• "Du rouge au Front" ?

    Le Magazine de la rédaction de France Inter, Interception, a diffusé dimanche 20 novembre un reportage consacré au glissement du vote ouvrier du "rouge" vers le "Front national" à partir d’une enquête réalisée en Moselle, plus précisément à Gandrange et Florange sur le site d’Arcelor Mittal, mis à l’arrêt "momentanément".

    Indépendamment de ce que l’on peut penser du « Front National » ou du « vote ouvrier », je trouve ce reportage raté et abusif. Il ne cherche pas à restituer une situation pour permettre à l’auditeur de comprendre, mais à illustrer une thèse et une analyse que les journalistes de France Inter ont déjà effectuées et qu’illustre le titre de l’émission comme son accroche : « Du rouge au Front : Lorsque le vote ouvrier se tourne vers l’extrême droite... du Parti Communiste au Front National, une voie de passage observée par Julie Pietri ». L’affirmation est d’autant plus abusive que le commentaire du reportage lui-même la dément au bout de quelques secondes d’émission !

    On entend en effet l’affirmation suivante (très juste cette fois) : « la Moselle vote traditionnellement à droite ». Si la Moselle vote traditionnellement à droite, la radicalisation d’une partie du corps électoral vers l’extrême-droite, en période de crise, est d’une rare logique (c’est aussi la démonstration de l’article académique cité en appui du reportage consacré au vote ouvrier sous la Vème République : chez les ouvriers communistes, le déclin du PCF s’accompagne d’un glissement vers l’abstention. Chez les ouvriers qui votaient à droite, la crise économique les pousse à voter à l’extrême-droite). Alors pourquoi ce titre : « Du rouge au Front » ? Pourquoi laisser entendre qu’il existe une voie de passage entre « communisme » et « Front national » ?

    Avant d’y répondre, quelques rappels qui montrent encore une fois la légèreté de France Inter et son amateurisme dans l’investigation sociologique.

    Le reportage cherche une illustration à une question dont il connaît déjà la réponse, cela donne une réduction de la Lorraine à la Moselle et de la Moselle à Gandrange. Cela donne une journaliste qui s’acharne à tirer des vers du nez d’électeurs de gauche et un aveu d’extrême-droite, même lorsque ces derniers ne cessent de dire qu’ils n’iront pas jusque là. Or la Lorraine est un territoire hétérogène, de la même manière qu’un électeur ne se prononce pas politiquement avec le même degré d’engagement qu’un sympathisant, un adhérent ou un militant.

    Le reportage accumule les poncifs habituels « Lorraine = sidérurgie ». Ce n’était déjà pas le cas au plus fort du « Texas Lorrain » dans les années 1950 où les industries de la sidérurgie, des charbonnages et du textile regroupaient à peine le tiers des ouvriers lorrains de l’époque. Ça ne l’était pas non plus au fort de la crise en 1978-79 même si dans les bassins de mono-industrie comme à Longwy-Villerupt, dans la Vallée de la Fentsch ou de l’Orne, la sidérurgie représentait tout. Ça l’est encore moins dans cette partie de la Moselle proche du richissime Luxembourg qui voit des dizaines de milliers de frontaliers faire la navette tous les jours pour gagner des salaires (de l’ouvrier au cadre bancaire) nettement supérieurs aux salaires français.

    La représentation « misérabiliste » de la Lorraine par les médias parisiens est une constante depuis la fin des années 1970. C’est une manière d’en rajouter aux situations de détresse que connaissent les ouvriers licenciés et qui rend très peu justice à leurs points de vue ou à leur combat.

    La Lorraine est historiquement une région très conservatrice et très catholique. C’est précisément ce qui explique une implantation très tardive du mouvement ouvrier, a fortiori du mouvement ouvrier communiste. Celui-ci date de l’après-seconde guerre mondiale et s’est développé dans certaines enclaves industrielles précises, notamment en Meurthe-et-Moselle, selon des règles bien connues des sociologues et des historiens. Ne pas commencer un reportage sur La Lorraine en rappelant la diversité de son territoire, à commencer par la frontière culturelle et politique qui traverse la Meurthe-et-Moselle de la Moselle (annexée par l’Allemagne comme l’Alsace), la domination d’une Lorraine rurale (très visible en Meuse ou dans les Vosges), ou le développement du paternalisme comme mode de gestion de la main-d’œuvre industrielle par des patrons chrétiens, est une aberration.

    C’est essentiellement dans le bassin de Briey (des mines de fer au secteur sidérurgique de Longwy-Villerupt) que l’on trouvait l’implantation la plus forte du parti communiste en milieu ouvrier. Celle-ci s’est construite autour de l’immigration italienne (économique et antifasciste) des années 1930 aux années 1970. Cette quasi loi sociologique qui identifie un lien entre origine italienne et vote communiste ne fonctionne que dans les espaces où cette immigration a été massive, très ancienne et en provenance des zones de l’Italie centrale déjà très marquées par le socialisme italien. C’était le cas dans le nord de la Meurthe-et-Moselle.

    Ce n’était pas le cas dans la Vallée de la Fentsch (et donc à Gandrange) où l’on trouvait une immigration italienne moins massive, plus récente (années 1950) et en provenance du sud de l’Italie (dominé par la démocratie chrétienne). Cela n’empêchait pas les communes du nord de la Moselle au contact des zones plus rouges de la Meurthe-et-Moselle de connaître leur influence à l’inverse des zones charbonnières de l’est et du nord de la Moselle où l’on trouve une classe ouvrière plutôt conservatrice (notamment dans la Moselle germanophone).

    La réticence de la Moselle à l’égard de la gauche a aussi été alimentée par l’épisode malheureux des dizaines de milliers de jeunes mosellans obligés de servir dans l’Armée allemande avant de se retrouver dans le goulag de Tambow. A cette particularité historique, il faut en ajouter une seconde. Aux Français de l’Est obligés de quitter l’Alsace-Lorraine en 1870, on a fait miroiter « les terres promises » d’un nouvel eldorado « français » : l’Algérie. Ce qui explique le niveau très élevé de sympathisants pro « Algérie française » en Moselle à la fin de la guerre d’Algérie et les actions criminelles de l’OAS comme des gardes d’usine tout occupés à la chasse des militants FLN dans des établissement industriels qui ne pouvaient pourtant fonctionner sans la présence de milliers de travailleurs algériens.

    Terre de droite labourée par des gens de droite, on s’étonne à peine de voir aujourd’hui le discours nationaliste et xénophobe du Front National s’épanouir à merveille dans des espaces écrasés par trente ans de dérégulation sociale, de licenciements et de baisse des salaires ouvriers.

    Si le Front National mime volontairement ce que fut le parti communiste en s’adressant aux ouvriers (on rappellera que le « Front national » est historiquement le nom du parti communiste dans la Résistance à l’occupant nazi. Sa récupération par Le Pen dans les années 1970 est une belle opération de manipulation politique), il n’en demeure pas moins un parti réactionnaire qui n’a que le mot « peuple » à la bouche, car il est bien loin de défendre les intérêts de classe du monde ouvrier. Sa vision du monde, comme ses propositions sont rétrogrades et antidémocratiques.

    Alors, la question demeure, pourquoi ce titre ? Pourquoi « du rouge au front », si visiblement le reportage, sans le savoir, ne fait qu’enregistrer en fait de passage du « communisme au Front National », le passage de la droite à l’extrême-droite ?

