• Libye : l’histoire et l’anecdote par Danielle Bleitrach

     

    Lybie 186

    Nous avons droit tous les jours à des bulletins de victoire vantant les « rebelles »,  les protégés de l’Occident en Lybie, proclamations assorties  de reportages   sur les horreurs et  la richesse du « régime ». Que faut-il en penser ? Kadhafi ne me paraît ni mériter le halo révolutionnaire dont le parent ceux qu’indigne légitiment la croisade otanesque ni être pire que certains alliés de l’occident. Malgré ses revirements récents ce qui lui est reproché n’est ni sa mégalomanie, ni sa propension à réserver à son clan les richesses, mais bien de ne pas être un vassal fiable. En outre  depuis le faux charnier de Timisoara, je suis  sceptique quand les médias me découvrent des crimes d’un système qu’ils veulent condamner. Bref nous sommes en pleine « représentation » une fiction montée pour nous convaincre des raisons que nous avons d’être là, parce que hors champ, il y a non seulement l’essaim des caméras occidentales, mais les bombardements et les forces spéciales qui ouvrent le passage  aux insurgés. Qui sont-ils ? Bien des questions subsistent par rapport au triomphalisme ambiant, par exemple comment une caravane de voitures blindées emportant plus d’une trentaine de personnes dont des blessés et de nombreux enfants ont-ils pu se rendre à un poste frontière en Algérie sans que nos merveilleux drones ne les repèrent? Certes il y a 1000 km de frontières avec l’Algérie et bien d’autres pays susceptibles de servir de bases arrières. Mais passons, j’ai décidé que ce blog serait consacré à l’Histoire au présent, celle qui est en train de se faire sous nos yeux. Je ne suis pas sûre, je suis même sûre du contraire, que les images, les commentaires, dont nous sommes abreuvés relèvent de l’histoire au présent, ce n’est que de l’anecdote. La suite de l'article


    Une question qui n’a rien de subsidiaire: qui est propriétaire du pétrole libyen ?

     

    Lybie 187

      
     Avant que notre bien aimé président ne s’en mêle, fort de l’assentiment de tout ce que la France compte de politiciens de comptoirs – à commencer par la très basse- cour de l’opposition- la Libye assurait journalièrement au marché 1, 6 million de baril de Brut léger (2% de la production mondiale). Le pays était le 17e producteur de pétrole dans le monde et troisième en Afrique. Le pétrole représentait plus de 95% des exportations du pays, dont 85% à destination de l’Europe. Le principal acheteur du pétrole libyen en 2010 était l’Italie (28%), suivi de la France, (15%), la Chine (11%), l’Allemagne (10%) et l’Espagne (10%). Les Etats-Unis achetaient à peine 3% de l’or noir du pays.

     

    Quoique l’on pense du Capital, au vu de son petit personnel  et la manière dont la finance s’emploie avec des dents d’écureuil à ronger notre patrimoine national, notre protection sociale, nos retraites,  les banquiers savent encore faire leur compte et poser les questions essentielles du moins quand elles concernent non l’avenir de l’humanité mais le leur . La suite de l'article



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  • Lybie 186

    Nous avons droit tous les jours à des bulletins de victoire vantant les « rebelles »,  les protégés de l’Occident en Lybie, proclamations assorties  de reportages   sur les horreurs et  la richesse du « régime ». Que faut-il en penser ? Kadhafi ne me paraît ni mériter le halo révolutionnaire dont le parent ceux qu’indigne légitiment la croisade otanesque ni être pire que certains alliés de l’occident. Malgré ses revirements récents ce qui lui est reproché n’est ni sa mégalomanie, ni sa propension à réserver à son clan les richesses, mais bien de ne pas être un vassal fiable. En outre  depuis le faux charnier de Timisoara, je suis  sceptique quand les médias me découvrent des crimes d’un système qu’ils veulent condamner. Bref nous sommes en pleine « représentation » une fiction montée pour nous convaincre des raisons que nous avons d’être là, parce que hors champ, il y a non seulement l’essaim des caméras occidentales, mais les bombardements et les forces spéciales qui ouvrent le passage  aux insurgés. Qui sont-ils ? Bien des questions subsistent par rapport au triomphalisme ambiant, par exemple comment une caravane de voitures blindées emportant plus d’une trentaine de personnes dont des blessés et de nombreux enfants ont-ils pu se rendre à un poste frontière en Algérie sans que nos merveilleux drones ne les repèrent? Certes il y a 1000 km de frontières avec l’Algérie et bien d’autres pays susceptibles de servir de bases arrières. Mais passons, j’ai décidé que ce blog serait consacré à l’Histoire au présent, celle qui est en train de se faire sous nos yeux. Je ne suis pas sûre, je suis même sûre du contraire, que les images, les commentaires, dont nous sommes abreuvés relèvent de l’histoire au présent, ce n’est que de l’anecdote.

     

    Le pillage pétrolier a un besoin urgent de reconnaître un propriétaire libyen avec qui traiter les affaires. Donc le problème est politique. D’où la traque parce que quand dans cet immense pays si on n’arrive pas à mettre la main sur celui qui détient plus ou moins encore le pouvoir ça fait désordre. La logique voudrait même que l’on expose la tête de Kadhafi et de ses fils pour l’édification des autochtones.  Mais au-delà de cette « urgence »,  personne, je dis bien personne n’est aujourd’hui capable de prévoir quel type de développement, quel système politique va s’installer durablement en Libye comme d’ailleurs dans tous les pays où se déploie la géostratégie occidentale.

     

    Les pays impérialistes, ce qu’on appelle l’Occident, ont choisi à travers cette expédition de Libye de mettre la main sur les richesses du sous-sol et à ce titre les vainqueurs d’aujourd’hui risquent fort d’être divisés demain, à commencer par les compagnies pétrolières et donc leurs poulains sur le terrain, mais le fond de l’affaire, ce qui donne un poids historique à cette minable expédition de l’OTAN est la volonté hégémonique, un contrôle sur un processus de transformation, celui des printemps arabes. Il s’agit  certes de piller le pétrole mais il y a plus.   L’impérialisme, l’occident en crise, lie son avenir à une intervention directe et militaire de plus pour imposer à l’Afrique, au Proche-Orient, à l’Asie un mode de développement et un système politique baptisé démocratie.

     

    C’est à ce titre que l’affaire libyenne présente un intérêt historique. Nous avons eu l’amorce d’un mouvement de transformation populaire en particulier en Tunisie et en Egypte. Mais très rapidement on peut dire que tout qui s’est développé depuis a été plus ou moins repris en main, manipulé, à partir de problèmes réels, par un impérialisme occidental en perte de vitesse et qui ne veut pas renoncer à imposer ses orientations à l’ensemble de la planète.

     

    La domination occidentale ne se contente pas d’être impérialiste, d’exploiter, de piller, elle prétend définir un modèle universel, un ordre économique mondial. Il y aurait pour les peuples la nécessité de s’y conformer. C’est d’ailleurs ce que reflète la propagande occidentale déversée dans nos médias et ce qui est remarquable c’est à quel point malgré l’évidence des faits, cette idéologie, cette représentation de l’humanité, du rôle de « guide » joué par les économies et les « démocraties » occidentales ne sont jamais remises en cause. Est-ce que cela va durer ?  Alors même que notre système fait eau de toute part, que nous sommes contraints de l’imposer par des bombardements et des occupations militaires, pas le moindre doute ne semble effleurer non seulement les commentateurs mais pour une bonne part la population de nos pays. Il y a dans cet aveuglement collectif quelque chose de stupéfiant et qui là encore mérite analyse.  Voici plusieurs siècles que nous avons convaincu une bonne partie de la planète et nous-mêmes que nous étions synonymes de progrès et que notre mode de développement autant que nos valeurs étaient universelles. C’est peu de dire que l’ensemble est menacé d’effondrement et que acculés nos gouvernants sont contraints à faire la démonstration par les armes de l’excellence de notre modèle tout en jouant sur l’attrait consumériste que nous inspirons, quitte à voir toujours plus d’immigrés et de naufragés aborder nos côtes.

