avec la majorité républicaine au Congrès des Etats-Unis. Peut-être le Minnesota fait-il dès lors figure d’avertissement aux républicains : "Voyez comme nous sommes déterminés à protéger les Américains des coupes sombres dans les programmes sociaux", semblent dire les démocrates. Et s’il s’agit plutôt d’une répétition en mode mineur, on ne devrait pas tarder à savoir dans quelle direction les vents mauvais de la crise poussent l’opinion américaine.

    http://www.rtbf.be/info/economie/detail_usa-l-independence-day-marque-par-la-faillite-du-minnesota?id=6402693


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  • Le Rapport Anti-Empire

    Que Dieu bénisse l’Amérique, et ses Bombes (suivi de La Guerre Contre le Système de Santé Cubain)

    William BLUM
     

    Parti Communiste FrançaisLorsqu’ils ont bombardé la Corée, le Vietnam, le Laos, le Cambodge, El Salvador et le Nicaragua, je n’ai rien dit, je n’étais pas communiste.

    Lorsqu’ils ont bombardé la Chine, le Guatemala, l’Indonésie, Cuba et le Congo, je n’ai rien dit, je n’étais pas au courant.

    Lorsqu’ils ont bombardé le Liban et la Grenade, je n’ai rien dit, je n’y comprenais rien.

    Lorsqu’ils ont bombardé le Panama, je n’ai rien dit, je n’étais pas un trafiquant de drogue.

    Lorsqu’ils ont bombardé l’Irak, l’Afghanistan, le Pakistan, la Somalie et le Yémen, je n’ai rien dit, je n’étais pas un terroriste.

    Lorsqu’ils ont bombardé la Yougoslavie et la Libye pour des raisons « humanitaires » je n’ai rien dit, cela avait l’air d’être une bonne raison.

    Quand ils sont venus me bombarder, il n’y avait plus personne pour me défendre. Aucune importance, puisque j’étais mort. (1)

    Les Cibles

    C’est devenu un cliché que d’accuser les Etats-Unis de choisir comme cibles les gens de couleur, ceux du tiers-monde ou les musulmans. Mais il ne faut pas oublier qu’une des plus longues campagnes de bombardement américaines féroces des temps modernes – pendant 78 jours consécutifs – fut menée contre les habitants de l’ex-Yougoslavie : blancs, européens et chrétiens. Les Etats-Unis sont pour l’égalité des chances, lorsqu’il s’agit de bombarder. Les seules conditions requises pour devenir une cible sont : a) constituer un obstacle - n’importe lequel – à la volonté de l’Empire Américain ; b) être virtuellement sans défense contre les bombardements aériens.

    Les Survivants

    « Nous ne voyons jamais le feu et la fumée, nous ne sentons jamais l’odeur du sang, nous ne croisons jamais les regards terrorisés des enfants dont les cauchemars seront désormais hantés par des missiles hurlants tirés par les terroristes invisibles, connus sous le nom d’Américains » (2)

    La NASA a annoncé une nouvelle mission spectaculaire, le lancement d’une fusée qui voyagera pendant 4 ans pour se poser sur une astéroïde où elle prélèvera un peu de poussière de la surface et ramènera sa précieuse cargaison sur la Terre, où des scientifiques l’examineront pour trouver des indices sur les origines de la vie. Une véritable histoire de science-fiction. Cela dit, à titre personnel je considérerais comme une prouesse bien plus grande pour l’humanité la possibilité de mettre fin à tous les bombardement américains et à toutes leurs guerres, et inculquer un peu d’humilité à la Sainte Trinité – les Etats-Unis, l’Union Européenne et l’OTAN – qui ne reconnaissent aucun pouvoir supérieur et qui croient qu’ils ont littéralement le droit de faire partout dans le monde ce qu’ils veulent, à qui ils veulent, aussi longtemps qu’ils le veulent, et de qualifier leur action d’un nom choisi au hasard, « humanitaire » par exemple.

    La chute de l’Empire Américain offrirait un nouveau départ pour le peuple américain et le monde qui souffrent depuis si longtemps

    Pourquoi les Etats-Unis mènent-ils une guerre permanente contre le système de santé Cubain ?