    La thèse n’est pas nouvelle, elle reproduit ce que l’on répétait déjà dans les commentaires politiques au milieu des années 1980 : l’idée que les « deux extrêmes se rejoignent ». Elle-même reproduction de la vulgate éditoriale du « totalitarisme » très en vogue dans les années 1970 (notamment au sein de la gauche anticommuniste) qui consistait à dire « il existe un fascisme rouge, ça s’appelle le communisme ». Le mur est tombé mais l’invitation au passage demeure qui prend encore d’autres formes, notamment cette idée qui consiste à renvoyer dos à dos « populisme de droite » et « populisme de gauche » ou à réduire les débats d’idées à la fonction tribunicienne des partis dits « ouvriers ». Le Front National jouerait le rôle d’exutoire pour une classe ouvrière broyée par la mondialisation comme le PCF l’avait fait en son temps. C’est faire abstraction de la radicale opposition des idées et des valeurs portées par ces deux partis.

    Il n’y a rien de commun entre le « rouge » et le « Front » car il n’y a rien de commun entre le progrès social, la démocratie et l’élévation économique pour tous et le nationalisme étroit, la bêtise xénophobe, le retour en arrière, la régression sociale. Mais, il y a intérêt pour une chaîne d’informations comme France Inter qui vise le public « moyen » de lui proposer une analyse « modérée » du monde et de ses enjeux.

    Renvoyer ce que fut la gauche communiste à ce qu’est aujourd’hui le front National, c’est discréditer le combat passé des ouvriers communistes pour la démocratie et le progrès social, c’est aussi discréditer par avance le combat politique de ceux qui estiment que l’alternative à la crise du capitalisme réside dans la transformation du système actuel et non dans son aménagement.

    Fabrice Montebello

    Source : Bellaciao


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  • Quand les Sarko-trafiquants de haut vol s’indignent de la petite fraudeLa méthode est toujours la même : désigner Pierre pour que Paul lui casse la figure, pendant que les escrocs amis, masqués et protégés par leurs industries florissantes et en dégraissage lucratif, bardés de fiscalistes rompus à toutes les ficelles de lois qu’ils peuvent contourner, vident les caisses de l’État, déshabillent Pierre et Paul, et même femmes et enfants.

    Après les immigrés, les Roms, les sans-papiers, les étudiants étrangers, les petits voyous des cités livrés à eux-mêmes, les associations caritatives (sauvées in extremis pour deux ans), les fainéants d’enseignants, de fonctionnaires et les malheureux Indignés, bien esseulés dans cette France qui s’aveugle, chassés à la matraque et aux lacrymogènes, voici, comme il était prévisible, l’intrépide avocat d’affaires qui nous ressort sa potion fielleuse et stigmatise à présent les pauvres auprès de celles et ceux qui ne le sont pas encore tout à fait.

    On les désigne à la vindicte populaire, tous ces “profiteurs” du système, ces malades qui ne le sont qu’à moitié, ou même simplement fatigués de leurs ignobles conditions de travail, ces parents isolés qui ne le sont en fait pas tant que ça – un UMP imaginera-t-il des tests pour vérifier les heures et la fréquence des rapports sexuels des allocataires ? –, ces expatriés qui profitent de la carte Vitale et se font rembourser des soins alors qu’ils ne cotisent même plus – rendez-vous compte ! –, ces faux chômeurs qui bidouillent des bulletins de paie, ces travailleurs au noir parce qu’ils n’ont pas le choix pour vivre décemment, ces fraudeurs du droit au logement social et du RSA.

    La voici, cette armée de gueux et de mendiants censée ruiner la France et contraindre ses pauvres gouvernants à fliquer davantage chaque délinquant potentiel, pardon, chaque citoyen !

    Sur les 20 milliards de fraude ainsi martelés avec sa bonhomie d’assureur franc-maçon, Xavier Bertrand oublie de dire que seul le dixième de cette somme concerne les particuliers qui se débrouillent, qui essaient de survivre comme ils peuvent, les 18 milliards restants concernant la fraude de certains médecins, chirurgiens, pharmaciens, de certaines structures hospitalières et, bien entendu, massivement, celle des belles entreprises françaises qui négligent les cotisations patronales et salariales et sont des spécialistes de la fraude fiscale…

    Mais il oublie aussi de dire que ces 2 milliards – le prix de 15 avions Rafale vieillissants que l’on n’arrive pas à fourguer aux armées étrangères, et pour cause – ne sont rien à côté des sommes colossales offertes en cadeau à des entreprises comme Total, Areva, EDF et tant d’autres, qu’elles ne sont rien non plus en regard des centaines de milliards détournés chaque année par les banques spéculatives dirigées par les grands amis et recapitalisées avec l’argent public du peuple sacrifié.

    Les escrocs du capitalisme ont fabriqué la crise, et ils en profitent toujours plus – escroquer plus pour gagner plus ! – sur le dos des citoyens qui, eux, s’appauvrissent chaque jour davantage et cherchent des solutions pour pouvoir simplement survivre, simplement manger et avoir un toit, ces droits basiques inscrits dans la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, cette Déclaration que la France, signant sa mort dans les mains des marchés, sur les traces de la Grèce, de l’Espagne, du Portugal ou de l’Italie, piétine vaillamment de son plus beau cynisme.

    La politique des sarko-trafiquants, c’est de tondre les pauvres pour tricoter des pulls designs à ses bandes de riches frileux, c’est de les persécuter par tous les moyens pour leur prendre le peu qu’il leur reste. Et quand ils ne peuvent pas payer, on les incite, on les pousse au surendettement, on les harcèle de tous côtés pour qu’ils prennent des crédits immobiliers, des crédits à la consommation, renouvelables sans fin, avant naturellement de les mettre à la rue quand ils ne pourront plus rembourser. Et je sais de quoi je parle.

    Cette mode de l’expulsion brutale à l’américaine est en train de gagner toute l’Europe ! En ce moment à Madrid, il y a 200 expulsions par jour de petits propriétaires surendettés ! Partout les mêmes images ignobles et violentes de ces banquiers voraces, de ces escrocs, flanqués d’huissiers et de policiers en nombre, qui viennent récupérer brutalement des biens vendus à des clients qu’ils savaient à l’avance, tôt ou tard, insolvables !

    Les médias n’en parlent pas, forcément, c’est moins vendeur que les frasques de DSK, mais la France n’est pas épargnée, loin de là, et demain, à force de ne vouloir rien voir, elle sera frappée de plein fouet, dès le prochain plan de rigueur, inévitable, car les marchés n’en ont et n’en auront jamais assez ! Ils détruisent notre humanité et construisent “leur civilisation”.

    Aujourd’hui, tout est bon pour arnaquer et dépouiller les pauvres. Même les malades de l’amiante dans le Pas-de-Calais, doivent rembourser, par décision de Justice – quelle Justice ? –, une grande partie des indemnités qu’ils avaient touchées il y a des années… La Justice des sarko-trafiquants sera donc même impitoyable avec des pauvres gens qui ont attrapé le cancer en travaillant trente ans dans une usine française qui, comme toujours, se moquait éperdument de leur santé et de leur vie ? Va-t-on, eux aussi, les déloger de chez eux, ces “vieux profiteurs”, à coups de matraque et de lacrymogènes pour récupérer la maison qu’ils ont restaurée avec cet argent qui leur était dû, oh combien, et que la bande de voyous a décidé à présent de récupérer ?

    Chaque jour, les exemples sont là pour montrer que la France est gouvernée par des crapules cyniques et des profiteurs de misère, gouvernée par l’indécence et la folie du capitalisme.

