• Des manifestants devant le Parlement grec le 26 septembre 2012. Des manifestants devant le Parlement grec le 26 septembre 2012. | AP/DIMITRI MESINIS

     

    La Grèce sera de nouveau au cœur des préoccupations de la zone euro, mercredi 26 septembre, jour de grève générale contre des mesures d'austérité supplémentaires en préparation, sur fond de rencontres entre la chancelière allemande, la directrice générale du FMI et le président de la BCE.

    La GSEE (General Confederation of Greek Workers) et Adedy (Anotati Diikisis Enoseon Dimosion Ypallilon), les deux principaux syndicats, ont appellé à une grève générale de vingt-quatre heures – la troisième de l'année – avec manifestations pour protester contre le nouveau train d'économies difficilement négocié entre la troïka des créanciers du pays (UE-BCE-FMI) et le gouvernement de coalition dirigé par le conservateur Antonis Samaras.

    Aucune desserte des îles ne devrait être assurée. Les contrôleurs aériens observeront un arrêt de travail de 9 heures à 3 heures jeudi. Les deux compagnies grecques, Olympic air et Aegean Airlines, ont annulé 12 vols et en ont reprogrammé 28.

    VIOLENTS HEURTS ENTRE LA POLICE ET LES MANIFESTANTS

    Des heurts ont éclaté à Athènes entre quelques centaines de jeunes encagoulés et les forces de l'ordre mercredi, lors du début, sur la place centrale de Syntagma, d'une manifestation contre des nouvelles mesures de rigueur. Les manifestants, opérant par petits groupes, ont jeté des coktail Molotov en direction de la police, qui a riposté par des tirs de grenade assourdissante et de gaz lacrymogènes.

    Des jeunes ont mis le feu à un kiosque et à des poubelles, s'en prenant également à des vitrines. Un cordon de police protégeait les hôtels de luxe de tout débordement. Quelque 5 000 policiers ont été déployés à l'occasion des manifestations rassemblant 52 000 personnes à Athènes et Salonique selon la police.

    DIVISIONS

    Dans un pays en pleine dépression, les syndicats des commerçants, artisans et ingénieurs civils participent à la grève, tandis qu'à la mi-journée, les médias ne couvriront que les manifestations. Soutenue par le principal parti d'opposition, le Syriza de la gauche radicale, la grève vise à dénoncer le paquet d'économies de plus de 11,5 milliards d'euros que le ministère des finances a annoncé avoir bouclé mercredi. S'il est avalisé par les dirigeants politiques du pays, ce plan de mesures sera ensuite soumis pour accord final à la troïka, avant sa présentation ultérieure au parlement.

    Les prêteurs internationaux semblent divisés sur la stratégie à tenir vis-à-vis du pays, dont l'économie continue de s'enfoncer dans la récession, en dépit des milliards d'euros reçus dans le cadre de deux plans de sauvetage financier, dont le premier a été lancé en mai 2010. La nécessité d'une troisième intervention de soutien paraît gagner du terrain parmi partenaires et prêteurs du pays, qui se repassent le problème grec comme une patate chaude depuis des semaines.

    Le ministère des finances grec a confirmé mardi qu'un possible rééchelonnement du remboursement de créances grecques détenues par la Banque centrale européenne (BCE) était actuellement "examiné" pour essayer de combler le déficit de financement du pays, dont l'ampleur fait l'objet de multiples rumeurs. Selon le ministre adjoint, Christos Staikouras, cette opération assimilable à un début de restructuration de dette pourrait porter sur des obligations "d'une valeur d'environ 28 milliards d'euros" arrivant à maturité entre 2013 et 2016.

    "RÉÉVALUER LA SITUATION"

    La BCE a immédiatement rétorqué qu'une restructuration "aux dépens de la BCE" n'était "pas envisageable", car cela équivaudrait à "un financement monétaire d'un Etat, ce qui est interdit" par les statuts de la Banque centrale. Jörg Asmussen, membre du directoire de la Banque centrale européenne, qui s'exprimait dans le quotidien allemand Die Welt mercredi a renvoyé aux "membres de la zone euro" tout éventuel "besoin de financement supplémentaire" de la Grèce, réitérant une position également exprimée à mi-voix récemment par le représentant grec du Fonds monétaire international.

    Officiellement, l'Allemagne, première contributrice au sein de la zone euro aux deux plans de soutien à la Grèce, ne veut pas non plus entendre parler d'un financement supplémentaire. Néanmoins, à Bruxelles, une source européenne a confirmé mardi qu'il faudrait "réévaluer la situation", compte tenu du trou de financement auquel est confronté Athènes. "On peut appeler cela un troisième programme d'aide ou un deuxième programme réajusté", a affirmé cette source. Alors que l'Espagne est également sur la sellette, la chancelière allemande, Angela Merkel, reçoit Mme Lagarde mercredi, après un entretien mardi avec le président de la BCE, Mario Draghi.


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  • La dette grecque s'alourdit encoreSurprises, surprises… Si l’on en croit la presse allemande, le trou dans les caisses d'Athènes serait, selon la troïka, beaucoup plus important que prévu : à savoir 20 milliards d’euros au lieu des 11,5 milliards annoncés précédemment.  

     

    Cette nouvelle a été à peine ébruitée que le ministre des finances d'Athènes (lundi 24 septembre, NDLR) se fendait d’un démenti. Pourtant, les chiffres publiés résonnent dans les media grecs comme la preuve définitive - et tragique - de l'inefficacité et de l'iniquité des énormes sacrifices imposés aux jeunes, aux travailleurs et aux retraités au nom d'un assainissement des caisses de l'État.

     

    Que ce fameux trou soit supérieur aux estimations initiales avait déjà été anticipé par l’hebdomadaire allemand Der Spiegel. Ce dernier avait en effet annoncé la semaine dernière que les autorités grecques devaient impérativement trouver 14 milliards d’euros pour répondre aux « exigences financières », soit trois milliards de plus que prévu. Mais ces chiffres déjà passablement inquiétants ont été largement dépassés par les informations diffusées ces dernières heures par les « experts » qui, après n’avoir eu de cesse d’organiser des coupes sombres dans le budget national, admettent aujourd’hui le désastre tout en n’assumant aucunement leurs responsabilités dans la situation actuelle.

     

    Que va faire maintenant le gouvernement grec ? Continuera-t-il, comme il l’a déjà fait par le passé, à demander à la troïka quelques mois supplémentaires pour payer ses dettes… tout en sachant qu’il n’y a plus rien à tirer d’un pays désormais au bord de l’explosion sociale ? À en croire les dernières déclarations faites par les ministres grecs et leurs homologues communautaires, parmi lesquels le puissant et omniprésent Wolfgang Schäuble, on peut craindre que oui.

     

    En attendant, les Grecs sont de plus en plus sceptiques quant à l’efficacité des plans de leur gouvernement et de la troïka, même s'ils continuent de penser qu'il est préférable que le pays reste dans la zone euro (c’est du moins ce qui ressort d'une enquête récente). Et aujourd'hui commence une énième journée, une énième semaine de grèves contre les coupes sombres imposés à Antónis Samarás par Bruxelles et de Francfort. La semaine commence avec une grève de vingt-quatre heures des journalistes alors que, sur le plan de la santé, l'Ordre des pharmaciens a décidé de ne plus distribuer de médicaments tant que l’État ne se sera pas acquitté des arriérés qu’il doit.

     

    Quant aux syndicats, ils ont appelé à une grève générale de vingt-quatre heures qui devrait toucher tous les secteurs, public et privé. Plusieurs manifestations sont par ailleurs prévues à travers tout le pays. Le point d’orgue  de la contestation sera le rassemblement qui aura lieu mercredi 26 septembre à 11 heures sur le Champ-de-Mars à Athènes. Les syndicats ont décidé, contrairement à ce qui se passe habituellement, de maintenir en activité le métro pour permettre à un maximum de manifestants d'atteindre le centre de la capitale.

     

    Et c’est dans ce climat que reprendront lundi prochain (1er octobre, NDLR) les négociations entre le ministre des finances grec, Yannis Stournaras, et les représentants des créanciers internationaux de la Grèce, les Allemands Matthias Mors (Union européenne) et Klaus Mazuch (Banque centrale européenne) et le Danois Paul Tomsen (Fonds monétaire international), pour définir le nouveau paquet de coupes budgétaires pour l'exercice 2013 - 2014, en échange de l'octroi de la nouvelle tranche de 31,5 milliards d'euros « d’aide ».

     

    Capitaine Martin


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  • Raisin de Corinthe

    Sur le barrage d'Achéloos - Thessalie Août 2012
     
    Les séquentialité dense en faits critiques et forcement de crise, dépassent cet été les « communes mesures » de jadis. Entre les mesures annoncées de la bancocratie troïkane par Samaras et ses autres His Master's Voice, l'effondrement du système de santé, et la stratégie holistique des faits devenus trop divers, les habitants d'ici, sur ce champ de tir de l'Union Européenne des Banques, subissent et véhiculent à la fois leurs propres mutations.

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  • Raisin de Corinthe


    Sur le barrage d'Achéloos - Thessalie Août 2012
     
    Les séquentialité dense en faits critiques et forcement de crise, dépassent cet été les « communes mesures » de jadis. Entre les mesures annoncées de la bancocratie troïkane par Samaras et ses autres His Master's Voice, l'effondrement du système de santé, et la stratégie holistique des faits devenus trop divers, les habitants d'ici, sur ce champ de tir de l'Union Européenne des Banques, subissent et véhiculent à la fois leurs propres mutations.

     

    "Votons pour des candidats bien de chez nous" - Région d'Achéloos - Thessalie Août 2012


    Les stratèges du choc nous ont d'abord obligés dans l'adoption d'un vocabulaire, d'une sémantique et d'une grammaire dites « de crise et d'urgence », puis, une fois notre appréhension et construction du temps détruites, le champ, et le « champ de tir » devient enfin aussi « libre » pour nous voir imposer la seule cadence possible, celle du choc et de l'avenir... authentiquement hétéronome.
     