     

    Si l’on considère pourtant que partout  les peuples protestent, tentent de trouver les chemins de leur propre développement parce que  celui-ci a été impulsé dans la dépendance et de ce fait maintenu dans des formes archaïques par les effets de la colonisation, de la néo-colonisation puis de la mondialisation financiarisée, celle des grandes compagnies, il y a là au moins une contradiction qui n’est pas prête d’être résolue. Si l’on considère que ce rachitisme auquel ont été condamnées un grand nombre de civilisations a permis de nourrir l’essor de la domination occidentale. on devrait mesurer à quel point la prétantation que nos gouvernants manifestent de poursuivre leur œuvre civilisatrice est pour le moins extraordinaire, surtout  si l’on tient compte des difficultés auxquelles nos propres peuples sont confrontés.

     

    Ce qui apparaît c’est que partout où l’on a voulu installer au forceps ce modèle à la fois économique néo-libéral et démocratique le résultat est assez catastrophique et paraît avoir bloqué toute tentative de partir de ses propres aspirations et traditions pour aboutir à un système politique original, c’est pour cela que si je suis incapable de dire quand Kadhafi sera ou non attrapé, vivant ou mort, quelle sera la faction qui l’emportera mais je puis vous assurer que rien ne sera réglé pour autant et que nous entrons ici comme ailleurs dans un processus complexe avec une issue qui risque fort d’être inappropriée.

     

    Depuis quelques jours, alors même que la crise amorcée en 2007 est de plus en plus grosse de menaces, que tombent les chiffres du chômage, ceux des inégalités en France, l’aggravation de la pauvreté, tandis que se succèdent les bulletins de victoire en Libye, je suis hantée par ce texte de Salluste décrivant la lutte du prince berbère Jugurtha contre Rome et ce qui se passa dans la ville impériale. Voici ce que dit Salluste : «  J’entreprends d’écrire l’histoire de la guerre que le peuple romain a faite à Jugurtha, roi des Numides. D’abord, parce qu’elle a été cruelle, sanglante, marquée par bien des vicissitudes. Ensuite parce qu’elle est devenue le point de départ de la lutte contre la tyrannie des nobles, lutte qui a bouleversé toutes choses divines et humaines et mis un tel délire dans les esprits que seuls la guerre et le ravage de toute l’Italie ont pu mettre fin à ces fureurs civiles. »

     

    Danielle Bleitrach


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  • CNT Libye - Le Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l'Union africaine (UA) a clôturé vendredi après-midi à Addis-Abeba sa réunion d'une journée sur la situation en Libye sans reconnaître le Conseil national de transition (CNT), annonce un communiqué publié dans la capitale éthiopienne.

     

    Le CSP a demandé l’arrêt immédiat des combats,  la fin complète des hostilités et la formation d'un gouvernement de transition. Le Conseil encourage tous les Libyens à former un gouvernement de transition, incluant toutes les parties, qui sera le bienvenu pour occuper le siège de la Libye au sein de l'UA, indique le communiqué.

     

    Cette réunion a été l'occasion d'un débat houleux du fait des divergences entre ses membres sur la crise en Libye. Elle s'est déroulée en présence des chefs d'Etat de Djibouti, de l'Ouganda et de l'Afrique du Sud, des représentants de l'ONU et de la Commission de l'UA, entre autres.

     

    « Les pays qui ont reconnu le CNT l'ont fait sur la base de leur politique souveraine et de leurs intérêts », a déclaré à la presse le président sud-africain, Jacob Zuma.


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  • Lettre Ouverte à Nicolas SARKOZY, Président de la République Française


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    Monsieur le Président : Que veut faire Votre Gouvernement au Sénégal ?

     

    Monsieur le Président, Vous venez d’envoyer au Sénégal le Général Saint Quentin,  « présumé génocidaire au Rwanda », que la France refuse de présenter devant le « Tribunal Pénal International sur le Rwanda » qui l’a convoqué à plusieurs reprises pour l’entendre sur les faits graves qui lui sont reprochés dans le «  Rapport de l’ONU sur le Rwanda ».

     Le Général Saint Quentin vient, dans notre pays, pour prendre le Commandement de ce qui reste, au Sénégal, des troupes françaises, rebaptisées «  Eléments Français au Sénégal » (EFS).

     Vous comprenez dès lors, Monsieur le Président, qu’il soit légitime de vous interroger sur les raisons d’un tel choix, dans un contexte pré-électoral au Sénégal, marqué par la «  stratégie de chaos » de Wade, qui veut à tout prix imposer sa candidature inconstitutionnelle pour un 3ème mandat, en vue de mettre en œuvre son plan de dévolution monarchique du pouvoir à son fils.

     Du reste, il se dit que Vous avez, jusqu’à récemment, soutenu ce projet et même tenté  de le « vendre » à OBAMA, de la manière que l’on sait …

     Toujours est-il,  que l’envoi de ce  Général « présumé génocidaire »  à Dakar fait suite à la demande de Votre Ambassadeur à Dakar, qu’il a adressée à l’Opposition sénégalaise, de « permettre à Wade de briguer un 3ème mandat », en violation flagrante de notre Constitution et de la déclaration fracassante de Votre Ministre, chargé de la Coopération,  soutenant que « c’est au peuple Sénégalais de résoudre cette question de candidature » !

     Cette attitude de Votre Gouvernement sur la question du 3ème mandat de Wade,  disqualifie d’office le Conseil Constitutionnel du Sénégal, qui vient pourtant  d’achever une mission de concertation avec son homologue français à Paris.

    L’on devrait donc s’attendre, en suivant Votre logique, à ce que le Conseil Constitutionnel du Sénégal se « déclare incompétent », pour permettre au peuple  sénégalais de trancher la question !

     Or, notre Peuple ne la trancherait que dans  la « Rue »,  précisément parce qu’il serait ridicule d’organiser un référendum sur la question, à sept mois des élections présidentielles auxquelles Wade veut se présenter.

    Encore une fois, ce qui précède autorise à se demander  si le Gouvernement français a  déjà pris fait et cause pour la « stratégie de chaos » de conservation du pouvoir de Wade, même si Vous  semblez, personnellement ne plus soutenir son projet de succession monarchique au profit de son fils biologique.

    C’est donc à cette confrontation majeure avec le peuple, que  Wade se prépare, même s’il  déclarait récemment, par pure démagogie, qu’il se conformerait aux décisions du Conseil Constitutionnel, dont les Autorités Françaises attendent qu’il se  déclare « incompétent ».

    Cependant, tout en demandant, par pur esprit de propagande,  à l’opposition,  de s’en remettre au Conseil Constitutionnel, Abdoulaye Wade peaufine en même temps sa « stratégie de chaos » et mobilise publiquement des nervis pour se préparer à imposer sa candidature dans la « Rue »,  le cas échéant.

    En envoyant un Général « présumé génocidaire » à Dakar, dans un tel contexte, vous émettez un signal fort et sans équivoque de votre soutien à cette stratégie de Wade !

    Ainsi, les conditions vont donc être réunies, pour rééditer au Sénégal, la tragédie du peuple de Côte d’Ivoire.

