• « Une Europe forte: un bel avenir pour L'Allemagne »

     

    Lundi 14 novembre, une dépêche nous apprenait : Ces lundi et mardi à Leipzig, le congrès de la CDU est placé sous le signe des deux grands points du document préparatoire : « Une Europe forte: un bel avenir pour l'Allemagne ».

     Angela Merkel ne cache plus le jeu de l’Allemagne. Elle déclare : « Le défi, pour notre génération, c'est de terminer ce que nous avons entrepris en Europe, à savoir de réaliser, pas à pas, une union politique », « Les problèmes de l'Irlande sont ceux de la Slovaquie. Les problèmes grecs sont les problèmes des Néerlandais, et les problèmes espagnols sont nos problèmes», a martelé la chancelière. « Notre responsabilité ne s'arrête pas à nos frontières. »


    Elle a estimé dans le même temps qu'il existait des limites que l'Allemagne n'était pas disposée à franchir, comme par exemple la création d'obligations européennes et autres remèdes à court terme qui, selon Berlin, décourageraient les pays de la zone euro d'adopter des politiques budgétaires responsables.

     

    Autrement dit, l’Allemagne veut dicter ses volontés au-delà de ses frontières, sans accepter, pour elle-même, la moindre contrainte. Ces propos n’expriment pas une situation nouvelle. La puissance de l’Allemagne, celle de son industrie (qui pèse le double de celle de la France), font de ce pays « le guide » au sens littéral germanique (« Führer »), de la « nouvelle Europe ». Mais aujourd’hui, Angela Merkel, non seulement ne cache pas cette réalité sous le drapeau bleu de l’UE, mais le proclame haut et fort. Elle compte bien dicter sa loi, celle de « Deutschland über alles».

     

    A nous Français de nous situer face à la nouvelle « collaboration » qui nous est imposée.

     

    Face au veau d’or

     

    Naguères, pensant à leurs « gros sous », « ils « invoquaient la France et la Patrie. Aujourd’hui, leurs références ont changé. » Ils « appellent aux sacrifices pour « sauver les banques et rassurer les marchés ». On croit rêver. S’agit-il de leur part, de cynisme et de provocation ?

     

    Pas seulement. Le temps n’est plus aux sentiments. Hier, dans les usines, les ouvriers créaient de la richesse que les patrons, pour l’essentiel, accaparaient. Le « Veau d’Or » se portait bien. Aujourd’hui, la « règle d’or », c’est faire de l’argent, toujours plus et toujours plus vite. Aussi, le Capital fabrique de la fausse monnaie dans ses salles de marché. Et joue avec, comme au casino, dans ses paradis fiscaux. Paradis artificiels, économie virtuelle, telles sont leurs tours jumelles de la finance, nommée pour l’occasion, la « mondialisation »

     

    Règle du jeu : un Etat emprunte à des banques des milliards d’Euros, à un taux d’intérêt de 4, 5% (ou bien plus), alors que ces banques s’alimentent, elles, pratiquement pour rien, auprès de la BCE, à Francfort. Bénéfice net : la différence des taux. A condition que les Etats remboursent.

     

    Et pour cela, ceux-ci empruntent à nouveau aux banques à un taux toujours supérieur, impossible à supporter. Et un jour ou l’autre, il faut payer l’addition de la spéculation. Comme le jeu s’accélère, les enjeux s’élèvent, « l’ardoise » qu’il faut régler monte…monte et « les marchés » s’affolent. Les Agences de notation jouent les arbitres. Ils distinguent les perdants et les gagnants : ceux qui misent sans répondant et ceux pour qui leur industrie assure leur trésorerie. Pour ces derniers, c’est le triple A.

     

    A comme Allemagne avec sa sidérurgie et sa machine-outil. Malheur aux vaincus, pour eux, c’est BBB, les marchés sont sans pitié. Il faut les « rassurer » : il faut régler l’addition de la spéculation.

     

    Qui va régler la note ?

     

    Comme il faut les « rassurer les marchés », « ils » font payer les peuples pour « sauver les banques », leur dit-on. Morale de l’histoire : en 1789, déjà, les puissants de l’époque voulaient pressurer les manants pour éponger la banqueroute due à une classe de nantis. On sait ce qu’il advint et ce qui reste à faire : reprendre la Bastille et chasser les marchands du temple, une fois pour toutes !

     

    L’euro, l’Europe et la « ligne rouge « du capital


     

    « L’Euro, c’est le cœur de l’Europe et L’Europe c’est le cœur de la politique française ! «. Ainsi, en écho à l’appel des chefs des patronats allemand, italien et français, Nicolas Sarkozy a martelé ces mâles paroles, telle la voix de ses maîtres, ajoutant que c’était « la ligne rouge « qu’il ne fallait pas franchir. Nous voilà prévenus.


