• Affrontements entre ouvriers de Goodyear et CRS à Rueil-Malmaison

     L'OUVRIER DE GOOD-YEAR FACE AUX TANKS DE HOLLANDE ET DE VALLS

    Une nouvelle  place Tian'anmen EN FRANCE

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    Face-à-face tendu entre les salariés de Goodyear venus manifester devant le siège de l'entreprise à Rueil-Malmaison et les forces de l'ordre.Face-à-face tendu entre les salariés de Goodyear venus manifester devant le siège de l'entreprise à Rueil-Malmaison et les forces de l'ordre. | AP/Remy de la Mauviniere

     

    Six ans après un premier projet de restructuration, les salariés de l'usine Goodyear d'Amiens-Nord ont violemment manifesté, jeudi 7 mars, devant le siège français du fabricant de pneumatiques, à Rueil-Malmaison, dans les Hauts-de-Seine, à l'occasion d'un nouveau comité central d'entreprise (CCE) sur le projet de fermeture du site.

    Dans la rue pavillonnaire d'ordinaire paisible, quelques heures après la manifestation, flottait encore une odeur de gaz lacrymogène et de pneus brûlés, consécutive aux échauffourées entre manifestants et forces de l'ordre, échauffourées que la direction de Goodyear a condamnées. Aux jets de bouteille ou de projectile des salariés ont répondu gaz lacrymogènes et jets violents des canons à eau de la police, pour repousser plusieurs centaines de manifestants venus de la Somme.

    On relève des blessés légers de part et d'autre – dix-neuf dans les rangs de la police, selon une source policière, et cinq manifestants hospitalisés, selon les syndicats –, un camion anti-émeute à la tôle calcinée et des dizaines de bouteilles, cannettes et coquilles d'œufs jonchant le sol. Une personne a aussi été interpellée "pour jets de projectile sur des forces de l'ordre et participation à un attroupement armé".

     

     

    "Le monde ouvrier en a marre de se faire écraser", a affirmé Jean-Louis Ditte, mécanicien de 48 ans dont "vingt-quatre de Goodyear". "Ce déploiement de forces de l'ordre, c'est de la provocation", a renchéri Philippe Dufaux, opérateur de 43 ans, depuis treize ans à Amiens-Nord. "Nous, on veut juste protéger nos familles", a-t-il ajouté.

    Après six ans de lutte, les salariés disent garder espoir, alors que la direction a annoncé à la fin de janvier son projet de fermer l'usine, "seule option possible après cinq années de négociations infructueuses", selon elle, pour sauvegarder la compétitivité des secteurs tourisme et agricole du groupe.

    "Les effets d'annonce de la direction jouent sur le moral des salariés", a déploré Christophe Verecque, salarié non syndiqué, énumérant "le projet de quatre cents suppressions de postes d'abord, puis huit cents, ensuite un plan de départs volontaires, et le projet avorté de Titan..." Malgré la diminution drastique des volumes de production, les salariés d'Amiens-Nord, dont certains disent ne plus travailler qu'une heure ou deux par jour, affichent un attachement fort à leur usine.

     

    Heurts entre manifestants et CRS à Rueil-Malmaison, devant le siège de Goodyear, le 7 mars.Heurts entre manifestants et CRS à Rueil-Malmaison, devant le siège de Goodyear, le 7 mars. | REUTERS/JACKY NAEGELEN

     

    Un manifestant se bat avec un CRS devant le siège de Goodyear, jeudi 7 mars.Un manifestant se bat avec un CRS devant le siège de Goodyear, jeudi 7 mars. | REUTERS/JACKY NAEGELEN

     

    Les élus se sont aussi battus pour préserver l'emploi lors du CCE, qui portait notamment sur les conclusions du rapport d'expertise Secafi, qu'ils ont mandaté, les mesures d'accompagnement social et l'analyse économique autour du projet de restructuration. Ils devaient faire des "propositions alternatives" à la fermeture de l'usine d'Amiens-Nord, qui menace 1 173 emplois directs et environ 500 indirects, selon Didier Raynaud (CFDT).

    La CFDT défend entre autres la piste d'un repreneur éventuel et celle d'un plan de départs volontaires pour les seniors qui pourrait concerner environ 400 personnes jusqu'à 56 ans. La CGT a mis en avant, seule, un projet de SCOP (société coopérative et participative), qu'elle détaillera à la mi-mars.

     

     Un manifestant devant un camion anti-émeute. Un manifestant devant un camion anti-émeute. | AFP/LIONEL BONAVENTURE

     

    Pendant la réunion, les élus CGT et CFDT ont voté quatre résolutions qui vont permettre au CCE d'engager des actions en justice pour dénoncer des "irrégularités", selon eux, dans la procédure d'information-consultation du CCE et du comité d'entreprise européen. Ils vont aussi faire constater le "défaut d'information sur la situation économique du groupe au CCE" et l'"indigence du PSE [plan de sauvegarde de l'emploi] au regard des moyens du groupe".