     

    En effet, nous ne pouvons jamais oublier  que la crise en Côte d’Ivoire a eu pour origine la question de « l’inconstitutionnalité de la candidature de OUATTARA » que BEDIE, appuyé par la France sous CHIRAC, avait fait adopter par référendum à son peuple.

    Le caractère ouvertement « ethniciste »  et réactionnaire de cette Constitution, n’avait pas empêché la France, sans hésitation aucune, d’appuyer BEDIE pour  lui  permettre d’écarter OUATTARA, plongeant ainsi ce peuple dans une décennie de tragédie innommable.

    Aujourd’hui, et vous le savez bien, l’inconstitutionnalité de la candidature de Wade à un 3ième mandat résulte de considérations fondamentalement démocratiques, inscrites dans la Constitution de notre pays, en phase avec l’évolution du monde moderne vers le progrès du genre humain.

    Paradoxalement, la France dont le Gouvernement mène une guerre contre la Lybie au nom de la Démocratie, de la Liberté et de l’Etat de Droit,  soutient Wade dans son refus de se conformer à cette Constitution, et semble s’inscrire, ouvertement, dans sa stratégie pour imposer sa candidature au peuple dans la « Rue » !

     

    Ainsi, les risques d’ « ivoirisation » du Sénégal sont énormes et ne peuvent, par conséquent être conjurés  que par une puissante campagne d’information sur ce drame qui se trame contre notre peuple.

    Nous sommes décidés de faire porter cette campagne, dans le pays et dans la Diaspora, par un vaste rassemblement de toutes les Forces Vives de notre Nation qui sont  prêtes à faire face à la forfaiture que prépare Wade.

    C’est  d’ailleurs de cette manière  que l’on a pu obliger Votre Gouvernement, le 23 Juin 2011,  à prendre acte de la volonté du peuple Sénégalais qui, ce jour-là, dans la « Rue »,  avait  rejeté, sans ambigüité, le projet de Wade de  transmission monarchique du pouvoir à son fils biologique.

    C’est dans  cette perspective que nous exigeons le départ immédiat  du Sénégal, de ce Général « présumé génocidaire », et la fin de toutes Vos immixtions dans les affaires politiques intérieures de notre pays.

    Car, ce n’est pas à la France de décider du choix de qui va gouverner demain le Sénégal, mais bien notre  peuple dans le respect  strict des dispositions de la Constitution qu’il s’est donnée.

    Cinquante ans après les Indépendances africaines, les Patriotes, Démocrates et Républicains sénégalais ne sauraient plus  tolérer de voir leur pays réduit en succursale  ou filiale des Entreprises Françaises du CAC 40.  Pas plus qu’ils ne peuvent accepter que les dirigeants de leur Etat soient choisis par des officines au service du  Gouvernement Français.

    Plus vite Vous et Votre Gouvernement  comprendrez ce tournant historique dans les relations entre nos Etats, davantage sera fraternelle et mutuellement bénéfique la coopération entre nos deux pays et nos deux peuples.

    C’est dans la paix et la stabilité qu’une telle coopération se construit et non dans le chaos et dans la tragédie, comme en atteste éloquemment la Côte d’Ivoire, après plus d’une décennie de guerre civile dans laquelle, la France était partie prenante du début jusqu’à son épilogue tragique  récent.

    Dans le même temps, nous attirons l’attention  du Conseil de Sécurité de l’ONU,  des Autorités de l’Union Européenne, et de l’Union Africaine, sur la responsabilité pleine et entière de Votre Gouvernement, dans la tragédie que Wade est entrain de planifier contre le peuple Sénégalais, et que Vous et Vos services êtes activement et publiquement entrain d’appuyer.

    Du fait de leur responsabilité dans le maintien de la paix et de la sécurité des peuples dans le monde, ces Institutions sont interpelées, pour éviter que le Sénégal ne plonge dans l’horreur, avant qu’elles ne soient  contraintes à agir en « sapeurs-pompiers » pour mettre notre peuple sous tutelle, sous prétexte de sauver des vies.

    Elles doivent peser de tout leur poids, dès maintenant, pour empêcher le Gouvernent de la France de parrainer une nouvelle tragédie au Sénégal, après celles de la Côte d’Ivoire et de la Lybie.

    C’est cela aussi que nous attendons des authentiques amis français du Sénégal, qui sont soucieux des récents développements de Votre politique envers notre pays et qui tiennent à  bâtir avec nous de solides relations de coopération entre nos peuples, dans  le cadre de nos valeurs partagées  d’indépendance nationale, de liberté,  d’égalité , de démocratie et de fraternité.

    Le Sénégal ne saurait être  ni la Côte d’Ivoire, encore moins la Lybie.

     

    Votre Gouvernement ne devrait jamais l’oublier et devrait, dès maintenant, en tirer toutes les conséquences avant qu’il ne soit trop tard.

     

    Le Secrétariat du Comité Central

    Fait à Dakar le 9 Août

     

    PS: PIT (Parti de l'Indépendance et du Travail)


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  • Manlio DINUCCI


    L’ambassade du Qatar à Tripoli - d’après une vidéo –http://www.youtube.com/user/ZZ7L?ob=5#p/a/u/0/PybQX__fLWQ- a été rouverte il y a trois jours (lundi 22 août 2011) par des hommes armés qui, une fois entrés dans l’édifice endommagé, y ont immédiatement fixé le drapeau national. On est ainsi informé de la présence en Libye de forces spéciales qataries. Des forces spéciales de Grande-Bretagne, France et Qatar, écrit le New York Times (23 août 2011), sont en train de fournir un appui tactique aux forces rebelles et des conseillers de la CIA aident le gouvernement de Benghazi à s’organiser. Des commandos britanniques et français, confirme un officier supérieur de l’OTAN, sont sur le terrain avec les rebelles à Tripoli. Et, à la question de savoir si des agents de la CIA y sont aussi, l’officier répond qu’il en est certainement ainsi.

     

    Et c’est ainsi aussi qu’est désavouée l’OTAN qui jusqu’à présent a dit ne pas avoir de « boots on the ground », à savoir de militaires sur le terrain, en Libye. Les forces spéciales britanniques - indiquent les enquêtes du Guardianet du Telegraph - ont joué un rôle clé dans l’attaque de Tripoli. Cette attaque a été préparée à Benghazi par les services secrets britanniques MI6, qui ont prédisposés des dépôts d’armes et des appareils de communication autour de la capitale, dans laquelle ils ont infiltré leurs agents pour guider les attaques aériennes. L’offensive a débuté quand, dans la nuit de samedi, des Tornado Gr4 de la RAF (Royal Air Force) qui avaient décollé d’Italie, ont attaqué, avec des bombes de précision Paveway IV, un centre de télécommunications et d’autres objectifs clés dans la capitale. Selon une enquête rapportée par France Soir, au moins 500 commandos britanniques opèrent en Libye, auxquels s’ajoutent des centaines de Français. Ces derniers sont transportés en Libye par des hélicoptères de l’Alat (Aviation légère de l’armée de terre), embarqués sur le navire d’attaque amphibie Tonnerre.

     

    Important aussi est le rôle que joue en Libye le Qatar, un des alliés les plus proches des Usa : il a dépensé plus d’un milliard de dollars pour potentialiser la base aérienne de Al-Udeid en fonction des exigences du Pentagone, qui l’utilise pour la guerre en Afghanistan et comme position avancée du Commandement central. Rien d’étonnant donc que Washington ait confié à cette monarchie du Golfe la mission de confiance d’infiltrer en Libye des commandos qui, entraînés et armés par le Pentagone, peuvent mieux se camoufler en rebelles libyens grâce à leur langue et à leur aspect. Le Qatar a aussi la tâche d’approvisionner les rebelles : un de ses avions a récemment été vu à Misrata, où il a transporté une grosse charge d’armes.