    Aujourd’hui, on traque les petits fraudeurs, les plus pauvres que vous, les premières victimes du système, les gratteurs de survie. Hier, c’était moi. Si personne ne se lève, si l’on se contente de subir ce coma paisible, résigné, bien français, demain, ce sera vous !

    http://www.agoravox.fr


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  • Pour Hervé Poly, 1er secrétaire du PCF 62, la rupture avec le capitalisme et les logiques d’austérité, s’appuiera nécessairement sur un large mouvement social dont il espère bien voir la préfiguration ce samedi 26 novembre à Lens et Lille. Rencontre.

     

    Herv+® Poly

     

     

    Liberté : Comment est née l’idée de manifester ce 26 novembre ?


    Hervé Poly : Il s’agit d’une volonté commune des deux fédérations du Nord et du Pas-de-Calais du PCF, pour réaffirmer notre hostilité aux politiques d’austérité, pour dire aussi que la crise n’est pas tombée du ciel. Nous sommes bien, ici, dans une crise systémique de surproduction du capitalisme qui a débuté, à l’échelle internationale, au début des années 1970. Les solutions libérales ont entraîné un assèchement du pouvoir d’achat des familles, donc moins de débouchés pour les entreprises. C’est le cercle vicieux. Outre le fait que les Etats soient obligés de s’approvisionner sur les marchés financiers, l’accroissement de la dette participe de cette logique. Elle n’est pas une cause de la crise mais bien une conséquence de sa gestion libérale. Il s’agit ainsi pour nous de faire entendre un autre son de cloche que celui délivré par la Pensée unique qui nous laisse le choix entre se serrer la ceinture et se… serrer la ceinture.

     

    Pourquoi deux rassemblements ?


    Au départ nous étions partis sur l’idée d’une manifestation régionale à Lille, mais il me semblait important de manifester aussi à Lens, un peu dans la continuité de notre défilé de décembre 2008, en ouvrant cette initiative à ceux qui veulent vraiment changer la société. La CNL, le MRAP, le PRCF, des syndicats ont répondu à notre appel. Nous sommes en attente des réponses du NPA et de LO. Si notre manifestation est couronnée de succès, pourquoi ne pas renouveler l’expérience en janvier 2012, dans la mesure où les plans d’austérité sont appelés à se succéder ? Aujourd’hui, les gens ont besoin de s’exprimer dans la rue. Ce sera aussi le cas demain après les échéances électorales de 2012 quel que soit le gouvernement en place. Celles-ci sont des moments importants de notre vie « démocratique » mais il faut voir au-delà. Pour nous, il est nécessaire de rompre avec la culture du fatalisme et du renoncement en rappelant que c’est par la lutte et la grève qu’ont été arrachées les conquêtes sociales.

     

    Qu’entendez-vous par là ?


    En 2012, nous ne pourrons pas nous contenter d’une gauche qui gagne, il nous faudra surtout une gauche qui réussit. Il nous faudra donner au PS quelques éclairages et manifester nos désaccords. Pas question de faire les erreurs d’hier, de redevenir les godillots d’une gauche plurielle  devenue « plus rien ». Je ne mets pas pour autant dans le même sac Sarkozy et Hollande. Qu’on le veuille ou non, ce dernier va porter une forme d’espoir populaire. Mais je ne me fais aucune illusion sur le PS. En Espagne ou en Grèce, la social-démocratie applique les directives du FMI ou de la Commission européenne. Nous ne sommes pas là pour créer des illusions, mais bien pour ouvrir des perspectives avec un maximum de députés communistes, je dis bien… communistes, le reste m’importe peu. Aussi quand on lit le programme de François Hollande, on ne peut envisager de participation de ministres communistes au gouvernement, mais plutôt la mise en place d’un nouveau Front populaire avec un soutien sans participation, et des appels à la lutte et la grève, j’insiste car c’est la seule issue. Le PCF doit marcher sur ses deux jambes, revenir à ses racines thoréziennes. Aujourd’hui, dans le cadre sclérosant du Front de Gauche, il n’en prend pas le chemin, car le Front de Gauche n’est porteur, à mon sens, que d’une stratégie électorale.

     

    Quelles solutions préconisez-vous alors ?


    Ces dix prochaines années, se posera la question de la sortie du capitalisme. Concrètement, cela nécessitera de s’affranchir des traités européens dont celui de Lisbonne et d’abroger prioritairement son fameux article 123 qui impose la dictature des marchés en interdisant aux Etats d’emprunter auprès des banques centrales. Il nous faudra répondre aux besoins humains, augmenter en priorité les salaires et les retraites et ainsi s’engager dans le processus du socialisme d’appropriation collective des grands moyens de production et d’échanges, des banques, imposer des services publics de l’énergie et de l’eau. Et si l’Union européenne n’est pas d’accord avec ces orientations, alors qu’elle nous mette dehors, sachant que sans la France, l’Europe n’a pas d’avenir…

     

    Propos recueillis par Jacques KMIECIAK

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  • La responsabilité de la gauche

    par Patrick Le Hyaric

     

    Nous avions connu le « référendum » bafoué en 2005, avec M. Sarkozy sans plus de considération pour le vote majoritaire de nos concitoyens contre le traité constitutionnel européen qu’il n’en a pour un paillasson !

     

    Voici le « référendum » interdit au peuple grec. Interdit par le même M. Sarkozy, dans le sillage de Mme Merkel, couple bien loin de la parité, fabriqué par la classe des élites européennes. Ces deux là ne sont en fait que les petits valets de l’oligarchie capitaliste qui enfonce et enfonce toujours plus les peuples et l’Union européenne dans la crise. Ils se sont constitués en directoire franco-allemand de l’Europe, méprisant à ce point le Premier ministre grec qu’ils se permirent de le convoquer comme un vulgaire laquais afin de lui intimer l’ordre de ne pas consulter ses concitoyens, au beau milieu de la réunion internationale du G20, qui, une nouvelle fois, n’a débattu ni du sort des chômeurs, des précaires, des pauvres et des nouvelles couches qui descendent un à un les barreaux de l’échelle sociale. Ce même duo, allié au Fonds monétaire international, a méprisé tout autant le peuple italien en le plaçant sous surveillance, dépêchant là-bas aussi des wagons d’experts -ceux-là même qui nous ont plongé dans l’actuel bourbier- pour décider des orientations économiques et budgétaires de l’Italie en lieu et place des Italiens. Et à peine rentré des Conseils européens et du G20, le duo Sarkozy-Fillon impose une nouvelle purge sociale contre les familles populaires après avoir servi, depuis le début du quinquennat, les plus fortunés et les puissances d’argent. Pour y parvenir, tous les moyens leur sont bons. N’a-t-on pas vu le premier Ministre comparer la France, qui n’a jamais produit autant de richesses, au champ de ruines laissé par la dernière guerre ?

     

    Décidément, il apparait de plus en plus clair que ces mots répétés depuis quelques temps dans les cénacles européens de « gouvernance de l’Europe » sont à l’opposé de toute forme de démocratie. Tout ce qui permettrait aux peuples de faire irruption sur la scène européenne se voit opposer un refus net et violent. Les dirigeants européens ne se cachent même plus. Ils l’écrivent noir sur blanc dans le « Pacte Euro plus » et la conclusion de la réunion du Conseil européen du 26 octobre dernier. C’est limpide ! Lisons :

    « La Commission et le Conseil auront la possibilité d’examiner les projets de budgets nationaux et de rendre un avis sur ces projets avant leur adoption par le Parlement national concerné. En outre, la Commission assurera le suivi de l’exécution du budget et, si nécessaire, proposera des modifications en cours d’exercice ». Ainsi, une structure non élue décidera avant et à la place des parlementaires du budget national. Cette même structure « assurera le suivi de l’exécution de ce budget » et pour finir ceci : « En cas de dérapage d’un programme d’ajustement, une coordination et un suivi plus étroit de la mise en œuvre du programme seront assurés » (chapitre 27 – a de l’accord du 26 octobre).

