• Allemagne: Les retraités sont envoyés aux maisons de soins en Europe orientale et en Asie, dans un geste d'austérité «déportation inhumaine"

    Origine de l'article :

    «Exportateur» Allemagne vieux et malade aux foyers de soins étrangers

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    Un nombre croissant d'Allemands âgés et malades sont envoyés à l'étranger pour soins de longue durée dans les centres de retraite et de réhabilitation en raison de la hausse des coûts et des normes relevant de l'Allemagne .

     

    Le mouvement, qui a vu des milliers d'Allemands retraités relogées dans des maisons à l'est de l'Europe et de l'Asie, a été sévèrement critiqué par les sociaux bien-être des organisations qui ont appelé cela «la déportation inhumaine».

     

    Mais avec un nombre croissant d'Allemands incapables de payer les coûts croissants des maisons de retraite, et une population vieillissante et en diminution, le nombre devrait être envoyé à l'étranger dans les années à venir est seulement susceptible d'augmenter. Les experts décrivent comme une "bombe à retardement".

     

    Crise de l'Allemagne soins de longue durée - l'industrie des soins souffre d'un manque de travailleurs et l'augmentation des coûts - a pendant des années été atténué par la migration des Européens de l'Est vers l'Allemagne en nombre croissant aux soins pour les personnes âgées du pays.

     

    Mais le transfert des personnes âgées en Europe de l'est perçue comme un nouveau départ et désespéré, ce qui indique que même avec les travailleurs importés, moins chers, le système est inutilisable.

    L'Allemagne a une des populations les plus rapide du vieillissement dans le monde, et le mouvement a ici des conséquences pour les autres pays occidentaux, dont la Grande-Bretagne, en particulier au milieu des craintes que les mesures d'austérité et la hausse des coûts des soins sont potentiellement néfastes pour la qualité des soins en établissement.

     

    Le Deutschland Sozialverband (VDK), un Allemand socio-politique du groupe consultatif, a déclaré que le fait qu'un nombre croissant d'Allemands étaient incapables de payer les frais d'une maison de retraite dans leur propre pays a envoyé un "signal d'alarme" énorme. Il a appelé à une intervention politique.

    "Nous ne pouvons pas laisser ces gens qui ont construit en Allemagne pour être ce qu'elle est, qui ont mis leurs backbones en elle toute leur vie, être déportés», a déclaré le président de VdK, Ulrike Mascher. "Il est inhumain."

     

    Les chercheurs ont découvert environ 7.146 retraités allemands vivant en maison de retraite en Hongrie en 2011. Plus de 3.000 ont été envoyés dans des foyers en République tchèque, et il y avait plus de 600 en Slovaquie. Il existe également un nombre inconnu en Espagne, en Grèce et en Ukraine. La Thaïlande et les Philippines sont aussi attirant un nombre croissant.

     

    The Guardian a parlé aux Allemands retraités et les personnes ayant besoin de vivre soins de longue durée dans des maisons en Hongrie, en Thaïlande et en Grèce, certains d'entre eux ont dit qu'ils étaient là par choix, parce que les coûts sont plus faibles - en moyenne entre un tiers et deux tiers du prix en Allemagne - et à cause de ce qu'ils percevaient comme de meilleures normes de soins.

     

    Mais d'autres étaient évidemment il à contrecœur.

     

    The Guardian a également constaté une variété de fournisseurs de soins de santé étaient dans le processus de construction ou sur le point d'ouvrir à l'étranger maisons dédiées aux soins des personnes âgées Allemands dans ce qui est clairement perçue dans l'industrie comme un marché en pleine croissance et très rentable.

     

    Selon le Bureau fédéral allemand des statistiques, plus de 400.000 personnes âgées sont actuellement incapables de se payer une maison de retraite allemand, un chiffre qui augmente d'environ 5% par an.

    Les raisons en sont la hausse des coûts des soins à domicile - qui représentent en moyenne entre € 2.900 et € 3.400 (£ 2.700) par mois, la stagnation de pensions, et le fait que les gens sont plus susceptibles d'avoir besoin de soins à mesure qu'ils vieillissent.

     

    En conséquence, les Krankenkassen assureurs ou statutaire qui composent le système par l'Etat allemand d'assurance sont ouvertement discuter de la façon de faire des soins dans les maisons de retraite étrangers dans un long terme modèle financier viable.

     

    En Asie, Europe orientale et méridionale, les salaires des travailleurs de soins »et d'autres dépenses telles que les terres au lavage, d'entretien et les coûts de construction et ne sont souvent beaucoup plus bas.

    Aujourd'hui, l'Union européenne loi interdit aux assureurs d'Etat de signer des contrats directement avec des maisons à l'étranger, mais qui est susceptible de changer à mesure que les législateurs sont contraints de trouver des moyens de répondre à la population vieillissante de l'Europe.

     

    L'absence de législation n'a pas empêché les gens retraités ou à leurs familles d'opter pour des maisons étrangères si leurs pensions pourrait couvrir les coûts.

     

    Mais les détracteurs du mouvement ont exprimé leur inquiétude particulière au sujet des patients atteints de démence, alors que les craintes qu'ils sont envoyés à l'étranger sur la base de ne pas connaître la différence.

     

    Sabine Jansen, chef de l'Allemagne de la Société Alzheimer, a déclaré que l'environnement et le langage sont souvent d'une importance primordiale pour personnes atteintes de démence qui cherchent à s'accrocher à leur identité.

     

    «En particulier, les personnes atteintes de démence peuvent avoir des difficultés à s'orienter dans une culture tout à fait autre avec une langue totalement différente, parce qu'ils sont tout à fait dans la vie d'un vieux monde composé de leurs souvenirs antérieurs», at-elle dit.

     

    Avec la population allemande devrait se contracter de près de 82 millions de dollars pour environ 69 millions d'ici 2050, une personne sur 15 - environ 4,7 millions de personnes - sont censés être besoin de soins, ce qui signifie le problème de la disposition ne risque de s'aggraver.

     

    Willi Zylajew, un député avec les démocrates chrétiens conservateurs et un spécialiste des services de soins, a déclaré qu'il serait plus nécessaire de considérer les soins étrangère.