    Nous subissons la violence « d'en haut et d'en bas » dans toute sa sémiologie, puis nous fabriquons nos propres violences politiquement agissantes et surtout orchestrées et/ou récupérées par les tenants des faits du médiatiquement réel. Heureusement que tout le monde n'est pas rémunéré ou contraint d'adhérer à la construction du temps dominant (y compris journalistique), autrement-dit, du calendrier imposé par nos « gérants ». Ainsi, la presse locale de Paros et d'Antiparos, revient sur les faits et gestes dans l'orchestration de l'après-événement de l'agression sur l'adolescente à proximité... de sa Côte d'or. L'hebdomadaire Ta Nea Parou Antiparou, daté du 11 Août, souligne l'ampleur de l'orchestration, faits à l'appui, c'est à dire la volonté politique de faire « coïncider » l'arrestation du Pakistanais présumé coupable, et le déclenchement de l'opération policière d'envergure à l'échelle du pays, conduisant à plus de 8.000 d'interpellation d'immigrés et à de milliers d'arrestations. Comme par hasard, c'était un 4 Août (jour « anniversaire » de l'instauration de la dictature du Général Metaxas en 1936), lorsque la police locale aussi sur l'île de Syros, chef lieu des Cyclades, opérait le transfert de « l'ogre de Paros », du « bourreau des Cyclades » ou du « monstre Pakistanais », selon les reportages de la presse nationale et des chaines de télévision, « après les aveux et les résultats des tests ADN, sur Ali M. et sur sa victime, [une jeune grecque âgée de 15 ans], violentée et sauvagement frappée par le présumé agresseur en plein jour et à proximité de la plage célèbre au sable doré ».
     

    Port de Syros 08/2012


    J'étais à Syros ce 4 Août et j'avais noté sur ce blog la réaction de certains habitants comme Takis, qui pensait que cette affaire serait plutôt montée. Évidement, cet événement « cluster » est à la fois fort significatif et de plus, un catalyseur des opinions. Moins conspirationnistes que Takis, deux autres habitants d'Hermoupolis rencontrés dimanche matin (05/08) sur le port, partageaient néanmoins le même avis que lui pour ce qui est d'un autre aspect de l'affaire : « on en fait un très gros plat, on médiatise à l'extrême un drame et un crime, et on mobilise une escorte policière comme pour un tueur en série. En plus, en interne depuis la Police on aurait bien délibérément informé les types de l'Aube dorée ». Les rédacteurs de hebdomadaire Ta Nea Parou Antiparou partagent cette analyse et soulignent également « que l'usage du qualificatif « ogre » à l'encontre de l'auteur présumé du crime, est au moins erroné, car à Paros, il n'y a pas eu de tels crimes en série, qui plus est, perpétués par la même personne. »
     

    Grigoris Lambrakis


    Ce terme et ses symboliques c'est un lègue issu de l'holographie sombre des années 1950, lorsque à Salonique, un célèbre criminel fut le protagoniste dans une affaire d'ailleurs assez controversée. Après une série d'agressions et de meurtres de couples dans les environs de Saloniques à la fin des années 1950, tous attribués à « l'ogre du parc boisé de Seich Sou », c'est en 1963 qu'Aristide Pangradidis alors âgé de 23 ans fut arrêté. Pangratidis est un enfant de la misère ayant connu les « Maisons de redressement » et dont le père, a été fusillé par les partisans de gauche durant l'Occupation. L'affaire tombait au meilleur moment pour le pouvoir de l'époque, car l'opinion publique était aussi politiquement... inquiète, après l'attentat perpétué les figures d'hombre du para-État de la droite, du député EDA (Gauche Unitaire) Grigoris Lambrakis. C'était à Salonique, le mercredi 22 mai 1963 (veille de l'Ascension), à la sortie d'un meeting du mouvement pour la paix tenu à Thessalonique, que Lambrakis est renversé par une motocyclette triporteur sur lequel se trouvent deux hommes, Emannouil Emannouilidis et Spyro Gotzamanis. Grièvement blessé à la tête, Lambrakis est dans le coma et hospitalisé. EDA envoie auprès de lui une délégation formée par le poète Yannis Ritsos, membre du Comité directeur, Mikis Théodorakis et Manolis Glezos. C'est à ce moment que naît l'idée d'un mouvement spécifique autour de Lambrakis qui regroupa toute la jeunesse de gauche de l'époque après le décès du député le lundi 27 mai 1963. C'est aussi cette montée de la gauche qui inquiéta ses adversaires politiques, jusqu'au point culminant de l'instauration de la dictature des Colonels en avril 1967.

    Aristide Pangratidis lors de son procès - Source : entefktirio.blogspot.com


    Aristide Pangratidis a été exécuté à Seich Sou même, le 17 février 1968, malgré les réticences du Procureur qui exprima des doutes sur l'implication de Pangratidis aux quatre meurtres qui lui ont été attribués. L'histoire ne se répète pas mais certaines de ses symboliques ainsi que sa sémiologie peuvent être récupérées, surtout lorsqu'elles demeurent opérationnelles. Les canalisateurs d'opinion le savent bien, ainsi, le qualificatif (« l'ogre »), si facilement adopté par l'ensemble de la presse, n'est pas du tout fortuit. De même, l'arrestation du « braqueur-activiste anti-État » Tasos Theofilou, et assassin présumé du chauffeur de taxi qui avait tenté d'empêcher la fuite des braqueurs de Paros (le 10/08), a aussi été mise à profit par un « aménagement chronologique », cadrant avec le calendrier politique du moment. Par la même occasion, des personnes se réclamant du mouvement activiste anarchiste, expriment leur désaccord avec les prises de positions de Theofilou, par une lettre publiée par l'hebdomadaire satyrique et d'investigation To Pontiki, daté du 23/08.
     
    On dirait que la spirale des événements « étouffants par le bas » rejoignent tout en les masquant, ces autres grands faits venus d'en haut... hautement plus étouffants. Car c'est en ce moment que certaines décisions sont sans doute en cours de précision entre Paris, Bruxelles et Berlin sur la Grèce, et sur la zone euro, même si les positions de François Hollande et d'Angela Merkel semblent quelque peu différentes. Les Grecs n'y prêtent plus tellement d'attention et nos conspirationnistes sur la toile hellénophone, trouvent à dire que toute cette orchestration de la violence interne en Grèce, entre les immigrés, l'Aube dorée et les autres, prépare le terrain à une intervention armée de type « maintient de l'ordre » venue de l'étranger, par les forces « Euro-unionnaises » ou par celles de l'ONU, ce qui dans les deux cas en revient à l'intervention des grandes puissances, sous prétexte de défendre l'ordre, la « démocratie » et les citoyens. Si ce scenario se confirme, il s'agira sans doute de la dernière phase de la satellisation du pays, après avoir provoqué une crise alimentaire, sanitaire, sociale, politique et finalement ethnique, « on » intervient alors militairement, en y apportant en plus pour complémenter le dessert... les sacs de riz. On pourra alors appeler ce dessert de la méta-Europa « riz au lait » toute comme l'opération future, pour faire dans l'onomatopée créative mais ce n'est pas dit que tout le monde en rigolera.

     

    "Le fleuve vaincra" - Région d'Achéloos - Thessalie Août 2012


    Ce qui semble déjà réconforter nos conspirationnistes par contre, tient par une étrange coïncidence de la « Une » du Monde dans sa version électronique datée du 24/08, où, sous le titre : « L'aggravation des violences racistes en Grèce inquiète l'ONU », on apprend que « le Haut Commissariat aux réfugiés des Nations unies (UNHCR) s'est dit, jeudi 23 août, préoccupé par "l'aggravation" des attaques racistes en Grèce, et a demandé au gouvernement d'agir pour lutter contre ce fléau. Laurens Jolles, représentant de l'Europe du Sud-Est au UNHCR, a exprimé "sa préoccupation face à ce phénomène qui a pris des dimensions inquiétantes et semble être coordonné par des groupes et individus se prévalant d'agir au nom de la sécurité publique, alors qu'en réalité, ils menacent les institutions démocratiques". Lors d'une rencontre avec Nikos Dendias, ministre grec de la protection du citoyen, M. Jolles "a demandé de prendre des mesures pour lutter contre la hausse du nombre d'attaques racistes, protéger les victimes et poursuivre en justice les auteurs et les instigateurs à la violence" […] Nikos Dendias a récemment qualifié l'immigration illégale "d'un des grands problèmes du pays" et s'est engagé à mettre fin à "l'invasion sans précédent" d'immigrants. Selon l'UNHCR, il a promis la mise en place d'une "force spéciale pour lutter contre la violence raciale". Soulignant le manque d'une procédure adéquate d'octroi d'asile en Grèce, M. Jolles a aussi évoqué le risque d'avoir, parmi les sans-papiers arrêtés, "des personnes qui ont besoin de protection", et appelé le gouvernement à renforcer le mécanisme d'asile. »
     
    Aubedoriennes contre les MAT - Corinthe 23/08 Source : inews.gr
     
     
    Du pain complet, encore bénit et mâché pour l'Aube dorée. Déjà depuis deux jours, les Aubedoriens soutenus par le maire et une partie de la population de la ville de Corinthe, s'opposent violemment à l'utilisation de la caserne de la ville pour y loger des immigrés clandestins en détention. Les... « légionnaires » des « unités » Aubedoriennes sont ainsi « fatalement » entrés en contact avec les unités de MAT (CRS) jeudi et vendredi. Le maire a privé d'eau le bâtiment, et un député Nouvelle Démocratie a été molesté par les Aubedoriens. Au même moment, les échanges au Parlement entre le député Kasidiaris (Aube dorée) et le Ministre de l'Intérieur ont été très vifs. Au moins, on ne pourra plus dire qu'il ne se passe rien en Grèce, y compris au niveau interpersonnel.
     
    Mes amis d'Athènes, luttant contre l'installation illégale d'une antenne téléphonique, se sont adressés au comité de quartier. Ils ont découvert que le responsable habite un des immeubles à l'autre bout de la rue. Il n'était pas au courant de l'affaire car la construction n'est pas visible de partout et de toute manière « on » joue le camouflage. « C'est une forme de guerre urbaine que nous subissons, donc nous devons réagir, se connaître d'abord et rester solidaires » précisa un voisin. Des habitants d'un même immeuble et d'un même quartier qui s'ignorèrent depuis toujours, apprennent à se connaître dans l'adversité. « Madame B., avocate prendra en charge le dossier dès lundi, elle est d'ici en plus », a annoncé le responsable du quartier, heureusement que la seule sociabilité de crise ne se résume pas à la surmédiatisation des commandos de l'Aube dorée.
     

