• 18 juin : La pelle qu'à pris la droite ne doit pas empêcher de vite se mettre en résistance.

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    Et maintenant, une fois passée l'écume de la déferlante rose, reste les gens sur la grève, trempés, avec parfois la gueule bois qui vont tenter de retrouver leurs repères.


    Notons que les élections, c'est comme pour les vacances, un français sur deux ne se retrouve pas sur la plage même si c'est tout le pays qui refuse de se retrouver sur le sable.


    La nouveauté de cette marée c'est la recomposition du biotope et l'arrivée à la côte de signe évident de pollution structurelle des mers. Les traces brunes mazoutent la démocratie. Nettoyons le mazout, énergiquement, mais cherchons surtout de quel réservoir il s'est échappé. Si la marine a provisoirement sombré ce sont les côtes méditerranéennes qui sont le plus touchées.

     

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    Droite : les gamelles se rammassent à la pelle mais la Canaille lui n'a pas oublié


    Obsolescence de la flotte, querelles d'armateurs, près de Ré, la Royal nous la fait Mers-el-Kebir. On ne pleurera pas.


    Quand à la charrette des déboulonnés le mot n'aurait pas été déjà utilisé pour la flotte, on pourrait dire "Quinte flushe Royal" :


    Guéant le crotale chassé du bois de Boulogne et du pont de Sèvre, Alliot-Marie ses frasques accrochées à ses basques, Morano l'aigrie de Toul, Maryse Joissains-Masini à Aix, Hervé Novelli l'"ex" nazillon de Touraine, Manuel Aeschlimann le truand de Clichy. On ne cachera la jubilation à voir leur déconfiture tordre de haine leur visage.


    Mais l'essentiel n'est pas là.


    Le plus important de ce scrutin est ici : Au bout d'une histoire commencée glorieusement, sauf coup de pouce de ceux qui ont réussi leur opération de fusion absorbation, le PCF disparait de l'hémicycle et les députés qui ont été élus siègeront sous une appellation autre que celle de leur identité politique initiale.

     

    D'une certaine façon le mot communisme va ainsi se trouver détartré et permettre de poser son avenir sans que la propriété abusive du titre fasse obstacle. Soyons clair le PCF était devenu aussi communiste en 1997 que le PS est resté socialiste après le vote de l'union sacrée.


    Cette disparition coïncide avec un moment historique où tout exige de construire des solutions anticapitalistes fortes, du besoin d'une organisation communiste. C'est pour avoir refusé de s'y engager que le maintenant ex-PCF (puisqu'il n'est plus lisible seulement que dans le marc du FdG) en est arrivé là.


    Dans une tribune de l'Humanité publié le jour de l'élection JF Marx dit en substance :

     

    Réduire la crise à une dimension purement financière en prétendant « dompter » les marchés financiers, n'est-ce pas persévérer dans cette erreur faisant d'un capitalisme raisonnable un objectif à portée d'une « bataille intellectuelle »?

     

    Il faudra bien revenir aux fondamentaux qui font du capitalisme, quelle que soit sa forme, un redoutable prédateur qui consomme ses proies avec trop souvent leur consentement.

     

    Renverser le courant suppose que soit inversé le rapport de forces: ceux qui, avec la théorie d'un capitalisme à visage humain que colporte le Collectif Roosevelt, croient à une humanité meilleure grâce à la régulation comme horizon, nous préparent un avenir de désillusions.

     

    Il rappelle opportunément ce que dit ici La Canaille depuis qu'il noircit ses p@ges : le capital, ce n'est pas de l'argent mais, comme l'a démontré Marx, pas J-François mais Karl, il est d'abord un rapport social, un rapport social d'exploitation.


    Reste cette masse de gens qui ont fait confiance et qui se trouve dépité. La pire des solutions serait de dire "face aux faillis nous voici". Ce serait repartir avec le même handicap de départ : se mettre en représentation et non construire avec ceux qui sont déjà dans la salle.


    Le capital est là toujours plus féroce avec les forces politiques dont il s'est doté, droite classique et extrême qu'il va remodeler pour garder le système en tentant patiemment de reconquérir la maitrise totale des institutions. Il a le temps pour lui puisque les majoritaires de ce matin ne sont pas décidés à lui faire des misères.


    Le PS qui une fois pour toute a décidé de s'accommoder du système au point que nombre de ses ministres et députés siègent dans les conseils d'administration des entités spoliatrices des peuples, est toujours là, même plus roue de secour mais roue motrice d'un 4X4 dont l'Elysée est le recherché levier de commande. 


    Le FdG qui ne garde du PCF que la pratique électoraliste ne cherche d'issue que dans la volonté d'avoir regard sur les clés du coffre mais refuse de débrancher ce qui les abondent.


    Dans l'outillage indispensable pour équiper la paroi à gravir pour réaliser la transformation politique, les trois phrases de JFM ne doivent ne pas être laissées dans la vallée. De même que partir avec ceux qui par choix se sont mis en situation de manquer d'oxygène doit les tenir à distance tant il est sûr qu'avec eux la cordée est condamnée à dévisser.


    Pour renverser le capitalisme, il nous faut à la foi un outil qui le combatte fermement pour totalement le subvertir au point de remodeler un paysage économique et social définit non pas par ceux qui "dirigeraient" l'outil mais celui qui s'en sert : le peuple souverain. Besoin aussi des moyens pour neutraliser ceux qui sont en permanence décidés à s'en accommoder. C'est en cela que la démocratie est le moyen de cette subversion et que le combat doit s'engager pour la faire avancer de partout dans les entreprises et lieux d'activités et de travail,  les quartiers,  les institutions.


    Et la canaille pour cela n'en démordra pas ce n'est pas d'un comité central autoproclamé et de son bureau politique qui pense pour les autres qu'il faut construire. Mais rassembler et faire débattre proposer engager des rapports de forces pour à tout niveau imposer d'autre choix.


    Dans le moment, ce dont le pays à besoin, c'est de rassembler tous les défricheurs pour installer un camp de base capable d'accueillir ceux qui veulent s'engager dans l'ascension et de proposer de prévoir le stockage de l'outillage politique pour s'engager dans la pente, d'aider chaque nouvel arrivant à trouver sa place pour y contribuer.


    Bref construire une démarche autogestionnaire, subversive, qui attaque le capital dans tous les espaces de sa domination, fasse craquer ses dogmes, parte à la conquête des richesses qu'il confisqiue pour socialement les répartir, impose des droits dont nombres restent à inventer à mesure des avancées.


    Bref, si on lève a tête du guidon pour embrasser l'horizon, ce scrutin peut libérer l'espace pour que naisse un projet communiste.

    Par canaille le rouge


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