     

    Quel démocrate, quel progressiste, quelle femme ou quel homme de gauche peut accepter ce déchiquetage intégral de la souveraineté populaire et de la souveraineté des Nations ? En fait, s’instaure un diktat supranational sur la vie des gens, exercé par une instance non élue. Remarquons d’ailleurs que les rectifications budgétaires demandées sont toujours la réduction des droits sociaux, des salaires, de l’emploi, des services publics. Jamais dans le cas de la Grèce il n’a été question du rapatriement des 200 milliards d’évasion fiscale, d’imposition des gros armateurs ou d’arrêt de l’achat d’armement… à l’Allemagne ou à la France. Oui, il s’agit bien d’une Europe toute entière au service du capital. Une Europe antidémocratique et antisociale.


    Ajoutons cette nouvelle donnée inquiétante. Depuis les débats sur l’acte unique européen, puis plus encore au moment de l’adoption du traité de Maastricht, la droite comme la majorité du Parti socialiste et des écologistes ont défendu ces textes au nom du projet européen, de l’idée européenne, de la paix, de la solidarité et de la mise en commun. Autant de visées que nous partagions, tout en combattant ces traités car nous pensions que leur esprit et leur lettre allaient à l’opposé des objectifs proclamés.

     

    Nous ne savions pas que les choses iraient si vite et prendraient une telle ampleur dramatique. (1)

     

    Non seulement les orientations de ces bibles euro-libérales enfoncent les peuples dans une crise dont on ne voit ni la fin, ni même toutes ses conséquences. Non seulement elles ont donné tout le pouvoir aux institutions financières, aux puissances d’argent, aux marchés financiers dont les chefs d’Etat font semblant de se plaindre chaque matin. Mais la solidarité interne entre Nations en Europe, l’entraide, la construction commune, la vision commune de l’avenir est totalement absente. Pire, voilà qu’on déclame sur tous les tons, dans tous les médias, qu’il existe une Europe divisée entre une Union européenne des 27 Etats membres, au sein de laquelle il y a une Europe de la zone Euro de dix-sept pays et au sein de celle-ci, quinze Etats sont placés sous le commandement d’un axe « franco-allemand », lequel est dominé par l’idée du retour à une grande Allemagne, imposant ses vues à chaque réunion du Conseil. Une nouvelle étape vient d’être franchie avec la participation du Président des États-Unis en personne à une réunion du Conseil européen à Cannes. Quelle est loin l’idée d’une Europe protectrice face aux prétentions des USA! Dans le monde qui se métamorphose sous nos yeux, il ne faut pas exclure que les dirigeants nord-américains souhaitent désormais l’explosion de tout projet européen et de l’Euro pour asseoir sur le monde une domination d’un type nouveau.

     

    M. Sarkozy voudrait faire croire qu’il est à la baguette. Tantôt, il s’affiche avec la chancelière Mme Merkel, tantôt avec le Président Obama, pour les besoins de sa tentative de réélection dans quelques mois. En vérité, Mme Merkel ne cesse de réaffirmer son comportement : « Je suis tenue par mes fonctions d’éviter les dommages au peuple allemand, de faire ce qui est bon pour le peuple allemand ». Ce dernier souffre aussi. Il faut donc entendre le modèle capitaliste allemand. Nous sommes donc entrés dans une nouvelle période ou se répand en Europe un vent mauvais. Ce sont des rapports de domination qui priment. Ils sont la manifestation des contradictions au sein des forces du capital en crise dans l’espace européen et au-delà. Qui peut croire que le destin commun aux Nations et aux peuples européens se résume à la valeur de l’Euro et au contrôle des budgets nationaux ? Qui peut croire que le bien être collectif soit du ressort des rapaces des marchés financiers ?


    Le thème du « fédéralisme » qui est désormais poussé dans le débat par les élites européennes, cache un recul démocratique inconnu depuis la seconde guerre mondiale, mais surtout la résurgence d’un impérium allemand sur le continent, dans une crise dont la gravité ne peut être comparée à aucune autre.

     

    Quels visages de l’Europe se dessinent en suivant la proposition de l’UMP et de la droite allemande, la CDU qui veulent aboutir à un budget commun, des politiques partagées entre la France et l’Allemagne, laquelle Allemagne élargit sa zone d’influence sur son flanc est ? Pourquoi la France n’a-t-elle pas plus et mieux travaillé avec les pays du sud de l’Europe ? Ceux qui sont aujourd’hui les plus en difficultés avec les pays d’Afrique, ceux du Maghreb et du Mashreq en ébullition ?

     

    Dans ces conditions se pose aux peuples dans leur diversité de culture, d’histoire, de cheminement politique, la grande question de reprendre ensemble le pouvoir sur l’oligarchie. De retrouver les chemins de leur souveraineté, de la maîtrise de leur destin- qui inévitablement comportera une part de mise en commun librement choisie- contre les embryons du système autoritaire qui se développent. En ce sens le référendum en Grèce aurait eu l’avantage de permettre un nouveau débat bien au delà des frontières de ce seul pays. L’Union européenne entre dans une crise politique grave. Celle-ci, avec la crise sociale, ne peut se résoudre par des alternances tranquilles. Le retour de la droite au pouvoir en Grèce ou en Espagne ne constituera qu’un levier au service des marchés financiers. Mais le succès de la gauche en France, puis en Allemagne, ne peut pas se faire sur la base d’une acceptation plus ou moins grande des diktats des marchés financiers et d’une austérité plus ou moins acceptable. L’austérité, même de gauche, est inacceptable parce qu’elle est injuste et inefficace pour aujourd’hui et pour demain. Voilà qui fait revenir sur le devant de la scène, comme un boomerang violent, la nature de cette construction européenne ultralibérale, sur la base des traités de Maastricht et de Lisbonne, maintenant en crise profonde. Le grand débat des années 2004- 2005, débouchant sur le NON au référendum est donc très actuel. Il faut le reprendre avec le recul de cette terrible expérience. Avec le recul de ce qui a été dit à l’époque par les uns et par les autres.

     

    Rien ne sert de se plaindre de la rapacité des marchés financiers quand on leur a donné le pouvoir, tout le pouvoir, par des décisions nationales et par les traités européens.

     

    Rien ne sert de discourir sur les délocalisations et le recul du travail quand on a promu la « concurrence » et la fameuse « compétitivité » qui n’est que la tenaille enserrant dans ses mâchoires les ouvriers et tous les travailleurs.

     

     Rien ne sert de pleurer sur la concurrence internationale qui écrase notre industrie et notre agriculture, quand on a voté « un marché ouvert où la concurrence est libre ».

     

     Rien ne sert de geindre sur le haut niveau du service de la dette si on refuse de nationaliser les banques, de poser la question devenue principale du rôle de la Banque centrale européenne et de l’utilisation du crédit sélectif pour le développement humain, en opposition avec les marchés financiers.

     

     Voilà les grandes questions qui ont à voir avec la possibilité et les moyens d’une politique de changement favorable aux familles populaires, à leur pouvoir d’achat, leur emploi, leur logement, leur école et leurs services publics. Elles sont posées à tous les citoyens de gauche, de l’écologie politique et au-delà dans leur diversité. Leur mise en débat publique au sein de toute la gauche, avec nos concitoyens, partout dans le pays est la question de l’heure.