    "Chez la mariée" - portail... décoré (Thessalie 25/08)


     Ailleurs, et en Thessalie (Grèce centrale), les habitants des villages autour de Trikala ne ratent plus un mariage, histoire de s'y retrouver et de sortir maintenant que les tavernes et autres bistrots deviennent progressivement inaccessibles : « Nous y allons dès jeudi chez la future mariée en glissant évidement l'enveloppe contenant le cadeau, c'est à dire un billet de vingt euros. Plus personne presque n'apporte de cadeaux sous forme d'objets et même concernant la somme, les règles ont changé. Avant il était très mal vu que de laisser moins de cinquante euros, car tout se dit au village, mais depuis la crise il y eu... baisse des tarifs » (témoignage d'un habitant de la région de Trikala – Août 2012). D'ailleurs, vingt euros c'est également le tarif actuel pour le « blanchiment » d'un enfant nouveau né, selon les usages adaptés à la nouvelle situation. Il s'agit d'une forme de cadeau que les proches et amis de la famille posent sur le lit du bébé lors de leur première visite chez ses parents à partir du quarantième jour après la naissance. La baisse des... tarifs est aussi analogue et il semblerait que vingt euros soit pour l'instant une somme socialement, économiquement acceptable sans y perdre la face, autrement-dit, en préservant une certaine dignité plus une obligation mieux acceptable dans l'éventualité toujours possible d'un futur contre-don. « Au mariage de ma fille, Alexandra avait donné à l'époque 80 euros, c'était en 2004. Sa fille se marie samedi mais je ne peux pas lui offrir autant, pourtant c'est la règle mais elle comprend. Je ne suis pas la seule dans cette situation, vingt euros c'est honorable et on fera la fête tous ensemble » (témoignage d'une habitante de la région de Trikala – Août 2012).
     

    Dans les régions montagneuses de Thessalie - Août 2012


    Les pratiques changent avec l'effondrement du modèle d'avant et surtout, par la conviction désormais acquise que le retour à la prospérité ne sera pas pour demain. Une économie de crise accompagnée par une réappropriation de la pluralité est en train de s'opérer en Thessalie occidentale : « Mes parents sont des agriculteurs ils cultivent depuis des décennies le maïs et le tabac mais pour le reste, leur mode de vie était devenu citadin. Tout comme des autres villageois dans le sens où l'auto-consommation avait disparue, les habitants n'y avaient plus de poules, des lapins et plus tellement de cultures disons « vivrières » au village, pour tout approvisionnement nous nous rendions au supermarché de la ville dépenser l'argent des récoltes et des subventions. Depuis six mois, on se met à replanter des lentilles et des haricots, à part les tomates et autres légumes d'été. Le but c'est l'autoconsommation et on échange le surplus avec les voisins. On revalorise ainsi nos arbres fruitiers et nos compétences. L'épouse du coiffeur propose ses confitures aux clients de son époux, c'est le moment de la figue et sa confiture est excellente. Des éleveurs offrent ou vendent à tout petit prix à d'autres villageois, les jeunes agneaux qu'ils ne veulent pas garder pour ne pas diminuer la production laitière des brebis.
     

    Dans les régions montagneuses de Thessalie - Août 2012


    Ces agneaux, trois au grand maximum, seront nourris par leurs propriétaires pour être consommés au Printemps 2013, à Pâques notamment, encore une vieille pratique qui revient en force. D'autres villageois ou même citadins de la ville voisine, Trikala, achèteraient même auprès des éleveurs de la région, un petit nombre de bêtes, dix à douze moutons ou chèvres et qui restent au sein du troupeau. En échange, l'éleveur qui assure toujours le quotidien des bêtes, garde la moitié des nouveau-nés et les deux tiers du lait transformé en fromage pour ce qui est de la production des animaux vendus, plus l'argent de la vente bien entendu. De toute manière, l'élevage n'est plus rentable, à moins de diversifier certaines pratiques et surtout de produire soi-même le fourrage nécessaire à la prairie familiale, avoine et parfois maïs notamment. Mais il y a aussi du tragicomique dans nos pâturages. La semaine dernière, un éleveur m'a fait venir pour soigner une de ses bêtes. Il prétendait qu'il avait abandonné le pot trayeur et le lactoduc et préfère désormais traire ses chèvres à la main « car c'est mieux ». En réalité, comme il n'a pas d'électricité à l'étable, il utilisait un générateur mais vu le prix des carburants il a fait marche arrière. En passant par chez lui ensuite, il a réglé ma visite en sortant de son congélateur cinq kilos de viande, cela m'arrive de plus en plus souvent, on me paye totalement ou partiellement à l'ancienne, viande, œufs, poules, on me propose même des animaux mais chez nous le jardin est petit » (témoignage de D., vétérinaire exerçant dans la région de Trikala, 24/08).
     
    Mesohora : "Non au barrage" - Août 2012
     
     
    Dans les montagnes du département et à sa frontière administrative avec l'Épire, on peut rencontrer enfin des gens visiblement heureux de vivre. Certes, le barrage controversé sur le fleuve Achéloos est tout proche, on sait que des années de lutte acharnée ont ainsi opposé les habitants et les promoteurs du projet co-financé par les fonds structurels de l'U.E., un non sens écologique et économique selon la majorité des habitants, à Mesohora par exemple. Au café de Mesohora (400 habitants) à plus de 800 mètres d'altitude on peut encore prendre l'air, lorsqu'en bas en plaine, le thermomètre a frôlé les 40° C. Des habitants, des hommes plus précisément, boivent leur ouzo et leur bière en marquant une pose dans leurs occupations du jour. Il est question de météo, d'élevage et de... pratiques de pêche en mer car parmi les convives, T. avait vécu un moment en mer Égée : « Je pêchais la dorade et à présent... je pêche le marcassin. On ne parle plus tellement de la crise ici, la montagne a toujours survécu à toutes les guerres laissant les désordres en plaine et en ville. Nous ne manquons plus de grand chose ici, ni de travail, les médicaments et les soins par contre deviennent désormais une préoccupation des gens mais on s'y ferra comme nos ancêtres ».
     

    Au café de Mesohora - Août 2012


    C'est vrai que le système de santé est mourant, les pharmaciens de la moitié des départements ne délivrent plus de médicaments via le tiers-payant, chez les retraités de la plaine Thessalienne c'est déjà la peur : « Toute notre retraite passera dans les médicaments, pour que nos retraites soient versées en Août, l'organisme a dû emprunter pratiquement deux cent millions d'euros, l'État ne lui verse plus sa contribution, l'hiver sera dur, mais on ira au mariage samedi et on oubliera la crise » (24/08).
     

    Région de Mesohora - Août 2012


    Je viens de relire un de mes carnets de notes manuscrits, datant de 1989, lors d'une enquête de terrain au sein d'une communauté villageoise en mer Égée. La préhistoire de la crise est déjà visible, mais pas la crise. Histoires entre pécheurs, plongeurs, « exploitants » de la mer et qui finirent souvent devant les tribunaux. Du profit faisant dans le peu importe comment, le népotisme local et le PASOK, déjà considéré comme étant une « peste » pour une partie des habitants. Loin de l'euro et de ses multiples sémantiques et symboliques de crise, loin aussi de Corinthe et de ses... nouveaux raisins de la colère. D'ailleurs le mot « crise » n'apparait pas une seule fois dans mon carnet. À l'époque, il était toujours question de pêche, des tempêtes, de foot et des mariages. De la tramontane et de la mer, tout simplement.
     
    Entre la Thessalie et l'Epire - Août 2012
     

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  • Entretien avec Antonis Karavas, médecin dans le système public de santé grec : « Dans les hôpitaux en Grèce, on manque de tout »

    karavas.jpg« Dans les hôpitaux en Grèce, on manque de tout »

    Entretien réalisé par Heike Schrader, pour Junge Welt avec Antonis Karavas, médecin dans le système de santé publique en Grèce

     

    Traduction WM pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

     

    Le système de santé public est aussi touché par les mesures d'austérité. Quelle est la situation sur place?


    Avec la crise, le nombre de patients augmente. Les dépressions, suicides, la consommation de drogue ont explosé. Même les pathologies physiques se sont développées. La Grèce n'a pas les structures publiques pour offrir des services de santé de base. Nombre d'examens de contrôle ne sont ainsi pas pris en charge par l'assurance maladie. Avec la crise, la situation financière de beaucoup de Grecs s'est aussi considérablement dégradée. Conséquence immédiate, on ne va voir le médecin que lorsque la maladie a déjà atteint un stade avancé. Et au lieu de donner aux structures étatiques les moyens de protéger et de soutenir ces personnes, on réduit continuellement les dépenses du système de santé.

     

    A quoi ressemble concrètement la situation à l'hôpital?


    On manque de tout, les fournisseurs ne sont pas payés et n'assurent donc plus leurs livraisons. On manque de matériel quotidien, de bandages, de désinfectants, même de nourriture que les proches des patients doivent désormais apporter eux-mêmes à l'hôpital. Des opérations doivent être reportées faute de matériel. Une situation tragique au XXI ème siècle.


    D'autre part, la corruption n'a pas cessé. Du matériel médical et des médicaments sont encore achetés à des prix artificiellement gonflés. Des entreprises graissent la patte à des médecins pour qu'ils écoulent leurs produits.

     

    Le gouvernement avait annoncé en 2010 son intention de centraliser l'achat des fournitures nécessaires aux hôpitaux. Qu'en est-il advenu?

     

    Rien. Ce serait une très bonne chose si les achats étaient centralisés. Au lieu de cela, chaque hôpital achète ce dont il a besoin. En principe, les hôpitaux ne sont pas en mesure de réaliser des commandes supérieures à un million d'euros. Mais pour contourner les contrôles, on découpe ces grandes commandes en ordonnances d'une valeur plus faible. Cela pourrait se passer autrement, comme en Angleterre par exemple. On calcule combien de stimulateurs cardiaques sont utilisés chaque année en moyenne, et on procède à un achat centralisé, ce qui permet d'avoir le matériel à un prix avantageux. Cela n'est pas fait, car cela supposerait rentrer en conflit avec ceux qui tirent profit de la corruption et du clientélisme.

     

    De nouvelles mesures d'austérité sont prévues, qu'en est-il pour le système de santé?


    Avant tout, ce sont des hôpitaux qui vont fermer ou fusionner. Concrètement, il est prévu de fermer 50 des 132 hôpitaux du pays pour des raisons financières. Les candidats à la fermeture sont essentiellement les hôpitaux ruraux et les petites cliniques à Athènes. Ils ont été sélectionnés sous prétextes qu'ils sont sous-utilisés. Selon le Syndicat de la santé, cette évaluation ne correspond pas à la réalité.

     

    Dans la discussion, une proposition a été avancée, celle de couvrir intégralement par la caisse d'assurance-maladie des dépenses allant jusqu'à 1 500 €/an et d'introduire également une assurance-complémentaire pouvant aller jusqu'à 50%. Qu'en pensez-vous?