    Au mois de janvier (2011) , le gouvernement des Etats-Unis d’Amérique a cru bon de saisir 4,2 millions de dollars alloués à Cuba par les Nations Unies dans le cadre du Fonds Global de lutte contre le Sida, la Tuberculose et la Malaria, pour le premier trimestre 2011. Le fonds des Nations Unies est un programme d’un montant de 22 milliards de dollars par an et destiné à combattre ces trois pandémies mortelles dans 150 pays. (3)

    « Cette politique mesquine, » a déclaré le gouvernement cubain, « vise à saper la qualité des services fournis à la population cubaine et à bloquer l’assistance médicale dans plus de 100 pays fournie par 40.000 travailleurs de la santé cubains. » La majorité des fonds sont consacrés à importer des médicaments onéreux contre le SIDA, où le traitement antirétroviral est fourni gratuitement à quelques 5.000 malades du SIDA. (4)

    Les Etats-Unis voient le système de santé cubain et la solidarité engagée par la Havane comme un moyen pour Cuba de se faire des amis et des alliés dans le tiers-monde, particulièrement en Amérique latine. C’est une situation en total contradiction avec la politique américaine qui a longtemps consisté à isoler Cuba. Ces dernières années, les Etats-Unis ont tenté de contrer le succès international remporté par les Cubains en envoyant le navire US « Comfort » dans la région. Equipé de 12 blocs opératoires et de 1000 lits, l’ancien pétrolier reconverti a effectué des centaines de milliers d’interventions chirurgicales gratuites dans les pays comme Belize, le Guatemala, le Panama, El Salvador, le Pérou, l’Équateur, la Colombie, le Nicaragua et Haïti.

    Mais les accostages du navire « Comfort » ont peu de chances de renforcer l’influence de l’Amérique sur le continent. « C’est difficile pour les Etats-Unis de concurrencer ainsi Cuba et le Venezuela, » a dit Peter Hakim, président de Inter-American Dialogue, un groupe de recherches politiques pro-américain à Washington. « Ca donne l’image que nous sommes en train d’essayer de les imiter. Les médecins cubains ne mouillent pas quelques jours dans un port, mais sont présents dans le pays pendant des années. » (5)

    Dans une récente révélation par Wikileaks de documents du Département d’Etat US, on trouve ceci : un câble expédié par Michael Parmly depuis la Section des Intérêts des Etats-Unis à La Havane, en juillet 2006, pendant les préparatifs de la conférence des pays du Mouvement des Non-Alignés. Il souligne qu’il est activement à la recherche « d’histoires humaines et autres informations pour briser le mythe des prouesses de la médecine cubaine. »

    Michael Moore mentionne un autre câble de Wikileaks du Département d’Etat : « le 31 janvier 2008, un officiel du Département d’Etat basé à la Havane a recueilli une histoire inventée de toutes pièces et l’a transmise à Washington. Voici ce qu’il disait : (l’officiel) a déclaré que les autorités cubaines avaient interdit le documentaire de Michael Moore, « Sicko », pour cause de subversion. Bien que l’objectif du film était de critiquer le système de santé US en soulignant la qualité du système cubain, l’officiel a dit que le régime savait que le film était une falsification et ne voulait pas prendre le risque de provoquer la population cubaine en lui montrant des équipements qui n’étaient à l’évidence pas accessibles à la vaste majorité de la population. » Moore rappelle le communiqué de l’agence de presse Associated Press du 16 juin 2007 (sept mois avant le câble) qui titrait : « Le ministre de la santé de Cuba déclare que le documentaire « Sicko » de Michael Moore montre les « valeurs humaines » d’un système communiste ».

    Moore ajoute que les Cubains ont pu voir son film à la télévision nationale, le 25 avril 2008. « Les Cubains ont tellement apprécié le film qu’il est l’un des rares films américains à avoir été diffusé dans les cinémas à Cuba. Je me suis personnellement assuré de faire parvenir une copie en 35 mm à l’Institut du Cinéma à la Havane. Des projections de Sicko ont été organisées dans tout le pays. » (6)

    Les Etats-Unis interdisent aussi la vente à Cuba de médicaments et équipements essentiels, comme l’agent inhalateur Sevoflurane qui est devenu le médicament par excellence pour l’anesthésie générale chez les enfants ; et le Dexmetomidine, particulièrement utile chez les patients âgés qui doivent souvent subir de lourdes interventions chirurgicales. Ces deux produits sont fabriqués par la société US Abbot Laboratories.