     

    Les formations du Front de Gauche qui, pour une part, sont issues de ce débat de 2005, ont la responsabilité politique d’y contribuer de toute leur énergie. La main ouverte à toute citoyenne, tout citoyen voulant chasser Sarkozy, empêcher la dangereuse montée de l’extrême droite et faire gagner une gauche ne se résignant pas à être ligotée par les forces de l’argent, mais se tournant résolument et hardiment vers la promotion de l’intérêt général. Comme à d’autres périodes charnières de notre histoire, la responsabilité est immense. Elle est celle de toute la gauche.

    Patrick Le Hyaric

    Sur Cri du Peuple 1871 : http://www.mleray.info/article-l-europe-de-la-dictature-88421353.html 


     NDE

    1 Nous aurions du le savoir si nous avions continué à pratiqué l'analyse marxiste et si le PCF n'avait pas renié son passé...  un communiste prépare la révolution pas des élections... le PCF lui aussi porte une lourde responsabilité.

    Lire aussi Pacte Euro plus


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  • Angela Merkel et Nicolas Sarkozy : « des colonisateurs au service de l'empire des marchés financiers »

    http://www.pcf.fr/sites/default/files/imagecache/image/starwar.png


    Je m'élève avec la plus extrême vigueur contre l'ultimatum décrété par Nicolas Sarkozy et Angela Merkel contre le peuple grec. Les dirigeants européens veulent interdire tout débat sur des solutions alternatives à celles qu'ils imposent depuis 3 ans et dont nous mesurons chaque jour l’inefficacité. Ce sont leurs choix politiques qui nous enfoncent dans la crise. En convoquant le Premier ministre grec, en fixant eux-mêmes la date du référendum et la formulation de la questions posée, ils se comportent comme des colonisateurs au service de l'empire des marchés financiers. C'est un outrage insupportable pour le peuple grec et pour tous les peuples européens dont la souveraineté démocratique est désormais menacée. Les termes de l'ultimatum sont clairs : soit vous acceptez l'accord de Bruxelles – et vous vous faites hara-kiri en validant dix ans d'austérité – soit vous le refusez, et c'est l'expulsion de la Grèce de la zone Euro. En posant le débat ainsi, les puissants de ce monde demandent aux grecs de choisir entre la peste et le choléra. Dans les deux cas, se sont encore les citoyens qui payeraient de leur poche la crise du système bancaire et financier. Dans les deux cas, la sortie de crise pour l'ensemble de l'Europe devient un horizon insaisissable. Pour le PCF, des solutions beaucoup plus efficaces existent. Le contrôle public des banques, la création monétaire et la refonte des statuts et missions de la BCE, doivent être discutés. S'ils s'obstinent à piéger le peuple grec dans un faux débat pour lui faire endosser leurs responsabilités, les dirigeants de l'UE dévoilent aux yeux de tous leur dogmatisme et leur aversion pour la démocratie. Le PCF soutient les manifestations prévues aujourd'hui et demain en Grèce. Il appelle à des mobilisations de solidarité en France et en Europe pour soutenir le peuple grec et imposer un changement de cap dans les réponses politiques à la crise. 

    Pierre Laurent, secrétanire national du PCF


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  • Avec les développements de la crise européenne, combattre l’Europe du capital.

    L’évolution très rapide de la crise économique en Europe pose aux communistes la question de leur action sur ce thème. retour sur un mot d’ordre qui a fait discuter il y a trois ans et qui aujourd’hui répond aux exigences politiques de l’heure. Campagne politiques électorales et campagnes politiques manifestations, luttes. Les grecs et nous, notre place.

    "Faire péter l’Europe capitaliste"

    Lors des dernières élections européennes la section de Béziers a mené une campagne communiste de plus d’un trimestre sur le thème "Faire péter l’Europe capitaliste".

    Déjà la direction nationale du PCF nous avait imposé une candidature PG, déjà Mélenchon, pour empêcher que ne puisse être choisie une députée européenne communiste dans la région Grand sud ouest.

    Après un sérieux débat dans la section, nous avions adopté la stratégie d’une campagne autonome du PCF contre l’Europe du capital, ses méfaits constatés depuis 60 ans. Faisant clairement l’impasse sur ce qui ne nous allait pas dans la candidature "officielle". Portant la contradiction –dans les limites du possible et d’un comportement qui puisse être compris par tous nos camardes– dans un meeting à Sérignan.

    Peut-être étions-nous alors aidés par le fait que dans ma ville, le NON au traité constitutionnel avait presque atteint 70 % et dépassé 75% dans de nombreux villages viticoles.

    Cela n’a pas été simple, pourtant cette campagne politique a permis de gagner en cohérence politique dans la section et entamer une certaine reconquête dans la classe ouvrière, concrétisée l’an dernier pendant les luttes par de nombreuses adhésions et réadhésions.

    Je me souviens alors de l’accueil plus que froid lors de mon intervention au CN et même de camarades du réseau portés sur la plaisanterie... Ils trouvaient le mot d’ordre "Corse", ce qui leur permettait surtout d’esquiver le débat. Pourtant la réalité de l’Europe capitaliste était là.

    Depuis lors, pas mal d’eau a coulé sous les ponts de la Seine, du Rhin et du Danube. L’Europe capitaliste est au bord de l’explosion. La violence de classe à l’égard des exploités atteint des niveaux inconnus depuis la seconde guerre mondiale.

    Chaque journée apporte un nouveau rebondissement.

    Les luttes du peuple grec permettent d’entrevoir d’autres débouchés ! Ce sont clairement les choix des peuples (le niveau de leurs luttes de classe) dans les cadres nationaux qui feront l’Europe de demain et non l’inverse, sauf à accepter de nous transformer en satellite de l’Allemagne.

    Sauf à accepter de faire de notre pays une nation de seconde zone d’où finiraient de disparaître les activité productives sacrifiées à "l’aide" chinoise.

    Décidément oui " Faire péter l’Europe capitaliste !"

    Paul Barbazange, section de Béziers, mardi 2 novembre 19h

    PS : Notre secrétaire fédéral répète à qui veut y prêter attention, que depuis son élection, J-L Mélenchon député européen n’a jamais mis les pieds dans le département dans le cadre de son mandat.


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  • Le capitalisme s’enfonce plus profondément dans la crise, par Roger Bagley

    Publié 2 novembre 2011

    Source : The Morning Star, premier novembre 2011

    Traduit de l’anglais par Marc Harpon pour Changement de Société

    UE 01

     Des militants de gauche britanniques ont appelé aujourd’hui à des actions de masse pour résister aux privatisations et aux coupes budgétaires à travers l’Europe, après que le projet grec de référendum sur l’austérité a plongé les marchés capitalistes dans un tourbillon de panique et de spéculation.

    Ils ont appelé à une riposte de plus en plus ferme contre l’assaut contre les gens ordinaires lancé par les dirigeants du système capitaliste corrompu et miné par la crise.

    Une manœuvre du premier ministre Grec George Papandreou, qui veut proposer un référendum sur le dernier train de mesures d’austérité que l’UE impose à son pays a suffi à déclencher la panique dans la zone euro chancelante.

    De grandes fluctuations des prix des actions ont paralysé les marchés des titres, avec des chutes de plus de 5% en quelques heures en Allemagne et en France

    L’indice FTSE 100 de Londres a chuté à un moment de plus de 3%, quand le cours des actions des banques a accusé le coup de l’annonce grecque.

