• A Narbonne, la vente militante de muguet est verbalisée

    A Narbonne, selon que vous serez coco ou commerçant...

    12 Juin 2013 , Rédigé par Le Mantois et Partout ailleurs  

    Narbonne est administrée par par le maire Jacques Bascou du Parti socialiste. Lors du Premier mai 2013, voilà que des communistes ont entrepris de vendre du muguet sur la voie publique. C'est là une tradition qui remonte à loin dans l'histoire du mouvement ouvrier, notamment dans celle du PCF. Ce que confirme d'ailleurs le Journal officiel du 4 juin 2001: « Cette vente effectuée par des personnes non munies des autorisations nécessaires fait l'objet, de la part des autorités locales, d'une tolérance admise à titre exceptionnel, conformément à une longue tradition. Au demeurant, de nombreuses communes organisent elles-mêmes, par arrêté municipal, la vente du muguet par des particuliers le jour de la fête du Travail ».

     

    Mais revenons à ce Premier mai 2013. Ce jour-là donc, des cocos proposent du muguet lors du rassemblement syndical qui se tient devant les Halles commerçantes de la ville. A cause de travaux importants dans le centre de Narbonne, le rassemblement s'est replié à cet endroit.

    Or la police municipale est venue verbaliser Jean-Pierre Maisterra, ancien conseiller municipal coco de Narbonne, pour vente illicite, vu l'arrêté de monsieur le maire interdisant de vendre du muguet à des fins commerciales devant les Halles de Narbonne.

    Et zou, vendredi dernier, Jean-Pierre Maisterra est convoqué au commissariat de police de Narbonne pour répondre de son acte hautement répréhensible. Il attend désormais les suites à son sujet.

    Jean-Pierre Maisterra s'est expliqué sur cette tradition ouvrière de vendre le muguet le jour du 1er mai, une différence entre une vente sauvage à des fins commerciales et une vente militante. Surtout, il s'est étonné que le même Jean-Pierre Bascou ait autorisé deux fleuristes patentés des halles de vendre sur le parvis, par arrêté de monsieur le maire, "à titre gratuit, précaire et révocable, à occuper le sol de la voie publique pour y vendre du muguet à l'occasion de la fête du 1er Mai ".

    Deux poids, deux mesures donc dans Narbonne, qui plus est en bafouant une tradition ouvrière.

     

    Bon, oui, c'est vrai, le PS professe désormais qu'il n'y a plus de classes populaires en France. Et il y a longtemps qu'il a gommé le mot ouvrier ou camarade de son vocabulaire. Il est plus du côté des cols blancs que des bleus de travail.

    Et si le PCF de Narbonne avait proposé des roses lors du rassemblement syndical de ce 1er mai, ça aurait marché?

     

    Je me souviens de deux temps ancien dans Narbonne, ma ville natale.

    En 1871, elle s'enflamma et créa une Commune à l'instar de celle de Paris.

    En 1907, lors de la révolte du Midi viticole, elle s'enflamma à nouveau et la troupe fusilla dans les rues de la ville. Le 19 juin, on releva deux morts dont un adolescent de 14 ans. Le lendemain, 5 morts gisent à terre dont une jeune fille de 20 ans, et 32 blessés. Ernest Ferroul, le maire de Narbonne, qui a pris fait et cause pour la révolte, est arrêté.

    Lorsqu'il fut député, il siégeait à l'extrême gauche de l'Assemblée nationale, aux côtés de Jean Jaurès du Parti socialiste de l'époque.

    Mais c'était encore le temps du muguet et des ouvriers, pas celui de la trahison.

    Allez, la chanson du 17e, quand la troupe tourne les crosses à Béziers, la cité voisine, pour ne pas fusiller le peuple révolté:
     

    La vente du muguet le 1er mai est une tradition du mouvement ouvrier comme ici à Lille, en 2013

    Politique - le 11 Juin 2013

    A Narbonne, la vente militante de muguet est verbalisée

    Convoqué au commissariat vendredi dernier, Jean-Pierre Maisterra, militant et ancien élu communiste narbonnais, risque une amende pour vente de muguet lors du 1er Mai.