    «Compte tenu de la crise imminente, il serait judicieux de penser départ au moins sur les formes alternatives de soins aux personnes âgées», at-il dit.

     

    Christel Bienstein, un scientifique en sciences infirmières de l'Université de Witten / Herdecke, a déclaré des foyers de soins de nombreux allemande avait atteint un point de rupture en raison du manque de personnel, et que les normes de soins avait chuté à la suite.

     

    "En moyenne, chaque patient reçoit seulement environ 53 minutes de soins individuels tous les jours, y compris les nourrir», dit-elle. «Souvent, il ya 40 à 60 résidents sont pris en charge par un seul soignant."

    Artur Frank, le propriétaire du palais principal, qui trouve des foyers de soins pour les Allemands en Slovaquie, a dit que c'était pourquoi il avait tort de suggérer les personnes âgées étaient «déportés» à l'étranger, comme l'a décrit VdK.

     

    «Ils ne sont pas déportés ou expulsés», at-il dit. "Beaucoup sont ici de leur plein gré, et ce sont les résultats des décisions sensées, selon leurs familles qui savent qu'ils seront mieux lotis."

     

    Il a dit qu'il avait vu «beaucoup d'exemples de mauvais soins» dans les foyers allemands parmi les retraités 50 pour lequel il avait déjà trouvé un foyer en Slovaquie.

     

    «Il y avait une femme qui avait été à peine donné quelque chose à manger ou à boire, et en Slovaquie, ils ont dû lui apprendre à avaler à nouveau", at-il dit.

     

    Politiciens allemands ont évité de traiter le sujet, en grande partie en raison de la crainte d'une réaction des électeurs si les assureurs État de l'Allemagne sont considérés comme finançant les travailleurs de l'étranger au détriment de l'industrie des soins domestiques

    http://comite-pour-une-nouvelle-resistance.over-blog.com/


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  • deutschetafel.jpgL'Allemagne, pays riche peuplé de pauvres : profits records mais bas salaires, précarité et soupe populaire pour les travailleurs

     

     

    Légende, cas d'une cantine sociale (« Deutsche Tafel ») en Allemagne

     

    Traduction MA pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

     

    Une étude récente du Ministère du Travail allemand reconnaît officiellement l'aggravation drastique des inégalités dans le pays au cours des 30 dernières années, en particulier dans les deux dernières décennies.

     

    L'étude, de 500 pages, intitulée « Richesse et pauvreté », montre que l'Allemagne est l'un des pays où le transfert de richesses du travail vers le capital a été le plus prononcé, générant des inégalités sociales atteignant un niveau inédit jusqu'alors

     

    Ainsi, en seulement 20 ans, les actifs privés (le patrimoine privé) ont plus que doublé, passant de 4 600 milliards d'euros à 10 000 milliards.

     

    Or, comme l'observe le correspondant du journal espagnol la Vanguardia, Rafael Poch, si l'on divise ce montant colossal par les 40 millions de ménages allemands, chacun recevrait une petite fortune de 250 000 euros.

     

    Cependant, on ne parle pas de redistribution mais bien au contraire une concentration croissante. Dans le détail, les statistiques fédérales, pour 2008, montrent que 53% des actifs privés étaient entre les mains de 10% des allemands les plus fortunés. Les 46 autres % du patrimoine privé sont détenus par 40% de la population, tandis qu'il ne reste qu'1% des actifs pour la moitié des allemands.

     

    Dix ans auparavant, en 1998, la moitié la plus pauvre de la population possédait encore 4% des actifs privés et les 40% de la population juste au-dessus,, 52% des richesses. Dans la période suivante, seuls les 10% les plus riches sont parvenus à accroître leur richesse, au prix de la paupérisation de l'immense majorité de la population.

     

    Cette évolution s'est poursuivie, selon ce que révèlent les chiffres de 2011, on constate que les 10% les plus riches détiennent déjà 66% du capital.

     

    Mais même parmi cette minorité, les différences sont abyssales. Ainsi, seulement 0,1% de la population de plus de 17 ans contrôle 22,5% des actifs, 0,9% détient 11,3% de la richesse et les 9% les plus riches restants se répartissent 30% du capital.

     

    La partie intermédiaire (40% de la population) a vu sa part se réduire à 32% de la richesse tandis qu'il ne reste plus que 1,2% pour l'autre moitié de la population.

     

    Gel des salaires, explosion des profits

     

    Pour certains hommes politiques et observateurs, cités dans ce même journal, l'aggravation des inégalités ces dix dernières années est la conséquence d'une politique de gel des salaires, au même moment où les profits des grandes entreprises ont plus que doublé.

     

    L'intensification de l'exploitation fut, en grande partie, actée par l'ensemble de lois connues sous le nom de Hartz IV, qui défendaient une politique de bas salaires et la généralisation de la précarité du travail. Dans le même temps, les revenus les plus élevés bénéficiaient d'exonérations fiscales depuis le début du siècle.

     

    Les entreprises, par exemple, ont vu leur taux d'imposition baisser de 51%, à l'époque du conservateur Helmut Kohl, à 29,6%(dans les faits 22%), au moment des coalitions social-démocrates/verts (1998-2005).

     

    Le résultat est visible : si dans les années 1980 l'Allemagne était un des pays avec le pourcentage le plus faible de bas salaires (14%), aujourd'hui, le taux d'emplois précaires, toujours mal payés, s'élève à 25%, comparable aux chiffres relevés aux États-Unis.

     

    Avec ces politiques favorables au capital, les femmes sont les premières à souffrir. Des chiffres récents issus des statistiques fédérales indiquent que, en Allemagne, les femmes gagnent en moyenne 22% de moins que les hommes, la différence étant plus forte encore dans les postes de direction, où elles gagnent un tiers moins que ce que gagnent les hommes, et moins perceptible dans les emplois administratifs non-qualifiés, où la différence est de 4%.

     

    Les soupes populaires connaissent pas la crise

     

    Les chiffres officielles indiquent l'existence en Allemagne de 13 millions de pauvres, mais cette couche de la population augmente de jour en jour, comprenant chômeurs, personnes âgées, mais aussi travailleurs précaires, dont les salaires ne leur permettent pas de vivre et les contraignent à avoir recours à des organisations de bienfaisance.