    Le parlementaire de gauche Jeremy Corbyn a déclaré : « Il y a vraiment une crise totale du capitalisme. »

    « C’est un signe des temps que l’Eglise et la municipalité de Londres s’unissent pour chasser les manifestants »

    M. Corbyn a salué les manifestations contre les mesures d’austérité, y compris les Jarrow Marchers sur le point d’atteindre Londres et une journée d’action à grande échelle prévue pour le 30 novembre. »

    Il a insisté : « Le moment est venu pour la résistance d’être courageuse et de faire monter la pression et d’intensifier l’action. »

    Le secrétaire général du Communist Party Of Britain, Rob Griffiths a affirmé : « Comme Marx l’avait prédit il y a 150 ans, le capitalisme est comme le sorcier qui a invoqué des forces des abysses sur lesquelles il n’a plus aucun contrôle. »

    « La réalité est que les grandes banques imposent leurs politiques aux Etats membres de l’UE, y compris la Grande-Bretagne. »

    M. Griffiths a ajouté : « Nous avons besoin d’un taux de participation massif pour la journée d’action du Trade Union Congress du 30 novembre et ensuite, de poursuivre vers une grève générale contre les politiques d’austérité et les privatisations et pour les politiques décrites dans la Charte du Peuple [People's Charter] »

    Le parlementaire de gauche Kelvin Hopkins a suggéré que l’accord de l’UE sur la Grèce la semaine dernière a été « une mascarade pour rebooster temporairement les marchés ».

    M. Hopkins a affirmé franchement : « Je veux un référendum sur notre adhésion à l’UE. Le retrait ne devrait pas nous effrayer. »

    « L’idée que nous serions économiquement plus faibles à l’extérieur est un non-sens absolu. Nous avons actuellement un déficit commercial massif vis-à-vis de l’UE. »

    Son collègue parlementaire de gauche John Cryer a déclaré que de nombreux pays « allaient courir de désastre en désastre » en restant dans la zone euro.

    Le porte-parole de N°2 EU, Brian Denny a déclaré que l’instabilité inhérente à la monnaie européenne était en train de tirer l’UE dans tous les sens, et que les peuples d’Europe ripostaient.

    L’atmosphère maussade en Grande-Bretagne a été confirmée hier avec la publication de chiffres montrant que la croissance économique n’a été que de 0,5% durant le premier trimestre de 2011.

    Le chancelier du cabinet fantôme travailliste, Ed Balls a dit que les chiffres du PIB montraient que l’économie « n’a pas arrêté de toucher le fond durant les douze derniers mois ».

    Le chancelier George Osborne a prétexté du fait que les chiffres montraient une amélioration de 0,1% de croissance au cours du trimestre précédent pour parler de « pas en avant positif ».

    L’économie britannique a connu une période difficile, a-t-il dit. « Mais nous sommes déterminés à mettre un terme à cette période. »


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  • Un homme ne se mêlant pas de politique
    mérite de passer,
    non pour un citoyen paisible,
    mais pour un citoyen inutile.
    Thucydide, -460 ~ -395

    Mes amis universitaires sont déprimés. La crise, LRU-LMD, Lehman Brothers, les subprimes, la dette, la retraite, DSK, Papandréou, CO2, … Ils n’arrivent plus à expliquer le monde.

    Jadis, ils étaient marxisants. Fardeau lourd à porter, car il fallait argumenter à chaque instant et comme vous le savez nous n’avons pas le temps … Exit le marxisme soft. Trop de boulot. Ca ne rapporte plus.

    Ils sont devenus socialistes. Première gauche, deuxième gauche, gauche caviar, gauche truffe. Guy Mollet, Antony Blair et compagnie leur ont cassé la baraque. Jacques Julliard a quitté Châteaux et demeures. Ils n’osent plus parler du « Parti Socialiste ». Le nom générique est désormais « la gauche » sorti des usines Terra Nova.

    Ils préfèrent s’appeler désormais sociaux-démocrates. Mais, hélas, pas de penseurs, pas de grands noms, pas de billes pour les soirées d’hiver sans film à la télé. Raymond Barre est parti avec Papon sous les bras, Michel Rocard s’est réfugié chez le petit bonaparte. Jean Jaurès est vieux et Léon Blum a fini chez Bolloré. Et Kausky n’est plus enseigné à SciencesPo (question de droits d’auteur).

    A l’Ecole normale (dite supérieure) on élabore de nouveaux concepts pour cela. Une nouvelle conjecture est née : « L’avenir du socialisme est libéral !». Marque déposée par Mme Canto-Sperber, directrice de l’ENS-ULM et animatrice de la bibliothèque Médicis, actionnaire de la boutique Europe Rocard-DSK. Certes, le socialisme est libéral comme tout le reste, mais chaque jour est un nouveau jour. Le socialisme a disparu en cours de route faute de clients. Le marché ne l’aime pas trop. Il ne reste plus que libéral.

    Les sociaux-libéraux donc. C’est mieux. Appelez-moi social-libéral, mais attention ; toujours avec le préfixe « social ». Le bas on l’enlèvera à la prochaine crise.

    Daniel Cohen (Aubry-Lazard), Philippe Askenazy (Royal), Thomas Piketty (DSK- Royal), Jean-Pierre Jouyet (Hollande-Sarkozy), Alain Minc (Aubry-Sarkozy), Jacques Attali (Sarkozy), Elie Cohen (Télé-Hollande), … les lumières des Lumières ! Au service de la France et même de la Grèce !

    Et voilà une femme (pauvre et noire de Bronx, quelle honte !) qui oblige, un par un, nos brillants normaliens à se cacher derrière le « candidat du système », le « mou » François Hollande. Ils avaient tous lu Noémie Klein version Harry Potter !

    Aujourd’hui, planqués derrière « le père de ses quatre enfants », ils jettent des pierres aux passants du haut de leurs blogs en attendant l’arrivée du ciel de la « troisième voie » à égale distance du « néo-libéralisme » et du « collectivisme ». Ces pauvres illettrés ne savent même pas que Papandréou est en train de réaliser cette voie « originale » en Grèce ! N’est-ce pas Ségolène ? L’île de Paros qui t’accueillait pour ce séminaire, n’était pas magnifique ?

    Nos (sociaux-)libéraux fatigués et réduits au RSA intellectuel se retournent vers les vieux staliniens :

    « Que dit Marx a propos de la crise ? ».

    Ah !, ces collègues sympathiques dont l’esprit critique est incommensurable et le courage prométhéen. Ca donne envie d’adopter un socialiste dans les orphelinats.

    Allons-y. Venons au secours des âmes en détresse. Aidons la veuve et l’orphelin. Ils n’ont plus de nourriture. Au Grand Palais c’est médiocre cette saison. Les voyages, c’est du CO2 de trop ! Coincé(e)s. il ne reste plus que la psychanalyse. La fin des haricots !

    Ludwig van Beethoven l’avait déjà compris. Il fallait en finir avec le vieux monde où dieux et rois étaient au centre. Son 16e quatuor en témoigne. « Le faut-il ? Il le faut ! » écrit-il sur sa partition. « La résolution difficilement prise. » Il fallait une rupture. On ne peut plus faire comme avant. L’Homme au centre.

    Le révolutionnaire romantique passe le relais au révolutionnaire réaliste Gustave Courbet. En 1851, il crée les Casseurs de pierres, « la première peinture socialiste ». Il fallait une rupture. On ne peut plus faire comme avant. L’Homme au centre.

    Entre-temps, en 1848, un jeune, Karl Marx (juif allemand, mon dieu !) publie Le manifeste du parti communiste. Il fallait une rupture. On ne peut plus faire comme avant. L’Homme au centre. « Le faut-il ? Il le faut ! »

    Le point 5 de son programme ci-après donne une réponse à ceux qui souhaitent en finir avec l’économie-casino du libéralisme.

