• Vers la disparition des communes ?

     

    Publié le 03/10/2013 à 09:51 par bezierspcf

     

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    Béziers le 2 octobre 2013 - réunion-débat au Capharnarhum

     

    Rapport introductif au débat par Aimé Couquet

     

    La commune est la plus petite subdivision administrative française mais c'est aussi la plus ancienne puisqu'elle a succédé aux villes et paroisses du Moyen-Age. Elle a été instituée en 1789 avant de connaître un début d'autonomie avec la loi du 5 avril 1884, véritable charte communale.

     

    Les communes sont de véritables enjeux : économique, politique et démocratique. Le maire est l'exécutif de la commune qu'il représente et dont il gère le budget. Il est l'employeur du personnel communal et exerce les compétences de proximité (écoles, urbanisme, action sociale, voirie, transports scolaires, ramassage des ordures ménagères, assainissement...). Il est également, agent de l’État, pour les fonctions d'état civil, d'ordre public, d'organisation des élections et de délivrance de titres réglementaires.

     

    Il y a actuellement environ 36 600 communes en France. Depuis de nombreuses années, sous couvert de l'émiettement des collectivités locales sur le territoire national, les pouvoirs centraux successifs ont essayé d'en réduire le nombre sous la pression de l'Union Européenne et des marchés. Par exemple en 1970, la loi de « Fusion et regroupement des communes » d'un ministre de l'intérieur de Pompidou. Cette loi trop coercitive n'a pas rencontré une oreille attentive, ni du côté des élus, ni de la population. D'autres ont suivi sans grand succès. C'est par la suite la décentralisation qui a impliqué de nombreux regroupements.

     

    Où en sommes nous ? D'une manière générale la décentralisation est restée trop institutionnelle. Si elle a permis de mieux gérer les équipements, les transformer, les moderniser, en créer de nouveaux ; si elle a facilité les évolutions nécessaires en matière de transports publics, elle est loin de répondre à tous les besoins croissants de déplacements ; elle a également généré de nouvelles inégalités territoriales. Elle s'est également accompagnée d'un présidentialisme exacerbé à travers des exécutifs départementaux et régionaux prenant le pas sur le rôle des assemblées et des citoyens et suscitant des concurrences et des clientélismes éloignés de l'intérêt général. Cela a été mené, en parallèle avec une intercommunalité de plus en plus contrainte, éloignant encore plus le pouvoir des citoyens. Les différentes étapes de décentralisation n'ont pas permis d'améliorer la proximité sociale des élus, au contraire, la représentation s'est éloignée des réalités sociales de la population, écartant les couches populaires des responsabilités. De plus de nombreuses compétences ont été transférées sans que soit alloués les moyens et les recettes pour les assumer correctement, poussant à en réduire la portée, à aggraver la fiscalité locale, ou encore à une mutualisation ayant seulement pour but des économies en personnel.

     

    Qu'en est-il avec le gouvernement actuel socialiste-écologiste ? : Le 24 juillet l'assemblée nationale a adopté en première lecture le premier des trois projets de lois sur la décentralisation qui consacre la création de métropoles. J'y reviendrai. L'ensemble du projet s'inscrit dans la MAP (Modernisation de l'Action Publique) qui reste dans les ornières de la précédente réforme territoriale initiée par Sarkozy, la RGPP (Réforme Générale des Politiques Publiques) et des recommandations dictées à la France par la Commission Européenne : « ...il est particulièrement important que le budget 2013 soit rigoureusement exécuté et que des efforts d'assainissement substantiels soient résolument poursuivis les années suivantes. Il est impératif notamment que les dépenses publiques qui concernent non seulement l'administration centrale mais aussi les administrations des collectivités locales et de la Sécurité sociale,devraient indiquer comment améliorer encore l'efficacité des dépenses publiques. Il est également possible de rationaliser davantage les différents niveaux et compétences administratifs afin d'accroître encore les gains d'efficacité et les économies. La nouvelle loi de décentralisation devrait traiter de cette question. ». C'est la logique de l'acte III de la décentralisation : l'Etat se défausse une nouvelle fois de ses missions nationales devant garantir l'égalité sur tout le territoire. Les collectivités deviendraient des variables d'ajustement au nom du remboursement de la dette publique alors qu'elles n'en sont pas responsables. L'acte III prévoit l'encadrement et le contrôle de la dépense publique, mettant en œuvre la baisse des investissements publics des collectivités. C'est leur capacité à contribuer à une relance de l'activité économique en répondant aux besoins des habitants qui est mise en cause. Il n'y aura pourtant pas de sortie de crise sans les collectivités territoriales qui génèrent 70% de l'investissement public.

     

    La métropole supplante la commune. Au cœur de l'été et en quatre jour de débat à peine, le gouvernement et sa majorité auront réussi à imposer un texte de loi des plus controversés. André CHASSAIGNE, député PCF-Front de Gauche, au nom du groupe a indiqué « Nous considérons que ce projet de loi sur les métropoles est d'une extrême gravité car il porte en lui, par le remodelage de nos institutions territoriales, la remise en cause des fondements même de notre République, en premier lieu la commune, base de notre démocratie. » Ainsi, non seulement le projet prévoit la création de métropoles à Paris, Lyon et Marseille, de même que dans une dizaine d'autres grandes villes (Toulouse, Lille, Bordeaux, Nantes, Strasbourg, Rennes, Rouen, Grenoble, Montpellier, Brest et Nice), mais les « conseils de territoire » qui les dirigeront seront élus au suffrage universel à partir de 2020. En conséquence, les métropoles prendront rang de véritables collectivités territoriales et supplanteront l'ensemble des communes qui les composent. Si le texte a été adopté par 294 voix (PS, écologistes et radicaux de gauche) contre 235 (Front de gauche, UMP et UDI), l'affaire n'est pas terminée. Le Front de gauche, qui demande que, pour chaque métropole, les citoyens puisent s'exprimer par référendum, donne rendez-vous à partir du 2 octobre, quand le projet repasse au Sénat.

     

    Qui peut croire que l'intérêt général soit bien porté par une recentralisation et une concentration des pouvoirs locaux au sein d'intercommunalités de très grande taille ou de métropoles intégrées, nouvelles collectivités de plein droit qui se verraient transférer l'essentiel des compétences locales ? Dans la mondialisation capitaliste faite de concurrence et de domination, les peuples ont besoin d’États capables de défendre les intérêts des populations face aux marchés, et il n'y a pas d'opposition entre l’État et la démocratie locale dès lors que les citoyens sont concernés pour faire vivre une république où liberté et responsabilité se conjuguentavec recherche d'égalité et de justice. La place des citoyens doit donc être beaucoup plus présente dans la décentralisation pour faire vivre la diversité de nos villes et de nos villages, de la culture et de ses habitants. C'est pourquoi, l'instauration de la proportionnelle, la citoyenneté de résidence avec le vote des étrangers aux élections locales, et l'institutionnalisation de la démocratie participative à tous les niveaux, sont des changements à décider sans délais. L'Etat doit s'engager et jouer son rôle pour que vivent les communes.

     

    Aujourd'hui, parler de décentralisation, c'est mentir aux élus et aux populations. Avec l'acte III, il ne s'agit pas d'acter l'essor depuis trente ans des collectivités territoriales en leur permettant de réfléchir à la façon de mieux travailler ensemble, mais de rationalisation, de politiques visant à la baisse des dépenses en augmentant le rendement. Le but de ce texte est de rendre certains territoires plus compétitifs au détriment d'autres. C'est le principe même de la compétition. Double question démocratique. Avec le fléchage directement sur la liste le jour de l'élection municipale, on entérinera le fait que ce ne sera plus une équipe municipale avec son projet politique qui désignera en son sein qui portera son projet à l'intercommunalité. Premièrement, cela veut dire que l'on entérine le fait que ces élus qui siégeront à l'intercommunalité n'auront plus de comptes à rendre au conseil municipal et à fortiori à la population. Le second risque que l'on voit arriver, c'est la possibilité dans l'avenir, en 2020, de voir présenter deux listes. Le conseiller communautaire ne serait plus du tout lié au conseil municipal.

     

    Où en sommes-nous à Béziers ? La Communauté d'agglomération Béziers-Méditerranée a été dotée des compétences obligatoires, à sa création : le développement économique, l'aménagement de l'espace et des transports, la politique de l'habitat et la politique de la ville. Y ont été ajouté des compétences optionnelles : la voirie d'intérêt communautaire, l'eau et l'assainissement, la collecte des ordures ménagères, l'élimination des déchets, la création d'équipements sportifs et culturels (médiathèque, piscine, conservatoire..), des compétences facultatives comme le contrôle de la qualité de l'air et la gestion des espaces Natura 2000. Il y a aussi des compétences complémentaires comme : la fourrière animale, la gestion du matériel pour les manifestations publiques, le développement de l'enseignement supérieur et l'amélioration de vie des étudiants, l'enseignement de la musique, la danse et l'art dramatique, la gestion à très haut débit, celle des abri bus et des cars,le tourisme et la promotion touristique. Il reste à la commune : l'enseignement primaire, la culture, les bibliothèques et musées, les sports et les loisirs, la voirie communale, l'état-civil, l'ordre public (tranquillité publique, sécurité). Avec la mise en place de la taxe additionnelle de l'agglo, pour la première fois une assemblée non élue a voté un impôt assez lourd. Vous vous en êtes aperçu. Mais ce n'est pas tout, comme la CABM a bénéficié, comme les autres, puisque nouvel établissement public, d'un endettement à zéro, les emprunts sont montés en flèche, mais maintenant il faut rembourser. La Chambre Régionale des comptes vient de pointer ces risques. Y aura-t-il une augmentation de l'impôt. Entre temps, nous savons nous les biterrois qu'au moment du passage de la compétence du traitement des déchets à l'agglo, la taxe d'enlèvement des ordures ménagères a augmenté de + 37%.

     

    La commune doit être le premier échelon de proximité, de lieu de vie de la démocratie, le coeur battant de la République. Dans n'importe qu'elle commune, quelle que soit sa taille, quand quelqu'un a un problème, il va d'abord voir son maire. La crainte aujourd'hui, c'est que la commune reste comme un pis-aller avec de élus qui auront perdu leur légitimité et leurs pouvoirs sur les territoires. Pour pallier à cela, il faut que le rôle de l’État soit repensé : non réduit à ses missions régaliennes, il doit assumer et impulser des politiques publiques nationales en faveur du développement, de l'égalité territoriale, de la cohésion sociale et de la continuité territoriale. Pour y parvenir, il doit impulser un véritable partenariat avec les collectivités territoriales et non, comme le prévoit le texte, laisser place à des « pactes de gouvernance » loin des citoyens, instituant la tutelle de « grandes entités territoriales », métropoles par exemple, sur les communes en particulier, et soumettant la compétence générale des collectivités à l'adoption de schémas contraignants. La réforme doit se hisser à la hauteur du niveau de coopération volontaire aujourd'hui rendu nécessaire entre les différentes institutions de notre République. Cela appelle à inventer des formes nouvelles de « coopératives » opérationnelles ou de « gouvernement partagé », à l'échelle de grands projets volontaires et librement consentis, sous contrôle citoyen.

     

    Vive les communes ! Elles sont le creuset historique de traditions et de transformations, des lieux de résistance, de projets et de décisions partagées... Elles sont des forces d'entraînement démocratique incomparables. Il serait impensable de se priver de cet atout unique en Europe, en leur retirant leurs compétences, leur capacité d'initiative, de coopération, en les subsidiarisant, en les intégrant systématiquement à des échelons supérieurs, en attendant leur mort lente. Les communes, leurs élus, leurs citoyens doivent être respectés. Elles peuvent et doivent être un formidable moteur démocratique pour construire et mener les coopérations et les projets partagés, conçus avec les citoyens. Elles doivent garder la maîtrise des sols, refus de l'instauration de PLU intercommunaux prévu dans le texte.