     

    Une de ces organisations, Deutsche Tafel, a révélé que ses centres ont déjà aidés 200 000 personnes dans le besoin en plus cette année, par rapport à 2011.

     

    La même organisation affirme qu'au moins 1,5 million de personnes qui fréquentent les cantines sociales en territoire allemand.

     

    La Deutsche Tafel a plus de 20 années d'activité, offrant gratuitement des produits alimentaires récupérés de restes de super-marchés et de boulangeries.

     

    Selon son président, Gerd Häuser, « la politique de lutte contre la pauvreté a été un échec en Allemagne ». Aujourd'hui, « avoir un travail ne signifie plus être protégé contre la pauvreté ».

     

    Source: Avante, organe du PC Portugais


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  • Crise : Aujourd'hui, ce sont les Allemands qui traversent l’Oder à la recherche d’un emploi en Pologne.

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    Pendant des années, l’Allemagne de l'Ouest a été une destination de choix pour les émigrés polonais. Mais aujourd'hui, ce sont les Allemands qui traversent l’Oder à la recherche d’un emploi en Pologne.


    "Lève-toi, paresseux, avant que je perde patience. Nous allons à Łódź !", dit le texte d’une chanson bien connue en Allemagne ("Theo, wir fahr'n nach Lodz") écrite au XIXe siècle, à l'époque de l'industrialisation et du plein essor industriel du district de Łódź. Pour les Allemands, cette ville était un eldorado. C’est ici qu’ils voyaient la possibilité d’une vie meilleure, c’est ici qu'ont bâti leur fortune les Scheibler de la Rhénanie, ou les familles saxonnes Geyer et Herbst. L'histoire aime se répéter.

    Après les cataclysmes des deux guerres mondiales, et après l'effondrement du communisme, assistons-nous une nouvelle fois à l'arrivée d'une vague d'immigrants allemands en Pologne ? Certes, ce n'est pas encore l'exode, mais notre pays est néanmoins devenu l'un des lieux d'installation préférés des Allemands.

    En 2006, la Pologne était à la cinquième place du classement des destinations pour les expatriés allemands, qui sont désormais plus nombreux en Pologne qu'en Espagne ou en France. Selon l'Office fédéral allemand des statistiques,  9 434 citoyens allemands ont déjà élu domicile en Pologne. Notre pays a ainsi détrôné de sa troisième place l'Autriche, pour se placer juste derrière la Suisse et les Etats-Unis.


    Les Allemands en route

    Il y a quelques années, les déplacements se faisaient dans la direction opposée. Jusqu'à la chute du communisme et la transformation de la Pologne, l'Allemagne de l'Ouest était une destination de rêve pour les réfugiés polonais qui, avec des photos de leurs parents éloignés en uniformes de la Wehrmacht, sollicitaient des papiers allemands ou, faute de mieux, une Aufenthaltsbewilligung, une autorisation de séjour.

    Aujourd'hui, malgré les incitations pour venir travailler en Allemagne, sous forme d'offres de cours de langue gratuits, ou de formation professionnelle, ou même de versements de bonus exceptionnels par certaines entreprises, l'intérêt de nos compatriotes pour partir vivre au-delà de l'Oder est relativement faible.

    Les rôles se sont inversés, la Pologne est devenue pour des milliers de voisins de l'Ouest l'un des pays les plus attractifs pour vivre et faire carrière. Près de 6 000 sociétés allemandes, petites et moyennes pour la plupart, ont déjà jeté l'ancre en Pologne. La valeur des investissements allemands est estimée à 22 milliards d'euros, ce qui représentait l'an dernier 21% de tous les investissements étrangers en Pologne.

    Il y a quelques années, quand un Allemand déclarait vouloir partir travailler en Pologne, il entendait en règle générale : "Tu es fou ?!" Aujourd'hui, plus personne ne s'étonne. Les chômeurs allemands, en particulier ceux de la zone frontalière de l'ancienne RDA, y voient la possibilité de trouver un emploi fixe, et les jeunes diplômés une opportunité d'avancement professionnel et de missions plus ambitieuses.

    Bartłomiej Sochański, l'ancien maire de la ville de Szczecin et consul honoraire de la République fédérale d'Allemagne dans cette ville, parle de quelque 2 500  travailleurs allemands dans sa région : installateurs de plomberie et de chauffage, menuisiers, maçons, couvreurs, etc..., venus notamment des régions du Brandebourg et du Mecklembourg-Poméranie-Occidentale tout particulièrement touchées par le chômage. Nombreux sont ceux qui, installés de l'autre côté de la frontière, n'envisagent plus de retourner en Allemagne.

    Ce qui séduit les Allemands en Pologne est aussi le désir de retourner sur les traces familiales, ainsi qu’une certaine forme de nostalgie. Gotthard Sinapi a choisi le village Lekowo, à côté de Swidwin. Ce restaurateur de monuments de 58 ans est l'un des co-propriétaires du château, ou plutôt de ce qui reste de la bâtisse du XVIIe siècle. La restauration, financée par les membres de toute la famille éparpillée à travers le monde, a duré plusieurs années. Il reste encore beaucoup à faire, mais d'ores et déjà plusieurs chambres d'hôtes sont prêtes à recevoir des amateurs d'agrotourisme ; une salle de chasse a été aussi rénovée, tout comme la pièce qui, trois fois par an, accueille le public pour un concert.



    Les chevaux attendent

    Le plus connu des Allemands "polonais" est sans doute l'acteur Steffen Möller, devenu célèbre grâce à la série télévisée "M jak miłość" (A comme amour). Dans son one-man-show, ce véritable "ambassadeur" de notre pays en Allemagne (auteur du best-seller Viva Polonia. Als deutscher Gastarbeiter in Polen,  Viva Polonia, Un travailleur immigré en Pologne) prodigue des conseils à ses compatriotes sur la manière de s'insérer parmi les Polonais. "Je vous préviens : ce soir, certaines personnes devront jeter par-dessus bord leurs stéréotypes préférés – après tout notre voisin oriental est pour nous le pays d'émigration numéro 3!". Son dernier livre Expedition zu den Polen [Expédition en Pologne] a occupé pendant plusieurs semaines le premier rang des livres les plus lus en Allemagne. Dans les librairies et sur Internet, on voit un nombre croissant de livres spécialisés destinés aux émigrés et consacrés à la réglementation polonaise en matière de création d'entreprise, d’emploi, ou de système fiscal.