    Le Monde, dans son édito du 26 octobre, nous avait rappelé cette vérité d’évidence : « La France peut regretter d’avoir à choisir entre une Europe allemande (celle qui se dessine) et une Europe éclatée ».


     En clair, une « collaboration » étroite et soumise avec l’Allemagne, plutôt que l’indépendance des Nations.

     

    Déjà à Montoire, en octobre 40, un certain maréchal avait annoncé que « C’est dans le cadre d’une activité constructive du nouvel ordre européen, que j’entre aujourd’hui dans la voie de la Collaboration… ». C’était là, disait-on alors le seul choix possible dans le cadre de « la nouvelle Europe ». On connaît la chanson. Mais, aujourd’hui, la France n’est pas occupée par l’armée du vainqueur.


    La soumission à la puissance allemande n’en est que plus criminelle.

     

    S’il en est ainsi, c’est que la balance n’est pas égale des deux côtés du Rhin. L’industrie germanique pèse le double de la nôtre grâce aux orientations économiques imposées dans le cadre de la construction européenne. Ainsi, la machine outil comme la sidérurgie, jugées obsolètes en France, prospèrent en Allemagne. Cela permet à celle-ci d’être le moteur de l’Europe. Les « métiers d’avenir » confiés à la France s’identifiant « à l’aide à la personne », déclarés pourvoyeuses d’emplois… Nicolas Sarkozy a bon faire le fanfaron et plastronner devant les caméras, toujours plein de sa superbe, il n’est que le fidèle second, des maître des lieux, les grands patrons du BDI allemand et leurs associés du Medef, dont il applique la politique.


     Mais la « collaboration » de naguère n’était-elle pas déjà l’entente entre les capitalistes, les banquiers et les industriels, de France et d’Allemagne, ceux-ci étant aussi, de ce temps-là, les plus forts ?

    Jean Levy


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  • Angela Merkel , en octobre à Berlin.

    Angela Merkel , en octobre à Berlin.REUTERS/FABRIZIO BENSCH

    Pour faire face à la crise financière actuelle, le gouvernement allemand souhaite accélerer la révision des traités européens. Une source gouvernementale allemande, citée par les agences de presse, affirme que la chancelière Angela Merkel veut que les 27 membres de l'UE donnent leur accord à une modification du traité de Lisbonne d'ici la fin de l'année, pour le doter notamment d'un mécanisme permanent de gestion des crises financières.

    L'Allemagne souhaite que des propositions concrètes de réforme du traité soient prêtes au plus tard au printemps 2012, afin qu'une "convention gouvernementale" puisse être convoquée. "Le gouvernement fait pression en faveur d'un amendement limité du traité afin de donner à l'UE plus de poids face aux Etats qui négligent les règles budgétaires. Cela devra être réalisé d'ici la fin 2012", a déclaré une source gouvernementale allemande à Reuters.

    PAS DE "NOUVEAU TRAITÉ"

    La volonté de Berlin d'aller vite sur ce dossier se fait de plus en plus concrète. Le ministre des finances, Wolfgang Schäuble, a affirmé dans un entretien au Monde, samedi, que "la modification des traités est le chemin à emprunter pour montrer aux investisseurs du monde entier que la monnaie européenne est stable". "Nous avons besoin de modifications limitées du traité pour avoir des mécanismes de contrôle plus efficaces du respect des engagements pris, une politique budgétaire commune et une amélioration de la compétitivité des différentes économies", a-t-il également précisé, écartant l'idée "d'un nouveau traité". M. Schäuble soulignait également que les chefs d'Etat et de gouvernement de la zone euro avaient chargé le président du Conseil européen Herman Van Rompuy de faire des propositions en ce sens.

    L'attitude du gouvernement allemand risque de provoquer la colère de ceux qui reprochent à Angela Merkel, et à Nicolas Sarkozy, de concentrer trop de pouvoir au sein de l'UE. La presse italienne s'est par exemple émue de la volonté de M. Sarkozy de s'immiscer dans la politique intérieure du pays. Dernier exemple en date, les déclarations de l'ancien président de la Commission européenne, Romano Prodi, qui estime que la locomotive franco-allemande créait "des remous" en Europe. "Mon inquiétude est que l'axe franco-allemand ne soit pas suffisant dans une Union européenne de 27 pays et une zone euro de 17 pays. Donc, ce tandem ne peut pas prendre de décisions, il tente de les imposer aux autres", a-t-il déclaré dimanche au journal grec To Vima. Il s'est dit d'autant plus inquiet "qu'il y a plein de désaccords entre eux".

    http://www.lemonde.fr/


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  • Le « modèle allemand » est la nouvelle coqueluche. Nicolas Sarkozy s'enthousiasme : « Tout mon travail, c'est de rapprocher la France d'un système qui marche, celui de l'Allemagne. » Une fascination partagée par l'entourage de François Hollande

     

    Article paru dans Les Echos

    Le mythe du modèle allemandLes investisseurs font-ils davantage confiance à l'Allemagne qu'à la France ?