    C'est une approche totalement inacceptable. Ici, on ne considère la santé que sous son aspect comptable. Cela ne peut pas être le cas. Pour ceux qui souffrent de maladies chroniques, par exemple, des malades du rein qui ont besoin d'une dialyse régulière, cette limite serait dépassée au bout d'un petit mois. Certains médicaments anti-cancéreux, à titre d'exemple, coûtent des centaines d'euros. Une journée en réanimation coûte de 700 à 800 euros. Doit-on voler quelqu'un qui ne peut pas payer, après deux jours de soins intensifs?

     

    Les dépenses Grecques pour les soins de santé sont très élevés, c'est incontestable. Quelles en sont les raisons?


    On doit distinguer les dépenses pour la santé publique et celles des établissements privés. Dans la santé publique, les chiffres révèlent une tout autre image. Alors que dans la zone Euro, c'est en moyenne 12% du PIB qui est consacré aux dépenses publiques de santé, en Grèce c'était 6% avant la crise. Avec les coupes, nous sommes désormais retombés à 4%.


    Dans l'ensemble, toutefois, si les dépenses pour la santé en Grèce sont très élevées c'est parce que l'argent est essentiellement dirigé vers les établissements privés. Cette situation ne s'est pas arrangée avec la crise, elle se serait même renforcée. Si on examine les conditions de remboursement de la nouvelle caisse d'assurance maladie unifiée, créée à partir de la fusion des anciennes caisses particulières et des organismes privés, on paie les prestations privées au prix fort. Plutôt que de réduire les tarifs, par exemple pour une naissance dans une clinique privée, le gouvernement paie 4 000 €, tandis qu'un patient privé ne paie que 2 000 €. Au total, nous versons des sommes comparables dans le secteur privé à celles que pratiquent les Etats-unis ou le Mexique qui ont complètement privatisé leur système de santé. Certains établissements privés en tirent des bénéfices considérables.

     

    Si on ne fait pas d'économies de cette manière, qu'est ce qui est en jeu alors?


    Il ne s'agit pas juste de coupes. Il s'agit de privatiser l'ensemble du secteur de la santé. Jusqu'alors, par exemple, la plupart des recherches étaient réalisées dans les laboratoires de la caisse d'assurance-maladie de l'Etat. Mais les moyens manquent et les chercheurs sont contraints d'avoir recours à des laboratoires privés. Cela va coûter beaucoup d'argent aux caisses de l'Etat, plus que la gestion de ses propres labos. Nous avons ainsi, d'une part, les coupes drastiques, d'autre part la privatisation du système de santé est poussée encore plus loin. Le but ultime, c'est l'externalisation complète des soins de santé au privé.

     

    Parmi les raisons de l'état désastreux des caisses d'assurance-maladie, le gouvernement et les médias nous rabâchent continuellement le fait qu'un certain nombre de Grecs, peut-être des milliers, se sont constitués frauduleusement des pensions d'invalidité. Est-ce que ces fraudes, du type de cette fameuse pension d'invalidité pour cécité accordée à ce chauffeur de taxi, sont responsables de la faillite imminente des caisses de l'Etat?


    Il a fallu des décennies pour en arriver à cette situation en Grèce. Elle est fondée sur une compréhension erronnée de ce qu'est l'Etat-providence, qui est devenu ici un Etat clientéliste. Cela doit changer naturellement. Mais au lieu de viser spécifiquement ces fraudeurs, on réduit les dépenses pour tout le monde. Mais l'importance que les médias donnent à ce phénomène ne correspond à la réalité. On laisse croire que le versement de prestations d'invalidité injustifiées serait la cause de la crise de l'assurance-maladie. En réalité, c'est une goutte d'eau dans la mer. Le non-paiement des cotisations sociales patronales constitue l'essentiel du trou des caisses d'assurance-maladie. Pour la seule année dernière, cela représente environ huit milliards d'euros. Les patrons ne paient, dans une large mesure, pas leurs cotisations sociales. Soit parce qu'ils font travailler leurs employés au noir, soit parce qu'ils ne versent tout simplement pas leurs cotisations. Même dans ce dernier cas lorsque les choses tournent mal pour eux, et qu'ils se retrouvent devant la justice, soit ils font valoir la prescription, soit il y a entente à l'amiable, et l'entrepreneur n'a qu'à payer une petite partie des cotisations. La diminution des recettes de la caisse d'assurance-maladie est due également à la hausse du chômage, à la baisse des salaires, et à la conversion des postes à temps plein en emplois précaires, faiblement rémunérés. En revanche, les pensions d'invalidité frauduleuses sont quantité négligeable.

     

    Des centres de santé auto-gérés ont été mis sur pied essentiellement dans les grandes villes, comme à Athènes et Salonique. Les médecins y offrent des soins gratuits pour des personnes sans assurance maladie. Est-ce la solution au problème?


    Ces initiatives sont très importantes, c'est sûr. Beaucoup de gens peuvent être aidés de cette façon, en particulier ceux qui n'ont pas accès aux soins de santé basiques, que l'Etat n'a du reste jamais assuré en Grèce. Mais ces centres de santé auto-gérés ne peuvent traiter que les cas les plus simples. On ne peut pas compenser de cette façon la fermeture des hôpitaux. On ne peut pas réaliser toutes les opérations et faire des commandes pour des médicaments coûteux. Ce sont de bonnes initiatives, mais elles ne peuvent compenser le démantèlement du système de santé national.


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  • Cri Peuple 90

    La Grèce s'engage à faciliter la privatisation des entreprises publiques

     

    « Le choix de brader la richesse publique, comme le gouvernement a fait avec l'ATEbank, prive l'économie grecque des outils nécessaires pour la reconstruction du pays, et constitue un crime plus important que celui des coupes horribles dans les salaires », a indiqué la Gauche radicale Syriza.

     

    La Grèce va adopter une loi visant à lever les obstacles actuels qui entravent la privatisation des entreprises publiques, a annoncé lundi le ministre des Finances Yannis Stournaras.

    Le Premier ministre conservateur Antonis Samaras à la tête d'un gouvernement de coalition droite-gauche « a demandé au secrétaire général du gouvernement d'élaborer un projet de loi qui comprendra 77 actes administratifs visant à faciliter les privatisations », a dit M. Stournaras.

    A l'issue d'une réunion de M. Samaras avec les chefs des deux autres partis de la coalition, Evangélos Vénizélos, chef des socialistes Pasok, et Fotis Kouvelis de la Gauche démocratique sur les privatisations, M. Stournaras a indiqué que cette loi devrait faciliter les cessions au privé des entreprises qui sont sous la responsabilité des ministères des Finances, des Infrastructures et de l'Energie.

    Selon l'Agence de presse grecque (Ana, semi-officielle) parmi les dix premières entreprises à privatiser figurent l'ancien aéroport d'Athènes (Hellinikon), la loterie publique, les paris sportifs (Opap), la société de distribution et de gestion du gaz naturel (Depa et Desfa respectivement), l'ex-site olympique de presse (IBC) et 48 biens immobiliers.

    Sous pression des créanciers, UE et FMI, dont les experts ont quitté dimanche Athènes après un contrôle des finances publiques, la Grèce est contrainte d'accélérer les privatisations qui doivent apporter à l'Etat 19 milliards d'euros d'ici 2015 pour accélérer son désendettement.

     

    Les créanciers ont à plusieurs reprises noté les retards pris dans le vaste programme de privatisations.

    Outre la banque agricole ATEbank, scindée récemment en deux et dont la partie saine a été reprise par la Banque du Pirée au prix de 95 millions d'euros, la Grèce doit également céder au privé les chemins de fer, la société d'électricité DEI, et la caisse d'épargne.

     

    « Le choix de brader la richesse publique, comme le gouvernement a fait avec l'ATEbank, prive l'économie grecque des outils nécessaires pour la reconstruction du pays, et constitue un crime plus important que celui des coupes horribles dans les salaires » a indiqué la Gauche radicale Syriza, principal parti d'opposition.

    Le Journal du Net

     

    http://www.mleray.info/article-grece-le-gouvernement-brade-le-bien-du-peuple--108877909.html


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  • Iphigenie.jpg

    "J'ai peur que certains ne pensent que la Grèce doit être sacrifiée comme Iphigénie pour qu'un vent favorable souffle de nouveau dans les voiles de la zone euro" (Vénizélos)

     

    Les créanciers de la Grèce, UE-BCE-FMI, se sont entretenus vendredi à Athènes avec le Premier ministre grec Antonis Samaras. Ils ont exigé de nouvelles mesures de rigueur sur fond d'accalmie, après le soutien apporté la veille par la Banque centrale européenne.


    M. Samaras s'est penché vendredi en fin de matinée avec les experts de la troïka sur le dossier délicat de nouvelles économies de 11,5 milliards d'euros (13,2 milliards de francs) pour 2013 et 2014.


    Cette démarche intervient au lendemain de la visite du président de la Commission européenne José Manuel Barroso, qui a réclamé "des résultats" aux Grecs pour pouvoir rester dans la zone euro, tout en assurant que la Grèce "appartient" à la famille européenne.


    BONNE VOLONTÉ GRECQUE

    Le même jour, le ministre des Finances Yannis Stournaras avait présenté des mesures d'économie entraînant de nouvelles coupes dans les retraites, les aides sociales et les dépenses médicales aux experts de la troïka, Poul Thomsen (FMI), Klaus Masuch (BCE), et Matthias Mors (UE).


    Faisant preuve de bonne volonté et pour rassurer ses créanciers, le gouvernement grec s'est dit prêt à adopter ces nouvelles mesures visant à réduire le déficit public via la baisse des dépenses publiques et l'accélération des réformes structurelles.


    L'objectif du pays est de s'assurer du versement de la prochaine tranche du prêt de 31,5 milliards d'euros vitale pour la Grèce, qui risque toujours de faire faillite sur fond de menaces récurrentes de la sortie du pays de la zone euro.


    "LA SOCIÉTÉ NE SUPPORTE PLUS DE SAIGNER"

    Mais le coût social reste important, insistent les dirigeants des socialistes Pasok et de la Gauche démocratique, respectivement Evangélos Vénizélos et Fotis Kouvelis, qui participent au gouvernement grec de coalition dirigé par le conservateur Antonis Samaras.


    Ceux-ci sont sommés d'avaler le nouveau paquet d'austérité sous la menace plus guère voilée de voir la Grèce sortie de la zone euro assez rapidement, alors qu'ils ont été élus sur la promesse d'une renégociation du traité avec la zone euro et le FMI.


    "J'ai peur que certains ne pensent que la Grèce doit être sacrifiée comme Iphigénie (héroïne de la mythologie grecque) pour qu'un vent favorable souffle de nouveau dans les voiles de la zone euro", a déclaré jeudi M. Vénizélos, qui devait également rencontrer les dirigeants de la troïka.