    Vendredi dernier, c’est en groupe que les militants du PCF de Narbonne se sont rendus au commissariat de la ville. Pas de gaieté de cœur mais par solidarité avec l’un des leurs, Jean-Pierre Maisterra, un ancien élu municipal communiste, qui a fait une triste expérience à l’occasion du dernier 1er Mai. Pour avoir vendu du muguet, il a été verbalisé par la police municipale, revenue à la charge à la fin du rassemblement syndical aux abords duquel avait eu lieu la vente. « C’est pourtant une tradition du mouvement ouvrier, s’indigne-t-on du côté des militants. Le principal intéressé qui, en l’occurrence, distribuait des tracts ce jour-là, mais « a donné son nom puisqu’il en fallait un », attend désormais la décision du commissaire quant à la potentielle amende dont il pourrait écoper.

    La législation, pourtant, n’établit pas formellement d’interdiction. « Cette vente effectuée par des personnes non munies des autorisations nécessaires fait l'objet, de la part des autorités locales, d'une tolérance admise à titre exceptionnel, conformément à une longue tradition », précise une réponse ministérielle publiée au Journal officiel, le 4 juin 2001. Mais elle poursuit : « Au demeurant, de nombreuses communes organisent elles-mêmes, par arrêté municipal, la vente du muguet par des particuliers le jour de la fête du Travail ».

    A Narbonne, c’est ce qui aurait valu au communiste d’être verbalisé. «La police municipale est intervenue mercredi, dès 6 heures du matin et jusqu'à 13 heures, pour faire évacuer plusieurs installations illicites selon les termes de l'arrêté. Tous les contrevenants se sont soumis aux injonctions de la force publique, sauf M. Maisterra et son groupe », a affirmé, à l’Indépendant, le cabinet du maire socialiste de la commune, Jacques Bascou, estimant que « le Parti communiste n'a jamais été autorisé à installer une table de vente sur le parvis des Halles ».
    « Mais il y a toujours eu, traditionnellement, des communistes, que ce soit les jeunes communistes, le PCF de Coursan ou de Narbonne, qui vendaient du muguet au rassemblement du 1er Mai », objecte Jacqueline Rougier, l’une des responsables de la section du PCF. « Par le passé, il y avait une sorte de consensus, de tolérance, rappelle Jean-Pierre Maisterra, or le rassemblement syndical, du fait des travaux en centre ville, s’est tenu, cette année, devant les Halles commerçantes ».

    Et à cet endroit, tout le monde ce jour-là n’a pas été logé à la même enseigne. « Pour faire plaisir à quelques fleuristes, un arrêté municipal réglemente la vente dite sauvage du muguet et interdit de fait la vente militante devant les Halles », s’indigne Jean-Pierre Maisterra, qui y voit « une assimilation entre la vente militante et la vente sauvage commerciale ». Et, de fait, si les militants se sont vus sanctionnés, certains commerçants ont obtenu des autorisations spéciales. C’est le cas de deux fleuristes exerçant dans les Halles centrales, « autorisés, à titre gratuit, précaire et révocable, à occuper le sol de la voie publique pour y vendre du muguet à l'occasion de la fête du 1er Mai » par arrêtés du 29 avril 2013. 
    « Sur le fond, conclut le militant, cette affaire nous inquiète parce qu’avec cette réglementation, c’est la pratique citoyenne qui est encadrée au-delà de toute tradition, de toute compréhension et même de toute volonté de la développer. »

    Vente du muguet sur la voie publique le 1er mai : quelle réglementation ? (Direction de l'information légale et administrative). La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) précise la réglementation en matière de vente du muguet sur la voie publique le jour du 1er mai. La vente du muguet sur la voie publique par les particuliers le 1er mai s’apparente à une tolérance admise à titre exceptionnel de la part des autorités locales conformément à une longue tradition. De nombreuses communes réglementent cependant par arrêté municipal la vente occasionnelle du muguet ce jour-là. En dehors de la vente du muguet le 1er mai, les ventes de fleurs, ainsi que toutes ventes sur la voie publique, sont réglementées.

    Julia Hamlaoui


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