    Non. La France est largement devant l'Allemagne pour les investissements directs étrangers : plus de 1 milliard de dollars en France contre 674 millions en Allemagne, selon les statistiques publiées par la Cnuced.


    Les Allemands sont-ils meilleurs que nous en matière de dette ?

    Non. En 2010, l'Allemagne avait une dette de 83,2 % du PIB contre 81,7 % pour la France, selon Eurostat. L'Allemagne est donc tout autant que la France en dehors de la limite des 60 % du PIB exigée par le Pacte de stabilité.


    La croissance allemande est-elle meilleure que chez nous ?

    Non plus. Sur la dernière décennie, elle a été inférieure à celle de la zone euro et moindre qu'en France. D'ailleurs, le « modèle allemand » n'a pas protégé ce pays de la crise : avec une chute de 4,9 % du PIB, il a subi en 2009 une récession deux fois plus importante qu'en France. L'embellie en 2010 est donc un rattrapage. Au final, par rapport à 2008, l'Allemagne marque encore un retard de croissance plus grand qu'en France.


    Le taux de chômage en Allemagne est-il vraiment plus faible que chez nous ?
     

    Non. Officiellement de 6 % contre 9,9 % en France, il a été facilement dégonflé grâce à la réforme sociale-démocrate. Elle a rayé des comptes 1,5 million de sans-emploi. Cela correspond exactement à la baisse du chômage affichée depuis 2002. En septembre dernier, le journal « Die Welt » a aussi révélé que 200.000 chômeurs âgés avaient été radiés. Le ministère allemand du Travail a reconnu que 57 % des seniors chômeurs n'étaient plus comptés. Autre artifice : la généralisation du chômage partiel, invisible dans les statistiques. Ainsi, en 2010, selon Eurostat, il concernait 26,2 % des salariés allemands contre 17,8 % des salariés français.


    La croissance allemande basée sur les exportations est-elle un modèle généralisable ?

    Non. 65 % des exportations allemandes sont destinées à la demande des autres pays européens. Si ces derniers imitaient le « modèle allemand » en contractant leurs achats, l'export made by Germany s'écroulerait. De plus, ces exportations ne révèlent pas une plus grande performance technique. Selon Eurostat, 16 % de celles-ci concernent des produits de haute technologie. En France, c'est 26 % des exportations. L'OCDE note que les Français travaillent 154 heures de plus par an que les Allemands. Et la productivité des travailleurs français est la plus élevée d'Europe. Elle a progressé sur la dernière décennie deux fois plus vite qu'en Allemagne.


    Peut-on importer le « modèle allemand » ?

    Non. La démographie allemande est trop différente de la France. Le taux de fécondité allemand est moitié moindre qu'en France. Depuis trente ans, il y a donc davantage de décès que de naissances outre-Rhin. Le pays est donc poussé à privilégier une économie de rente. La France a un besoin vital d'activité. D'ici à 2060, la population allemande devrait passer de 82 à 65 millions d'habitants. Celle de la France devrait passer dès 2050 à 73 millions d'habitants.


    On ne peut donc pas transposer le « modèle allemand » en France. D'ailleurs, est-ce souhaitable ?

     

    Les Français veulent-ils vraiment aller plus loin dans la contraction des salaires et la précarité de l'emploi ? Car c'est là l'unique secret qui distingue l'Allemagne des autres pays depuis dix ans. Ce bilan d'une décennie d'application des lois sociales-démocrates sur l'emploi est un désastre social. 20 % des salariés sont des travailleurs pauvres. 5 millions de travailleurs doivent se contenter de mini-jobs à 400 euros par mois, sans protection sociale. Faute de SMIC, 2 millions de salariés gagnent moins de 6 euros par heure, alors qu'aucun salarié ne peut gagner moins de 7,06 euros net de l'heure en France. En dix ans, l'intérim a augmenté de 130 % et les CDD de 22 %. Résultat de cette politique de compression salariale : selon l'OCDE, c'est une baisse record de la part du travail dans le PIB allemand : de 76 % à 67 % en sept ans. Neuf points de PIB pris aux travailleurs. Et un taux de pauvreté de 20 % plus élevé en Allemagne qu'en France. Pour moi, chez nous, la priorité est au contraire de rallumer le moteur de l'activité en rendant aux salariés les 10 points de la richesse produite qu'ils ont perdus au profit du capital depuis trente ans. Le « modèle allemand » est un leurre. Etendu à l'ensemble de l'Union européenne, il mènerait tout droit à la récession. L'intérêt général nous appelle à en finir avec cette fascination morbide pour l'Allemagne. Il faut soutenir le cœur vivant et productif de notre économie.