     

    Il résulte de sources fiables qu’avec celles du Qatar, opèrent aussi en Libye des forces spéciales jordaniennes et probablement aussi d’autres pays arabes. On se souviendra que dans les Emirats arabes unis est en train de se créer une armée secrète qui peut être employée aussi dans d’autres pays arabes du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord (cf. il manifesto du 18 mai (1).

     

    Tandis qu’elle poursuit ses attaques aériennes pour aplanir la route aux rebelles, l’OTAN conduit sur le terrain une guerre secrète pour s’assurer que, dans la Libye de l’après-Kadhafi, le pouvoir réel serait dans les mains des puissances occidentales, flanquées par les monarchies du Golfe. Dans ce cas les forces spéciales hisseront le drapeau du peacekeeping (« maintien de la paix ») et porteront des casques bleus.

     

    Manlio Dinucci


     

    Edition de jeudi 25 août 2011 de il manifesto

     

    http://www.ilmanifesto.it/area-abbonati/in-edicola/manip2n1/...

    Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio


     

    (1) Naissance aux Emirats de l’armée secrète pour le Moyen Orient et l’Afrique, http://www.voltairenet.org/Formation-aux-Emirats-d-une-armee ou http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=24...

     

    URL de cet article 14480 http://www.legrandsoir.info/a-tripoli-les-rebelles-des-forces-speciales-otan-il-manifesto.html


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  • La Sirène de Tripoli par Philippe Leymarie

    0ras.jpg On partait pour un triomphe à la romaine, après la « victoire » sur les forces du mal à Tripoli. Mais – alors que les combats se poursuivent au cœur de la capitale – on a préféré se calmer, du côté des lieutenants du généralissime Sarkozy : « Ce n’est pas complet », reconnaît Juppé, ce mardi… « Ce n’est pas abouti », admet Longuet… Il faut d’abord pendre haut et court Kadhafi, le général Tapioca du Maghreb, véritable objet de leur ressentiment : l’histoire de quelques heures ou de quelques jours. En attendant, petit dictionnaire de l’actuelle lutte finale…

    Sirène. C’est le nom de code de l’opération de conquête de la capitale, entamée il y a quelques jours. Et dont la fulgurance a surpris : une intensification des frappes des avions de l’OTAN ? Un coup de pouce des drones armés de l’US Air Force ? Un plan ad hoc des conseillers militaires étrangers du Conseil national de transition libyen ? Quant à l’origine du nom : est-ce de la divinité des mers qu’il s’agit ou des sons stridents des trompes d’alertes sur les toits ? La question manque d’importance, mais si quelqu’un a des infos…

    Course - Pourquoi cette soudaine précipitation ? Il fallait en finir vite, après ces six mois de frappes : avant la fin du ramadan ; avant l’assemblée générale de l’ONU ; avant le débat sur le renouvellement du mandat de l’opération de l’OTAN (dont l’issue aurait été incertaine, dans une conjoncture « d’enlisement »).

    Désordre. La dépêché de 6 h 17, ce mardi, accroche le chaland sur le Net. « Pékin demande à l’Occident de nettoyer le désordre. » Il est de la responsabilité de l’Occident de « nettoyer le désordre qu’il a mis en Libye, où la rébellion a proclamé révolue l’ère de Mouammar Kadhafi après sa prise de contrôle de la majeure partie de Tripoli », assurent mardi plusieurs médias d’Etat chinois. Une dépêche de l’agence russe RIA NOVOSTI a aussi attiré l’attention ces dernières heures : « Moscou invite l’OTAN à respecter le droit humanitaire ». Konstantin Dolgov, délégué aux droits de l’homme du ministère russe des affaires étrangères, invite à « s’abstenir de toute action susceptible de porter préjudice à la population et aux infrastructures civiles du pays ».

    Balance. La coalition, qui se vante d’avoir fait peu de dégâts collatéraux ou « bavures », grâce à l’extrême précision de ses frappes et au respect de procédures rigoureuses de sélection ou d’identification de cibles, s’est refusée à comptabiliser les pertes humaines et matérielles dans le camp ennemi. On devra pourtant s’interroger un jour sur la balance coût-efficacité de l’opération en Libye : le jeu en valait-il la peine ? Mais, comme à chaque fois, il sera trop tard pour que les conclusions de cette étude soient mises à profit…

    Sous tutelle

    Insurgés. De bric et de broc, mais pas seulement. Il y a eu aussi des défections de professionnels : on a bien vu les rebelles conduire des chars ! A moins que, finalement, ça ne soit pas plus dur à piloter que la guimbarde du coin, surtout dans une Libye en guerre civile, où les règles de circulation sont plutôt souples… En tout cas, depuis juin dernier, pour mettre un terme à la confusion, les combattants insurgés étaient sous tutelle des conseillers français, britanniques ou italiens et donc « formés et équipés au fur et à mesure », explique par exemple le chercheur Pascal Boniface.

    Crédibilité. Celle de la France sortirait grandement renforcée de cette entreprise victorieuse, dont elle a été leader, secondée par la Grande-Bretagne et simplement soutenue par l’ami américain. Belle réactivité politique, belle armée, belle image du pays. On aurait fait oublier, d’un coup, les avanies du passé : les compromissions avec les dictateurs arabes, et bien sûr, l’accord de défense conclu avec Tripoli, avec l’édifiante visite du Guide à Paris en 2007, au temps de Cécilia. Pour Frédéric Encel, qui a tenu la chronique géopolitique sur Inter cet été, « le procès en gesticulation intenté [à Sarkozy] en France ou en Europe, était [donc] injuste ». CQFD. Pour Gérard Longuet, qui lui succédait ce mardi matin sur Inter, c’est un bon point pour la France, « alors que le rôle de membre permanent du Conseil de sécurité lui est parfois contesté. »

    Légitimité. Celle de la France, encore, pour l’après-Kadhafi. Paris fait chauffer la colle : invitation du chef du nouvel exécutif dès mercredi, dans la capitale française, où il sera reçu par le généralissime, en compagnie sans doute du Grand conseiller diplomatique et militaire, Bernard-Henri Levy, qui ne se tenait plus ces derniers jours : « L’opération Sirène était préparée minutieusement depuis des mois… le président Sarkozy a été clairvoyant et courageux… La France est belle… » Et branle-bas pour l’organisation à Paris d’un grand raout des « amis » de la Libye nouvelle, pour accompagner la « révolution ». Côté argent, pas de problème, a déjà expliqué Gérard Longuet (Inter, mardi 23 août) : « La Libye est un pays riche. »

    Déterminant. C’est ce qu’a été le rôle de la France, selon le ministre Alain Juppé (Europe 1, mardi 23 août) : « D’abord sur le plan politique, et puis ensuite, avec nos amis britanniques, nous avons apporté entre 75 et 80 % des moyens que l’OTAN a mis en œuvre et nous ne sommes pas allés au sol. » Et une France « leader » ça change tout, explique Longuet : ce n’était pas le cas lors de l’engagement en Afghanistan…

    Pris de court

    Risques. Ce sont ceux qu’Alain Juppé, ministre français de la défense, avoue avoir pris « en Libye comme en Côte d’Ivoire ». Mais des risques « évidemment calculés », assure-t-il. Longuet, ministre un peu rêveur ou littéraire parfois (le mouvement Occident est loin, il se dit maintenant seulement « conservateur »), évoque « un succès étonnant : que les rebelles (libyens) en soient arrivés jusque-là ». BHL, lui, n’aurait jamais été pris en flagrant délit de doute…

    Durée. Certains assuraient qu’en quelques jours, l’affaire serait dans le sac… Les militaires avaient pourtant expliqué qu’une guerre ne se gagne jamais en quelques jours. Alain Juppé avait ensuite parié sur « quelques semaines »… Au final, il aura fallu six mois et 7 500 frappes aériennes au compteur (sans parler des tirs d’hélicoptères) pour en arriver là. Et un coût de 200 millions d’euros pour la France (ce qui « n’est pas cher payé pour une victoire », selon le journaliste Jean-Dominique Merchet, spécialiste des questions de défense).