     

    Des moyens financiers au service des habitants. A l'opposé des mesures d'austérité en direction des collectivités, il faut leur donner les moyens de remplir pleinement leurs missions et les services aux populations. Il faut cesser cette intolérable et dangereuse réduction des dotations d’État et les revaloriser au contraire. Une réforme fiscale juste et ambitieuse doit voir le jour au plus vite, avec le rétablissement d'un impôt économique lié au territoire et une taxation des actifs financiers des entreprises répartie équitablement.

     

    Aimé COUQUET

    http://www.pcfbassin.fr


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  • Industriels et banquiers français sous l’occupation : le livre révélation d’Annie Lacroix-Riz

    Industriels et banquiers français sous l’occupation est le fruit de nombreuses années de travail dans les archives aussi bien françaises qu’allemandes. Il montre comment le grand patronat « dirige et anime, au détail près, la guerre sociale ». Son seul but, hier comme aujourd’hui, est de se bétonner les profits les plus élevés possibles, de faire baisser les salaires des travailleurs, de diriger l’État contre le peuple.

    Jean Pestieau

    L’ouverture des archives des années 1930 et 1940 ont permis à l’historienne Annie Lacroix-Riz, stupéfiante par son érudition, de répondre à la question : la grande industrie et la haute banque françaises furent-elles confrontées au vainqueur nazi de juin 1940 ou accueillèrent-elles avec empressement leurs partenaires allemands afin d’amplifier une collaboration déjà bien établie dans la crise des années 1930 ? La continuité de cette collaboration, qui a explosé avec l’occupation, est démontrée : vente à l’Allemagne nazie de tout ce qui pouvait être vendu, des matières premières aux produits finis, fondation de cartels « européens » à direction allemande, associations de capitaux, avec éviction, depuis l’occupation, des « capitaux juifs » au profit de la machine de guerre nazie, du capitalisme financier allemand mais aussi français « aryanisé » , etc.

    Est également démontré le rôle central joué par les grands lieutenants de la synarchie1 dans le régime de Vichy et dans l’économie, désormais exclusivement mise au service de la machine de guerre nazie : industriels et banquiers, hauts-fonctionnaires, ils appliquèrent, de connivence avec l’occupant, des mesures drastiques de hausse du profit, de concentration du capital et de baisse des salaires. Ils collaborèrent activement à la répression indispensable à l’exécution de leurs plans.

    La mainmise d’une véritable mafia

    Ainsi, « le délégué en France pour le plan de quatre ans, le major Edinger-Hodapp, considérait en mars 1941, les “conséquences sur la situation matérielle et l’état d’esprit des travailleurs français, des mesures et initiatives des entrepreneurs français et de l’organisation économique française” comme la cause essentielle, avec “l’agitation subversive des communistes français”, d’une résistance croissante aux objectifs allemands [...]. Vichy codifiait et exécutait “les consignes [allemandes] sur les mesures salariales” qui faisaient l’unanimité patronale » (p.582)

    « En résumé, avaient tranché les RG [Renseignements Généraux français] en octobre 1941, une véritable mafia d’anciens polytechniciens et d’inspecteurs des Finances, groupés au sein d’une société secrète à ramifications internationales, a mis la main sur la quasi-totalité des leviers de commande de l’État, à la faveur de la défaite militaire de mai-juin 40. Elle organise la mise en coupe réglée de l’économie de notre pays, au profit de puissants intérêts financiers et y associant habilement certains groupes allemands au moyen d’une armature législative et réglementaire nouvelle créée à cette seule fin et par laquelle les organismes du Nouvel État français ne sont plus que les services extérieurs de la banque Worms. » (p. 22-23)  « Ainsi un clan financier domina l’État de 1940 à 1944, déléguant à sa tête l’“équipe” Worms-Indochine-Lehideux-Nervo, entichée de collaboration “continentale” et européenne depuis la crise » (p.23)

    Mais la résistance britannique, et plus encore soviétique, couplées à la résistance intérieure, ébranla la confiance des banquiers et des industriels dans une Europe à direction allemande : « Stalingrad [février 1943] acheva la “rupture”, la victoire soviétique persuadant la synarchie du raccourcissement des délais de la défaite du Reich. Le plus grand tournant visible de la guerre renforça l’urgence de la “voie américaine”, qui fournirait bientot les partenaires économiques privilégiés et, atout apprécié bien au-delà de la synarchie, le suprême “rempart” sociopolitique » (p. 546) face aux revendications et luttes ouvrières, face à l’Union soviétique victorieuse. « L’américanophilie des grands patrons, égale à leur collaborationnisme, leur assura “protection contre leurs ennemis intérieurs”, dans “l’isolement et l’encerclement” apparents d’après-Libération » (p. 570)

    Un bilan de collaboration positif

    Le bilan de la collaboration, sous l’occupation, des industriels et des banquiers a été très positif. « Quel gâteau se tailla le grand capital français dans la “collaboration économique” ? Doubla-t-il ou tripla-t-il au moins, comme le capital déclaré des grandes banques ? Quadrupla-t-il comme les profits déclarés de Théraplix ? Sextupla-t-il comme, de 1939 (indice 110) à janvier 1943 (610), le cours boursier des 35 grandes valeurs “nationalisées” après-guerre (4 banques, 6 d’assurances, 7 de houillères, 5 de chemins de fer des anciens réseaux, 5 de gaz et 8 d’électricité). Septupla-t-il presque comme celui des valeurs du secteur dit ’libre’ (de 113 à 697) avant que, à partir de 1943, la Bourse [ne] commen[çat...] à se méfier quelque peu des perspectives ultérieures, quant aux compartiments “nationalisables” ? [...] L’Occupation fut l’ère pour ceux qui travaillaient avec le Reich des “bons profits” » (p.651)

    À la question, « Votre livre éclaire étonnamment ce qui se passe en 2013... » posée par le journal La Marseillaise (1/09/13), Annie Lacroix-Riz répond : « Tout ce qui précède souligne l’actualité des questions traitées : maintien voire hausse du profit monopoliste en pleine tourmente via la casse drastique des salaires, un financement étatique sans limites et des privilèges fiscaux inouïs, le tout avec aide “européenne” ; fascination pour le modèle économique et social allemand ; contrôle de l’État par les groupes dont les chefs sont souvent les descendants de ces industriels et banquiers. Dans le plan assigné par le MEDEF [organisation patronale française] à l’État en 2007 – liquider “le modèle social français” fixé par le CNR [Conseil National de la Résistance], on retrouve l’ardeur des synarques ravis de la défaite qu’ils avaient “mijotée” et des “malheurs de la patrie, [et] renouant avec l’opportunisme cynique des grands bourgeois de 1815, 1830, 1852, 1871” : François  Bloch-Lainé, haut fonctionnaire de Vichy et d’après-guerre puis grand banquier (comme ses père et fils), jugeait ainsi son monde en 1976, avis qu’il censura ensuite. »


    1. Synarchie : organisation secrète française, politico-financière, mise sur pied par la « crème » du grand capital, pour l’accumulation maximale, par la baisse des salaires et des conditions de vie de la classe ouvrière et par l’appropriation des biens des capitalistes plus modestes et des « capitaux juifs »

    Annie Lacroix-Riz, Industriels et Banquiers français sous l’Occupation, Nouvelle édition entièrement refondue, 816 pages, Armand Colin, 2013, 35 euros

     

     Parallèle franco-belge

    Au début de son livre, Annie Lacroix-Riz fait un parallèle éclairant entre la Belgique et la France : « Je fais mienne l’analyse de John Gillingham sur le “grand capital” belge appliquant dès la défaite [de 1940] une stratégie mise au point dans la décennie de crise, d’adaptation au “nouvel ordre nazi”.

    La Belgique était entre les deux guerres dominée par trois holdings géants : la Société générale, fief du “roi sans couronne” Alexandre Galopin, “avec la famille royale belge [...] pour principale actionnaire” ; le consortium Banque de Bruxelles-Cofinindus-Brufina, maître du charbon, de l’acier et de l’industrie de transformation, dirigé par le Baron Paul de Launoit, “véritable eurovisionnaire” selon le baron Kurt von Schröder, chef de la banque Stein de Cologne, haut lieu d’alliances de capitaux germano-anglo-américain, membre du CA de la Banque des règlements internationaux (BRI), acteur du 30 janvier 1933 [accession d’Hitler au pouvoir] et commandant SS ; le groupe Société belge de banque-Solvay, maître de la chimie.La Société Générale [...] “contrôlait tous les grands secteurs de l’industrie”, de la métropole au joyau congolais. [...] C’est avec ces milieux belges que frayèrent les Allemands, délégués du grand capital et de l’État, tant avant que pendant la guerre » (p. 8-9)

    « John Gillingham a montré que “le grand capital belge” avait planifié sa “politique de production” au cours de la décennie de crise dans le cadre attendu d’une invasion allemande. Ses holdings bancaires concentreraient et moderniseraient bien mieux l’économie après avoir levé les obstacles  auxquels s’était heurtée cette ligne de l’entre-deux-guerres si dures aux ouvriers : les syndicats [...] ; le Parlement [...]. Ce modèle allemand à poigne fut celui du “grand capital français” qui avait comme son homologue belge intensifié la collaboration d’entre-deux-guerres que l’Occupation fit prospérer. Son rappel évite de s’interroger sur les causes de l’excellent accueil de l’occupant par les décideurs économiques. » (p.27)

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  • Peut-on être encore « européens » ?
    lundi, 30 septembre 2013 / Bernard Cassen /

    Secrétaire général de Mémoire des luttes, président d’honneur d’Attac

    Avec Le Monde diplomatique en español

    Dans les maisons d’édition, le constat est unanime : les livres sur l’Europe se vendent mal. Ce phénomène n’est pas nouveau, mais ses causes ont sans doute évolué au fil des années. Pendant quelques décennies, la construction européenne est apparue comme un dispositif lointain, que la masse des citoyens – quand elle était consciente de son existence – regardait de l’extérieur. Le sujet n’intéressait vraiment que les dirigeants politiques et administratifs, les industriels et les financiers, et certains universitaires dont les travaux – dès lors qu’ils restaient dans les limites de l’orthodoxie – étaient généreusement subventionnés par la Commission européenne. Le seul secteur d’activité dont pratiquement tous les membres étaient familiers des institutions de Bruxelles était celui de l’agriculture en raison de la mise en place, dans les années 1960, d’une politique agricole commune.

    C’est seulement à partir du traité de Maastricht (1992) que les opinions ont commencé à prendre conscience d’une évidence : dans les domaines les plus importants, les politiques nationales ne sont rien d’autre que la déclinaison locale de politiques décidées au niveau européen par les gouvernements à partir des propositions de la Commission – institution n’ayant de comptes à rendre à personne –, et toujours dans une logique ultralibérale. La création de l’euro, sous la férule d’une Banque centrale européenne (BCE) indépendante, en a été la disposition la plus emblématique.