    "Cet ignoble trou, je suis trop jeune pour toute cette saloperie, j'ai besoin de musique et de danse, et d’un peu d'élégance, reprends toi et en route, là-bas je serai libre, là-bas je vivrai enfin, et je goûterai à l'amour, Theo, partons pour Łódź ". Cette chanson, reprise par la chanteuse grecque Yicky Leandros, était (il y a quelque temps...) un tube en Allemagne. Bien avant cela, à l'époque des partitions de la Pologne, elle a été chantée, notamment par des soldats autrichiens, qui l'accompagnaient d'un persiflage écrit par Fritz Löhner-Beda, un auteur juif assassiné en 1942 à Auschwitz. Les émigrés allemands trouveront-ils chez nous leur "terre promise" ? Quoi qu'il en soit "les chevaux attendent", comme dit la chanson.

    Piotr Cywiński
    Uważam Rze Varsovie

    Traduction : Lucyna Haaso-Bastin
    pour presseurop

     

    http://www.mleray.info/article-aujourd-hui-ce-sont-les-allemands-qui-traversent-l-oder-a-la-recherche-d-un-emploi-en-pologne-110810210.html


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  • Le TSCG n'étant pas encore ratifié, l'Allemagne prépare l'étape suivante de l'intégration européenne...

     

    Source: Coulisses de Bruxelles
    Auteur: Quatremer

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    Alors que la classe politique française est engagée dans un débat d’arrière-garde sur le traité d’union budgétaire (TSCG), qui est en réalité déjà entré dans les faits (depuis la réforme du Pacte de stabilité, lire ici), le gouvernement allemand est déjà en train de préparer la prochaine étape du grand jeu européen qui prendra la forme d’une réforme des traités destinée à accélérer l’intégration politique de la zone euro.

    Ainsi, le groupe Westerwelle sur « le futur de l’Europe », institué à l’initiative du ministre des affaires étrangères allemand, au début de l’année, a rédigé un rapport rendu public le 17 septembre. Outre l’Allemagne, les Pays-Bas, la Belgique, le Luxembourg, le Portugal, l’Espagne, l’Italie, l’Autriche, la Pologne et le Danemark ont envoyé leur chef de la diplomatie pour participer activement à ces travaux ouverts aux bonnes volontés.

    La France n’a rejoint cette enceinte informelle que tardivement, au lendemain de l’élection de François Hollande, et seulement à titre « d’observateur ».

    Ce document de huit pages liste les réformes nécessaires pour apporter une réponse « politique » à une crise dont la « dimension politique » a longtemps été niée. Il s’agit, même si le mot n’est pas prononcé, de dessiner ce qui pourrait devenir, à terme, une fédération dont la dimension démocratique est clairement affirmée.

    C’est le seul moyen, pour les promoteurs de ce rapport, de redonner une visibilité au projet européen et de dissiper les doutes sur la pérennité de la monnaie unique.

    L’exercice était difficile comme le montre le fait que certaines propositions n’aient réuni que « certains » États ou « la plupart » d’entre eux, sans qu’il soit précisé lesquelles. Pourtant, il ne réunissait qu’un nombre limité de pays (onze sur vingt-sept).

    C’est d’ailleurs pourquoi une « large majorité » du groupe Westerwelle est favorable à ce qu’à l’avenir les traités européens puissent être modifiés non plus à l’unanimité, mais à la majorité à condition qu’elle représente une part « significative » des États et des citoyens.

    De même, ils sont tous d’accord pour que des « intégrations différenciées » soient mises en place.

    Le rapport ne cache pas que l’urgence est d’intégrer d’abord la zone euro et les États qui veulent la rejoindre (les « pré-in »).

    Pour la première fois, il est clairement affirmé (par la plupart des membres du groupe) que le contrôle parlementaire devrait être réservé aux seuls députés européens de la zone euro dès lors qu’il s’agit de décisions (comme les grandes orientations de politiques économiques ou les recommandations de la Commission en matière économique et budgétaire) qui s’appliquent aux seuls États membres de l’union économique et monétaire.

    Et dès lors qu’il s’agit de questions strictement budgétaires, les parlements nationaux devraient aussi être impliqués : l’idée est de créer un « comité permanent » réunissant des représentants du Parlement européen et des assemblées nationales qui serait chargé de surveiller la Commission et l’Eurogroupe (les ministres des Finances de la zone euro).

    Le rapport réclame un nouveau renforcement des instruments permettant de s’assurer que les États tiennent leurs engagements budgétaires et soutient la création d’une union bancaire contrôlée par la BCE.

    Sur ce point, seuls « certains » États souhaitent « un mécanisme commun de garantie des dépôts et de résolution des crises bancaires ». Tous, en revanche, sont d’accord pour transformer le Mécanisme européen de stabilité (MES) en « Fonds monétaire européen » doté de pouvoirs renforcés. Plusieurs pays veulent aller plus loin en mutualisant les dettes publiques.

    Le rapport estime que l’Union doit peser davantage dans le monde. En particulier, il propose qu’elle siège en tant que telle dans les « organisations internationales », décide davantage à la majorité qualifiée en matière de politique étrangère et que le ministre des Affaires étrangères de l’Union chapeaute clairement les commissaires qui jouent un rôle dans le champ de la politique étrangère, mette en place une politique soutenable de l’énergie et communautarise les relations extérieures dans ce domaine.

    Dans le domaine de la défense, ils souhaitent qu’une « industrie européenne de la défense » voit le jour notamment par la création d’un marché unique des projets d’armement, et qu’une « armée européenne » soit créée (une option défendue par « certains » États seulement).

    Dans le domaine de la politique d’immigration, les ministres des Affaires étrangères du groupe voudraient voir émerger un corps de garde-frontières européens qu’accompagnerait la mise en place d’un vrai « visa européen ».

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    Au chapitre purement institutionnel, outre l’extension du vote à la majorité qualifiée au sein du Conseil des ministres, l’enceinte où siègent les États membres, et des postes de présidents permanents de ses différentes formations, le rapport milite pour une extension des pouvoirs du Parlement européen. En particulier, il lui reviendrait de désigner le président de la Commission qui serait la tête de liste du parti qui a remporté les élections européennes.