    Inconnues. Elles sont nombreuses. Parmi les principales : la dispersion d’armements divers ; l’ampleur des règlements de compte ; l’espace politique donné au courant islamiste radical ; le sort des immigrés africains (ceux qui ne se sont pas noyés en cherchant à atteindre Lampedusa).

    Décisif. Sans l’OTAN, les rebelles ne seraient jamais parvenus à leurs fins. La marque risque d’être indélébile. Même si une personnalité du CNT a fait savoir qu’il n’était pas question d’ouvrir une base militaire de l’OTAN. Et si Barack Obama a rappelé qu’aucun soldat US ne s’établirait jamais en Libye. Il est vrai que, plus que d’autres, les Américains se contentent de commander le feu du ciel, à distance confortable de l’ennemi.

    Obama. Le président américain, qui a promis de devenir « ami et partenaire » de la nouvelle Libye, a « oublié » de mentionner l’apport déterminant des Français dans l’entreprise de secours aux rebelles. Ses services ont même pris Paris de court, en convoquant dès jeudi prochain à Istanbul une réunion du « groupe de contact », alors que les Français souhaitaient l’accueillir la semaine prochaine, à Paris, pour en faire une grande réunion des « amis de la Libye », dans la ligne de l’après Kadhafi. Donc, chacun tire la couverture à soi ? « Oui, mais les faits sont têtus, se console Longuet : le peuple libyen sait à qui il doit sa liberté après ces six mois d’efforts. »

    Grand bazar

    Atonie – Celle du Parti socialiste, à Paris, qui n’a pas trouvé à se démarquer. Aucun bémol. « Un succès pour la France », selon l’ex-ministre socialiste de la justice Elisabeth Guigou et l’ex-premier ministre Laurent Fabius. « Une victoire du président Sarkozy, qui s’est engagé au bon moment », pour Martine Aubry. Et un petit zeste de François Hollande ? « Quand une décision est bonne, je la soutiens. Il fallait faire cette intervention. » Mais tout de même ce petit coup de patte : « Sur la Libye, Sarkozy avait beaucoup à se faire pardonner. Il fait du rattrapage. »

    Dindon. C’est, une fois de plus – et même s’il s’agit rarement de farces –, le Conseil de sécurité qui en fait les frais : sa résolution 1973 du 19 mars a été tordue, malaxée, transformée. L’établissement d’une zone d’exclusion aérienne et l’instauration d’un contrôle naval, destinés à assurer la « protection des populations » face à des menaces de répression lourde, de type militaire, avaient été prévus à l’origine pour décrocher l’abstention de la Chine et de la Russie, membres du Conseil a priori hostiles aux interventions multinationales et à l’ingérence au titre des droits humains. Ces mesures surtout conservatoires ont mué en une traque du dictateur, une lutte contre le régime, avec fourniture d’armes, de conseillers d’état-major, de formateurs, d’éclaireurs et autres commandos de forces spéciales, etc. jusqu’à faire de la Libye, ces temps-ci, un grand bazar à ciel ouvert de matériel militaire circulant dans les mains les plus diverses et un terrain d’aventure pas cher et pas très contrôlé.

    Glissant. C’est le caractère fortement évolutif de la résolution sur la « protection des populations » qui a servi de justification politico-juridique à l’intervention de l’OTAN. Longuet, plutôt que de reconnaître ces glissements, préfère évoquer une « protection dynamique et offensive des civils », mais qui n’aurait pas consisté à « accompagner les rebelles ». Mais, après tout, l’ONU ne s’use que si l’on ne s’en sert pas : Longuet rappelle, avec grande satisfaction, comment « son » armée de l’air avait été en mesure de décoller quelques minutes après l’adoption de la résolution. Et en fait, avant, l’exécutif américain ayant laissé au petit Napoléon français l’honneur de la première frappe, histoire de donner son vernis européen à l’opération…

    Vents et marées

    Perdants. Les organisations régionales concernées ont été roulées dans la farine. Elles ont été violées par les Occidentaux lors du vote de la résolution, en mars dernier. Puis ont pris leurs distances après les premiers bombardements. Et se sont emmêlées dans des médiations improbables, pour enfin finir par rallier le camp victorieux, aux derniers jours. Spectacle plutôt pitoyable d’une Union africaine qui a longtemps joué le jeu du despote Kadhafi, « roi de l’Afrique »… et empoché les dividendes de ses prosternations. Et d’une Ligue arabe qui ne sait sur quel pied danser, entre la gigue des « révolutionnaires » et le freinage des quatre fers de ses rois ou caciques anti-démocrates…

    Egalité. Et pourquoi ce qui est possible à Tripoli ne le serait pas à Damas ? « Nous sommes paralysés, reconnaît Longuet, l’ingérence ne s’autoproclame pas… Il faut l’accord du Conseil, mais Moscou et Pékin sont contre. » Même tonalité chez Juppé : « Il n’y aura pas d’intervention militaire. Mais l’issue de la crise en Libye et ailleurs aura des conséquences dans ce pays, où on voit bien qu’un dictateur ne peut se maintenir contre vents et marées. » Ce qui reste à prouver…

     

    http://blog.mondediplo.net/2011-08-23-La-Sirene-de-Tripoli


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  • La guerre civile entre le pouvoir kadhafiste et une « rébellion » hétéroclite, composée de tribus rivales et d’anciens bras droits du dictateur, aura duré six longs mois de combats équilibrés. L’intervention militaire intense de la coalition internationale emmenée par les membres européens de l’OTAN, au premier chef la France et les puissances de l’UE, avec la participation de monarchies absolutistes du Golfe, aura été décisive.

    Il faudra attendre certainement des années pour connaître le sinistre bilan humain de cette guerre.

    On comprend le soulagement des populations de voir ce cauchemar s’achever. Nous sommes les premiers à ne pas regretter la fin de cette dictature. Mais la nature même de la guerre ne laisse rien présager de bon.

     

    Les puissances impérialistes, qui hier encore accueillaient Kadhafi en grande pompe, ne sont intervenues que pour obtenir un régime plus accommodant pour leurs intérêts économiques et notamment pétroliers. Voilà une attente que le « Conseil national de transition » ne décevra pas.

     

    110822_raffinerie_Ras_lanouf.jpg Les cours en bourse des trusts pétroliers ENI (Italie), OMV (Autriche) et Total ou GDF-Suez (France) se sont envolés sur les places européennes. Le symbole est parlant. Chaque belligérant compte profiter de la nouvelle répartition du gâteau pour ses compagnies, pour le pétrole, les infrastructures, la reconstruction.

    Les dictatures du Golfe, le Qatar et les Emirats arabes ne sont pas les dernières à revendiquer leur part. Dans l’écrasement de la rébellion barheinie, ces « alliés de la démocratie » ont bien cautionné la répression de l’Arabie Saoudite.

     

    Les espoirs de certaines composantes du peuple libyen en termes de droits démocratiques sont bien précaires. L’amalgame d’éléments réactionnaires, royalistes, islamistes et surtout ex-Kadhafistes, également affairistes et maffieux, que constitue le CNT, de plus dépendant de l’étranger, n’aura pas cela comme priorité.