    Une douzaine d’années plus tard, les débats autour du traité constitutionnel européen (2005) ont permis à un nombre croissant de citoyens de s’approprier encore davantage la question européenne. Et ils n’ont pas aimé ce qu’ils avaient ainsi appris à connaître… L’atteste, entre autres éléments d’appréciation, la victoire du « non » aux référendums français et néerlandais. Longtemps « objet politique non identifié » – pour reprendre la formule de Jacques Delors –, l’Europe s’est peu à peu installée dans les esprits non seulement comme un acteur central, mais surtout comme un acteur hostile aux aspirations populaires, suscitant en retour un rejet croissant.

    Au cours des cinq dernières années, la gestion de la crise financière par les institutions et les gouvernements européens n’a fait qu’exacerber ce rejet. Le sauvetage des banques et de l’euro, avec la conversion massive des dettes privées en dettes publiques à la charge des contribuables, sont apparues comme leurs seuls objectifs, quel qu’en soit le prix social à payer, surtout dans les pays du Sud : explosion du chômage, baisse des salaires et des retraites, démantèlement de la protection sociale et des systèmes de santé, licenciements de fonctionnaires, privatisations des biens publics, etc.

    Le prix démocratique n’a pas été moins élevé. En témoignent notamment, d’un côté, la création d’une nouvelle police européenne, la troïka (Commission, BCE, FMI) qui dicte déjà sa loi à une demi-douzaine d’Etats relégués au statut de républiques bananières, et, d’un autre côté, les pouvoirs exorbitants de censure des budgets nationaux confiés à la Commission par des gouvernements de droite ou prétendument « de gauche », comme celui de François Hollande. Parler aujourd’hui de souveraineté des peuples et de leurs élus au sein de l’Union européenne relève de la plaisanterie.

    Alors, face à ce naufrage, comment rester encore « européens » ? L’extrême-droite, en ascension fulgurante dans plusieurs pays, a choisi de ne plus l’être du tout. Mais faute de remettre en cause les fondements de l’Europe réellement existante, les partis de l’arc démocratique, et en premier lieu ceux se réclamant de la gauche, auront, plus encore, contribué à enterrer une idée qui avait un réel potentiel progressiste

    http://www.medelu.org/Peut-on-etre-encore-europeens


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  • Portugal :: Excellents scores de communistes aux élections municipales

    Ce dimanche 29 septembre, c’étaient les élections municipales au Portugal. Les deux grands vainqueurs ont été les socialistes et les communistes (tous deux au national, dans l’opposition). Les grands perdants ont été le parti gouvernemental social-démocrate de Passos Coelho.

    Tim Joye et Bert De Belder

    On savait d’avance que le PS allait progresser considérablement. Les 18 premiers mois de l’application du mémorandum avec la troïka (FMI, Banque centrale européenne et Commission européenne), les socialistes se sont encore tenus étonnamment silencieux, parce que, dans un précédent gouvernement, avant que le social-démocrate de droite Passos Coelho ne devienne Premier ministre, ils avaient encore participé aux négociations du plan sévère d’économie. Mais, ces derniers mois, le PS a été de plus en plus mis en épingle par les médias en tant qu’alternative parlementaire crédible aux yeux du peuple portugais, furieux contre les économies néolibérales. Désormais, 148 des 307 municipalités portugaises reçoivent un maire PS.

    Le parti gouvernemental PSD a encaissé des coups durs. A Porto, où l’ancien ministre était candidat, le parti jouait gros jeu, mais a été battu par le candidat indépendant Rui Moreira, qui était toutefois soutenu par le parti conservateur CDS. 

    Mais le seul parti qui monte vraiment dans ces élections, c’est la CDU, la coalition entre (surtout) les communistes (PCP) et les Verts. Un journaliste d’O Publico, le principal quotidien, a dit en guise de boutade le soir des élections : « Comme toujours, les communistes prétendront que les élections sont une grande victoire pour eux. A la différence près que, pour la première fois depuis des décennies, leurs propos sont bel et bien exacts. » Et, effectivement : le parti passe de 174 à 213 sièges dans les conseils municipaux et de 28 à 34 maires. Au national, il obtient 11,06 % des suffrages. Fait surprenant : au niveau des freguesias, les conseils de quartier, la CDU fait encore mieux : 11,94 %. Plus le niveau des élections est proche des gens, plus élevé est le score des communistes.

    Dans le sud du pays, où le PCP était au pouvoir dans bien des endroits, les gens sont contents et la CDU progresse encore. Dans la grande ville portuaire de Setubal, elle obtient 41,93 % et passe de 5 à 6 des 11 sièges. D’importantes chefs-lieux de district, où c’était souvent le coude à coude, ont été reconquis sur le PS : Beija, Evora et Loures, une banlieue de Lisbonne. Dans cette dernière ville, il y avait eu une grande campagne contre la privatisation de la distribution d’eau par le pouvoir du PS. « Depuis le milieu des années 80, la CDU n’avait plus eu le pouvoir dans les grands chefs-lieux de district du Sud », explique avec enthousiasme au téléphone Pedro Guerreiro, responsable du département international du PCP. Outre les traditionnels bastions communistes, le parti progresse également dans le reste du pays : à Lisbonne, de 1 à 2 sièges (9,85 %), idem à Braga et, à Porto, il passe même de 1 à 5 sièges (6,12 %).

    Chute du Bloc de gauche

    Hormis le PCP, il y a encore un autre parti de gauche au Portugal, le Bloc de gauche, un rassemblement d’eurocommunistes, de trotskistes et de social-démocrates de gauche. Il y a quelques années, ce parti atteignait encore des sommets, mais ces élections ont constitué une grosse déception. La seule municipalité où le Bloc de gauche a eu la majorité ces quatre dernières années, il a dû la céder au PS. Mais c’est surtout la défaite de Joao Semedo qui a été le plus durement perçue : à Lisbonne, le président du parti n’est même pas parvenu à garder son siège.

    Jerónimo de Sousa, secrétaire général du Parti communiste portugais, voyait bien sûr dans le résultat électoral un sévère blâme adressé au gouvernement : « Quels qu’aient été la nature locale, les facteurs et la dynamique de ces élections, la lourde perte encaissée par les partis gouvernementaux PSD (social-démocrate) et CDS (conservateur) ne peut être dissociée de la condamnation manifeste par les  travailleurs et la population du Portugal de la politique gouvernementale de ruine et de paupérisation. » Et il a invité à utiliser la progression des communistes en vue de relancer la lutte sociale de plus belle : « Chaque position que nous avons conquise aujourd’hui, chacun des plus de 3.000 mandats que la CDU détient aujourd’hui (aux divers niveaux, y compris les conseils de quartier, NdlR), signifie plus de travail, un enjeu plus important et un engagement total en défense des intérêts de la population. Un enjeu qui sera poursuivi dès demain dans la lutte quotidienne pour l’amélioration des salaires et des pensions, pour le renforcement de la sécurité sociale, la défense des services publics et la création d’emplois. Avec une vaste action de mobilisation nationale qui en découlera : la marche contre l’exploitation et la paupérisation que le syndicat CGTP appelle pour le 19 octobre. »

    http://www.ptb.be

    cdu_autarquicas13.jpg Élections locales au Portugal : succès historique pour le Parti communiste (11-12%) et effondrement du Bloc de gauche (2-3%)

     

    Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

     

    Les élections locales (autarquicas) de ce 29 septembre ont vu une défaite historique de la droite, maître d'œuvre de l'austérité. Si le PS a profité de la situation pour gagner quelques mairies, il recule en voix. Les communistes de la CDU sortent grands gagnants du scrutin.

     

    La droite représentée avant tout par le PSD (Parti social-démocrate) mais aussi le CDS-PP (Parti populaire) avaient exhorté les Portugais à ne pas «  nationaliser  » le scrutin. Peine perdue. Après les deux années de plans d’austérité, le gouvernement sort dramatiquement affaibli.

     

    La droite subit sa pire défaite depuis 20 ans : 16,5% pour le PSD, 3,5% pour le CDS-PP – plus une dizaine de % pour les listes de divers droite (avec 7,5% pour les listes PSD-CDS). Soit un recul de plus de 10 points par rapport à 2009 et la perte de23mairies.

     

    Les partis de droite ainsi que le PS (la « troika ») perdent sur ce scrutin près de 750 000 voix.

     

    Les grosses ficelles des partis du consensus dominant PS-PSD pour garder la main : « indépendants », clientélisme, alliances tacites

     

    Dans des bastions historiques de la droite, le PSD connaît des défaites historiques. Au nord, le PSD perd la deuxième ville du pays, Porto et Vila nova de Gaia. Dans le fief de Madère, et de son président corrompu Alberto Jardim, il perd 7 des 11 mairies.

     

    Prévoyant sa débâcle, la droite a mobilisé toutes ses ressources : la carte du localisme, l'activation de ses réseaux clientélistes, mais aussi la dissimulation de ces candidats derrière les étiquettes d' «  indépendants  » : comme Marco Almeida battu de peu à Sintra, Rui Moreira vainqueur à Porto.

     

    Rui Moreira, présenté comme le candidat « anti-parti » (son slogan, le populiste quasi footballistique : « Notre parti, c’est Porto »), des citoyens à Porto a pourtant été soutenu par le CDS-PP et épaulé par une série d’anciens responsables locaux du PSD.

     

    Lui-même grand industriel du secteur immobilier, président de la Chambre de commerce de Porto,il est impliqué dans les opérations de réhabilitation, de fait d’expulsions des populations pauvres, du centre-ville de Porto. Moreira a représenté une alternative populiste de droite au candidat du PSD, Luis Filipe Menenzens, plongé dans une série de scandales.

     

    Le vainqueur attendu est le Parti socialiste. Il remporte 150mairies et renforce son hégémonie dans des régions-clés, comme à Lisbonne, et récupère des villes majeures comme Coimbra. Le secrétaire-général du PS n’a pas hésité à parler de la plus grande victoire de l’histoire du scrutin.

     

    Sur une corde raide, le PS a capitalisé sur le rejet global du gouvernement de droite, feignant l’indignation tardive quant au budget 2014 tout en se revendiquant après le scrutin d’une « opposition constructive » au gouvernement.

     

    Il a également utilisé à plein ses réseaux clientélistes locaux, tout en profitant des reports de voix habituels des électeurs conservateurs dans les duels attendus au sud avec les candidats communistes.

     

    Le Parti communiste : troisième force politique du pays, en progression nationale et locale

     

    En dépit de ces manœuvres, le seul parti à réellement progresser, tant en voix qu'en nombre de majorités conquises, c'est le Parti Communiste, rassemblé dans la Coalition CDU (Convergence Démocratique Unitaire).

     

    Le PCP-CDU obtient 11,1% pour les Chambres municipales (exécutif) et 12% aux Assemblées municipales (législatif), une progression de 1,3 points par rapport à 2009 : des résultats inédits aux élections locales sur ces vingt dernières années.

     

    Si le PCP s'installe plus que jamais comme la troisième force politique du pays et surtout la seule alternative au consensus dominant PS-droite, les résultats au niveau local sont encore plus impressionnants.

     

    On note d'une part une progression encourageante dans les régions qui ne sont pourtant pas ses bastions, ce dans tout le pays : 7% dans la région de Porto au nord (4% en 2009), 7,5% à Coimbra au centre (5,5% en 2009) ou encore 11,7% à Faro, à l’extrême-sud (6% en 2009).

     

    Dans les régions « rouges » du Sud, les communistes font le plein : 14,1% à Santarem, 15,8% dans la région métropolitaine de Lisbonne, 17,2 % à Portalegre, 38,6% à Beja, 38,5% à Évora (première place devant le PS) et 42% dans la région de Setúbal – la 3 ème du pays – avec majorité absolue à l'Exécutif régional.