    Il est intéressant de citer les dix points du programme afin d’éloigner le plus loin possible les libéraux. On rappellera que ce programme date de 1848 et a inspiré en partie le Programme Nationale de la Résistance du 15 mars 1944.

     « … Pour les pays les plus avancés, les mesures suivantes pourront assez généralement être mises en application :

    1. Expropriation de la propriété foncière et affectation de la rente foncière aux dépenses de l’Etat.
    2. Impôt fortement progressif.
    3. Abolition de l’héritage.
    4. Confiscation des biens de tous les émigrés et rebelles.
    5. Centralisation du crédit entre les mains de l’Etat, au moyen d’une banque nationale, dont le capital appartiendra à l’Etat et qui jouira d’un monopole exclusif.
    6. Centralisation entre les mains de l’Etat de tous les moyens de transport.
    7. Multiplication des manufactures nationales et des instruments de production; défrichement des terrains incultes et amélioration des terres cultivées, d’après un plan d’ensemble.
    8. Travail obligatoire pour tous ; organisation d’armées industrielles, particulièrement pour l’agriculture.
    9. Combinaison du travail agricole et du travail industriel; mesures tendant à faire graduellement disparaître la distinction entre la ville et la campagne.
    10. Education publique et gratuite de tous les enfants. Abolition du travail des enfants dans les fabriques tel qu’il est pratiqué aujourd’hui. Combinaison de l’éducation avec la production matérielle, etc. »

    Pour sauver actions et autres produits financiers, mes collègues universitaires sont prêts à tout sauf à l’application du point 3. La jurisprudence Strauss-Kahn (HEC, Paris X, FMI) est toujours en vigueur. Il faut déclarer hors jeu ceux qui n’ont à transmettre ni patrimoine immobilier, ni actifs financiers, ni « attachement à l’économie de marché ».

    Le professeur DSK est catégorique : «Du groupe le plus défavorisé, on ne peut malheureusement pas toujours attendre une participation sereine à une démocratie parlementaire. Non pas qu’il se désintéresse de l’Histoire, mais ses irruptions s’y manifestent parfois dans la violence. »

    Après la mort accidentel du mari de l’ex femme d’Ivan Levaï, du « seul recours en cas de crise prolongée », un candidat de substitution a été choisi, new look style Guy Mollet, en attendant que le petit Valls passe de la banlieue black à la capitale blanche immaculée.

    Laissons le vieux sage Marx conclure :

    « Une partie de la bourgeoisie cherche à porter remède aux anomalies sociales, afin de consolider la société bourgeoise.

    « Dans cette catégorie, se rangent les économistes, les philanthropes, les humanitaires, les gens qui s’occupent d’améliorer le sort de la classe ouvrière, d’organiser la bienfaisance, de protéger les animaux, de fonder des sociétés de tempérance, bref, les réformateurs en chambre de tout acabit. Et l’on est allé jusqu’à élaborer ce socialisme bourgeois en systèmes complets …

    «… Le socialisme bourgeois n’atteint son expression adéquate que lorsqu’il devient une simple figure de rhétorique.

    « Le libre-échange, dans l’intérêt de la classe ouvrière ! Des droits protecteurs, dans l’intérêt de la classe ouvrière ! Des prisons cellulaires, dans l’intérêt de la classe ouvrière ! Voilà le dernier mot du socialisme bourgeois, le seul qu’il ait dit sérieusement.

    « Car le socialisme bourgeois tient tout entier dans cette affirmation que les bourgeois sont des bourgeois – dans l’intérêt de la classe ouvrière.»

    * * *

    La classe inférieure est vaincue, certes. Malheur aux vainqueurs. Ils n’ont jamais pu créer une civilisation.

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  • Un article de William Le Bellec, journaliste à l’Elu d’Aujourd’hui

    Cet article fait partie d’un dossier sur les finances qui sortira dans le prochain numéro du magazine.

    Faut-il sauver les banques ?

    "Sorti en juillet 2011, Les dettes illégitimes. Quand les banques font main basse sur les politiques publiques (158 p., 8 €), ce court essai de François Chesnais, économiste de l’université de Paris 13, tombe à point nommé !

    L’ouvrage, comme son titre l’indique, vise les banques coupables, selon l’auteur, de s’être « détournées de leur fonction indispensable de crédit aux particuliers et aux entreprises pour s’engager dans des activités de spéculation financière nocives et dépourvues d’utilité sociale. Il est temps, insiste-t-il, non pas de détruire les banques, mais de les saisir afin qu’elles puissent remplir des fonctions essentielles. » Parmi les grandes destinations des crédits à mettre utilement à disposition de la collectivité, on trouve les « grands projets d’investissement menés ensemble par plusieurs pays ». Pour atteindre cet objectif vertueux, il conviendrait de procéder à l’annulation des dettes publiques européennes, mais aussi de celles des pays du Sud détenues par les banques et les fonds de placement européens. François Chesnais voit dans l’action commune des mouvements sociaux européens un instrument décisif pour parvenir à cette transformation complète des banques et de leur mission.

    Se saisir des mécanismes de la crise pour la comprendre !

    L’auteur indique que deux séries d’idées étroitement entremêlées nous sont assénées, à quelques nuances près, par le gouvernement comme par les dirigeants de l’Ump, du Ps et des partis centristes. Les premières concernent la dette publique, les secondes les banques. Les « sacrifices » demandés sur le plan des retraites, du gel du point d’indice dans la fonction publique, les nouvelles coupures drastiques dans le budget de l’enseignement… sont nécessaires, nous dit-on, afin que « la dette de la France soit honorée ». Pour ce qui est des banques, elles ont des fonctions indispensables qu’elles rempliraient bien, ou suffisamment bien, pour qu’il soit nécessaire et légitime de venir à leur secours chaque fois qu’elles le demandent.

    L’injonction « d’honorer la dette » comme celle d’aider les banques reposent sur l’idée que des sommes représentant le fruit d’une épargne patiemment amassée par un dur labeur auraient été prêtées. La réalité est toute autre ! « Les banques prêtent sans commune mesure avec le montant des dépôts et de la petite épargne qui leur est confiée. Elles n’ont jamais été de simples intermédiaires. Depuis leur transformation en groupes financiers diversifiés aux opérations transnationales, elles le sont moins que jamais. Les profits bancaires proviennent de leurs opérations de création de crédit.

    Leur source se trouve dans le flux de richesse (valeur et plus-value) venant des activités de production. Le chemin emprunté différera selon l’emprunteur. Dans le cas d’un État, il passe par l’impôt et le service des intérêts de la dette publique. Dans celui d’une entreprise, il s’agit d’une fraction du profit. Dans le cas de particuliers et de ménages, c’est une partie de leur salaire ou de leur retraite qui est absorbée par les intérêts qu’ils paient sur leurs crédits hypothécaires ou leurs cartes de crédit. Plus une banque prête, plus ses profits sont élevés ». Le bilan de trois décennies de libéralisation financière et de quatre années de crise pose la question de l’utilité économique et sociale des banques dans leur forme actuelle.

    Devenues des conglomérats financiers, les banques ont-elles droit au soutien des gouvernements et des contribuables chaque fois que leurs bilans sont menacés du fait de leurs propres décisions de gestion ? Beaucoup de gens commencent à en douter !