     


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  • North London Unity Demo« Refusons la division entre travailleurs et organisons la riposte à la classe des millionnaires et à son gouvernement »

     Article publié par le Parti communiste de Grande-Bretagne (CPGB)

    Traduction JC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

     « L'agitation sociale permanente et les révoltes des couches les plus opprimées de la société ont de grandes chances de se poursuivre et de se reproduire tant que le fossé entre 'ceux qui ont' et 'ceux qui n'ont pas' continuera à se creuser »,a déclaré Bill Greenshields, président du Parti communiste de Grande-Bretagne (CPGB) la nuit dernière.

     

    Réagissant sur les émeutes qui ont frappé les villes Britanniques, M.Greenshields a affirmé :

     

    « Les ravages et toute la violence qui se sont abattus sur les quartiers ouvriers en conséquence des mesures d'austérité du gouvernement Conservateur-démocrate, c'est bien plus que tout ce que nous avons pu voir ces dernières années. »

     

    « Ils ne détruisent pas seulement les emplois et notre gagne-pain, mais aussi les espoirs et les ambitions à plus long-terme de millions de personnes – parmi lesquelles des millions de jeunes gens »

     

    Ce que nous constatons aujourd'hui dans nos villes reflète la colère et la frustration de ces millions de personnes – qui voient les couches les plus riches et les plus puissantes devenir encore plus riches, tandis qu'elles se servent de la crise économique pour s'attaquer aux travailleurs. Les troubles civils en sont la conséquence – mais ils ne résoudront pas le problème.

     

    p-Britain« Le Parti communiste lance un appel à la classe ouvrière organisée dans les syndicats ou dans les quartiers, à travers la Charte du peuple et d'autres organisations politiques pour s'efforcer de mettre en échec l'offensive conservatrice. Il faudra un mouvement de grève coordonné et de plus en plus général, avec le soutien actif et unitaire des quartiers ».

     

    « Ce qu'il faut, ce n'est pas le déploiement de dizaines de milliers de policiers anti-émeutes, mais de dizaines de milliers d'emplois, de dizaines de milliers de logements abordables. Bien sûr, les organisations fascistes et racistes essaient de profiter de la situation actuelle pour diviser les travailleurs et les quartiers. Ce qu'il faut, c'est tout le contraire – une réponse unitaire énergique à l'offensive de la classe dirigeante ».

     

    Le Parti communiste invite tous les travailleurs à participer à la marche « Cable Street, 75 ans » et à se rassembler le dimanche 2 octobre dans le quartier East End de Londres pour commémorer le 75ème anniversaire de la défaite des chemises noires fascistes de Mosley – qui ont échoué dans leur tentative de diviser les quartiers ouvriers dans les années 1930.

     

    En ce jour, a déclaré Greenshields:

     

    « Nous enverrons le message que les travailleurs refusent la division, et qu'ils riposteront à l'offensive de la classe des millionnaires et de leur gouvernement ».

     


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  • gdr symbols50ème anniversaire du mur de Berlin : une analyse plus approfondie

    par Victor Grossman, correspondant du Morning Star à Berlin

     Traduction JC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

    Cette année, la chaîne publique Berlinoise nous a bourré le crâne chaque jour déjà un mois avant l'anniversaire du mur de Berlin. Chaque soir, depuis fin juillet, elle livrait une interview avec quelqu'un, à peu près n'importe qui, qui pouvait nous raconter une histoire émouvante sur le Mur. Chaque jour, on nous montrait les bonnes vieilles et familières photos d'évasions, des images de ruines du mur et une pléthore de cérémonies.

    Ai-je l'air cynique? Le mur de Berlin était un édifice tragique, un grand nombre de personnes en ont souffert et beaucoup sont morts en rapport avec son existence. Chaque décès était une perte amère. Il est impossible d'enjoliver sa mémoire, comme n'importe qui a vécu tout près de lui peut en offrir un témoignage poignant.

    Pour quiconque qui pousse l'analyse plus loin, cependant, certaines questions appellent encore des réponses. Pourquoi a-t-il été construit ? Et pourquoi, après tant d'années, est-il de façon si peu commune mis encore sous le feu des projecteurs ? La presse ici a très largement oublié les tragédies liées à l'époque Nazie dans les quelques années qui ont suivi 1945.

    Le mur a été construit en désespoir de cause, la seule méthode que les dirigeants est-allemands pouvaient trouver pour arrêter l'hémorragie de la population de l'Est vers l'Ouest. Je trouve plusieurs explications principales à cette hécatombe dramatique.