     

    A l'échelle des communes, le PCP récupère 10 mairies dont les deux capitales de district Beja et Evora, tout en récupérant la majorité absolue dans les deux plus importantes mairies communistes, Setubal et Almada, la 10ème ville du pays dans la banlieue de Setúbal.

     

    Huit autres communes ont été conquises, parmi lesquelles Loures, 6 ème ville du pays située dans la banlieue de Lisbonne ou encore la mythique Grândola, la ville d’Alentejo dont fut tirée la chanson de Zeca Afonso « Grândola, vila morena », hymne de la Révolution d’avril.

     

    En termes d’élus locaux, le PCP passe de 174 à 213 élus dans les exécutifs municipaux, et de 655 à 746 dans les Conseils municipaux. Les communistes dirigeront 34 mairies sur les 308 que compte le pays, soit une mairie portugaise sur neuf.

     

    Après l’annonce des résultats, le secrétaire-général du PCP, Jerónimo de Sousa a annoncé les priorités futures du Parti, la lutte contre les politiques du capital, d'où qu'elles viennent :

     

    « Les voix obtenues par la CDU sont un facteur de confiance et d’espoir, sur le fait qu’il est possible de tracer un autre chemin, un autre cap. Une impulsion à la lutte, à ce qu’elle peut ouvrir de perspectives et réalisation d’une politique alternative, une preuve qu’il revient aux travailleurs et au peuple dans leur action, leurs choix et leur vote de battre les partis des politiques de droite [NdT : le PCP intègre les PS dans les partis responsables des « politiques de droite »], de donner plus de force à la CDU pour réaliser une politique patriotique et de gauche.

     

    Cet engagement local trouvera une continuité dès demain dans la lutte quotidienne – avec la grande action de lutte nationale « Marche pour Avril : contre l’exploitation et la paupérisation » déjà convoquée par la CGTP pour le 19 octobre ».

     

    Le « Bloc de gauche » en voie de disparition

     

    Au-delà de l’affaissement des partis du consensus dominant PS-PSD, de la progression des communistes, le dernier enseignement du scrutin, c’est la quasi-disparition électorale du « Bloc de gauche ».

     

    La formation dite de « gauche radicale » (issue de courants maoistes, trotskistes, ex-socialdémocrates, refondateurs …), soutenue par le PGE contre le Parti communiste passe de 3 à 2,4% aux exécutifs municipaux, de 4 à 3% aux Conseils municipaux.

     

    Elle ne garde plus que 8 élus aux exécutifs et 100 dans les Assemblées, des chiffres qui supportent mal la comparaison avec ceux obtenus par les communistes, respectivement 213 et 747

     

    Le Bloc de gauche subit électoralement la conséquence de l’incohérence de son discours pendant la campagne, reflet de son alignement fondamental sur le consensus dominant.

     

    Ainsi, pendant la campagne, le Bloc a alterné entre des mains tendues au PS pour des alliances électorales locales et nationales, avant de dénoncer … l’intransigeance du PS (et non la politique d’austérité dont il est complice !).

     

    Ironie de l’histoire, c’est le PS qui a enlevé au Bloc sa seule mairie, Salvaterra do Magos, dans le Ribatejo. Autre symbole frappant, l’absence du moindre élu du Bloc de gauche à l’exécutif dans un de ses fiefs, la région de Lisbonne où se présentait son secrétaire-général João Semedo … le dernier élu récupéré par le PCP.

     

    Sur un autre point majeur, le « Bloc de gauche » s’est encore gardé de tout positionnement de rupture, tant avec l’Euro qu’avec l’Union européenne, là où le PCP maintient son discours de rupture avec l’intégration européenne, ouvrant même la question de la sortie de la monnaie unique.

     

    Un gouvernement de droite plus affaibli que jamais et un Parti Socialiste empêtré dans les contradictions de son double discours, déterminés à appliquer par alternance les diktats de la « Troika », désirée par le patronat portugais comme européen :

     

    Plus que jamais la seule alternative est le Parti Communiste, plus fort sur les territoires locaux, plus fort dans les luttes pour faire triompher une alternative au consensus dominant, capitaliste et européiste.


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  • Quelques informations au cours du débat parlementaire de le réforme des collectivités territoriale et l'acte III de la décentralisation

     

    Jacky CUSOL

    Cellule Gérard Philippe Le Barp

    Section Bassin d'Arcachon

     

    Jeudi 30 mai 2013 le Sénat examinait le 1er volet de l'acte III de la décentralisation. La particularité de ce débat c'est que contrairement aux députés, le Sénat est représentatif des élu(e)s des collectivités territoriales et locales, dépendant qu'il est des grands électeurs.

     

    Ce qui explique sans doute en parti, que ces élu(e)s aient depuis longtemps fait connaître leurs désaccords sur le projet du gouvernement Ayrault.

     

    Déjà en 2012 avec N. Sarkozy à l'Elysée et aujourd'hui présentée par la ministre de la réforme de l'Etat, Marylise Lebranchu et la ministre déléguée à la décentralisation, Anne-Marie Escoffier, s'inscrivant dans la continuité des anciens textes et usant de manœuvres parlementaires pour en camoufler les aspects nocifs.

     

    Il faut dire que le gouvernement se heurte à une réelle contestation des élus et des populations excédés par le contenu anti-démocratique du projet de réforme et de création d'un serpent de mer institutionnel, éloignant toujours plus les citoyens des lieux de décisions.

     

    Ce qui ne rend pas la tâche facile à ces ministres de tutelles, obligées de décortiquer en 3 textes leur projet de loi, au risque de rejet de l'assemblée sénatoriale.

     

    Ce que nous savons du 1er volet de ces 3 textes, c'est que celui-ci ouvre le débat sur la compétence de chacun des échelons des collectivités; la création du statut de métropole pour les agglomérations de plus de 450 000 habitants.

     

    Le projet rétablit la clause de compétence générale (que Lebranchu conteste), qui devait disparaître en 2015. Cependant cette liberté décisionnelle des élus se trouve entachée d'un encadrement de l'action publique par l'institution de ''conférences territoriales'' devant regrouper toutes les collectivités et l'Etat à l'échelle régionale, avec pour objectif de définir un « pacte de gouvernance territoriale ».

     

    Disposition de gouvernance rejetée par la commission des lois du sénat et que la ministre Lebranchu espère rétablir.

     

    Autre aspect de discorde la « métropolisation » aux compétences renforcées, notamment en terme de développement économique. Ainsi Paris, Lyon et Marseille bénéficieront de statuts particuliers. Au-delà 15 métropoles seraient également crées.

     

    Les maires et leurs conseils municipaux seraient dessaisis des décisions devant répondre à l'intérêt général, amputant de fait la libre administration de leurs collectivités.

     

    Ceci à partir de transferts de compétences à l'échelon supérieur des communautés de communes, voir d'agglomération (rappelons-nous le projet d'une grande intercommunalité sur nos territoires -le Bassin et Libourne-) au pouvoir d'intégration des communes à leurs projets.

     

    L'idée même de faire de nos communautés de communes des arrondissements aux métropoles est significatif de mise en concurrence des collectivités, pour des territoires plus attractifs, vis à vis de capitaux en mal de rentabilité.

     

    Nous passerions ainsi d'intercommunalité de projets communs, partagés et volontaire, comme de coopération et de mutualisation, à des regroupements intercommunaux à caractères stratégiques touchant l'urbanisme, la maitrise des sols ( PLU ), l'habitat, l'urgence sociale...

     

    La gouvernance de ces instances intercommunales à son importance, dans le sens ou les décisions devront se prendre à la majorité qualifiée, avec le risque qu'un système d'alternance, prolonge au niveau local ou régional, une gestion libérale des services à la population, que sont nos services publics (privatisation). Dans ce cadre, on prend aucun risque à dénoncer que l'emploi public et les services publics sont menacés.

     

    Ce que ne manque par d'ailleurs de dénoncer la CGT et FO, voyant dans cette course à la compétitivité des territoires une remise en cause de ce qui fonde notre république, la commune et le statut de ses agents territoriaux.

    L'asphyxie financière des collectivités pèse déjà lourdement dans la réponse aux besoins des populations et de leur territoire. L'emploi et l'investissement public recul, rendant nos collectivités dépendantes d'investisseurs et d'aménageurs privés.

     

    L'Etat dans sa loi des finances a décidé de réduire de 4,5 milliards sur 3 ans ses dotations aux  collectivités. A celles-ci de trouver de nouveaux financements, quitte à peser sur l'impôt local, de façon sélective, vu la suppression de la taxe professionnelle.

     

    Sur fond d'austérité, la création de métropoles va chambouler  le paysage institutionnel de nos collectivités, aux inégalités territoriales et sociales garanties, ou la concurrence libre et non faussée, régira les rapports économiques et sociaux, avec les conséquences que l'on connait, d'un chômage de masse et de désindustrialisation du pays.

     

    Cette loi prépare donc d'un côté la liberté d'entreprendre pour les métropoles et les régions, jusqu'à, pour cette dernière, pouvoir prendre des prises de participations dans certains conseil d'administration, régionaliser ses propres lois et de l'autre côté réduire les pouvoirs d'initiatives des communes et des départements ( certains en rupture de paiement ) faute de moyens et de compétences à minima.

     

    Nous voyons bien là l'impact d'un ralliement de F. Hollande au pacte européen de compétitivité, sacrifiant au demeurant nos lois républicaines et un modèle social qui durant des années ont démontré leur efficacité sociale, économique et culturelle, tout en ayant valeur de protéger nos concitoyens d'un monde impitoyable de l'argent roi.

     

    Le problème n'est donc pas la réforme en soi, mais ce que l'on veut en faire !

     

    Nous sommes sur un enjeu du long terme, contre un court terme qui instaure la loi du plus fort !

     

    C'est sans doute ce qu'on compris les Alsaciens qui par référendum on rejeté le projet de remaniement territorial et institutionnel. C'est aussi l'action des maires de France refusant ce projet de loi, mais aussi de l'ANECR, du Front de Gauche, à Aubagne, Bouches-du-Rhône, Haute Garonne, etc..., toutes et tous opposés à la centralisation des pouvoirs, préférant la proximité à la coercition.

     

    Comme sur l'ANI instituant la flexibilité de l'emploi à outrance, les retraites et la protection sociale, le bouleversement territorial est une nouvelle occasion d'une politique d'ajustement aux exigences de la finance.

     

    Au stade du débat parlementaire et à la veille d'élections municipales, régionales et européennes, il y a tout intérêt d'éclairer les enjeux d'une telle réforme et de soumettre d'autres alternatives de démocratisation de nos institutions locales, au contenu social, économique et citoyenne que doit porter une VIème république.

     

    Moderniser l'action publique n'est-il pas de mettre en place un statut de l'élu, le vote des immigrés, la proportionnelle, développer la démocratie participative pour plus de citoyenneté, respecter le non cumul des mandats...?

     

    La place du citoyen dans cette réforme est à conquérir, ainsi que la place de l'Etat à partir du moment ou celui-ci respecte la démocratie locale et la diversité de nos villes et villages et la culture de ces habitants.

                                                                                                

    Jacky CUSOL

     

    Cellule Gérard Philippe Le Barp

    Section Bassin d'Arcachon

     

    Commentaire de Bernard Trannoy n'infirmant en rien ce qui est d'écrit ci-dessus :

    Il convient de souligner, avec force me semble-t-il, que cette réforme s'inscrit dans un cadre plus large, européens.

    Cette réforme participe d'une orientation globale visant à construire une Europe des "Landers", des régions. Europe qui à comme objectif central de conduire aux démantèlement des Etats Nation et de tous les systèmes de protection sociale qui s'y attachent. Cette Europe créée pour et par le grand capital, pour répondre à ses rapacités.  