    Une catégorie est en outre totalement occultée en Libye, dans ce pays dont la population, peu nombreuse, vit de la rente pétrolière : les travailleurs immigrés des pays arabes ou africains qui composent plus de la moitié de la classe ouvrière. Ils ont été ballotés sous les bombes, dans les ports et aux frontières. Ils vont pouvoir revenir sous une exploitation au moins égale, sinon accrue.

    L’intervention française, menée par Sarkozy et Bernard Henri-Lévy, avec le soutien de la quasi-totalité des forces au Parlement (Hollande, Aubry, Joly…) aura coûté des centaines de millions d’euros au peuple français, pour semer la guerre et la mort. Elle aura profité aux actionnaires de Total.

     

    Il n’y a pas d’ingérence « humanitaire » d’une puissance capitaliste, il ne peut y avoir qu’une agression impérialiste.

    Communistes*, nous aurons été parmi les seuls à condamner cette intervention, à contre courant de la propagande de l’idéologie dominante.

    Nous continuerons.

     

    *PS : Jean-Luc Mélenchon, pour sa part, a soutenu au Parlement européen le principe d’une intervention militaire et nié, contre l’évidence, son objectif impérialiste pétrolier. Ensuite, il a condamné l’intervention, seulement parce qu’elle était menée par l’OTAN. Ses positions, fluctuantes, opportunistes, n’engagent pas les communistes.  

    Par PCF - Section Paris 15ème


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  • Depuis hier soir, les médias font leurs gros titres sur la Libye, en annonçant la chute de Tripoli et la fin imminente du colonel Kadhafi. Notre ami Thierry Meyssan, président et fondateur du Réseau Voltaire, se trouve sur place depuis plusieurs semaines (voir nos dernières vidéos). Nous ferons avec lui un point de la situation plusieurs fois par jour.

    Mecanopolis

     

    Situation à 17h00

     

    Mecanopolis :Que pouvez-vous nous dire sur la situation à Tripoli en cette fin d’après-midi ?

     

    Thierry Meyssan  : Je suis au centre-ville mais il est actuellement impossible de trouver un véhicule pour se déplacer et vérifier les affirmations des médias occidentaux. Les journalistes internationaux sont eux aussi bloqués à l’hôtel Rixos, qui les accueille. En réalité, les seules informations qui leur parviennent sont les communiqués du Conseil National de Transition (CNT), qui sont en réalité émis par le Groupe Harbour (1), une société de relation publique basée à Washington DC.

     

    Je ne pense pas que Tripoli puisse tomber, de même que je ne n’imagine pas que le colonel Kadhafi soit menacé. Certes, il y a des défections dans le gouvernement, et quelques autres traitrises, mais l’OTAN n’arrivera jamais à bout de l’armée Libyenne.

     

    Tripoli est actuellement bombardée par l’OTAN mais, pour les raisons que je viens de vous indiquer, il est impossible de savoir quels objectifs sont visés.

    1. Harbour Group

     

    Thierry Meyssan depuis l’hôtel Rixos à 19h45 :

     

    « Nous sommes actuellement dans un abri de l’hôtel Rixos, avec des journalistes internationaux, qui est encerclé par des forces spéciales de l’OTAN. Je dis bien : des forces spéciales de l’OTAN, car il est évident que les rebelles ne sont là que pour être placés devant des caméras, afin de donner l’illusion d’un conflit intérieur. Des officiels loyalistes à Kadhafi ont rejoint l’hôtel, sans doute pour échapper aux bombardements ciblés et se servir des journalistes comme bouclier humain. Nous entendons des tirs nourris autour de cet hôtel et nous pensons qu’il va être pris d’assaut dans la nuit, ou peut-être même en partie bombardé. »

     

    Mise à jour de 23h45

     

    Nous n’arrivons plus à joindre Thierry Meyssan, ainsi que Julien Teil et Mathieu Ozanon, depuis 23h00 ce soir. Selon nos informations les forces de l’OTAN auraient investi l’hôtel Rixos vers 21h45. Nous vous donnerons des nouvelles de nos amis dès qu’elles nous parviendront.

     

    23h55 > Le colonel Kadhafi en ce moment même sur la chaîne nationale (audio) presse la population de Libye de secourir Tripoli.

     

    Lundi 22 août 2011, 00h45

     

    Nous avons pu rétablir le contact avec Thierry Meyssan. Néanmoins, comme on peut l’imaginer compte tenu de la situation de guerre à Tripoli, nos communications sont largement perturbées. Dès que cela sera possible, nous effectuerons un enregistrement vidéo ou audio.

     

    Nous restituons ci-après notre dernière conversation avec Thierry Meyssan, réalisée à 0h30 :

     

    « L’OTAN est en train d’effectuer un véritable carnage à Tripoli. On peut estimer le nombre de morts à plus de 1300 personnes ainsi que plus de 5000 blessés. Les hôpitaux sont débordés. Les forces spéciales de l’OTAN et ses mercenaires liés à Al-Qaïda (2) ont investi plusieurs quartiers. Ils tirent sur tout ce qui bouge. C’est un véritable débarquement. Les informations données par la chaine Al-Jazeera à propos de la capture de Seif al-Islam ne sont que des mensonges, de même que l’hôtel Rixos n’a pas été pris d’assaut. »

     

    Egalement sur le Réseau Voltaire :

     

    Carnage de l’OTAN à Tripoli

     

    Samedi 20 août 2011, à 20h, c’est-à-dire lors de l’Iftar, la rupture du jeûne de Ramadan, l’Alliance atlantique a lancé « l’Opération Sirène ».

     

    Les Sirènes sont des hauts-parleurs de mosquées qui ont été utilisées pour lancer un appel d’Al Qaeda à la révolte. Immédiatement des cellules dormantes de rebelles sont entrées en action. Il s’agissait de petits groupes très mobiles, qui ont multiplié les attaques. Les combats de la nuit ont fait 350 morts et 3000 blessés.

     

    La situation s’est stabilisée dans la journée de dimanche.

     

    Un bateau de l’OTAN a accosté à côté de Tripoli, livrant des armes lourdes et débarquant des jihadistes d’Al Qaeda, encadrés par des officiers de l’Alliance.

     

    Les combats ont repris dans la nuit. Ils ont atteint une rare violence. Les drones et les avions de l’OTAN bombardent tous azimuts. Les hélicoptères mitraillent les gens dans les rues pour ouvrir la voie aux jihadistes.

     

    Dans la soirée, un convoi de voitures officielles transportant des personnalités de premier plan a été attaqué. Il s’est réfugié à l’hôtel Rixos où séjourne la presse étrangère. L’OTAN n’a pas osé bombarder pour ne pas tuer ses journalistes. L’hôtel, dans lequel je me trouve est assailli sous un tir nourri.

     

    A 23h30, le ministère de la Santé ne pouvait que constater que les hôpitaux sont saturés. On comptait pour ce début de soirée 1300 morts supplémentaires et 5000 blessés.

     

    L’OTAN avait reçu mission du Conseil de sécurité de protéger les civils. En réalité, la France et le Royaume-Uni viennent de renouer avec les massacres coloniaux.

     

    Thierry Meyssan


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  • paz sim nato nãoLa Croix rouge crie à la crise humanitaire en Libye en raison de l'embargo et des bombardements de l'OTAN dont la population libyenne est la principale victime

     

    Traduction JC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

    La population civile libyenne est la principale victime de l'embargo et des bombardements de l'OTAN contre le pays, avertit le Comité international de la Croix rouge (CICR).