    Audit de la dette et exercice des droits démocratiques

    François Chesnais indique que le premier objectif d’un audit est de clarifier le passé ! « Qu’est devenu l’argent de tel emprunt ? À quelles conditions cet emprunt a-t-il été conclu ? Comment la dette a-t-elle enflé sans que cela profite au peuple ? Quels chemins ont suivi les capitaux ? À quoi ont-ils servi ? Quelle part a été détournée, par qui et comment ? Et aussi : Qui a emprunté et au nom de qui ? Qui a prêté et pourquoi ? Comment l’État s’est-il trouvé engagé, par quelle décision, prise à quel titre ? Comment des dettes privées sont-elles devenues publiques ? »

    Selon l’auteur de ce livre, un audit de la dette publique répond à deux besoins fondamentaux de la société : la transparence et le contrôle démocratique de l’État et des gouvernants par les citoyens. Il s’agit de besoins qui se réfèrent à des droits démocratiques élémentaires, reconnus par le droit international, bien que violés en permanence. « L’exercice des droits démocratiques des citoyens considérés jadis comme élémentaires est vu par les gouvernants presque comme une déclaration de guerre à leur système par “ceux d’en bas”.

    Et, naturellement, elle est traitée en conséquence, de manière très répressive… ». L’audit de la dette publique acquiert une dynamique socialement salutaire et politiquement presque subversive. Son utilité ne peut pas se résumer uniquement à la défense de la transparence et de la démocratisation de la société. « Elle va beaucoup plus loin puisqu’elle ouvre la voie à des processus qui pourraient s’avérer extrêmement dangereux pour le pouvoir établi et potentiellement libérateur pour l’écrasante majorité des citoyens ! En effet, en exigeant d’ouvrir et d’auditer les livres de la dette publique et, encore mieux, en ouvrant et en auditant ces livres, le mouvement de l’audit citoyen ose l’impensable : il pénètre dans la zone interdite, dans le saint des saints du système capitaliste, là où, par définition, n’est toléré aucun intrus ! ».

    Ainsi comprise, la revendication de l’audit de la dette et, surtout, son début de mise en œuvre par la création de comités en tant qu’instances populaires où les preuves de l’illégitimité seraient réunies et débattues, constitueraient un formidable outil de re-démocratisation.

    Annulation des dettes : les conditions d’une sortie de crise !

    Le gouvernement ainsi que les dirigeants de l’Ump et du Ps comme des partis centristes répètent jour après jour que la décence exige des citoyens qu’ils acceptent des sacrifices afin que la France paie ses dettes. Or, celles-ci obstruent l’avenir, celui des classes populaires bien sûr, mais celui de la société tout entière. Mener campagne pour l’annulation ne va pas au-delà de la capacité du mouvement social français. « Le refus des travailleurs français de payer la dette serait également le soutien internationaliste le plus efficace qu’ils puissent apporter à ceux de Grèce, du Portugal, de l’Irlande.

    Une campagne populaire menée par des comités pour le moratoire immédiat et l’audit de la dette préparerait le mouvement social aux nouveaux épisodes de crise financière. Les responsables politiques qui préconisent aujourd’hui la restructuration de la dette de la Grèce et de l’Irlande reconnaissent que les risques que soulignent les adversaires de cette mesure sont réels ».

    Poursuivant, François Chesnais considère que la campagne pour l’annulation des dettes publiques européennes doit s’accompagner, bien entendu, de l’annulation de la dette des pays du Sud détenue par les banques et les fonds de placement européens. « Pour les peuples des pays européens, cette campagne est un passage obligé et aussi un tremplin. Passage obligé parce qu’aucune politique tant soit peu progressiste, au plan social comme au plan écologique, ne peut être menée ni aucun grand investissement fait tant que la saignée du service des intérêts continue. Tremplin parce que toute victoire arrachée sur ce terrain constituerait un véritable séisme pour le capitalisme mondial. L’annulation des dettes modifierait profondément les rapports de force politiques entre le travail et le capital. Elle libérerait les esprits sur “l’ampleur du possible”. Lorsqu’une occasion comme celle-ci se présente, ne faut-il pas s’en saisir ? »

    http://www.elunet.org


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    Comprendre la dette publique.

    L'économie pour les très nuls

    L'appel des "Indignés"

     

    On est payé suffisamment pas assez, pour ne pas pouvoir acheter ce qu'on fabrique..Et oui ! Alors on fait du "dumping social", on doit acheter moins cher ce qui est fabriqué plus loin, à un coût moindre..C'est sure que lorsque l'on a pas besoin de payer trop de charges sociales ou patronales, que l'on a pas besoin de payer trop de salaire et qu'on a pas trop de norme à respecter sur les matières premières utilisées dans les produits qu'on fabrique, on peut les vendre moins cher aux pauvres des pays riches, dont les gosses iront se choper du saturnisme à force de foutre en bouche des jouets aux composants toxiques...Et en supplément bonus, on fait voyager des produits qui pourraient aisément être fabriqués localement, ce qui a son coût en kerozene de bateau cargo, en dégazages sauvages de bateaux cargos ou encore en marées noires potentielles...Bref, que d'énergie utilisée pour pouvoir faire des profits sur le dos de travailleurs esclaves...

    Elle est pas belle la vie ! A l'époque, Ford avait compris que s'il voulait vendre ses voitures, il était obligé de payer ses ouvriers convenablement pour qu’ils puissent les acheter...Maintenant, avec la mondialisation, les choses changent et les usines préfèrent employer de la main d’œuvre précaire ou d'interim, servile à souhait et qui n'ira pas faire de demande de valorisation de salaire, de peur qu'on ne lui renouvelle pas son contrat. La main d’œuvre précaire, c'est pour une question de compétitivité avec les pays en voie de développement, qui développent leur économie mais pas leurs droits sociaux...Alors on fait culpabiliser le pauvre petit salarié européen qui coute trop cher, on le fait passer pour un boulet, on le dévalorise au travail..Et c'est comme ça que des pays comme la France détiennent le record du monde de consommation d’antidépresseurs... Théorie du workfare oblige, le salarié de doit pas avoir de marge de main d’œuvre sur la production qu'il produit de ses mains, de son huile de coude, de sa sueur, de son savoir faire...Il doit ne pas avoir le choix, être oppressé, pressé comme un citron à flux tendu et angoissé par la menace qu'on lui fou sous le nez...Menace d'être banni d'un système excluant par le travail, menace d'être marginalisé de la société des moutons...Et pour bien enfoncer le clou, on le fou devant la télé quand il rentre crevé de sa journée de merde et là, il entend qu'en fait ce qu'il fait est intéressant, qu'il fait parti des gentils et que s'il se défonce encore plus au boulot demain, il aura peut-être un susucre...

    On est payé suffisamment pas assez, pour ne pas pouvoir acheter ce qu'on fabrique. On est suffisamment docile pour ne pas se révolter face au mode de vie des privilégiés du système, qui se pavanent devant nos gueules et qui n'ont font croire que c'est une fatalité de les voire faire comme ça sur notre dos...Heureusement, les choses qui ont toujours existé n'existent pas toujours, un jour un type à émis l’idée que la terre n'était pas plate, tout le monde s'est foutu de lui..Maintenant, tout le monde admet cette idée, les choses ont alors évoluées. Pareil pour ce système, aujourd'hui, des types émettent l'idée que l'on arrive à la fin d'un cycle de domination, la domination des marchands bourgeois, la domination des orfèvres financiers...Pour laisser place à quoi ? A nous de créer le monde tel qu'on le voudrait avant qu'il se crée à nos dépends à la suite d'une crise mondiale à tous niveaux ! En attendant, on galère de plus en plus, tout en renflouant des banques tradeuses comme Dexia...Ce système est absurde, remettons l'absurde à sa place !

    Par GUSTAVSON's BLOG


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