    De ce point de vue il convient de souligner la plus totale hypocrisie utilisée par le duo Hollande, Ayrault. Les décisions prises au niveau européen ne sont que l'application par la commission européenne des décisions prises par l'ensemble des gouvernements européens, donc du gouvernement Français. Rien n'obligeait celui-çi à se coucher sur l'hôtel du nouveau veau d'or appelé €uro, Europe de "la conccurence libre et non fausée". (TES)

    A contrario, de la mise en cause de la nation et de sa souveraineté par cette Europe, prison des peuples. Il convient de s'acheminer vers une réappropriation de nos souverainetés de la commune à la nation. C'est notre capacité à la libre administration qu'il est ici en question. 

    Etre solidaire, coopérer avec les autres nations supposent de maîtriser totalement sa souveraineté. Pas de coopération sans souveraineté. 

    Pour vivre et décider içi et maintenant, une neccéssité être un peuple libre totalement souverain.

    http://www.pcfbassin.fr


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  • Les 4 offrandes faites au Front National

     

    Maurice Szafran
     

    L’application que les principales formations politiques mettent à tracer un boulevard pour le parti de la famille Le Pen est une source permanente d’interrogations.
     
    Au nom de Marianne, la responsabilité m’incombe d’intervenir fréquemment sur les télés et les radios à propos de l’actualité politique. Y reviennent en boucle et par saccades les sujets de l’heure, du jour, de la semaine – jamais plus, jamais plus loin : Sarkozy veut-il, peut-il, revenir ? Pourquoi les chefs de l’UMP se haïssent-ils à ce point ? Jusqu’à quel point les Français supporteront-ils la pression fiscale ? Le bijoutier de Nice était-il en légitime défense et fallait-il ou non l’embastiller ?

    Questions mécaniques ; réponses tout aussi mécaniques. Et voilà que cette semaine, sur i-télé, j’ai pété un câble, j’ai crié, hurlé, vitupéré, attitude peu usuelle dans cette univers si policé : l’excellente Sonia Chironi m interrogeait sur une note « secrète » de la sous-ministre Michèle Delaunay « révélant » que les retraités commençaient à se reporter massivement sur le Front National. Parce que nous avons besoin d’une « note secrète » pour le savoir ? Parce que nous avons besoin d’une « note secrète » pour comprendre qu’il n’existe aujourd’hui qu’un seul et unique pôle de stabilité dans la politique française, le Front National bien entendu ? Faut-il le rappeler ?
     
    1. L’UMP est détruite. Les détestations personnelles mâtinées de désaccords ont effacé toute hypothèse de reconstruction et de solidarité politiques. Les vieux se haïssent ; les jeunes se méprisent. Et les Français, tous les Français, le savent. Et puis, il y a l’affaire Fillon, le scandale Fillon ai-je envie d’écrire, moi qui supporte pourtant mal l’utilisation excessive de ce mot-scandale — en politique. Mais là ! Cette construction minutieuse, délibérée, confirmée déclaration après déclaration, d’un avenir commun à la droite UMP et au Front National ! Fillon le bourgeois, Fillon le convenable, Fillon le si propre, le trop propre sur lui qui, soudain, déborde Sarkozy et Copé sur leur droite ! Fillon le démagogue auprès duquel Sarkozy et Copé passent désormais pour des modérés ! Marine Le Pen en rêvait ; François Fillon passe à l’acte !
     
    2. L’espoir Bayrou est en état de mort clinique. 20 ans d’efforts — et nous avons accompagné ce mouvement dans l’Événement du Jeudi puis dans Marianne -  pour qu’un centre véritable dépasse les clivages droite-gauche et puisse servir, selon les circonstances, de point d’ancrage républicain. Terminé, retour à droite, triomphe posthume de Jean Lecanuet, banalisation et crash d’un destin politique. 10 % des Français au moins étaient attachés à cette démarche. Et vous imaginez que cette déconfiture ne fait pas aussi le jeu de Marine Le Pen au moment précis ou tout lui sert ?
     
    3. Le naufrage politique des socialistes se confirme jour après jour. Cela ne nous réjouit pas, c’est ainsi. Chantage pratique par les Verts, pas le moindre leader audible, des ministres inexistants, un président ridiculisé par Poutine et par... Obama dans l’affaire syrienne.  Et l’on pourrait poursuivre cette litanie.
     
    4. Jean-Luc Mélenchon et la gauche de gauche se sont installés dans la pire des postures politiques : ils sont inaudibles et, plus grave encore, inefficaces, contre-productifs, incapables de contrecarrer pour de vrai, pour de bon, la moindre initiative du FN. Car le rôle historique de la gauche de gauche, ce ne peut pas être exclusivement d’accabler la social-démocratie, la plupart de ces critiques étant par ailleurs justifiées ; le rôle historique de la gauche de gauche, c’est aussi de combattre l’extrême-droite en proposant des alternatives à un électorat dit « populaire » qui n’hésite plus a voter FN, et de façon massive.
     
    Or Mélenchon, et c’est une catastrophe politique, s’est « bo-boisé », ses sorties « anti-fascistes » contre le ministre de l’Intérieur Manuel Valls l’ont ridiculisé, son libertarisme sociétal est incompréhensible pour tant de Français.
     
    1+2+3+4 : vous doutez encore, vous, que le Front National domine la vie politique de notre République ? 

     


    Marianne 

    http://billets-du-temps-perdu.blogspot.fr


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  • Manifestation en faveur de l'Obamacare, l'assurance maladie accessible voulue par Barack Obama (archive)

    Monde - le 1 Octobre 2013

    Les Etats-Unis au bout du chantage budgétaire républicain

    Boston (États-Unis), correspondance. Les élus conservateurs ont bloqué in extremis la loi sur l’assurance maladie, en coupant les vivres au gouvernement. 850.000 fonctionnaires se retrouvent au chômage technique.

    Pas de coup de théâtre de dernière minute. Le gouvernement des États-Unis est depuis ce mardi, minuit et une minute, privé de budget, le 1er octobre étant la date de la fin de l’année fiscale. Cette situation implique automatiquement la mise au chômage technique de plus de 850 000 fonctionnaires considérés comme non essentiels (du bureau des passeports en passant par la Nasa ou les musées, mais pas l’armée…). C’est là le résultat du pourrissement de la confrontation entre élus du Parti républicain (menés par sa droite extrême, issus du Tea Party) largement majoritaire à la Chambre des représentants et l’administration Obama et le Sénat, tenu par les démocrates. Une bataille lancée cette fois par un élu ultra du Texas, le sénateur Ted Cruze, qui a réussi en quelques jours à embarquer ses collègues de parti dans une véritable fronde contre… l’«obamacare», la loi pour une «assurance maladie accessible» adoptée lors du premier mandat d’Obama.

    L'Obamacare dans le viseur républicain

    Quel rapport? Objectivement, il n’y en a pas. D’autant que l’Obamacare a déjà été adoptée, ratifiée et même validée non seulement par la réélection du président mais aussi par la Cour suprême, saisie par des États fortement républicains… Mais voilà, la loi – et sa réglementation de l’assurance maladie (de loin la plus chère du monde et une énorme manne financière) – devait justement entrer aussi en vigueur ce 1er octobre 2013. C’était donc la der des der qui sonnait pour les ultraconservateurs. Ils ont toujours fait de l’«obamacare» qu’ils considèrent comme la «porte ouverte vers un socialisme à l’européenne» leur bête noire. Dès lors, ces derniers ont décidé de jouer leur va-tout: dans une… 44e tentative de blocage, la majorité de la chambre a cette fois mêlé les genres et saisi le gouvernement au porte-monnaie.

    «C’est une opération d’extorsion pure et simple», s’indignait hier le sénateur démocrate de New York, Chuck Schumer. «Les républicains ont pris la nation en otage», ajoutait son collègue de Virginie, Gerry Connelly. «Les démocrates peuvent d’autant moins céder à ce chantage que cela créerait un précédent impossible», soulignait encore Schumer. De plus, face 
à une opinion de plus en plus excédée, chaque parti espère faire porter à l’autre le chapeau des désagréments d’une «fermeture gouvernementale».

    L’administration publique américaine ferme, otage du Tea Party

     

    A minuit, heure de Washington, l’Etat fédéral a officiellement “fermé”. Suite au blocage sur le budget au Congrès sur le budget, des centaines de milliers de fonctionnaires sont au chômage technique. 

    Barack Obama a exclu de céder à la pression exercée par les républicains du Congrès qu’il qualifie comme une demande de « rançon ». Il entend appliquer coûte que coûte, à partir de mardi, sa réforme de l’assurance-maladie, l’ « Affordable care », aussi appelée « Obama care ». Le président américain a affirmé qu’il n’était « pas du tout résigné » à une paralysie de l’Etat. Pourtant, puisqu’aucun compromis n’a été trouvé lundi, les Américains subissent depuis ce matin la première paralysie gouvernementale connue depuis 1996 qui provoquera dans la foulée la fermeture de nombreux services … En quoi ce blocage pourrait-il influer sur la vie des Américains
    Officiellement, l’État fédéral n’est plus plus financé. Une interruption de subvention provoquant directement la mise à pied de 800.000 fonctionnaires. Le président, a expliqué qu’il ne se laisserait pas prendre «en otage» par les revendications idéologiques d’une petite partie de conservateurs. Pourtant cette action, ou plutôt cette abstention, aura un effet détonnant à travers le pays, prenant en otage pas seulement les adhérant d’un parti mais tout l’ensemble des citoyens américains.

    Sans financement, c’est le système administratif entier des Etats Unis qui risque d’être touché. Certains devront réduire leur activité voir même fermer leurs portes. Le service des impôts, les bureaux d’aide au logement ainsi que les bureaux de délivrance des passeports et les musées publics pourraient voir leur activité s’interrompre au cours des prochaines heures. Seuls les magistrats continueront à être payés, de même que les militaires, les agents de la CIA ou du FBI ou encore les contrôleurs aériens et les gardiens de prison. Les cours fédérales vont peut être pouvoir tenir l’espace de quelques jours sur leur budget propre constitué sur les amendes acquittées, mais verront surement leur services fermer si aucun compromis entre les deux partis n’est trouvé.

    Cette paralysie quasi-inédite est causée par le refus des membres du Tea Party à la Chambre des représentants, les plus conservateurs de la majorité républicaine, de voter le budget fédéral. Ils demandent en effet la fin de l’application de l’Obamacare, ou en tout cas l’arrêt de son financement. Un chantage qui ne redore pas la popularité du Congrès, au plus bas depuis des décennies.

     
     

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  • Budget 2014

    Le choix de l’austérité

    15 milliards d’euros de dépenses publiques de moins, 9 milliards d’économies sur les dépenses de l’Etat et des collectivités et 6 milliards sur les dépenses sociales : voilà le résumé du budget 2014 tel que présenté par les ministres chargés de l’économie et du budget.

    Il s’agit d’un budget d’austérité.

    Les dépenses de l’État, hors charge de la dette, vont diminuer de 1,5 milliard d’euros. 13 000 postes de fonctionnaires seront supprimés, y compris au ministère de l’Economie et des Finances et cela alors même que la lutte contre la fraude fiscale nécessite d’augmenter les moyens des services fiscaux.

    3 milliards d’euros seront économisés sur les dépenses d’assurance maladie et 3 autres sur les retraites, retraites complémentaires, politique familiale et assurance-chômage.