    Pour le chef des missions du CICR en Afrique du nord et de l'Ouest, Boris Michel, les sanctions imposées avec l'objectif affiché de contraindre Muhammar Kahdafi au départ touchent essentiellement la population, qui se voit privée de l'aide humanitaire. Dans de nombreuses zones urbaines et rurales du pays, bombardé sans répit, les manques sont patents, affirme-t-il.

    Autres dangers semés par l'Alliance atlantique : les bombes non-explosées présentes sur le terrain, rappelle le responsable de la Croix rouge, pour qui les sanctions imposées par les Nations unies contre la Libye ne sont pas compatibles avec le droit international.

    « Les sanctions comprennent des mécanismes d'exception pour l'aide humanitaire », dit-il, « mais ces exceptions ne sont pas respectées dans la pratique », ajoute-t-il.

     

    cicr220.jpg Le cas du matériel médical illustre la politique criminelle menée contre le peuple. La Libye dépend presque totalement de l'importation de médicaments et de matériel médical. Avec la guerre, nombre d'entreprises ont quitté le pays, paralysant le processus d'importations de ces biens, provoquant une rupture de stock avec des conséquences graves en ce qui concerne la propagation de maladies, explique Michel.

     

    Les moteurs manquent également pour le captage de l'eau et les générateurs d'énergie électrique, ce qui cause des difficultés d'approvisionnement en eau et dans l'alimentation en énergie d'équipements absolument essentiels non seulement à la qualité de vie, mais, surtout, à sa préservation, dans le cas des hôpitaux.

     

    Depuis le 31 mars, l'OTAN a déjà effectué plus de 18 500 incursions aériennes, 7 000 d'entre elles furent des bombardements. Au moins, 1 200 civils libyens ont déjà été assassinés par la coalition impérialiste, et des milliers d'autres ont été blessés.

     

    Article publié à l'origine dans le quotidien du PC Portugais, Avante !


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  • LLybie 132es événements qui parcourent depuis six mois la Libye, le Maghreb, le Machreq et les pays du Golfe arabique ont déjà ébranlé bien des certitudes antérieures, politiques et géostratégiques. Ils sont encore en cours, du Yémen au Maroc, de Syrie au Maroc et Palestine : on ne peut donc tirer aucun bilan définitif, savoir aujourd’hui si les peuples, palestinien ou égyptien, en tireront des bénéficies bien réels ou de nouvelles déconvenues. Mais on peut tout au moins repérer deux dimensions nouvelles de la situation créée ces derniers mois au sud et à l’est de la Méditerranée.


     

    SARKOZY ET SES BUTS DE GUERRE.

     D’abord, la nouvelle posture du pouvoir français, fer de lance avec Sarkozy des volontés guerrières de l’OTAN en Libye, à l’opposé des réticences chiraquiennes face à l’invasion de l’IRAK. Cette attitude théâtrale de chef des croisés d’Occident contre un Kadhafi assimilé au mal quelques mois après les embrassades parisiennes, prêterait à sourire s’il n’y avait des mots au bout. La volteface ne peut étonner, quand on sait la propension du président français au spectacle télévisuel en guise de réflexion politique. Tous les observateurs avertis l’ont noté : l’aventure guerrière en Libye, née de conseillers retords et d’hurluberlus « philosophes » d’alcôve et de salon comme Bernard Henri Lévy, est d’abord destinée à regonfler une popularité défunte en jouant des nostalgies coloniales de l’opinion française : les échéances électorales de 2012 s’approchent, quoi de mieux que de se poser en héraut du monde à reconstruire, quand même les dirigeants de la gauche française avouent leur goût pour le droit d’ingérence ; le succès est pourtant limité, les sondages l’attestent.

     

    La France, marchand d’armes, ne cesse depuis quelques mois de faire la démonstration ( ?) de la valeur et l’efficacité de ses bombardiers et hélicoptères de combat, que l’on sait si difficiles à vendre. Ils ont, certes, détruit les capacités aériennes et en partie au sol de l’armée nationale libyenne, mais ont pour l’instant échoué à en tuer le chef ; seule une partie de sa famille en est morte, avec quelques milliers d’autres militaires ou civils : les éventuels acheteurs jugeront du bilan…

     

    Le rôle moteur de la France au sein de la coalition, refusant avec Obama toute issue négociée proposée par Chavez ou l’Union africaine, exigeant le seul départ de Kadhafi au profit des insurgés de Cyrénaïque, ne peut que susciter quelques autres hypothèses.

     

    1°- Kadhafi, quelque soit son passé, était depuis longtemps aligné sur les désirs occidentaux ; le pétrole libyen est depuis des années confiée à des compagnies privées anglo-saxonnes ou ouest européennes. Ce n’est donc pas pour obtenir ces avantages que Washington et Paris mènent la guerre ; mais Kadhafi est un partenaire imprévisible prêt à s’acoquiner avec des concurrents à des conditions plus avantageuse, venus des pays « émergents » comme le Brésil, l’Inde ou la Chine : cela ne sera pas si un régime pro-occidental est en place à Tripoli ou à Benghazi (où arrivent aujourd’hui l’essentiel des pipe-lines venus des champs pétrolifères du sud-libyen.

    2°- Mais surtout, le moindre coup d’œil à la carte du nord de l’Afrique fait naître d’autres hypothèses incontournables.

     

    Le désert saharien, partagé entre de nombreux états non industriels du fait de leur commun héritage colonial, possède de multiples ressources minières et énergétiques, largement inexploitées encore, et que lorgnent les multinationales d’Occident. Le pétrole et le gaz déjà exportés vers l’Europe par l’Algérie, la Libye, ne sont qu’un avant goût des réserves encore endormies dans le désert, au Niger, au Tchad et au Mali. Toujours en matière énergétique, c’est la société pour l’essentiel française Areva qui exploite aujourd’hui le minerai d’uranium du Niger, qui nécessite absolument les centrales nucléaires françaises. (Les ¾ de l’électricité de l’hexagone). D’autres gisements de pechblende attendent, que guignent bien des amateurs extérieurs, notamment asiatiques. Enfin, et cela ne relève plus de la science fiction mais de prospective boursière, un énorme projet de production d’électricité en couvrant le désert de panneaux solaires et d’éoliennes a vu le jour en Europe occidentale en 2009, sous le nom de Desertec.

     

    Desertec ambitionne de fournir à terme 15 à 20% de l’électricité nécessaire aux industries européennes. Ses concepteurs et financiers sont allemands, banquiers et industriels, comme la Deutsche Bak, EON, RWE et Siemens. On parle d’investir à cet effet 400 milliards d’euros sur quarante ans au siège du consortium Desertec à Munich, qui négocie depuis deux ans avec les gouvernements africains du Maghreb, avec quelque succès semble-t-il au Maroc et en Algérie (EL Watan titrait le 23 juin « l’Algérie décide de coopérer avec l’initiative allemande Desertec »).

    Dans le contexte ouvert par les « révolutions arabes », les promoteurs germaniques de Desertec continuent leurs approches, notamment auprès du nouveau gouvernement tunisien. Existe-t-il un lien entre ces contacts déjà engagés et la réticence allemande au sein de l’OTAN à engager ses troupes contre Kadhafi ? Rien ne permet de l’affirmer.