    Ancien ministre des Finances dans le précédent gouvernement de coalition droite-socialiste, M. Vénizélos a réaffirmé qu'un "nouveau délai d'au moins deux ans" était nécessaire pour l'ajustement budgétaire du pays.


    Pour sa part, Fotis Kouvélis a souligné que "la situation économique est extrêmement difficile et que la société ne supporte plus de saigner".

    Romandie

    http://www.mleray.info/article-grece-l-iphigenie-de-l-europe--108603329.html 

     

    Lire :LE SACRIFICE D’IPHIGENIE


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    Merkel - Lagarde mettent sous pression la Grèce pour des mesures urgentes d'austérité au nom des marchés financiers. Selon des informations parues dans la presse allemande, Angela Merkel donne "quelques semaines" au gouvernement Grec pour atteindre ses objectifs financiers sur lesquels il s'est engagé à mettre en œuvre ce qui a été laissé dans le premier protocole de 2012, et de décider quelle action (11,5 milliards d'euros) prévue pour 2013-2014. "Tout d'abord la mise en œuvre des engagements après l'argent (la dose)" Christine Lagarde a ainsi expliqué à ceux qui ne comprennent pas l'injonction de Angela Merkel ...

    Quelques jours avant la réunion extraordinaire du Parlement allemand, au milieu des vacances avec l'adoption du «paquet» espagnol, le gouvernement allemand a rappelé à la Grèce, à l'occasion de la «fuite» dans le journal "Rheinische Post" Düsseldorf, qu'Athènes n'avait mis en place seulement pour l'instant que 90 des 300 mesures pour lesquelles la Troïka de l'intérieur Grec s'était engagée.


    Officiellement, il n'ya pas de rapport de la Troïka de l'extérieur, il est même devenu un contrôle régulier avec une brève visite habituelle après les élections par la Troïka de l'extérieur - et la Commission européenne à Bruxelles n'a pas confirmé ces chiffres. Mais la divulgation était suffisante pour sortir sur les carreaux à nouveau des représentants du gouvernement à Berlin ... pour exprimer leur mécontentement par rapport aux Grecs. Le Président et le Vice libéral Resler Philippe se hâta d'exprimer le doute sur la volonté d'Athènes de procéder à des réformes, tandis que le secrétaire général de l'Alexander bavaroise Christianokoinoniston Ntomprint veut que la Grèce quitte la zone euro bientôt. La chancelière Angela Merkel a de nouveau refusé de faire toute déclaration publique, mais elle a assuré les dirigeants de la coalition de nouveau selon le journal de Düsseldorf-que la Grèce fournira, au mieux, une extension de quelques semaines pour atteindre les objectifs budgétaires. En bref, elle exige de rattraper le temps «perdu» à cause des deux élections.

    Hier dans l'après-midi, le représentant de la chancelière a simplement déclaré que les accords avec le gouvernement d'Athènes contenaient des engagements avec "un contenu et un calendrier", alors que la question n'était pas de savoir quoi faire avec le désir du gouvernement grec de prorogation de délai le protocole. Il a insisté pour dire que toute discussion avec Athènes sera basé sur le rapport de la Troïka de l'extérieur.

    En ce qui concerne le directeur du FMI, Christine Lagarde, avec une longueur d'onde similaire avec le représentant de la Chancelière Allemande, a indiqué : «les objectifs du programme qui a été convenu demeurent la base de toute discussion avec la Grèce.". Elle a fait valoir que les discussions avec la Grèce ou l'extension ou le financement précoce est «prématuré» et elle a déclaré qu'elle attend de voir les mises en œuvres du gouvernement grec.

    Philippe Resler était moins diplomatique ..., il est intervenu hier à la radio allemande pour donner l'interprétation de l'humeur de la troïka, considérant qu'elle est identique à la sienne : «Je sens que ma patience et celle de la troïka avec la Grèce sont épuisées," a-t-il dit. Et il interroge directement sur la capacité de ce pays à se réformer : «Les expériences que nous avons eues jusqu'ici, au mieux, nous rendent réticents à le faire," a-t-il ajouté. Il a essayé de se différencier de la publication de la mise en œuvre non-210 de 300 mesures convenues, en disant que les décisions sont prises après le rapport de la troïka.

    Si Resler est "prudent", Alexander-Ntomprint appartient également au chef de groupe de la coalition au pouvoir, il est plus «radical». Il ne veut plus la Grèce dans la zone Euro: "Jour après jour, devient plus évident que la Grèce n'a qu'une seule chance de survivre si vous la laissez dans la zone euro," a-t-il dit. Il a suggéré de soutenir la sortie des grecs avec un programme de réhabilitation et de donner à la Grèce la possibilité de revenir à la monnaie commune, comme pour les désinfecter !

    Notez que la ligne dure du gouvernement Merkel a le soutien de l'opinion publique allemande. Selon le dernier sondage réalisé pour la deuxième chaine de télévision allemande, 61% des répondants ne sont pas d'accord à une extension des programmes de pays comme la Grèce et seulement 31% sont en faveur.

    Et si vous croyez que seul le gouvernement allemand et les citoyens allemands ont un problème avec un étirement, en riant.

    le socialiste européen Swoboda : je suis profondément déçu 

    Et le président du Groupe socialiste au Parlement européen, Hannes Swoboda, a appelé le gouvernement grec à honorer ses engagements en matière de réformes. Dans une déclaration écrite, le social-démocrate autrichien, a déclaré qu'il est "profondément déçu" que la Grèce n'ait pas rempli la plupart de ses engagements en ce qui concerne les réformes nécessaires pour mettre l'économie grecque sur la trajectoire de la croissance. Il a ajouté que le groupe des socialistes a critiqué la plupart des exigences de la troïka pour le manque d'équilibre social, mais il a toujours été clair sur la nécessité de réformer l'administration publique, ainsi que ciblées, réduction des dépenses raisonnables.

    Hannes Swoboda a demandé au ministre Grec des Finances, Yannis Stournaras, de prendre l'initiative afin de mettre en œuvre les réformes nécessaires et il a averti que "le succès de ces réformes est une condition préalable à toute renégociation du protocole."

    La dégradation de l'Italie par deux points de Mody's 

    Tout le monde qui est venu hier pour exprimer leur incrédulité, leur pessimisme, déception, etc. pour la Grèce, essaya de paraître optimiste au sujet de l'Italie. Philippe Resler, par exemple, est venu faire l'éloge des progrès réalisés dans le pays, qui sera achevé : "L'Italie, comme autre réforme dans les États, a besoin de temps pour commencer à livrer les réformes nécessaires, à savoir les produire croissance et l'emploi".

    L'optimisme de Resler et compagnie apparemment pas partagé par les agences de notation, le verdict de ce qui dépend en grande partie sur le coût de l'emprunt d'un pays. Ainsi, l'agence Moody's vient de dégrader la note de crédit de l'Italie par deux encoches de A3 à Baa2, en raison de ses voisins méditerranéens. "L'Italie est plus susceptible de connaître une forte augmentation des coûts de financement ou de perdre l'accès aux marchés des capitaux en raison de la confiance des marchés fragiles et le risque d'infection de la Grèce et l'Espagne", a déclaré l'agence des Moody's, qui estime que l'augmentation du chômage et la récession empêchaient l'Italie d'atteindre ses objectifs de réduction du déficit.

    Immédiate a été la réponse de Rome : "Le déclin de l'Italie est injustifiée et trompeuse, car elle ne tient pas compte du grand effort de notre pays", a déclaré le ministre de l'Economie italien Pasera, et il a ajouté qu'il y aura une reconnaissance progressive de cet effort par les marchés, "parce que nous allons poursuivre notre travail acharné que nous avons fait avant.". Les décisions de Moodys sont formées juste contre l'Italie. Le président de la Skouintsi industriels Giorgio a déclaré que "l'Italie avec son système industriel est plus puissant que ce qui est ressort de l'arrêt des agences de notation Moody Pros," tandis que le représentant du parti de Berlusconi au parlement, Fabrizio Tsikito a fait valoir "qu'il est maintenant clair que le problème réside dans l'Europe et non en Italie. Chaque pays a sa dialectique de la politique, mais le vrai problème se concentre sur les mécanismes de l'euro."

    Mais le vice-président de la Commission européenne Antonio Tajani-souche du centre-droit italien, estime que "le jugement de Moody's n'est pas convaincant" et appelle "la création, enfin, d'une agence indépendante européenne de notation.
     

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  • Face à la multiplication des cas d’infection au VIH, les autorités grecques ont adopté des mesures discriminantes à l’égard des migrants et des prostituées.

     

    Alors que les cas d’infection au VIH dans le pays ont augmenté de plus de 50% entre 2010 et 2011, les élections ont amené leur lot de dérives sécuritaires dans la lutte contre une maladie qui génère encore de nombreux amalgames. 

     

    Le 11 avril dernier, quatre ministres du gouvernement dont les socialistes alors détenteurs des portefeuilles de la santé et de l’intérieur ont profité de la campagne électorale pour durcir la réglementation en matière de détention des non nationaux pour raisons de santé publique. 

     

    Le virus de l’immigration

     

    Précisément, l’acte juridique qui modifie sans l’aval du parlement le décret présidentiel 114/2010 sur le statut des migrants, permet la mise en détention des non nationaux, y compris les demandeurs d’asile, dès lors qu’ils représentent « une menace pour la santé publique ». Dans le texte, il s’agit des migrants « porteurs d’une maladie infectieuse », « qui font partie d’un groupe exposé aux maladies infectieuses » ou « qui vivent dans en dehors des conditions d’hygiène minimales». 

     

    La nouvelle règlementation prévoit également la mise en place de tests de dépistage obligatoires pour les personnes concernées. Celles-ci peuvent ensuite être arrêtées, mises en détention ou expulsées. 

     

    Face au tollé provoqué par cette mesure du côté des organisations de défense des droits de l’homme, le gouvernement alors en place avait invoqué le droit international qui autorise les arrestations pour des raisons de santé publique. Mais si les conventions internationales reconnaissent bel et bien cette possibilité elles précisent que c’est seulement dans la limite du respect de certains principes tels que la « nécessité », la « proportionnalité », ou encore « la non discrimination ». Des préceptes auxquels la nouvelle règlementation grecque déroge puisque les critères d’évaluation peuvent dans ce cas être le pays d’origine, le statut de toxicomane ou encore celui de prostituée... 

     

    Sérocrimes

     

    Non contents d’avoir systématisé la relation séropositifs-migrants, les autorités grecques ont quelques jours plus tard souhaité montrer leurs muscles du côté des filles de passe. 