    Le budget 2014 prévoit de nouveaux cadeaux au patronat et aux actionnaires au nom de l’amélioration de la compétitivité :

    • Le crédit d’impôt compétitivité emploi qui coûtera 20 milliards d’euros aux contribuables. Les patrons ne peuvent qu’y voir un motif de satisfaction. Les ministres inscrivent ainsi le budget dans la logique patronale.

    • Le crédit impôt recherche n’est pas remis en cause malgré les critiques justifiées dont il fait l’objet par la Cour des comptes.

    • C’est également le cas de l’allègement de l’imposition des plus-values de cession des valeurs mobilières qui ne profite qu’aux spéculateurs et actionnaires.

    En revanche, les ménages et particulièrement les foyers à revenu modeste seront encore mis à contribution, notamment par la hausse de la TVA.

    L’austérité n’est pas la solution. Elle est le problème. D’autres voies et d’autres choix sont indispensables.

    Pour la CGT Il faut : dynamiser l’emploi, l’activité économique, réduire la pauvreté et les inégalités sociales qui ont augmenté avec la crise en mettant en place une réforme profonde de la fiscalité avec l’objectif de valoriser le travail et la production des richesses, réduire l’injustice et mettre à contribution les hauts revenus et les détenteurs de capitaux. Cela passe par la lutte contre la fraude fiscale et les paradis fiscaux ; ce qui pose également la question des moyens des services fiscaux.

    Montreuil, le 26 septembre 2013

    http://www.cgt.fr/Le-choix-de-l-austerite.html


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  • La Libye : une « success story » de l’OTAN

    Abdel Bari Atwan
    Juin 2013 - Milice faisant une démonstration de force devant le tribunal de Benghazi. Où sont aujourd’hui les BHL, Sarkozy, Cameron, Hollande ?... - Photo : AFP
     

    Bienvenue dans la nouvelle Libye, un pays « libéré » par l’OTAN qui se retrouve maintenant sans les revenus pétroliers qui pourraient le rendre riche, sans aucune sécurité ni stabilité et avec une criminalité et une corruption à des niveaux sans précédents.

    Vendredi dernier, le magazine The Economist a publié un rapport sur l’implosion de la Libye. Mon attention a été captée par les photos qui illustraient l’article - en particulier une illustration montrant un graffitti sur le mur d’un café du bord de mer dans la capitale Tripoli, qui disait : « Le seul chemin vers le Paradis est le chemin vers l’aéroport ».

    La plaisanterie est très significative de l’état dans lequel se trouve la Libye après sa « libération » depuis le ciel par les avions de guerre de l’OTAN, et depuis le sol par la révolution qui a renversé le régime autoritaire de Muammar al-Ghadaffi. J’ai récemment rencontré à Londres beaucoup de gens arrivant de Libye, et leurs récits sur ce qu’est aujourd’hui la vie quotidienne, sont tout bonnement incroyables.

    La capitale Tripoli n’a eu ni eau ni électricité pendant toute une semaine.

    Les milices armées tiennent le haut du pavé et imposent leur loi dans les rues, faute d’un vrai gouvernement, d’institutions assurant une sécurité nationale et de services municipaux de base.

    Onoud Zanoussi, la fille âgée de 18 ans d’Abdullah Zanoussi, l’ancien chef des services sécurité de Ghadaffi, a été enlevée à sa sortie de la prison après avoir passé sept mois derrière les barreaux sous l’accusation d’être entrée illégalement dans ce qui est son pays. Elle a été enlevée devant les portes de prison et un des kidnappeurs était l’un des gardes !

    Il y a deux ans, les milieux d’affaires britannique et français affutaient leurs couteaux et se frottaient les mains à la perspective du gâteau qui leur reviendrait dans la reconstruction de la Libye. Il n’y a pas plus aujourd’hui un seul homme d’affaires étranger à Tripoli, car tous se sont sauvés, craignant d’être tués, après l’assassinat de l’ambassadeur des États-Unis et les attaques contre plusieurs ambassades et consulats étrangers.

    Durant les bombardements de l’OTAN, les nouvelles de Libye faisaient la une des journaux et étaient en tête des bulletins d’information sur chaque chaîne de télévision occidentale et arabe. Il y avait une couverture de 24 heures sur 24 sur ce qui était présenté comme le miracle de la libération de la Libye et la grande victoire remportée par l’OTAN et les révolutionnaires. Ces jours-ci, il est très rare d’y trouver un journaliste occidental, et encore bien plus rare de lire un rapport convenable au sujet de la Libye et de ce qui s’y passe réellement.

    Le pétrole était l’objectif principal et le motif réel de l’intervention de l’OTAN. Mais la production de pétrole a totalement cessé à la suite d’une grève des gardes de sécurité employés sur les gisements de pétrole et les terminaux d’exportation. La raison apparente de cette grève est la demande d’une revalorisation des salaires, mais il y a d’autres motifs, également puissants : ils protestent contre les exigences des divers mouvements séparatistes qui réclament l’autonomie pour la Barqa (la Cyrénaique) riche en pétrole et dont la capitale est Benghazi. La plupart des réserves libyennes de pétrole y sont situées.

    Plutôt qu’un gouvernement local ou national, c’est une milice qui est aux commandes de la majeure partie des gisements de pétrole et des terminaux d’exportation. Elle a commencé à vendre des montants considérables d’hydrocarbures sur le marché noir, tout en essayant d’étendre ses activités, ce qui a amené Ali Zidan, le Premier ministre, à menacer de bombarder n’importe quel pétrolier non autorisé naviguant à proximité de ces sites.

    L’ironie est que la même chose se produit maintenant en Syrie de l’Est où une milice et des tribus locales contrôlent les gisements de pétrole de Deir Al-Zour, raffinant le pétrole elles-mêmes à la main et le vendant ensuite illégalement. La même chose se produit en permanence au sud de l’Irak.

    L’Irak et la Libye, naturellement, « ont bénéficié » de l’intervention occidentale, et la Grande-Bretagne et la France étaient fières d’avoir reproduit ce que leur patron occidental (les USA) avait infligé à l’Irak : d’abord en Libye et maintenant – si les négociations échouent - en Syrie. Leur modèle est le suivant : l’intervention apportera de grands bienfaits aux pays affectés qui immédiatement se transformeront en un modèle de prospérité et de stabilité, et amèneront ainsi d’autres pays arabes, aujourd’hui sous la férule de dictateurs, à souhaiter et faire bon accueil à une intervention militaire.

    En fait, ce modèle a produit la pire des anarchies, une complète insécurité, un effondrement politique et une désintégration de l’État.

    Le chaos dicte sa loi en Libye. Les assassinats d’hommes politiques et de journalistes sont des évènements courants dans la Libye d’aujourd’hui, puisque le colonel Yussef Ali Al-Asseifar - qui avait été chargé d’enquêter sur une explosion du nombre d’assassinats et d’arrêter les personnes impliquées – a lui-même a été tué le 29 août quand les hommes d’un groupe non identifié ont déclenché une bombe placée sous sa voiture.

    A la date anniversaire du 9/11 la semaine dernière, une bombe énorme a fendu en deux le bâtiment du Ministère des affaires étrangères à Benghazi.

    Human Rights Watch a révélé une autre atrocité à Tripoli le 26 août 2013, dans l’Établissement principal de Correction et Réadaptation – une prison plutôt connue son son ancien nom d’Al-Roueimy - où environ 500 détenus, dont cinq femmes, étaient en détention. Les prisonniers étaient en grève de la faim pour protester contre leur emprisonnement sans accusations et sans possibilité d’un procès équitable. Incapable de gérer lui-même la sécurité, le gouvernement a fait appel au Comité Suprême de Sécurité - composé d’anciens miliciens anti-Gadaffi - pour réprimer le soulèvement. Les milices ont envahi la prison et tiré sur les prisonniers avec des armes de guerre, blessant 19 personnes.

    Awadh al-Barassi, le Premier ministre de la Libye, a démissionné le 4 août et a été remplacé par Ali Zeidan. Puis, le 18 août, le ministre de l’Intérieur, Mohamed Al-Cheik, a démissionné après seulement trois mois dans ses fonctions. Il a cité le manque d’appui d’Ali Zeidan et l’incapacité du gouvernement de traiter les problèmes et la violence largement répandus, de gagner la confiance du peuple libyen, ou de financer en juste proportion les Agences d’État chargées de fournir les services les plus fondamentaux.

    Tout simplement, la Libye se désagrège le long de failles tribales et géographiques. La majeure partie de ses citoyens sont en colère, y compris les Berbères au sud, et la réconciliation nationale est une perspective bien lointaine.

    La frustration populaire est à son maximum. Mais quand les manifestants ont investi les rues à proximité des casernes de la « Brigade du bouclier libyen » pour protester contre les pouvoirs exorbitants de cette milice, 31 protestataires ont été abattus. La milice en question agit complètement en dehors de la loi.

    Suleiman Kjam, un membre du comité parlementaire pour l’Énergie, a indiqué à un journaliste de Bloomsberg que le gouvernement s’attaquait maintenant à ses réserves financières après que la production de pétrole, qui était auparavant de 1,4 millions de barils par jour, soit descendue à moins de 160 000 barils. Il a averti que si cette situation se prolongeait, le gouvernement ne pourrait plus payer les salaires de ses employés d’ici quelques mois.

    Le régime de Gadaffi - et nous disons ceci pour la millionième fois - était une dictature oppressive, mais la Libye de nos jours, avec la corruption à son sommet et une sécurité inexistante, est difficile à comprendre ou à accepter. Particulièrement quand nous nous rappelons que la Libye a été soit-disant libérée par les pays les plus développés et les plus avancés sur la planète, selon les critères occidentaux.

    M. Mohammad Abdel Azziz, le ministre des affaires étrangères libyen, a surpris beaucoup de monde en occident et de même dans le monde arabe, lorsqu’il s’est opposé le 4 septembre aux attaques aériennes imminentes des États-Unis sur la Syrie, lors d’une réunion spéciale de la Ligue Arabe qu’il présidait pour discuter cette possible intervention.

    Peut-être M. Abdel Azziz, comme beaucoup d’autres en Libye, s’est-il forgé un avis sur la question à travers l’expérience vécue par ses propres compatriotes suite à l’intervention militaire occidentale.

    Nous espérons que les peuples d’autres pays arabes, et en particulier en Syrie, tireront les leçons de l’exemple libyen.

    Il est vrai que certains suggèrent qu’il s’agit d’une situation provisoire pour la Libye et qu’après cette période transitoire, la stabilité reviendra. Ils nous conseillent d’être patients. Nous espérons que leur prophétie s’avérera correcte, mais nous demeurons extrêmement sceptiques avec les exemples de l’Irak et de l’Afghanistan sous nos yeux.

    Abdel Bari Atwan

    http://www.bariatwan.com/english/?p=1959

    * Abdel Bari Atwan est palestinien et rédacteur en chef du quotidien al-Quds al-Arabi, grand quotidien en langue arabe édité à Londres. Abdel Bari Atwan est considéré comme l’un des analystes les plus pertinents de toute la presse arabe.

    Traduction : Info-Palestine.eu - al-Mukhtar

    URL de cet article 22662
    http://www.legrandsoir.info/la-libye-une-success-story-de-l-otan.html

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  • Manifestation contre Aube dorée le 25 septembre dernier

    Monde - le 30 Septembre 2013

    Editorial Par Jean-Paul Piérot

    Grèce: la tache brune (édito)

    L'impunité dont jouissait Aube dorée commençait à faire tache pour le gouvernement grec au moment où il sollicite de nouveaux crédits et où la Grèce s’apprête à présider l’Union européenne en janvier 2014. L'édito de Jean-Paul Piérot.