    Premièrement, la quasi totalité de ceux qui dans le tiers-est de l'Allemagne étaient impliqués dans les crimes de guerre ou les autres brutalités Nazie, estimant avec raison qu'ils seraient bien plus en sécurité sous la coupe occidentale que sous celle Soviétique, ont décampé aussi vite que possible. Voilà ce que firent ceux qui mus par la haine la plus forte et la plus profonde envers les Communistes et les Russes, qui a été attisée avec tant de force par Hitler et sa bande, les hommes les plus mouillés dans le massacre systématique des Communistes et des Russes. Par bien des aspects, l'Allemagne de l'Est a eu la chance de perdre ces gens, mais ils ne comptaient pas que des troupes d'assaut et des agents de la Gestapo mais aussi une forte part de techniciens, managers et spécialistes de toute sorte.

     

    Deuxièmement, l'économie est-allemande ravagée par la guerre était désavantagée dès le départ. Elle était depuis longtemps une région économiquement plus faible ; même où il existait une industrie, elle était largement dépendante des matières premières issues des régions cédées à la Pologne ou des sources ouest-allemandes de fer, de charbon et d'autres matières premières. Plus important encore, les puissances victorieuses avaient convenu que l'Allemagne de l'Ouest devrait payer des réparations aux pays occidentaux, l'Allemagne de l'Est à l'Union soviétique et à la Pologne. Mais les pays occidentaux plus riches avaient subi des dégâts beaucoup moins importants. Le paiement des réparations cessa bien vite alors que les États-Unis, qui n'avaient subi aucun dégât, utilisait sa puissante économie pour accroître rapidement ses investissements dans le cadre du plan Marshall, contribuant à réaliser ce que l'on connaît comme le « miracle économique » ouest-allemand.

     

    L’Allemagne de l'est, de son côté (et après 1949 la République démocratie allemande, ou RDA), ne pouvait pas être exemptée des réparations à la Pologne et à l'Union soviétique dont les économies, moins développées avant la guerre et détruites de façon inimaginable par les Nazis, avaient besoin désespérément des machines Allemandes et d'autres produits. Donc, pendant huit années capitales, l'Allemagne de l'Est eut à supporter le poids de plus de 90% des réparations.

     

    La RDA a été contrainte de relever la tête par ses propres moyens – et c'est exactement ce qu'elle fit, comme des économistes impartiaux l'ont souligné. Elle a rapidement atteint les niveaux d'avant-guerre, industrialisé des régions arriérées figées dans l'ère féodale, mis en place de nouvelles industries et donné la terre aux pauvres paysans et à ceux venant des provinces de l'Est perdues.

     

    En 40 années d'existence, elle a été capable d’offrir le plein emploi, une couverture médicale et une éducation de la petite enfance au doctorat complètement gratuites, des crèches gratuites et des progrès importants vers la réalisation du difficile objectif de l'égalité pour les femmes, avec le planning familial et l'avortement légal. Elle a grandement réduit l'écart entre riches et pauvres et a presque éliminé totalement la pauvreté. Pour moi, de telles réalisations, extraordinaires si on les analyse depuis notre perspective actuelle, ont représenté une expérience marquante dans la voie vers le socialisme.

     

    Mais en dépit de ces réalisations, nombreux furent ceux qui tentèrent de partir ! Et quand leur nombre ne cessa de croître, ce Mur terrible fut construit.

     

    Fondamentalement, c'était un cercle vicieux. Berlin-Ouest était aidé à coup de milliards afin d'impressionner et de gagner les citoyens de RDA. Une propagande extrêmement efficace, reposant sur tous les biens de la culture consumériste Américaine, élaborée à partir des procédés très subtiles de l'industrie publicitaire, était articulée à d'innombrables encouragements à l'émigration, visant en particulier une nouvelle génération d'experts est-allemands tout juste formés.

     

    Ma femme, travaillant dans un hôpital, connaissait un jeune spécialiste Ouest-Berlinois qui parlait régulièrement aux docteurs et les encourageait à « fuir à l'Ouest ». Former un docteur en RDA signifiait investir jusqu'à un demi-million de marks ; de telles pertes ont provoqué des trous, douloureux économiquement et parfois aussi de façon très littérale.

     

    Les médias occidentaux en appelaient constamment aux sentiments nationaux allemands : « Nous ne sommes qu'un peuple, frères et sœurs ! » Mais chaque tentative orientale tendant vers une sorte d'unification neutraliste ou au moins de confédération a été repoussée, en réalité ignorée. La stratégie était « Tout ou rien ». C'est seulement après que l'Allemagne de l'Ouest a mis sur pied une nouvelle armée intégrée à l'OTAN que la RDA a abandonné ses efforts.