     

    A l’issue d’une première opération de police dans une maison close illégale d’Athènes le 27 avril, une jeune femme russe toxicomane de 22 ans est conduite au poste et soumise à un test de dépistage forcé. Révélée séropositive mais affirmant ne jamais l’avoir su, elle est mise sous les verrous, accusée d’avoir violé la loi 2734/1999 sur les travailleurs sexuels qui prévoit que les prostituées doivent avoir un permis de travail et se faire dépister tous les 15 jours. Les personnes qui se prostituent sans permis de travail encourent un à deux ans de mise en détention.

     

     

    Toutefois, comme l’explique Eva Cossé, chercheur associée à Human Rights Watch, le procureur a choisi d’engager des poursuites sur la base d’un article du code pénal bien plus lourd pour « tentative de lésions corporelles graves ». Le coup de feu est lancé, entre le 29 avril et le 4 mai dernier, une centaine de test de dépistage sont menés de force, 31 autres prostituées sont arrêtées puis poursuivies pour les mêmes motifs. Y avait-il trop de grecques et pas assez d’immigrées parmi les séropositives arrêtées pour que l’on puisse faire jouer les toutes nouvelles mesures ? Possible, on ne recense en tout cas actuellement aucun cas de migrant détenu sur la base de la nouvelle règlementation. «Avec ce chef d’accusation très grave et ces nouvelles règles, les autorités sont surtout parvenues à faire passer le message qu’elles s’emploient à nettoyer Athènes à la fois des migrants, des prostituées et des droguées», tranche Eva Cossé. Tous dans le même sac donc…

     

    KEELPNO FUTURE

     

    Sur ordre du procureur, les photos et données personnelles (noms, prénoms et âges) des personnes arrêtées ont ensuite été publiées sur le site internet de la police nationale puis relayées par la quasi totalité des médias. Le numéro d’appel du KEELPNO, le centre pour la prévention et le contrôle des maladies infectieuses sous la houlette du ministère de la santé a défilé pendant plusieurs semaines sur les écrans. 

     

    Dans cette affaire, le centre dont les unités mobiles de dépistage du VIH circulent dans la ville depuis le début de la flambée des cas d’infection laisse quelques plumes : de source policière, c’est le personnel du KEELPNO qui aurait transmis les données personnelles et médicales des prostituées arrêtées. 

     

    Plusieurs ONG demandent aujourd’hui de plus amples informations sur la nature de l’implication du centre dans les opérations d’inculpation. 

     

    Actuellement, 23 prostituées sont détenues à la prison de Korydallos dans la banlieue du Pirée. Les autres ont été internées à l’hôpital en attendant d’être jugées. Sans surprise, l’abrogation de la récente réglementation n’est pas à l’ordre du jour du nouveau gouvernement… Le premier ministre conservateur Antonis Samaras qui avait qualifié la Grèce de « centre pour immigrés clandestins » en période pré-électorale a fait campagne sur la « récupération des villes grecques » envahies par les trafiquants de drogues, les prostituées et les maladies. Comme quoi, pas besoin d’aller chercher du côté des néonazis de Chryssi Avgi pour trouver des présomptions douteuses.

     

    http://www.bakchich.info/

     


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  • 12 02 13 ATHENS

    Déclaration de la Secrétaire générale du CC du KKE  près l’annonce des résultats des élections du 17 juin en grèce : 

    « Le résultat des élections est négatif pour le peuple qui est lourdement frappé par la crise économique et par les mesures qui ont suivi, les mémorandums, les contrat de prêt, les lois applicatives. Le peuple devra affronter de sérieux problèmes et évolutions et, quelque soit le gouvernement formé, celui-ci ne répondra pas à ses attentes, bien au contraire. Notre appréciation du caractère négatif du résultat est basée sur les éléments suivants : 

    Premier élément: l'augmentation de la Nouvelle Démocratie, un parti connu pour être anti-ouvrier et anti-populaire et qui n’a pas changé. Le pire n’est pas passé pour le peuple, contrairement à ce que prétend M. Samaras, il est juste en route. Et le gouvernement qui sera formé, apparemment autour de la ND, ne va résoudre aucun des problèmes du peuple, il va au contraire les compliquer.
     

    Deuxième élément: L'augmentation de SYRIZA aux secondes élections, qui enregistre une augmentation significative par rapport aux élections de mai. Cette fois SYRIZA a obtenu un grand nombre de voix et son pourcentage a considérablement augmenté, mais il a mis bien davantage d’eau dans son vin par rapport à ses slogans sur le mémorandum, les accords de prêts, les lois applicatives, et a clairement annoncé que sa politique au gouvernement se mènerait dans le cadre de la « voie unique européenne ». Il a donné des assurances à la classe dominante et aux puissances étrangères qu’à tout prix la Grèce resterait dans l'euro. Et dans ce sens, nous considérons que le soutien au Syriza est un élément négatif, etant donné le changement de position, indépendamment du fait que nous pensons qu’il n’aurait pas mis en œuvre les positions qu’il avait défendues lors des élections du 6 mai.
     

    Troisième élément négatif: les pertes incontestablement grandes du Parti communiste pèseront d’autant plus sur la capacité d’intervention populaire face à l’intensification des problèmes causés par la crise en Grèce et surtout parce que la crise s’approfondit dans la zone euro. Cela confirme ce que nous disions depuis le 7 mai dernier, que cette bataille électorale est la plus difficile et la plus complexe qu’ait menée le KKE au cours de ces 40 dernières années. Nous savions que les obstacles immenses auquel le Parti devait faire face seraient beaucoup plus importants que ceux que nous avions rencontrées jusqu'aux élections du 6 mai, particulièrement le dilemme du nouveau système bipolaire, ND et SYRIZA. Ils ont tous deux mené leurs batailles électorales pour ces résultats, l’un par des intimidations et l'autre par des illusions. Bien sûr, ce résultat électoral fera l’objet d’une analyse globale et d’une évaluation approfondie, comme cela se fait pour toutes les élections, de par l’ensemble du Parti, de la Jeunesse communiste et des amis et sympathisants du Parti.
     

    Quatrième élément négatif: les voix et le pourcentage de l’« Aube dorée », malgré le fait qu’après le 6 mai, il y a eu davantage de preuves de sa nature fasciste et criminelle.
     

    Le Parti communiste a choisi de dire aux gens la vérité sur le caractère de la crise et les possibles évolutions négatives dans la zone euro, sur le caractère de l’Union européenne, sur la nécessité d'une annulation unilatérale de la dette, sur la nécessité d’un désengagement de l’UE et sur la lutte pour le pouvoir populaire. Nous avons dit cela en toute connaissance de cause.
     

    L’éventuelle participation du KKE dans un gouvernement de gestion de la crise dans une telle phase critique, alors qu’il aurait fallu une ligne de rupture et de contre-attaque, aurait tôt ou tard conduit à une défaite majeure du mouvement, alors que la participation éventuelle du KKE dans un gouvernement sans issue, avec deux visages, l’un intérieur et l’autre extérieur, aurait pu être utilisée comme un prétexte pour concilier le peuple avec la politique du gouvernement et l’aligner sur les intérêts des monopoles.
     

    Nous saluons les membres du Parti et de la Jeunesse communiste (KNE), les amis et sympathisants du Parti qui ont mené cette dure bataille, tous ceux qui ont résisté à la pression et ont voté pour le KKE. Nous déclarons que le KKE restera debout malgré la réduction de ses sièges au parlement, qu’il poursuivra son intense activité dans le mouvement et soutiendra et renforcera chaque tremplin de combat et d’espoir.
     

    Il est certain que le peuple, au cours des événements, se souviendra des questions que nous avons posées lors des deux batailles électorales, de nos prévisions, de nos avertissements au sujet de l'évolution dans la zone euro, de l'implication possible de la Grèce dans une guerre, en particulier après les élections aux Etats-Unis. Et nous croyons que les gens qui n’ont pas voté pour le parti, bien qu’ils en apprécient les positions et le rôle, en comprendront aussi les conséquences dans l’éventualité d’un gouvernement anti-mémorandum de coalition.
     

    Nous vous assurons que nous maintenons tout ce que nous avons dit au peuple avant les élections. Nous serons à l'avant-garde dans chaque lutte, nous soutiendrons chaque initiative militante concernant les problèmes directs aigus en cours, et nous allons nous préparer, dans la mesure où cela dépend de nous, le peuple, à faire face aux nouveaux tourments à venir. Nous espérons que ce recul de l’orientation radicale, qui s’est manifesté en particulier dans la deuxième bataille électorale, ne va pas durer longtemps, car objectivement il ne peut y avoir de temps de retraite, alors que les évolutions négatives se déroulent à grande vitesse.
     

    Le KKE considère que la base de la contre-attaque populaire doit être les lieux de travail, les secteurs et les quartiers. Et par-dessus tout, le plus important est de regrouper le mouvement ouvrier et populaire, l'alliance sociale, l’alliance socio-politique qui va lutter pour les problèmes immédiats et pressants, et réunira les forces pour le renversement radical nécessaire. »
     


    Athènes, 17/06/2012, Bureau de Presse du CC du KKE.


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  • hi-greece-tsipras-samaras-852-ap-02606476-8col.jpgElections en Grèce : le système parvient à canaliser la détresse populaire vers la résignation à la loi du capital et à l’UE. Pour combien de temps ?

     

    Article EDT pour http://vivelepcf.over-blog.fr/ et http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

     

    Les capitalistes grecs, l’UE, le FMI sont les grands gagnants des élections générales du 17 juin 2012.Ils auront dû s’y prendre à trois fois pour trouver la bonne formule, celle qui fasse passer l’acceptation par le peuple lui-même du règlement de leur propre crise, des sacrifices, d’une casse sociale inédits dans un pays d’Europe « de l’ouest » depuis des décennies.

     

    En novembre 2011, l’ancien premier ministre socialiste Papandréou sentait qu’il ne pouvait plus contenir la colère populaire.Il a tenté d’organiser un référendum sur l’austérité organisée avec l’UE. Le peuple aurait ainsi payé les conséquences de son vote. Mais l’opération n’est pas allée jusqu’au bout. Il était inconcevable pour les dirigeants de l’UE, pour Mme Merkel et M. Sarkozy, de laisser un tel précédent : un peuple qui dit non à l’austérité, à l’UE et à l’euro à la fois.

     

    La convocation d’élections anticipées est devenue incontournable en 2012. Mais le résultat de celles du 6 mai ne permettaient pas de dégager une majoritélégitime pour continuer la politique européenne. La droite traditionnelle (Nouvelle démocratie, ND) est arrivée en tête mais avec un faible score, 19%, restant disqualifiée par son exercice du pouvoir jusqu’à 2009. Elle n’avait pas de partenaires pour constituer une majorité. Une coalition de gauche pro-UE ne pouvait pas non plus être constituée, à cause du discrédit du parti socialiste sortant (PASOK – 13%) et malgré la promotion organisée de la coalition « radicale » (pro-européenne) Syriza (17%).