    Le gouvernement hellénique s’est enfin résolu à agir contre les néonazis d’Aube dorée. Il a fait arrêter son chef, Nikos Michaloliakos, et une vingtaine de ses affidés pour appartenance à une organisation criminelle. Il était temps! Beaucoup d’exactions auraient pu être évitées si les autorités n’avaient pas tant tardé. C’est l’assassinat le 18 septembre dernier, du rappeur antifasciste Pavlos Fyssas qui a contraint le premier ministre Antonis Samaras à céder sous la pression de l’opinion publique. Le 25 septembre, les Grecs avaient défilé en masse contre le fascisme, qui bénéficie de nombreuses complicités au cœur de l’État. Ce qui explique l’impunité dont bénéficièrent les nervis, qui ont perpétré plus de trois cents agressions racistes et autres actes de violence depuis 2011.

    Ces extrémistes sont les héritiers de la dictature des colonels (1967-1974). Michaloliakos lui-même fourbit ses premières armes à la tête de l’organisation de jeunesse du parti fasciste de Papadopoulos. Aube dorée a infiltré la police, la justice, les forces armées, tente d’exercer une influence dans l’éducation, ne manque pas de soutiens dans les milieux d’affaires. Signe de l’incroyable complaisance à son endroit manifestée par la coalition au pouvoir (droite et Parti socialiste), l’épouse du chef d’Aube dorée, la députée néonazie Eleni Zaroulia, a été reconduite comme représentante de la Grèce à la commission sur l’égalité et la non-discrimination à l’assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe !

    Par la rhétorique et les références idéologiques, les fascistes grecs ne se distinguent guère des autres composantes de l’extrême droite européenne: négationnisme, notamment à propos des chambres à gaz, que, rappelons-le, le Français Le Pen rangea parmi les «détails» de l’histoire, obsession raciste et xénophobe, anticommunisme musclé. Aube dorée appartient à la même famille que le FPÖ qui a obtenu, hier, 22% aux élections parlementaires autrichiennes. Les nazis d’Athènes sont boostés par le désespoir social et la perte de confiance à l’égard de partis politiques qui se partagent le pouvoir pour appliquer les directives de l’eurolibéralisme. Aube dorée, qui n’était qu’un groupuscule recueillant moins de 1% des suffrages en 2009, a fait une irruption au Parlement en 2012 avec la saignée sociale imposée à la Grèce par la troïka (Commission européenne, FMI et Banque centrale européenne). Une année émaillée de provocations, d’agressions contre des immigrés, dont l’une coûta la vie à un ouvrier pakistanais, de violences perpétrées contre des militants de gauche –une députée communiste frappée en plein débat télévisé et, enfin, l’assassinat d’un artiste antifasciste–, cela commençait à faire tache pour le gouvernement grec au moment où il sollicite de nouveaux crédits et où la Grèce s’apprête à présider l’Union européenne en janvier 2014.

    Poursuites pénales contre les cinq députés d'Aube dorée arrêtés

    Le Monde.fr avec AFP et Reuters

    Nikolaos Michaloliakos, chef d'Aube dorée, parti d'extrême droite grec, lors d'une conférence de presse, le 6 mai 2012. Nikolaos Michaloliakos, chef d'Aube dorée, parti d'extrême droite grec, lors d'une conférence de presse, le 6 mai 2012. | AFP/LOUISA GOULIAMAKI

    Les autorités grecques ont frappé un grand coup, samedi 28 septembre, contre le parti néonazi Aube dorée en arrêtant son chef historique et plusieurs députés, dix jours après le meurtre d'un musicien antifasciste par un membre de ce parti. Un vaste coup de filet qui survient alors que la Grèce en crise poursuit ses négociations avec ses créditeurs et s'apprête à prendre la présidence tournante de l'Union européenne.

    La police antiterroriste grecque a arrêté en début de matinée Nikolaos Michaloliakos, dirigeant et député d'Aube dorée, fondateur du parti en 1980, ainsi que quatre autres députés de la formation néonazie (sur un total de 18), dont son porte-parole, Ilias Kasidiaris. Des poursuites pénales ont été engagées par le procureur contre les cinq députés, qui restent tous détenus jusqu'à leur présentation à un juge.

    Les arrestations, de source judiciaire, sont fondées sur l'appartenance de ces députés à une "organisation criminelle", mais aussi sur des poursuites pour violences physiques et meurtre.

    UNE TRENTAINE DE MANDATS D'ARRÊT

    Douze membres du parti ont également été interpellés au cours de ce coup de filet mené dans plusieurs régions du pays et qui devrait conduire à d'autres arrestations dans les prochaines heures, puisque qu'une trentaine de mandats d'arrêt ont été émis par la Cour suprême à l'encontre des militants ou députés.

    Nikolaos Michaloliakos, en juin 2012.

    Nikolaos Michaloliakos, en juin 2012. | AP/Nikolas Giakoumidis

                                 NOMBREUSES VIOLENCES CONTRE LES ÉTRANGERS

    Le meurtre de Pavlos Fyssas, 34 ans, un rappeur antifasciste poignardé le 18 septembre à la sortie d'un café d'une banlieue d'Athènes par un membre d'Aube dorée, qui a reconnu les faits, a choqué l'opinion publique et brutalement sorti les autorités grecques de leur atonie face aux agissements d'un parti soupçonné de nombreuses violences contre les étrangers et les militants de gauche.

    La première réplique du gouvernement est survenue lundi, avec la démission et la suspension de plusieurs membres de la police grecque dans le cadre d'une enquête, toujours en cours, sur les liens entre les forces de police et les personnes appartenant au parti néonazi. 

    Parallèlement, la Cour suprême grecque mène depuis une semaine des investigations tous azimuts dans le but de réunir des éléments à charge visant à étayer la caractérisation d'Aube dorée comme "organisation criminelle". Sur demande du gouvernement, les magistrats ont relancé des enquêtes enlisées sur une trentaine d'infractions imputées à des membres d'Aube dorée ces derniers mois. Depuis octobre 2011, quelque 300 cas d'agressions et violences contre des étrangers vivant en Grèce ont été répertoriés et documentés par le réseau associatif antiraciste et de défense des droits de l'homme Dyktio.

    Plus de 10 000 Grecs avaient manifesté mercredi à Athènes pour dénoncer le parti d'extrême droite, et 2 000 personnes avaient assisté, jeudi, aux obsèques de Pavlos Fyssas.

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  •  La vie du Parti:Municipales:Ne pas les dissocier de l’UE, de l’Euro, de la sortie de l’Otan et de l’Alliance Atlantique

     

      La vie du Parti    PCF-OUTILS.jpg   

     

     

     

    Section du Bassin d’Arcachon et du Val de l’Eyre

    Parti Communiste Français

     

    CD-FD33 : Le 25 septembre 2013

     

    faucille-marteau-pcfMunicipales 2014 : Ne pas les dissocier de l’UE, de l’Euro, de la sortie de l’Otan et de l’Alliance Atlantique. La France ne peut faire la guerre et une politique sociale.

     

     

    Quelle ligne politique ?

     

    Ces prochaines élections municipales s’annoncent dans un contexte économique, social et politique très dégradé. A notre avis, elles ne peuvent être dissociées des politiques dévastatrices de l’UE, dont les élections auront lieu huit semaines après.

     

    Si les élections sont des moments importants, pour le PCF qui n’est pas un parti comme les autres, il s’agit de s’inscrire comme nous devrions le faire, dans la perspective d’un projet de société et non d’un simple programme. Il est donc primordial que les communistes dégagent une ligne politique offensive en rupture avec l’engrenage infernal dans lequel le système capitaliste nous entraine. Dégager une ligne politique lisible pour le peuple.

     

     

    Oui pour des élus communiste pour se défendre !

     

    Bien évidemment, oui pour les garder et en gagner ! Mais tenant compte de l’avis des camarades rencontrés ces derniers mois et semaines : des élus,  mais pas à n’importe quel prix. Je vais peut-être choquer, pas à n’importe quel prix en termes de soumissions et de pré-négociations entre états-majors. Bref, faire preuve d’autonomie par rapport au PS. En ayant conscience de l’impasse entre PS et PG-FDG.

     

     

    De nombreux camarades sont en colère et aspirent à avoir des élus porteurs des leurs aspirations et des élus qui font de la politique en lien avec la population, avec les militants de leur Parti. Ces choix doivent être faits sur des bases d’éthique et d’identité.

     

    Malgré la situation difficile de notre organisation, c’est plutôt sain qu’il y ait cette colère. Malgré la détresse perçue chez les camarades, où malgré les luttes, les entreprises et les emplois partiront.  C’est la certitude de  la misère assurée…. le repli, l’abstention, avec le sentiment d’abandon, que plus personne ne nous défend. Il faut en mesurer toute la gravité.

     

     

    Face à cela, nous avons une situation très peu lisible. Par exemple, plusieurs cas de figure sur le Bassin et le Val de l’Eyre nous avons 17 communes :

     

    - Sur le Barp et le La Porge, la recherche de liste dans le cadre du mouvement citoyen existant et qui avait aux dernières élections, obtenu des résultats très intéressants.

    - Sur Lanton, le seul élu qui avait été apparenté PC, puis FDG, s’engage sur la liste du maire sortant PS.

    - Sur La Teste, c’est le FDG, qui part tout seul puisque le PS a annoncé faire liste avec le Nouveau centre et EELV.

    - Belin, une assemblée citoyenne (hors FDG) s’engage sur la base de la décroissance.

     

     

     

    Prendre en compte le rejet du PS.

     

    Je dois aussi faire part, du rejet des politiques du Gouvernement et des élus du PS.

     

    Certains pourront dire, mais nous n’avons pas le rapport des forces….. La détermination de plusieurs camarades est de ne pas se soumettre et exigent une lisibilité qui nous différencie du Parti socialiste. En fait, ils pensent que le parti communiste devrait avoir une autre ligne politique.

     

    Les guerres sur lesquelles Hollande engage la France ; pour les communistes, c’est la ligne rouge, à ne pas dépasser. La guerre c’est NON.

     

     

     

    La question qui nous est donc posée : accepter ou refuser.

     

    La poursuite de la réforme de la retraite, les plans sociaux avec l’ANI, le mépris du peuple, les prélèvements sur toutes les prestations, de l’argent pour les patrons et les actionnaires et surtout de l’argent pour faire la guerre. Surtout l’Acte III de la décentralisation (nous ne sommes pas devant un simple nouveau découpage électoral), c’est beaucoup plus grave, c’est le dé tricotage national, par le maillon le plus bas, pour le devenir de la France, de la République, de la Nation pour qu’elle devienne une France des territoires et des Landers dans une Europe fédérale. C’est grave et il faut le combattre.

     

     

    Comment élaborer des projets pour les villes alors que le mode de scrutin, les compétences, sont modifiées sans que la population ait eu son mot à dire ?

     

     

    Sur le Bassin et le Val de l’Eyre, nous ferons le maximum pour que les besoins de la population soient défendus et interpeller les forces de droite et du PS qui vont chercher avec les intercommunalités à ne pas perdre d’élus. Nous refuserons la suppression des services publics  par des PPP (Hôpital, maisons de retraite, piscines, crèches, services sociaux, d’aide à domicile……) endettant à vie les communes en les offrant au privé (véolia, Effiage, etc…)

     

     

    De toutes les difficultés rencontrées, travail, famille, droits sociaux, transports, énergie, se nourrir, toutes ont la même cause, le système capitalisme et son bras armé, qu’est l’Union Européenne, imposée. Prenons ces axes accessibles en nous appuyant sur des luttes populaires et toutes les luttes syndicales en mouvement et en recherche de débouchés.