     

    C'est là qu'opère le cercle vicieux. Le parti et les autorités gouvernementales de RDA ne pourraient jamais trouver les antidotes adéquats à l'attraction magnétique croissante pour les biens de consommation occidentaux et la culture Américanisée et l'exode de docteurs bien formés, d'ingénieurs et d'artisans qualifiés. Il y avait des efforts louables : le meilleur de l'opéra, de la danse, des théâtres magnifiques, des activités culturelles et sportives pour tous les âges et tous les goûts.

     

    Mais les dirigeants étaient héritiers de leur propre éducation politique, en grande partie forgée dans les actions politiques anti-Nazies des années 1920, 1930 et 1940. Menacés par les conséquences de l'offensive occidentale, ils ont ressenti la nécessité de prendre des mesures énergiques.

     

    Presque tous les pays sévissent contre l'opposition qu'ils considèrent menaçante. Les États-Unis actuels en offrent suffisamment d'exemples. Mais en RDA, en partie en raison de la proximité d'une menace qui n'offrait aucune barrière protectrice naturelle, en partie aussi à cause des conceptions bornées de dirigeants vieillissants se concevant comme omniscients et infaillibles – et l'existence de couches opportunistes et carriéristes renforça ces conceptions – leur « répression » fit plus de mal que de bien.

     

    En conséquence, le flux qui n'avait rien d'extraordinaire de personnes vers une économie perçue comme plus prospère s'était renforcé de ceux qui ne pouvaient pas accepter les pressions d'une direction de plus en plus coupée de sa population. Constatant que l’Église luthérienne ouest-allemande aidait souvent les dissidents de RDA, le gouvernement a souvent pris des mesures répressives contre des membres et des dirigeants de l’Église présentés comme fauteurs de troubles, tandis qu'il finançait dans le même temps l’Église de bien des façons.

     

    Tout en soutenant avec libéralité les arts, le théâtre et le cinéma, elle était souvent méfiante envers ce qu'elle voyait comme une opposition de mèche avec l'Allemagne de l'Ouest, venant grossir les rangs de ceux qui désiraient partir. Le Mur était une réponse désespérée à ce véritable cercle vicieux. De façon peut-être surprenante, pendant des années il a permis de grands progrès et même fut une source de satisfaction accrue de la part de tous ceux qui étaient les moins directement concernés.

     

    Vers la fin, ces tendances souvent contradictoires ont subi les conséquences de la lutte de la RDA pour ne pas être trop à la traîne dans la révolution électronique transformant les économies capitalistes avancées. Mais avec aucune aide même de la part de ses alliés Soviétique ou de l'Est, et exclue de l'essentiel du développement occidental, elle a été contrainte d'investir des milliards dans une vaine compétition avec Sony ou IBM, ainsi que dans un gigantesque programme de logement et dans son appareil militaire de défense. En fin de compte, cela s'est avéré trop pour elle.

     

    Juste avant que le Mur ne soit construit, les flots de ceux qui partaient, craignant que ce ne soit leur derrière chance, ont menacé la RDA d'écroulement. Le gouvernement ouest-allemand, depuis Bonn, était à l'affût d'une telle opportunité. Mais toute étincelle dans cette situation tendue pouvait mener facilement au conflit ; avec les forces américaines et Soviétiques possédant l'arme atomique, que les événements prennent une tournure catastrophique était tout sauf une idée fantaisiste. On cite parfois le président Kennedy affirmant que le Mur « n'est pas une bonne solution mais que c'est mille fois mieux que la guerre ».

     

    Mais pourquoi est-ce que lorsque les anniversaires offrent l'occasion de gloser sur les défauts et les erreurs de l'ancienne RDA, comme le Mur, ceux-ci ne sont ni oubliés ni pardonnés, mais au contraire on les rappelle en martelant le cerveau des gens sans cesse, chaque jour et chaque soir ?

     

    Pour moi, la réponse me paraît évidente. Avec la RDA hors-jeu, les dirigeants d'une République fédérale élargie n'avaient plus besoin de services sociaux et de niveaux de vie suffisamment attractifs pour soutenir la comparaison avec la RDA. Les 21 dernières années ont vu une dégradation constante. Les soins médicaux et dentaires sont de plus en plus chers, payer l'éducation des enfants est une lutte permanente, l'âge de départ à la retraite a été relevé à 67 ans, la TVA et les loyers ont connu une escalade alarmante.

     

    Alors que l'Allemagne connaît un peu moins le chômage que la plupart des pays, grâce à sa position dominante dans l'exportation de biens à haute valeur ajoutée, de plus en plus de gens sont contraints à des emplois précaires, temporaires et payés une misère. Un sentiment de sécurité, conditionnant des décisions sur le mariage, les enfants, le logement entre autres, est quelque chose de rare. Le patronat n'a plus à craindre la moindre compétition avec la RDA. Et cette absence d'une RDA concurrente, faisant constamment l'éloge de la paix, a permis à l'Allemagne d'envoyer des troupes, des navires et des avions de guerre en Serbie, au Liban et en Afghanistan.