     

    Entre le 6 mai et le 17 juin, le peuple grec a été placé sous des pressions nationales et internationales écrasantes.Les élections grecques sont devenues un enjeu mondial. Sur sa lancée, l’idéologie dominante a mis en scène une nouvelle bipolarisation politique, dans ce contexte dramatisé.

     

    La mise en avant de Syriza, derrière son leader Alexis Tsipras, a été constante nationalement et internationalement. Cette formation politique présente un double avantage.

     

    Son im age de « gauche radicale » permet de remobiliser l’électorat le plus réactionnaire, les épargnants affolés d’une éventuelle dévaluation derrière ND. Sa réalité de parti pro-UE, d’aménagement de la crise capitaliste, permet de canaliser l’opposition sur une ligne d’acceptation du joug européen capitaliste. Quelques jours avant le scrutin, Tsipras, rejoint par l’ex-ministre de l’économie (de l’austérité) de Papandréou, Mme Katseli, ne demandait plus qu’une « renégociation du mémorandum » et envisageait un « plan B » pour sauver l’euro.  

     

    Les dernières semaines ont été aussi caractérisées par un déploiement, largement toléré, de la violence fasciste des partisans du parti « de l’Aube dorée » et par une répression accrue des luttes conduites par le syndicat de classe PAME, d’inspiration communiste. Une incessante campagne anti-communiste, frontale par la violence, ou perfide par la tentative d’intégration à une majorité pro-UE, a été dirigée contre le Parti communiste grec, le KKE (8,5% en mai).

     

    Au soir du 17 juin 2012, on peut dire que le système a réussi son opération.La droite, ND, progresse fortement avec 30% et arrive en tête. Elle devrait être en situation de constituer une majorité, aux contours à définir, où le PASOK toujours disqualifié (12%) ne jouerait qu’un rôle d’appoint. Deux partis divers droite et divers gauche obtiennent 7,5% et 6,5%. Syriza, en fort progrès parallèle, avec 27%, devrait prendre la tête d’une opposition constructive dans le cadre d’une recomposition durable de la vie politique et de la constitution d’une social-démocratie de substitution.

     

    La campagne pour promouvoir le mirage d’une majorité de « gauche » de changement, sans lutte et dans l’acceptation de l’UE du capital, a créé un réflexe de vote « utile ».Le KKE en subit les conséquences en n’obtenant que 4,5% sur sa ligne rigoureuse et courageuse.

     

    Il est probable que les capitalistes, grecs et européens, vont momentanément desserrer un peu l’étau du « mémorandum » pour conforter la nouvelle majorité  (et la nouvelle opposition), calmer le jeu en Grèce. L’essentiel pour eux est de sauver la zone euro. Ils vont pouvoir s’attaquer plus violemment aux autres pays, dont la France.

     

    Mais la situation des travailleurs grecs, dans tous les secteurs, des jeunes ne va pas s’améliorer. La dramatisation des élections passée, la lutte des classes va reprendre sur son terrain fondamental, l’entreprise. Le KKE, le PAME ont tenu bon sur la ligne politique.Leurs organisations se sont renforcées malgré le recul électoral du 17 juin (après un progrès le 6 mai).

     

    Leur action sera décisive demain pour les travailleurs et le peuple grecs.

     

    Leur expérience et leur analyse seront très importantes pour les communistes français.       


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  •   © afp.

    Le parti de droite grec Nouvelle Démocratie est arrivé en tête des élections législatives dimanche et se trouve en position de former un gouvernement de coalition avec le Pasok socialiste, selon une première estimation officielle du ministère de l'Intérieur.

     

    La Nouvelle Démocratie remporte 29,5% des voix, ce qui lui assurerait 128 sièges sur les 300 du parlement grec, contre 27,1% des voix au parti de gauche radicale Syriza (72 sièges). Les socialistes du Pasok arrivent en troisième position avec 12,3% des voix (33 sièges), selon les résultats basés sur 18% des dépouillements annoncés par le ministère de l'Intérieur.

     

    ATHENES - Le parti de droite grec Nouvelle Démocratie est arrivé en tête des élections législatives dimanche et se trouve en position de former un gouvernement de coalition pro-euro avec le Pasok socialiste, selon une première estimation officielle du ministère de l'Intérieur.

    La Nouvelle Démocratie remporte 29,5% des voix, ce qui lui assurerait 128 sièges sur les 300 du parlement grec, contre 27,1% des voix au parti de gauche radicale Syriza (72 sièges). Les socialistes du Pasok arrivent en troisième position avec 12,3% des voix (33 sièges), selon les résultats basés sur 18% des dépouillements annoncés par le ministère de l'Intérieur.

    Alors que le dirigeant de la droite, Antonis Samaras, prône une renégociation du plan de rigueur, imposé au pays depuis deux ans par les créanciers, UE et FMI, son adversaire de Syriza, Alexis Tsipras, veut l'annulation de ce plan et l'adoption de plus de mesures de croissance afin de relancer l'économie, plongé dans une grave récession, pour la cinquième année consécutive.

    Selon le ministère de l'Intérieur, le nombre des partis qui seront représentés au parlement seront sept, comme lors du précédent scrutin le 6 mai, qui n'avait pas réussi à dégager de majorité nécessaire pour un gouvernement de coalition, contraignant le pays à retourner aux urnes.

    Les deux premiers partis, la droite et le Syriza ont renforcé leur score par rapport au dernier scrutin, selon le ministère.

    Le parti nationaliste populiste Grecs indépendants conserve sa quatrième position avec 7,6% et 20 sièges par rapport au 6 mai, quand il avait obtenu 10,6 % et 33 sièges.

    Le parti néonazi Aube dorée (Chryssi Avghi) maintient son score de 7% avec 18 sièges, alors que les communistes du KKE enregistrent une chute de moitié à 4,49, soit 12 sièges.

    Dora Bakoyannis, ex-ministre conservatrice des Affaires étrangères, a revendiqué la victoire pour Nouvelle-Démocratie, après l'annonce des estimations officielles du ministère de l'Intérieur.

    Nous sommes le premier parti, l'heure (...) est venue de former un gouvernement d'union nationale pour sortir de la crise, a commenté devant les télés Mme Bakoyannis


    (©AFP / 17 juin 2012 20h52)


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  • kke-elections.jpgUne cinquantaine de partis communistes et de formations progressistes du monde entier affirment leur solidarité avec le Parti communiste grec (KKE)

     

    Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

     

    Les partis signataires de cette déclaration estiment que la lutte menée par le Parti communiste de Grèce (KKE) est d'une très grande importance pour tous les peuples d'Europe et du monde entier, et pour tous les Partis communistes. Cette lutte conséquente des communistes Grecs contre l'UE et l'OTAN, et leur action militante visant à ce que ce soient les capitalistes, et non les travailleurs, qui payent pour la crise, jouent un rôle capital dans l'élévation de la conscience des peuples d'Europe, mais aussi du monde entier.

     

    La bourgeoisie se trouve gênée dans ses plans car le KKE ne participe pas aux gouvernemets bourgeois, car il ne se compromet pas dans des gouvernements qui, dans les conditions de la crise capitaliste, ne serviront qu'à accorder un répit au système capitaliste, à lui faire gagner du temps pour poursuivre ses politiques brutales, contraires aux intérêts du peuple. Le KKE ne s'est pas soumis, et ne se soumettra pas, aux intérêts de la bourgeoisie et c'est pourquoi ils tentent de poser des difficultés au KKE pour les élections du 17 juin. Nous avons confiance dans la capacité des travailleurs Grecs à mettre en échec cette manoeuvre.

     

    Nos partis, dans chacun de nos pays, développent un mouvement de solidarité avec la lutte des travailleurs Grecs et du KKE. La lutte du KKE est aussi notre lutte. La lutte des travailleurs, des indépendants, des petits et moyens agriculteurs et de la jeunesse en Grèce sont aussi la lutte de nos peuples, une lutte qui, par une alliance sociale et populaire, ne vise pas au sauvetage et à la perpétuation de la barbarie capitaliste, ce qui est le parti-pris réformiste, mais bien à rompre avec le pouvoir du capital et à construire une société sans exploitation, pour la construction du socialisme.

     

    Les Partis signataires

    1. PADS Algeria

    2. Parti communiste Australien

    3. Initiative communiste, Autriche

    4. Parti communiste d'Azerbaidjan

    5. Parti communiste ouvrier de la Biélorussie

    6. Parti du travail de Belgique

    7. Parti communiste Brésilien

    8. Parti communiste de Grande-Bretagne

    9. Nouveau Parti communiste de Grande-Bretagne

    10. Parti communiste de Bohême-Moravie

    11. Parti communiste au Danemark

    12. Parti communiste du Danemark

    13. Parti communiste (KP), Danemark

    14. Parti communiste d'Egypte

    15. Parti communiste d'Estonie

    16. Parti communiste ouvrier de Finlande

    17. Pôle de renaissance communiste en France (PRCF)

    18. Union révolutionnaire communiste de France (URCF)

    19. Parti communiste du Honduras

    20. Parti communiste ouvrier de Hongrie

    21. Communistes – Gauche populaire (CSP-PC, Italie)

    22. Parti des communistes italiens

    23. Parti communiste du Kirghizistan

    24. Parti socialiste de Lettonie

    25. Front populaire socialiste de Lituanie

    26. Parti communiste de Malte

    27. Parti communiste du Mexique

    28. Parti populaire socialiste du Mexique

    29. Parti communiste de Moldavie

    30. Parti communiste du Nepal (Marxiste-Leniniste)

    31. Parti communiste du Pakistan

    32. Parti communiste Palestinien

    33. Parti communiste Philippin [PKP-1930]

    34. Parti communiste de Pologne

    35. Parti communiste d'Union soviétique

    36. Parti communiste de la Fédération de Russie

    37. Parti communiste ouvrier de Russie – Parti des communistes révolutionnaires (RCWP-RPC)

    38. Parti communiste du Salvador

    39. Nouveau parti communiste de Yougoslavie

    40. Parti communiste de Slovaquie

    41. Parti communiste des peuples d'Espagne

    42. Parti communiste de Suède

    43. Parti communiste syrien [Unifié]

    44. Parti communiste du Tadjikistan

    45. Parti communiste de Turquie

    46. Union des communistes d'Ukraine

    47. Parti communiste du Vénézuela

     

    La déclaration est ouverte à de nouvelles signatures

     

    Une déclaration commune de solidarité avec le KKE a été publiée par les Partis communistes issus des pays du Bénélux:

     

    Parti du travail de Belgique

    Parti communiste du Luxembourg

    Nouveau parti communiste des Pays-Bas

     

    Par ailleurs, plusieurs messages de solidarité ont été envoyés de la part des partis suivants:

     

    Parti communiste du Chili

    Parti communiste libanais

    Parti communiste de Norvège

    Parti communiste portugais

     

    Voir aussi la déclaration de solidarité émise par des communistes, membres du PCF:

     

    Appel de communistes français à la solidarité avec le Parti communiste grec (KKE)


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  • Sur le blog d'el diablo

    Le Parti communiste de Grèce (KKE) ne dit pas à la population : « Votez pour nous, nous formerons un gouvernement et cela va changer ».