     

    Comment ne pas avancer sur la nécessité de nationalisations et de réappropriation sociale ? Donc se mettre en dehors des traités ?

     

    Sur toutes ces questions nous seront confrontés à faire le lien avec l’UE, la monnaie unique. Les gens savent et sont accessibles,  pour eux l’UE est le « machin » d’où vient les ordres. Le peuple fait le lien avec les questions de l’UE. Peut-on annuler ce qui se passe dans l’opinion ?

     

    Non, on ne peut raconter des histoires ! Nous avons voté contre Maastricht, et NON en 2005 et récemment Non au référendum en Alsace.

     

    Soyons cohérents !

     

     

    Le système économique, social et politique arrive à un « point de rupture ». Sans perspective, sans parole, sans projet nous entrainons le peuple à se positionner massivement dans l’abstention et par défaut ou colère, dans un vote d’extrême-droite. Le peuple est en prison !

     

     

     

     

     

    Avec l’UE, l’Euro…  aucune marge de manœuvre

     

    La situation est grave pour de nombreux salariés qui luttent pour préserver leurs emplois, les salaires, mais le manque de confiance dans les partis politiques, fait craindre une crise politique grave. Le rejet de l’UE est massif car elle remet en cause tous les jours le modèle social français, les acquis des luttes ouvrières maîtrisant le capitalisme en imposant le principe des cotisations sociales sur les richesses produites par le travail.

     

    L’UE et Euro ne laissent au peuple aucune marge de manœuvre. Il ne pourra pas intervenir sur la transformation de la BCE telle que cela est proposé par les appareils politiques qui se sont engagés sur une intégration européenne qui n’ose plus dire son nom tant le mot « social » est inadapté.

     

     

    Alors que partout en Europe, en France, l’UE est rejetée par les peuples. Ils cherchent comment sortir de ce carcan. Un grand débat populaire doit, et devrait, être lancé pour commencer à rompre avec le capitalisme en reprenant tous les attributs de la souveraineté nationale et populaire. Nous sommes dans une prison sans aucune possibilité de décider de l’organisation de notre société.

     

     

    Poser la nécessité du débat en s’appuyant sur la souveraineté populaire et de l’Etat-Nation, c’est faire référence aux principes éthiques, aux luttes développées au cours de toute l’histoire du PCF.

     

     

    Si les communistes s’engagent pour modifier le rapport des forces en faveur du monde du travail, la nécessité d’un débat sur l’UE et la remise en cause de l’Euro, sur la sortie de l’Otan et de l’Alliance Atlantique apparait inévitable. Il a déjà lieu dans la société. Nous ne serions pas isolés. Ne laissons pas le terrain à l’extrême-droite.

     

     

    Les élections municipales et européennes sont, et seront, intrinsèquement mêlées.

     

    Un rassemblement anticapitaliste est à construire avec tous les communistes et progressistes. Pour cela, tous les communistes doivent être au cœur de la démarche et, individuellement, être consultés, pour se présenter avec une lisibilité commune devant la population

     

    C’est pour cela que notre Section avance l’idée qu’il faut un Congrès sur l’Union Européenne plutôt qu’une convention (hors statuts) et qu’il faut consulter tous les communistes sur la poursuite de l’adhésion du PCF au PGE (statuts 1.6b)

     

     

    Autre Principe éthique : Non à la guerre ! (voir déclaration).

     

     

    Danielle Trannoy

    Membre CD FD33

    Membre du CN.

     

    Intervention non lue, mais transmise à la FD le 26 septembre 2013 

    http://pcfcapcorse.over-blog.com


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  • De Mélenchon à Mélenchon en passant par Mamère

    Je comptais signaler un billet sur Mélenchon chez Fred Delorca et un sur Mamère chez Descartes le blogueur.En fait celui sur Mamère se termine sur Mélenchon. D'où le titre de mon billet.On a deux esprits solides qui en ont marre des pitreries de la gauche alternative, que ce soit Mamère ou Mélenchon.

    Je ne peux qu'approuver la conclusion de Descartes :

    "Cette manie de dérouler le tapis rouge à n’importe quel rongeur pourvu qu’il vienne de quitter le navire socialiste ou apparenté commence à lasser. Mais surtout, cette stratégie rend illisible le projet du Front de Gauche. Car chaque rongeur exige que le projet incorpore ses marottes, et elles sont en général contradictoires. Ainsi, on trouve au Front de Gauche des qui veulent quitter l’Euro, et des qui veulent y rester. Des qui sont contre le nucléaire, et des qui sont pour. Des qui proclament l’amour de notre « patrie républicaine », et des qui l’abhorrent. Comment ce cirque pourrait produire un projet qui soit moyennement crédible ?"

    Tant qu'à rédiger un billet tranquille où je me borne à signaler des articles intéressants écrits par d'autres, je signale également un billet antérieur de Descartes le blogueur, sur les retraites. Très bon encore, et émouvant.*Il reste donc des blogueurs solides à gauche. Je crains que ce ne soit pas eux que l'on retrouve sur les listes des prochaines échéances électorales.

     http://www.lalettrevolee.net


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  •  
    Lettre ouverte à l’insupportable Manuel Valls

    Jean ORTIZ

    Monsieur le ministre,

    ...Je vous ai écouté à France Inter puis à RMC, chez Jean Jacques Bourdin. Mal réveillé, j’ai cru entendre un dirigeant du Front national. J’ai même un moment pensé que, journaliste bien-pensant, vous interviewez le ministre de gauche J.J. Bourdin.


    ...Un peu d’eau fraîche sur le visage comme jadis le matin dans les "camps de concentration" d’Argelès, de Barcarès, où furent accueillis nos parents Républicains espagnols, et me voilà lucide.

    ...Non je ne rêvais pas. Il s’agit bien du ministre hollandien de l’Intérieur, Catalan naturalisé Français en 1982, et pas d’Albert Sarraut ni de Daladier, déjà ministres des barbelés "de gauche" dans les années 1930.

    ...Il y a en France environ 20.000 Roms, oui vous avez bien lu : "seulement" 20.000, mais si l’on en croit le ministre des "expulsions forcées" (dénoncées par l’agence moscoutaire Amnesty International), ils menacent la sécurité de notre pays, plus que le chômage, les huit millions et demi de pauvres, les coûts ravageurs de l’accumulation du capital, la "Françafrique", les ripoux en col blanc, les vampires du CAC40, les licencieurs boursiers....

    Les Roms, les "voleurs de poules", voilà le danger, voilà le nouveau bouc-émissaire stigmatisé pour faire peur au "petit peuple", pour faire avaler l’austérité "de gauche", les trahisons, les reniements de ce gouvernement "caniche des Etats-Unis", un rôle que ne veulent même plus jouer les Anglais.

    ...Comme nous ne sommes pas aux Etats-Unis, on ne peut pas autoriser le port d’armes contre les Roms...Mais il y a des mots souvent aussi redoutables que les armes. Ecoutons le ministre "socialiste" tourner en rond : "Il est illusoire de penser que l’on règlera le problème (des Roms) par l’insertion". Pas besoin par conséquent de "stratégie d’intégration" comme le demande Mme Viviane Reding, vice-présidente de la Commission européenne. Les Roms "ont vocation à retourner en Roumanie et en Bulgarie". Place donc aux pandores. Les Roms sont sans doute insolubles dans la civilisation... "Une majorité doivent être reconduits à la frontière"(M.Valls). Au nom de cette "libre circulation" garantie par les accords et traités européens ? Les Roms, c’est bien connu, sont réfractaires à "l’insertion", au droit à la santé, à l’éducation, au logement...Le ministre se flatte d’avoir démantelé 242 "campements" depuis le premier janvier 2013 ...11.982 migrants jetés à la rue et confrontés à une exclusion et une précarité redoublées. Rien ou si peu leur est proposé à la place.

    "Etre de gauche" pour vous paraphraser Monsieur, ce n’est pas valser avec Guéant et Hortefeux,
    ce n’est pas être le chouchou de la droite pour des raisons carriéristes,
    c’est faire la chasse aux exploiteurs sans foi ni loi, à ceux qui "s’enrichissent en dormant", pas aux pauvres.

    "Etre de gauche", c’est avoir un coeur solidaire
    ce n’est pas patauger dans les marécages pourris qui font le jeu du Front National
    nous resservir la "guerre des civilisations",
    c’est préférer Jaurès à ce Clémenceau que vous aimez tan,t
    c’est être avec les communards contre Thiers et les Versaillais,
    c’est considérer que l’autre, "l’étranger", est un autre vous-même
    que vous n’existez que par lui.

    Mais pour comprendre tout cela, Manolo, il faut être de gauche.

    ...Qu’escomptez-vous Manuel Valls ? Donner des gages à l’extrême-droite pour acquérir le statut de "présidentiable" ? A ce prix, vous vous déshonorez, et avec vous la fonction que vous occupez.

    Jean Ortiz Hernandez


    http://www.legrandsoir.info/lettre-ouverte-a-l-insupportable-manuel-valls.html

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  • Social-Eco - le 26 Septembre 2013

    Hollande à Florange: de l'espoir, mais la confiance reste à restaurer

    François Hollande s’est rendu ce jeudi à Florange pour proposer la création d'un centre public de recherche pour la sidérurgie française. Il entend "assurer l'acier de demain" sur le site victime de la fermeture de ses hauts-fourneaux. En attendant, les dits fourneaux sont à l’arrêt et sans maintenance.

    Le président français est revenu sur le site mosellan d'ArcelorMittal. "Aujourd'hui, je suis venu faire une annonce, qui est celle de la création d'une plate-forme publique de recherche et de développement industriel pour la sidérurgie lorraine", a-t-il annoncé. Il a rencontré les délégués syndicaux pendant deux heures d’échanges musclés. De la réunion, les syndicats en sont sortis plutôt satisfaits, bien que très prudents. "On ne va pas cracher dans la soupe", a déclaré Lionel Burriello, secrétaire de la section CGT de Florange, sensible au fait que la création d'un centre de recherche permettrait de développer des brevets pour les aciers du futur.
    "Nous, à la CGT, on ne freine en rien les projets d'avenir, mais concernant les salariés sur le site, on n'a rien à se mettre sous la dent". "On n'a toujours aucune garantie que Florange puisse être pérenne dans les années à venir". La rencontre a été "satisfaisante sur la forme", "mais sur le fond on se limite à l'aspect recherche". Entre recherche et applications industrielles, "il y a de l'eau qui coule sous les ponts", a ajouté le représentant syndical.
    Crainte partagée par Yves Fabbri, également de la CGT Florange: "On demande d'avoir des garanties sur le site de Florange, aujourd'hui il n'y a eu aucune garantie. Si demain il y a une relance de la demande d'acier, on ne pourra pas y répondre, car nos hauts-fourneaux sont à l'arrêt, sans investissements, sans maintenance. Nous ce qu'on demande c'est que le centre de recherche soit lié à nos hauts-fourneaux, aujourd'hui c'est pas le cas, c'est très vague".

    Pour Fredéric Weber de FO, la confiance n’est pas restaurée.  La plateforme de recherche est "un élément mais pas l'annonce du siècle". "L'avancée la plus importante aujourd'hui, c'est que le président a annoncé qu'il suivra personnellement le dossier Florange". "Mais on jugera aux actes (...) Aujourd'hui, on a un petit espoir, mais la confiance reste à restaurer".


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