     

    La situation pourrie actuellement pousse les gens à se souvenir des meilleurs aspects de la RDA, en particulier dans les domaines du contrôle des loyers, de la garde d'enfants, des soins médicaux et dentaires et surtout de la sécurité de l'emploi et concernant son avenir. Avec l'économie actuelle confrontée à des évolutions inquiétantes dans les années à venir, les dirigeants économiques et politiques craignent de telles conceptions dangereuses. Et cela explique leur message constant, une déformation selon laquelle la RDA n'était que le Mur et rien d'autre, ce socialisme abominable n'était pas seulement un échec, il était aussi mauvais, peut-être même pire, que la dictature fasciste d'Hitler. Et c'est ce qu'on nous sert en Allemagne tous les jours, puissance trois ou quatre pendant les périodes de commémoration.


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  • L'Allemagne dit stop au nucléaire 

    L'Allemagne fermera toutes ses centrales nucléaires d'ici 2022, a  décidé la coalition gouvernementale lors d'une réunion qui s'est achevée  aux premières heures de la journée de lundi.

    Cette décision, prise à la suite de l'accident de Fukushima en  mars au Japon, marque un revirement complet de la part du gouvernement  d'Angela Merkel, qui avait décidé à la fin de l'année dernière de  prolonger la durée de vie des plus anciennes centrales du pays malgré  l'hostilité d'une grande partie de la population à l'énergie nucléaire.

    Lors d'une réunion dimanche soir entre l'Union chrétienne  démocrate (CDU) de la chancelière, son alliée bavaroise de la CSU et les  libéraux du FDP, la coalition gouvernementale a décidé la fermeture  définitive des huit plus vieux réacteurs d'Allemagne, qui en compte 17  au total. Sept de ces réacteurs avaient été provisoirement mis à l'arrêt  après l'accident nucléaire au Japon dû à un séisme et à un tsunami  survenus le 11 mars. Le huitième était arrêté depuis plus longtemps. Six autres réacteurs vont cesser de fonctionner d'ici 2021, a  annoncé le ministre de l'Environnement, Norbert Röttgen, à l'issue de  ces discussions à la chancellerie entre dirigeants conservateurs et  libéraux. Les trois derniers réacteurs, les plus récents, resteront en état  de marche une année de plus au maximum, soit jusqu'en 2022, afin  d'éviter toute pénurie d'électricité durant la période de transition,  a-t-il ajouté. "C'est définitif: la date limite pour les trois derniers  réacteurs nucléaires a été fixée à 2022", a dit Norbert Röttgen. "Il n'y  aura pas de clause de réexamen."

    Certains responsables souhaitaient inclure une clause permettant  de réexaminer la question à l'avenir. Le FDP était défavorable à la  définition d'une date fixe. La coalition gouvernementale a décidé de maintenir l'un des huit  plus vieux réacteurs en état de veille jusqu'en 2013 au cas où les  énergies renouvelables ne permettent pas d'ici là de répondre à la  demande en hiver et que les combustibles fossiles ne permettent pas de  combler cet éventuel déficit. Des responsables de l'opposition, sociaux-démocrates et Verts,  ont participé à cette réunion afin de dégager le consensus le plus  large.

    La décision prise dimanche soir doit être validée par le  parlement. Elle risque d'être vivement contestée par les compagnies RWE, qui exploitent les 17 centrales d'Allemagne,  notamment en raison du maintien envisagé d'une taxe sur le combustible  nucléaire. Cette taxe, qui devait rapporter 2,3 milliards d'euros par an dès  cette année, n'a pas encore été prélevée. Avec l'arrêt immédiat de huit  centrales, elle devrait rapporter moins que prévu.

    De source politique, on déclare que le gouvernement pourrait  renoncer à cette taxe si les quatre exploitants acceptent cette sortie  prématurée du nucléaire et renoncent à toute poursuite contre l'Etat en  raison de ce revirement inattendu. Avant la fermeture provisoire des centrales les plus anciennes en  mars, le nucléaire fournissait à l'Allemagne 23% de son électricité.

    Plusieurs dizaines de milliers de personnes ont manifesté contre le nucléaire ce week-end à travers le pays. 

    L’ Allemagne passe  du nucléaire au charbon 

    Le moratoire sur les centrales nucléaires décidé par Angela Merkel oblige l’Allemagne à importer de l’électricité. D’ici à 2017, trente centrales thermiques entreront en fonction.