    Pour lui, le système capitaliste européen se trouve en fin de cycle et ne peut objectivement apporter de solutions à sa crise.

    En conséquence, il n'est pas envisageable que le parti puisse participer à un gouvernement de gestion d'un système qui n'a plus rien à offrir.

     

    GOUVERNEMENT ET POUVOIR REEL

    Le KKE explique à la population que s'il pouvait la prémunir des conséquences de la crise en participant à un gouvernement, il le ferait et qu'il serait prêt à prendre des risques politiques.

     

    Mais c'est impossible car sa présence dans une coalition gouvernementale l'enfermerait dans une contradiction insurmontable. D'une part, le parti lancerait des mots d'ordre répondant aux intérêts de la population, d'autre part, il serait amené à négocier des mesures de régression sociale.

     

    Ceux qui prétendent former des gouvernements progressistes de gauche ou de centre-gauche et entamer des négociations avec l'Union européenne sans remettre en cause cette institution seront obligatoirement condamnés à accepter la gestion du capitalisme et de sa crise.

     

    C’est pour cela que le KKE a mis en avant comme proposition politique le mot d'ordre : « Désengagement de l'Union européenne, avec le pouvoir populaire et l'annulation unilatérale de la dette ».

    KKE

    GAUCHE-DROITE OU CLASSES SOCIALES ?

    Pour le KKE, les concepts de gauche et de droite ne correspondent plus à la réalité politique d'aujourd'hui alors que le qualificatif de « gauche »  peut s'appliquer à des partis qui imposent des politiques économiques et sociales contre les intérêts des travailleurs ou conduisent des guerres impérialistes.

     

    Un parti communiste n'est pas seulement un « parti de gauche » mais un parti qui se bat pour le renversement du capitalisme et la construction de la nouvelle société socialiste - communiste.

    L'Histoire a montré que les luttes pour « corriger » le système capitaliste, pour  atténuer ses effets les plus néfastes, n'ont  - jamais et nulle part - conduit au renversement du capitalisme.

     

    Elles ont, au contraire, contribué à son renforcement en créant des illusions parmi les travailleurs, en laissant croire que le capitalisme pouvait être humanisé.

     

    Il en est ainsi, aujourd’hui, avec cette allégation que la Banque centrale européenne pourrait être transformée d'un outil du capitalisme en une organisation caritative accordant des prêts sans intérêts ou que l'Union européenne pourrait être transformée d'une institution qui sert le capital en une « union des peuples ».

     

    Aux concepts de gauche et de droite, le KKE oppose l'identification des forces sociales en présence.

     

    Lui-même se positionne sur une ligne de défense des intérêts de classe des travailleurs et d’une grande partie des paysans, ce qui le conduit à s’adresser en priorité à eux, même s’ils votent pour la Nouvelle démocratie (droite) ou pour le PASOK (social-démocratie).

    aleka-papapriga

    Aleka Papariga, secrétaire générale du KKE

     

    POUR UN POUVOIR OUVRIER ET POPULAIRE

    Il n'y aura pas de sortie de crise dans les intérêts du peuple tant que tout restera à l'identique, tant que l'on restera dans le cadre du système actuel. Un gouvernement issu des élections qui changerait tout par des lois votés au parlement, cela est impossible.

     

    Pour le KKE, la seule solution est de renverser le système et d’instaurer un « pouvoir ouvrier et populaire ».

     

    Il a conscience que cela ne se fera pas en un soir ni en une seule offensive mais qu’il est indispensable dès maintenant que, dans chaque bataille, les travailleurs concrétisent des avancées même partielles s’inscrivant dans cet objectif.

     

    PAME-Grèce

     

    UN PARTI DE MASSE

    La ligne de lutte des classes du KKE est partagée par la confédération syndicale PAME qui regroupe huit fédérations de travailleurs de l'industrie, treize centrales régionales, des centaines de syndicats primaires et sectoriels, avec un total de 850.000 membres.

    La ligne de lutte des classes est également celle d’autres organisations de masse où des membres du KKE militent et exercent des responsabilités : PASEVE (artisans et petits commerçants), PASY (petits agriculteurs), OGE (femmes) et MAS (étudiants).

     

    Cette réalité rend justice au KKE des qualificatifs malveillants qui lui ont été accolés par certains en France : « isolement », « sectarisme », « dogmatisme », etc.

     

    Cette campagne de diffamation avait un but dont Le Monde diplomatique a très bien rendu compte : « L'objectif inavoué et l'espoir de tous les Grecs à gauche est de dissoudre le Parti communiste et de le refonder sur des nouvelles bases ».

     

    Autrement dit, faire que le KKE devienne, comme nombre de partis communistes d’Europe, un « alibi communiste » de la social-démocratie dans la gestion du système capitaliste.

     

    KKE-Rhodos-grafiti.jpg

    Sources : Extraits de l'interview d'Aleka Papariga sur la chaîne de télévision ANT1 et article de la section des relations étrangères du Comité central du KKE.

     

    Source : « Le petit blanquiste »

    Lire Elections en Grèce, les stratégies en oeuvre pour les europhiles et celle du KKE



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  • Le nouveau plan de « sauvetage » de la Grèce imposé par la Troïka (UE, BCE, FMI) et adopté par les 2/3 du parlement grec contre la volonté populaire plonge le pays dans un chaos et une misère encore plus profonde. En instaurant l’état d’exception, dans lequel règne la menace de la faillite et l’abolition de tout indice de souveraineté du peuple, ce plan accorde aux banques le droit de vie et de mort sur le peuple grec. A ce propos, une des conditions préalables posées de la part des créanciers afin d’accorder ce nouveau prêt est la modification de la Constitution afin que le service de la dette devienne une priorité absolue et ce au détriment de tout autre paiement de l’Etat (salaires, retraites, services publics).  La politique du choc et de l’effroi, qualifiée aussi de « torture de la goutte », a franchi une nouvelle étape et annonce de manière emblématique l’avenir de toute l’Europe.
    Contrairement à la majorité des députés, la population du pays a inondé les rues pour crier « non » au chantage et pour connaître de nouveau la répression pour réponse.

    Alors que les politiques d’austérité ne font qu’exploser la dette publique, on impose au peuple grec encore plus de mesures suicidaires :

    - La réduction du SMIC de 22%, pour tomber à 450 euros par mois nets (586 bruts), contre 751 euros brut jusqu’alors ; Pour les jeunes, la réduction s’élève à 35%.
    - L’abolition des conventions collectives, par branche et par métier, remplacées par de simples contrats individuels au niveau de l’entreprise.
    - L’application rétroactive de toutes les réductions à partir de janvier 2012, des salaires, retraites et allocations chômage (qui passent de 461 euros/mois à 359, touchable uniquement pendant un an).
    - La baisse de la retraite minimum à 392 euros/mois (contre 503 euros aujourd’hui).
    - Le licenciement de 150.000 fonctionnaires de 2012-2015, dont 15.000 d’ici la fin 2012.
    - L’abolition du statut du fonctionnaire.
    - Le démantèlement de l’Etat social et la liquidation de toute la richesse du pays pour 50 milliards d’euros par la privatisation.

    Ces mesures s’ajoutent à bien d’autres imposées et appliquées depuis plus de deux ans et qui ont eu comme seul aboutissement la baisse des salaires et des retraites, l’augmentation des impôts directs et indirects ainsi que l’explosion du chômage qui devient la réalité d’un nombre de plus en plus croissant des grec-que-s

    Le peuple grec fait face à des phénomènes de misère et de pauvreté qu’il n’avait pas vécus depuis l’occupation. Le centre ville d’Athènes vit une véritable crise humanitaire, une personne sur dix se nourrit aux soupes populaires. Le ministre de l’éducation met en place la distribution de repas gratuits dans certaines écoles en réponse aux nombreux évanouissements d’élèves pour cause de malnutrition.

    Le nouveau plan, destiné uniquement au remboursement des créanciers, va perpétuer le cycle infernal de la récession qui conduit tout droit à l’explosion du déficit public et au défaut de paiement, en premier lieu à l’égard de la population. Mais, dans le même temps, il constitue un modèle pour toute l’Europe, de mise en cause des institutions et des traditions démocratiques et d’application des politiques de baisse des salaires et des dépenses publiques à un moment critique où le nombre de pauvres ne cesse d’augmenter dans tous les pays, y compris en Allemagne.

    Le Mécanisme de Stabilité, voté par la majorité de l’Assemblée Nationale en France, et le nouveau traité Européen qui l’accompagne non seulement menacent les acquis comme les conventions collectives, le SMIC et le droit des peuples de se gouverner, mais ils font aussi exploser l’égalité formelle, telle qu’elle a été inscrite dans les institutions européennes jusqu’alors, entre les différents pays. Les Financials Times brisent les premiers le tabou, en décrivant la Grèce en tant que la première colonie de la zone euro. Et ensuite, à qui le tour ? Le Portugal, l’Irlande, l’Espagne, l’Italie, la France ?

    Si la Grèce est un laboratoire de l’austérité en Europe, les conclusions de cette « recherche » ne sont pas réservées à elle seule. Dans ce contexte, la solidarité à l’égard du peuple grec n’est pas une position à adopter à l’égard d’autrui, mais, avant tout, à l’égard de soi-même.

    Faisons du printemps 2012 un nouveau printemps des peuples, arrêtons la catastrophe de notre présent et de notre avenir, en Europe et dans le monde.

    Répondons aux stéréotypes nationalistes et racistes par la solidarité et la lutte commune des peuples.

    http://initiativegrecqueaparis.wordpress.com/

     Mediapart a diffusé mercredi soir "Et les rêves prendront leur revanche", un hommage musical et poétique à la Grèce, avec Angélique Ionatos. Le spectacle est à retrouver en intégralité ici.


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