    Au sein de la Commission, dans un premier temps, une hiérarchisation des postes serait mise en place entre commissaires « seniors » et « juniors ». Certains États souhaitent que le président de la Commission soit en même temps président du Conseil européen (une possibilité ouverte par les actuels traités).

    À plus long terme, une partie des États veulent que le président de la Commission soit élu au suffrage universel (le gouvernement allemand défend cette hypothèse) et qu’il puisse librement choisir son « gouvernement », que le Parlement européen ait le droit d’initiative législative et, enfin, que le Conseil des ministres se transforme en Sénat des États.

    On notera un absent de taille dans cet ensemble de propositions ambitieuses : le budget européen qui est pourtant la clef du futur européen…

    Ce rapport se retrouvera en grande partie dans le texte que les « quatre présidents » sur l’avenir de la zone euro (président de la Commission, du Conseil européen, de l’Eurogroupe et de la Banque centrale européenne) vont soumettre en décembre prochain aux chefs d’État et de gouvernement.

    On aurait tort de croire que ces rapports resteront lettre morte.

    La chancelière Angela Merkel a déjà prévenu François Hollande, en juin, qu’elle demanderait, sans doute d’ici la fin de l’année, la convocation d’une « convention européenne » réunissant parlementaires nationaux et européens et représentants des États membres afin de préparer une réforme des traités.

    Elle est en tous les cas prête à organiser un référendum chez elle, comme l’exigera sans doute le Tribunal constitutionnel de Karlsruhe.

    La rapidité avec laquelle les pièces du puzzle du futur européen se mettent en place souligne de façon criante l’absence de la France qui préfère se déchirer sur un traité qui n’est que la condition sine qua non de cet approfondissement et non une alternative.

    Photos: Reuters

    http://canempechepasnicolas.over-blog.com


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  • Un rapport lève le voile sur les inégalités du modèle allemand

    Aujourd’hui, la moitié des Allemands n’ont plus droit qu’à 1 % seulement des richesses du pays. Le modèle allemand s’avère être un véritable gouffre social, comme le démontre le Rapport sur la pauvreté et la richesse, publié cette semaine par le ministère des Affaires sociales allemand.

    Hugo Franssen

    Entre 1992 et 2012, le patrimoine net de l’État allemand a été amputé de plus deUn rapport lève le voile sur les inégalités du modèle allemand 800 milliards d’euros. Parallèlement, les patrimoines nets privés ont carrément doublé, passant de 4 600 à pratiquement 10 000 milliards d’euros. Les mesures de sauvetage prises pour sortir de la crise financière et économique ont entraîné « un déplacement des dettes et créances privées vers les comptes publics », indique clairement le rapport. Il n’est dès lors pas étonnant que les communes et États fédérés allemands s’enlisent dans les dettes et que les « caisses vides » compromettent sérieusement les pensions.

    Le rapport insiste surtout sur « la répartition très inégale des patrimoines privés ». La part détenue par les 10 % les plus riches de la population « n’a cessé d’augmenter », passant de 45 % du total des richesses en 1998 à 53 % en 2008, alors que 50 % de la population doit se partager 1 % à peine de la totalité des richesses (4 % en 1998).

    Le rapport constate également d’importantes inégalités en ce qui concerne l’évolution des salaires. « Les hauts salaires affichent une tendance positive à la hausse, tandis que 40 % des salariés temps plein les moins bien payés ont vu leur salaire diminuer avec l’inflation. »

    Il s’agit là, selon le rapport, « d’une évolution qui porte atteinte au sentiment d’équité de la population ». Au début des années 1970, la part des salaires et allocations représentait encore 72 % du revenu de la population. En 2008, la part salariale ne s’élevait plus qu’à 62 %.

    « Plus pour longtemps »

    Tous ces chiffres sont exacts et officiels. Personne ne les conteste et leur publication fait énormément de bruit. Le Financial Times Deutschland a tenté de s’en tirer en argumentant que l’on devrait mettre l’accent sur « l’égalité des chances » et sur « la responsabilité personnelle » plutôt que de réclamer un impôt sur la fortune. Pour Gustav Horn, directeur du prestigieux Institut für Makroökonomie und Konjunkturforschung (IMK), « les débats portant sur l’instauration d’un impôt sur la fortune et d’un salaire minimum légal en Allemagne sont d’une importance capitale en ce qui concerne la recherche à la fois d’une plus grande équité et une dynamique économique ».

    Le 29 septembre prochain, « UmFAIRteilen » (redistribution équitable), un front qui rassemble 40 organisations sociales et syndicales, organise une journée d’action (actions, théâtre de rue, chaînes humaines, activités culturelles, etc.) dans plusieurs villes allemandes pour bien faire comprendre où se trouve l’argent. En effet, il serait naïf de croire qu’ils vont pouvoir continuer à appliquer leur « redistribution » moderne, celle qui va du pauvre au riche, sans être dérangés.

    http://www.ptb.be


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  • L’Allemagne rattrapée par l’austérité

    L'industriel allemand Siemens prévoit de supprimer 10 000 emplois

    La première économie de la zone euro commence à souffrir. Les carnets de commandes des entreprises se vident, les plans sociaux se multiplient. L’Allemagne va droit vers la croissance nulle.

    Lorsque le gros de son modèle économique est basé sur son excédent commercial, c'est-à-dire les exportations chez ses voisins, principalement européens, leur imposer l’austérité n’est pas une stratégie payante à long terme. L’économie allemande commence ainsi logiquement à marquer le coup, se contractant pour le quatrième mois consécutif. La croissance de l'Allemagne a ralenti à 0,3% au deuxième trimestre.
    La spirale est lancée : les investissements sont en chute et les commandes vers l’Europe baissent. Et les prévisions pour le second semestre sont pessimistes.

    Vers une hausse du chômage

    Les plans sociaux d’ampleur annoncés ne sont que la partie la plus visible de la hausse du chômage qui s’annonce, l’institut de conjoncture berlinois DIW prévoie la destruction de 200.000 emplois d’ici la fin de l’année. Dans le commerce et la distribution, les annonces de plans sociaux et de faillites se succèdent. Siemens vient d’annoncer la suppression prochaine de pas moins de 10 000 postes.