    Le 14 mars dernier, la chancelière allemande, Angela Merkel, annonçait un moratoire sur la prolongation de la durée de vie des centrales nucléaires pourtant décidée sous son égide en octobre 2010. Conséquence de la catastrophe de Fukushima, cette décision était aussi dictée, selon les observateurs de la vie politique allemande, par la proximité des élections dans le Land de Bade-Wurtemberg, fief historique de son parti, la CDU. Si c’est le cas, la chancelière aura été mal inspirée. Le 27 mars, la coalition SPD-Verts finit par l’emporter. Mais c’est sans doute là la moindre des conséquences de la décision d’Angela Merkel.

    Les 17 centrales nucléaires allemandes fournissaient jusqu’à présent 22,2 % de la production d’électricité nationale. Dans une note disponible sur Internet (1), l’Institut français des relations internationales (IFRI) estime qu’« avec l’arrêt temporaire, voire définitif (des 7 centrales concernées par le moratoire – NDLR), l’Allemagne produira 6,8 % d’énergie de moins qu’auparavant ». Ce net recul est confirmé par la Fédération allemande de l’énergie et de l’eau (BDEW). Le 4 avril dernier, à l’occasion de la Foire industrielle de Hanovre, l’organisme qui regroupe les industriels du secteur a annoncé que depuis le 17 mars la production allemande d’électricité a reculé de 120 gigawattheures par jour. Dans le même temps, le prix de l’électricité à la Bourse de l’énergie de Leipzig a progressé en moyenne de 12 %. Si la rupture d’approvisionnement a été évitée, c’est grâce un recours accru aux centrales thermiques, mais surtout grâce aux importations qui, selon le BDEW, ont doublé depuis le 17 mars. Entre cette date et le 4 avril, l’Allemagne, qui est d’ordinaire exportatrice nette d’électricité, a importé tous les jours environ 50 gigawattheures de plus qu’elle n’a exporté. Principal fournisseur du pays, la France et ses centrales nucléaires…

    La sortie du nucléaire allemand a été décidée en 2000 par le chancelier SPD, Gerhard Schröder et son gouvernement SPD-Verts. Elle doit s’étaler jusqu’en 2022, date à laquelle est prévu l’arrêt définitif du dernier réacteur. Cette fermeture se veut progressive afin de garantir la sécurité d’approvisionnement du pays et surtout se prémunir d’un renchérissement trop rapide de l’électricité. Elle doit s’accompagner d’un développement des énergies renouvelables, avec pour objectif affiché que celles-ci satisfassent jusqu’à 50 % de la consommation d’énergie en 2050. Néanmoins en 2007, elles n’en assuraient que 4,6 %.

    Pour satisfaire sa demande énergétique, l’Allemagne mise essentiellement sur les énergies fossiles. Pétrole, gaz, charbon et lignite représentent 84 % des sources d’énergie utilisées en Allemagne. Pour ne pas accroître sa dépendance énergétique vis-à-vis du gaz et du pétrole qu’il importe respectivement à 84 et 97 % (dont 40 % de Russie), le pays a décidé de se tourner d’avantage vers le charbon et le lignite, dont son sous-sol contient d’importantes réserves. Jusqu’en 2017, 30 centrales thermiques seront mises en service. Selon différentes estimations, leur production annuelle devrait atteindre entre 200 et 220 térawattheures, contre environ 130 térawattheures pour l’actuel parc nucléaire. « Les Allemands se préparent à sortir du nucléaire grâce au charbon », ironise Sauvons le climat. L’association estime que cette décision augmentera les émissions de gaz à effet de serre du pays de 20 % par rapport leur niveau actuel.

     

    (1) www.ifri.org

    Pierre-Henri Lab

     

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  • Portail de l'action des Elus et de la vie citoyenneBERLIN - L'Allemagne va retirer ses forces navales et aériennes participant à des missions de l'OTAN sur la mer Méditerranée en raison de la décision de l'alliance militaire de faire respecter l'embargo des Nations unies sur les armes en Libye, a annoncé mardi le ministre allemand de la Défense.

    Berlin ne fait pas partie de l'opération visant à imposer une zone d'exclusion aérienne dans le pays d'Afrique du Nord et s'est abstenu lors du vote sur la résolution au Conseil de sécurité des Nations unies.

    Pour éviter d'être entraînée malgré elle dans le conflit, l'Allemagne a donc décidé de reprendre le commandement de deux navires et de deux autres bateaux, avec à leur bord un total de 550 marins, sur la Méditerranée.

    Elle va également retirer entre 60 et 70 pilotes allemands des avions radar AWACS de l'OTAN impliqués dans l'opération Active Endeavour dans le cadre de laquelle l'alliance surveille la navigation sur la Méditerranée afin de prévenir les attaques terroristes.

    http://fr-ca.actualites.yahoo.com


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