    Les enfants cubains qui souffrent de leucémie lymphoblastique ne peuvent pas utiliser du Erwinia L-asparaginasa, un médicament commercialisé sous le nom d’Elspar, puisque la société pharmaceutique US Merck and Co refuse de vendre son produit à Cuba. Washington a aussi interdit à l’ONG américain Pastors for Peace de donner à Cuba trois ambulances de marque Ford.

    Les Cubains se voient aussi refuser des visas pour assister à des conférences sur l’Anesthésie et la Réanimation qui se déroulent aux Etats-Unis. Ce qui complique encore plus la vie des anesthésistes cubains pour se maintenir informés des progrès dans leur domaine, pour soigner les patients gravement malades, et pour être informés des progrès accomplis dans le traitement de la douleur.

    Ce ne sont là que quelques exemples de la guerre incessante livrée par les Etats-Unis contre le système de santé cubain, qu’on peut trouver dans le rapport de Cuba à l’Assemblée Générale des Nations Unies du 28 octobre 2009 (et publié ICI sur Le Grand Soir, pardi – NdT)

    En enfin, il ne faut pas oublier le programme d’immigration appelé Cuban Medical Professional Parole (CMPP), qui encourage les médecins cubains qui exercent à l’étranger à faire défection et d’entrer immédiatement aux Etats-Unis comme réfugiés. Le Wall Street Journal a rapporté au mois de janvier de cette année que depuis décembre 2010, des visas CMPP avaient été accordés par les consulats US dans 65 pays à 1.574 médecins cubains dont la formation a été payée par le gouvernement Cubain au prises avec des problèmes financiers. (7) Ce programme, assez étrangement, a été lancé par le département US Homeland Security. Encore une victoire contre le terrorisme ? Ou le socialisme ? Ou est-ce la même chose ?

    Attendez que les conservateurs américains découvrent que Cuba est le seul pays d’Amérique latine où l’avortement est libre et gratuit.

    William Blum

    http://killinghope.org/bblum6/aer94.html

    traduction "fermez les yeux et répétez après moi : le blocus n’existe pas, c’est juste une excuse... le blocus n’existe pas, c’est juste une exuse..." par VD pour le Grand Soir avec probablement les fautes et coquilles habituelles.

    (1) Full list of US bombings since World War 2

    (2) Martin Kelly, publisher of a nonviolence website

    (3) Prensa Latina (Cuba), March 12, 2011

    (4) The Militant (US, Socialist Workers Party), April 4, 2011

    (5) Bloomberg news agency, September 19, 2007

    (6) Huffington Post, December 18, 2010

    (7) Wall Street Journal, "Cuban Doctors Come In From the Cold" (video), January 14 2011

      
    URL de cet article 13902 http://www.legrandsoir.info/que-dieu-benisse-l-amerique-et-ses-bombes-suivi-de-la-guerre-contre-le-systeme-de-sante-cubain.html

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  • Parti Communiste Français

    Haïti : l’administration Obama est intervenue pour maintenir le salaire minimum le plus bas possible : 31 cents de l’heure. 

     Haïti : l’administration Obama est intervenue pour maintenir le salaire minimum le plus bas possible. Pourquoi cette intervention dans la politique intérieure d’Haïti ?

     

    Parce que des entreprises étatsuniennes sont présentes à Haïti : elles veulent continuer à payer à leurs ouvriers haïtiens des salaires de misère.

     

    En 2009, les entreprises Hanes et Levi Strauss n’ont pas supporté que le gouvernement haïtien augmente le salaire minimum haïtien. De 27 cents de l’heure, le gouvernement haïtien a fait passer le salaire minimum à ... 61 cents de l’heure ! En euro, ça fait 41 centimes de l’heure !

     

    Elles ont été se plaindre à l’administration Obama : l’ambassadeur des Etats-Unis à Haïti a fait pression sur le président de la République haïtienne. Finalement, les entreprises Hanes et Levi Strauss ont gagné : le salaire minimum haïtien a été redescendu à ... 31 cents de l’heure ! En euro, ça fait 21 centimes de l’heure !

     

    Conclusion : grâce à l’administration Obama, les actionnaires étatsuniens vont continuer à se goinfrer, et les ouvriers haïtiens vont continuer à être des esclaves.

     

    This infuriated American corporations like Hanes and Levi Strauss that pay Haitians slave wages to sew their clothes. They said they would only fork over a seven-cent-an-hour increase, and they got the State Department involved. The U.S. ambassador put pressure on Haiti’s president, who duly carved out a $ 3 a day minimum wage for textile companies (the U.S. minimum wage, which itself is very low, works out to $ 58 a day).