    Malgré ses difficultés économiques directement liées à l’austérité imposée chez ses voisins et clients, l’Allemagne se dit toujours contre laisser un peu d’air la Grèce, pays complètement asphyxié.


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  • Et elle désire que la Grèce ne fasse plus partie de cette zone. C'est l'AFP qui le rapporte, suite à un sondage effectué par un quotidien du pays d'Angela Merkel:

     

    Une majorité des Allemands pensent que leur pays serait en meilleure situation sans l'euro, selon un sondage paru ce dimanche, alors que le ministre de l'Economie a répété ses doutes sur le maintien de la Grèce dans la zone euro.

    Selon le sondage Emnid pour l'hebdomadaire Bild am Sonntag, 51% des Allemands pensent que l'économie de la première puissance européenne serait dans une meilleure situation si elle ne faisait pas partie des 17 pays de la zone euro. 29% pensent que la situation serait pire.

    Le sondage montre également que 71% des Allemands demandent que la Grèce sorte de la zone euro si elle ne tient pas ses promesses d'austérité.
    Le ministre de l'Economie enfonce le clou

    Le ministre allemand de l'Economie Philipp Roesler a de son côté estimé dans un entretien au journal qu'il y avait «des doutes considérables sur le fait que la Grèce tienne ses promesses de réformes».

    «La mise en oeuvre des réformes est hésitante. Aucune administration fiscale fonctionnelle n'a encore été mise en place. En outre, il n'y a eu pratiquement aucune avancée dans la privatisation des biens publics promise», a déclaré Roesler.

    «Si la Grèce ne remplit pas ses obligations, il n'y aura plus d'argent. Le pays sera alors insolvable», a-t-il ajouté.

    «Le programme d'aide est déjà très accommodant. Il n'y a pas de place pour de nouvelles concessions», a déclaré le ministre.

     

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    Note de ma pomme: Oui, ça ne s'arrange pas pour les économies de l'Ue. En Espagne, 53,4% des jeunes sont au chômage et la France prévoit de dépasser le cap de 10% des sans emplois. A part ça, on va donner encore du fric public aux banques et aux entreprises privées, pas aux sociétés nationalisées vu que c'est contraire au dogme capitaliste sur la concurrence libre et non faussée. La semaine dernière, François Hollande disait beaucoup de bien du patronat français.

    Ah, vivement la guerre pour ne plus parler de tout ça. Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères et ministre bis de la guerre, a un oeil sur le Mali. Mais pas sur les paradis fiscaux dont les plus importants sur notre vieux continent.







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  • Appels à "une union bancaire" pour sauver l’euro après le plaidoyer de Paris et de Bruxelles en soutien au sauvetage par l’UE des banques de l’Espagne en difficulté


    Les dirigeants européens semblent envisager un nouveau plan ambitieux et controversé pour une zone euro fédéralisée après que Paris et Bruxelles aient appuyé le plaidoyer de l’Espagne pour une opération de sauvetage par l’UE de ses banques en difficultés.

    Au début de trois semaines susceptibles d’être cruciales pour la survie de l’euro, le nouveau gouvernement français et la Commission européenne ont exprimé un fort soutien pour une nouvelle "union bancaire" de la zone euro pour sauver la monnaie unique.

    Le plan pourrait voir de vastes dettes nationales et des passifs bancaires mis en commun – qui seraient alors soutenus par la solidité financière de l’Allemagne - en contrepartie de quoi les gouvernements de la zone euro abandonneraient de leur souveraineté sur leurs budgets et leurs politiques budgétaires à une autorité centrale de la zone euro.

    La crise bancaire de l’Espagne, ajoutée à une volatilité extrême en Grèce avant les nouvelles élections générales du 17 Juin et le scrutin parlementaire français le même jour, ont aggravé l’atmosphère fébrile et inquiète les marchés.

    Une "bande des quatre" - le Président du Conseil européen, le Chef de la Commission, le Président de la Banque centrale européenne et un représentant des 17 ministres des Finances de l’Eurogroupe - a été chargée de rédiger des propositions pour une union budgétaire plus approfondie de la zone euro, devant être présentées à un sommet de l’UE à la fin du mois.

    "Vous ne pouvez pas exiger des euro-obligations, mais ne pas être préparés pour la prochaine étape dans l’intégration européenne", a déclaré la Chancelière allemande Angela Merkel ce week-end. "Nous ne serons pas en mesure de créer avec succès une monnaie comme cela, et personne en dehors de nous-mêmes ne nous prêtera de l’argent."

    Pierre Moscovici, le nouveau Ministre français des Finances, a déclaré qu’un fonds de sauvetage de la zone euro devrait être utilisé pour injecter des liquidités dans les banques qui s’effondrent. Ces paiements directs sont impossibles en vertu des règles existantes. Pierre Moscovici a ajouté que la France souhaite que le sommet mettre en place une union bancaire de la zone euro, qui prendrait la responsabilité de soutenir les banques en difficultés et de garantir l’épargne des déposants à travers les 17 pays.

    La commission et la France font pression sur l’Allemagne pour qu’elle s’aligne derrière leur proposition, ce qui nécessiterait qu’Angela Merkel obtienne l’accord de son Parlement. Le recentrage sur Angela Merkel intervient alors qu’elle a supporté quelques-unes des critiques les plus sévères durant la crise de 30 mois pour la façon dont elle a géré les turbulences de l’euro.

    Joschka Fischer, l’ancien Ministre allemand des Affaires étrangères, a averti que son pays et l’Europe étaient en danger d’autodestruction pour la troisième fois en un siècle, et a donné à Angela Merkel quelques mois pour changer de cap et sauvegarder la monnaie. Dans un article publié ce lundi, il écrit : "L’Allemagne s’est elle-même détruite - et l’ordre européen - à deux reprises pendant le 20e siècle, il serait à la fois tragique et ironique que l’Allemagne récidive par des moyens pacifiques et avec les meilleures intentions du monde et provoque la ruine de l’ordre européen pour la troisième fois."

    Lors d’une réunion à Berlin lundi soir, José Manuel Barroso, le Président de la Commission, était attendu pour faire pression sur Angela Merkel sur la question du sauvetage des banques, qui est devenue critique à cause de la situation d’urgence bancaire de l’Espagne.