    CGT et CFDT estiment par ailleurs que la direction a opéré un transfert de production dissimulé d'Amiens-Nord vers d'autres sites du groupe, ce qui, selon Mickaël Wamen, de la CGT, est "constitutif d'une restructuration frauduleuse". "La réorganisation a commencé il y a pas mal de temps", a aussi affirmé Didier Raynaud en soulignant : "Aujourd'hui, nous sommes à 2 600 pneus de tourisme par jour pour une capacité de 22 000".

    Leur avocat, Me Fiodor Rilov, a précisé que toutes les actions en justice seraient lancées "dans les prochains jours". Elles permettront de "mettre en échec le projet de la direction, comme en 2006", année où elle annonçait son intention de supprimer plus de 400 postes.

     

    Des CRS aspergés de peinture devant le siège de Goodyear.Des CRS aspergés de peinture devant le siège de Goodyear. | AP/Remy de la Mauviniere

     

    Le rapport Secafi confirme les pertes de l'activité agricole de Goodyear

     Il faudrait à Goodyear injecter 100 millions d'euros pour remettre à niveau l'activité tourisme et 20 millions d'euros pour l'activité agricole, qui a perdu en Europe 22,5 millions d'euros en 2012, selon le cabinet d'expertise Secafi, mandaté par le comité central d'entreprise pour étudier le projet de restructuration du groupe. La CFE-CGC a demandé à la direction "d'ouvrir des négociations sur un plan de départs volontaires et de séparer juridiquement les deux entités de production (tourisme et agraire), pour ne pas effaroucher un éventuel repreneur de l'activité agricole". "Toutefois, les chances que l'activité soit reprise restent infimes", dit le syndicat.

     

    Pour le représentant CGT Mickael Wamen, le rapport Secafi est "tronqué". En effet, la progression du bénéfice du groupe Goodyear "passe de 0,4 milliard de dollars en 2009 à 1,2 milliard en 2012, soit une progression de 300 %", assure-t-il. En février, le fabricant américain de pneumatiques a pourtant annoncé que son bénéfice avait chuté de 43 % l'an dernier.

     

    Le groupe a dégagé en 2012 un bénéfice net de 183 millions de dollars. Il est tombé à zéro au quatrième trimestre, contre 18 millions un an plus tôt. Goodyear a notamment passé dans ses comptes trimestriels une charge de 85 millions de dollars, liée principalement à la fermeture du site d'Amiens-Nord.

    http://www.lemonde.fr

     

    Politique - le 8 Mars 2013

     Goodyear : " il faut comprendre aussi que ces hommes, ces femmes sont exaspérés"

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    La députée PCF de Seine-Saint-Denis, Marie-George Buffet est revenue au micro de RMC sur la confrontation tendue entre des salariés de Goodyear Amiens et les forces de l’ordre qui les empêchaient d’approcher du siège du groupe. Si elle ne cautionne pas la violence, elle a appelé à comprendre l’exaspération des travailleurs qui se battent pour sauver leur emploi et l’industrie française. (vidéo)

    "Il faut comprendre qu'au bout d'un moment, lorsqu'on sait que son entreprise va fermer, qu'on va perdre son emploi, dans une région qui est sinistrée, et bien parfois, les nerfs craquent. Et bien moi je vais condamner les salariés. (…) D’autant plus avec la loi d’amnistie qu’on a fait voter au Sénat et qui arrive à l’Assemblée. Ces salariés qui se sont battu pour défendre leur emploi et l’industrie de notre pays, qu’on les traine devant les tribunaux, c’est une injustice.

    Quand Bourdin l’accuse de cautionner les travailleurs qui cassent leur outil de travail, la députée PCF s’emporte. "Citez moi un seul conflit où les salariés on cassé leur outil de travail ? Bien au contraire, ils le protègent leur outil de travail. Parce que c’est leur gagne-pain, parce que c’est leur fierté. Prenez l’usine de PSA Aulnay, depuis 3 ans qu’ils sont en conflit, les chaines de production marches, sont entretenues et sont capables de produire la C3 jour après jour."

    "Bien sûr, il faut condamner la violence, mais il faut comprendre aussi que ces hommes, ces femmes sont exaspérés", a poursuivi l'ancienne ministre de la Jeunesse et des Sports, disant "espérer" que la proposition de loi communiste d'"amnistie sociale", adoptée le 26 février au Sénat, allait "arriver à l'Assemblée nationale". "Je suis désolée" que cette loi "ne fasse pas plaisir à M. Valls, mais il faut savoir pourquoi on a mis la gauche au pouvoir", a-t-elle ironisé, répondant au ministre de l'Intérieur qui s'était dit lundi "sceptique" sur le principe de l'amnistie, lui préférant le "dialogue social qui permet de lutter contre les dérives et pour l'emploi".

    Le projet de fermeture de l'usine Goodyear d'Amiens-Nord menace directement 1173 emplois. Il se tenait au siège du groupe un nouveau comité central d'entreprise (CCE) sur le projet de fermeture du site, des salariés y étaient venus manifester. Un large déploiement de forces de l’ordre les a empêchés d’approcher du siège. 


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