     

    Haiti has about 25,000 garment workers. If you paid each of them $ 2 a day more, it would cost their employers $ 50,000 per working day, or about $ 12.5 million a year ... As of last year Hanes had 3,200 Haitians making t-shirts for it. Paying each of them two bucks a day more would cost it about $ 1.6 million a year. Hanesbrands Incorporated made $ 211 million on $ 4.3 billion in sales last year.

     

    Thanks to U.S. intervention, the minimum was raised only to 31 cents.

     

    http://www.businessinsider.com/wikileaks-haiti-minimum-wage-the-nation-2011-6


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  • Parti Communiste Français

    Contre les mesures d’austérités 117 organisations se sont regroupée dans le Wisconsin, pour exiger l'application des programmes sociaux.

    Une légère éclaircie est venue  de l'Etat de New York  dans le ciel tourmenté du parti Démocrate à l'aurore de la campagne des présidentielles et des législatives. La victoire de leur candidate, au Sénat, Kathy Hochul, dans une circonscription détenue depuis quarante ans par les Républicains a d'autant plus marqué la réflexion que les sondages ne lui donnaient aucune chance. Tout se serait joué sur l'approbation par la Républicaine sortante de la réforme proposée par son parti qui réduit à peu de chose le Medicare, le système fédéral de soins médicaux pour les plus de 65 ans, devant se tourner vers les inabordables assurances privées. Ou à ne plus se soigner comme c'est déjà le cas pour ceux qui n'ont pas atteint la limite d'âge. Les Républicains avaient inclus cette  réforme dans leur plan de résorption du déficit abyssal des Etats Unis. Les sondages semblaient leur donner l'appui de l'opinion, sauf que le détail des sacrifices proposés au niveau de vie, à l'emploi public, à l'éducation comme à la santé étaient tous rejetés dans les enquêtes. Tandis que les banques, les salaires de leurs PDG et les bonus  reprenaient leur ascension vertigineuse, grâce au renflouement des banques pris sur le budget public et sans créer les emplois attendus. Mais un deuxième élément, sans doute plus important, a réveillé les citoyens de leur torpeur. Les succès des Républicains, gagnant la majorité à la Chambre des Représentants en novembre dernier semblaient leur donner la suprématie, assurée par les compromis intervenus avec le Président. Il avait d'ailleurs accepté une réduction draconienne du budget de la santé.

    Jusqu'à la secousse du Wisconsin, en mars dernier où les réformes du gouverneur Républicain, balayant toute possibilité aux syndicats de négocier les plans de  licenciements et les  salaires, préface à l'application du plan d'austérité dans les autres domaines de la vie sociale. Provoquant une explosion de manifestations, allant jusqu'à l'occupation jour et nuit, du Capitole à Madison, siège du parlement de l'État du Wisconsin, et de la place voisine par des dizaines de milliers d'opposants. Historique!

    Le mouvement s'est étendu à d'autres Etats, et le Vermont vient d'adopter la principe du « single payer », qui écarte les assurances privées pour confier le système de santé à un établissement public. Réduisant ainsi le déficit et créant des emplois, comme l'a montré l'expérience du voisin canadien.

    Le mouvement né dans le Wisconsin avait été porté non seulement par les syndicats locaux,  mais aussi par  des associations. Richard Trumka, le président de l'AFL-CIO, la plus importante confédération syndicale, vient d’appeler à étendre ce mouvement. S’est formée une coalition de 117 syndicats, organisations et associations allant du secteur public (syndicats d’infirmières, de pompiers, de policiers…) aux mouvements religieux pour les droits civiques, pour la liberté de se syndiquer, la possibilité des citoyens d'intervenir dans l'application des programmes.

    Constatant que des candidats  des deux partis ne présentaient souvent aucune alternative, Richard Trumka a annoncé que le soutien systématique (en militants et en argent) au Parti Démocrate était terminé. Désormais l'engagement de l'AFL CIO porterait pour les législatives sur  le contenu des programmes de chaque candidat, et sur leur respect. Un changement de stratégie déjà appliqué dans l'Arkansas où les Républicains l'ont emporté par défaut. Le débat annoncé par Richard Trumka ne fait que commencer.

    Voir à propos du Medicare : le cauchermar des retraités américains Notre entretien avec un responsable syndical aux Etats-Unis : « Nous ne pouvons attendre une minute de plus »

    Jacques Coubard


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