     

    Il est vrai en tout cas que des financiers français ont eux aussi un projet de type Desertec, notamment ceux d’entre eux participant maintenant au capital d’EDF, et d’AREVA (projet Transgreen, devenu Medgrid). Il est évident que la mise en place en Libye, et même dans un état séparatiste de Cyrénaïque, d’un régime « ami » contrôlé par ces fiers démocrates du « gouvernement provisoire » de Benghazi (l’ex-ministre la justice de Kadhafi, qui organisa la détention et la torture d’infirmières bulgares, des chefs intégristes et tribaux) présenterait quelques avantages pour exploiter les richesses sahariennes. Car ces pétroles, gaz, électricité, minerais extraits du grand désert, ne peuvent être exportés vers l’Europe qu’en arrivant aux ports de Méditerranée. Un simple regard sur la carte suffit à constater que la Cyrénaïque, fief des insurgés libyens choyés au Quai d’Orsay, est le chemin terrestre le plus court vers les richesses sahariennes dont est friande l’industrie d’Europe occidentale.

     

    Ce ne sont là, certes, qu’hypothèses : les secrets des dieux du capital ne nous seront pas révélés de sitôt. Hypothèses plausibles toutefois, si l’on en juge par les résultats de l’intervention française en Côte d’Ivoire : à l’intronisation de Ouattara, seul chef d’état occident présent, Sarkozy, tous sourires déployés, était accompagné de Bouygues et Bolloré, qui ne craignent plus de perdre leurs marchés au profit de quelque financier asiate…

     

    UNE NOUVELLE STRATEGIE ARABE DES USA ?

    Le discours impérial de Bush et ses amis « néoconservateurs » était quasiment religieux, « croisade contre l’intégrisme musulman ». Quand Obama lui succéda, son discours « humaniste » fit oublier quelque temps que l’impérialiste US n’avait rien perdu de sa virulence. En fait, Obama a renforcé la présence nord américaine en Afghanistan et renforcé le blocus contre Cuba. Mieux, adossé à l’OTAN, il est de plus en plus présent en Méditerranée et en Afrique, avec un discours plus lénifiant, expurgé des diatribes antimusulmanes de l’équipe Bush. Depuis quelques mois, profitant de la déstabilisation de nombreux états du Maghreb et du Moyen Orient, les Etats-Unis agissent en fonction d’une stratégie nouvelle au service de l’impérialisme continué. Ils n’hésitent pas à reprendre hypocritement à leur compte les critiques populaires contre les chefs d’état autoritaires et corrompus qu’ils avaient pourtant mis en place et soutenus, Moubarak l’égyptien, Bel Ali le tunisien.

    Les services nord-américains ont même poussé les chefs des armées de Tunis et du Caire, formés aux USA et financés par Washington, à débarquer les « dictateurs » et à se proclamer garants et protecteurs du nouveau régime « révolutionnaire ». Les généraux qui, depuis la chute de Moubarak, assument le pouvoir « de transition » au Caire ont une tâche unique : étouffer par la ruse ou la force, les velléités populaires de réformes démocratiques et sociales, empêcher les grèves et museler les syndicalistes, préparer des élections sans risque en interdisant les partis trop critiques ; les communistes égyptiens, par exemple, si longtemps interdits et massacrés, ne pourront s’exprimer légalement s’ils ne publient la liste de milliers de militants, dans chaque région du pays ! A l’inverse, « le pouvoir de transition » pro-américain aide à s’implanter les « grands partis » d’inspiration libérale et conservatrice (y compris les cadres du régime Moubarak reconvertis) et les intégristes Frères Musulmans. En Tunisie, certains dirigeants de « la transition » poursuivent le même objectif, en faveur des intégristes d’Ennahda et des conservateurs fraîchement convertis aux vertus de « la révolution ».

    L’objectif, conçu à Washington est clair : aboutir à un régime nouveau, plus consensuel, aligné sur les désirs de l’Occident par des dirigeants fermement attachés au capitalisme mondialiste, fidèles d’un « libéralisme » à l’occidentale, mâtiné du cache sexe du pluripartisme. Dans ce dispositif, les chefs militaires, fidélisés par leurs prébendes à Washington, jouent et joueront un rôle essentiel de contrôle des masses (les armées des pays dominés ne sont guère destinées à la défense nationale).

    Mais, fait nouveau par rapport à la doctrine Bush, cette nouvelle ossature politique pro-occidentale inclut les mouvements intégristes, baptisés « modérés » parce que d’inspiration « libérale » et pro-occidentale. Peu importe, à Washington, que ces courants prônent une régression terrifiante des mœurs et des lois, la haine des minorités religieuses ou philosophiques, émeutes anti-coptes en Egypte, (pogroms contre les prostituées en Tunisie). Cette insertion des mouvements intégristes dans des pouvoirs pro-occidentaux ne fait, après tout, que reproduire un modèle déjà ancien : la meilleure alliée régionale des USA, l’Arabie Saoudite, propage grâce à ses pétrodollars, jusqu’en Afrique noire, l’idéologie intégriste. Israël, autre allié indéfectible de Washington, est aussi un état religieux affirmé.

    La visée stratégique est claire, elle se met en place en Tunisie, en Egypte, et menace tout l’espace arabo-musulman, sous couvert de « révolutions démocratiques ». Elle devra compter avec les mouvements populaires, les aspirations fortes à la démocratise, aux mieux être, à l’indépendance nationale. Du Caire à Tunis ou Alger, rien n’est joué dans ce combat.

     

    UN NOUVEAU YALTA ?

    Face aux stratégies de l’impérialisme occidental, les peuples ont leur mot à dire. Mais il est vrai aussi que l’issue dépend en partie des relations entre grandes puissances.

     Le temps n’est plus où l’URSS et ses alliés, cahin caha malgré tous leurs défauts et leurs erreurs, permettaient par leur existence même le développement des luttes de libération nationale. Quand, en 1956, les colonialistes français (le gouvernement socialiste Guy Mollet) ont envahi l’Egypte de Nasser avec les Britanniques en espérant stopper de ce fait l’insurrection algérienne, il a suffi au gouvernement soviétique de menacer d’intervention pour faire retourner les paras français dans leurs casernes. En 2011, les bombardements de l’OTAN en Libye ont été déclenchés et poursuivis avec l’accord tacite de la Chine et de la Russie, qui n’ont pas au Conseil de Sécurité de l’ONU employé le droit de veto dont ces pays disposent.

    Début juin encore, après plusieurs semaines de frappes aériennes, Poutine a approuvé les objectifs de guerre de l’OTAN, chasser Khadafi du pouvoir, et Pékin se tait. Par contre, le même pouvoir russe s’oppose à l’ONU à une condamnation du régime syrien, qui relève de sa zone d’influence depuis longtemps.

    Tout se passe ces temps derniers, entre ces grandes puissances et l’impérialisme occidental, comme si un nouvel accord de Yalta régissait les relations internationales ; en dehors de toute considération de morale internationale, de tout respect des principes affirmés par la charte de l’ONU (égalité entre les nations, non ingérence), le monde est partagé en chasses gardées.

    En vertu du modus-vivendi conclu par Staline, Roosevelt et Churchill à Yalta, la Résistance grecque fut écrasée par les royalistes avec le soutien britannique, et la Pologne eut un gouvernement communiste en 1946 au détriment de la droite polonaise, assez influente pour mener des actions de guérilla durant plusieurs années. Depuis la visite du président chinois aux USA et les accords tacites qui en ont résulté, les campagnes de subversion occidentale (par le biais d’internet notamment) contre la Chin au Sin-Kiang, au Tibet, et à propos de la Corés, se sont mises en sommeil. Et, parallèlement, les provocations pro-américaines contre la Russie en Géorgie, en Ukraine, ont pour l’instant cessé…

    Il serait temps d’en revenir aux idéaux de la charte de l’ONU de 1945, qui n’ont plus guère cours au sein de l’ONU.

    Francis Arzalier

    http://www.pcfbassin.fr/


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