    Le Premier ministre espagnol, Mariano Rajoy, est réticent à demander un plan de sauvetage à grande échelle de l’UE parce qu’il viendrait avec des conditions draconiennes et humiliantes. Il a le soutien de M. Olli Rehn, le Commissaire européen aux Affaires monétaires. "Il est important de considérer cette alternative de recapitalisation directe des banques", a déclaré M. Olli Rehn, "pour rompre le lien entre les souverainetés et les banques."

    En vertu des règles existantes pour le fonds de sauvetage, l’argent ne peut être seulement attribué qu’à des gouvernements qui peuvent demander un sauvetage de l’Etat et ensuite utiliser l’argent pour soutenir leurs banques en difficulté. La grande majorité du plan de sauvetage irlandais est toutefois allé directement aux banques en difficulté du pays.

    Au début de sa visite à Bruxelles, Pierre Moscovici a appelé à un changement dans les règles : "Nous sommes en faveur de cette union bancaire", a-t-il dit. "C’est une question fondamentale pour laquelle des propositions sont sur la table."

    Le banquier le plus important d’Espagne, Emilio Botin, le patron de Santander, a appelé à une aide du fonds de sauvetage européen. Il a indiqué que quatre des banques espagnoles nécessitaient 40 milliards d’euros de nouveau capital "et que ce serait suffisant". Les chiffres d’Emilio Botin incluent 19 milliards d’euros que le gouvernement espagnol s’est déjà engagé à injecter dans la banque en difficultés Bankia – une somme que l’Espagne ne possède pas.

    L’évaluation d’Emilio Botin est toutefois en contradiction avec celle des analystes bancaires, qui estiment que les banques espagnoles ont besoin de jusqu’à 100 milliards d’euros. Santander, qui exploite une entreprise bancaire sanctuarisée au Royaume-Uni, ne figure pas parmi celles qui sont jugées avoir besoin de capitaux frais. Cependant, il est probable que si le nouveau soutien direct de la banque était approuvé pour l’Espagne, l’Irlande et le Portugal pourraient demander un traitement similaire.

    Dans un discours prononcé en Italie ce week-end, le financier George Soros a prévenu que Mme Angela Merkel n’avait pas plus de trois mois pour résoudre le problème de l’euro, mais il a décrit la perspective d’une sombre nouvelle zone euro contrôlée par Berlin.

    "Il est probable que l’euro va survivre car une défaillance serait désastreuse non seulement pour la périphérie, mais aussi pour l’Allemagne," a-t-il dit. "L’Allemagne est susceptible de faire ce qui est nécessaire pour préserver l’euro - mais rien de plus."

    "Cela se traduirait par une zone euro dominée par l’Allemagne dans laquelle la différence entre le créancier et les pays débiteurs continuerait de se creuser et la périphérie se transformerait en zone déprimée de façon permanente, dans le besoin de transferts constants de paiements ... ce serait un empire allemand avec une périphérie tel un arrière-pays."

    Les propositions en cours d’élaboration pour le sommet sont certaines de comporter des appels à une forme d’eurobond par lesquels l’Allemagne et d’autres pays créanciers moins importants garantiraient les dettes des Etats membres en difficultés.

    Le schéma directeur, non encore finalisé, a toutefois été minimisé par la Commission européenne. "Il n’y a pas de plan directeur", a déclaré une porte-parole, Pia Ahrenkilde-Hansen. La notion a également été démentie lundi à Berlin - mais pas exclue. "Nous parlons de plusieurs années et certainement pas d’une solution que nous envisageons à propos de la situation problématique actuelle", a déclaré le porte-parole d’Angela Merkel.

    En contrepartie de céder à la pression de payer pour sauver l’euro, Berlin va insister sur de grands pas vers une fédération de la zone euro ou une union politique avec des pouvoirs budgétaires, fiscaux, et un contrôle dévolus à Bruxelles et à la Cour de justice européenne, ce qui signifie de vastes transferts de souveraineté des Etats membres.

    Le gouvernement portugais a déclaré que trois de ses principales banques recevraient des injections de capital de 5,8 milliards d’euros, en utilisant des fonds fournis dans le cadre d’un renflouement du pays de 78 milliards d’euros.

    Les banques incluent les plus importantes du Portugal, Millennium, ainsi que BPI et la banque d’État Caixa Geral de Depósitos. Une seule des grandes banques du pays, Banco Espirito Santo, survit sans financement de l’État.

    Ian Traynor & Giles Tremlett, le 05 juin 2012.

    Source : Germany weighs up federal Europe plan to end debt crisis

    URL de cet article 16890
    http://www.legrandsoir.info/l-allemagne-soupese-un-plan-federal-europeen-pour-mettre-fin-a-la-crise-de-l-euro-the-guardian.html

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  • La nounou de l’Europe, Angela Merkel, est isolée - Les vents sont désormais contraires à l’austérité (Counterpunch)

    Deepack TRIPATHI
     

    Après les élections récentes en France et en Grèce beaucoup de commentateurs ont suggéré que les années de pouvoir du centre droit en l’Europe touchaient à leur fin. La défaite du président Nicolas Sarkozy et la victoire du candidat socialiste François Hollande en France, et l’effondrement, en Grèce, des partis politiques qui ont laissé le capitalisme sauvage se déchaîner et le chaos s’installer, sont des événements majeurs. Mais on ne peut pas encore être certain qu’ils constituent un tournant vers le retour de la démocratie sociale en Europe occidentale.

    L’opinion publique s’est certainement radicalisée d’une manière inquiétante. Les sociétés européennes sont en train de s’atomiser à cause de leur perte de confiance dans les partis politiques principaux et leurs leaders. Alors que le continent vit une grave crise, des millions de gens ont l’impression que leurs leaders sont à la fois incapables et non désireux de chercher des solutions pour aider les plus vulnérables.

    Les masses sont dégoûtées des politiciens professionnels à qui elles ont fait confiance encore et encore. Les récentes élections nationales et régionales en France, en Grèce et en Allemagne montrent que les électeurs quittent les partis principaux parce que leurs programmes et leurs lignes politiques les ont déçus. La même chose s’est produite dans les récentes élections locales en Angleterre. Malheureusement quand un gouvernement est battu, le vainqueur continue dans le même sens que le gouvernement sortant. Un total mépris des masses et l’obsession comptable "d’équilibrer les comptes" sont à l’origine de l’austérité qui est imposée aux citoyens ordinaires dans tout le continent européen. Avec comme résultat l’effondrement des politiques traditionnelles et la montée de groupes extrémistes.

    Le phénomène en Europe reflète ce qui se produit aux Etats-Unis depuis des années. La différence est qu’en Europe le pouvoir coercitif d’institutions financières supranationales soutenues par les Etats-Unis se distingue par une hâte et une férocité extraordinaires. Il va à l’encontre du consensus libéral de l’après-guerre qui s’est construit sur les ruines des deux guerres mondiales du siècle dernier.

    Les évènements les plus traumatisants ont lieu en Grèce. L’effondrement du Mouvement Socialiste Panhellénique (PASOK) qui est passé du pouvoir à quelques pour cents de votes, et la perte d’une tiers de son électorat par le Nouveau Parti Démocratique aux dernières élections sont dramatiques. Le résultat est l’émergence de nouveaux groupes politiques, dont le plus notable est Syriza, qui sont catégoriquement opposés aux mesures d’austérité auxquelles l’Allemagne, le plus riche pays d’Europe, tient absolument.

    La chancelière allemande, Angela Merkel, a ses propres contraintes intérieures. L’opinion publique allemande s’oppose à l’idée d’aider d’autres pays à sortir de la crise. Mais en refusant de céder sur les coupes drastiques et de promouvoir la croissance économique, elle a donné le sentiment qu’elle ne prenait pas en considération le choix démocratique des Grecs. L’impression que Bonn impose son diktat est particulièrement mal ressentie en Grèce à cause du souvenir toujours vivace de l’occupation nazie du pays pendant la seconde guerre mondiale. Les grecs sont peut-être les membres les plus pauvres de l’Union Européenne mais ils sont fiers de leur histoire et de leur civilisation.

    Le refus de l’électorat grec d’accepter davantage de coupures drastiques se reflète dans le clivage extraordinaire du pays qui a rendu impossible la formation d’une coalition gouvernementale. L’annonce que la chancelière allemande avait dit que la Grèce devait faire un référendum pour savoir si elle voulait garder ou non l’euro a échauffé encore davantage les esprits et l’Allemagne a du la démentir. Toutefois, la prochaine élection de juin sera bien un référendum sur le maintien de la Grèce dans la zone euro. Dans le cas contraire, la Grèce sortira du carcan qu’est devenu la zone euro, se déclarera en faillite et engendrera une "catastrophe" financière comme de nombreux adeptes du libre-échange l’ont prédit avec passion.

    La dernière décennie a vu le recul des politiques démocratiques et sociales en Europe. De la Scandinavie, au nord, à l’Italie et la Grèce au sud, la droite politique a dominé tout le continent. Cependant, juste au moment où les vieux sociaux démocrates semblent complètement vaincus, de nouvelles forces commencent à surgir. Grâce à leur combat la tendance commence à se renverser.

    Ces derniers mois, la chancelière allemande Merkel a fait l’effet d’une nounou sans coeur incapable de gérer la crise grecque. Tant qu’elle avait comme allié le président de la France, Nicolas Sarkozy, le couple a dominé. Mais maintenant la Grèce n’est plus le seul pays européen en crise et Merkel est sérieusement affaiblie par au moins deux facteurs. Le premier est la défiance du peuple grec. Le second , encore plus important, est la défaite de Sarkozy aux élections présidentielles au profit de son rival socialiste, François Hollande. Comme la Grèce, la France se prépare à élire son assemblée nationale en juin ce qui mettra presque certainement fin à la domination de la droite en France. Quand à Merkel, la défaite de son parti dans la région la plus peuplée d’Allemagne, la Rhénanie de Nord-Westphalie, par les sociaux démocrates est une revers majeur pour sa coalition de centre droit.

    Voilà donc que le courant s’est renversé en Europe et que la gauche sort du bois. Mais on ne sait pas encore si cette nouvelle gauche sera capable d’audace, car elle est divisée et la droite toujours très puissante lui donnera du fil à retordre. On ne peut pas encore être sûr que la gauche gagnera la lutte idéologique qui l’oppose à la droite.

    Deepak Tripathi

    Deepak Tripathi est un écrivain qui s’intéresse entre autres à l’Europe d’après la guerre froide. Il tient un blog (http://deepaktripathi.wordpress.com) et on peut le joindre à : dandatripathi@gmail.com.

    Pour consulter l’original : http://www.counterpunch.org/2012/05/21/the-tide-is-turning-a...

    Traduction : Dominique Muselet pour LGS

    URL de cet article 16748
    http://www.legrandsoir.info/la-nounou-de-l-europe-angela-merkel-est-isolee-les-vents-sont-desormais-contraires-a-l-austerite.html

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  • Baptisé “Blocupy Frankfurt”, le mouvement regroupe des organisations anti-capitalistes. Il devait investir la capitale financière allemande durant 4 jours. Mais ni la municipalité de Francfort, ni la justice allemande n’ont donné leur fe vert, jusqu‘à aujourd’hui, et après
    quelques éclats de désobéissance civile survenus vendredi.

    “ Je ne suis pas là pour protester contre quelque chose, témoigne Wuck Lienert, un manifestant. Mais je manifeste pour un monde dans lequel chacun aurait de quoi manger, de quoi se soigner, et où le fossé entre pauvres et riches ne se creuserait pas.”

    “La zone euro est cramée”, “Quand l’injustice devient la règle, la résistance devient un devoir” les manifestants dénoncent de manière plus globale les programmes d’austérité, à quelques pas de la Banque centrale européenne (BCE), placée pour l’occasion sous haute surveillance.

    “C’est assez drôle que les quartiers d’affaires soient bloqués par les autorités et non par les manifestants, s’amuse une manifestante. Je trouve que leurs mesures de sécurité frôle l’hystérie.”

    Au moins 20 000 personnes ont rejoint cette manifestation à caractère pacifique. L’intention toutefois n’a pas suffi à rassurer : les boutiques de luxe étaient fermées et le quartier des banques, verrouillé.

     

    Copyright © 2012 euronews


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